Madame Royal en monsieur (presque) Loyal

C’est dur, mais je me sens obligé d’ajouter un mot à mon premier envoi du jour sur le froid. Je découvre avec intérêt, mais sans surprise hélas, le propos de Ségolène Royal à l’endroit du rapport sur la croissance remis par Jacques Attali au président Sarkozy. Je le redis ici, à mes yeux, Attali est un pitre doublé d’un paltoquet (fabrice-nicolino.com). Son objectif unique, misant sur la destruction accélérée, est de parvenir à hisser la croissance à 5 % par an en France. Les conséquences ? Quelles conséquences ?

La suite est adressée à ceux qui misent sur le parti socialiste dans les années à venir. Pardonnez si je ne ris pas, j’ai les lèvres gercées depuis des décennies. Ségolène Royal a dit tout le bien qu’elle pensait d’Attali et de son travail au service de la déréliction. Je ne commente pas, lisez si le coeur ne vous vient pas au bord des lèvres (afp.google.com). En tout cas, ne comptez pas sur moi les jours d’élection, car vous seriez déçu. Et pas la peine de m’engueuler, car j’assume sans état d’âme.

Je ne vote pas.

22 réflexions au sujet de « Madame Royal en monsieur (presque) Loyal »

  1. Bah oui, mais là, non ! Même si c’est magistralement de la bouffonerie, et je suis d’accord, même si la démocratie n’est que clownerie chez nous, ne serait-ce que parce qu’on peut toujours tomber sur pire . Et je suis quasi convaincue que dans un avenir pas si lointain, cette possibilité se précisera . Et j’aurais été moins inquiète le jour des élections de voir madame au balcon que nimbus !

  2. Bon, je crois qu’on avait compris que vous étiez un anar dans l’âme… Mais ça n’empêche, ne pas voter, c’est parfois faire le jeu de la droite économique profondément anti-écolo. Je ne sais pas mais je crois que je préfère largement donner ma voix à un Besancenot (le seul à oser parler de décroissance) ou à un Noël Mamère (pas Voynet…) que de ne rien voter tout en sachant que mon abstention favorise le jeu de ceux qui sont profondément contre la nature.

    Après, un bulletin dans l’urne ça n’est pas un chèque en blanc, ça n’empêche pas de critiquer ensuite et ça ne veut pas dire qu’on est d’accord avec tout. Mais quand même, tendre, par le politique, à travers la démocratie, vers une société plus égalitaire, vers un monde modéré qui change ses valeurs, ça me paraît bien mieux que par les armes et le sang.

    Cela dit, Ségo… on est d’accord.

  3. C’est comme le tabac. Depuis longtemps, je fais des tentatives pour arrêter de voter, mais bon sang, à chaque élection, c’est plus fort que moi, je replonge. Je veux y croire, juste un instant, juste ce petit plaisir, croire qu’on peut changer quelque chose, difficile de résister… Comme une clope.
    Et puis, le lendemain de l’élection, le goût amer, comment ai-je pu oublier la règle de base de Coluche : si les élections pouvaient changer les choses, ce serait interdit ! Le lendemain, c’est comme quand on a trop fumé la veille, on se dit qu’on a été con, qu’on s’est laissé bêtement embarqué.
    Mais bon, c’est promis, au prochain scrutin, j’arrête !
    En plus, au vu de la suite donnée au référendum sur le traité européen, je vais être très motivé pour cesser définitivement de participer à cet opium du peuple version pseudo-démocratie libérale !
    (c’est vrai que sur ce coup là, ils nous auraient appelés ‘gros cons’ dès le début, on aurait gagné du temps, non ?)

  4. Des analyses très troublantes sur la comparaison des dictatures et des démocraties (je ne pourrais plus dire où j’ai lu ça) montraient que, dans les effets concrets (pas dans les principes bien sûr) les démocraties, insidieusement parce que légitimement, pouvaient s’avérer bien plus terribles… On est cernés, sommés de choisir entre la peste et le choléra. Nauséabond, c’est sûr.

  5. ok, mais..nous serions chinois ou colombiens, cette discussion n’aurait pas lieu et Fabrice casserait très certainement des cailloux quelques part . charibe ou Sylla , et même j’ai envie de dire Sodome ou Gomorre ! Oui, chaque fois que je vote, j’ai l’impression qu’on se fout de ma gueule . Mais même si Lepen n’existe plus dans les sondages, je ne veux pas revivre la désagréable impression que j’ai eu lors de l’excellent score du front, j’ai revoté à cause de ces parasites d’ailleurs . N’oublions pas que ces gens grimpent avec les crises .Et puis, en tant que femme, il ya à peine cinquante ans, je n’aurais pas pu voter en France . Avec son fichu caractère, si je n’y allais pas , ma grand-mère serait fichu de sortir de son repos pour venir me botter le derrière pendant mon sommeil !

  6. voter pour nos bourreaux, eh puis quoi encore !
    Le cycloécolo ne vote plus, et sans scrupule.
    Cela ne m’empêche pas de l’ouvrir partout et tout le temps, d’agir et de surtout résister.

    à propos du froid… je circule tout le temps à vélo et c’est vrai qu’il y a longtemps que je n’ai pas eu vraiment froid sur mon clou. Les temps changent !

  7. j’ai vanné hier de 10 heures à 13 heures dehors, (sous un abri), j’avais les mains et les pieds gelés (image), et j’étais bien contente de retrouver la chaleur du dedans , et déjeuner les pieds sur le radiateur ! Mais il est vrai que le sureau et les rosiers sont en train de débourrer….j’habite au sud de Bordeaux.

  8. Bah, ce n’est pas la première (ni la dernière, hélas) que Ségo est à mi-chemin entre le ridicule et le dangereux. Cela dit, je suis d’accord avec Bénédicte et Sandro, même si c’est sans aucune illusion.

  9. Cher Sandro,

    Je me permets de rectifier, sur deux points. Un, je ne suis pas anar dans l’âme. C’est autre chose, mais je ne l’expliquerai pas ici, en tout cas pas aujourd’hui. Et deux, où avez-vous pris que je prêcherais l’appel aux armes et au sang ? J’en suis fort loin, si cela peut vous rassurer si peu que ce soit. Tout de même : la seule alternative serait entre cette manière-là de faire de la politique, ou bien le chaos total ?
    Je dois bien convenir que je pense à autre chose.

    Fabrice Nicolino

  10. quel serait cette troisième voie. Dites nous en plus Fabrice
    @ Bénédicte : merci de ta réponse très gentille (alors qu’à la relecture mes propos étaient assez durs) et de ces éclaircissements. J’approuve ce que vous faites et j’aimerai avoir ce niveau de conscience et d’action. En fait, je voudrais me bouger vraiment mais je suis perdue, je crois bien…

  11. 0 Suzan, perdu…qui ne l’est pas dans ce monde fou et barbare ? je suis frustrée chaque jour jusqu’à la nausée de voir, d’entendre que l’on meurt en masse pour des raisons d’inégalités et de rapacités , et que je n’y peux pas grand chose . mais ce que je peux faire, la goutte d’eau, la part du collibri, je le fais . ca ne m’apaise pas, je l’avoue . J’espère que nous ferons boule de neige . Vivre équitablement, réduire sa consomation d’énergie, grise aussi, donner ce qu’on peut en fonction de ce qu’on est, recréer du lien , de “l’humain” relié à la terre . Et respirer la nature, s’y ressourcer dès que l’on peut . Après je ne sais pas .

  12. voici une dépêche que je découvre aujourd’hui. J’ai cru à une blague mais ça a l’air sérieux.

    P – Dimanche 27 janvier, 18h22
    WASHINGTON (AFP) – Un satellite espion américain est sur le point de s’écraser sur Terre, suscitant des inquiétudes sur une possible pollution de l’atmosphère ou du lieu d’impact, renforcées par l’épais mystère ayant toujours entouré ce programme depuis sa conception.

    Le Pentagone a confirmé dimanche que le satellite était en train de quitter son orbite. “Le département de la Défense suit actuellement la situation”, a indiqué le lieutenant-colonel Karen Finn.

    Mme Finn a refusé de commenter l’éventuelle présence de substances toxiques à bord du satellite, évoquée par la presse américaine. Elle n’a pas non plus souhaiter préciser le type du satellite avarié.

    Les Etats-Unis disposent du réseau de satellites espions le plus dense au monde. Il leur permet de mener une guerre d’un nouveau type, renonçant au tapis de bombes qui a longtemps caractérisé leur stratégie militaire pour des frappes chirurgicales d’objectifs définis au décimètre près depuis l’espace.

    Les caractéristiques de ces satellites, dont le prix unitaire dépasse le milliard de dollars, sont couvertes par le secret d’Etat. Certains sont dotés d’un télescope optique, d’autres d’un radar. Certains fonctionnent en paire, ce qui permet de reconstituer des images en relief des zones observées.

    Pour répondre aux besoins des militaires, les satellites espions sont amenés à faire de fréquentes corrections d’orbite. Cette exigence implique que leurs satellites disposent de réserve d’énergie plus importantes que la plupart des autres engins qui sillonnent l’espace au dessus de la Terre.

    L’hydrazine, une substance chimique hautement toxique, est le carburant de choix pour les moteurs de satellites “classiques”. Cette substance irritante attaque le système nerveux central et peut être mortelle à forte dose. Heureusement, note l’agence française de sécurité INERIS dans un rapport, elle se dégrade rapidement sous l’effet de la chaleur et des rayons ultra-violets.

    Le nucléaire est une autre option utilisée pour la propulsion des satellites, avec des piles fonctionnant au plutonium ou à l’uranium enrichi.

    Cette technologie est normalement utilisée pour des sondes amenées à s’éloigner de la Terre, alors que les satellites espions sont positionnés en orbite basse, pour pouvoir capter un maximum de détails.

    Mais le recours au nucléaire permettrait d’augmenter la manoeuvrabilité et de prolonger la durée de vie d’un satellite espion, ce qui ne pas un mince argument au vu du coût très élevé de ce type d’équipement.

    En janvier, 1978, un satellite espion russe (Cosmos 954), mu par un réacteur nucléaire, s’était écrasé dans les immensités désertiques du grand Nord canadien.

    Un de ses successeurs, Cosmos 1402, s’était désintégré dans l’atmosphère en février 1983 au dessus de l’océan Indien, mais des traces de son plutonium avaient été détectées jusque que dans la neige tombée sur l’Arkansas (sud des Etats-Unis).

    “De nombreux satellites sont sortis de leur orbite au cours des années précédentes et sont tombés sans causer de dommage. Nous envisageons toutes les options pour pallier les éventuels dégâts que (sa chute) pourrait causer”, avait indiqué samedi le porte-parole du Conseil national de sécurité de la Maison Blanche, Gordon Johndroe, dans un courriel à l’AFP.

  13. Monsieur Nicolino,

    Mon raccourci entre démocratie et bain de sang était peut-être un peu rapide, je vous le concède.

    Mais alors, si ce n’est par le pouvoir politique, comment pourra-t-on changer les choses?? Comment amener cette révolution du vivant que vous appellez de vos voeux?

  14. Sandro,

    Par pitié, pas de Monsieur Nicolino ! De quoi j’ai l’air ? Pour le reste, la réponse est d’une telle complexité que je la cherche en permanence. Je vous renvoie, pour réflexion, à un texte que j’ai écrit le 20 octobre sur ce blog, Le temps, c’est long.

    http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=103

    Ce n’est pas ce que vous souhaitez, je le crains, mais enfin, c’est un point de vue. Le mien. Bien à vous,

    Fabrice Nicolino

  15. @ fabrice, j’aime bien ta comparaison entre l’émanation d’une idée humaine et son exploitation avec la lumière des étoiles nous parvenant longtemps après les morts de ces dernières . et comme le souligne Suzan, on a mis en orbite tellement de satellites entre les étoiles et nous qu’elles sont de moins en moins accessibles : aujourd’hui, les astronautes risques davantage leurs vies en passant entre ces satellites pour atteindre le vide inter-siderale ! Ou je veux en venir ? L’accès aux “bonnes” idées me semblent encore moins évident pour les hommes qui ont mis entre elles et eux plus d’un milliards d’objets inutiles auxquels ils songent cependant tout les jours : vivre pour consommer !
    et pourtant, “docteur folmamour” , “duel dans le pacifique”, et des romans comme “les raisins de la colère “, les avertissements ne manquent pas .
    le premier pas consiste en effet en une véritable rupture avec ces systèmes . ce n’est pas simple, je le concède, mais bien nécessaire .

  16. Euh…franchement, elle est où la surprise dans la réaction de Royal ?
    Moi je vois pas.

    Et le PS, c’est bien le parti qui va aider Sarkozy à réussir son coup d’État le 4 février prochain ? Mais si, vous savez, la modification de la Constitution nécessaire à la ratification du traité de Lisbonne. Ce traité que par antiphrase on a surnommé traité simplifié. Ce traité qui n’est rien d’autre que le jumeau honteux de celui rejeté par les Français lors du référendum de 2005.
    Comme les Français avaient alors voté Non, leurs “représentants”, prétendus mandataires de la souveraineté populaire, celle qui fonde la République, puisque les Français avaient dit Non, donc, leurs “représentants” vont dire oui.
    Avec Royal en bonne place, puisqu’elle approuve la démarche, après avoir déclaré lors de sa campagne présidentielle que tout nouveau traité européen devrait être soumis à référendum.

    Bref, et sans doute est-ce la magie de l’ouverture, Sarkozy conduit la vilenie du coup d’État, et le PS se range à ses côtés. Car leur histoire d’abstention, aux socialistes de salon, c’est rien d’autre que du pipeau à pigeons.
    La vérité, c’est que si le PS avait décidé de dire Non, Sarkozy l’avait profond.

    Alors après, attendre du PS en général et de Royal en particulier qu’ils mènent les combats politiques durs, indispensables à la sauvegarde de notre planète, franchement…

  17. Vu que le PS ne méne pas de combats faute de tension interne du troupeau d’éléphants, de manque d’idées ou autre, ils ont décidés d’acheter le magnifique chapeau de François Mitterand à un prix exorbitant, c’est la seule manière qu’ils ont eu pour faire parler d’eux hier. A mon humble avis, n’importe quel partie devrait donner cet argent pour le logement ou des dons au Resto du Coeur ou autre, plûtot que d’investir dans un feutre qui va finir dans une vitrine

    No comment

  18. Rapport Attali : le PS dénonce “une régression sociale” à peu près dans tous les médias. Cela me paraît assez clair, non?
    Quant à Ségolène, je ne sais pas si j’ai vraiment mal lu ses déclarations en recevant ce ” ramasse-poussière” selon les termes de François Hollande; mais il me semble qu’elle énonce des platitudes du genre ” je l’ai pas lu mais je le lirai avec intérêt, c’est sûrement un texte plein de bonnes choses”. Bon, ça mange pas de pain et ça permet de doubler médiatiquement les autres prétendants à la tête du parti.
    Quant au fait qu’Attali soit une buse doublée d’un cuistre qui tente d’exister encore un peu en servant tous les maîtres, n’en doutons pas.

  19. C’est la première fois que j’interviens sur ce blog, que je consulte quotidiennement, sans éprouver le besoin de commenter, tant je ressens d’accord sincère avec ce qui s’y exprime.
    Or, là, peut-être, sans doute, parce que je travaille dans une institution politique (un conseil régional), je suis en désaccord avec le refus de vote… tout en en comprenant les raisons.
    On est(je suis) parfois saisie de désespoir rageur, de tentation de découragement, devant le décalage entre l’urgence écologique, pour faire court, et l’absence de prise de conscience des responsables ou des services. Et souvent la colère est encore plus grande quant je vois les leviers qui pourraient être utilisés et ne le sont pas.
    Et pourtant, je suis persuadée qu’il faut partir du monde tel qu’il est, pour essayer d’influer, chacun où on est, à la (trop) faible mesure de ses moyens.
    C’est souvent decevant, et puis parfois, de petites satisfactions, la région où je suis n’accordant pas de réduction pour les cartes grises des voitures flexfuel, par ex… ou une collègue qui vient me dire : “tu sais, je viens de refuser que mon mari m’achète un 4X4, en fin de compte, on n’en a pas besoin” (histoire vécue).
    C’est peut-être infime, je sais que c’est insuffisant mais ça me redonne le moral pour continuer, et j’ai l’impression de ne pas rien faire.
    En espérant que l’effet boule de neige jouera, ayant constaté que le “tout ou rien” donnait souvent… rien.
    Et puis, je me répète souvent que les seuls combats perdus d’avance sont ceux qu’on ne mène pas.
    Et voilà, pour finir, bon courage à tous, et à vous, Fabrice, merci de ce blog.

  20. Oui, bien d’accord avec vous sur le fait qu’il faut distinguer les terrains, sachant qu’il y en a sur lesquels on est bien obligé de transiger, ce qui n’empêche pas d’être plus exigeant dans d’autres, le “tout ou rien” étant, en effet, voué à l’échec.

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