Ce que je retiens de ces lamentables élections municipales

Je ne vais pas m’imposer bien longtemps, rassurez-vous. Soit vous vous foutez des élections, soit vous avez eu bien assez de pauvres commentaires. Et donc, rapidement.

Ceux qui gouvernent, ceux qui aspirent à gouverner trouvent fort aisément leurs marques face à l’abstention record. Comme en Amérique, où la moitié des électeurs possibles ne se déplacent pas ? Comme. Nos Excellences de gauche et de droite démontrent, s’il en était besoin, qu’ils se moquent totalement de savoir si leur propre peuple marche un peu, beaucoup, passionnément, et finalement pas du tout. C’est une démonstration impeccable. Je rappelle que près de 40 % des Français ne sont pas allés voter pour une élection locale censée être la plus courue de toutes.

Deuxième point, corollaire du premier : ils ne représentent pas ce qu’ils prétendent. Aux 38 % d’abstentions hier, il faut ajouter les votes blancs ou nuls, qui ne sont opportunément pas comptabilisés de manière nationale, en tout cas pas ce matin. Je note qu’au second tour de la présidentielle de 2012, on en a compté deux millions, qui n’ont pas voulu trancher entre les deux zozos qui se présentaient. Et ne parlons pas de ceux qui, quelles que soient leurs raisons, ne sont pas inscrits sur les listes électorales. Même en s’en tenant aux seules abstentions,  la réalité n’est certes pas ce qu’ils décrivent. Les chiffres donnés par Le Monde, qui doivent bien en valoir d’autres, indiquent : « Au niveau national, la gauche rassemble 40,57 % des suffrages, tandis que le bloc de droite s’élève à 45,91 %, et l’extrême droite à 6,62 % ».

Sortant ma calculette – je pratique peu, et si je me trompe, je rectifierai -, je traduis. 45,91 % pour la droite, cela représente 28,46 % des inscrits, compte non tenu des blancs ou nuls. On doit être en vérité aux alentours de 25 ou 26 %. Pourcentage de la gauche : 40,57 %, qu’il faut ramener à 25,15 %, puis 22 ou 23 % en y incluant blancs et nuls. L’extrême-droite : 6,62 %, soit 4,10 %. So what ? Nous sommes en train de regarder les scènes d’un théâtre d’ombres, qui ne signifient aucunement ce que les acteurs ânonnent. Le texte est si vieux qu’ils pourraient le clamer en dormant. D’ailleurs, ne dorment-ils pas ?

Ayrault va partir, sauf gargantuesque surprise. Oh ! bon débarras, tout de même. Le remplaçant ou la ne vaudront pas mieux, mais ouf ! Mon petit doigt, qui se trompe souvent il faut dire, me glisse que ce pourrait être la fin de Notre-Dame-des-Landes. Foldingue ? Les écolos d’EELV ont fait de bons scores, et Hollande ne pouvait jusque là garder Ayrault et bazarder le projet d’aéroport que celui-ci défendait en grand délirant qu’il est. Je vois mal un gouvernement pareillement affaibli par les droites ouvrir un front sanglant – car une intervention des flics ferait couler le sang – sur sa gauche. Et je vois mal ce triste politicien de Hollande accepter de s’appuyer sur un gouvernement 100 % PS, qui vaudrait l’assurance de plus magistrales défaites dans l’avenir prévisible. Si l’abandon du projet d’aéroport devait se confirmer – et Dieu sait qu’il existe d’autres scénarios -, eh bien ce dimanche électoral resterait pour moi une date heureuse.

7 réflexions au sujet de « Ce que je retiens de ces lamentables élections municipales »

  1. EELV a fait alliance à Nantes avec les socio-collabos… Et EELV persiste à participer à ce gouvernement, qui devrait être laissé seul face à ses responsabilités. À ce jeu de dupes, EELV finira par couler avec le Titanic solférinien. D’autre part, s’il y a une chose dont les gouvernements n’ont jamais été avares, c’est bien du sang du peuple. C’est infiniment triste à dire, mais le pouvoir réel, c’est l’argent : Vinci y a mis le prix, Vinci ne lâchera jamais son os, sauf à y être contraint par la rue.

  2. D’accord avec ta conclusion.
    Ce serait la seule bonne nouvelle de ce scrutin.
    Avec, peut-être, l’élection d’un maire écolo à Grenoble. Mais là, seul le temps dira si c’était le cas … ou non.

  3. EELV ne doit pas claquer la porte dans l’instant et dans un nouveau gouvernement même si l’austérité mise en place par le PS au pouvoir se renouvelle. De toute façon, pour cette austérité décidée telle qu’elle soit, c’est Bruxelles qui pilote, Hollande (ou un autre) obtempère un point c’est tout. N’oubliez pas que l’UMP déteste les écologistes d’une façon inique.
    Sachant qu’il n’y a pas beaucoup de place à une politique écolo à mettre en oeuvre actuellement vu la dette décriée par Bruxelles, décideriez-vous à vouloir quitter cette Europe des marchés?
    Les VERT ne sont qu’un petit parti, il suggère là ou là, ce n’est point inutile.
    Quant à JV PLACE Chef de file EELV, il me semble qu’il n’est pas le plus mauvais. Egalement pour le mouvement bleu Marine surtout dans sa partie « européenne ».

  4. A propos de la  »démocratie » et des élections Condorcet avait déjà en son temps révélé les problèmes liés aux élections

  5. Bonjour tout le monde. Rapide analyse sur un point que soulève Fabrice, cad: pourquoi mes concitoyens américains ne votent pas (des masses):
    « Un bon sujet de recherche, si possible , serait  » pourquoi les gens ne votent pas .  » l’abstention est très élevé , environ 50 pour cent , même dans les présidentielles- beaucoup plus élevés dans d’autres elections. On a déjà analysé les attitudes des gens qui ne votent pas . Tout d’abord , ils s’identifient surtout comme démocrates . Et si vous regardez leurs valeurs , ils sont pour la plupart social-démocrate . Ils veulent des emplois , ils veulent des « benefits » (ie: sécurité sociale, assurance) , ils veulent que le gouvernement soit impliqué dans les services sociaux et ainsi de suite , mais ils ne votent pas , en partie , je suppose , à cause des obstacles au vote . Ce n’est pas un grand secret . Les Républicains essaient vraiment d’empêcher les gens de voter , parce que plus les gens voteront , moins la droite pourra gagner d’elections. Il ya d’autres raisons pour lesquelles les gens ne votent pas . Je soupçonne , mais ne sais pas comment le prouver , que l’une des raisons c’est qu’ils savent juste que leurs votes ne font pas de différence , alors pourquoi faire l’effort ? Donc, vous vous retrouvez avec une sorte de plutocratie où l’opinion publique n’a pas grande importance . Les EUA ne sont pas si différents à d’autres pays à cet égard , mais plus extrême. A tous les niveaux, il est plus extrême. Donc oui, il ya une guerre de classe constante en cours. »

    Traduit rapidement d’une ITV parue dans Salon.com avec Noam Chomsky, lors du mvnt Occupy Wall Street. J’ajouterai que de récents articles dans les merdias américains montrent comment les états traditionellement à droite où Obama fit néanmoins un bon score sont en train de modifier et de rendre difficile l’accès aux urnes de manière à étouffer le vote des minorités et des pauvres. Ceci étant dit, je rejoins l’analyse ultime de Fabrice, personne ne fait, ne veut ou ne peut rien faire pour la crise écologique. c’est à nous.

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