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Lula, grand couillon devant l’Éternel (sur les JO)

Vous avez entendu les nouvelles comme moi : les Jeux olympiques de 2016 auront lieu au Brésil, et non pas dans le Chicago d’Obama, et non pas dans le Japon des yakusas, et non pas dans le Madrid du vieux franquiste Juan Antonio Samaranch. Avant cette date, le Brésil accueillera dès 2014 la Coupe du monde de foot, et si après tout cela, le Parti des Travailleurs (PT) du président Luiz Inácio Lula ne reste pas au pouvoir un siècle au moins, ce sera à désespérer de la télé, des paillettes et des plumes dans le cul.

Le grand journal brésilien de Rio, O Globo titre sur toute la largeur de sa une : Lula, Obama ligou duas vezes do Air Force 1 para dar os parabéns. Ce qui veut dire que le président américain Obama a appelé deux fois Lula depuis son avion Air Force 1 pour féliciter l’ancien métallo de São Paulo. La messe est dite. L’ancien pauvre que fut Lula aura pleuré dans son mouchoir en direct live, à la télé, et le pire de tout, à n’en pas douter, est qu’il était sincère. Il n’y a rien de pire qu’un pauvre qui passe sa vie à être reconnu par les riches. J’ai quelques lumières sur le sujet.

Les JO vont coûter entre 12 et 20 milliards d’euros, mais le bonheur national n’a pas de prix. Je vous ai parlé plus d’une fois (notamment ici) du délire qui s’est emparé de ce grand corniaud de Lula. Son rêve si banal, son rêve si banalement cauchemardesque est de placer le Brésil dans le groupe des huit puissances majeures du monde. Il est en train d’y parvenir. Avec l’éthanol tiré de la canne à sucre – et de la sueur des crève-misère -, qui fait rouler les bagnoles. Avec le pétrole off-shore, dont les nouveaux gisements paraissent très prometteurs. Avec les 60 centrales nucléaires – 60 ! – programmées au cours des prochaines décennies. Avec les armes qu’il achète en priorité à la France par milliards d’euros. Avec le soja transgénique planté sur des millions d’hectares, qui remplit les poches des amis de la présidence et la panse de notre si cher bétail. Avec des barrages de plus en plus grands sur les principaux affluents de l’Amazone, fleuve des fleuves. Avec des routes transamazoniennes de plus en plus belles, de plus en plus larges, pour permettre de sortir le bois de nos placards et d’entrer les défricheurs.

Les paysans sans terre restent et resteront sans terre. La grande forêt ne pèse et ne pèsera de rien en face des lamentables plans de l’équipe au pouvoir. De rien, inutile de rêver. Le Brésil suit à la lettre la trace que notre Occident malade laissera dans l’histoire : celle du gaspillage effréné de ce qui reste. Celle du clinquant, de la fête sur le pont du Titanic. Rappelons à tout hasard que Lula est de gauche, et que tous les états-majors socialistes français lui ont déjà déplié le tapis rouge un nombre incalculable de fois. Rappelons la vérité, cela changera.

La grenouille à croc du Mékong (et monsieur Henri Proglio)

Je vous signalais en juillet une campagne mondiale contre six projets de barrages – criminels, forcément criminels – sur le Mékong, fleuve qui abreuve directement des dizaines de millions d’hommes et un nombre incalculable d’animaux et de plantes (ici). Le Mékong et ses environs sont l’une des dernières vraies grandes merveilles du monde. Il existe encore, entre Cambodge, Laos et Vietnam, des forêts tropicales intactes, qui cachent bien des mystères.

La preuve immédiate par le Programme du Grand Mékong, une aventure scientifique lancée par le WWF. Au cours de l’an passé, pas moins de 163 espèces nouvelles ont été découvertes par les équipes de Stuart Chapman, le directeur du programme (ici). Je dois dire que c’est à peine croyable. Parmi les 100 plantes, 28 poissons, 18 reptiles, 14 amphibiens, deux mammifères et une espèce d’oiseau trouvés dans cette wilderness tropicale, une mention pour une grenouille à croc, qui attend ses proies dans la boue. Ce que mange Limnonectes megastomias ? Éventuellement des oiseaux, et beaucoup d’insectes.

Parmi les autres splendeurs, les chercheurs ont pu nommer un gecko doté d’une peau de léopard qui semble tout droit venu d’une autre planète que la nôtre. L’oiseau, quant à lui, s’appelle Nonggang babbler (Stachyris nonggangensis) et il marche le plus souvent, ne s’envolant que lorsqu’il est réellement effrayé. Tout cela s’appelle, aux dernières nouvelles, la vie. Les chercheurs du Greater Mekong Program s’inquiètent déjà des effets du dérèglement climatique sur toutes ces nouvelles espèces. Ils ont sans doute raison, mais si on commençait par donner un coup de pied au cul à tous ceux qui défendent ici, dans les bureaux d’études et d’ingénierie, les désastreux programmes de destruction du Mékong ? Vous voulez un nom ? EDF, qui adore faire – et ne jamais défaire – des barrages. Oui, je sais, Sarkozy vient de donner les clés de ce géant à Henri Proglio, qui dirigeait auparavant cet autre géant – de l’eau – qu’est Veolia, nouveau nom charmant de la Générale des Eaux, beaucoup, mais beaucoup moins présentable.

La morale ? Y en a pas. La morale, c’est d’en trouver une, tournée vers l’action immédiate. Car les espèces qui disparaissent dans le trou noir creusé par les ingénieurs ne reviendront pas. Jamais.

Le voleur et le fourgue (Lula, Sarkozy, 36 Rafale)

Je ne devrais pas me vautrer dans l’autopromotion, mais je suis ainsi fait. Et voici donc un conseil on ne peut plus désintéressé : lisez-moi plus souvent. Il y a presque un an, dans un papier intitulé Isto é o Brasil ! (Lula en plein délire), j’annonçais la vente prochaine d’avions Rafale au Brésil (ici). Je notais au passage cette cruelle évidence : « Lula est donc comme ces lamentables politiciens que nous connaissons tous. Son rêve de bas étage consiste à changer le destin du pays qui l’a élu. De le faire entrer dans le club des cinq ou six pays les plus puissants de la planète. Et d’entrer du même coup dans les livres d’histoire. Sans se demander s’il y aura encore, à l’avenir, des livres d’histoire. Sans se demander s’il y aura encore une histoire ».

Vous le savez donc désormais comme moi : la France de Dassault, celle que je déteste plus qu’aucune autre, vient d’engranger un contrat qui pourrait atteindre 5 milliards d’euros pour 36 Rafale. Le Rafale, ce formidable avion que nul ne nous envie, était jusqu’ici réservé à nos glorieuses armées, celles qui sautent sur les mines des chemins d’Afghanistan. Comme cet avion était indispensable ! Et comme Lula a eu raison de ponctionner ainsi le trésor national brésilien !

À ce stade, je vous l’avoue, j’aimerais qu’une fée aux yeux bleus m’emmène avec elle au pays des elfes. Je marcherais avec délice dans des prés rouges aux fleurs noires, j’embrasserais mes douces voisines, toutes belles à pleurer, et j’irais me baigner nu dans le grand fleuve violine où disparaissent péchés et souffrance. Au lieu de quoi je vous entretiens d’un brigandage de plus, dans cette liste qui n’a évidemment aucune fin.

Brigandage. Bien sûr. Piquer 5 milliards d’euros à l’avenir, aux paysans sans terre, à la forêt amazonienne, aux colibris, aux jaguars, aux tapirs, c’est un vol manifeste. Lula est donc un voleur, et Sarkozy un receleur qui devrait comme il se doit finir en taule. Car qu’est donc un receleur ? Un type – une fille, plus rarement – qui soustrait à la justice des biens qui ont été dérobés. Qui pourrait nier que les Rafale de M. Dassault ont dérobé des ressources destinées au peuple français ? Qui pourrait nier que l’argent public englouti dans ce fiasco gigantesque aurait été mieux utilisé ailleurs ? Mais le droit, et ce n’est pas la première fois que cela lui arrive – ici, rire préenregistré – est en retard sur la marche du monde. Le crime écologique n’est pas punissable.

Comme ma fée aux yeux bleus et mes belles voisines tardent à arriver – espero, j’attends et j’espère -, je me sens obligé de vous délivrer une moins mauvaise nouvelle que l’annonce de la vente de Rafale par Sarkozy-le-fourgue. Sachez-le si vous l’ignorez, ce grand crétin de Lula ne peut se présenter une troisième fois aux élections présidentielles. Or les prochaines auront lieu en octobre 2010. Lula étant sur la touche, il a intronisé – il ne faut surtout pas se gêner – Dilma Rousseff comme successeur. Une femme, qui ferait exactement la même politique.

Ce qui ne serait pas le cas, du moins peut-on l’espérer, de Marina da Silva, ancienne ministre de l’Environnement de Lula. Non seulement elle a quitté son poste avec éclat, mettant en cause notamment la politique officielle vis-à-vis des sans-terre et de la grande forêt, mais elle vient d’annoncer son ralliement au petit parti écologiste. Tout n’est pas fait, mais elle pourrait bien défier Rousseff dans un an (ici). Elle n’a pas que des qualités, comme en témoignent ses graves ambiguïtés sur le darwinisme et ses liens – qui expliquent tout – avec les mouvements évangélistes d’origine protestante.

Elle n’a pas que des qualités, mais à l’inverse de Rousseff, elle n’a pas que des défauts. En conséquence, moi qui ne vote (presque) jamais en France, je me demande quelles démarches accomplir pour voter l’an prochain là-bas. Mais je vois approcher ma bonne fée, et même quelques délicieuses voisines, et je me propose de leur poser la question. À moins qu’elles ne m’en laissent pas le temps. Je les connais, c’est possible.

À une autre armée de connards (sur la bagnole)

Vous savez quoi ? Peut-être bien que non. « Édité par le groupe ETAI, Auto Infos est, depuis 1945, LE magazine de référence sur l’actualité de la distribution, de la réparation et des services automobiles ». C’est une citation, vous pensez bien que je n’écrirais pas des choses pareilles de moi-même (ici). En tout cas, ce magazine m’aura appris une chose si fantastique que je vous en fais profiter aussitôt. Ne suis-je pas, au fond, un homme serviable ?

Le 28 août dernier, Auto Infos a publié un article dont voici le titre : « L’industrie automobile serait à la veille d’une phase de croissance massive » (ici). Bien entendu, la tête farcie des annonces apocalyptiques – pour elle – venues de l’industrie de la bagnole, j’ai eu la tentation de poursuivre. Bien m’en a pris. L’article est génial, admirable dans sa loufoquerie, et plein d’un sens de la pédagogie certes involontaire, mais impressionnant tout de même. Que dit-il ? Par lui-même, pas grand chose. Mais il cite une étude d’un grand cabinet de conseil américain, Booz & Company.

Je mentirais en disant que j’ai lu ce travail dans sa version originale anglaise, mais vous pouvez le faire sans moi (1). Le résumé qu’en fait l’illustre Auto Infos m’aura suffi. Et voici : la crise de l’automobile est imaginaire, car les plus belles années de la bagnole individuelle sont devant nous. Pour une raison imparable : les ventes devraient augmenter de 600 % dans les pays « émergents» d’ici 2018. Il existe sur terre la bagatelle de 672 millions d’autos, mais elles seront – seraient, d’après  Booz & Company – 1,1 milliard en 2013, puis 1,5 milliard en 2018. Or donc, dans moins d’une dizaine d’années, deux fois plus de voitures sur terre qu’aujourd’hui.

Le groupe dit BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) assurerait une bonne part de ce qu’il faut bien appeler une révolution. Une révolution totale et définitive. Il est possible, bien que très peu probable, qu’un tel événement survienne. Il en adviendra d’autres. En tout cas, aucun des imbéciles qui croient en ces âneries n’imagine une seconde ce que signifierait vraiment un déferlement aussi massif. Les ponctions invraisemblables qu’il faudrait consentir dans le budget des particuliers et des États pour acheter ces merdes et fabriquer les routes et parkings à elles dédiés. Ces budgets pharamineux ne seraient évidemment pas employés pour l’agriculture vivrière, la restauration des écosystèmes naturels, l’éducation, l’assainissement de l’eau, etc.

Aucune de ces andouilles n’a entendu parler de limites physiques, de crise climatique, de thrombose des principales villes du monde, de manque in fine des matières premières indispensables à la construction d’une telle flotte et à son entretien. Pas un, pas une ne comprend qu’une semblable évolution serait de facto une guerre civile mondiale entre qui ceux roulent et ceux qui marchent. Pas un, pas une n’imagine jusqu’à quels drames sociaux, politiques, écologiques bien sûr, conduirait la fabrication de plus de 800 millions de véhicules en acier et plastique en seulement neuf années. 800 millions en admettant qu’on garde ceux qui existent, ce qui ne sera pas le cas. Disons un milliard.

Bref. Mais l’industrie, que ces gens servent de leurs petites mains ingénieuses ? Mais GM, Renault, PSA, Toyota, Volkswagen ? À votre avis, comment les  « décideurs » de l’univers mécanique de la bagnole prennent-ils ce genre de bobards ? Pensez-vous que M. Carlos Goshn, notre patron chéri de Renault-Nissan, rigole un bon coup, et part boire un verre avec des amis ? Franchement, je doute. L’industrie est par nature amorale, et ne cherche d’autre but que sa perpétuation et la satisfaction financière de ses maîtres. À coup certain, elle ne peut que saliver en face de telles perspectives.

Nos vertueux constructeurs automobiles sont donc en train di mostrare i denti – montrer les dents -, de retrousser aussi leurs manches avant de se lancer dans l’immense bagarre planétaire qui s’annonce. Oubliées, les fumeuses envolées sur la pseudo voiture verte ! Cela fait trente-cinq ans que la bagnole promet d’être plus économe en essence, en puissance, en émissions de gaz. Trente-cinq ans de foutage de gueule intégral. Je rappelle que l’usage de la clim’, imposé en France il y a quelques années sur les voitures neuves, augmente la consommation de combustible de 15 % ! Et je ne parle pas de tous les rajouts commerciaux qui ont systématiquement aggravé les choses. À quoi bon ? L’industrie ne pense pas, ce n’est pas son rôle. L’industrie mord à la gorge, et avance. La bagnole, vous l’aurez sans doute reconnue, n’est autre que le chien des Baskerville. Un monstre, certes, mais qui appartient tout de même à quelqu’un.

Concluez avec moi, ce ne sera pas difficile, que la voiture est l’ennemie du genre humain. L’ennemie directe de villes vivables, de sociétés équilibrées, d’hommes en bonne santé. L’adversaire mortelle de tout projet d’autonomie et de paix entre égaux. Je ne vois quel compromis nous pourrions passer avec une telle folie. Ou ce sera elle, et le chaos général que les fantasmatiques projets de Booz & Company annoncent. Ou ce sera autre chose. Mais les deux en même temps, je ne pense pas. Et vous ?

(1) Il s’agit d’un PDF que vous devez charger à l’adresse suivante : www.strategy-business.com/media/file/enews-07-29-09.pdf

Ça ne plaisante plus (sur l’aéroport Notre-Dame-des-Landes)

Vous le savez, tout le monde devrait savoir qu’un projet d’aéroport – Notre-Dame-des-Landes – menace d’engloutir 1400 hectares de bocages merveilleux. Merveilleux et préservés au point qu’ils sont classés par nos grands bureaucrates dans la série ZNIEFF (zone naturelle d’intérêt écologique). Cela se passe à Nantes, ville dirigée par un pauvre monsieur Ayrault, socialiste comme ce parti en pond chaque matin dans ses incubateurs intensifs. La droite et la gauche sont TOTALEMENT d’accord pour pulvériser un lieu de beauté et le changer en une zone aéroportuaire à l’air surchargé de kérosène. S’il était besoin d’une preuve, la voici. Tous ces gens préfèrent la fuite en avant.

Il n’y a donc pas d’autre choix que la bataille frontale. C’est ainsi. Mais elle commence – déjà – à prendre une très vilaine tournure. Une habitante des lieux, une habitante des lieux menacés – je remercie M., évitant de la nommer – m’envoie à l’instant la copie d’un article du quotidien nantais Presse Océan en date du 8 août dernier. Je crois, connaissant un petit peu la musique, qu’il est la première pierre d’un redoutable édifice (ici). On veut, c’est clair, criminaliser le mouvement naissant pour mieux l’écraser.

Attention ! Je ne prétends pas qu’il existe, caché quelque part, un ténébreux personnage occupé à tirer les ficelles. Je ne suis ni ne serai jamais conspirationniste. Mais il est manifeste que, consciemment ou non, les partisans les plus militants de l’aéroport songent déjà à une contre-offensive, au demeurant fort classique. L’article de Presse Océan, insupportable de bout en bout, signale peut-être le début d’une nouvelle manche.

Que dit-il ? Prenons son titre : « Le visage des encagoulés ». Sous-titre : « Ils appartiendraient à la mouvance “anarcho-autonome” ». Cela ne vous rappelle rien ? Si. Tarnac. Julien Coupat. La traque insensée d’armées de flics tentant à toute force de démontrer qu’une bande de jeunes se sont attaqués aux lignes de chemin de fer. Alliot-Marie, hier ministre de la police, s’est déconsidérée un peu plus – mais est-ce possible ? – en affirmant sur l’air des lampions que ces jeunes révoltés étaient des apprentis terroristes.

C’est la même chanson à Notre-Dame-des-Landes. La même. Le titre de Presse Océan renvoie à un vol organisé dans un supermarché de Vigneux-de-Bretagne. Une photo illustre le tout, prise par une caméra de surveillance. Deux « encagoulés » se servent dans ce qui semble être un présentoir de bouteilles de Champagne. Ma foi, j’espère pour eux qu’il était bon. Et ? Tout le reste n’est que filandre. Un abominable tricotage, partant de ce fait divers, aboutit au projet d’aéroport. Car certains opposants locaux jamais nommés auraient fait affaire avec ces « anarcho-autonomes », ces détrousseurs de marchands. Toutes les sources du journaliste sont masquées, incertaines donc, ce qui ne veut pas dire douteuses.

Moi qui connais ce métier, je vois bien qu’aucun militant n’a accepté de parler au plumitif. Moi qui connais ce métier, je vois combien les « sources proches du dossier », évoquées, ne doivent pas être trop éloignées de la gendarmerie du coin. Au reste, cette dernière est utilisée comme référence. Et quelle ! Les gendarmes « soupçonnent clairement certains de ces partisans [anarcho-autonomes ] d’avoir participé jeudi au pillage du Super U de Vigneux-de-Bretagne ». Soupçonnent ! Pas de preuve, pas d’interpellation, juste un soupçon. Et tout l’article part néanmoins de là !

Je vous laisse juge de ce passage, où rien n’est authentifié. Où rien n’est, comme on dit, sourcé. Quelle belle vie que celle de romancier ! Lisez donc : « Les profils de ces activistes varient. “Côté âge, ça va du mineur au retraité”. La plupart sont désocialisés : étudiants attardés, Rmistes, allocataires de pension X ou Y… À l’intérieur même de cette mouvance, des sous-groupes émergent. Le milieu a ses codes. Lacets rouges sur des Rangers ? Ce sont les Redskins. Il a aussi ses slogans : “Soyons touTEs des électrons libres et de notre union naîtra la bombe atomique sociale”. Côté message politique, la confusion règne. “Ils veulent tout se réapproprier, sans aucun système de hiérarchie. Mais l’autogestion n’a jamais été un mode de fonctionnement politique”. Ils se réunissent parfois dans un local associatif, baptisé le B17, siège d’associations et partis politiques à Nantes, en bas de la rue Paul-Bellamy ».

Un minuscule commentaire : qui a prononcé les phrases placées entre les guillemets à l’anglaise ? Une déontologie de base contraint tout journaliste à le préciser quand des mots apparaissent comme des citations. Car autrement, n’est-ce pas, tout devient possible. Oui, qui a pu dire, selon vous, «Côté âge, ça va du mineur au retraité» ? Vale, il n’est pas encore question de pleurer. La vie et le combat impliquent de prendre des coups. Voici ce que j’appellerai un crochet du droit, sévère. Il s’agit simplement de rester souple, de reculer d’un pas, puis de revenir avec un magnifique uppercut qui fera trembler ces mâchoires imbéciles. J’y ajouterai personnellement un straight-punch, autrement dit, un direct. Mais cela peut attendre.