Frédéric Wolff parle des SDHI

Je m’étais fait un devoir moral de lire, avec la plus grande attention qui soit, cette nouvelle enquête sur les pesticides et les SDHI (Le crime est presque parfait, par Fabrice Nicolino, éditions LLL). C’est chose faite, et je peux en témoigner à présent : la satisfaction a pris le pas sur le devoir. Cela semblera étrange, peut-être, s’agissant d’un sujet qui, à première vue, peut apparaître aride, voire rébarbatif. Mais voilà, il ne l’est à aucun moment. Probablement, sans doute même, parce qu’il est porté par une conviction, une nécessité existentielle, une écriture. Oui, ces forces dont nous avons tant besoin parcourent ces pages. Elles tiennent en haleine jusqu’au bout, elles donnent à nos combats des arguments puissants, des raisons d’aller plus loin.


Un livre de combat, donc, de vérité et de courage, dont je ressors un peu sonné, tant la gangrène est répandue jusque dans les instances censées nous protéger. Je ne crois pas être suspect de candeur, d’optimisme béat ou de méconnaissance crasse de ces questions, mais le délabrement est à ce point avancé, dénoncé, preuves à l’appui, que j’ai été pris de vertige à plusieurs reprises. Il y a, dans cette enquête, de quoi créer un scandale d’Etat, une dissolution immédiate des structures de décision et de protection sanitaire, une refonte totale des tests réglementaires, une interdiction pure et simple des pesticides, une transformation radicale de notre modèle agricole, un procès contre ceux qui, depuis des décennies, organisent l’empoisonnement et dévastent la paysannerie. Les mêmes qui, souvent, prétendent la défendre !


Il y a, sans l’ombre d’un doute possible. Sauf que voilà. L’Etat a rompu les termes du pacte social. Le droit élémentaire de ne pas être empoisonné est bafoué en toute impunité.
Dans ces conditions, désobéir, comme le propose Fabrice, c’est prendre acte de cette trahison première. C’est formuler une évidence : il y a des lois, celles de la vie sur terre, qui priment sur celles des lobbies. Des intérêts communs qui doivent l’emporter sur les intérêts privés. Un principe supérieur, la santé du vivant, au-dessus de la santé des potentats industriels. Potentats ? Disons que j’ai décidé de rester courtois. Et franchement, j’ai du mérite !


A la désobéissance, j’ajoute la dissidence, un mot que ne désavouera pas Fabrice, j’en suis convaincu. Une rupture mentale avec la société techno-industrielle, une sécession qui en emporte d’autres, très concrètes, faite de refus, de rejets dans nos vies de tous les jours. Nous crevons aussi de cela : nos petites redditions quotidiennes, notre soumission aux injonctions de nos maîtres dont nous reprenons en chœur les mots d’ordre. Il faut bien vivre avec son temps, on ne peut pas faire autrement, on ne va quand même pas revenir à l’âge de pierre, la science et la technologie trouveront la solution, elles nous aideront à repousser infiniment les limites, tout est question d’usage individuel, on ne va pas renoncer à notre niveau de vie, à la mobilité, à nos objets surabondants, à l’extension indéfinie des droits individuels, au culte du pratique et de l’efficacité en toute chose…
Désobéir à ces commandements jusque dans nos choix d’existence, ça n’a sans doute rien de spectaculaire, ça complique parfois sacrément le quotidien, ça conduit à des renoncements, mais sans cette rupture existentielle, je ne vois guère d’horizon et moins encore de vie digne de ce nom.


J’en reviens au livre. Un crime, donc. Qui dit crime dit procès. Je ne suis pas naïf au point d’imaginer qu’il va se tenir demain et nous conduire à des changements majeurs. Sauf, peut-être, si le sursaut gagne les cœurs et fait tomber les bastides. Qui sait ? Et pourquoi pas l’organiser nous-mêmes, ce procès ? Avec de vrais avocats, de véritables juristes, d’authentiques victimes, dont des paysans, car oui, sur tous les tons, sous tous les angles, il faut le dire, le répéter : ce ne sont pas les paysans que nous attaquons, contrairement à ce qu’affirme la FNSEA productiviste, pro-pesticides et co-gestionnaire de la disparition de la paysannerie. Faut-il rappeler les chiffres ? Dix millions d’actifs agricoles après-guerre, 500 000 aujourd’hui. Et demain, avec l’agriculture robotisée et connectée défendue par les mêmes industrialistes ?

Ce que nous dénonçons, c’est un modèle agricole devenu toxique pour les sols, la faune, la flore, l’eau, les agriculteurs eux-mêmes, les humains que nous sommes, les forêts dévastées par le soja destiné à nos animaux d’élevage et par les nécrocarburants (soutenus par la même FNSEA qui prétend par ailleurs nourrir le monde et protéger le climat !), les paysans du Sud anéantis par nos exportations alimentaires bradées et subventionnées (et le même syndicat de dénoncer les distorsions de concurrence !), les fermes-usines à produire du kilowatt, l’élevage qui était un compagnonnage et qui est devenu une industrie de la souffrance et du minerais de viande bientôt complétée par la viande in vitro fabriquée par des multinationales bien peu recommandables avec l’assentiment des végans. Un modèle qui étouffe ses paysans criblés de dettes, empoisonnés, réduits à la servitude, à la merci d’un ordre économique morbide, des fabricants d’engrais et de traitements chimiques, de graines et de plants hybrides, de conglomérats tout-puissants et de racket commercial. Un modèle qui ne fait plus vivre ses paysans et qui coûte plus qu’il ne rapporte. Bref, un anti-modèle dont il est urgent de sortir.


Un procès, donc, mais pourquoi ? Non pour couper des têtes ou pour emprisonner. Mais pour dire que ça suffit, que le déni de justice et de démocratie a vécu. Pour nommer les ennemis, pour que l’infamie tombe sur eux. Pour que des âmes se lèvent et défassent des empires que l’on pensait indestructibles. Une mise en scène de contentieux parfaitement réaliste. Ou parodique à la Jean Kergrist, clown atomique de son état.


L’idée n’a rien d’inédit. Elle a inspiré des batailles, avant nous. Ainsi, en Inde, avec ce tribunal citoyen et fictif contre l’accaparement des terres, le pillage des ressources, les industries extractivistes, les villages brûlés, les milliers de morts. Ainsi à Berlin contre la Banque mondiale et le FMI, à Porto Allegre contre la dette. Et j’en oublie.
Une juridiction sans aucun pouvoir, sinon celui de cristalliser un mouvement, un moment de l’Histoire. Ou autre chose. Qu’importe. Mais que le souffle ne retombe pas.
En attendant, nous avons ce livre à faire connaître, à offrir. Cette affiche, à placarder, représentant un pseudo-scientifique qui ne voit rien, n’entend rien, ne dit rien et finalement se contrefout éperdument des alertes lancées par des savants de renommée mondiale. C’est à la page 242 et c’est sur le site des coquelicots. Nous avons nos rassemblements des coquelicots, l’appel à faire signer, des alliances à nouer, une désobéissance pacifique à élargir. Et de la dissidence à faire vivre dans nos choix de tous les jours.

15 réflexions sur « Frédéric Wolff parle des SDHI »

  1. Merci encore une fois à Frédéric Wolff pour cette analyse pertinente autant que percutante (bonjour Fabrice et merci à toi pour le livre dont j’ai pareillement achevé la lecture, bonjour à toutes et tous).
    Dans le collectif des Coquelicots local, nous traversons une période de crise, une forme d’épuisement des énergies requises pour amplifier le mouvement, signer et faire signer, échapper à la répétition routinière du 1er vendredi du mois dont le magnétisme faiblit. C’est un nécessaire moment de flottement, de renouvellement des ressources, d’ouverture aux impensés, d’écoute, d’appel aux voix.
    Frédéric, une nouvelle fois, ton écriture deviendra ma parole lors du prochain rassemblement (si le collectif l’entend de cette oreille) et je pense que les Coquelicots en panne d’énergie, où qu’ils soient en France, auraient intérêt à lire tes mots (comme préambule ou comme retour sur le livre de Fabrice et le crime des SDHI) à se charger de leur énergie et à les rendre publics.
    Un procès, comme dans le superbe film d’Abderrahmane Sissako, Bamako (http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18703004&cfilm=111149.html), auquel a participé William Bourdon, c’est d’une grande force symbolique!
    Là où je diverge par rapport à toi, c’est dans l’absence de conséquences punitives aux actes des malfaisants (je ne crois pas que des escrocs ou des cyniques soient sensibles à la honte publique, en réaction à leurs méfaits, s’il n’y sont pas de leur poche et de leur liberté).
    Encore un lien pour celles et ceux qui, comme moi, ne connaissent pas Jean Kergrist
    https://fresques.ina.fr/en-scenes/fiche-media/Scenes00575/jean-kergrist-le-clown-resistant.html
    Encore merci Frédéric, Fabrice…
    Que la fin de journée vous soit douce

  2. et pan sur les végans, ça devient une habitude.
    bon, on peut être végan sans consommer ni cautionner la viande in vitro.
    pour le reste, ok.

  3. C’est un vrai plaisir de vous lire, Frédéric. Plaisir paradoxal puisque vous ne parlez que de choses tristes, graves et révoltantes. Mais plaisir de lire votre pensée si claire, et curieusement, optimiste. A l’heure où les crimes les plus graves sont commis sur un fond d’infotainment, nous devons garder le cap, rester fidèles à la vie, car la vie n’est jamais la dissidence, elle est toujours le véritable courant principal, et nous en faisons partie.

  4. Je ne suis plus connecté depuis un bon paquet d’années, c’est donc sur un ordinateur en libre-service, à la ville, que je me relie à Planète sans visa, à de rares et brefs moments. Il m’est par conséquent difficile de dialoguer avec les uns et les autres, à mon regret, mais il me faut aller jusqu’au bout de mon choix, je ne dis pas « assumer », car je déteste ce mot utilisé ad nauséum pour mieux dissimuler qu’en réalité, nous n’assumons strictement rien. Une fois n’est pas coutume, quelques mots pour préciser mon propos, sans transition. Celui-là aussi, je l’exècre. Qu’elle soit énergétique, numérique, écologique… leur transition n’est guère que l’expression de leur impuissance publique, un avatar de leur développement durable et autres calembredaines.

    Jaygee : D’abord merci pour ta bienveillance renouvelée qui me va droit au cœur. Concernant les « conséquences punitives aux actes des malfaisants », je comprends ton point de vue que je peux le partager tant je suis révulsé. Pour les pénalités financières, je n’ai aucune réserve, je pense qu’elles devraient être extrêmement lourdes et proportionnelles à la fortune des contrevenants. Pour la privation de liberté, j’y suis par principe réticent sans non plus l’exclure définitivement si besoin. Je préfèrerais de loin une sanction réparatrice, si tant est que l’on puisse réparer, en partie au moins ; un genre de peine d’intérêt général encadrée, longue et très concrète. Je me méfie aussi de ce que les vainqueurs d’un jour peuvent faire de leurs idéaux. L’Histoire nous montre combien ils peuvent être expéditifs, user des armes de l’adversaire, être bien peu scrupuleux des moyens dictés par la seule fin, devenir des Procuste. Ce n’est pas ton cas, évidemment. J’aimerais penser qu’une révolte puisse nous faire changer de paradigme et rendre pour ainsi dire inimaginable ce qui aujourd’hui se perpétue en toute impunité depuis des dizaines d’années. Peut-être suis-je idéaliste. Sans doute. Mais nous manquons souvent d’imagination, croyant qu’il en a toujours été – et qu’il en sera éternellement – ainsi.

    grihon : A propos de la viande in vitro, j’aurais dû écrire : « défendue par des végans » plutôt qu’« avec l’assentiment des végans ». J’ai manqué de nuance, abusé par le fait que des représentants importants de la cause adhèrent à cette nouvelle industrialisation : Brigitte Gothière, Peter Singer, Paul Shapiro… D’autres figures emblématiques s’y opposent-elles ? A vrai dire, je n’en sais rien, en tout cas je n’ai rien lu en ce sens. Mon but n’était pas de taper sur les végans qui – avec d’autres – nous ouvrent les yeux sur des sujets que nous ne voulons pas voir depuis trop longtemps. Ceci dit, j’ai avec ce mouvement des divergences réelles et je pense que nul ne doit échapper à un débat critique. Le sujet est complexe et, faute de temps, je ne vais pas me lancer à ce stade dans une discussion qui serait bâclée.

    Laurent, fidèle d’entre les fidèles de Planète sans visa. Merci pour votre mot. Juste une réaction à une phrase : « La vie n’est jamais la dissidence, elle est toujours le véritable courant principal, et nous en faisons partie. » Oui, bien sûr, je comprends, enfin je crois. Et en même temps, ce que l’époque fait de nos vies, c’est à mes yeux de moins en moins la vie. C’est quoi au juste ? C’est survivre, c’est fonctionner. Et certainement pas habiter un lieu et des saisons avec d’autres, sûrement pas se mailler au tissu du vivant. Sur tous les fronts, c’est une amputation de notre humanité. Dans ce sens là, une vie digne de ce nom relève de plus en plus de la dissidence. Non ?

    marie r : votre commentaire du 5 octobre en réponse à M Chambard m’avait comblé, vos arguments étaient vraiment très justes.

    Mon temps est écoulé. Salutations fraternelles à tous, à toutes.

    1. Cher Frédéric,
      En dehors du numérique et avec les « économies » réalisées sur la connexion, en te dépêchant, tu peux te procurer le magazine YGGDRASIL ( n° 1 et 2 ), ça frêne.

  5. Frederic wolf
    Moi aussi je suis vegan et je n’ai ni besoin de simili carne bien que je ne suis pas contre et encore moins de viande in vitro.
    En revanche vous affirmez que vous ne l’êtes pas donc vous mangez des cadavres, de la souffrance, de l’agonie d’êtres vivants sensibles qui voulaient vivre.

    En ce qui concerne les procès, ce sont ceux de toute la classe capitaliste dominante qu’il faudrait faire tant les actionnaires et leurs capitaux circulent d’une industrie à l’autre à la recherche de plus value.

    Et cela seuls les travailleurs mobilisés du monde entier en seront capables lorsqu’ils auront pris conscience de leur force collective et de la possibilité de changer le monde.

    Il n’y aucun espoir que cela change par en haut en faisant pression sur les gouvernements qui servent cette classe. Le capitalisme ne se réformera pas, il devra renversé par une révolution sociale. Sinon le pire est à craindre.

  6. C’est pas pour être pessimiste, personnellement je crois que nos résistances à ce rouleau compresseur de la modernité gadgetiste sont comme ces charges de Don Quichotte sur le moulin à vent.
    La meilleure forme de dissidence, à mon humble avis, est celle qui prend racine d’abord dans nos cœur qui se transforme ensuite en un mouvement de fond qui pourra tenir tête au moins pour un certain temps à ce marchandisme de la vie.
    Vos textes sont parfois d’une sublime beauté miséreuse, à l’image de celle que trouvait Baudelaire dans les cadavres pétrifié.

  7. En écho à Jaygee, retour sur un 1er novembre sans coquelicots, là où je vis

    Bien sûr, il pleuvait. Le soir était tombé ; avalés par la nuit, les rares passants pressaient le pas. Bien sûr la pluie, bien sûr les jours qui raccourcissent, le temps qui manque, les lassitudes. Le besoin d’un peu de légèreté et même d’oubli pour ne pas être englouti par la noirceur des temps. L’impression d’impuissance souvent, de désespoir parfois alors que tout se délite, tout s’accélère ; les dés seraient jetés et nous n’y pourrions rien. Bien sûr, je sais tout ça. Et je n’y échappe pas. Malgré la rage en moi, malgré l’accablement face au désastre, ce que d’aucun nomment la solastalgie. Etrange mot qui me fait penser à la nostalgie d’un soleil ayant déserté les cœurs battants que nous sommes.
    Ce soir-là, c’était un vendredi. Le premier du mois. Un soir de rendez-vous comme il y en a depuis plus d’un an. Sur la place de la cathédrale, pas l’ombre d’une silhouette, pas une lueur de coquelicot.
    Les derniers vendredis étaient de plus en plus clairsemés. De mois en mois, le cercle des fidèles se resserrait. Les dix doigts de nos mains suffisaient à nous compter. Nous avions connu des soirs de vent, de froid, de pluie ; nous étions peu nombreux, mais nous étions là.
    Ce 1er novembre marquerait-il la fin de quelque chose ? L’Ankou aurait-il fauché la ferveur qui nous tenait rassemblés ? N’était-ce qu’un moment de basses eaux avant le retour de grandes marées ?
    Je ne veux pas démoraliser, et moins encore sous-estimer ce qui a émergé et grandi, au-delà même des convaincus, ce qui continue d’irriguer nos espérances, nos élans. C’est incommensurable. C’est irrévocable. Et peut-être qu’ailleurs, le mouvement des coquelicots porte haut l’étendard ? Peut-être que l’essoufflement que je perçois, ici et dans d’autres contrées, est simplement local et conjoncturel ?
    Je sais aussi que tenir sur la durée, avec toute la vaillance et l’ardeur nécessaires, n’est jamais acquis. Je sais que l’enjeu exige de nous une détermination inédite. Je sais qu’il me faut livrer bataille contre ma propre pente inclinant vers le retrait d’ermite désabusé sur le déclin. Ainsi, la veille de ce 1er novembre, comment ne pas évoquer ma stupeur, et rétrospectivement mon dépit, à la vue des centaines de silhouettes déambulant dans le soir d’Hallowen. Et, s’imposant à mon souvenir, ces milliers d’âmes déambulant à la moindre occasion festive, culturelle, commerciale… Bien sûr, ce n’est pas du même ordre, l’un n’empêche pas l’autre, les choses ne s’opposent pas nécessairement. Mais quand même. Où sommes-nous ?
    Où trouver les forces demain ? Le second souffle, la saine colère, comment les raviver ? D’où viendra l’étincelle qui allumera les contre-feux partout où ça brûle ? Faudrait-il un appel dans l’Appel ? Un recensement des idées, des initiatives, des témoignages auprès des amis des coquelicots, de leurs sympathisants ? Un évènement d’ampleur nationale comme l’organisation d’un procès fictif, un grand rassemblement au printemps, la réalisation d’un film ? Un refus de payer la part de l’impôt consacrée au financement de l’agrochimie et de ses conséquences, avec versement des sommes correspondantes sur un compte bloqué, à l’image de l’opération Nénuphar contre la pollution de l’eau au robinet ? Un boycott massif, à commencer par les cantines scolaires qui ne seraient pas engagées dans une vraie démarche de menus bios et locaux ? Une interpellation des candidats aux prochaines municipales ? Des actions plus fortes ?
    Je n’ai pas les réponses. Nous les trouverons ensemble. Oui, nous lèverons la dormance des graines qui ne demandent qu’à devenir des fleurs. Ou alors ?

  8. Cher Frédéric Wolff, il n’y a rien de moins « miséreux » que vos textes. Ils sont la vie même, témoignant contre la marée servile qui voudrait nous submerger. Il est si facile, et illusoire, d’être cynique. Je l’ai été, je le serais peut-être, mais vos écrits me rendent fier d’appartenir à l’espèce humaine, et nous avons besoin de ça, de raisons d’espérer. C’est le rôle des artistes, comme écrivait Deleuze: Nous donner des raisons de croire en la réalité des choses. Et il n’y a rien de plus doux, de plus joyeux que la fidélité, qui n’est pas une prison, qui n’est pas « l’ajournement perpétuel de l’heure de la trahison » (formule terrifiante de Lévinas) mais au contraire, l’échappée constamment renouvelée, le plaisir infini de la libération de nos chaînes. Je ne sais si nous nous rencontrerons un jour, mais vos textes lumineux sont toujours avec moi.

  9. @Frédéric Wolff
    A Prades dans les Pyrénées Orientales, nous étions une vingtaine, dans la nuit de ce premier novembre.
    Une fois la photo prise et le texte du jour lu, nous avons chanté les chansons détournées comme à chaque rendez-vous.
    Nous tenons bon ! Pas question de baisser les bras.
    Beaucoup de gens ne connaissent pas encore l’Appel des Coquelicots.

  10. Bonjour à toutes et tous, bonjour Fabrice
    Il est des jours où les nouvelles, à défaut d’être bonnes sur le fond (parce qu’elles montrent à quel point l’état de la situation…), n’en demeurent pas moins des signes qui confortent les choix de vie et de combat qui sont les nôtres :
    Sur les SDHI :
    https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/selon-l-inserm-une-molecule-utilisee-dans-des-fongicides-agricoles-est-toxique-pour-l-environnement-et-pour-l-homme_3693023.html
    Sur les arrêtés anti-pesticides pris courageusement par les maires de nombreuses communes :
    https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/pesticides/glyphosate/le-tribunal-administratif-de-cergy-pontoise-valide-deux-arretes-anti-pesticides-a-gennevilliers-et-sceaux_3694353.html
    Bien à vous toutes et tous
    Prenez bien soin de vous

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