Et deux ours de plus, deux !

Trop, vraiment trop génial. Deux ours vont – peut-être – rejoindre cette année nos sublimes Pyrénées. Tout sera difficile, et les aboyeurs habituels vont forcément donner de la voix. Et ce qui reste un projet peut capoter. Mais un jour comme aujourd’hui, je m’en FOUS. Vive les ours ! Bises et affection à Sandrine Andrieux – que je n’ai jamais vue – et à Alain Reynes, s’il accepte du moins.

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Ferus et Pays de l’Ours – Adet ont décidé de lâcher deux ourses dans les Pyrénées

Les lâchers seront réalisés dès le printemps 2013, ou en 2014, selon la date d’autorisation.

Ils concerneront :

–      une ourse lâchée dans les Pyrénées-Occidentales, afin de commencer à restaurer la population menacée d’extinction rapide ;

–      une autre lâchée dans les Pyrénées-Centrales, afin de renforcer la population qui n’est pas encore viable.

Pour mémoire, les premiers lâchers d’ours en France, en 1996 et 1997, ont déjà été réalisés par ces associations.

Pour ces prochaines opérations, Pays de l’Ours – Adet et Ferus sont entourées de partenaires associatifs impliqués : SEPANSO 64, Nature-Midi-Pyrénées, France Nature Environnement Midi-Pyrénées, Nature-Comminges, Société Française d’Etude et de Protection des Mammifères, et des Parcs animaliers : « La Colline aux marmottes » (Argelès-Gazost) et « Parc’Ours » (Borce) qui apportent leurs compétences et leur expérience.

Ferus, Pays de l’Ours – Adet et leurs partenaires prendront en charge  l’intégralité des opérations : organisation, réalisation, et financement sur des fonds privés, afin d’éviter tout débat sur les dépenses publiques en période de crise.

Considérant la menace de poursuites judiciaires imminentes de la Commission Européenne contre la France pour insuffisance de protection de l’ours brun, le gouvernement a tout intérêt à donner une suite favorable et rapide aux dossiers déposés par les associations : son accord suffit pour lancer les opérations.

49 réflexions au sujet de « Et deux ours de plus, deux ! »

  1. Les artisans de ce projet sont nombreux : Alain, Sandrine et ne pas oublier Sabine bien entendu !

    Le seul verrou, c’est ce gouvernement : rien ne se fera sans l’autorisation de l’Etat…
    Alors à chacun de se remuer pour obtenir cet accord.
    Or, le PS ariégeois vérouille tout, jusqu’à la présidence du Sénat ! Donc soit ils changent enfin d’attitude, soit c’est très mal engagé…
    Pourtant… il est temps que la population d’ours des Pyrénées (environ 25 individus) devienne enfin viable.
    La consanguinité fait que c’est loin d’être le cas en ce moment.
    Lisez :
    http://www.buvettedesalpages.be/2013/01/des-broutilles-l-europe-jugera.html

  2. « Nous allons CONTRE-ATTAQUER en juristes » !
    Qui dit cela ? Un opposant, un membre d’une associaiton anti-ours ? Le leader de CPNT ? Que non… :

    Regardez comment l’Etat, celui même qui est sensé protéger les ours, se comporte contre eux par la bouche du « Directeur de la Nature et du Paysage » au ministère de l’écologie, bref, le M. Ours sinon du gouvernement, du moins de l’Etat…:

     » « Une lettre sera adressée dans les prochains jours à la Commission, promet Laurent Roy, le directeur de la biodiversité. Nous allons contre-attaquer en juristes, car jamais la directive Habitat n’a dit que nous devions penser la population locale en termes de sous-noyaux géographiques. »

    Voilà, la messe officielle est dite.
    Mais restons mobilisés plus que jamais.

  3. Les cauchemars et les espoirs des grecs exposés dans ce documentaire de 15 minutes : de sinistres perspectives opportunément occultées par tous les médias :
    http://vimeo.com/57291959
    Pétition contre le projet :
    http://www.gopetition.com/petitions/non-%C3%A0-la-destruction-de-la-cr%C3%A8te-par-les-%C3%A9nergies-re/sign.html

    Plus d’informations sur Okeanews
    http://www.okeanews.fr/menaces-sur-le-patrimoine-naturel-et-culturel-en-crete-appel-a-solidarite-et-petition/

  4. « Trop, vraiment trop génial. Deux ours vont -peut-être – rejoindre cette année nos sublimes Pyrénées. »
    D’abord est ce que cela sera le cas?
    Pas encore sûr.
    Pour le Béarn,c’est un refrain bien connu depuis une dizaine d’années mais cela n’est jamais arrivé.
    Mais, admettons :une ourse lâchée en Aspe/Ossau.
    C’est une tactique possible,on introduit une ourse,elle peut faire des petits et ainsi y avoir des ours dans le secteur pour 10 ans de plus.Cela grogne dans quelques chaumières mais calme les associations . Sauf que…
    il faudrait bien d’autres femelles pour espérer une petite population viable.
    Je lis aussi »Le seul verrou, c’est ce gouvernement », j’ai bien peur qu’il y en ait beaucoup d’autres ,malheureusement, des verrous notamment psychologiques dans les vallées et même quelquefois au sein d’associations.
    Et puis , va-t-on relâcher un animal avec les mêmes règles qu’avant? On en parle même pas,
    des battues avec des risques d’accidents? Non pas chez nous!
    Non bien sûr, l’important c’est une femelle avec un bon collier autour du cou, des fois qu’il lui prendrait l’idée saugrenue de s’égarer! Du sauvage, mais version light et tout électronique
    s’il vous plaît!

  5. :)))

    Merci.

    Afrique du Sud: 15’000 crocodiles s’échappent de leur élevage.

    La police a été appelée à la rescousse vendredi en Afrique du Sud pour tenter de retrouver quelque 15’000 crocodiles qui se sont échappés de leur élevage. Ils ont envahi l’un des fleuves les plus importants du pays. L’invasion n’a pour l’instant fait aucun blessé.

    Les propriétaires de la ferme-élevage de Rakwena, près du Botswana et du Zimbawe, ont décidé dimanche dernier d’ouvrir les vannes du domaine par crainte que la forte montée des eaux provoquée par des pluies diluviennes ne submerge les animaux.

    Quelque 15’000 crocodiles, élevés pour la maroquinerie et l’industrie du luxe en général, se sont ainsi déversés dans le Limpopo, un cours d’eau qui sépare l’Afrique du Sud du Zimbabwe.

    Bien a vous tous,

  6. Excellente stratégie qui fait des remous jusqu’en Espagne .
    L’instant est capital, la France à travers son gouvernement va devoir apporter une réponse et la Commission Européenne arbitrer .
    Le destin de l’ours, pour très longtemps dans les Pyrénées va se jouer là .

    Et ce n’est pas gagné car les propos de M.Roy sont absolument scandaleux pour quelqu’un censé être en charge du destin de la biodiversité et de l’ours en particulier .

    M. L.Roy se basant sur la bonne apparence conjoncturelle d’une petite population en croissance estime qu’il n’y a pas besoin de réintroductions . Mais comment un chargé de la biodiversité pourrait-il sérieusement parier sur le devenir, les croisements et l’espérance de vie d’oursons qui sont nés d’une fille et de son père ?… Sérieusement ! Car c’est ainsi que ça se passe actuellement au sein de cette population . Je ne veux pas croire que M.Roy ignore les tares transmises par l’endogamie ! Je ne veux pas croire qu’il ignore que la principale conséquence de la consanguinité pour les mammifères est l’altération des défenses immunitaires et la formation de diverses tumeurs et cancers . Il y en a bien d’autres …
    L’apparence peut être trompeuse et c’est pourquoi les scientifiques espagnols, à Lérida à l’automne dernier ont lancé un cri d’alarme sur les dangers réels que fait courir la consanguinité sur toute la petite population de plantigrades du noyau Central.

    M. Roy veut également que l’on considère la population ursine dans son ensemble et non pas en un noyau Central et en un noyau Béarnais où il ne reste que deux mâles en errance stérile .
    M. Roy grand directeur de la biodiversité a donc décidé de condamner Cannelito porteur des derniers gènes de la souche pyrénéenne à ne pas pouvoir se reproduire et à désertifier le territoire à ours béarnais . Quel acharnement dans la destruction !
    L’ours des Pyrénées aura été éradiqué jusque dans ses derniers gènes ! Toute une lignée historique condamnée par M.Roy . Je vois très bien l’individu être présent à l’inauguration de la dépouille de Cannelle au Muséum de Toulouse l’automne prochain , évènement qui doit se faire en grandes pompes . Funèbres ? …

    M L. Roy dans ses incohérences nous fait de l’imposture au service de certains lobbies prédateurs, économiques et politiques . Comment sauver la biodiversité et prétendre pérenniser la présence de l’ours avec un tel état d’esprit , avec une telle mentalité et une telle malfaisance intellectuelle ?

    Y aura t-il une quelconque aide politique de la part des écologistes ? De la part des grands ténors de l’écologie

    Le moment est important car si des réintroductions ne sont rapidement décidées nous assisterons après une embellie passagère à une  » béarnisation  » du noyau Central, à son déclin et à sa disparition finale. Comme une répétition tragique de l’histoire .

    Il faut que chacun se mobilise à son niveau . Il nous faut sauver l’ours garant d’ équilibres essentiels en tant qu’ espèce parapluie au sommet de la pyramide écologique et symbole d’excellence d’une Nature qui par définition et par essence ne peut être que sauvage .
    Vous en êtes tous convaincus et je vous en remercie,
    bien cordialement .

  7. Un peu hors du sujet mais j´aime ce que dit ce vieux monsieur : Paul Bedel, un paysan comme il n´y en a pratiquement plus.
    http://www.biosphere.blog.lemonde.fr/2013/01/26/un-modele-pour-lecologiste-le-paysan-paul-bedel/

    « Dans la vie on arrive dépouillé et on repart pareil. Ça ne sert pas à grand chose de se parer de richesse » dit cet homme sage.

    Pour en savoir plus, cliquer tout en bas de la page sur « Testament d´un paysan en voie de disparition ».

  8. La plainte européenne et les actions qui en découlent sont étrangement les seuls moyens de connaitre la position officielle de l’Etat au sujet de l’ours. Et ce n’est pas brillant :
     » Mais si l’on ne s’interdit pas à vie l’idée de réintroduire quelques individus, ce ne sera pas dans un futur proche. Ne focalisons donc pas sur ces lâchers, qui ne sont qu’un outil parmi d’autres. »
    (propos du directeur de la biodiversité au ministère de l’écologie…).

  9. Christb64:
    « Je vois très bien l’individu être présent à l’inauguration de la dépouille de Cannelle au Muséum de Toulouse l’automne prochain , évènement qui doit se faire en grandes pompes . Funèbres ? … »

    Mais non, dites moi que ce n’est pas vrai!!! J’en peux plus de ce monde 😥 où les « directeurs de biodiversité » et tous les larbins qui suivent derrière décident de qui survivra et qui disparaîtra en trinquant joyeusement a la réussite de l’exposition éternelle des derniers individus empaillés. Y’a pas de mots pour qualifier ça ou alors si terribles qu’ils ne sont pas postables ici…

    J’espère que l’on va pouvoir aider ceux qui se battent en faveur de l’ours.

    Merci à Martine pour le lien sur le testament de Paul Bedel. Du baume au coeur qui fait revivre, à la lecture des mots de Paul, les membres de nos familles disparues.

  10. J’adhère entièrement à l’appréciation d’ Anne J . Plus j’avance en âge et plus je suis moi-même consterné .

    C’est ainsi, les relations entre sauvage , c’est à dire nature, et civilisation tournent souvent à la confrontation et au conflit à l’avantage sans partage de l’homme par manque de volonté de cohabitation . Et comme en parallèle le souci de l’environnement écologique est tourné , par les uns et par les autres politiques y compris, soit en dérision soit en hypocrisie et faux semblant nous assistons au règne de la posture gagnante et de l’imposture triomphante dans une langue de bois nécessaire à toute ascendance politique . Cette attitude fait force de loi en France et a valeur de plus value à chaque élection.
    Ainsi les vautours continueront-ils à tomber , ainsi les grands prédateurs continueront-ils eux aussi à tomber du sommet de la pyramide écologique, ainsi les chauves souris de leurs clochers, ainsi les hirondelles de leurs fils et les abeilles au pied de leurs ruches , ainsi M. Lassalle pourra t-il continuer à dormir tranquille sur ses deux grandes oreilles sans tomber de son lit …

    De même, des Directeurs de la biodiversité , tel M. Roy, et autres politicards seront-ils capables avec le plus grand aplomb de faire tomber les équilibres d’écosystèmes millénaires tout en coupant l’herbe sous le pied des défenseurs de la nature avec pour seul souci et seul intérêt celui de petits lobbies prédateurs … Pas sûr au final que dans ce jeu de dupes l’humanité y soit gagnante .

    Cette biomasse des grands mammifères prédateurs ne représente plus que 2% sur l’ensemble de notre pays , c’est à dire que la peau de l’ours a aujourd’hui valeur de peau de chagrin qui ne cesse de se réduire. C’est pourtant ce que défend le Ministère avec ses arguments favorables à l’endogamie, à la dégénérescence biologique et à la perte de territoire . Honteux !

    Il faut continuer à nous mobiliser car ces doux ours sont encore très loin d’arriver dans les Pyrénées et en Béarn. En Béarn, ça va bientôt faire neuf ans que Cannelle est morte sans qu’il n’y ait eu ,( malgré l’hypocrite parole donnée de M. J. Lassalle ), la moindre volonté de réintroduction , ni pour la remplacer, ni pour donner un avenir fécond aux deux derniers mâles qui n’ont toujours pas vu la moindre femelle depuis ces neuf années ! Si ça ce n’est pas de la maltraitance à animal, je me demande ce que c’est !…
    A suivre !

  11. Et dans tout ça, a-t-on seulement pensé aux malheureux ours qui vont être déportés en France, il n’y a pas d’autres mots, arrachés à leurs terres natales et à leurs milieux.
    Considère-t-on que les animaux non humains sont des personnes au même titre que les animaux humains ou de simples objets que l’on déplace au gré des lubies des uns et des autres ?
    Si les français sont des abrutis, ce ne sont pas les ours qui doivent payer. Et si la «biodiversité » disparaît en France, les français l’auront bien cherché.
    Ma devise étant « ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse », je suis pour que les ours restent là où ils sont, et surtout pas qu’ils viennent en France, à la portée de tous les fous de la gâchette qui y sévissent un peu partout. Ils n’ont aucune chance d’en réchapper.
    Bételgeuse

  12. Bételgeuse,
    complètement de votre avis.
    Inutile de sacrifier les ourses sur l´autel d´une spécificité bien française : l´ignorance crasse et le plus profond désintérêt pour tout ce qui touche à la nature.
    Descartes a fait bien des ravages !

  13. Je voudrais répondre à Bételgeuse , bien aimablement bien sûr .

    Faut-il considérer l’animal comme une personne humaine à part entière ? C’est un sujet de philosophie intéressant qui mériterait dissertation mais je ne pense pas que ce soit le lieu pour le faire . Je suis entièrement d’accord pour avoir beaucoup de bienveillance envers l’humanité qu’il y a dans l’animal et pour être plus circonspect avec la bête qui sommeille au fond de moi . ( Ce qui fait de nous des cousins ). Mais ce que je respecte d’abord c’est l’animal en tant que tel et le fait que je suis responsable de ce que j’apprivoise comme disait St Ex. J’aime un animal parce que c’est un animal et que je respecte profondément le moindre souffle de sa vie et que partant là j’ai des devoirs envers lui . Je n’irai pas plus loin . J’aime beaucoup mon chat, mon chien, je ne ferais pas de mal à une mouche mais je ne suis pas sûr d’être obligé de comparer cet amour avec celui que j’ai pour ma femme ou mes enfants …

    Bref, il faut essayer de ne pas verser dans un excès de sensiblerie qui interdirait toute action salutaire et prendre des risques, et prendre ses responsabilités , car la vie est faite de risques et de responsabilités qu’il faut assumer en pesant le pour et le contre dans l’intérêt des valeurs auxquelles on croit et dans le respect du droit.

    Pour ce qui est des ours réintroduits en France, ils ont été donnés par la Slovénie sur un quota de chasse qui régule la population . Ce qui veut dire que tout ours qui vient en France est un ours qui n’est pas tué en Slovénie . Et quand il s’agit de Hvala , d’une ourse qui aura fait en plus beaucoup de petits oursons en France . La vie y est gagnante , non ?
    Pour le reste les ours peuvent connaitre les mêmes accidents en France qu’en Slovénie , et donc être victimes des mêmes routes et des mêmes chasseurs .
    Le relief géographique est le même en France qu’en Slovénie , les ours slovènes s’étant empressés de réoccuper dans les Pyrénées les places laissées vacantes par l’ours autochtone .
    Quand Néré a croisé Cannelle , il n’a fait aucune différence entre ourse Slovène et ourse Pyrénéenne , ni même entre Slovénie et France . Le résultat a été Cannelito qui erre depuis bientôt neuf ans de façon stérile et je milite pour qu’il ait le droit de rencontrer une femelle afin de prolonger la lignée historique de Cannelle, dernière ourse des Pyrénées .
    Et quand le Directeur de la biodiversité M. Roy nous dit qu’il ne faut pas se focaliser sur ces réintroductions, je lui réponds qu’il ne manque pas d’air et faillit à sa mission si l’on considère ces neufs années et l’intérêt génétique et symbolique qu’il y aurait à donner un avenir fécond à Cannelito .

    Quant au transfert de Slovénie vers la France il y a pour cela une anesthésie banale faite par des experts . Certes , comme chez les humains, il y a toujours un risque infinitésimal de choc . Mais bon , se faire opérer de l’appendicite ce n’est pas la fin du monde . Pour ce qui est de la pose de la puce sous la peau , c’est une pratique courante faite à des millions de chiens et de chats qui s’en remettent très bien . Je concède que l’arrachage d’une dent pour connaitre l’âge du plantigrade pourrait être évitée …

    Pour mémoire les réintroductions sont autorisées et conseillées par les instances internationales, bien sûr en respectant certains critères, pour récupérer des espèces rares ou en voie de disparition . La marmotte en a bénéficié dans les Pyrénées , le mouflon aussi . Il y a en cours un plan prévu avec l’Espagne de réintroduction du bouquetin Ibérique vers les Pyrénées. La pratique est courante pour les rapaces . Des délocalisation existent aussi d’un pays à l’autre pour enrichir la génétique par exemple en ce qui concerne les chevaux sauvages de Przewalski , qui sont anesthésiés et voyagent avec beaucoup de précautions, comme les ours , et se réadaptent au final parfaitement à leur nouvel environnement
    ….
    Donc oui à la réintroduction et je ne vais pas rappeler ici l’intérêt essentiel pour la nature de conserver la présence de l’ours en France, je l’ai déjà fait .

    Pour autant , nous sommes loin de pouvoir nous réjouir , cette annonce du lâcher de deux ourses est une stratégie d’action, beaucoup d’obstacles demeurent …

    Nous avons un Gouvernement , un Ministère de l’Ecologie et un Directeur de la Biodiversité qui cherchent par tous les moyens possibles et juridiques à se soustraire aux obligations des conventions signées par la France , ( Habitats et Berne ) et qui oublient volontairement que l’ours en France est classé par l’UICN dans la liste rouge des mammifères en grand danger d’extinction . Quel est le but de ce Gouvernement ? Il est absolument le même que celui affiché par le précédent : l’objectif est de freiner à tout prix la croissance positive d’un petit noyau d’une vingtaine d’individus . Quels sont les moyens ? D’un côté livrer la population à l’endogamie et à la dégénérescence génétique et de l’autre livrer les deux derniers mâles béarnais , dont Cannelito, à une stérilité définitive et ainsi faire disparaître 40% du territoire de l’ours . Voilà le programme du Gouvernement et ses intentions pitoyablement, indignement et clairement affichées .

    Ce qui me peine c’est que pour l’heure je n’entends pas beaucoup d’indignation , ni personne crier au scandale devant les propos honteux et indécents d’un Ministère qui n’arrive même plus à cacher son désir d’éradiquer l’ours tant ses propos et son attitude sont sans équivoques !
    Y a t-il encore des Ecologistes dans ce Gouvernement pour faire quelque chose avant qu’il ne soit trop tard ? N’y a -il pas un biologiste ou un scientifique dans ce pays pour pousser un grand coup de gueule et dire ses quatre vérités au Directeur de la Biodiversité et à Me Batho ?

    Reste à savoir devant un telle incohérence et devant un tel manque de bonne volonté à vouloir sauvegarder l’ours, ce qu’en pensera la Commission Européenne et quelles seront ses décisions .

    Personnellement je focalise sur ces lâchers , car ayant malheureusement connu et suivi l’éradication de l’ours en Béarn , je n’ai nullement envie de suivre demain la gestion du déclin et de la disparition du plantigrade dans les Pyrénées Centrales .

    Cordialement à tous et merci beaucoup à Marie pour son petit mot sympa .

  14. je ne m’en lasse pas; et une fois de plus la presse focalise toujours sur l’affaire Dreyfus et passe sous silence l’engagement total de cet homme pour la justice mais il y incluait aussi les betes, lui.

     » Emile Zola fut un écrivain très controversé : il forçait l’admiration ou déclenchait de vives polémiques, mais il ne laissait pas indifférent. De La confession de Claude à Justice, Zola défendit avec vigueur et passion ses idées. Pour cela il fut insulté, traité d’ordurier et catégoriser comme un homme grossier et vulgaire. Pourtant cet homme possédait un amour immense pour les animaux et, de nombreux articles émouvants en témoignent.
    On peut donc rétorquer aux détracteurs d’autrefois que cet homme, capable d’avouer ses pleurs ou ses craintes pour un chien ou pour tout autre animal, était un homme au cœur immense.

    http://emilezola.free.fr/d_zola%20et%20l'amour%20des%20betes.htm

  15.  »
    au bout de ce chemin qu’on appelait la « routote », le ruisseau descendait l’unique rue du village. Il était gros l’hiver; on y plaçait des pierres pour traverser.
    A l’est, le rideau de peupliers où le vent murmurait si doux.
    A l’ouest, les côtes et le bois de Luzerain, d’où les loups, au temps des grandes neiges, entrant par les brèches du mur, venaient hurler dans la cour. Les chiens leur répondaient furieux et ce concert durait jusqu’au matin.
    Quelle paix dans cette demeure et dans ma vie à cette époque !…
    Louise Michel – Mémoires

    « Au fond de ma révolte contre les forts, je trouve du plus loin qu’il me souvienne l’horreur des tortures infligées aux bêtes. »
    Louise Michel (1886)

  16. Belles paroles de Louise Michel, Marie, merci !
    Cette tolérance aux loups « dans la cour », avec les chiens détonne bien avec notre époque qui ne tolère rien d’autre que le fric, la violence et la connerie…

  17. Après l’enthousiasme voilà un enterrement de première classe pour l’ours dans les Pyrénées, digne du Muséum d’histoire naturelle de Toulouse .Parions que Cannelito ne tardera pas y rejoindre sa mère sur un piédestal où l’on pourra faire la photo souvenir d’une lignée historique arrivée à son terme.

    Une réponse de Me Batho qui ne surprendra personne et qui va bien sûr dans le sens de la défense de la diversité des espèces que la France défend d’arrache pied avec une conviction d’arracheur de dents à toutes les Conférences internationales sur la Biodiversité …

    L’hypocrisie et l’imposture continuent leur petit chemin de montagne .

    Les extrémistes pastoraux vont s’en donner à cœur joie puisque l’Etat pour le deuxième quinquennat consécutif vient de condamner la population ursine des Pyrénées à la dégénérescence génétique du côté Central et à la disparition pure et simple du côté Béarnais . Avec la porte implicitement ouverte par le Gouvernement aux exactions de l’ultra pastoralisme, le déclin de l’ours devrait maintenant aller assez vite . Tout aussi vite que ce à quoi nous avons assisté en Béarn par le passé .

    Un grand merci à l’écologie politique Française et au Gouvernement qui jouent pleinement et avec beaucoup d’authenticité leur rôle d’éradicateurs des espèces soi-disant protégées ! Remarquable et exemplaire !

    Il ne nous restera plus qu’à aller nous promener dans les Cantabriques, où la richesse de la biodiversité est classée au patrimoine mondial de l’Unesco, cette région n’est pas très loin des Pyrénées, y a des ours, y a des loups , et beaucoup moins de bourriques …

    Bien le bonjour à tous , même si c’est pour moi une bien triste journée .

    http://www.buvettedesalpages.be/2013/01/le-gouvernement-s-oppose-a-de-nouveaux-lachers-d-ours-dans-les-pyrenees.html#comments

  18. Je crois qu’il ne faut pas trop compter sur le gouvernement pour protéger les ours dans les Pyrénées , le politique y est trop dominé par des lobbies influents comme la chasse ou même tout simplement des groupes de pression très minoritaires (avec quelques retraités comme têtes pensantes) mais qui ont l’appui des politiques locaux , comme dans le Couserans ariégeois .
    Le seul espoir pour les Pyrénées est du côté espagnol avec les Cantabriques et une augmentation ursine en croissance qui pourrait s’étendre en direction des Pyrénées .
    Des lâchers oui , mais du côté espagnol .

  19. Tu as raison Christb64, triste journée, mais gardons le dernier espoir : que l’Europe condamne fermement notre pays de pilards et… que les gens se réveillent, dans les Pyrénées et ailleurs, nous, on ne peut pas baisser les bras 😉

  20. J’avais pourtant dit dans un précédent post qu’ un
    lâcher n’avait jamais eu lieu en Béarn.
    Les gouvernements changent mais pas les politiques en place.
    Il y a de nombreux verrous mais pas qu’au gouvernement.
    J’ai bien peur qu’il faille plusieurs années avant d’avoir une base solide pour la survie de l’ours dans les Pyrénées.
    Et quid de sa protection? Les battues ? les associations n’en parlent pas beaucoup…
    Une ONC , indépendante qui puisse travailler dans la sérénité…

  21. Merci à tous ceux qui ont réagi à mon commentaire.
    Voici ma réponse à chritb64.

    Mon interrogation portait sur le fait qu’on prenne bien en compte les intérêts de ces deux ourses, en tant que personne non humaine, mais personne tout de même, ayant des droits.

    Sur le fait de savoir si les animaux non humains sont ou non des personnes, je vous suggère la lecture de l’excellent ouvrage d’Yves CHRISTEN « L’animal est-il une personne » qui apporte beaucoup au débat sur l’exploitation et la manipulation animale.

    Nous considérons les animaux dépourvus des qualités que nous les humains possédons. Ce livre révèle les facettes de l’intelligence et de l’identité animale ; chaque animal est un individu à part entière, un être social unique, complexe et par là-même un sujet de droit. Le droit de ne pas être mangé, torturé dans des laboratoires, exhibé dans des zoos, forcé à réaliser des tours d’adresse dans des cirques, etc., le droit d’être respecté.

    Le fait de déplacer ces ourses est-il autre chose que de la manipulation et de l’exploitation au profit des humains, sans doute afin de se donner bonne conscience et pour qu’ils puissent se dire qu’en définitive ils ont tout fait pour « sauvegarder la biodiversité» qu’ils ont eux-mêmes détruite.

    Dans son livre, « La libération animale » (dont le titre est un parallèle avec la libération des femmes), un classique sur le sujet que vous connaissez peut-être , Peter SINGER dénonce la considération inégale des intérêts des animaux, selon qu’ils sont humains ou non humains, alors qu’ayant une valeur morale égale, ils ont droit à une prise en compte de leurs intérêts égale, qui doit conduire ou participer à leur bien-être.
    Pour les humains, les animaux (non-humains) continuent à être des inférieurs, placés sur Terre pour leur bon plaisir, corvéables, déplaçables et chassables à l’envie, du gibier faisant partie d’un quota de chasse. La tranquillité avec laquelle vous évoquez d’ailleurs cet aspect, qui n’a pas l’air de vous offusquer outre mesure et même aller de soi, me donne froid dans le dos, je dois l’avouer, et je ne pense pas qu’il puisse constituer une justification au déplacement des deux ourses. De plus vos propos ont l’air de sous-tendre qu’il vaut mieux être abattu par un chasseur français que slovène, ce qui, vous l’avouerez est pousser le chauvinisme un peu loin. Et cela ne prouve qu’une chose à mes yeux, c’est que les chasseurs slovènes valent les chasseurs français sur le plan de la violence et de l’imbécilité. Et bien sûr ce sont uniquement les ourses, à qui on n’ira pas demander leur opinion, qui feront les frais de la nécessaire prise de risque que vous évoquez.

    Pour Peter SINGER, c’est la capacité à souffrir qui est moralement importante. Dans le cas des deux ourses, je suppose que la souffrance est immense pour des animaux sauvages traqués, piégés, transportés, débarqués dans un endroit inconnu avec des dangers inconnus et une forte probabilité d’être canardés une fois en France.

    Quant à l’amour des animaux et à la sensiblerie que vous semblez m’attribuer, voilà comment Peter SINGER en parle :
    « La présomption selon laquelle, pour s’intéresser à de telles questions, on devrait être un « amoureux des animaux », (forcément sentimental et émotif) indique déjà, combien on peut être loin d’imaginer que les normes morales que nous appliquons aux humains pourraient s’étendre aux autres animaux. Personne, hormis le raciste qui cherche à salir ses adversaires en les traitant « d’amoureux des nègres », ne suggèrerait que pour se préoccuper de la question de l’égalité pour les minorités raciales maltraitées, il nous faille aimer ces minorités, ou en trouver les membres gentils ou mignons. Pourquoi donc devrait-on présupposer cela de ceux qui travaillent à l’amélioration du sort des non-humains. »

    Enfin, je trouve totalement incohérent de la part de la Commission Européenne de faire pression sur la France pour insuffisance de protection de l’ours brun, et de ne pas faire en même temps pression pour qu’elle interdise purement et simplement la chasse (l’argument de laisser aux chasseurs la mission du régulage de la faune en France ou en Slovénie étant par ailleurs une ineptie totale, on connaît les carnages auxquels conduit la soi-disant gestion de la faune par les chasseurs). Car selon les associations de protection des animaux sauvages, ils sont pour une grande partie responsables de la disparition de nombreuses espèces, oiseaux et mammifères (cf. Le livre noir de la chasse de Pierre Athanase, Président de l’ASPAS). La vie y gagnerait sûrement si l’interdiction de la chasse était universellement décrétée (mais n’y comptons pas trop pour l’instant).

    Pour terminer, je ferai référence au livre de Jean-Claude GENOT, « La nature malade de la gestion », qui révèle l’ambiguïté de notre relation à la nature. Il nous montre comment et pourquoi la gestion de la biodiversité parachève la domination de la nature par l’homme, comment sa protection est victime de la société technicienne. Une biodiversité écologiquement correcte, acceptée et jardinée. L’intervention dans la nature dite  » protégée  » est un tel dogme, que laisser faire la nature semble désormais une utopie… …En fait, ce n’est pas la nature qui est véritablement malade mais l’homme, atteint par son obsession de contrôle, qui fait de la nature sa victime. Il ne faudra donc pas soigner la nature mais guérir l’homme de sa maladie obsessionnelle qui envisage la nature comme un milieu hostile à dominer et non comme un monde à part entière à respecter.
    Voilà les réflexions que cet article sur la « réintroduction » d’ours bruns dans les Pyrénées ont déclenchées en ce qui me concerne, mais bien évidemment chacun reste libre de ses opinions.

    Bien amicalement à tous.

    Bételgeuse

  22. @ Bételgeuse

    Salut !
    J’ai lu les bouquins de M. Génot, excellents autant qu’instructifs .

    Je n’ai bien sûr jamais dit qu’il valait mieux que l’ours se fasse tuer par un chasseur en France plutôt qu’en Slovénie. Ce serait stupide ! Mon seul propos est de dire que pour l’ours les risques sont les mêmes qu’il soit en France ou en Slovénie . Que tout autant en France qu’en Slovénie il peut être victime d’un chasseur , d’un accident de la route ou d’un dérochement . C’est tout .
    Après le trajet de l’ours qui fait la route en 24h de la réserve de Medved aux forêts d’Arbas ne ressemble en rien au trajet du cochon qui a quitté le béton de sa porcherie pour rejoindre le béton de l’abattoir . Il faut relativiser .

    Pour moi la présence de l’ours dans les Pyrénées garantit la sauvegarde de la complexité des équilibres et des écosystèmes nécessaires à notre humanité . La présence de l’ours au sommet de la pyramide écologique du vivant dans son cycle des échanges avec l’énergie et la matière est absolument essentielle à la qualité d’un environnement naturel préservé dans son identité et son intégrité .
    Amputer le sommet de cette pyramide où se tient l’ours, grand prédateur et espèce parapluie, revient à altérer gravement l’ensemble de la nature sous les coups de la domestication et de la civilisation des territoires . L’ours appartient aux règles de survie qui équilibrent la vie sauvage . Tuer l’ours c’est tuer la nature. Le faire disparaître, c’est faire disparaître la nature . Comme l’a écrit le biologiste Dendaletche , spécialiste de l’ours,  » le moindre pissenlit a un rôle essentiel dans la survie de très gros animaux  » . L’inverse est aussi vrai . On ne peut pas amputer le sommet de la pyramide du cycle de la vie où sont les grands prédateurs sans ébranler durablement l’ensemble de l’édifice vivant .

    Voilà ma motivation, tout comme l’exprime M. Claude Génot , préserver et respecter à travers la présence de l’ours l’hostilité millénaire des montagnes Pyrénéennes et, je comprends. votre point de vue avec d’autant plus de facilité que je le partage sur bien des points .

    Le plus regrettable aujourd’hui, et au bout de neuf années, c’est que deux mâles en Béarn ne croiseront pas de sitôt la moindre femelle pour assurer une de leur principale fonction vitale qu’est la reproduction et que là-bas en Slovénie deux ours seront abattus de n’avoir pu venir en France et se soustraire ainsi aux quotas de chasse . Dommage !

    Cordialement .

    PS –
    P.P Bien amicalement à toi , merci de tes encouragements , j’en ai besoin !

  23. Bételgeuse, je comprends tes idées et j’en partage une partie (je suis opposé au puçage des ours par exemple) mais tu n’imagines pas combien je ne suis pas d’accord avec ce que tu écris. Je n’ai pas le temps ce soir hélas, j’essaierai de revenir dessus, mais saches par exemple que rétablir une population d’ours viable dans les Pyrénées, c’est tout sauf de la « nature jardinée »… c’est au contraire, certes intervenir ponctuellement, mais pour gagner en nature sauvage et libre !
    Et ce n’est pas parce que je suis contre le puçage des ours qu’il faut jeter tout programme de lâcher d’ours à la corbeille ! Quel gâchis…
    Tu oublies sûrement que tous les oursons nés dans les Pyrénées sont sauvages et libre… sans colliers émetteurs ni puces… et j’ose même ajouter qu’il sont heureux étant donné la qualité du milieu naturel. Au prix du sacrifice passager de la quiétude des individus (leur parents) capturés, transportés et lâchés, j’en convient. Mais comment faire ? Certainement pas RIEN DU TOUT… les anti-ours en rêvent…
    Pierre Athanaze comme Jean Claude Genot sont POUR que l’on sauve l’ours des Pyrénées après l’avoir tant persécuté.
    Ce qui me gêne le plus, c’est que ce que tu écris fait le grand bonheur des extrémistes anti-nature les plus affreux qui soient…
    Bien amicalement aussi malgré notre désaccord.

  24. Bételgeuse:
    « Mon interrogation portait sur le fait qu’on prenne bien en compte les intérêts de ces deux ourses, en tant que personne non humaine, mais personne tout de même, ayant des droits. »

    Ayant conscience que les animaux ont des droits, vous serez d’accord avec moi pour admettre que les droits à se nourrir et à se reproduire devraient être des droits fondamentaux pour toutes les espèces qui peuplent encore ce monde.
    Il me semble que nous avons donc bel et bien un rôle urgent à tenir, comme par exemple faire tout notre possible pour maintenir et recréer les milieux agricoles qui ont été, de fait, les milieux auquel une multitude d’espèces s’est adaptée, par la force des choses et à l’échelle du temps des hommes, en y trouvant malgré tout, repos, nourriture et possibilité de s’y reproduire. Il y a un certain opportunisme chez les animaux aussi et c’est tant mieux. Mais en 60 ans, nous avons presque entièrement détruit ces écosystèmes, certes artificiels, mais dans lesquels une interaction positive entre l’homme et les autres animaux existe bel et bien. Prenons par exemple, les bocages ou les marais salants.

    Nous avons évidement une responsabilité dans l’arrêt complet des pesticides, et le retour a des techniques culturales beaucoup plus douces avec une mécanisation modérée voire abandonnée quand c’est possible.

    Je n’ai pas lu le livre de Jean-Claude Guenot, mais je vais le lire. Je suis écoeurée par le tout « gestion » qui, je pense, n’existe que pour masquer l’abandon de l’écologie (elle est morte, on l’a déjà dit et redit)au profit des activités économiques. Mais je sais, d’expérience, que les friches ne conviennent pas à toutes les espèces. Il ne s’agit donc pas, dans l’esprit, de « dominer un milieu hostile » mais plutôt de faire le maximum pour offrir des chances de survies au plus grand nombre d’êtres vivants et l’ours étant une espèce une parapluie…
    Je suis d’accord avec vous pour dire que la chasse pose des tas de problèmes, et qu’en France, y’a bien trop de chasseurs. Mais je ne suis pas d’accord avec vous pour dire que le traumatisme subit par des ours capturés et relâchés, doit être retenu pour ne pas tenter d’aider l’ours à vivre dans les Pyrénées françaises. Un ours a-t-il oui ou non le droit de se reproduire?
    Après des siècles de massacre en tout genre, le coup de massue final, c’est en ce moment et ça va vite. Faire ou ne pas faire, être ou ne pas être…?

  25. Il est utile de rabâcher toujours et encore que les ours réintroduits l’ont été sur des quotats de chasse , en clair que l’ours Pyros male dominant dans les Pyrénées et relâcher en 97 , serait mort depuis longtemps en Slovénie . Même constat pour l’ours Balou et d’autres du même voyage . Après à supposer qu’ils aient la conscience d’avoir échapper au tir d’un riche chasseur étranger sur les miradors slovènes , il est difficile de connaître leur avis d’ours sur la préférence de leur choix personnel de vivre libres en France ou de se faire naturaliser le portrait dans leur pays natal .
    Ces politiques du PS qui soutiennent les milices de la ruralité en excluant l’avis du reste de la population , c’est vraiment une honte .

  26. Bien. Tout le monde est remonté dans le train-train, moi avec. Attention au départ quoique le plus dur sera l’arrivée … Dans le mur.

    N’empêche que penser à la place du « sauvage » et se persuader qu’on le rend « heureux » par nos actions (ou notre gestion) me laisse perplexe.

    Tout au plus avons-nous conservé des « mouchoirs de poche » de « nature » qui deviendront, j’en suis quasiment persuadé, une attraction un certain temps pour péricliter définitivement par la suite.

    Terrasson m’a dit un jour lors de discussions sur l’opportunité de créer des espaces naturels protégés, qu’il fallait tout protéger, ou rien. Aujourd’hui, je me rends compte que nous fonçons vers le néant.

    Je savais qu’il avait raison.

  27. À Stan, à Bételgeuse, et à tous,

    Merci d’animer un débat aussi important. Je comprends d’autant mieux vos propos qu’ils reviennent en moi très souvent. Stan, j’ai assez bien connu François Terrasson, au point d’échanger quelques idées avec lui. La vérité est que je déteste l’emprise et le contrôle des humains sur des animaux supposément sauvages. Les colliers, les caméras, la traque institutionnalisée. J’ai horreur.

    Pourquoi en ce cas me féliciter d’un projet de réintroduction de deux ours dans les Pyrénées ? Il y a bien une espèce de contradiction. En la circonstance, disons que je ne peux accepter la fin de la présence des ours dans ce vaste pays pyrénéen qui est le leur.

    Au-delà, je crois nécessaires les tentatives de bricolage, éminemment critiquables certes, qui permettent au passage de ne pas désespérer de la présence des hommes. La nature sauvage, la vraie, n’étant plus que confetti, que faire ? Les ours de Slovénie ont bien le droit de vivre là où ils sont, j’en suis d’accord. Mais nous avons le devoir d’affronter dans nos Pyrénées la crise abominable de la vie qui nous frappe tous.

    Je vois, de nouveau, la tension, et même la contradiction qui existent entre ces deux nécessités. Et donc, je suis heureux. Mais atrocement triste.

    Bien à vous,

    Fabrice Nicolino

  28. A Fabrice,

    Merci pour ta réponse.

    Je te rassure pour le bricolage en ce qui me concerne. Ce n’est pas à soixante six balais que l’on change.

    Bonne journée.

  29. A Fabrice,
    globalement, sa réponse me convient.
    Bien sûr , on ne peut que regretter la disparition de l’ours, mais au delà de ces colliers et tout ce bataclan inutile, il reste les mesures de sa protection et là rien, d’ailleurs les associations
    ici présentes à travers 2 plumes (Fiep et Férus)
    se gardent bien d’en parler.
    Il leur faut à tout pris des femelles et sauvegarder ce qui peut rester coûte que coûte,
    même si on peut comprendre la déception de militants sincères qui font ce qui peuvent pour sauvegarder un des symboles des Pyrénées.

  30. Vous avez peut-être raison . Je vais y réfléchir …
    Je pensais que la sauvegarde du vivant et une cohabitation éthique de l’homme avec la nature était l’objet de l’écologie . Je vous rappelle que quand on parle de nature c’est forcément par définition l’ours , le loup , le sauvage quoi !… Mais peut-être que devant la fatalité où nous sommes vaut-il mieux laisser mourir le colibri ? Je vais y réfléchir . Car souvenez-vous ce que disait le biologiste Dendaletche, que je répète :  » le moindre pissenlit a un rôle essentiel dans la survie de très gros animaux  » et bien sûr l’inverse est aussi vrai dans la pyramide écologique du cycle du vivant . A partir de là il ne faut pas se leurrer inutilement, si nous sommes incapables de sauvegarder le sommet de la pyramide où sont les grands prédateurs, la base ainsi que tous les étages et leurs équilibres allant des micros organismes ,en passant par le règne végétal, en passant par les herbivores et les carnivores en seront profondément et durablement altérés . Ce qui veut dire que nous n’avons aucune chance de sauvegarder l’intégrité de la base si nous amputons le sommet de cette pyramide .
    Ainsi, si les supers prédateurs disparaissent du sommet prétendre sauver à la base la biodiversité et les zones humides de ND des Landes devient un leurre et une impossibilité absolue .
    C’est l’effet dominos .Une fois que la vie aura disparue du sommet, elle disparaitra aussi sûrement à la base où elle sera remplacée par des aéroports, des champs d’OGM,des torchère de gaz de schiste et peut-être pire …C’est d’une évidente fatalité ! Nous aborderons alors, en tant qu’humains, les fameux pissenlits de Dendaletche par la racine …
    Vrai, je vais y réfléchir … Faut-il laisser mourir le Colibri ?

    Pour terminer, et j’en aurai fini de monopoliser l’espace , je voudrais dire à Jean François que je ne comprends pas très bien ce reproche fait aux associations sur les mesures de protection de l’ours . L’ours bénéficie d’un suivi, sans puce ni collier pour tous ceux qui naissent dans les Pyrénées et ils sont, en tant qu’animaux sauvages absolument libres d’aller où ils veulent . On ne peut quand même pas gommer tous les dangers de la nature et de la civilisation devant les pattes de l’animal ! Certains reprochent trop d’interventionnisme et d’autres pas assez … Faudrait-il pour assurer leur complète protection les mettre en cage ou en parc ? Comme à Borce ? Là au moins ils ne risqueraient rien ! Je ne comprends pas bien, mais ce n’est pas grave . Mais croyez le, si l’ours disparait dans les Pyrénées ce sera plus qu’un symbole qui disparaitra et la civilisation prenant irrémédiablement la place du sauvage, je n’ose imaginer par quelles perversités contre nature il sera remplacé .
    Terrasson a peut-être raison . Adieu colibri !

    Pour finir sur le sujet je vous propose une vidéo d’Olivier de Robert sur Ariège News qui nous raconte  » Jean de l’ours  » et notre part de sauvage … Notre part de sauvage !…

    http://www.ariegenews.com/ariege/chroniques/2012/55730/olivier-de-robert-raconte-jean-de-l-ours.html

  31. à christb64

    Etant à la « Bure » …. (c’est là que Batho nous mène aujourd’hui)

    Oui, Terrasson a raison lorsqu’il me dit en 1980 « on protège tout » (nous n’en serions pas là) ou rien. Malgré cela, beaucoup ont fait, et continuent de faire ce qu’ils peuvent (et ne change pas à soixante-six balais) en espérant cette prise de conscience que Fabrice prêche en permanence.

    Salut à toi , « colibri »

  32. Effectivement Terrasson disait des choses très intéressantes (j’ai tout ses livres) et savait reconnaître les erreurs (qui n’en fait pas?)de ses débuts.
    Pour Chrisb64,
    les ours nés dans les Pyrénées vont où ils veulent
    (qui dit le contraire?),et encore dans le 65 , ils sont mal vus.
    « Faudrait-il pour assurer leur complète protection les mettre en cage ou en parc ? Comme à Borce ?  » Est ce que j’ai dit une chose pareille, soyons sérieux!

    Il n’ y a pas de protection efficace pour les ours dans les Pyrénées,
    souvenons-nous du triste épisode 2004 de Cannelle:
    Fiep qui voit couche des 2 ours,Caussimont qui prévient Camarra,qui prévient l’IPHB, qui prévient le maire de la commune concernée , celui -ci demande de ne pas chasser.
    Que d’intermédiaires , tout çà pour déboucher sur des recommandations,pour finir des hommes avec leur pétoire et la funeste fin que l’on sait.
    La chasse et la battue posent problème (déjà au Bitet ,Cannelle avait eu chaud!),
    l’IPHB avait imposé ses vues , et les associaitons n’avaient que des miettes, certes avec un Jean Lasssale tout puissant ce n’est pas facile, j’en conviens.
    J’ai beaucoup de respect pour le moussu,et je sais la valeur inestimable que cela représente en Béarn, car une forêt sans ours ce n’est plus pareil, mais doit-on en relâcher ( de toute façon ce n’est plus d’actualité semble-til)à tout pris
    sans un minimum de garanties !
    Voilà c’est mon opinion, ce n’était pas ce que je pensais il y a quelques années, mais c’est ainsi.
    Je pense et je le répète, il faudra une remise à plat avec des hommes nouveaux,cela prendra du temps , mais quand on voit les décennies qui passent en Béarn sans changement notoire, il faut reconnaître l’échec de beaucoup de monde (moi compris à mon petit niveau),et les associations à des degrés divers ont forcément leur part.
    Il faut avoir l’honnêteté de le dire, même si cela
    est douloureux, et j’espère qu’une autre génération saura trouver le difficile chemin pour une acceptation d’ours dans les vallées.
    Bonne soirée.

  33. De retour d’un week-end d’ « etude de la nature » a Basudha, la ferme de Debal Deb a Bankura, pendant la correspondance entre deux trains sur le quai de la gare de Barrackpore:

    Un rat pointe son nez, s’aventure sur le quai, s’approche prudemment d’un monsieur assis sur un banc qui grignote son biscuit avec son the. J’ai un mouvement instinctif de recul, je m’apprete a taper du pied, a faire du bruit pour chasser le rat, et surtout l’eloigner des enfants. Mais notre amie Mita, docteur homeopathe, appelle doucement les enfants: « Oh, regardez les enfants, il y a un rat ». Les enfants, amuses, observent les mouvements prudents et rapides du rat, son museau fremissant, ses longs poils de moustaches. Le rat nettoie les miettes de biscuit tombees a terre, a quelques centimetres du pied du monsieur, qui n’interromps pas sa degustation, et puis disparait. Les enfants ont observe pendant quelques instants, avec emerveillement, un rat a 1,5m de distance. Maintenant ils sauront meme le dessiner!

    Tout depend decidement du regard que portent les adultes.

  34. L’homéopathe ce que l’origan est à la sauce tomate. Donc évident qu’elle voit la « vie » d’une façon différente. J’ai vu nombre de rats écrasés à la sortie de tuyaux perforés, ils n’avaient pas entendu siffler le drain.

  35. A Fabrice, Stan et à tous,

    Sans trop monopoliser l’espace non plus, laissez-moi vous faire part de ma « petite » expérience en la matière, même si cela nous éloigne un peu des Pyrénées.

    Difficile en effet de savoir par quel bout prendre les choses et quoi faire pour bien faire dans le contexte actuel : indifférence de la population, inertie, opposition, « ignorance crasse » des élus de tout ce qui concerne la Nature (n’est-ce pas Martine), etc.. mais aussi avec notre façon toute humaine de percevoir la nature et de décider de ce qui est bien ou pas pour elle.

    Avec l’association Hoflandt Nature, nous avons essayé de « protéger » la zone humide située derrière nos habitations, la zone humide de l’Hoflandt, petite enclave « sauvage » dans un quartier à l’extrémité de notre ville, très riche d’un point de vue de la biodiversité, des batraciens, 150 espèces d’oiseaux, un couple de hérons, de très vieux saules, une mégaphorbiaie à reine des prés, et une plante protégée au niveau européen, l’achillée sternutatoire.

    Afin d’extraire cette zone des mains des prédateurs habituels, promoteurs et aménageurs qui n’auraient pas hésité à un moment ou à un autre de s’en emparer pour y construire un lotissement, un supermarché, un camping intégré ou tout autre chose que nous ne pouvons même pas imaginer, nous avons choisi d’interpeller la municipalité, de droite à l’époque (il y a une dizaine d’années) qui nous a pris pour des guignols et a « classé » le dossier (dans la poubelle).

    Nous avons pensé qu’il serait tout de même judicieux de procéder à un recensement des richesses faunistiques et floristiques présentes sur la zone (la LPO et l’association Chico Mendes sont venus sur place) ainsi qu’au curage des mares et à une taille des vieux saules en têtard, ce qui était bien sûr une forme de gestion.

    Et puis j’ai fait la connaissance de François TERRASSON (à travers ses livres et ses interviews), devenu depuis un de mes maîtres à penser, et cela a fait tilt. Ce que je pressentais sans en avoir vraiment conscience est devenu évident pour moi : on faisait fausse route et le mieux était certainement de laisser évoluer ce petit morceau de nature sans intervenir, même si cela devait entraîner la disparition des mares par suite de leur envasement, elles seraient remplacées progressivement par une autre flore et une autre faune mais la biodiversité ne serait sûrement pas perdante. Et même si la renouée du japon devenait un peu envahissante, pourquoi à près tout ne pas la laisser faire aussi.

    C’était sans compter sans la nouvelle municipalité de « gauche » qui a mis le grappin sur la zone humide et c’est bien sûr le désastre auquel on pouvait s’attendre.

    La municipalité a autorisé la construction d’un lotissement sur le champ inondable et récemment inondé, et l’adjoint à l’environnement, déjà évoqué dans un autre commentaire, s’est mis en tête de transformer la zone humide en « zone nature » pour accueillir des « chantiers nature », tout cela englobé dans le terme générique de « renaturation de la zone humide de l’Hoflandt». Ce serait risible si ce n’était pas aussi triste.

    Depuis, on assiste impuissants à un saccage systématique de ce merveilleux endroit, et les associations n’ont pas droit au chapitre. On a mis dans la tête des gosses venus participer aux « chantiers nature » que les ronciers étaient des « horreurs » de la nature à éradiquer, ils ont donc été arrachés permettant ainsi aux hérons de faire un festin des batraciens qui n’avaient plus d’endroits pour se planquer. La mégaphorbiaie à reine des prés n’a pas l’air en très bonne santé. Quant à l’achillée sternutatoire, elle a probablement disparu à jamais de la zone humide.

    Moralité, on se demande si on a bien fait d’attirer l’attention sur cette zone ou si on aurait mieux fait de ne pas la mettre en ligne de mire.

    En tout cas ça ne l’a protège même des chasseurs qui s’y sentent apparemment comme chez eux, et viennent y faire régulièrement quelques cartons, malgré l’interdiction de la chasse.

    Le pire c’est que tout ça laisse à peu près tout le monde indifférent, tant il est vrai que peu de monde comprend que la Nature n’est pas quelque chose à notre disposition que nous pouvons aménager à notre gré. Si on fait partie de la très petite minorité qui l’a compris, on passe pour des extra-terrestres, le plus souvent pour des cinglés, voire des hippies amateurs de petites fleurs des champs.

    Tout ça pour dire que je pense que tu as raison Fabrice, ce serait merveilleux si les ours revenaient dans les Pyrénées. Même si les chasseurs restent un gros problème car ils ne feront pas de cadeau. Et il ne faut surtout pas décourager le peu de personnes qui ont encore de la considération pour la Nature, car trop de gens détournent la tête et ne rien faire n’est sans doute pas la solution.

    A nouveau merci d’être parmi ceux qui nous accompagnent sur cette route tortueuse, avec constance et lucidité, et nous aident à garder sinon la tête froide, du moins les idées claires. Et merci de nous permettre ces échanges passionnants et passionnés sur des thèmes qui nous touchent au cœur.

    Bételgeuse

  36. Fabrice,

    Surtout ne change pas, je n’en ai pas l’intention non plus.

    Je compte bien être des vôtres le 11 mai à Notre-Dame des Landes.

    Des bises en retour.

    Bételgeuse.

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