Les lobbyistes sont là

Amis et lecteurs de Planète sans visa, il me semble qu’il faut serrer les dents et se concentrer sur ce qui compte vraiment. Le Grand Appel des Coquelicots est d’ores et déjà un magnifique succès (https://nousvoulonsdescoquelicots.org), mais il se heurte comme de juste au lobby des pesticides. Dans le nouveau livre (Nous voulons des coquelicots, LLL) que nous consacrons aux pesticides, François Veillerette et moi-même montrons à quel point il est organisé, et dangereux. D’autant plus dangereux qu’il est blessé, et sur la défensive. Je vous conjure de faire face, sans surenchère, mais sans faiblir un instant. Lisez donc la suite.

 

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Un lecteur vient de m’envoyer ceci :

de Sylvain,

coucou Fabrice.

Bravo pour ton appel que je signe et partage autour de moi.

En parallèle je discute (sur FB) avec des personnes qui remettent en cause la pertinence de cette appel, en particulier sur 3 points :
1/ Ton appel visent uniquement les pesticides de synthèse. Quid des pesticides “bio” qui semblent eux aussi être dangereux pour l’environnement.
2/ Beaucoup me ressorte l’argument que tout est poison et que c’est la dose qui fait que quelque chose n’est pas poison.
3/ Pas de pesticide ? OK mais alors comment va t-on nourrir la planète ? Sur ce point, je leurs sors les arguments de Marc Dufumier, mais ça n’a pas l’air de les convaincre.

Ainsi, je me retrouve le cul entre 2 chaises :
_D’abord l’envie de défendre mordicus le contenu de cet appel mais avec un manque cruel d’arguments pour le faire n’étant pas spécialiste du sujet.
_et le sentiment un peu coupable de penser que parmi les arguments brandis par les détracteurs de l’appel il y a peut être de choses vraies.

3 exemples d’articles que j’ai reçu, et qui, j’avoue, peuvent un peu faire vaciller les convictions que j’ai et qui sont porté par ton appel :
http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2613

https://www.agriculture-environnement.fr/2014/01/23/jardinage-bio-et-pesticides915

http://www.forumphyto.fr/2016/11/30/alimentation-10-000-fois-plus-de-pesticides-naturels-que-de-residus-de-pesticides-de-synthese/

Salut à toi 🙂


Ma réponse,

Cher Sylvain,

Tu perds hélas ton temps et ton énergie, car ces arguments circulent en boucle à l’initiative directe ou indirecte du lobby. Il faut comprendre comment cela fonctionne. Ce lobby dispose de fonds sans limite ou presque et appointe un nombre x de faux débatteurs – à mon sens et pour l’heure entre 15 et 20 personnes – qui écument les réseaux sociaux et organisent des « dialogues » à la manière dont une araignée – dieu que j’aime pourtant cet animal – dialogue avec ses proies. Le tout est fortement documenté, ainsi qu’on a pu voir en septembre 2017 dans le journal Le Monde, qui décrivait les coulisses des Monsanto Papers.

Cette firme agrochimique entretient un authentique cabinet noir qui organise la ruine de la réputation des scientifiques – et des journalistes – qui lui déplaisent. Et fait endosser par des scientifiques corrompus – oui, cela existe aussi – des articles rédigés en fait par ses services commerciaux. Il est temps d’ouvrir les yeux en grand. On ne peut dire abstraitement que l’industrie des pesticides est devenue criminelle. Il faut aussi apprendre ensemble à considérer ses manœuvres concrètes.

Je vais vous donner un exemple concret. Un certain Emmanuel Grenier tweete sans jamais s’arrêter des messages comme : « Article hallucinant de #Nicolino dans @Charlie_hebdo Il demande carrément de mettre fin à l’indépendance des scientifiques de l’Anses_fr. Il veut que les scientifiques obéissent à Macron. C’est plus Nicolino, c’est Nicolyssenko ».

Bon, c’est grotesque, mais le sieur s’adresse à son camp rétréci et entend mobiliser ses maigres troupes. Il ne s’agit jamais que de disqualifier. Ainsi, ce n’est pas Nicolino qui signe le papier sur l’Anses de cette semaine, mais Charlie tout entier. L’article ne vise pas « les scientifiques », fussent-ils de l’Anses, mais son directeur Roger Genet, accusé d’être un militant propesticides. Quant à obéir à Macron, hum ?

C’est grotesque, mais éclairant. Car Grenier – et tous ses compères, comme Rivière-Weckstein – appartient à un groupe très identifié de lobbyistes professionnels. Admirateurs sans complexe des nitrates, du nucléaire, des pesticides, négateurs jusques et y compris du trou dans la couche d’ozone. Grenier a été l’une des chevilles ouvrières de l’« Institut de l’Environnement », créé en 1999 pour réhabiliter les nitrates. À l’initiative de très gros de l’agro-industrie bretonne, comme Doux, Gourvennec ou Bernard Salaison. Cet « Institut » a même organisé au Sénat un colloque – les 13 et 14 novembre 2000 – pour réhabiliter les pauvres nitrates. Parmi les contributeurs, Emmanuel Grenier, qui signait une intervention mêlant l’interdiction du DDT, le plomb, la couche d’ozone, l’arrêt de Superphénix, et un sombre complot. Et Grenier était, aux dernières nouvelles, le trésorier de l’Association des journalistes de l’environnement (http://aje-environnement.org/presentation-2). Pas mal, non ?

Si vous voulez en savoir plus et diffuser, lisez donc cela

et vous m’en direz des nouvelles. Et voyez plutôt d’où viennent ces si graves gens : La préhistoire de messieurs Grenier et Rivière-Weckstein.

38 réflexions au sujet de « Les lobbyistes sont là »

  1. belle envolé Mr Nicolino et surtout belle langue de bois…….3 questions (disont 2 car la 3 éme est un peut farfelus bien que pas vide de sens…) et 0 réponses !! Sylvain vas etre bien aidé avec ca pour argumenter…
    cordialement

    1. Les lobbyistes essaient d’entraîner vers au un autre débat, qui n’aura pas lieu avec moi. j’ai écrit deux livres sur le sujet, signé des dizaines d’articles, et l’Appel est là, qui veut sauver le vivant, les oiseaux, la santé. Le reste n’est que diversion.

      Fabrice Nicolino

  2. Problématique

    Comment prendre la parole et fédérer des alliés de manière positive dans un contexte hypersensible de diabolisation des pesticides ?
    La réponse de l’agence depuis 2005

    Faire de l’UIPP un acteur connu, crédible et incontournable du débat public autour des pesticides.

    Temps 1 : Consolider les preuves

    Temps 2 : Nourrir le débat – Former

    Temps 3 : Progresser et Fédérer
    Réalisations

    Création de comités d’experts et rédaction de monographies sur l’Utilité/Santé/Environnement des pesticides
    Communication : campagnes presse, présence au SIA (Salon International de l’Agriculture), plateforme web…
    Actions RP : bureau presse permanent, réactions systématiques, rdv one to one, points presse…
    Veille et influence média sociaux (dont CM)
    Plan de formation salariés : « Tous Ambassadeurs », « La Semaine de l’UIPP », Mediatrainings « débat hostile »
    Stratégie d’alliés : Campagne de prévention du risque utilisateur, Colloques, Projet d’avenir agricole

    Source : https://web.archive.org/web/20170111204857/http://www.agence-albert.fr/portfolio/uipp/

  3. 14 septembre 2018 à 11:21

    Moi ce que je préfère dans le journal Le Monde ce sont les trolls bénévoles de l’industrie chimique qui polluent les forums de discussion des articles de la rubrique planète. Comment les reconnaitre? :
    – multi-spécialistes en néonicotinoïdes, perturbateurs endocriniens, huile de palme, ogm,
    – les liens qui agrémentent leur message vers les sites http://www.pseudo-sciences.org , http://www.agriculture-environnement.fr , http://www.forumphyto.fr , https://theierecosmique.com/
    – vernis scientifique avec référence systématique à la science objective et rationnelle et aux “experts” des agences sanitaires mondiales qui sont en contradiction avec le seul circ (qui lui ne fait pas de copier coller des documents de Monsanto)
    -réponse systématique aux contradicteurs selon une pratique qui ressemble à celle de Monsanto dévoilée dans les Monsanto papers “ne rien laisser passer”
    -7 jours sur 7, de 6h du matin à 23h

    1. Merci beaucoup Fabrice !
      Je savais l’importance des lobbyistes mais je n’avais pas compris comment ils agissaient exactement.
      Je rejoins Sabine : continuez nous avons besoin de vous !
      Quant à moi je relaie votre appel et j’ai plus d’arguments pour le faire.

  4. Sylvain, bardeau: Moi je dirais que si on a un doute, il faut verifier soi-meme, pas forcement ni automatiquement se reposer sur autrui. Si on depend tous les uns des autres, qui va prendre position? Il faut bien, a un moment donne, avoir suffisament confiance en son propre bon sens et prendre position soi-meme.

    Je ne suis pas biologiste ni docteur, je suis dans le batiment, mais si on se donne la peine de les lire, on voit que les 3 liens cites par Sylvain se citent les-uns-les-autres, et ont tous les trois la meme source: Les travaux du Dr. Bruce Ames. Visiblement il est celebre, il a un article wikipedia et on trouve plein de ses papiers en pdf. Comme ici par exemple: http://jimlund.org/blog/pics/pnas01044-0440.pdf

    Wikipedia nous dit qu’il a invente une methode pour faire un test preliminaire des produits potentiellement cancerigenes sur des bacteries, au lieu d’animaux, ce qui n’est pas bete, tout le monde sera d’accord!

    L’article en PDF, qui semble resumer l’essentiel du travail du Dr. Ames sur lequel les 3 liens cites par Sylvain se basent, dit essentiellement que les plantes produisent elle-memes quantites de « pesticides » (de composes chimiques qui chassent ou qui tuent d’autres organismes vivants, insectes, bacteries, champignons) dont le mecanisme d’action peut etre identifie, et qu’en quantite ces « pesticides » que les plantes produisent elles-memes (« naturels » donc) sont ingeres dans notre alimentation a raison de 1,5 gr. par jour en moyenne. A la suite de quoi le Dr. Ames fait le rapport avec les pesticides de synthese que nous absorbons et trouve que le rapport est de 1/10,000 (d’ou le chiffre de « 99,99% »). Et il en conclue que si nous absorbons 10,000 fois plus de « pesticides » que les plantes produisent naturellement, que de pesticides de synthese, l’influence de ces derniers ne peut etre que negligeable.

    Je vois deux problemes avec ce raisonnement: 1) Qu’est-ce qui nous permet de dire qu’un compose chimique qui peut etre identifie dans une plante et dont le mecanisme d’action peut etre identifie comme etant un « pesticide », est comparable a un produit de synthese que l’on applique sur la plante? C’est un peu comme si on disait que le corps humain fabrique lui aussi des pesticides de toutes sortes (c’est assez evident je pense, pensons a notre systeme inmmunitaire qui se charge de lutter contre les germes de toutes sortes) et que donc il n’y a pas de probleme a en avaler directement, qu’au fond c’est la meme chose. Ou pour prendre une image avec mon metier, c’est comme si je disais que ma maison me protege de la chaleur et du froid avec des briques et du ciment, et que donc il n’y a pas de probleme a appliquer directement du ciment sur la peau! Si j’appliquais ce raisonnement a mes clients on me prendrait pour un pitre, pas pour un professionel. Je ne sais pas si c’est mieux pour un docteur. Le 2eme probleme, c’est que si les « pesticides » que l’on peut isoler dans une plante sont presents en quantites 10,000 fois plus importantes que les pesticides de synthese, pourquoi se donner la peine de les fabriquer, ces pesticides de synthese? Il devrait etre facile de demontrer, par le raisonnement du Dr. Ames, que c’est une arnaque puisque leur action ne peut etre, selon son raisonnement, que « negligeable »…

    Bref, sans retirer au Dr. Ames son merite d’inventeur de sa methode de test, il est assez evident que son calcul a la petite semaine est bien trop simpliste pour etre realiste. Je suis sur qu’on pourrait, de maniere similaire, identifier a l’interieur meme de notre propre corps, quantites de substances « dangereuses » si on les isole, bien plus que 1,5 grammes, et qui sont pourtant indispensables a notre vie. Pensons a la bile, a l’urine, a tous ces anticorps qui detruisent instantanement tout corps etranger!

  5. Moi je ne suis plus là. Je suis à Bruxelles. Ils ne veulent plus me donner de travail. Je m’ennuie. Venez me chercher SVP.

  6. Je soutiens cette démarche sans hésitation et je me porte volontaire pour toutes initiatives en ce sens. Climat, biodiversité, bien-être animal, lutte contre les pesticides. responsable de l’UJP « historique  » également connue sous le nom d’ éco-gaulliste, je rejoins vos positions et bien évidemment nous les relaierons.

  7. les courbes de toxicité en u ça vous parle?
    l’effet paradoxal?
    l’effet cocktail?
    l’effet fenêtre?
    tant que ces découvertes assez récentes n’auront pas franchi les frontières de nos petits « savoirs de bon sens » on ne sera pas sorti du brouillard soigneusement entretenu par les marchands du temple dont l’organe principal est le tiroir caisse.
    Allez donc lire tout le rapport sénatorial sur les PERTURBATEURS ENDOCRINIENS
    si vous en avez le courage ( de mémoire Barbier 2010 ou 2011? )
    très éclairant pour tout citoyen qui fait l’effort de se forger une opinion
    sans camper sur des théories d’un autre âge du style « c’est la dose qui fait le poison »…

    1. La science n’a pas pour but d’embobiner le citoyen en se cachant derriere le jargon, mais de l’eclairer. Et je crois personellement qu’elle y reussit. Ce qui est illustre par le fait que les grands scientifiques, ceux qui decouvrent des choses importantes, sont en general plus clairs, moins esoteriques, moins jargonnant que leurs emules. Je n’irais pas jusqu’a dire moins arrogants. Car il y a une sorte d’arrogance systemique, du « specialiste de la discipline », dont il n’est pas facile de se defaire et qu’on ne peut pas forcement attribuer a la responsabilite individuelle. Mais une chose est sure, tout discours qui voudrait denigrer le bon sens et affaiblir le jugement du lecteur en l’impressionant avec du jargon, va a l’encontre du principe de refutabilite qui fonde la demarche scientifique. Thomas Kuhn explique ca mieux que moi. En gros, desole mais refuter le bon sens en se cachant derriere du jargon, c’est l’essence de l’anti-science.

      1. Tout à fait…

        « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement » !

        Mais il faut avouer que c’est extrêmement dur de s’y retrouver pour le citoyen lambda vu que la grande majorité des scientifiques sont à la solde des lobbies du Capital (et de l’Etat) et participent à la cacophonie de la novlangue ambiante pour rassurer le bon peuple des ignares quant à leur impartialité sans taches, à coup d’articles dans des médias complaisants servant la soupe du profit et de la croissance à tout pris, de pseudo-consultations citoyennes juste destinées à rassurer la bonne marche du « progrès », d’études « scientifiques » totalement biaisées, d’entrisme dans des associations citoyennes (quand ce ne sont pas des associations supposées spontanées et indépendantes mais créées de toutes pièces), … Parodie de démocratie.

        Et en face nous avons toute une mouvance réactionnaire critiquant (parfois et même souvent) à juste titre cet état de fait, mais ne proposant que des explications complotistes et des solutions qui n’en sont pas (mysticisme, retour à l’état de nature, …), se faisant ainsi les idiots utiles des premiers en discréditant toute critique fondée et scientifique basée sur des faits, et encourageant par ce confusionnisme la mise au ban par les lobbies des rares scientifiques lanceur d’alertes encore un peu indépendants.

        Raison de plus pour soutenir des journalistes réellement indépendants comme Fabrice qui font un réel travail d’investigation.

        A quand des études scientifiques réellement indépendantes du Capital et de l’Etat afin de stopper la méga-machine capitalo-scientiste et reprendre le contrôle de nos besoins sociaux réels non aliénés par la marchandise avec impact minimum sur notre environnement ? Ces études seraient demandées, pilotées, et financées (sans le Capital ni L’Etat sinon conflit d’intérêts…) par des associations de structure fédéraliste non contrôlées par le sommet, mais par la base (démocratie directe avec mandats impératifs révocables avec des mandataires tant spécialistes scientifiques que citoyens devant rendre des comptes), toutes les ONG à pouvoir central (c’est à dire la grande majorité) finissant par se corrompre avec nos grands « amis » l’Etat et le Capital… Pas évident à mettre sur pied (monopole d’Etat et de multinationales) et surtout à financer, mais l’autonomie passe aussi par là. Et ce qui est valable pour la science est valable pour tout…

        Amitiés libertaires.

  8. @Laurent Fournier je ne sais pas si votre commentaire concernant le bon sens vise mon post, mais si c’est le cas je crois bien que vous n’avez pas saisi mon propos.
    J’ai essayé de réfuter certains propos de lobbyistes qui prétendent qu’en matière de pesticide tout est question de dose et que , en les autorisant et en prônant un dosage précis, le risque est faible ou négligeable. Or cette affirmation  » on diminue la dose donc on diminue le risque  » qui a l’apparence du bon sens est fausse.
    J’ai employé à dessein des termes techniques très certainement ignorés de beaucoup, dont des lobbyistes, pour montrer que , en matière de toxicologie, la science a fait du chemin depuis le credo de  » c’est la dose qui fait le poison »
    évaluer des pesticides en considérant que l’on déterminera une dose sans effet est totalement illusoire à la lumière de travaux récents , on peut même affirmer que de toute urgence, POUR LE MOINS, il faudrait faire évoluer la procédure et les études nécessaires à l’autorisation de mise sur le marché des nouvelles molécules et réévaluer celles qui sont déjà autorisées, à la lumière des derniers acquis de la vrai science qui ne jargonne pas je suis bien d’accord.
    En effet en testant certaines molécules , on se rend compte qu’en diminuant la dose administrée à une cohorte d’abeille, leur mortalité baisse mais qu’en continuant à diminuer la dose et en l’administrant à d’autres cohortes d’abeilles la mortalité se remet à augmenter .
    De plus, même au delà du seuil de détectabilité de certains produits , on mesure encore un effet sur les abeilles.
    En outre, n’étant pas scientifique de métier, je ne connaissais pas ces termes techniques (effet fenêtre etc) avant d’avoir lu le rapport sénatorial.
    En quelques mots, si une femelle gestante absorbe un produit perturbateur endocrinien à 24h00 à 240 h00 ou à 480h00 de gestation, cela ne va pas induire les mêmes conséquences sur l’embryon voire sur la descendance de celui-ci ( cf les travaux menés sur les effets du distilbène entre autres )
    Quant à tester l’effet des cocktails de centaines de molécules, par centaines de combinaisons, à des centaines de dosages, le tiroir caisse ne s’en remettrait pas!
    J’ai signé le manifeste des coquelicots parce que, comme il n’est pas possible d’évaluer les centaines de molécules, notamment sur l’effet cocktail et l’effet fenêtre et encore moins sur l’effet transgénérationnel, le BON SENS me dit qu’il vaut mieux ne pas utiliser toutes ces substances dont la science ignore l’étendu des effets.
    Pardonnez donc mon arrogance jargonnante tout à fait volontaire…
    je ne pense pas faire partie des marchands du temple et lirai avec intérêt Thomas KUHN .

    1. Cher 13nrv, merci pour ces clarifications. J’ignorais tout des effets « fenetre », « courbe en U », etc. Maintenant j’ai une petite idee.

      Apparemment, ces arguments, que vous mentionnez brievement, « enfoncent un clou de plus dans le cerceuil » (pour reprendre l’expression anglaise) du petit calcul du Dr. Ames, qui est l’unique source des soi-disant « 3 » articles mentionnes par Sylvain, qui en fait se citent les-uns-les-autres.

      Je conteste cependant l’idee que seules des decouvertes des 15 dernieres annees justifient l’interdiction des pesticides.

      L’idee du « terrain » en medecine a au moins un siecle-et-demi, et c’est bien cette idee qui resurgit de temps a autre, pour contrer une interpretation trop mecaniste des phenomenes de la vie. Vos explications de « l’effet-fenetre » sont une illustration eclatante de la notion de « terrain »: la toxicite des pesticides depend plus des paremetres internes a « la cible » (ici l’age des abeilles) que de parametres internes au produit. Donc, le « terrain », a nouveau.

      C’est la que l’article du Dr. Ames revele son engagement ideologique extreme: En etablissant, en arriere-plan de son calcul simpliste, l’equivalence des soi-disant « pesticides naturels » qui font partie integrale des processus de tout organisme vivant, et qui n’existent nulle part de maniere isolee ni en dehors de ces organismes, et des pesticides de synthese vendus sur le marche, il nie radicalement la notion de « terrain ».

      Suivre le Dr. Ames sur son terrain (si j’ose dire!) c’est comme si, obnubiles par nos propres concepts, nous pouvions nier toute realite exterieure et independante de nos a-priori!

      Anecdote amusante: On vient de « redecouvrir » que l’antiseptique le plus efficace sur les surfaces en inox (cuisines, boucheries, ateliers de fabrication du fromage, etc.) est l’huile de table!!! Plus efficace que bien des produits dangereux!

      Alors, il faut inclure l’huile de table dans le petit calcul du Dr. Ames, et alors il s’est trompe d’un facteur 10 ou 20, au moins! Ce n’est pas 99,99% de « pesticides » naturels que l’on mange, mais 99,999% sinon plus.

      Allez, encore un peu d’huile d’olive? « vierge » et « bio », bien sur! Soyons fou!

  9. A Sylvain (et autres), pour ceux qui s’entendent retorquer de grandes phrases comme « c’est la dose qui fait le poison », et autres brèves de comptoir, je vous propose simplement d’utiliser une technique rétorique simple, il s’agit de dire a ces spécialistes de la machine a café: « qu’est ce ce qui te permet d affirmer ça, quelles sont tes sources »; la en principe on vous dit « y’a plein de études…. » Vous dîtes alors « lesquelles, quelles sont tes sources ». En règle général a défaut de convaincre, cela stoppe les attaques de gens qui n ont que des slogans a la bouche. Bien sûr ils peuvent utiliser la contre rethoriquee suivante: « et toi qu’est ce que tu connais aux pesticides ». Vous pourrez alors citer vos sources (ahoui, il faut avoir lu un peu au préalable) et notamment les ouvrages comme notre poison quotidien ou le monde selon Monsanto de Marie Monique Robin, ou bien pesticides, révélations sur un scandale français de m nicolino. Trois ouvrages a lire et vous serez déjà bien mieux armés que la plupart des débatteurs. A vrai dire je n’ose même pas imaginer que les défenseurs des pesticides en aient lu un seul. Car comment demeurer en faveur des pesticides quand on a rejoint le camp de ceux qui savent…
    Amitiés à tous.

  10. Je viens de tomber sur un site rigolo (enfin, je ris jaune) qui s’appelle « Alerte environnement ». On pourrait croire, vu l’intitulé, que les écologistes ont trouvé un allié. Or, ce site tape sur tous ceux qui luttent contre les pesticides, les OGM, le nucléaire et autres saloperies engendrées par le productivisme. Dernièrement, l’animateur de ce site a décidé de s’en prendre à « nous voulons des coquelicots » et pour cela compare l’utilisation du cuivre et du soufre avec celle des pesticides de synthèse.
    http://alerte-environnement(point)fr/2018/09/12/ce-que-ne-dit-pas-nous-voulons-des-coquelicots/comment-page-1/#comment-263166
    Voici ce que je lui ai répondu, en espérant qu’il publie mon commentaire :
    « Article très malhonnête. Vous faites la comparaison entre l’utilisation du cuivre et du souffre et celle des pesticide de synthèse en évoquant leur poids, quasi équivalent. C’est ridicule. C’est comme si on comparait par exemple la cocaïne ou l’héroïne et la marijuana. À poids égal, laquelle des deux drogues est susceptible de faire le plus de morts ? Si vous ne voyez pas le problème, injectez-vous 10 grammes d’héroïne pure et venez nous raconter (si vous le pouvez) ».

    1. Bonjour,

      Votre commentaire a bien été publié puis bien entendu « démonté ».

      J’ai répondu ceci :

      « Vous avez raison, ce sont les paysans qui parlent le mieux de l’agriculture, enfin pas ceux soumis aux intérêts de notre trio « Lobbies agro-industriels, Etat, FNSEA », mais plutôt ceux-là :
      https://www.confederationpaysanne.fr/mc_nos_positions.php?mc=2
       »

      Validation et réponses éventuelles à suivre avec curiosité, la Confédération Paysanne serait-elle manipulée par un lobby bobo-écolo-obscurantiste ?

  11. Bonjour,
    Je me suis vue insulter par un troll suppôt de l’agro-chimie (jojo ferret de son nom de scène sur fb), arguant que les « agriculteurs  » – là il utilise un terme des plus argotiques que je ne connaissais même pas et pourtant j’ai un CAPA, certificat d’aptitude professionnelle en argot) -par dessus le marché il ne fait pas le distingo entre agriculteurs bio et agriculteurs conventionnels…,je reprends donc que les … (agriculteurs) me permettent de (manger) (là il utilise l’argot « bouffer ») tous les jours, puis termine une bordée d’injures sexistes et vulgaires.
    Je ne pense pas qu’il s’agisse d’un troll bénévole, mais d’un troll agriculteur conventionnel, dont la peur immense de devoir se convertir au bio (et donc pendant 4-5 ans de moins gagner de sous) le rend fou de rage , et pendant que ses maigres repousses de fin d’été se meurent sous ses épandages assassins, passe, lui, son temps à défendre son beefsteak sur fb en traquant et insultant les écolos qui osent remettre en cause ses pratiques « agricoles » qu’il croit juteuses.

  12. J’invite not’ Président a trinquer, lui avec une coupe de Glyphosate  » grand cru », moi avec un godet de Beaujolais nouveau. A la vôtre Président !

  13. Vendredi 5 octobre à Aubenas (Ardèche) à 18h30, place du château, grand rassemblement festif citoyen et Inter associatif
    « Nous voulons des coquelicots ». Venez en tenue de coquelicot ! (mettez du rouge 😉 )

  14. « Si on ne pense pas comme moi, c’est qu’on est un vendu »… La vache, quel niveau d’argumentation médiocre. Affligeant.
    Le fait est que votre « appel des coquelicots » contient un certain nombre d’âneries naïves. Mais j’ose les évoquer, je suis donc un méchant troll vendu à des lobbyistes : car diverger de la lettre d’un appel écrit à la truelle, autrement dit apporter des éléments critiques ou de contradiction, c’est être complice de Monsatan, ou un truc du genre. On a bien compris.

  15. Bonjour,

    Votre commentaire a bien été validé puis « démonté ».

    J’ai répondu ceci :

    « Vous avez raison, ce sont les paysans qui parlent le mieux de l’agriculture, enfin pas ceux soumis aux intérêts de notre trio « Lobbies agro-industriels, Etat, FNSEA », mais plutôt ceux-là :
    https://www.confederationpaysanne.fr/mc_nos_positions.php?mc=2
     »

    Mon commentaire va t-il être validé puis dénigré avec un argument style « Confédération Paysanne manipulée par un lobby écolo-bobo-obscurantiste » ?

    1. Vous avez raison, c’est sans intérêt d’y poster. J’ai découvert l’article de Fabrice Nicolino sur ces faussaires après coup. Mais bon, c’est quand même utile je crois de les démasquer. Il y a toujours des gogos qui se laissent abuser par des intitulés ronflants. Au passage, j’ai vu que c’est maintenant un certain Thibault Martin qui anime aujourd’hui le site (du temps de l’article de Fabrice, c’était Gwen Le Gac). Je suis prêt à parier que Thibault Martin n’existe pas en vrai et que c’est le faux nez de Gil Rivière ou l’un des ses comparses.

  16. La science et je pense les scientifiques aussi soutiennent massivement l’idée d’une interdiction des pesticides.

    J’ai commencé à rédiger un message que je voudrai au maximum transmettre aux scientifiques mais aussi à ceux qui prétendent parler au nom de la science lorsqu’ils défendent les pesticides.

    Voici le message :
    « Il y a deux semaines a été lancé l’appel « nous voulons des coquelicots » pour l’interdiction des pesticides de synthèse (pesticides).
    Une partie des opposants à l’interdiction des pesticides tentent de faire passer le mouvement de coquelicots pour quelque chose de fondamentalement antiscience. Nous travaillons dans la recherche scientifique et de part nos recherches nous sommes bien informé sur les usages et impacts des pesticides. Nous soutenons l’appel des coquelicots et nous pouvons vous affirmer que, dans l’état actuel des connaissances scientifiques, la science soutient aussi cet appel.
    Les défenseurs des pesticides utilisent souvent un véritable mille feuille argumentatif. Aussi je ne pourrais pas répondre à toutes leurs attaques en un seul texte, non seulement peu de personnes ne lirai un tel texte, mais je crains de moi même me décourager avant la fin. Je n’aborderai donc ici que quelques points mais j’espère bientôt compléter avec d’autres.
    Pour commencer, un sujet qui nous tient particulièrement à cœur, l’impact des pesticides sur la biodiversité.
    Cet impact ne se limite pas qu’aux champs où sont épandus les pesticides. Par lessivage, les pesticides vont être amenés jusqu’aux milieux aquatiques. De nombreuses études scientifiques montrent que ces milieux, qui abritent une grande diversité, sont sévèrement impactés par les pesticides1.
    Si l’on revient aux champs directement traités avec les pesticides, on nous opposera facilement que le but d’un champ est de produire, pas d’abriter de la biodiversité. Cependant, la biodiversité à l’intérieur des agroécosystèmes est celle qui nous est le plus utile. En effet les abeilles et pleins d’autres insectes pollinisent, les carabes, les staphylins, les araignées, les oiseaux, les chauves souris les lézards contrôlent les populations de ravageurs, les vers de terre, collemboles, diplopodes et champignons entretiennent la fertilité du sol. La flore adventive (les « mauvaises herbes ») fournie des abris pour les invertébrés prédateurs, des ressources pour les pollinisateurs. C’est ce que l’on appelle les services écosystémiques et ils sont fortement liés à la biodiversité à l’intérieur du champ2-3.
    Ces services écosystémiques sont menacés dans les agroécosystèmes par l’usage des pesticides4. De plus, les organismes les plus impactés par les pesticides ne vont pas être les organismes ciblés, c’est-à-dire les ravageurs. Au contraire les prédateurs de ces ravageurs vont être bien plus impactés. Cela s’explique simplement. D’une part, la disponibilité des ressources pour les ravageurs étant très importante, il y a très peu de compétition, ce qui renforce leur résistance à l’exposition à des composés toxiques par rapport à leurs prédateurs soumis à une plus forte compétition5-6. D’autre part, ces ravageurs ont généralement un cycle de vie très court par rapport à leurs prédateurs, ce qui favorise le développement rapide de résistances et la recolonisation rapide des parcelles traitées, alors qu’il faudra un temps beaucoup plus long pour que les prédateurs recolonisent le milieu7-10.
    De très nombreux autres éléments justifient cet appel à l’interdiction des pesticides. Nous en appelons donc aux scientifiques, qu’ils prennent leurs responsabilités et interviennent dans le débat public pour défendre l’appel « nous voulons des coquelicots » avant que les lobbies de l’agrochimie ne prétendent parler en leur nom.
    1 – Schäfer, R. B., van den Brink, P. J., & Liess, M. (2011). Impacts of pesticides on freshwater ecosystems. Ecological impacts of toxic chemicals, 111-137

    2- Altieri, M. A. (1999). The ecological role of biodiversity in agroecosystems. In Invertebrate Biodiversity as Bioindicators of Sustainable Landscapes (pp. 19-31).

    3- Losey, J. E., & Vaughan, M. (2006). The economic value of ecological services provided by insects. AIBS Bulletin, 56(4), 311-323.

    4- Geiger, F., Bengtsson, J., Berendse, F., Weisser, W. W., Emmerson, M., Morales, M. B., … & Eggers, S. (2010). Persistent negative effects of pesticides on biodiversity and biological control potential on European farmland. Basic and Applied Ecology, 11(2), 97-105.

    5- Becker, J. M., & Liess, M. (2015). Biotic interactions govern genetic adaptation to toxicants. Proc. R. Soc. B, 282(1806), 20150071.
    6- Liess, M., Foit, K., Becker, A., Hassold, E., Dolciotti, I., Kattwinkel, M., & Duquesne, S. (2013). Culmination of low-dose pesticide effects. Environmental science & technology, 47(15), 8862-8868.

    7- Stark, J. D., Banks, J. E., & Acheampong, S. (2004). Estimating susceptibility of biological control agents to pesticides: influence of life history strategies and population structure. Biological control, 29(3), 392-398.

    8- Barnthouse, L. W. (2004). Quantifying population recovery rates for ecological risk assessment. Environmental Toxicology and Chemistry, 23(2), 500-508.

    9- Köhler, H. R., & Triebskorn, R. (2013). Wildlife ecotoxicology of pesticides: can we track effects to the population level and beyond?. Science, 341(6147), 759-765.

    10- Tabashnik, B. E., & Croft, B. A. (1982). Managing pesticide resistance in crop-arthropod complexes: interactions between biological and operational factors. Environmental Entomology, 11(6), 1137-1144.
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