À lire avant tout acte sexuel

Est-ce ce printemps si chaud ? J’ai écrit, dans le numéro d’avril 2010 du magazine Terre Sauvage, une série sur le sexe chez les animaux. Y repensant tout à l’heure, gratouillant mon plâtre – voir les épisodes précédents – autant qu’il m’est possible, j’ai fini par tout relire. Et il m’a semblé que vous deviez tous être informés des mœurs inqualifiables de certains animaux, pourtant vénérés. Ce n’est pas chez nous, les humains, qu’on verrait des choses pareilles, pas ? Nous représentons la civilisation, pas ? La victoire de l’esprit sur la libido et la luxure, pas ?

Je ne sais pas pour vous, mais quant à moi, j’admire et j’envie les personnages qui suivent.

————————————–Terre Sauvage, avril 2010———————-

Le lion

Attention aux épines, Madame

Un conseil d’ami : ne pas se tromper de phéromone. Ce dernier est un message chimique qu’envoient les bêtes – donc nous – et les végétaux pour signaler quelque chose. Quand le lion se sent d’humeur folâtre, suivez bien le mouvement, il se sert hardiment de son organe voméronasal. Non, ce n’est pas ce que vous croyez. Découvert par le Danois Ludvig Jacobson en 1813, il se trouve caché quelque part dans le nez. Et il permet de détecter les phéromones, ce qui est bien utile.

Le lion est donc folâtre, et pour peu qu’une femelle elle-même tentée par une aventure se trouve dans les parages, le roi des animaux se met en position de flehmen. C’est-à-dire qu’il s’approche de la belle, retrousse sa lèvre supérieure et ouvre la gueule d’une manière qu’on pourrait qualifier de suggestive. Ça y est, ça y est presque, son organe de Jacobson vient de sentir les bons phéromones.

Disons-le avec froideur, il faut faire vite, car la lionne n’est féconde que tous les deux mois environ, et sa période d’œstrus  – les « chaleurs » – ne dure pas plus de quatre jours. De vous à moi, le lion n’est peut-être pas aussi malin qu’il en a l’air. Car enfin, sa belle se contorsionne sous ses yeux, frotte sa tête contre son cou, se jette même à ses pieds. Que lui faut-il de plus ? Pour finir, elle adopte la position dite lordose, qui consiste à creuser sa colonne vertébrale. La femelle est alors à plat ventre, avec la croupe en avant, ce qui ne peut être plus pratique. Faut-il vous faire un dessin ?

Cette fois, le lion a compris sa chance. Il s’avance, et pénètre dans une contrée que certains présentent comme enchantée. Il n’a pas l’air d’être sûr, car pour commencer, il saisit la nuque de l’épousée entre ses crocs, et serre pour la maintenir au calme. Cela marche ? Oui, jusqu’à un certain point. Car quelques secondes plus tard, trente au plus, madame bondit en poussant un rugissement, rompant comme on se doute tout charme. Elle se retourne même vers l’impétrant, en lui montrant des dents qu’elle a fort pointues, on craint le pire quelques secondes.

Que se passe-t-il donc ? Elle a mal. À cause de lui. À cause de son pénis à lui. Pour vous dire toute la honteuse vérité, le lion a la verge hérissée de ce qu’il faut bien appeler des épines. Disons donc des protubérances dermiques effilées, ce qui ne change rien au tableau. On croit savoir que ces épines stimulent l’ovulation, et peut-être l’excitation. La lionne serait-elle un poil masochiste ? Le fait est qu’après s’être calmée – comptez quinze minutes -, elle recommence exactement le même menuet. Lordose, fesses surélevées, etc. Le lion y retourne, mettez-vous donc à sa place. Et comme l’étreinte est fort brève, ainsi que déjà signalé, elle peut se répéter souvent. En fait, très souvent. Jour et nuit, si vous voulez tout savoir. Chez les plus actifs de ce sport extrême, l’acte d’amour peut se renouveler entre 200 et 300 fois au cours de l’épisode d’œstrus de la femelle.

Cela fait rêver ? Peut-être. Mais c’est surtout une nécessité proprement vitale. Car – sigh -, à peine un œstrus sur cinq se conclut par une naissance. On peut le dire autrement : si vous prenez cinq lionnes en chaleur qui acceptent le sport sans chambre décrit plus haut, une seule donnera naissance à des lionceaux, en moyenne trois. Mais seulement un quart des nouveau-nés parviendra à l’âge adulte. Ce qui met le lion adulte autour de 3 000 copulations préalables.

Reste le grand tabou de l’homosexualité. La littérature scientifique oublie le plus souvent de raconter que les grands mâles à fourrure et crinière ne dédaignent pas mamours et caresses entre compagnons. Certaines estimations évoquent le pourcentage de 8 % des accouplements qui seraient consentis entre messieurs. Quant aux dames, on ne sait pas trop quoi penser. En captivité, l’amour physique entre prisonnières a bel et bien été constaté. Mais dans la nature, pas encore. Peut-être aura-t-on regardé ailleurs.

Le mouflon du Canada

Celui qui a les plus grosses (cornes)

C’est assez navrant, mais chez le mouflon du Canada, Ovis canadensis, celui qui a les plus grosses s’en sort nettement mieux que les autres. Le drôle, c’est que l’on parle en la circonstance des…cornes. L’aventure commence début septembre et dans un premier temps, court jusqu’à la mi-octobre environ. Il faut imaginer des prés d’altitude que la neige n’a pas encore fait disparaître. Il y a encore de l’herbe et même quelques fleurs, sans compter la testostérone, cette hormone qui déclenche tant de mouvements guerriers chez tant d’espèces différentes.

Les mâles forment alors entre eux, et seulement entre eux, des groupes à l’intérieur desquels ils vont concourir. Pour ne rien vous cacher de la triste réalité, il s’agit de déterminer une hiérarchie libidineuse. Les spécialistes ont repéré six manières de se montrer, de se comparer, six manières de savoir qui dominera les autres et profitera ensuite des joies de la copulation. Dans quelques cas, heureusement rares pour les animaux, la confrontation se change en combat. Un combat qui consiste en de terribles coups de bélier – c’est le mot juste – face à face. Il faut et il suffit pour en arriver là que deux mâles aient des cornes de dimension à peu près égale. Ou que deux bandes étrangères ne se croisent.

Quoi qu’il en soit, admirons le résultat. Les adversaires s’éloignent d’une dizaine de mètres, et se jettent – hardi, les petits – la tête la première contre celle de l’autre. Le choc est si violent que l’on peut, dans certaines circonstances, l’entendre à un kilomètre de distance ! Qui dit mieux ? La nature ayant horreur du vide dans la tête, le sommet du crâne des béliers dispose d’une double couche osseuse qui épargne le cerveau. Le cerveau peut-être, mais l’intelligence ? Ces affrontements très ritualisés peuvent s’étendre d’une heure à…plus de 24 ! Quant à savoir qui est le perdant, de nombreux observateurs scientifiques avouent y avoir perdu leur latin. À priori, le premier qui s’arrête a perdu. Mais qui est le premier ?

Quand ces charmants garçons ont fini leur période d’entraînement, ils retrouvent ces dames, comme par enchantement, et commencent – nous sommes vers le 10 novembre – à se renseigner sur l’état de chacune d’entre elles. Celle-ci serait-elle prête à accepter des avances ? Et celle-là ? L’excitation monte ainsi jusqu’à la première copulation, qui a lieu, en général, fin novembre. À ce stade, de deux choses l’une. Ou la phase précédente a fait de vous un dominé, un vulgaire subordonné, et il va falloir courir. Ou bien vous êtes considéré comme un bélier dominant, et il faudra aussi courir. Mais moins tout de même.

Prenons le dernier cas, celui d’un mâle ayant gagné le concours de cornes. Il va se livrer, autour d’une femelle en chaleur – l’œstrus dure en général 24 heures – à ce qu’on appelle une défense. Facile. Il empêche tous les autres mâles d’approcher, quitte à leur rentrer dans le crâne. De la sorte, il profite largement des heureuses dispositions de sa partenaire. Mais les autres, au fait ? Comme les dominés n’ont pas envie de faire tapisserie, ils ont inventé une technique bien à eux qu’on appelle simplement la poursuite.

Un ou plusieurs mâles viennent narguer le dominant, tout à son affaire. Et commencent même les hostilités. La femelle en chaleur, lorsqu’elle sent que sa défense n’est plus assurée, court se réfugier dans la partie la plus accidentée des pâturages, au milieu des rochers. Et c’est là, sans parade nuptiale, sans apprêt, sans grâce, que plusieurs mâles, dominés et jeunes, se jettent sur elle pour un échange précipité. C’est rusé comme tout, mais dangereux, car le vide, souvent, est si proche que des animaux meurent régulièrement en pleine épectase, c’est-à-dire pendant l’amour.

Résultat des courses – vous voyez un autre mot ? -, il vaut mieux être dominant. Dans un groupe qui compte une vingtaine de femelles gestantes, les deux ou trois dominants seraient responsables d’environ 60 % des naissances d’agneaux. Les « poursuiveurs » se partageraient le reste, soit 40 %. Encore un effort du côté des cornes, pour l’an prochain !

La mante religieuse

Cette croqueuse qui cache son jeu

Oh ! le pauvre petit gars. D’abord, c’est un minus, qui semble à l’œil deux fois plus petit que son ogresse. En vérité, il ne lui manque que deux centimètres pour atteindre la taille de la femelle, qui est de huit. Mais comme il est également moins dodu, il faut bien avouer que ce mâle ne fait pas le poids à l’heure fatidique de la reproduction.

Pourtant, il faut ce qu’il faut. Avant d’aborder sur le fond ce lourd dossier cannibale, faisons un saut chez Jean-Henri Fabre. Né en 1823, mort en 1915, ce génial observateur, auteur de Souvenirs entomologiques – il frôla au passage le Nobel de littérature -, nous livre un regard sans fard sur les amours de la mante religieuse. Il a placé à la maison, dans des élevages, des couples de mantes qu’il regarde sans jamais se lasser. Nous sommes fin août, et attention, la séance va bientôt commencer. « Le mâle, écrit Fabre, fluet amoureux, juge le moment propice. Il lance des œillades vers sa puissante compagne (…) Il se rapproche ; soudain il étale les ailes, qui frémissent d’un tremblement convulsif (…) Il s’élance, chétif, sur le dos de la corpulente ».

Il y est ? Il y est. L’accouplement peut durer cinq ou six heures, vous avez le temps d’aller faire vos courses. D’après Fabre, cela ne se gâte que le lendemain. Crouch ! La femelle vient de broyer la nuque du mâle, avant de déguster tout le reste, sauf les ailes. Et ce n’est qu’un début, car dit Fabre, la femelle « n’est jamais assouvie d’embrassements et de festins conjugaux ». Il lui offre un deuxième mâle, un troisième, un quatrième, un cinquième, un sixième, un septième enfin. À chaque fois, cette épouvantable croqueuse d’hommes accepte les ébats, puis dévore ses soupirants. Fabre : « Le résultat de mon enquête est scandaleux ».

Voilà. La messe est dite. D’autant que, dans le droit-fil de Fabre, certains petits malins ont élaboré une théorie qui semble parfaite. Voyez le tableau. Le centre nerveux de la reproduction se trouve chez le mâle dans un ganglion situé au bout de l’abdomen. Lucas Baliteau, un jeune entomologiste français, a observé dans un élevage, en 2002, un mâle décapité par sa belle qui continuait pourtant à copuler pendant…quatre heures.

Il s’agirait d’une simple stratégie de reproduction, car les mouvements sexuels du mâle deviendraient, sa tête une fois coupée, plus vigoureuse encore, libérant ainsi davantage de spermatozoïdes. Mieux, le mâle accepterait de se « sacrifier » pour assurer à sa cruelle compagne l’apport en protéines – sa tête – sans lequel la descendance ne serait pas aussi bien assurée.

Vous trouvez que cela se tient ? Eh bien oui, il faut l’admettre. Mais cette vision a pourtant quelque chance d’être fausse. D’autres observateurs pensent que Fabre et quantité d’autres après lui ont été victimes d’un vulgaire biais scientifique. Ils ne se seraient pas rendu compte qu’en observant les mantes essentiellement en captivité, ils ne regardaient plus tout à fait le même animal. Une étude sérieuse de 1987 démontre que les mantes chinoises – une autre espèce que notre religieuse – ne pratiquent pas le cannibalisme quand des conditions plus naturelles d’observation sont respectées.

Et une autre, qui date de 1992, montre que la copulation des religieuses dure environ cinq heures de rang en captivité, mais seulement deux en liberté. Preuve que la cage changerait bien des choses. En réalité, à chaque pas de l’observateur dans la nature, de nouvelles questions se posent. Cette même étude de 1992 indique que 31 % des mâles observés, en liberté, seraient dévorés, mais sans qu’on sache ce qui s’est passé avant. Il est bien possible que la femelle, déjà fécondée par un autre, ne voie alors dans le nigaud en vadrouille qu’une simple proie comme un autre.

Ce qui nous ramène, il est vrai, à cette vilaine interrogation existentielle : qui porte la culotte, et dans quel sens ?

Le gibbon était vraiment agile

Le gibbon agile n’a pas de queue, et il est défendu de rire. Cela ne l’empêche pas de vivre, comme on va se rendre compte. D’abord deux mots de présentation. Hylobates agilis est un singe plutôt petit de 40 à 60 centimètres, dont le poids se situe entre 5 et 6 kilos. Le mâle est un peu plus grand et lourd que la femelle, mais il faudrait un œil de lynx pour s’en rendre compte dans la nature. Car le gibbon vole.

De branche en branche, mais il vole vraiment, à la vitesse stupéfiante de 30 kilomètres à l’heure. À chaque bond, le gibbon peut franchir jusqu’à huit mètres ! Il faut dire que cette manière de se déplacer – la brachiation – est favorisée par des os du poignet très singuliers. Dernier point avant de passer aux réjouissances : le gibbon agile vit dans les forêts humides de Sumatra et de Bornéo. Où les tronçonneuses morcellent d’année en année un peu plus son territoire.

Quand le gibbon mâle a entre sept et huit ans, il est enfin mûr pour la grande aventure de l’amour. C’est du moins ce que pensent ses pauvres parents, qui le mettent à la porte du paradis familial. Il s’accroche à la branche autant qu’il peut, et puis il part à la recherche d’un nouveau pays bien à lui. Dès qu’il pense l’avoir trouvé, il se met à chanter la sérénade. Il est temps de signaler que le gibbon agile mâle est un chanteur de charme. Il vocalise, et tend l’oreille lorsqu’il entend d’autres gibbons chanter aussi. Car à la vérité, les gibbons, tous âges confondus, forment des chorales dans les arbres. Toutes les familles de gibbons chantent le matin, au lever du soleil.

Et on les entend de loin ! La femelle commence, suivie par ses filles éventuelles, le mâle prend la suite, épaulé par son ou ses fils s’il en a, et pour finir, tous forment un chœur. Le tout dure une quinzaine de minutes. Apparemment, ces chants sont très utiles pour marquer leur territoire d’une quarantaine d’hectares, où ils sont les rois de l’acrobatie aérienne.

Mais revenons au sort de notre jeune mâle solitaire. Avec un peu de chance, ayant chanté tant et plus, il entendra une voix féminine jeune et avenante. Est-ce une réponse ? Il faudra attendre encore avant d’en être sûr. Si tout se passe bien, la jeunette sort de son propre clan familial, et rejoint l’amoureux transi sous les hauts ramages. Et. Et. Et… Et l’on ne sait pas très bien, il faut le reconnaître. Car le gibbon ne pose pratiquement jamais le pied à terre, et ses parades nuptiales, à trente mètre de hauteur, camouflées par de grandes feuilles, manquent de témoins directs et fiables. Gageons cependant que l’agilité extrême du primate lui autorise des fantaisies dont nous préférons tout ignorer.

Ce qu’on peut dire avec certitude, c’est que le monsieur gibbon dépose une petite graine dans l’œuf de la maman, et qu’en bref et résumé, sept mois plus tard, une cigogne dépose un petit gibbon entre les bras de ses parents. De ses parents, oui. Car, redevenons sérieux, les gibbons sont des géniteurs parfaits.  Le couple ne donne naissance qu’à un seul petit, tous les deux ou trois ans. Et en dehors de la lactation proprement dite, les soins aux jeunes sont semble-t-il partagés à égalité. Le père comme la mère portent le nourrisson, chacun l’épouille, chacun joue avec lui.

Par quel doux miracle ? Pour reprendre l’expression de l’éthologue Anne Teyssèdre (1), « à chacun sa chacune ». Les gibbons étant dispersés, un mâle n’aurait de toute façon pas la moindre chance de défendre plus d’une femelle contre les ardeurs d’un concurrent. Alors, sagement, il se contente d’une seule, qu’il aime jusqu’à ce que l’un des deux ne meure. Au passage, il n’a de la sorte aucun doute sur la paternité des petits gibbons qu’il devra élever, ce qui stimule ses penchants paternels. On ne peut certes pas en dire autant des bonobos ! Le gibbon agile, qu’on se le dise et qu’on se le répète dans les chaumières, est résolument monogame. Cela rappelle des souvenirs ? Oui, celui des contes de fée de notre enfance. Un jour, le prince viendra. Et ce sera un gibbon. Agile, forcément agile.

(1) In Les stratégies sexuelles des animaux (Nathan)

L’éléphant de mer

Le pacha impose sa loi (et son os pénien)

A-t-on le droit de traiter un animal d’odieux personnage ? Heureusement, non. L’éléphant de mer, de toute façon, n’existe pas. Il y a deux espèces, séparées par l’histoire géologique. Au nord, Mirounga angustirostris, qui vit le long du Pacifique, entre l’Alaska et la Basse Californie. Au sud, Mirounga leonina. Pour favoriser la démonstration, concentrons l’attention sur ce dernier.

Le mâle est un étonnant gaillard qui peut atteindre 7 mètres de long pour un tour de poitrine de 3 à 4 mètres et un poids de 4 tonnes. Mais en moyenne, il se situe autour de deux tonnes – seulement ? -, pour une longueur de 4 mètres. Vous le reconnaîtrez sans peine, car il possède une sorte de corne de brume au-dessus des narines. Cette trompe, qu’on appelle en langage savant proboscis, se gonfle quand ce charmant garçon est énervé ou lorsqu’il veut impressionner son monde. L’organe devient alors une caisse de résonance, et en ce cas, courage fuyons.

La femelle paraît, dans ces conditions dantesques, une fluette gamine. Elle ne pèse en moyenne, cette malheureuse, que 500 kilos. Vous vous demandez donc comment ça se passe ? Terre Sauvage aussi. D’abord, sachez que, contrairement aux mâles de chez nous, l’éléphant de mer dispose d’un os pénien. Avouons d’emblée, en dehors de toute idéologie, que c’est bien pratique. Cet instrument est, bien entendu, utilisé pendant la copulation, et sa taille évolue logiquement en fonction de l’âge du capitaine. Chez un nourrisson, il atteint déjà la longueur notable de 10 centimètres. Avant d’atteindre 23 centimètres à quatre ans, 31 à cinq et 34 à huit ans.

Mais cela ne règle pas la question. Comment ? Si le poussah se met si peu que ce soit sur sa partenaire, il va de soi qu’il l’étouffe, ce qui limite les possibilités de reproduction de l’espèce. Et c’est pourquoi, dans son immense sagesse, dame Nature a ordonné à ce balourd de se placer à côté de la promise. Ce qu’on appelle l’amour côte à côte. Mais l’affaire est loin d’être terminée, ou plutôt, elle est loin d’avoir commencé.

Jugez plutôt. L’éléphant de mer vit l’essentiel de sa vie en mer, où il pêche en profondeur des calmars et des poissons. L’un d’entre eux a pu être suivi, grâce à une balise Argos, jusqu’à…1998 mètres de profondeur. Quand arrive la saison des amours, il se pose sur un bout d’île antarctique, et commence par faire régner la terreur chez les autres mâles, surtout les petits jeunes. Nous parlons là de ces pachas qui se permettent tout, en contradiction avec l’ensemble des législations féministes péniblement obtenues ailleurs. Le « pacha », donc, mord et blesse tout ce qu’il peut, jusqu’au moment où les autres lui reconnaissent son rôle. Nous sommes en septembre, et les femelles, notez bien, ne sont pas encore là. Mais dès leur arrivée, elles sont prises en main – façon de parler – par le pacha, qui s’octroie un véritable harem, dont le nombre varie en général de 20 à 40 femelles. Et attention au petit malin qui aurait des intentions, car la trompe et les dents ne sont pas seulement là pour créer l’ambiance.

À peine installées sur un coin de plage, les femelles donnent naissance à leur unique petit. Pardi ! Celui-là a été conçu l’année précédente, l’œuf restant dans un état de dormance pendant trois mois, avant de se développer dans l’utérus. L’allaitement du nouveau-né est à peine terminé que le mâle sort son os pénien pour commencer les étreintes de la nouvelle année.

Il faut imaginer le tableau ! Le seigneur et maître copule à tout va sous le regard dépité des autres mâles, qui n’ont droit, théoriquement du moins, qu’à tenir la chandelle. Alors qu’ils pourraient probablement enfanter dès l’âge de quatre ou cinq ans, il leur faut souvent patienter jusqu’à neuf ou dix ans. Sympa. Heureusement, le patron ne peut être au four et au moulin. Une équipe britannique menée par Anna Fabiani a pu montrer qu’un nombre non négligeable de petits éléphants de mer n’avaient pas pour père le titulaire du harem… Bien fait.

Le tétras centrocerque

Quand le monsieur est choisi par la dame

Séquence immersion. À perte de vue, la prairie. La grande prairie américaine, ou ce qu’il en reste. Un seul impératif pour que l’opération du Saint Esprit – appelons-la ainsi – se réalise : il faut la présence d’armoise argentée. Il s’agit d’un arbrisseau dont le feuillage est recouvert d’un duvet blanc argenté, presque soyeux. Mais on allait oublier la sauge. Il faut également de la sauge, qui servira à nourrir la bête. Les bêtes.

Présentons le coq (1), autrement appelé gélinotte des sauges, ou tétras centrocerque. Nous sommes au printemps, vers la mi-mars, et notre ami va montrer à ces dames celui qui est le plus beau. Le mot concours s’impose. Pour commencer, il choisit un lek, c’est-à-dire une arène d’herbe courte dont il va occuper quelques mètres carrés en défendant son nouveau territoire contre tout autre envahisseur mâle. Nous y sommes ? Nous y sommes. Le coq se met à se pavaner, tel le paon qu’il n’est pas.

Tout soudain, il avale en quelques secondes à peine jusqu’à quatre litres d’air, ce qui lui permet de gonfler une poche œsophagienne. Ce pourrait être une apothéose, ce n’est qu’un début. Il fait glisser cette poche d’air jusqu’à sa gorge, ce qui dévoile en même temps deux splendides taches  orange vif. Au même moment, l’oiseau déploie en éventail les plumes de sa queue, brunes et tachetées de blanc.

Suspense. Que va-t-il se passer ? Évoquons pour bien se faire comprendre une cornemuse. Le tétras comprime sa poche, dont il sort un son à la fois sec et suffisamment fort pour avertir tout le lek. Le mot assourdissant reste faible pour suggérer le tintamarre, car un lek peut contenir entre 20 et 200 mâles, qui ont tous grand besoin de se faire voir et entendre. Cette stupéfiante parade dure de l’aube jusqu’au milieu de la matinée. Quant aux gélinottes femelles, après avoir atterri aux abords du lek, elles viennent très simplement faire leur marché. On n’est plus très loin d’un spectacle de chippendales !

Précisément, chaque femelle revient deux ou trois jours de suite visiter le même lek. Elle hésite, la poulette (1), il faut la comprendre. Mais il arrive tout de même un moment où l’un des mâles lui semble mériter le détour. Elle s’approche par une « démarche sur le côté (2) » de l’heureux élu, s’immobilise en pliant les pattes, et c’est alors que paie enfin l’épuisante parade au son de la cornemuse. Le coq ne se le fait pas répéter et hop ! le voilà sur le dos de celle qui vient de le choisir. Au passage, signalons la robustesse de la poule, qui ne pèse qu’un kilo environ, soit deux fois moins que le plastronneur.

Sitôt l’acte consommé, la femelle se met à la recherche d’un bouquet d’armoise argenté – on y revient – sous lequel elle bâtit un nid abrité par des touffes d’herbe. Seule – le mâle se moque apparemment des suites de l’aventure commune -, elle pondra de sept à huit œufs, dont l’incubation dure entre 25 et 27 jours. Reste la question redoutable de la recherche en paternité. Car n’allez surtout pas croire que chaque mâle profite de la situation de la même manière. Du tout !Chez les tétras, il y a surtout beaucoup de perdants. 10 % des coqs ont droit à  80 copulations sur 100.  Autrement dit, 90 % de ces messieurs doivent se contenter de 20 % des opportunités, malgré les magnifiques efforts consentis. Disons-le tout net, ce n’est pas juste.

Quelle est l’explication ? Personne ne la connaît, et la controverse fait rage chez les (très) rares connaisseurs du dossier. Signalons tout de même deux hypothèses. La première : certains mâles mèneraient leur parade sans jamais donner de signes de fatigue. Et la prime irait alors au champion. La deuxième : il y aurait, sur les leks où se retrouvent les mâles des places bien plus favorables que d’autres, qui attireraient irrésistiblement l’œil enamouré des gélinottes femelles. Ce qui serait un coup très dur porté à la vanité masculine. Mais nous n’en sommes pas là.

(1) Chez les tétras, le mêle est aussi appelé coq et la femelle poule, Terre Sauvage ne se serait pas permis.
(2) In « Les stratégies sexuelles des animaux », par Anne Teyssèdre (Nathan)

134 réflexions au sujet de « À lire avant tout acte sexuel »

  1.  » L’essaim se gonfle et s’abandonne, à la caresse du printemps , bzz bzz bzz.. » j’ignorais pour l’éléphant de mer . Ici, les verdiers font un de ces boucans !

  2. Quindi sei stato tu!

    Figura che questi bei testi, avevo già letto. In una sala d’attesa, ostéophate. E appeso, in stile sono stati scritti. Firma non valida.

    I dubbi non sono certezze. Alcune pagine mancavano, altri avevano servito come supporto per i bambini da colorare graziosi.

    Ma la vocina dentro di feltro o ha avuto questo vento di primavera. Qui sto impostato. Vedete Fabrice ascoltare sempre la sua voce interiore. E non manca mai.

    Gros gros bisous, de la part d’une gibonette. Très très heureuse que tu ailles mieux.

  3. Tu ressens et partages tous les aspects du Printemps, c’est une bonne nouvelle ça aussi 😉

    Ici, faute de finances, le comptage des oiseaux au col est terminé (10 février, 10 avril quand même).
    Mon plus beau souvenir : cet immense vautour moine qui passe quasiment à portée de main comme un très, très gros porteur, un oiseau immense avec des ailes tellement larges et longues (2m80 d’envergure voire davantage…) que ça ne laisse pas indifférent.
    Ce sont les hirondelles qui faisaient le gros du passage ces derniers jours. Avec de beaux afflux en fin de journée.
    Allez voir ce qui passe comme hirondelles à la pointe de Grave, c’est impressionnant :
    http://www.migraction.net

  4. Et tout cela n’est rien par rapport à l’inventivité des mœurs (sexuelles, alimentaires et autres) que l’on peut voir (avec un microscope…) dans le petit monde des eucaryotes unicellulaires de l’eau (« protistes ») !!!

    De ces créatures surprenantes, fabuleuses et qui jouent un rôle écologique fondamental, Lorraine Lee Larison Cudmore a dit :

    « En tant que groupe, il semblerait que les protistes soient spécialisés dans la sexualité… ».

    « En observant ces morceaux de gelée tremblotante, qui se débattent souvent frénétiquement pour survivre, nous plongeons directement dans nos origines protoplasmiques, dans un monde à la fois très proche et très lointain, un monde magique, envoûtant, complètement fantaisiste et surréaliste ; un monde tout à fait déroutant, tant par sa sauvagerie et sa cruauté, que par son ordre, son inventivité et sa beauté artistique ».

    « Une goutte d’eau extraite d’une mare chaude et stagnante est tellement distrayante, qu’il semble que cette fête et ce spectacle n’aient été prévus que pour notre plaisir, que pour nous amuser et nous épater. Pas un soupçon de gêne de notre part, alors que cela devrait être le cas lorsque nous regardons des protistes en train de s’accoupler. Ceci devient notre problème personnel. Le fait d’observer une goutte d’eau n’est pas considéré comme du voyeurisme. Nous sommes l’audience attendue pour assister à tous ces tours d’adresse, à toutes ces acrobaties et ces clowneries ».

    « Mais ce qui est sans doute le plus curieux dans la sexualité des protistes, c’est qu’ils peuvent avoir plus de deux sexes. On prétend souvent que nous sommes les animaux qui ont le plus développé leur sexualité ; cela est peut-être vrai ; en tout cas, il ne fait aucun doute que nous aimerions bien que cela soit vrai. Cependant, nous ne pouvons pas être autre chose que : hétérosexuel, homosexuel, bisexuel ou encore asexuel. Pensez donc aux possibilités de ces protistes qui ont quatre, huit ou encore plus, types sexuels… Ils s’accouplent par paire, chacun des partenaires appartenant à un type sexuel différent… les types sexuels sont déterminés par la présence de molécules sur la membrane externe ; ces molécules interagissent lors des contacts. C’est ainsi que deux cellules du même type ne sont pas capables de se coller ensemble suffisamment longtemps pour que quelque chose puisse arriver »

    « L’avantage de cette abondance de types sexuels est évident. On pourrait penser que l’ennui ou le besoin de voir de nouveaux visages fassent partie de l’existence des protistes ; mais en réalité, lorsqu’il n’y a que deux types sexuels, la moitié de la population appartient au sexe opposé, et chaque individu a 50 % de chance de trouver un partenaire. Et comme l’expérience nous le montre, cela ne se passe pas toujours aussi bien que sur le papier. S’il y avait quatre types sexuels, vous seriez déjà plus à l’aise, car vous auriez 75 % de chances de trouver un individu attirant appartenant à un sexe opposé au votre. Le meilleur, c’est Stylonichia : il s’offre 48 types sexuels différents. Cela signifie qu’un Stylonichia peut choisir son partenaire dans 97 % de la population ! vous pouvez l’envier ce Stylonichia, avec ces chiffres, il doit avoir du mal à rester seul… »

    A ce jour, je n’ai jamais vu de livre plus riche, plus pédagogique et plus éblouissant sur la vie, la biologie et l’écologie que l’ouvrage maintenant ancien de la biologiste L.L. Larison Cudmore (The Center of Life, a Natural History of the Cell, 1977). J’en ai mis quelques extraits sur mon site :
    -dans http://eau-evolution.fr/doc/articles.php?lien=eau_vivant_algues_ecosysteme
    -et dans http://eau-evolution.fr/doc/articles.php?lien=eau_vivant_protozoaire_plancton

    J’espère que ces extraits (sexe, alimentation, locomotion, etc.) vous engageront à lire ce petit ouvrage magnifique (encore disponible sur le web en anglais et autres langues, sauf le français) et très bon aussi pour faire oublier les printemps plâtrés…

  5. Ouh là, y’a pas foule sur un sujet tabou. J’ôte timidement mon nom de famille et vais rejoindre mon gibbon préféré sur le canapé… euh non, sous la canopée

  6. Elle fait tout pour nous faire payer la pollution des camions, éviter de prendre des mesures pour la qualité de l’air à Paris, enterrer des rapports forts intéressants sur l’énergie, flinguer des loups ou bloquer le sauvetage de l’ours en France, mais voyez comme elle se dépêche de voler au secours du réacteur nucléaire EPR… voilà une ministre de l’écologie qui restera au fin fond des poubelles de l’HIstoire :

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/04/20/l-epr-de-flamanville-n-est-pas-condamne-assure-royal_4618890_3244.html

    Ces politiques en-dessous de tout doivent DE-GA-GER au plus vite !

  7. Merci Fabrice pour le partage de cet article plein d´humour. C´est bien plus fascinant que les agissements des hommes politiques et des philosophes de salon 🙂

    Retrouvé dans mes archives cet article du Guardian au sujet d´une étude sur les moeurs « licencieuses » des pingouins d´Adélie qui n´avait jamais été publiée. Elle aurait été malvenue dans l´Angleterre puritaine du début du vingtième siècle !
    http://www.theguardian.com/world/2012/jun/09/sex-depravity-penguins-scott-antarctic

  8. Merci pour cet apport de connaissances sur les moeurs des ébats animaux 🙂
    Après tout, on oublie trop souvent que l’homme est un animal comme un autre également.

  9. Non pas animaux comme les autres !

    On est en droit d’espérer, d’attendre fermement que les animaux les plus prédateurs que nous sommes, se servent de leurs cerveaux, de l’acquis culturel, l’humanisation au sens bienveillant du terme, qui permettrait aux humains de vivre ensemble.

    Si vous êtes ds le coin:http://tarn.demosphere.eu/rv/3536

  10. bonjour fabrice
    heureuse de voir que vous êtes relativement en bonne forme…
    et je dirai P.P je suis bien d’accord avec vous sur la ministre de l’écologie

  11. Merci pour ce partage de connaissances sur un ton aussi léger et sans tabou! J’espère que votre plâtre vous chatouille moins !

  12. @ Rene , avez vous lu le commentaire d’Anne eau évolution sur la question ? Je l’ai trouvé vraiment très intéressant et cela m’a donné envie de lire, d’aller plus loin . Je pense que le questionnement, l’émerveillement, l’amusement face à la vie sous toutes ses formes sont trois pierres d’angles du monde à reconstruire . Ce sont , au contraire, des sujets très sérieux . Dans deux générations, les hommes pourront-ils encore évoquer la reproduction des grands félins si nous continuons dans la même voie ?

  13. Pour rire : un classique en partage :(remplacer pré par « plâtre » ?)
    🙂

    Image
    Sous les herbes, ça se cajole,
    Ca s’ébouriffe et se tripote,
    Ca s’étripe et se désélytre,
    Ca s’entregrouille et s’entrefouille,
    Ca s’écrabouille et se barbouille,
    Ca se chatouille et se dépouille,
    Ca se mouille et se déverrouille
    Ca se dérouille et se farfouille,
    Ca s’épouille et se tripatouille –

    Et du calme le pré
    Est la classique image.

    Guillevic, Etier,
    Poésie / Gallimard

  14. P.P ne la laissez pas au fond des poubelles, les déchets sont recyclés
    Merci Bénédicte pour le lien sur les abeilles, les chiffres de leurs disparitions sont impressionnants et dangereux pour leur survie.

  15. Bonsoir a toustes, Espère de tout coeur que vous allez bien.

    Petit passage en courant …. avec plein de bises, 😉 😉

    Bonjour, (MERCI DE BIEN VOULOIR TRANSFERER CE MAIL A VOTRE CARNET D’ADRESSES)

    La loi de transition énergétique, qui sera votée « avant l’été 2015 », prévoit de rendre obligatoire le Linky, un nouveau compteur électrique qui émet des radiofréquences, sous peine d’amende de 1.500 euros.
    Les radiofréquences qu’émet le Linky sont classées « cancérogènes possibles » depuis le 31 mai 2011 par le Centre international de recherche sur le cancer, qui dépend de l’OMS.

    Après l’installation d’un compteur Linky, tous les appareils électriques ré-émettent ces radiofréquences sur une distance de 2,50 mètres.

    (voir la vidéo de mesures réalisée par l’association Next-up, en ligne sur

    http://www.santepublique-editions.fr/loi-de-transition-energetique-linky-3-mois-de-sursis-pour-les-victimes-c.html#videonext).

    Si la loi de transition énergétique est adoptée en l’état par les députés et les sénateurs lors de son deuxième examen « avant l’été 2015 », personne ne pourra échapper aux radiofréquences.

    De plus, le système Linky prévoit que des « opérateurs d’effacement » éteindront à distance nos appareils électriques pour lisser les « pointes » de consommation.

    Mais cette non-consommation ne diminuera pas nos factures, ce sont les « opérateurs d’effacement » (des sociétés privées) qui s’en mettront « plein les poches » selon l’expression toute crue utilisée en séance par un sénateur UMP le 18 février 2015.

    La presse reste muette sur le sujet alors que 2.500 journalistes ont reçu par mail, entre le 3 février et le 3 mars 2015, des informations détaillées sur les raisons supplémentaires de ne pas déployer 35 millions de compteurs Linky en France :

    – l’augmentation des cas d’électro-hypersensibilité.

    – la surveillance, à distance et en temps réel, de l’activité des occupants des logements.

    – l’augmentation de 10 à 20 % de la consommation mesurée (et facturée), car le compteur Linky mesure la consommation réelle des appareils électriques munis de moteur, comme le lave-linge, l’aspirateur, les robots ménagers, l’outillage pour le bricolage, les ventilateurs, les climatiseurs, les pompes à chaleur, les appareils munis de tranformateurs et/ou de batteries rechargeables -téléphone portable, ordinateur fixe et portable, imprimante, scanner, hifi, etc. (Tous les appareils électriques sont munis de moteurs, à l’exception de ceux qui produisent de la chaleur au moyen d’une résistance : radiateur, ballon d’eau chaude, four, plaque de cuisson, grille-pain, bouilloire, fer à repasser.)

    Quant aux ampoules basse consommation fluocompactes, dont le Cosinus Phi est de 0,5, leur consommation mesurée (et facturée) va doubler. De plus, il faut savoir qu’après avoir été rendues obligatoires, ces ampoules sont d’ores et déjà interdites au niveau mondial à l’horizon 2020 par la Convention de Minimata, signée le 19 janvier 2013 à Genève par 140 Etats dont la France, en raison de leur teneur en mercure.

    Tout ce qu’il faut savoir est en ligne sur le site http://www.santepublique-editions.fr

    Voici des idées d’actions à mettre en oeuvre avant l’été 2015 afin de faire pression sur le gouvernement et sur le parlement pour qu’ils renoncent au déploiement du compteur Linky (le mode d’emploi détaillé de chaque action est en ligne sur le site http://www.santepublique-editions.fr)

    1. Transférer ce mail à tout votre carnet d’adresses pour alerter un maximum de personnes avant le prochain réexamen de la loi de transition énergétique, en demandant à vos correspondants de transférer eux aussi le mail à tout leur carnet d’adresse, afin de créer une chaîne d’information par mail. Il faudrait que toute personne qui dispose d’une adresse mail en France reçoive cette information avant le 15 mai 2015, puisque la presse n’en parle pas.

    2. Signer et faire signer la pétition contre le compteur Linky et l’envoyer à Madame Ségolène Royal, ministre de l?Ecologie et de l’Energie. (Il est certes facile de cliquer sur une pétition en ligne, mais l’impact sera plus fort si des milliers de pétitions « papier » lui parviennent chaque matin par la poste.)

    3. Prendre rendez-vous avec votre député et votre sénateur pour leur apporter des informations et leur demander de déposer des amendements contre le système Linky lors de l’examen de la loi en deuxième lecture.

    4. Envoyer en quelques clics un mail à tous les députés et sénateurs (le mode d’emploi et toutes les adresses mail sont en ligne sur http://www.santepublique-editions.fr)

    5. Envoyer un mail ou une lettre à François Hollande. L’envoi du courrier au président de la République est gratuit (franchise postale).

    6. Demander aux journalistes des médias que vous lisez ou auxquels vous êtes abonné-e de révéler sans délai toutes les informations disponibles sur les nombreux inconvénients du Linky.

    Dans un premier temps, l’obligation du compteur Linky s’appliquera à tous les bénéficiaires des minima sociaux et à ceux qui procèderont à une rénovation thermique de leur logement. L’obligation sera ensuite étendue par voie d’ordonnance aux autres catégories de population.

    C’est maintenant qu’il faut manifester notre opposition au Linky!

    Merci de bien vouloir diffuser largement cette information autour de vous.

    Bien sincèrement à vous,
    Annie Lobé
    Journaliste scientifique indépendante
    http://www.santepublique-edtions.fr

    SantéPublique éditions
    20 avenue de Stalingrad
    94260 FRESNES

    info@santepublique-editions.fr

    ——–

    Voila, a chacun d’opter ce qui lui convient.

  16. Impressionant, votre site web, « Anne Eau-Evolution »!!! Je n’ai pas vraiment le temps de m’y plonger en ce moment mais voila une vraie initiative d’education populaire, pour rehausser notre niveau de competence a tous!

  17. A Bénédicte,

    La réponse à votre première question est « oui ». D’ailleurs, je lis tous les commentaires postés sur ce blog et la plupart de ceux qui sont envoyés par des liens, à l’exception de ceux publiés en langue étrangère (sauf s’ils font l’objet d’une traduction). En revanche, j’ écoute très rarement les émissions de radio ou télévisées sur Internet.J’ai trouvé, moi aussi, le commentaire d' »Anne eau-évolution m particulièrement intéressant.
    La réponse à la seconde question est « non ».
    Pour ma part, je serais curieux de savoir ce qui vous a amenée à me poser ces questions.
    Cordialement.

  18. Quand l’oiseau lyre imite une tronçonneuse ou un pistolet laser pour appeler sa belle, entendons le cri d’alarme de la dévastation de son environnement et du nôtre.
    Magnifique militant l’oiseau lyre !

    http://www.dailymotion.com/video/xbh348_l-oiseau-lyre-grand-imitateur-des-s_animals

    http://www.dailymotion.com/video/x29s79g_un-oiseau-lyre-imite-le-bruit-d-un-pistolet-laser_animals?from_related=related.page.int.gravity-only.614c0e9c573ded6752016f620cab7aeb142981738

  19. Une belle figure des combats écologiques vient de s´éteindre : Robert Chiron a perdu son combat contre le cancer.
    Pionnier de l´énergie solaire, il n´avait pas hésité malgré la maladie, à mener une grève de la faim pour protester contre le projet démentiel de Notre-Dame-des-Landes.

  20. « Les animaux amoureux » de Laurent Charbonnier, un documentaire magnifique. Pratiquement pas de commentaire, juste quelques très belles lignes d´Yves Paccalet au début et à la fin, et la musique est tout à fait supportable (même quand on n´aime pas trop celle de Philippe Glass).
    On y voit certaines des bestioles évoquées par Fabrice, dont le tétra centrocerque.

  21. @ René, je vous ai répondu dans mon commentaire . Il me semblait que vous jugiez cet article peut-être moins pertinent que d’autres,et si c’est le cas, je ne partage pas cet avis , tout simplement . Cordialement également

    @ Azer, merci pour ces infos . Surtout que ne nous leurrons pas : où et à qui vont être vendu les produits de ces fermes ultra polluantes d’animaux bondés de traitements et maltraités ? Aux rayons et magasins discount? quand ce ne sera pas sur les marchés africains quand il s’agira d’écouler des surplus de stocks, quite à ruiner les producteurs locaux , et , je crois, aux collectivités locales : cantines scolaires etc .

  22. En parlant de fermes industrielles et de malbouffe : »L’Union européenne autorise l’importation et la commercialisation de 17 OGM

    Le Monde.fr avec AFP | 24.04.2015 à 14h05 • Mis à jour le 24.04.2015 à 15h17
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    L’essentiel

    Dix-sept OGM destinés à l’alimentation humaine ou animale ont obtenu une autorisation d’importation et de commercialisation dans l’Union européenne.
    Les Etats pourront interdire de manière individuelle leur utilisation sur leur territoire, selon une nouvelle réforme.
    Dix-neuf Etats européens, dont la France, s’opposent aux cultures OGM.

    image: http://s2.lemde.fr/image/2015/04/24/534×267/4622221_3_c37a_les-autorisations-sont-valables-pour-dix-ans-et_2f3fee64aef11da0732cc5aa467a3e75.jpg
    Les autorisations sont valables pour dix ans et tout produit obtenu à partir de ces OGM sera soumis aux règles de l’Union en matière d’étiquetage et de traçabilité.

    La Commission européenne a autorisé, vendredi 24 avril, l’importation et la commercialisation de dix-sept OGM destinés à l’alimentation humaine ou animale et deux œillets génétiquement modifiés. L’autorisation, qui prend effet immédiatement, vaudra pour dix ans.

    Les Etats membres pourront toutefois interdire leur utilisation sur leur territoire, selon une réforme présentée mercredi. Onze produits appartiennent à la multinationale américaine Monsanto.

    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/04/24/l-union-europeenne-autorise-l-importation-et-la-commercialisation-de-17-ogm_4622217_3244.html#Wba8wOvPDEKssJP5.99 » .

  23. Cette semaine, j’ai eu le plaisir de lire votre article dans le journal d’écologie politique « -Moins ! », de trouver « Un empoisonnement universel » dans la rubrique Livres de « La Revue Durable » et d’installer un abri pour les abeilles sauvages. Elles sont mes copines : pas domestiquées, pas mellifères (un peu d’anthropomorphisme au passage : à mon avis, elles veulent bien rendre service, mais pas être exploitées), pas agressives, pollinisant à tour d’ailes… J’espère qu’elles se plairont chez moi.

  24. Et là, c’est la nausée :

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/04/23/demontage-des-portiques-de-l-ecotaxe-ultime-etape-d-un-fiasco_4621752_3244.html

    Ségolène ROyal serait-elle la pire des ministres de l’écologie depuis bine longtemps ? Fort possible…
    Que ce PS est lamentable.
    Il va encore se faire éjecter aux prochaines élections, c’est tant mieux.
    Ceux qui vont prendre la rélève seront pires ? Peut-être, mais entre le pire et le très mauvais, je ne chosis plus, désolé.

  25. @P.P, sur Ségolène Royal, allez voir aussi http://eau-evolution.fr/doc/divers.php?lien=environnement_eau_thermometre_ps_ifen_soes…. Je résume :

    Dans l’opposition, les socialistes avaient accusé la droite d’avoir cassé le thermomètre (l’IFEN) pour masquer l’incurie de sa politique environnementale. Pourtant, à ce jour, ni le gouvernement socialiste, ni Ségolène Royal ne lui ont rendu son indépendance. Ségolène Royal qui disait pourtant que cette indépendance était « une condition indispensable à l’accomplissement de sa mission » …

    Cf. cet extrait du communiqué du Sénateur socialiste Jean-Pierre Sueur en date du 29 janvier 2007 intitulé « Ségolène Royal s’engage à rétablir l’indépendance de l’IFEN si elle est élue » :
    « Lors de sa création, l’Institut Français de l’Environnement (IFEN), qui est implanté à Orléans, avait le statut d’établissement public administratif, ce qui lui donnait une réelle indépendance pour assumer ses missions d’analyse, d’expertise et de diagnostic en matière d’environnement. Les gouvernements de MM. Raffarin et de Villepin ont profondément modifié le statut de l’IFEN pour en faire un service dépendant du ministère de l’Environnement, ce qui ne lui garantit évidemment pas les mêmes conditions d’indépendance qu’auparavant. A la demande de représentants du personnel de l’IFEN, Jean-Pierre Sueur a interrogé à ce sujet Ségolène Royal, candidate à la présidence de la République. Dans la réponse qu’elle lui a faite, elle s’engage, si elle est élue à « revenir sur ces décisions néfastes »et à « garantir […] l’indépendance » de l’IFEN, « condition indispensable à l’accomplissement de sa mission ». »

    Oui, ces politiques donnent la nausée. C’est une honte. Ils devraient se cacher, tellement ils ont peu de parole… Et que vaut l’information environnementale actuelle puisque la condition indispensable à son élaboration n’est pas présente !!!!

  26. A Bénédicte,

    Même si le sujet a peu d’importance, je souhaiterais revenir au commentaire qui a suscité vos questions, car j’ai l’impression qu’il y a méprise. Mon commentaire adressé à Fabrice et accompagné d’un clin d’oeil faisait référence à l’intitulé de son billet. Il s’agissait d’une facétie, mais j’ai le sentiment qu’elle n’a pas été bien comprise. Peut-être que je me trompe …

  27. Tremblement de terre au Nepal ce matin, plusieurs immeubles effondres. Il est trop tot pour avoir un bilan du desastre, mais d’ores et deja on peut s’attendre a des milliers de morts et blesses, ecrases sous des tonnes de beton arme.

    Pour rappel, voici un extrait de la conclusion du rapport au gouvernement Indien, publie en partie dans Earthquake Spectra, sur la performance de differents types de batiments des Iles Andaman et Nicobar lors du tranblement de terre de 2004:

    « La conception des batiments en beton arme n’est pas faite selon les normes obligatoires de la construction, et par consequent la conception de detail assurant la ductilite n’a pas ete constatee dans les poteaux de plusieurs batiments recents (en beton arme). Par contre, les maisons traditionelles construites en bois local se sont extremement bien comportees en reponse aux secousses sismiques. De plus, plusieurs structures anciennes en maconnerie se sont bien comportees, temoignant de la haute qualite de la pratique de la construction, encore presente a une epoque aussi tardive que la premiere moitie du XX siecle. »

    http://www.iitk.ac.in/nicee/RP/2006_Performance_EQSpectra.pdf

    Le rapport montre un tres grand nombre de batiments extremement recents en beton arme, qui sont gravement endommages, ont perdu un ou plusieurs etages, et ont tue leurs occupants. Mais il montre aussi les batiments plus anciens absolument intacts, y compris la totalite des maisons traditionelles, et meme un batiment de 3 etages, de plus d’un siecle, construit entierement en maconnerie de pierre et mortier de chaux: la prison.

    La realite de ma pratique professionelle, c’est que tres souvent, les ossatures en beton arme ne sont economiquement avantageuses que lorsqu’on ne respecte pas leurs propres normes! Dans bien des cas, la construction traditionelle, pour la meme somme d’argent, se comporte mieux lors de tremblements de terre.

    C’est aussi la conclusion d’un article ecrit par les memes auteurs que le rapport plus haut, qui reclamait un changement d’attitude et la rehabilitation des techniques traditionelles, qui ne fut pas publie mais est reste plusieurs annees en ligne sur le site web de IIT Kanpur…

  28. Bonjour à tous
    Au sujet de la chose, côté humains, poet-ique et musical:
    https://www.youtube.com/watch?v=K5R2RnooGYg

    Il estoit une fillette
    Qui vouloit scavoir le jeu d’amours,
    Ung jour qu’elle estoit seullette
    Je luy en aprins deux ou trois tours,

    Apres avoir senty le goust
    Elle me dit en soubzriant
    « Le premier coup me semble lour
    Mais la fin me semble friant »

    Je luy dis « vous me tentez »
    Elle me dit « recommencez »
    Je l’empoingne
    Je la fringue fort.

    Elle crie « ne cessez »
    Je luy dis « vous me gastez »
    Laissez moy, petite garse,
    vous avez grant tort.

    Mais quant ce vint a sentir le doulx point
    Vous l’eussiez veu mouvoir si doulcement
    Que son las cueur luy tremble fort et poingt
    Mais, Dieu mercy, c’estoit ung doulx tourment.

    Merci, cher Fabrice, d’être là, merci d’être fort.
    A bientôt
    Jérôme

  29. et les moeurs des crapauds fabrice, dixit notre ami commun marc giraud ? Je viens de finir  » un empoisonnement universel » et…. » l’avenir est un chien crevé sous un meuble  » je suppose que tu ne seras pas en état de venir au  » chapitre nature  » histoire de  » remobiliser les troupes » à part faire chacun sa part du colibri !!!! bon courage amigo !

  30. C’est un grand jour ici!

    Un essaim d’abeilles a élu domicile il y a quelques années dans un trou du mur de ma maison en pierres, presque sous le toit, peut-être attiré par la phacélie qui bleuit mes ares.
    Ce midi, j’en ai vu sortir un essaim de milliers d’insectes qui a tournoyé et s’est posé sur une branche d’orme.
    Quel bonheur ! Je les ai laissées partir dans la demeure de leur choix, ne sais où…?

    Contrairement à l’année dernière, où 2 essaims en étaient sortis, je n’ai pas appelé « cochonou », l’un de mes voisins, exploitant porcher, pour qu’il le récupère.

    Cochonou fait l’élevage des cochons, chasse, braconne, tue les renards, ment, pue… mais essaie d’être sympa…quand cela lui rapporte ! Ces jours-ci il touille son lac de merde, et va l’épandre à l’ouest, car à l’est la terre est déjà saturée de lisier…
    Va te cacher cochonou !

    L’année dernière, à part mes 2 essaims, j’en ai vu 3 autres chercher une « ruche » dans mon hameau, dont 2 sont allés se loger sous le toit d’une résidence secondaire végétalisée.C’est mon secret !

    Dommage que l’on ne puisse mettre des photos…

    Essaimez mes belles, car s’aimer, rien de mieux .

  31. Bien d’accord avec vous, Anne eau-evolution (sur eau-evolution : très beau projet, riche site, très scientifique, très citoyen, bien révolté -et pour cause !- une prouesse ! Même si… ça manque de poésie, d’art et d’enchantement pour moi, mais c’est un choix, pas de problème !)

  32. « Il n’y a pas si longtemps, dans un pays pas tres eloigne de l’Inde, les femmes avaient des droits et un peu de liberte. Elles conduisaient des voitures, meme des taxis. Elles allaient au restaurant et dans les cafes. Elles travallaient comme docteur, enseignant, avocat, et dans d’autres professions. Aujourd’hui, elles n’osent pas sortir apres le coucher du soleil. C’est rare de voir une femme conduire. En 12 ans, ce pays est devenu meconnaissable. Ce pays c’est l’Irak. Alors que nos journaux et televisions nous montrent des images de guerres dans cette region, qu’un grand nombre d’Indiens sont evacues du Yemen, nous oublions qu’il existait un pays appele Irak ou les femmes etaient libres de leurs mouvements. »

    « Selon les Nations Unies il y a 1,6 million de veuves en Irak, consequence directe de ce qui s’appelle « guerre de basse intensite ». De fait, le chef d’une famille sur dix est une femme. Il y a aussi 5 millions d’orphelins.

    Que font ces femmes pour soutenir leur famille? Dans un pays ou les femmes etaient libre de pratiquer toutes sortes de metier, depuis 2003, lorsque les Etats-Unis et leurs allies deciderent que les Irakiens avaient besoin d’un changement de regime, et detruisirent une economie qui fonctionnait, les femmes ont ete le plus durement frappees. Pour beaucoup, la seule solution est d’etre femme de menage, et seulement si quelqu’un est disponible pour garder les enfants. Beaucoup d’autres se sont mises a mendier. Meme cela est risque car la police arrete ces femmes et les jette en prison. »

    « Irak: l’histoire des femmes » est un film tourne 3 ans apres l’invasion. Deux femmes Irakiennes voyagerent dans tout le pays durant 3 mois. C’etait risque car la guerre n’etait pas finie. Elles parlerent a beaucoup de femmes non seulement a Bagdad mais aussi dans des endroits comme Basra dans le sud et une petite ville pres de la frontiere Syrienne qui fut rasee sous les bombes Americaines. »

    « Le prix de la guerre », publie aunjourd’hui dans The Hindu (Inde)

    http://www.thehindu.com/opinion/columns/Kalpana_Sharma/price-of-war/article7141057.ece?homepage=true

    le film:
    https://www.youtube.com/watch?v=uSESAcV9v6w

  33. A force de dominer la nature à tout prix, on en finit par manipuler l’humain avec une inconséquence qui dépasse l’entendement :

    http://www.lemonde.fr/sciences/article/2015/04/24/des-chinois-modifient-le-genome-d-embryons-humains_4622085_1650684.html

    Jacques Ellul avait prévenu : parvenue à un certain niveau, la technique devient autonome et gère le monde… et quand une chose est faisable, elle finit toujours par être réalisée.
    Nous sommes bien dans l' »hubris »…
    Comme dans le domaine de l’écologie (n’est-ce pas là de l’authentique écologie humaine d’ailleurs…) on aimerait que de solides accords internationaux empêchent ces grands malades de se livrer à pareilles expériences…
    Mais c’est vrai qu’il vaut mieux utiliser toute son énergie, tout sa force collective (UE, ONU, etc…) à sauver des banques, vendre des « rafales » ou remonter le moral d’Areva…

  34. Coucou,

    Mes plus belles pensées a toustes ceuxcelles en difficulté de part le Monde.

    ——

    Les vrais amoureux des z’abeilles, sont sourds comme des pots, quand elles z’essaimes 🙂

    Belle journée,

  35. @Rene en effet,j étais passée à côté 🙂

    @laurent fournier ,merci pour ces informations très intéressantes .

  36. @ Myriam

    Pour faire suite, je rappelle que vous, nous, pouvons aller visiter le village ou réside Pierre Rabhi, c’est le samedi, en fin de matinée, dans l’après midi, c’est du bonheur en vrai, pour plus d’info allez sur le site de l’association Colibri ; cette année autour de chez moi les exploitants agricole ont pris la marotte de couvrir des hectares de champs de tunnels en plastique ; entre ces tunnels, de la terre morte (0 végétation) et dedans, mystère… Joli spectacle pour les enfants qui diront plus tard que les champs, c’est en plastique, et ils n’auront pas vraiment tord…

  37. @bakoko34, j’ignorais et en même temps ne suis pas étonnée de cette preuve supplémentaire de l’ouverture d’esprit de Pierre Rabhi. J’espère que les Ardéchois savent apprécier leur chance. Ce si beau coin de pays est un peu éloigné en ce qui me concerne, mais qui sait peut-être un jour…

  38. P.P bien d’accord avec vous.
    A force de vouloir dominer tout ce qui ce trouve sur la planète, nos grands chercheurs vont finir par nous auto-détruire. Et les « grands hommes » qui nous dirigent sont bien plus intéressés par la sauvegarde des milieux de la finance que par celle des humains et de notre planète.
    N’ont ils donc pas compris qu’ils étaient aussi des humains et qu’ils vivaient aussi sur cette planète ?

  39. Si vous le pouvez, n’hésitez pas à soutenir ces très jeunes réalisateurs, ils préparent un très bon film sur l’ours et la nature.
    Leur approche est originale et sensible tout en restant (très) dynamique (la vie, quoi !)
    On les connait, ils méritent vraiment de réussir à boucler leur projet. A diffuser partout où vous pourrez :

    http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/medved-le-mangeur-de-miel–2

    Ferus appuie leur démarche :
    http://www.ferus.fr/actualite/et-si-lon-co-produisait-un-film-sur-l-ours

  40. Cher Fabrice, chers tous, sœurs et frères humains, animaux, plantes (s’il y en a qui lisent ce blog !)…
    Le moment me semble venu de sortir de la réserve pour une remise à l’heure terrienne.
    Ce blog s’intitule bien « Planète sans visa ». Je suis assez dérouté par ce qui, dans les commentaires, relève du déni d’existence, alors que les thèmes développés par Fabrice me sont toujours apparus particulièrement ouverts, tout en restant centrés sur l’écologie, mais en se gardant bien de lui donner un sens trop étroit.
    Comme le disait Myriam le 20/4 : « Ouh là, y’a pas foule sur un sujet tabou ». Rares ont été les réactions liées au sujet de l’article en référence : la sexualité. Ça me fait plutôt sourire quand je repense aux déchaînements de passions autour de l’existence, ou des dits et faits des pantins narcissiques du PAF. C’est dingue où va se nicher la libido ! On s’excite sur toutes ces images, toutes ces paroles ; on ferme sa gueule sur le sens des ébats amoureux ou tout simplement sexuels de nos semblables, les animaux. On ne veut pas s’étendre sur ce qu’ils pourraient nous révéler de nous-mêmes. Ça en dit long sur le rapport intime qu’on a, en fait, avec la nature, avec notre nature.
    Bref, les petites femmes vertes et les petits hommes verts que nous sommes (couleur du blog, de la sensibilité écologique, de la « nature ») ne sont pas très roses (non pas la couleur du PS, mais celle de la chair)… Mais sont-elles et ils vraiment verts ? Ou en réalité blanches et blancs (pour la grande majorité) avec des idées vertes, une sensibilité verte, mais pas du tout noire, ni marron, ni beige. Parce que là aussi il y a comme un tabou. Pas un mot dans les commentaires sur le millier d’Africain(e)s et de Syrien(ne)s et autres réfugié(e)s qui ont péri noyé(e)s dans la Méditerranée. Pas l’expression de la moindre compassion, de la moindre conscience qu’il s’agit de la vie sur terre, qu’elle est bafouée, qu’elle est précieuse. Même pas une pensée angoissée sur ces milliers de baskets,de sandales,de sacs plastiques, de bagages qui se sont abîmés dans les fonds marins et qu’on retrouvera dans l’estomac d’animaux marins puis en microparticules dans le nôtre , ou dans les analyses de l’expédition MED !
    Tout le monde n’est pas Charlie, et merci à Charlie d’être ce qu’il est, réactif dans l’irrévérence plutôt qu’indifférent, d’avoir le mérite de ne pas fermer sa gueule, de faire rigoler, grincer des dents pour dénoncer la banalité de l’abominable, de nous renvoyer avec humour, cruauté, le reflet de notre culture autocentrée et indifférente au reste de l’humanité.
    Pourtant je lis par-ci, par-là des rapprochements émus sur la proximité entre nous, les êtres humains et les animaux ; en d’autres lieux, en France ou en Europe ( à coups de jets de bananes), des analogies faites entre des êtres humains « noirs » (qu’ils soient garde des sceaux ou footballeurs) et des singes, entre les migrants noyés et les cafards selon «The Sun ». Sur ce même blog, on déplore le massacre des singes, des éléphants… Il faudrait savoir ! Se mettre, une bonne fois pour toutes, la tête et le cœur au clair !
    A l’exception de Laurent Fournier – merci à lui qui veille et nous éveille sur l’Inde et une partie de l’Asie, en même temps que sur l’Europe – dont les commentaires éclairés nous ramènent à une dimension extra-nationale, extra-européenne, à l’existence de ces « Autres » qui font que nous sommes humains, terriens : personne pour réagir. Ça m’interroge franchement.
    Moi qui aime les arbres, les plantes, les animaux, l’air, l’eau, la terre, les paysages, les êtres humains, la vie… Qu’est-ce que je fous là ?
    Je veux lire Fabrice (comme je lis Vandana Shiva), m’éveiller grâce à sa conscience profonde, son exigence de respect face au vivant, sa conviction que s’engager est une nécessité, son expérience de la lutte, du décryptage des perversités du système dominateur. Je trouve bien souvent aussi une nourriture vivifiante, dans certains commentaires, dans les liens proposés. J’apprends à être vigilant là où je ne le suis pas assez… Et puis me voilà en face d’un non-dit, d’un tri sélectif des espèces à protéger qui exclut toute une partie du monde des vivants. Un monde dont je fais partie, une planète virtuelle qui se voudrait sans visa mais dont les « sans-visa » qui peuplent les bateaux de migrants en Méditerranée sont exclus, au point qu’on ne les évoque même pas. Comme ailleurs le massacre de 150 étudiant(e)s kényan(e)s ne suscite ni les mots, ni l’indignation, ni les déplacements de foules qui ont montré leur solidarité face aux victimes du début janvier. Pourtant, de même que Fabrice, survivant de la Grande tuerie parisienne, les Érythréens survivants du régime dictatorial, du désert et parfois de la Méditerranée, les Nigérians fuyant Boko Haram, les Soudanais, Syriens et autres malheureux, victimes des politiques coloniales, néocoloniales, capitalistes, de la prédation des multinationales, des guerres et dictatures qui en découlent, mériteraient bien notre considération, notre compréhension, nos réactions vives et indignées, les témoignages de notre conscience qu’il s’agit là-aussi d’écologie, d’amour de la vie, de respect du vivant, de dignité terrienne.
    Je l’ai déjà écrit précédemment sur ce blog, je suis métis ; un « black », comme le résument beaucoup, en ne voulant pas voir la culture et la conscience blanche qu’implique le métissage, dans mon cas, à part égale avec la culture et la conscience « black »: à la fois noir et blanc, et ni complètement l’un, ni complètement l’autre. Mes grands-parents maternels, blancs, s’appelaient Lechat et Lecerf et mes grands-parents paternels, noirs, étaient des Africains. Comme beaucoup de lecteurs de Planète sans visa, Je suis scandalisé par l’utilisation de chats et de chiens pour l’expérimentation scientifique, comme je peux être fasciné par le brame du cerf, enthousiasmé par les envols, les bourgeonnements, dégoûté par l’élevage industriel, l’épandage de chimie, le massacre de la faune et de la flore, mais si cette sensibilité va de paire avec une indifférence aux pleurs et hurlements des noyés Africains, des enterrés vivants Népalais, alors je ne suis pas à ma place dans l’espace de ce blog.
    Il faudrait savoir si les bananes lancées sur Madame Taubira étaient bio, avant de réagir, attendre des conséquences sur la flore et la faune des la Méditerranée pour réagir à ces drames répétés ! Oui, parfois, même dans l’espace de ce blog, l’air a de drôles de relents. Mais la France est ce qu’elle est et on ne peut que lui souhaiter d’évoluer en tentant de donner des pistes de réflexion, des voies de réaction à partir d’un point de vue décalé.
    Fabrice, je pense à toi en photographiant l’explosion de vie du printemps dans toute sa force et sa fragilité. J’ai lu récemment « Plaidoyer pour la forêt tropicale » de Francis Hallé (que j’affectionne particulièrement, tu le sais déjà) ; je t’en recommande vivement la lecture, ainsi qu’aux intéressé(e)s . C’est une belle traversée de l’énergie vitale et, dans les derniers chapitres, une dénonciation sans concession des destructeurs du vivant. Et également très recommandable : les entretiens avec Vandana Shiva « Pour une désobéissance créatrice », mais je ne t’apprends sans doute rien.
    Porte-toi bien, patience. Je t’embrasse dans l’âme.
    Fraternellement à toi et à celles et ceux qui se sentent concernés.

  41. Bonsoir,

    Mr Jaygee,

    Sexe. La pudeur. Si certains sujets semblent tabous, ce n’est que par pudeur.

    Migrants. Trop mal au coeur pour y mettre des mots.

    J’y pense tout les jours. A toutes personnes en souffrances. Ou qu’elles soient. Solitude amie, me permet d’envoyer le meilleur, de coeur a coeur.

    Discuter sur les gravités de ce monde n’est a présent, plus une priorité. Celle ci est dans la vie quotidienne. Dans les comportements, les actes, les bienfaits.

    Bien a vous,

  42. Tu as raison @Jaygee, ce qui se passe en Méditerranée est bien plus qu’une tragédie ou qu’un drame, c’est une sorte de cataclysme humanitaire dont nous sommes responsables … sinon de A à Z… au moins de A à W… colonialisme, guerres, néo-colonialisme, soutien aux roitelets du pétrole ou d’autre chose… guerres à nouveau…
    J’ai mal à ma Méditerranée, mal depuis si longtemps… cette « mer qui relie » pourtant.
    Franchement ? J’ai du mal à en parler car je ne supporte pas cette sorte d’impuissance complètement construite et confortable dans laquelle se drapent les responsables : l’UE et le monde entier…
    J’ai passé de nombreuses et longues (et heureuses, si heureuses !) années à agir autant que je pouvais pour contribuer à rapprocher des jeunes de toutes les rives de la Méditerranée. C’était mon rêve de jeunesse en 1991 (j’avais 20 ans !) pendant cette atroce guerre du Golfe.
    On avait monté le « réseau JEM » (des Jeunes Ecologistes de la Méditerranée) ! On a réussi quelques beaux coups, notamment cette rencontre où se sont mêlés à Gabès plus de 50 jeunes de tous les pays Méditerranéens, avec des Croates, des macédoniens, des Serbes et des Bosniaque, en paix autour de l’écologie en plein éclatement de l’ex-Yougoslavie… Ou encore, des Chypriotes et des turcs à la même table.
    Pierre Rhabi était parmi nos invités pour renforcer la participation des jeunes de Gabès au plan de réhabilitation agro-écologique de l’oasis menée par son association d’alors.
    Les sbires de Ben Ali nous avaient espionné pendant des mois, créant des difficultés angoissantes à nos partenaires locaux… Ah… Ben Ali et son infâme police politique du RCD… on a vu ce que c’était qu’un Etat policier à mort (et il y avait déjà des morts….) avec tous ces crétins de politiciens français toujours prêts à soutenir les dérapages de Ben Ali (qui n’avait pas grand chose à envier au pitoyable roitelet Tchétchène Poutinien…). Les politiques français osaient soutenir ça… avec la Police politique de Ben Ali qui venait raffler de l’opposant jusque dans les quartiers du port de… Marseille !!! (donc avec sinon le soutien, du moins le silence de nos services hexagonaux…).
    On avait aussi organisé en France (à Marseille) des échanges de formation de profs de sciences naturelles du secondaire autour des outils d’éducation au milieu naturel méditerranéen.
    Des gouttes d’eau dans la mer, mais on y croyait tellement ! Et on avait raison d’y croire : on savait mieux que nos politique ce qu’il fallait pour la Méditerranée !
    Et le conflit Israëlo-Palestinien qui pourrit tout… Comment imaginer ce demi-siècle et même plus de guerre ? De qui se moque-t-on ?
    Ce qui se passe en Méditerranée et les malentendus criminels que cela occasionne explique hélas grandement les agissements criminels des deux misérables (dans le pire sens du terme) de la Grande Tuerie du 7 janvier.
    Nous acceptons des choses qui devraient être impossibles à accepter dans ce monde… et les innocents le payent, là-bas et ici désormais.

  43. SA DORMEUSE, de Ludovic Janvier :

    Une dormeuse est logée dans mes veines
    je ne peux pas la fuir en me cachant
    ni l’apaiser bien sûr en me couchant
    car c’est là surtout que je vois mes peines

    C’est mon allongée c’est ma paresseuse
    ne comptez pas sur le Prince Charmant
    vous me trouveriez Belle au bois dormant
    rêveur pourrait bien s’éveiller rêveuse

    En me touchant moi c’est elle qu’on touche
    Echo tient Narcisse et Narcisse Echo
    si je rêve juste et je chante faux
    c’est que sa voix nue passe par ma bouche

    Je suis comme une eau je suis comme une elle
    elle me frissonne à tout bout de champ
    ou c’est ma sirène et je bois son chant
    alors c’est Ulysse en moi qu’elle appelle

    Elle veut tout l’amour elle exagère
    elle s’en va de me voir caressant
    elle revient pour me voir paressant
    de lourd que j’étais me voilà légère

    Oui c’est dans l’amour qu’elle veut paraître
    elle ouvre les yeux sous mes yeux fermés
    elle se mêle à mes gestes d’aimer
    au fond de jouir encore elle est mon maître

    Puis elle tombe au sommeil sans manière
    en murmurant mon nom comme une soeur
    lorsque je descends vers elle en douceur
    c’est que je remonte à la nuit première

    Je suis bien certain je suis même sûre
    de vos regrets quand ma rêveuse et moi
    dans un même corps sans savoir pourquoi
    nous nous en irons dans la terre obscure

  44. @jaigee , j ai chante quelques années dans un groupe black et mon nom de scène c’était « footsy »,ce qui signifie « blanche. »toutes les couleurs de peau sont belles 🙂 . On a chanté la beauté , la Pauvreté , la simplicité , l’assèchement et la désertification , l eau et l’espoir .mais quand Tu réalises que les gens dansent sans se soucier des paroles, tu passes à d’autres actions . J ai fait des conferences aussi , en vain . Il existe beaucoup d actifs sur le terrain,de parrainages etc .On peut agir même à distance et localement ici pour aider les refugies .je préfére agir que parler sur le sujet , car dénoncer et ne rien voir bouger fait trop mal .merci néanmoins .je me sens moins seule aujourd’hui avec cette peine .au sujet de la sexualité tu as totalement raison : c’est beau, sain et ca vaut la peine d’être raconte et on doit
    . Agir et espérer toujours , tant qu’il y a de la vie …nous n’avons pas le droit de laisser tomber !

  45. @Jaygee, attention aussi de ne pas trop préjuger du silence d’autrui .Je me souviens d une lettre sur un site de parrainage : un retraité témoignait du fait d être un colibris et de sa simplicité heureuse qui lui avait permis de parrainer des dizaines d’enfants et donc leurs familles . Ces jeunes ont pu suivre des études, avoir de quoi vivre en famille .Thoreau parle de cette manière de partager dans son oeuvre , Gandhi aussi .Pour ma part, je crois au pouvoir des actions simples .
    @P.P 🙂

  46. Jaygee,
    votre intervention force le respect, merci infiniment d´avoir écrit ces lignes. Personellement, j´ai honte de tout ce que je voudrais exprimer, ici ou ailleurs, et que, par résignation, par manque de courage, je laisse à l´état de non-dits.
    Comme vous, je m´étonne parfois du peu de réactions sur des thèmes cruciaux évoqués par Fabrice alors que des articles (qui ne sont certes pas complètement dénués d´importance) au sujet d´un quelconque vibrion cholérique du monde politique entraînent une avalanche de commentaires.

    Et puisque vous évoquez les enterrés vivants népalais, je dirai ici mon dégoût profond du sauvetage à deux vitesses qui a lieu dans ce pays martyrisé. Celui des occidentaux en mal de sensations dans le massif de l´Himalaya, qui depuis des décennies le souillent, qui l´humilient, laissant derrière eux des tonnes de déchets et d´excréments, et celui des Népalais, d´un peuple qui essaye tant bien que mal de survivre dans l´un des pays les plus pauvres du monde. Tristement significatif!!!

    Pour finir, je voudrais signaler le site de Matthieu Ricard, Karuna Shechen, qui lance un appel aux dons.
    http://karuna-shechen.org/fr/

  47. Bonjour Fabrice, bonjour à tou(te)s.
    Merci, Claire, pour ce beau poème débordant d’amour, de générosité, d’images et de rêves, de corps et de vie.
    Chère Madame Porcinette,
    Quand je prends la peine d’ouvrir mon cœur, de faire partager ce qui pulse à l’intérieur de moi, ce n’est pas pour être tiède, mais pour être vrai. Et si cette vérité nécessite de révéler mes origines, de dire d’où je viens, je ne laisse pas ma pudeur y mettre un frein. Je me fais violence, sachant que, ce frein lâché, cette barrière franchie, je me révèlerai à moi-même autant qu’au monde. Le sujet du sexe ne « semble » pas « tabou » : le sexe est tabou (dans notre société comme dans d’autres, mais pas toutes, loin de là), comme la mort est tabou, comme la couleur de peau de l’Autre. La liste ne s’arrête pas là, mais là n’est pas le sujet. Là où les monothéismes dominent, s’affrontent, il n’y a pas de place pour le sexe, pour la liberté d’être soi, ni celle d’être avec l’autre.
    La nausée relative aux tragédies humaines de la méditerranée, du Népal, du Kenya ou d’ailleurs, nous la partageons tou(te)s – ici au moins, sur Planète sans visa… j’espère. La question que je me pose est : ai-je envie de subir la nausée ou est-il préférable pour moi, comme pour autrui que je parle, que je crie, que j’écrive ce qui me donne la nausée pour comprendre plus clairement comment je peux lutter contre ce mal ? Partager ma conscience et mon rejet de l’inacceptable pour que la mort organisée, planifiée, tolérée d’êtres vivants, humains, animaux ou végétaux, ne soit pas passée sous silence ; trouver dans l’échange des ressources que je n’ai pas pour aller outre la nausée, ou me replier sur moi, sur ma pudeur, mon malaise… fermer les yeux, au lieu d’être vigilant et de permettre aux autres de les ouvrir. Il semblerait que, dans le cas présent, j’ai fait mon choix. Chacun est libre de faire le sien.
    Je n’ai aucun goût pour les discussions sur « les gravités de ce monde » quand elles sont stériles ; mais donner son point de vue (entendre celui d’autrui) quand on a le sentiment qu’il peut être bénéfique à la compréhension générale, là où on se trouve, et peut contribuer à lutter contre l’injustice, l’iniquité, le mépris… Là, j’ai besoin de réagir.
    Vos pensées et les miennes, nos vœux de paix et de sérénité universelle, notre sincère empathie, notre solidarité de cœur à l’égard du monde des souffrant(e)s ne sont pas à négliger, mais elles ne remplacent pas les signes, mots, actes dont les victimes ont besoin pour se savoir reconnues comme telles et sentir qu’il y a (peut-être) un début à la fin de leur tourments. La solidarité, si elle ne se manifeste pas pour sortir du secret (de la clandestinité) de nos cœurs, n’a pas grande vertu pour celles et ceux à qui elle devrait porter secours. Et elle risque peu de créer le moindre élan pour que la conscience permette de trouver des solutions.
    Désolé d’être aussi long, je ne suis juge ni de vous, ni de personne ici. Seulement,je me vomirais moi-même si je devenais complice du silence assourdissant qui nie la souffrance, la mort, et ferme yeux et oreilles face à la responsabilité collective dans le déni d’existence d’une partie de l’humanité(ou d’une forme de vie).
    P.P, tes expériences et engagements méditerranéens te mettent en bonne place pour faire comprendre les enjeux, indiquer des voies, sensibiliser aux problèmes, aux humains qui peuplent cet espace. Content que tu fasses part de tes connaissances, que tu contribues à faire prendre conscience. J’ai vu l’année passée un documentaire très stimulant et plein de vie, sur des échanges inter-méditerranéens entre des écoles de musique. Malgré la guerre en différents points, l’humeur n’était pas au requiem. Ne laissons pas la Méditerranée devenir une réalité et un symbole de mort plutôt que de vie. Si l’écologie se détache de l’humain, elle perd forcément de son sens, de sa valeur,de sa pertinence.
    J’en ai assez dit.
    A Fabrice, à chacune et chacun, je souhaite une bonne fin de journée. Bien à vous.

  48. c’est qui monsieur Monsanto? ou madame? et que pense til ou elle de pierre rabbi? n’aurait on pas aussi bien besoin de guerriers? pour détruire ce qui est en train de détruire? jusquà quand laisserons nous faire?

  49. @Marie des guerriers avec des armes ? Il me semble que la violence n’a jamais engendre autre chose qu’elle même .Par contre combattre avec des semences viables comme Kokopelli en Inde ou beaucoup d’autres c’est intéressant non?

  50. Jaygee, merci pour ce que vous écrivez, d’une manière si personnelle, unique. Ca fait du bien de vous lire, comme Martine et d’autres l’ont déjà dit.

    La réalité du racisme est bien plus complexe que ce qu’on en pense la plupart du temps, à tel point qu’il faudrait peut-être un autre mot, détaché du concept de race, qui reste à inventer.
    Par exemple, le petit livre de Claude Lévi-Strauss, « Race et Histoire » écrit pour l’UNESCO, concentre toute son énergie à montrer que les races n’existent pas, et que par conséquent le racisme est absurde. Mais c’est clairement ignorer tout un pan de la réalité. Ne serait-ce que parce que la loi punit le racisme mais ne reconnait pas le concept de race, se trouvant par la-même incapable de définir exactement ce qu’elle punit, sauf a faire usage implicite ou non, du concept de croyance, et ainsi revenir, fort malheureusement, à l’époque des persécutions religieuses. Mais je crois que nous y sommes déjà. Une partie grandissante de l’appareil d’état moderne et occidental est consacré à la lutte contre des croyances.

    Ceux qui poussent a cette politique ne sont pas les petites gens, caricatures commode de l’électeur du Front National, mais l’élite la plus influente, la plus érudite, la plus cultivée. Jacques Rancière et Alain Badiou ont écrit de courts articles sur le « racisme froid », le « racisme intellectuel » et le « racisme d’état ». En fait, ce n’est pas un phénomène nouveau et les penseurs racistes ont toujours eu des copains ou des collègues noirs, arabes, musulmans, bref « indigènes », quand ce n’était pas leur propre conjoint !

    Le livre « orientalisme » de Edward Saïd est à lire et à méditer. Son auteur a lui-même reconnu que lorsqu’il entreprit de l’écrire il n’imaginait aucunement la gravité des questions, voire la boite de pandore, que cela ouvrirait.

    Quel rapport avons-nous avec l’Autre ?

    Pouvons-nous abolir par décret la possibilité qu’il y ait un « autre », comme l’anti-racisme superficiel semble le croire (et par exemple Lévi-Strauss) ou bien devons-nous accepter que la présence d’un « Autre » est peut-être, au contraire, notre unique chance, comme Emmanuel Levinas, Derrida, ou même Deleuze et Foucault l’écrivent avec force, ou le suggèrent, dans leur œuvre foisonnante ?

    Il faut peut-être accepter aussi que la notion d’identité n’est pas forcement un chemin vers le racisme, et les efforts de Alain Finkielkraut pour redéfinir ce concept méritent l’attention, même s’il est gênant qu’il ait une telle popularité dans les milieux les plus conservateurs (pour ne pas dire plus).

    L’Orientalisme c’est peut-être cela : Consacrer tous ses efforts à connaitre l’Autre sans faire un effort correspondant pour se connaitre soi-même. La naïveté déconcertante des écrits de Bernard Lewis est surement due à cela. Mais il y a un autre aspect : C’est une « naïveté » criminelle. L’Orientalisme est une arme de guerre, et les quatre millions de morts au Moyen-Orient causés par les guerres organisées par l’Occident dans ces pays ces vingt dernières années n’auraient pas pu avoir lieu sans l’immense travail d’analyses et d’érudition des orientalistes. Une érudition froide, fascinante et malheureusement, pour une très grande partie, malveillante.

    Un exemple de racisme froid, en un lieu ou la plupart ne le chercheraient même pas :

    Barack Obama a répondu, à ceux qui lui demandent de demander à l’Iran de reconnaitre Israël avant de signer un accord, « Nous ne pouvons pas demander à ce régime de changer sa propre nature. Si l’Iran n’était pas ce qu’il est, nous aurions d’ailleurs un ensemble de discussions totalement différent de ce qu’il est ».

    Cette remarque est évidemment tres intelligente, car elle caractérise en tres peu de mots l’enjeu de l’accord, d’un point de vue géopolitique Occidental. Mais il est troublant que le fond de la remarque c’est cela : Les Iraniens ont une nature différente, ils ne sont pas comme « nous ». C’est en réalité le fondement de la politique occidentale actuelle, définie au plus haut niveau du pouvoir, par ceux qui ont accès aux meilleurs conseillers, à toute l’érudition existante.
    N’est-ce pas troublant pour une société qui se targue de n’être pas fondée sur le racisme, de ne pas croire au racisme, de ne pas utiliser le racisme ? C’est une remarque profondément raciste, qui ne peut se comprendre que d’un point de vue raciste.

    Je ne veux pas écrire cela contre Obama, qui a peut-être décidé, finalement, d’essayer de mériter un peu son prix Nobel. Mais c’est la réalité de la société occidentale au plus haut niveau de son élite politique actuelle, et ca empire (par exemple, Jacques Chirac malgré tous ses défauts fut notre dernier président non-raciste).

    Ou bien, autre exemple, les éditoriaux racistes de Bernard Guetta (j’entends déjà ceux qui s’écriront : Mais non, il a plein de copains noirs, juifs, arabes et j’en passe !) gonflés de cet orgueil qui ressasse la soi-disant « impuissance » de l’Europe. Les quatre millions de morts auraient bien aimé qu’elle soit un peu réelle, cette « impuissance », ou bien, à tout le moins, accompagnée d’un petit peu d’humilité. Arrêter de vendre des armes. Arrêter de donner des renseignements militaires aux groupes terroristes. Arrêter de les aider.

    N’est-il pas paradoxal que la presse Israélienne soit en fait moins raciste que la presse Française, qui se rengorge à chaque coin de phrase des mots « sunnite », « chiite », « secte », « Islam radical » ?

    Il serait bon que le racisme de la presse Française soit un peu moins radical.

  51. Benedicte, je crois aussi au pouvoir des actions simples. Je dis simplement que :
    1 – elles sont TRES insuffisantes
    2 – elles ne vont pas se relier par magie hélas…
    3 – je ne supporte pas quand elles ne servent qu’à se donner bonne conscience (ça arrive aussi…)

    Mais bien entendu, on ne peut, on ne doit pas s’arrêter de faire les colibris !
    Il y a juste que pour moi, en restant des colibiris heureux, on ne résoudra rien sinon les problèmes de notre égo… et notre soif d’illusion peut-être…

  52. Bon courage pour la suite,

    les animaux présentent une grande diversité de pratiques sexuelles,

    il y a aussi l’insémination chez le triton, la collecte et présentation d’objets chez l’oiseau satin, la bouvière qui pond dans les anodontes, l’hyppocampe, et les bonobos.

  53. La biodiversité des tempéraments venant s’abreuver sur ce site est décidément fascinante^^ Il y a des analyses érudites et passionnantes, des expériences singulières, des grosses bisettes, des silences, des malentendus, des chansons et des travaux scientifiques… non décidément on ne s’y ennuie pas et je crois que nous sommes nombreux à regretter de ne pouvoir y passer plus souvent.
    La question posée par Marie(« jusqu’à quand laisserons nous faire? ») me fait penser à un texte qui avait été posté voici quelques temps par René et que je me permets de remettre ici pour celles et ceux qui l’auraient raté : http://ekladata.com/O5Zc_qWmYhlrLXGEg9m1lgvXqs4/Bertrand-Meheust-la-catastrophe-les-yeux-grands-ouverts.pdf

    Bon rétablissement Fabrice, et bien à vous toutes et tous.

  54. Bonsoir Jaygee,

    Merci.

    Jaygee, les non réactions sur les blogs ne veulent pas dire non réactions dans la vie.

    Tant que souffle de vie il y aura, défense des opprimés, il y aura.

    Bien a vous, bonne soirée,

    PS. Je prend le chère. Mais pas le madame. Porcinette tout court. 🙂

    Enormes bises au plâtré,

  55. Jaygee,

    Je ne dis pas autre chose que vous!

    « Discuter sur les gravités de ce monde n’est a présent, plus une priorité. Celle ci est dans la vie quotidienne. Dans les comportements, les actes, les bienfaits. »

    Remplacer le mot discuter, par développer. Si vous le voulez bien. Merci. Si nous sommes toustes a lire le blog de Fabrice, c’est que nous savons a quoi nous en tenir. Et pour les « retardataires », les anciens textes sont fournis a foison en bonnes et justes infos, afin que chacun soit fixé sur ce qui cloche grave.

    Ensuite faire en son âme et conscience, hors blog, ce qui se doit pour tenter de rallier a notre poussée d’indocilité, ceuxcelles qui ne se rendent pas encore compte des urgences.

    Dites moi ….

    🙂

  56. Bonjour Jaygee,
    Depuis quatre ans maintenant, deux soirs par semaine, j’anime (mais en fait ce sont plutôt eux qui l’animent) un cours de français pour migrant-e-s. En parcourant cet après-midi les listes des nombreuses personnes dont j’ai ainsi croisé le chemin, j’ai compté 33 pays. Leur ai-je permis durant ce temps, une fois au moins, de « sentir qu’il y a (peut-être) un début à la fin de leur tourments » ? Sans doute est-ce un espoir trop ambitieux. Plus humblement, lorsqu’au détour d’un mot léger ou d’un encouragement j’amène un sourire sur un visage, quelque chose s’apaise en moi.

  57. Connaissez-vous les ragondins ? Ces charmants rongeurs ne demandaient rien à personne, ils vivaient dans leur milieu naturel en Amérique du Sud. Jusqu’au jour où ils ont été extirpés de leur écosystème, capturés et importés en Occident, notamment en France, pour leur fourrure.
    Ce sont des migrants involontaires.
    Et ils ont connu une vie misérable avant de se faire écorcher vifs, encagés dans des élevages concentrationnaires.
    Heureusement certains ont pu s’échapper, et ils ont fait souche chez nous.
    Mais comme ils n’appartiennent pas à « l’espèce élue » (par elle-même) ils ont été décrétés nuisibles et sont impitoyablement traqués, empoisonnés, piégés…par les véritables nuisibles que sont les hommes.
    Et qui s’offusque de cette ignominie ?
    Bien peu de monde, et surtout pas ces imposteurs de l’écologie que sont les « verts » d’EELV.
    Eux les ragondins n’ont pas droit aux bateaux et aux hélicoptères pour les secourir, ben non ce ne sont pas des hommes, et comme chacun sait, les médias nous le disent assez ces derniers temps: « nous avons le devoir de secourir nos frères humains ». Que ceux-ci viennent semer le chaos sur notre continent peu importe, ils sont des hommes, c’est à dire des dieux aux yeux de la pensée unique humaniste, humanolâtre serait un terme plus exact.
    Pour les ragondins la solution proposée est l’extermination !
    Pour ma part je suis écoeuré par cet anthropocentrisme, et je sais que les véritables nuisibles ne sont sûrement pas les ragondins.

    Il serait temps d’enlever nos oeillères,l’homme n’est pas le centre du monde, et quand on le comprend on pense aussi aux chiens et aux chats du Népal, et on donne pour eux à l’IFAW:
    http://www.ifaw.org/france

  58. Je precise que Bernard Guetta est probablement un chic type, qui peut-etre meme adopte ses enfants (chose que moi-meme je n’ai pas fait), donne aux victimes des seismes, etc. Ma critique porte sur son r-[bip] professionel, et je l’ai choisi parcequ’en tant que journaliste, il est tellement representatif de sa generation.

  59. Une pensee pour Hicham Hamza, l’un des derniers representants d’une espece en voie de disparition: journaliste d’investigation, et le seul en France -et ca c’est terrible, cette solitude qui est la sienne, et cette passivite collective, voire cette complicite face au terrorisme- a avoir mene une enquete, avec les moyens du bord, et essuyant plus d’hostilite que de comprehension, sur la grande tuerie du 7 janvier.

    Depuis presque un mois Hicham est a l’hopital, victime d’un mysterieux empoisonnement. Esperons que ce n’etait pas du polonium, ni un autre toxique tout aussi raffine mais laissant moins de traces, parmi tous ceux qui ont ete inventes recemment!

    Notre passivite/complicite collective face au terrorisme me fait penser au « syndrome Romain » evoque par Simone Weil dans l’Enracinement: apres avoir tant utilise les esclaves, les Romains realiserent avec horreur qu’ils n’avaient plus la force morale de s’opposer a l’esclavage lorsqu’il leur fut applique a leur tour. (pas de guillemets car je cite de memoire, approximatif)

    99% du terrorisme dans le monde est du terrorisme d’Etat. Il ne faut pas s’opposer a l’Etat, mais savoir garder ses distances. Difficile evidemmemt, mais il n’y a pas d’autre solution. Detruire l’etat par la violence c’est tomber a un niveau de violence encore pire. (C’est pour ca que les Syriens s’accrochent a ce qui reste de leur etat comme a un vieux rafiot pourri et corrompu mais la seule chose qui les empeche encore de couler!) Mais reclamer la protection de l’Etat contre le terrorisme c’est comme demander la protection de la mafia contre la mafia: Ca la renforce. Seule la societe civile peut se proteger elle-meme, et proteger ses intellectuels, contre le terrorisme. Plus encore, seule la societe civile peut proteger l’etat. Ce que Edward Snowden, et les Syriens, ont compris, et qui nous reste a comprendre.

    Peut-etre Manuel Valls ne croyait pas si bien dire, lorsqu’il disait que la societe doit reagir face au risque de terrorisme, « qui n’a jamais ete aussi grand ». Ou etait-ce un pressentiment que ce qui arrive en Syrie peut aussi arriver en France? Quoi qu’il en soit, a nous de montrer que nous avons compris, mieux que lui, ce que ca veut dire. A nous aussi de suivre le conseil de Luz: « Vous etes Charlie? Prouvez-le! »

    Aujourd’hui Hicham Hamza a besoin de notre soutien. Il est honteux, et de tres mauvais augure pour nous tous, qu’il reste si seul.

    http://www.panamza.com/210415-communique#comment-24453

  60. @ Marie , c’est qui c’est quoi Monsieur ou Madame Monsanto (et Bayer, et Nestlé, Coca …? ) sinon un paquet impressionnant d’actionnaires dont certains d’entre nous le sont peut-être sans le savoir ? Il y a huit ans, je faisais des conférences autours du film « we feed the world » . J’espérais des prises de conscience collectives, politiques , efficaces car constructives . J’attends toujours …
    @ P.P personnellement, je ne connais pas de colibris heureux d’avoir une bonne conscience et en générale, le gens qui sont dans cette mouvance sont également actifs dans la transmission d’informations et les actions diverses et variées d’éducation, de sauvegarde de l’environnement , dans l’accueil et l’aide des personnes en difficultés et la défense de valeurs écolos . Il y a quelques années, je manifestais également énormément . J’étais généralement du service d’ordre et d’organisation . Pendant la guerre du Golf, j’ai organisé des conf d’information à la fac, je me battais contre la double peine infligée aux étrangers dans le fief de Pasqua . Pendant la guerre de yougo mais également les conflits en Roumanie , etc , je soutenais comme je le pouvais de jeunes réfugiés pour leurs reconnaissances en tant que réfugiés politiques .Relier, oui , ça j’attends toujours , mais j’entends toujours de par et d’autres les mêmes préjugés sans le moindre consensus efficace pendant que le monde tourne dans le sens que nous ne voulons pas . Etre heureuse, oui . Car si je commence à désespérer , j’arrête tout .Mais toi aussi, si je te lis, tu es souvent heureux et tu prends le temps de t’émerveiller .

  61. Bonjour Fabrice, bonjour à tou(te)s
    Eh oui, même à vous Patrick Z ! On touche vraiment le fond avec vous. Au moins les choses sont claires (pour celles et ceux qui vous lisent… mais visiblement pas pour vous !). Elle est belle et tragique votre histoire de ragondins ; dommage que vous ne soyez pas conscient qu’elle correspond exactement à l’histoire coloniale (esclavage inclus) perpétrée par les habitants de «notre continent » aux dépens des habitants des autres continents ! Mais quand on ne veut pas regarder au-delà de l’horizon de son nombril… Là où vraiment vous dépassez les limites du tolérable c’est lorsque vous dévoilez votre idéologie nauséabonde : « “nous avons le devoir de secourir nos frères humains”. Que ceux-ci viennent semer le chaos sur notre continent peu importe, ils sont des hommes, c’est à dire des dieux aux yeux de la pensée unique humaniste, humanolâtre serait un terme plus exact ».
    Celles et ceux qui se noient en Méditerranée seraient donc à vos yeux les responsables (potentiels ou avérés) du « chaos sur notre continent » ! Votre analyse témoigne d’une telle intelligence, d’une telle humanité que j’en reste sur le cul. Après les « cafards » d’Outre-Manche, on aura tout lu ! Malheureusement, vous et celles et ceux qui pensent comme vous n’ont pas hérité de « l’altruisme » des lemmings, ça nous ferait des vacances et laisserait de la place pour les réfugié(e)s qui eux, à bout de courage et d‘espoir, mériteraient vraiment une place sur « notre continent ».
    Vous ne faites même pas la différence entre les conséquences d’une catastrophe naturelle et celles d’une prédation organisée depuis des siècles ! Sur l’arche de Noé, vous n’auriez aucune chance. Je vous souhaite (le jour venu) une mort paisible. Au plaisir de ne plus vous lire, et de me taire à présent.
    Mon pauvre Fabrice, rien ne t’aura été épargné malgré tes souffrances et ta convalescence ! Tes sœurs et frères humains sont là qui te soutiennent. Courage.
    Bien fraternellement à toi.

  62. « La Drosère n’a d’existence que pour ceux qui savent regarder à leurs pieds, elle a été découverte par ceux qui se soucient des petits et qui ont un tendre intérêt pour les faibles. »

    Elie Reclus
    Physionomies
    végétales

    Portraits d’arbres et de fleurs,
    d’herbes et de mousses

    PEAUX SOMBRES, PEAUX CLAIRES
    LA THEORIE SOLAIRE
    Dans: LA CONDITION TROPICALE de FRANCIS HALLE

    😉

  63. oui bien sur, faire avancer par le biais et tenter de faire basculer le mouvement..mais çà risque d’être très long et quelle ampleur auront pris les dégâts en cours? car Monsanto et les autres continuent de progresser à coups de millions.. et il manque pas mal de liliputiens pour neutraliser le géant
    Monsanto delenda est..
    ma foi on se console comme on peut devant le rouleau compresseur

  64. @P.P encore .si on veut lancer une nouvelle mouvance qui puisse s’imposer,alors il faut une charte de base commune au plus grand nombre .Pourquoi ne pas rédiger enfin celle des devoirs de l’homme ?

  65. Sur le Sexe:

    Les ecologistes sont de grands coinces du cul, de vrais puritains…

    Et moi le premier!

    Mais je me soigne, j’ecoute Gainsbourg, j’essaye de chanter Sarclo (J’aime la vie je fais des bebes!) et Nusrat Fateh Ali Khan (Tumhein Dillagi Bhool Jaani!):

    http://mp3mad.com/download-1254/Tumhe-Dillagi-Bhool-Jaani-Nusrat-Fateh-Ali-Khan.html

    Le puritanisme est ce qu’il y a de commun entre les ecologistes, les staliniens et les neo-cons.

    Voila pourquoi l’ecologie ne doit jamais s’approcher du pouvoir, car elle deviendrait un stalinisme au carre, encore plus feroce. Elle doit rester un anti-pouvoir pour toujours, du cote de la vie, aussi longtemps qu’elle restera vivante.

    C’est pourquoi meme si ce n’est pas toujours de mon gout, tu as profondement raison Fabrice d’ecrire dans Charlie Hebdo. Rester vivant et aimer la vie, voila la seule chose importante!

    Bises a Fabrice, Jaygee, Porcinette, Martine, Leyla, Frederic Wolff, Stan, et a tous ceux qui ecrivent des choses si interessantes, si droles, si belles ou si surprenantes dans Planete sans Visa!

  66. « Notre époque est pleurnicharde, inquiète, trouillarde, aigrie et méchante. »

    Voilà les premiers mots, oh combien vrais, de l´édito de Riss dans le Charlie de cette semaine.
    Il y parle d´un livre posthume de Bernard Maris, « Et si on aimait la France », qui vient de sortir ce mercredi chez Grasset.
    Riss écrit encore :
    « On rencontre son pays à travers son enfance. Toutes les émotions fondatrices de notre vie sont indissociables du lieu qui les a produites : son pays. Qui a aimé son enfance aura du mal à ne pas aimer le pays qui l´a fait grandir. C´est valable pour tous les gosses de la terre : les petits Américains, les petits Italiens, les petits Ivoiriens, les petits Yéménites, tous aiment le pays de leur enfance et leur enfance dans ce pays. Qu´est-ce que la politique viendrait faire là-dedans? Rien. Ceux qui tentent d´exploiter politiquement ce sentiment respectable sont les démagogues et les manipulateurs. »
    Et bien sûr, cette exploitation est le terreau fertile de la xénophobie, du racisme, de l´antisémitisme.
    « Les théories racistes sont toujours fondées sur une vision politique des origines. » écrit Riss.

    Ne tombez pas dans le piège que vous tendent les mauvais, les malins de tous bords qui vous hypnotisent et, tout comme le joueur de flûte de Hamelin, vous entraînent vers des horizons dangereux dont on ne revient pas indemnes, si jamais on en revient.

    Riss conclut :
    « Pourquoi aimer la France? Chacun a sa réponse, intime et secrète. Bernard, notre cher Bernard, nous livre la sienne. Un pays qui a engendré un type aussi formidable que Bernard Maris ne peut pas être totalement mauvais. »

    Je vais lire le bouquin de Bernard Maris, ainsi que celui de Charb, « Lettre aux escrocs de l´islamophobie. » Et, si je peux me permettre un modeste conseil, soyez nombreux à faire de même.

    Un pays qui a engendré des gens aussi formidables que ceux de Charlie ne peut pas être totalement mauvais.
    Oui,je les aime et je les serre très fort sur mon coeur.

  67. @Patrick Z, d’accord avec toi au sujet de l’anthropocentrisme mais…

    Mais très en colère contre tes idées lorsque tu DERAPES en écrivant au sujet des migrants (tu fais allusion dans ton message, en plus, à ceux qui meurent en Méditerranée et/ou à ceux qui réchappent de leur traversée) :
    « Que ceux-ci viennent semer le chaos sur notre continent peu importe »
    – quel chaos ?
    – qui sème ce chaos ?
    – quel chaos nous avons semé et semons plus que jamais, nous, dans le monde ? Des croisades à la Shoah, du colonialisme à la crise climatique et à celle de la VIème extinction des espèces de notre planète, c’est bien notre modèle de civilisation occidentale séparé du monde donc de la nature et finalement de l’homme, qui génère le chaos !
    Il serait bon de lire Hervé Kempf (ou Fabrice Nicolino !) pour le comprendre…

    Je vais être très clair : assimiler au fil d’un commentaire les migrants à des personnes qui « sèment le chaos » sur un continent entier, pour moi c’est un grave dérapage assimilable à du discours d’extrême droite caractérisé, avec tout le côté crapuleux, mensonger, parano, manipulateur et porteur de violence qu’on peut lui rattacher depuis toujours.
    La Grande Tuerie du 7 janvier ne doit pas nous faire glisser dans les poubelles de l’Histoire, jamais ! Au contraire. Ne serait-ce que par respect de ses victimes.

    Cette perméabilité (hélas fréquente, cf BB et la Fondation BB) entre la défense de la cause animale et ces idées putrides est à prendre au sérieux. Pour moi, ce sera toujours NON !
    Protéger l’animal pour rejeter l’immigré est la pire façon de protéger l’animal… tout en choisissant une minorité humaine guère responsable des misères du monde, pour en faire un bouc-émissaire de la manière la plus stupide qui soit.
    L’animal n’est pas maltraité par l’anthropocentrisme … de l’immigré ! C’est ridicule. Il l’est par ce qui fonde au contraire notre civilisation. Et qu’il est grand temps d’interroger. Et qui est bien souvent responsable d’ailleurs du chaos qui règne dans les pays d’origine des immigrés (guerres de conquêtes, colonialisme, pillage des ressources, collaboration avec des dirigeants corrompus jusqu’à l’os, néo-colonialisme…). Ce ne sont pas de pauvres boat-people qui en sont responsables !
    Chercher à dominer le monde, le trait majeur de notre civilisation, c’est chercher à dominer la nature donc l’animal… ce sont les racines de l’anthropocentrisme.

    L’écologie doit se garder de l’imaginaire de l’extrème droite comme de la pire peste qui puisse l’infecter. Attention : la cause animale est parfois un vecteur de contamination, infectée qu’elle est (parfois, il n’est surout pas question de généraliser) de penseurs ou sympathisants (parfois malgré eux) de l’extrême droite.

    @Patrick Z, ce n’est pas à toi que je m’attaque, mais aux idées que je vois émerger dans ton commentaire et que je trouve révoltantes. Je me battrait toujours contre ces idées qui, elles, aboutissent à semer le chaos… et ce sur tous les continents de notre planète !

    Le « choc des civilisations » est une prophétie auto-réalisatrice mortifère et porteuse des pires violences. Réfléchissons au lieu de coller à son réductionnisme intéressé et extrêmement dangereux. Notre devoir d’écologistes et d’hommes intègres est de casser la spirale qui fait prospérer ces idioties, pas de grimper dessus pour la renforcer, même insidieusement, même involontairement !

    Bonnes réflexions !

  68. comment exercer son droit à la liberté sexuelle quand on est encagé,
    ou hospitalisé

    l’imaginaire, en attendant …

  69. Un conseil de lecture, pour comprendre les mécanismes diaboliques du libéralisme mondial, pour élargir son horizon et pour éviter les dérapages et les liaisons dangereuses :
    « Destruction massive : Géopolitique de la faim », de Jean Ziegler.
    http://www.seuil.com/extraits/9782021060560.pdf

    Nous vivons ici dans un système pervers qui nous procure l´illusion de la sécurité, mais à supposer qu´une guerre éclate en Europe, ou bien qu´une ou plusieurs centrales nucléaires nous pètent à la figure, nous serions tous jetés pêle-mêle sur les routes, ou sur des embarcations de fortune, devenus du jour au lendemain des réfugiés, des indésirables, mais avec au coeur l´espoir insensé de trouver quelque part une terre d´accueil, de survivre, de sauver nos enfants, de leur donner une chance.
    J´y pense tout le temps quand je vois ici des réfugiés syriens et irakiens avec leurs petits marmots traumatisés par ce qu´ils ont déjà vécu.

  70. @Marie et @Martine, Jaygee… et les autres : merci pour votre humanité et… Martine, bien sûr, mais bien sûr que nous sommes tous des réfugiés potentiels. Merci de le rappeler ! Notre civilisation, coupée de la nature, est un colosse aux pieds d’argile tellement vulnérable qu’elle se croit indestructible. Il est facile d’imaginer des crises qui soient capables de l’abattre : acident nucléaire, bien sûr, accidents climatiques ou même chimiques et crach alimentaire et nous y sommes…
    @Benedicte, je crois, je pense, je suis persuadé, que c’est bien davantage qu’une charte qui pourrait nous unir : une pensée commune. Mais une pensée de fond et pas le (néanmoins très beau) patchwork jamais opérant de toutes nos belles réalisations juxtaposées…
    On les juxtapose sans fil et sans aiguille et on s’imagine que ça va tenir ensemble par magie. Non…
    Il faut une intelligence qui rassemble les outils (l’aiguille et le fil) et qui puisse se mettre à l’ouvrage, que l’on puisse tous de mettre à l’ouvrage…
    Il faut des penseurs du changement radical de civilisation. Or c’est le désert intellectuel en ce domaine !
    Radical ça ne veut pas dire qu’on attend que ce soit parfait pour s’y engager, ça veut dire qu’on décide de quelques principes de base et qu’on s’y engage tous réellement, en pensée et en acte.
    Où sont ces principes ?
    Ceux de notre civilisation (c’est encore la notre même si nous en sommes des dissidents en tant qu’écologistes), c’est le progrès érigé en dogme, l’individualisme, l’anthropocentrisme, le travail comme religion, la propriété transmise en héritage, la compétition, la violence comme solution aux conflits (les armées)… etc…
    Oui, l’écologie ne peut être qu’une dissidence politique ! Mais… avec des propositions de fond avant d’être dans la forme…

    Allez, juste une idée : qui est prêt à militer pour la fin de l’héritage ? Vous imaginez la tête de notre planète si l’héritage était supprimé ? On amasse ce qu’on veut toute sa vie si ça nous chante. Mais passé de vie à trépas, tous nos biens sont transmis à la communauté.
    Voilà où est l’argent pour financer tout ce que l’on se doit de financer aujourd’hui : alimentation, éducation, modes de vie responsables face au climat et à la crise d’extinction des espèces… etc…

  71. Bonjour,

    Merci a toustes,

    Ayons toustes la sincérité d’admettre qu’il ne sert a rien de traiter les symptômes, alors que les causes réelles sont reléguées au ? rang.

    Ce qui ne s’achète pas, ne se vend pas! Grand Merci, pour euxelles.

    ——

    FranBoise,

    🙂

    Ouvrir la cage. Un(e) grimpeur(se) (picus véritas*) lui rendra peut être visite. Qui après lui avoir bien tambouriné sur le plâtre, ira pianoter sur son coeur, de nature doucette, afin qu’il donne de ses nouvelles, si cela ne le défrise pas de trop!

    * Fait exprès. 🙂

    ——-

    Un chantier de 2,5 milliards d’euros

    http://www.huffingtonpost.fr/2015/04/30/exposition-universelle-milan-2015-pavillons-culture-photos_n_7158882.html

    Bien a vous toustes, paix dans vos coeurs, gros gros bisous sur les nez, 😉 😉

  72. Comment peux-t-on etre Islamophile?

    Le mathematicien et historien des sciences CK Raju travaille depuis des annees a clarifier les relations entre les croyances religieuses et la science, d’une maniere qui j’en suis sur n’aurait pas deplu a Jacques Derrida (pour qui la de-construction n’etait pas du tout le nihilisme de la destruction, mais au contraire le demontage amoureux de la culture humaine comme on demonte un vieux poste de radio, pour mieux le connaitre et ouvrir des portes vers d’autres manieres de le remonter, comme il le fait dans « De la Grammatologie »).

    La science physique travaille depuis environ un siecle, a concilier sa pratique scientifique avec la resolution qu’a donnee St Thomas d’Acquin au paradoxe du temps il y a 800 ans: Dieu s’est « retire » du monde mais auparavant il y a laisse des « lois »: les fameuses « lois de la nature ».

    Resolution brillantissime du paradoxe du scientifique experimental qui doit conduire « librement » des experiences sur une nature « contrainte » de « suivre des lois »…

    Comment le scientifique peut-il faire partie de la nature s’il doit etre « libre », et la nature « non-libre »???

    Aujourd’hui pour preserver cette fondation Aquinienne des « lois de la nature », concept qui fonde ceux de « causalite » et « d’objet » (comme le decrivent par exemple Bernard d’Espagnat ou Michel Bitbol), les physiciens rivalisent d’inventions qui ressemblent de plus en plus a des « edits du Pape », un exemple parmi beaucoup etant la « condition chronologique » de Hawking, stipulant, en quelque sorte par « decret », que la « fleche du temps » ne « change jamais de direction ». (Curieux d’ailleurs d’appeler « condition » un concept qu’en maths on appelerait un axiome, en physique une hypothese… a moins que ca ne soit la « condition » d’existence de la discipline scientifique selon Hawking?)

    Dans ce papier Raju explore les relations de differentes traditions religieuses avec la science, et ouvre de graves questions d’actualite sur le colonialisme…

    Mathematicien Indien enseignant en Malaisie, Raju prend un malin plaisir a ne pas devoiler sa religion… Hindou, Chretien, Musulman, Bouddhiste? Moi je crois qu’il est un des scientifiques les plus athees qui existent aujourd’hui!

    Encore un qui, comme Rene Girard, pousse sa charue droit devant lui, quoi qu’il arrive, et n’a pas peur de continuer meme s’il rencontre la (ou les) religion(s) sur son chemin.

    http://ckraju.net/papers/Islam-and-Science-kl-paper.pdf

  73. je ne sais pas si z a des pensées nauséabondes, mais ce que je sais c’est que dans tous les conflits et autres violences faits aux hommes ou que se font les hommes entre eux l’animal est raraement évoqué à la hauteur de ce qu’il subit toujours le délaissé!
    https://fr.news.yahoo.com/video/les-animaux-des-zoos-gaza-085522483.html

    http://www.lapresse.ca/international/dossiers/offensive-israelienne-a-gaza/201408/16/01-4792210-les-animaux-de-gaza-aussi-dans-la-tourmente-de-la-guerre.php

  74. Ello,

    Je me permet d’inspirer a certains de faire des recherches sur leurs lignées. Généalogie.

    Il pourrait y avoir des surprises.

    🙂

  75. @ P.P , une charte n’est -elle pas l’expression de pensées communes autours d’un thème défini ? Et par ailleurs, il me semble que pas mal d’intellectuels de différents domaines expriment des pensées intéressantes au sujet de l’écologie :Trin Xin Tuan, Jean Marie Pelt et bien d’autres . Entendu aujourd’hui une interview très intéressante dans CO2 mon amour de Naomi Klein . ET puis qu’est ce qu’être intellectuel ? Qui peut s’en prévaloir ? Pour exprimer l’idée d’une pensée universelle , ne manque-t-il pas surtout au fond de l’audace à la plupart d’entre nous ? Concernant l’héritage,ce serait si bon de le voir disparaitre ! Tant de drames, de craintes et de ruminations évitées !
    @ Patrick Z : ceux qui viennent sur notre continent dans l’espoir d’une vie meilleure sont avant tout des personnes d’un courage inouï et ce sont les politiques de notre continent qui sont responsables de la spoliation de leurs existences . Je suis en total désaccord avec votre commentaire et vos paroles me navrent .

  76. @ Martine, merci pour cette vidéo . L’intelligence des oiseaux me fascine ! En voici un qui pêche avec du pain . Il manque le début du film que j’avais déjà vu il y a quelques années : L’oiseau avait repéré à quelle moment de la journée des personnes apportaient du pain aux grands oiseaux du parc, puis il allait discretement en prélever pour appâter des poissons avec :
    https://www.youtube.com/watch?v=TlBfwu9akAI

  77. Merci à toustes (comme dit Porcinette) pour la richesse de vos posts, la qualité des liens et de votre profonde humanité. Je suis en ce moment dans le pavé de Naomi Klein. Tout peut changer !

  78. “Les théories racistes sont toujours fondées sur une vision politique des origines.” écrit Riss.

    Erreur. Ce cliche n’a jamais ete entierement correct, mais il n’est plus du tout valable aujourd’hui.

    Les theories racistes sont aujourd’hui fondees sur une vision politique de l’avenir, reel ou phantasme, et aucunement sur une ou des origines, reelles ou phantasmees.

    Le regime d’apartheid d’Afrique du Sud n’a jamais cherche a se justifier sur la base du passe, mais bien de l’avenir: Le developpement pouvant maximiser le bien-etre et l’accomplissement des noirs et des blancs etait un developpement « separe ». separe = apartheid.

    Je prefere eviter le sujet d’Israel, trop complexe pour que j’ose en parler ici, mais disons juste qu’un Israel en guerre permanente est percu par l’Europe et par les Etats-Unis comme un garant a long-terme de leur securite, trop important pour qu’ils puissent se permettrent de laisser ce pays faire la paix.

    Les Etats-Unis, pays sans doute le plus raciste tant dans sa politique interieure qu’exterieure, n’a aucune origine conceptuellement claire dans sa perception de lui-meme, et pour cause: Le genocide qui l’a fonde est encore aujourd’hui un angle mort de sa perception historique. Par contre, « l’exceptionalisme » est bel et bien un concept concerne par l’avenir. Tout comme le « choc des civilisations ».

    Ah mais me direz-vous, et les Nazis? Les « Aryens », les « grands blonds aux yeux bleus », tout ca? Et bien, ces theories bon marche n’ont jamais pese une miette pour les banques, les groupes industriels, les politiciens et les pays d’Europe et les Etats-Unis qui ont propulse les Nazis au pouvoir pour les utiliser comme rempart contre la Russie, et qui ne se sont decides a attaquer l’Allemagne, tres lentement et a contre-coeur, que lorsque la Russie etait sur le point de gagner la guerre a elle toute-seule.

    Pareil pour l’ISIL. Les jeunes drogues tout fiers de la kalachnikov qu’ils ont dans les bras font peut-etre semblant de croire a Allah, mais ceux qui leurs payent les blindes, les forment et leur donnent les renseignements militaires ne font meme pas semblant d’y croire.

    Et la France? C’est pareil. Aucune personne, bonne ou mauvaise, n’est motivee par le passe, mais bien par ce qu’il va se passer demain.

  79. @ Porcinette , c’est quoi ce site ?? Tu as lu l’article sur « trucmuche » d’Orléans « je ne suis pas Charlie  » ?

  80. Porcinette, j’ai lu il y a quelques annees bien pire encore: un « artiste » mexicain avait fait une « installation » ou un chien etait attache avec une laisse juste trop courte pour l’empecher de manger les croquettes mises dans une ecuelle. Il y a avait aussi une decoration avec des photos de nourriture pour chien. Le chien avait juste a boire, et il devait mourir petit a petit, durant la duree de « l’exposition ». Une petition mondiale a force les organisateurs a interrompre « l’oeuvre d’art » avant que le chien ne meure. Par contre, personne dans le public n’avait pris d’initiative pour sauver le chien…

  81. @Benedicte, oui, une charte, on y met ce qu’on veut… mais étant donné l’ampleur des choses à penser, ça me semble pas être le bon format. Mais pourquoi pas… pour commencer 😉
    Pour les intellectuels… notre civilisation repose sur 2500 ans de pensée et de philosophie. Ne l’oublions jamais. C’est tellement intégré, on fait tellement partie de cette manière de penser… qu’on l’oublie ! Croire que l’on pourra en sortir et cheminer vers une autre sans mobiliser les capacités de grands penseurs est pour moi illusoire. Je n’ai pas les capacités de ces penseurs. Mais comme chacun de nous, j’en ai besoins. Ce qui ne signifie pas qu’ils prennent le pouvoir. Oh, non ! Le pouvoir, c’est nous tous ! Par exemple, dans une autre civilisation, je ne vois pas comment on pourrait se passer de la démocratie… elle reste pour moi une valeur indispensable. A questionner, à améliorer… mais je ne vois pas au nom de quoi certains auraient le pouvoir sur les autres… Le problème, ce sont les travers de la démocratie représentative ! Des réflexions doivent rester possibles sur les prises de décisions moins clivantes éventuellement (par consensus)… mais comment sortir de le démocratie ? Ce n’est pas souhaitable me semble-t-il. Il ne s’agit vraiment pas de donner le pouvoir à l’intellectuel.

    Et pas de malentendu : les actions sont et restent indispensables et nécessaires. Il ne s’agit pas de s’enfermer dans des tours d’ivoire intellectuelle, non, au contraire, il faut les deux, la pensée (solide, partagée, façonnée ensemble aussi !) et l’action.
    De toute façon, l’action nous est tout simplement vitale, nous, qui sommes comme dit André Larivière des « militants viscéraux » !;-)

    Mais sans pensée, on a les éléments du patchwork sans le fil et les aiguilles, même si on peut avoir la volonté de tout relier pour en faire un bel ouvrage. Il manque les outils (intellectuels donc !).
    Mais on est bien d’accord, que ces éléments du patchwork sont beaux, précieux et indispensables ! Mais décousus les uns des autres !

    Que penserait-on d’individus décidant de faire un tel ouvrage commun mais oubliant le temps nécessaire pour coudre ensemble tous ces éléments, en se dotant des bons outils pour cela ?
    Ce ne tiendra pas ensemble par magie, c’est mon seul propos 😉

    Or, pour moi, l’enjeu est vraiment celui d’un changement de civilisation, pas seulement montrer une peu que parfois, par-ci, par-là, on peut aussi faire autrement (même si ça nous fait du bien et que c’est bien légitime)… non : le changement climatique, la crise d’extinction des espèces et l’état de l’Humanité nous obligent !

  82. Réponse rapide aux réactions suscitées par mon commentaire:

    @Jaygee, non le sort des ragondins (et des autres animaux)ne correspond pas, je vous cite, « exactement à l’histoire coloniale ».
    Mais alors pas du tout !
    Les ragondins sont exterminés, le colonialisme a été la cause de l’explosion démographique africaine.
    On est passé d’environ 100 millions (il y a un peu plus d’un siècle) à près d’un milliard d’humains.
    Ceci bien entendu au détriment des autres espèces qui n’ont plus d’espace vital et sont en voie de disparition.
    Pour nourrir cette surpopulation les écosystèmes sont détruits, les champs cultivés sont aspergés de pesticides afin d’obtenir un rendement maximum, bref on empoisonne les terres.
    Tout ceci a commencé avec la colonisation occidentale, et maintenant on continue.
    Je n’approuve donc pas du tout ce colonialisme qui s’est révélé catastrophique.
    Quant à l’esclavage il a été pratiqué dans l’Histoire non seulement par les Blancs mais aussi par les Noirs, sans oublier la traite arabe qu’on occulte beaucoup, car il n’est pas politiquement correct d’en parler.
    Vous avez visiblement l’esprit formaté par l’idéologie dominante, jusqu’à approuver les propos arrogants et insensés de Fatou Diomé qui veut imposer à l’Occident le « vivre ensemble » jusqu’à dire que c’est aux européens qui ne seront pas d’accord de partir !
    Imaginons l’inverse: une écrivaine blanche disant à une télévision africaine que les Blancs vont émigrer massivement chez eux au nom du « vivre ensemble », et que les Noirs qui ne seront pas d’accord devront partir.
    Quel scandale ça ferait, l’indignation serait générale.
    @P.P, en effet la civilisation occidentale n’est pas du tout un modèle et je suis le premier à la dénoncer, mais qui peut croire que les migrants viennent chez nous pour nous éclairer sur les méfaits de notre civilisation ?
    Evidemment non, ils espèrent au contraire en profiter, prenant l’Europe pour un Eldorado, et comme nous les encourageons à venir en ne renvoyant pas leurs bateaux ils vont continuer, n’en doutons pas !
    Parce que je dis la vérité on m’accuse de « dérapage », voilà qui est révélateur d’une soumission à l’idéologie dominante, on devrait tous suivre la même route, défendre les mêmes valeurs mortifères, sinon on dérape !

    Curieuse écologie que celle consistant à adhérer à ce que l’on appelle « la pensée unique », alors qu’au contraire il nous faut affirmer de nouvelles valeurs et récuser l’anthropocentrisme qui fait tant de mal à la planète.
    @marie poste des liens bouleversants sur la tragédie des animaux d’un zoo,victimes des guerres humaines, ça n’émeut visiblement pas grand monde, j’avais bien raison dans mon précédent commentaire de parler d’humanolâtrie.

  83. @ Patrick Z , Vous vivez sur quelle planète ?? Vos propos sont tellement dénués , à mes yeux, de sens commun , que je préfère en rester là . Au fond je vous plains de vivre avec de telles peurs et de telles rancoeurs .

    @ Fabrice, Quid des commentaires de Patrick Z ?

  84. @ Laurent Fournier, et bien non . Désolée, l’apartheid en Afrique du Sud trouve ses origines dans l’idéologie calviniste . Les hollandais débarqués dans la région au 17ème siècle avaient brandi la notion selon laquelle l’homme est prédestiné pour comparer les autochtones à des cananéens tandis qu’eux se saisissaient de la Terre promise , puis il y eut la peur de l’assimilation avec les britanniques au 19eme .Bref , je m’arrête là .
    Il y aurait beaucoup à dire sur votre commentaire , mais je suis ici sur un site dédié à l’écologie et très sincèrement , je me demande ce que font toutes ces dernières réflexions ici . Les migrants qui traversent la Méditerranée étant des victimes de la crise planétaire, je comprends tout à fait les commentaires de Jaygee et j’y adhère , cette situation me bouleverse .

    Après, les considérations sur les remises en cause historique de l’invasion Nazi , de l’apartheid Afrique du Sud ou sur le soi-disant complot israëlien , d’abord vous avez parfaitement saisi mon point de vue et ici, c’est vraiment hors sujet .

  85. @ Patrick Z , et cessez je vous prie de faire du chantage affectif avec le ragondin qui est effectivement massacré et qui n’a rien à voir avec les tristes considérations des humains sur eux-mêmes !

  86. « le colonialisme a été la cause de l’explosion démographique africaine. »

    Patrick Z, d’ou sortez-vous ca????
    ———————————-
    « Le taux de croissance de la population Europeenne a de beaucoup depasse celui de n’importe quelle population non-Europeenne durant les deux derniers siecles. La plus grande croissance de la migration Europeenne a pris place entre 1850 et 1960: Plus de 60 millions de personnes (1/5 de la population Europeenne au debut de la periode) ont emigre hors d’Europe. Entre 1750 et 1930, la population Europeenne a ete multipliee par 5.4, alors que durant la meme periode la population Asiatique a ete multipliee par 2.3 et la populationm Africaine par moins de 2. A partir de 1930, 30% de la population blanche vivait hors d’Europe. La proportion atteint 50% en 1970. Une consequence directe de cette explosion demographique de la population blanche et du mode de consommation « blanc » hegemonique est la rarefaction rapide des ressources mondiales »
    ———————————-

    Debal Deb, Beyond Developmentality, Constructing Inclusive Freedom and Sustainability. Daanish Books Delhi 2009.

    (p. 140)

    Voir aussi pour plus de details:

    McNeely, Jeffrey A., Madhav Gadgil, C. Leveque, C. Padoch and Kent Redford. 1995. « Human influences on biodiversity », in United Nations Environmental Program, Global Biodiversity Strategy, Cambridge: Cambridge University Press; 711-821

    Notez, Patrick Z., que Debal Deb ne reprend aucunement a son compte la morale punitive du malthusianisme et du neo-malthusianisme, et il developpe avant le paragraphe que j’ai cite, de nombreux arguments scientifiques demontant l’hypothese malthusianiste, mais puisque ces idees proviennent toujours d’une certaine region geographique, l’argument a tout de meme une saveur particuliere n’est-ce pas?

  87. P.P., je suis 100% d’accord. Juste un remarque: Le « changement de paradigme » on ne le voit qu’apres, lorsqu’il s’effectue, cela ressemble plutot a des mouvements epars dont on ne saisit en general pas la coherence a-priori. Mais allons-y, il faut avoir confiance les uns dans les autres!

  88. @Laurent Fournier, les chiffres sont incontestables.
    100 millions en 1900, 1 milliard aujourd’hui, soit 10 fois plus.
    http://www.realpolitik.tv/2010/02/la-demographie-africaine-dans-sa-longue-duree/

    En comparaison en France nous étions 40 millions en 1900, et 65 millions aujourd’hui, soit 1,6 fois plus.

    Oui cette explosion démographique s’explique par la colonisation occidentale, la vaccination ayant fait fortement diminuer la mortalité infantile.

    @benedicte, je vous retourne votre question: sur quelle planète vivez-vous ?

    Et je n’ai ni peurs, ni rancoeurs.
    Seulement de la lucidité, et le désir de sauver la vie sur cette planète.

  89. Bonsoir,

    @ Porcinette , c’est quoi ce site ?? Tu as lu l’article sur “trucmuche” d’Orléans “je ne suis pas Charlie ” ?

    Non! Et alors?

    Et la liberté d’expression, vous en faites quoi? Ne serait elle qu’a une vitesse? Prenez garde a ne pas imposer votre pensée unique. Vous auriez tout faux!

    Vouloir rassembler, est tout un art. Si vous rejeter tout ceuxcelles qui ne sont pas sur la même la même longueur d’onde, peu importe sur quels sujets, vous avez de fortes chances de vous retrouver a deux poilus, trois tondus. Chacun(e) malgrés les divergences, se doit de faire un pas vers l’autre, sinon, c’est râpé d’avance.

    Bien a vous,

  90. Patrick Z: Oui les chiffres sont incontestables!

    Vous evoquez la demographie dans le contexte de l’immigration, parlez-en entierement, sans selectionner les donnees ni la periode qui vous arrangent.

    Aujourd’hui 50% de la population blanche (donc de descendance europeenne) vit hors d’Europe.

    Ce n’est pas votre source, Bernard Lugan, aux methodes d’analyse imagees et simplistes (« les femmes Tutsi sont belles et donc ont moins d’enfants »… sans commentaire!!!) qui va me contredire, puisqu’il affirme que ce sont « les Francais et les Huguenots qui ont fait l’Afrique du Sud ».

    Ni moi-meme, « petit blanc » d’Inde, qui malgre quelques efforts pour etre decroissant, consomme et gaspille infiniment plus qu’un villageois de Chhattisgarh ou des Sundarbans.

    Mais personne ne me l’a reproche!!! Hormis mon ami Debal Deb, qui un jour pour me taquiner m’a traite « d’Europeen eclaire ». Ca vaut bien « Musulman modere », hein! Mais puisque lui-meme ne consomme guere plus qu’un villageois de Chhattisgarh, on peut quand meme lui pardonner bien des choses…

    @ Benedicte: Vous avez raison, mon commentaire etait trop long et un peu a la marge du sujet ici. N’en gardez que la premiere phrase! Le reste c’est a chacun de verifier et d’agir en connaissance de cause.

  91. Benedicte, sur Israel, avez-vous lu Yeshayahu Ben Aharon? Avec ses diplomes et ses competences il aurait pu vivre et enseigner n’importe ou sur la planete, mais il a choisi de vivre en Israel, « sa » terre:

    « Et sur cette « ligne de fracture sanglante », selon l’expression delicate de Samuel Huntington, nous et nos enfants, Juifs et Arabes, sommes sacrifies ».

    « La seule chose en commun aujourd’hui entre Israeliens et Palestiniens, y compris les organisations terroristes, c’est un grand « NON » du fond du coeur a un etat Palestinien. »

    « Si les Americains le voulaient, il y aurait un accord demain matin, comme chaque matin des 35 ans depuis la guerre des 6 jours, mais apparemment ils sont interesses dans un etat de guerre permanent. Ils ont encourage, de manieres variees, les massacres qui s’aggravent de jour en jour, comme en Bosnie dans les annees 90, avec pour but le « divise et regne »: Jusqu’a ce qu’une division interne de la terre d’Israel, probablement plus tard de l’Etat d’Israel lui-meme, devienne « inevitable pour des raisons humanitaires », avec nettoyage ethnique et des pro-consuls occidentaux gouvernant les indigenes, qui ne savent pas vivre en paix, comme les nations occidentales ont reussi de maniere si superbe en Bosnie ».

    https://www.academia.edu/1056459/A_Revolutionary_Son_of_a_Revolutionary

    Cette interview a Yediot A’haronot date du 28 juin 2002. Depuis, la situation n’est-elle pas encore pire?

    Yeshayahu Ben Aharon croit profondement en l’avenir d’Israel, et je crois qu’on peut au moins lui reconnaitre 1) sa sincerite et 2) qu’il sait de quoi il parle!

    D’ailleurs j’ai le sentiment la presse Israelienne a moins peur de regarder les choses en face que la presse Francaise, et aussi qu’elle est moins raciste que la presse Francaise.

  92. ce que je trouve inadmissible c’est ce silence sur les morts palestiniens! sans entrer dans le fond du probléme et savoir qui a tort ou raison il est inadmissible de voir tous ces morts et de s’imaginer que cela n’a aucune repercussion sur le reste et se sentir baillonné pour ne pas être taxé de je ne sais quelle infamie! il serait temps de trouver d’autres solutions que de taper sur des civils en faisant fonctionner le marché des armements. ras le bol!

  93. @ Laurent Fournier, concernant l’histoire d’Israël, des ashkenazes, je connais également le sujet et je ne défendrais jamais l’appropriation par la force ds terres palestiniennes . J’ai été ulcérée par les propos radicaux et les liens que j’ai pu lire et trouver hier sur le site de Fabrice . Je trouve qu’en postant cela ici, on respecte peu ses valeurs humanistes , et par ailleurs, j’ai trouvé votre commentaire sur le texte de Riss un peu désolant car il rendait un bel hommage à Bernard Marris .

  94. @ P.P , j’aimerai prendre le temps de vous répondre , mais j’ai si peu de temps à ma disposition en ce moment . Je trouve vos propos intéressants bien que j’ai un point de vue différent sur la question (merci pour le petit rappel historique 🙂 ) . Je partage l’avis de Laurent Fournier sur le fait qu’on ne voit qu’après un changement de paradigme né de mouvement épars .
    La charte des droits de l’homme a été un texte fondateur de notre constitution et constitue une référence incontournable en matière de démocratie , pourquoi celle des devoirs de l’homme serait-elle moins pertinente aujourd’hui ? C’était une des idées de Fabrice exposée sur ce blog .

  95. @Laurent Fournier,
    comme je n´ai pas lu les liens mentionnés par Bénédicte je ne peux donc rien en dire, mais je partage son avis sur le commentaire que vous avez fait au sujet de l´édito de Riss. C´est l´hommage à Bernard Maris qui m´a énormément touchée, je voulais simplement en parler ici. J´ajouterai que, tout comme Bénédicte, je n´approuve pas non plus « l´appropriation par la force des terres palestiniennes » et que je suis d´accord avec Riss lorsqu´il écrit que les « théories racistes sont toujours fondées sur une vision politique des origines », une vision certes indissociable du présent et bien sûr de l´avenir.

  96. Benedicte, vous ne defendez pas l’appropriation par la force des terres Palestiniennes, ni moi, ni aucun lecteur de Planete sans Visa je pense, ni Ben Aharon! Vous n’est pas obligee de lire l’interview, ni personne.

    L’editorial de Riss sur le livre de Bernard Maris est bien sympathique, et il m’a semble suffisament en phase avec des liens et des choses que j’ai postees, ou approuvees, ici de maniere repetee (sur la necessite d’etre « ancre », de s’aimer soi-meme pour etre capable d’aimer autrui, sur le fait que l’identite n’est pas une insulte mais peut-etre au contraire la cle pour lutter contre son propre racisme interieur, d’ou mon appreciation des efforts de Finkielkraut en ce sens, de « la sagesse de l’amour » a « l’identite malheureuse » en passant par « la defaite de la pensee », mais aussi ma grande admiration pour les idees de Ranciere et Badiou sur « le racisme d’en haut », etc.) pour n’avoir pas besoin de le souligner, mais peut-etre aurais-je du le faire, donc je le fais: Il faut aimer la France? Oui, mille fois oui! Il faut aimer l’endroit ou l’on vit, avant toute chose. A partir de la, on peut aimer et aider autrui.

    Et cela nous ramene a ma critique de l’editorial de Riss: Aujourd’hui le racisme n’est plus genetique mais geographique. Ce qui determine notre qualite de « chair a canon » ce n’est plus tellement d’avoir certains genes ou d’avoir une certaine religion, mais c’est cela: Le fait de vivre quelquepart.

    Tout, dans les nouvelles quotidiennes de la guerre occidentale au moyen-orient et ailleurs confirme ce fait. Les Europeens doivent accorder leurs theories avec ce fait, meme s’ils ne se sentent pas encore trop touches pour le moment. Car ils ont une responsabilite directe dans ces guerres, et il n’est pas bon de se priver des moyens de les penser. Ce ne sont pas les theories du XIX siecle qui peuvent leur, et nous, venir en aide.

  97. Bénédicte, comment ne pas voir que l’islamophobie en France et en Europe est le miroir de la haine de l’Europe pour le Moyen-Orient ? L’Europe hait l’ISIL, mais hait tout autant l’état Irakien, qu’elle n’aide pas et pour lequel elle n’exprime que du mépris. Elle hait les musulmans, mais elle hait tout autant le parti Baas et elle se méfie depuis toujours des chrétiens d’Orient, qu’elle n’aide que lorsqu’ils deviennent terroristes, comme durant l’épisode malheureux de la soi-disant « armée du Liban Sud ». Elle a détruit la Libye, pays le moins densément peuplé de la région et le plus riche d’Afrique, et refuse l’asile aux refugiés de la guerre qu’elle continue d’entretenir dans ce pays. Ce ne sont aucunement des refugiés économiques, ni environnementaux, ni même politiques : Ces gens qui meurent en Méditerranée sont des refugiés du terrorisme mis en place en Libye par le couple Sarkozy-Cameron.

    L’Europe n’a pas d’amis au Moyen-Orient, elle n’y a que des alliés militaires : Le couple Israël-Arabie Saoudite, L’ISIL, Al-Nusra et la galaxie des « rebelles modérés », et puis tous les états qui gravitent autour, contre le sentiment de leur population, parce que leur élite a le sentiment d’y être obligée ou d’y avoir intérêt : Turquie, Jordanie, Egypte, Quatar, etc. Tous ces pays sont d’ores et déjà dirigés de fait par des « pro-consuls » occidentaux comme dit Ben Aharon, ce sont de fait des bases militaires américaines, pas seulement Israël. Mais il est trop facile d’accuser les Américains, l’Europe joue en fait un rôle de premier plan, en Libye, en Syrie, en Iran (ou plutôt « contre » l’Iran)…

    L’Europe est la première puissance terroriste aujourd’hui. Et les citoyens Européens n’ont même pas l’excuse, au contraire des Saoudiens, des Jordaniens, des Qatari, des Libyens, de n’avoir pas élu leur gouvernements !

    Je ne parle pas des initiatives formidables, courageuses, de citoyen à citoyen, comme Christophe Oberlin et de tant d’autres !

    Les citoyens Européens doivent reprendre le pouvoir et empêcher leurs gouvernements de continuer à utiliser le terrorisme comme un moyen d’action géopolitique.

    Si quelqu’un cite un Israélien, on lui oppose les massacres de Palestiniens. Mais si l’on cite un Palestinien, on lui oppose le « droit a la liberté d’expression » (fameuse trouvaille !), le « droit des femmes » (version Femen), etc. Nos medias se complaisent dans des abstractions, véritables épouvantails émotionnels destinés à exacerber l’hystérie et l’agressivité, alors que nos gouvernements ne livrent et ne vendent que des armes, ne s’associent qu’avec les régimes les plus rétrogrades, organise en sous-main le nettoyage ethnique et les génocides de la région, de l’Irak à la Syrie en passant par le Yémen.

    Un jour Israël réussira sa transformation à la Sud-Africaine, et le couple Iran-Israël, les deux pays au plus fort potentiel culturel de la région*, deviendra la locomotive, l’équivalent pour le Moyen-Orient du couple France-Allemagne en Europe.

    Cela finira par arriver de toute façon, et il serait bon pour nous tous que l’Europe arrête de se raidir devant ce futur prévisible, s’apaise intérieurement et extérieurement, et retrouve un peu d’humilité.

    Bien sur pour cela il faut lire un peu au-delà de « Le Monde » et « Libération », qui oblitèrent des pans entiers des événements. Lire les media alternatifs, et aussi la presse étrangère, qui permet d’avoir sur soi-même un regard différent et de compléter sa perception des choses.

    *Regardez ne serait-ce que le nombre de publications scientifiques : Les premiers sont les Iraniens, suivis de près par les Israéliens.

  98. Une petite remarque amusée sur ce qu´on appelle le couple franco-allemand, un des grands mythes de l´histoire moderne, un mensonge grossier : un couple, ce sont deux conjoints qui sont d´accord pour le former. Or, si ce fut peut-être un temps le cas, ce n´est plus vrai depuis longtemps. L´Allemagne est pour ainsi dire inféodée aux Etats-Unis, sans leur fric elle n´existerait peut-être plus (pardon d´être aussi crûe, mais je me dis parfois que ce ne serait peut-être pas plus mal!!!). C´est pour cette raison qu´elle a toujours préféré, et c´est encore valable aujourd´hui, une alliance avec l´Amérique. De par leur conception du monde, les Allemands se sentent beaucoup plus proches des Américains que des Français. Ils travaillent d´ailleurs d´arrache-pied à la mise en place du traité scélérat du marché transatlantique (TAFTA), qui signera défínitivement la soumission politique et commerciale absolue de l´Europe face à Washington. Et face à Berlin par la même occasion. On n´est jamais mieux servi que par soi-même.
    Le couple franco-allemand n´est qu´un leurre, une hypocrisie soigneusement entretenue par le monde politique teuton, de la poudre aux yeux. L´Allemagne a toujours eu une forte propension à la domination, elle continue dans cette tradition en écrasant le reste de l´Europe de sa puissance économique. Construite, ceci dit en passant, sur une paupérisation dramatique d´une partie de la population. 16% de pauvres dans le pays !

  99. @ Laurent Fournier , j’ai très peu de temps aujourd’hui et demain , mais j’en prendrais jeudi pour aller sur le lien que vous avez transmis . Je ne suis pas d’accord avec tout ce que vous affirmez , nous avons tous nos idées pré-conçues quand bien même elles seraient des synthèses étayées par nos lectures , nos expériences et nos réflexions .

  100. Benedicte, au plaisir de vous lire jeudi ou plus tard! C’est vrai que le sujet est un peu a la marge de Planete sans Visa (et il est difficile de faire court parceque le sujet est tellement piege) mais lui est quand meme tres lie, ne serait-ce que parcequ’il est trop facile de qualifier de « victimes environementales » des victimes de guerre, ou « victimes de notre passivite » des « victimes de notre activisme forcene »!

    Une note qui va dans le meme sens que ce qui precede, sur le soi-disant « refus de hierachie entre les victimes »:

    Un citoyen(ne) Francais(e), dont le gouvernement se targue d’agir en son nom (puisque qu’il a ete elu) peut-il vraiment considerer d’un oeil egal, mettre exactement sur le meme plan les 100,000 victimes Libyennes des bombardements Franco-Britanniques (zero mort chez les soldats Franco-Britanniques) et les 5,000 victimes Palestiniennes de la derniere attaque contre Gaza (60 morts chez les soldats Israeliens)?

    Un politicien qu’aucun Francais ne considere comme un extremiste dangereux ni comme un fasciste, Monsieur Francois Fillon, vient de declarer que les 100,000 morts Libyens avaient ete tues de facon « morale ». Moi ce mot me reste en travers de la gorge! On attend encore les denonciations scandalisees, les demandes d’excuses publiques. Je ne parle meme pas d’une commission d’enquete ni de proces contre Sarkozy et Cameron pour crimes de guerre, ou de reparations de guerre!

    N’y a-il pas une hierarchie claire entre les victimes? Mes victimes ne devraient-elles pas etre au sommet de mes priorites, avant les victimes d’autrui?

    Mais non, on parle maintenant de bombarder les bateaux.

    Voila pourquoi les phrases a l’emporte-piece sur les « despotes orientaux », lorsqu’elles sont emises par un europeen, me sont difficiles a supporter. Mais oui, j’aime la France, car j’y suis ne, et je ne cache jamais, meme si c’est parfois difficile, que je suis Francais.

  101. @ Laurent Fournier, je cours toujours après le temps, mais je voulais tout de même prendre celui de vous répondre . Vous citez beaucoup de faits géo-politiques et , à mon sens, vous en tirez des conclusions de type trop généraliste . Dire que l’Europe ou la France sont islamophobes, ce serait un peu , comme dans un autre registre, faire chanter « à pleine voix » pour reprendre les sympathiques Vian et Salavador : « Nos ancêtres les gaulois. » à tous les français . De quelle France, de quelle Europe parlez vous ? Et surtout celles de quelles origines? car la France est multiple et pas uniquement d’origine « chrétienne », expression qui ne veut RIEN dire d’ailleurs .
    Comment affirmer à l’heure actuelle que la France n’a que des alliés militaires dans le monde arabe qui comprend tellement de régions et d’entités différentes et dont tant de français sont issus ? Il ya des liens culturels, économiques, historiques et ce depuis l’antiquité . Et contrairement à ce qui a pu être dit sur le 11 Janvier, y compris dans les campagnes, les gens ont manifesté cote à cote et quelques soient leurs origines contre la barbarie . Je n’étais pas à Paris, mais en province avec des amis musulmans, athés, chrétiens, boudistes et juifs et mes amis musulmans étaient réellement écoeurés que leur religion est pu être récupérée pour de tels actes , y compris à Paris dans des instances plus importantes . L’Europe , d’origines multiples a des liens forts et anciens avec le monde arabe . Sa politique colonialiste du passé a été très néfaste mais n’a pas supprimé ces liens .

  102. Bonjour Benedicte, je suis bien d’accord.

    Moi aussi j’ai marche dans la rue le 11 janvier, en fait la marche dans ma ville c’est decidee le 10, a l’initiative d’un copain et de moi.

    http://groundreportindia.org/monthly/2015/01/

    C’est un peu ma famille qui a ete assassinee le 7 janvier. Lorsque j’ai vu sur le site web du ministere des affaires etrangeres la photo de la minute de silence au quartier general de l’OTAN, j’ai pense a Cabu, et aujourd’hui je ne le digere toujours pas.

    Il me semble que Luz a une grande finesse, par exemple lorsqu’il a dit « vous etes Charlie? Prouvez-le! » et aussi dans des dessins recents.

    Le pire serait de dire « je suis Charlie » et de ne rien faire pour l’etre.

    C’est en ayant dessine une cible avec marque dessus « je suis musulman » avec des crayons de couleur que j’etais Charlie le 11 janvier. Pauvre symbole, certes, mais au fond pas pire que de porter un slogan uniforme et photocopie, et qui m’a paru indispensable pour preciser que si j’etais Charlie, je n’etais absolument pas l’OTAN.

    Bien a vous,

  103. @ Laurent Fournier 🙂 .
    En guise de conclusion, je dirai que l’Europe me parait plutôt Sinophobe . Quand j’étais enfant, on disait « Quand la Chine s’éveillera » . Depuis, je n’ai quasiment entendu parler dans les médias de masse que des mouvements économiques et politiques en Chine, éventuellement de sa géographie beaucoup plus rarement de sa culture . Le peuple chinois , ses richesses et ses souffrances semblent être masqués par le rideau de nos peurs . Plus largement , « La communauté asiatique » en France qui réunit tellement d’entités différentes, est évoquée au nouvel an chinois , et à part à travers Bollywood , l’actualité concernant la maltraitance des femmes ou l’image édulcorée de Gandhi, l’Inde est inexistante . C’est assez incroyable quand on y pense .

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