Archives mensuelles : juin 2017

Vendez tout et achetez du Reporterre

Je manque à tous mes devoirs, car je ne vous ai pas encore prévenu : Reporterre a besoin de 100 000 euros d’ici le 9 juillet. Reporterre est ce quotidien en ligne créé par mon ami Hervé Kempf, puissamment relancé quand il a dû quitter Le Monde. Dire que je suis d’accord sur tout serait un gros mensonge. Hervé en tient pour La France Insoumise, et moi non, tudieu. Mais Reporterre, réalisé par sept journalistes acrobates, est un bijou, qui permet de s’informer en temps réel sur la crise écologique. Et c’est tous les jours ! Et c’est gratuit !

Certains de vous le savent, j’y ai publié plusieurs fois des tribunes, et même des enquêtes, mais même si ce n’était pas le cas, je vous inciterais pareillement à casser votre tirelire pour aider cette œuvre si peu commune.  J’y ajoute par malice un argument un peu spécieux. Depuis bientôt dix ans que j’ai créé Planète sans visa, j’ai écrit ici environ 1500 articles, à la portée de tous et pour zéro centime d’euro. Je m’en porte très bien, mais comment vous dire ? Ce que vous verseriez à  Reporterreconsidérez donc que vous l’adresseriez à moi. Ce n’est pas vrai, mais ce n’est pas faux.

En avant vers de nouvelles aventures

Je vais vite, car à la vérité, je me fous en bonne part du résultat des élections d’hier. Un mot à destination des Pleureuses : arrêtez de chialer sur tel ou tel épisode. La France était à l’entrée dans 2017 une terre profondément ancrée à droite et paraissait promise à Fillon et à ses redoutables sbires, tel ce président de la région Pays-de-la-Loire Bruno Retailleau, qui serait aujourd’hui ministre de l’Intérieur. Par un coup de baguette magique, le pays a été confiée à des gens moins sinistres, mais qui n’entendent nullement s’attaquer à ce qui domine de si haut notre époque : la crise écologique.

En somme, on n’aura pas eu le pire, mais qu’est-ce que le pire ? Lecteur, imagine cette scène : un ruffian frappe à ta porte, et comme tu ne réponds pas, arrache les gonds et te refile une raclée monumentale. On est d’accord, ce serait mieux si tu pouvais saisir le manche du tisonnier avant d’avoir la tête en sang. Ah ! j’oubliais. La crapule a en outre déposé une bombe dans ton salon, avec un minuteur. Et s’en est allé après t’avoir battu comme plâtre. Et maintenant cette autre scène : un jeune homme bien mis sonne à ta porte, et si je dis bien mis, c’est parce que tu viens de regarder derrière le rideau : oui, ce garçon a l’air sympa. Tu ouvres, et en effet, comme il est agréable ! Il a même apporté une bonne bouteille, et vous vous livrez à une partie d’échecs sur fond de vin rouge qu’il a le bon goût de te laisser gagner. Mais quelle bonne soirée ! Seulement, lui aussi laisse derrière lui une bombinette qui, sitôt qu’il sera parti, arasera ta jolie maison et te transformera en andouille et en andouillette.

Alors, tu préfères quoi, au juste ? La bombe ou la bombe ? Tiens, je remarque que tu as oublié le coup de poing dans la gueule du premier : s’agirait-il d’un indice ?

Bon, et à part cela, je suis content – mais comme c’est mesquin ! – de l’élimination de Cambadelis, qui ne s’en relèvera pas. De El Khomri, de Touraine, de NKM, de quelques autres. Et je suis également content de la disparition, du moins comme force nationale, d’Europe Écologie-Les Verts, dont les chefaillons, tout effrayés de découvrir l’existence du néant, tentent de bricoler encore avec Hamon. Une mention pour ce pauvre garçon appelé Jean-Vincent Placé. Certes, il a rempli la fonction qui était sans doute la sienne : détruire ce mouvement absurde et dérisoire qu’étaient les Verts. Mais j’ai dans l’idée que pour une fois – de son point de vue -, il a commis quelque grave erreur. Lui qui, bien avant tous les autres, déclarait sans complexe être compatible avec la droite, a loupé le coche avec Macron. Le nigaud a choisi Hamon quand un de Rugy, traître bien sûr, mais triomphant, choisissait la République en marche. Bon, on s’en fout. Oui, je m’en fous considérablement, car il faut continuer, sans se laisser distraire par les crottes de mouche. Continuons ensemble, car nous avons un tâche surhumaine à accomplir : sauver tout ce qui peut l’être encore. C’est à l’aune de ce si noble combat qu’on peut, qu’on doit juger tout le subalterne.

 

Un simple commentaire post-électoral

Je me sens, ainsi que d’autres, enfin majoritaire. Non merci, je n’ai pas davantage voté qu’à la présidentielle, car je (re)mets en question l’organisation générale de la société, et comme j’essaie d’être cohérent, je ne donne pas ma voix à ceux qui la perpétuent. Mon commentaire sera bref :

Les candidats macronistes pur jus ont obtenu le vote de 13,43 % des électeurs inscrits – on ne compte pas ceux qui ne le sont pas -, auxquels il faut ajouter 1,94 % pour l’allié du Modem. Soit en tout 15,37 %. Et ils vont décider en notre nom pendant cinq ans. Ma foi.

Ajoutons que le PS obtient 3,54 %; la France Insoumise 5,25 %; le Parti communiste 1,29 %.

La France ? Mais quelle France ?