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La betterave, le ministre et le « syndicat »

Ce texte a été publié hier le 6 août sur le site https://nousvoulonsdescoquelicots.org

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Nous sommes le 6 août, et il se passe dans la torpeur de cette énième canicule un événement hors du commun : le gouvernement est prêt à remettre en circulation un pesticide interdit, l’un de ces néonicotinoïdes massacreurs d’abeilles et de tant d’autres insectes. Au motif qu’une maladie des plantes, la jaunisse virale, menace le niveau de production de la betterave industrielle. Notons que cet argument, qu’il soit sérieux ou fallacieux, peut être ressorti dans d’innombrables autres occasions. Et constatons qu’il s’agit de modifier la loi de la République pour complaire à des intérêts on ne peut plus particuliers. À ce stade, c’est une déclaration de guerre à ces millions de Français qui ont déjà exprimé, au travers du mouvement des Coquelicots ou par leurs achats quotidiens qu’ils voulaient la fin de ce système criminel.

Inutile ici de trop insister : oui, ce système irresponsable est aussi criminel, car il s’attaque au vivant, à cette chaîne si fragile du vivant, jusques et y compris à la santé des humains. La science, la science vivante – en l’occurrence le CNRS et le Muséum national – documente l’effarante disparition des oiseaux et des insectes. Pas au Penjab ou à Djibouti, en France. Ce désastre repose sur une alliance de longue date entre le ministère de l’Agriculture et ses pseudopodes, les firmes de l’agrochimie et ce si curieux « syndicat » qu’est la FNSEA, dont l’action continue semble être d’accompagner la mort des paysans et le triomphe des grosses machines et de la chimie de synthèse.

Mais revenons aux faits. Ce 6 août, le ministère de l’Agriculture a publié un communiqué par lequel il promet à l’industrie agricole de la betterave un changement de la loi. Celle-ci interdit depuis le 1er septembre 2018 sept pesticides néonicotinoïdes pour la raison certaine qu’ils s’attaquent à l’un des biens communs les plus précieux : les pollinisateurs. Qui a notamment porté cette loi aussi impérieuse que tardive ? Madame Barbara Pompili, alors secrétaire d’État à la biodiversité, aujourd’hui ministre d’État, en charge de la transition écologique. Sur son blog, madame Pompili écrivait en 2018 : « Je suis très fière d’avoir, avec d’autres, obtenu cette grande avancée dans la loi biodiversité‬ en 2016. Une pensée pour celles et ceux qui se sont battus avec moi dans un contexte difficile : Geneviève Gaillard, Jean-Paul Chanteguet, Viviane Le Dissez, Delphine Batho, Ségolène Royal et d’autres que je remercie pour leur courage et leur détermination ».

Il va de soi, dans ces conditions, qu’il n’y a pas de place dans le même gouvernement pour madame Pompili et monsieur Denormandie, le nouveau ministre de l’Agriculture. Ou l’une ou l’autre. Il n’est pas impossible que, sans s’en rendre compte lui-même, Emmanuel Macron se soit mis dans une situation infernale. Nous verrons bien. Mais dès maintenant, il faut essayer de comprendre ce qui se passe. Et la première évidence, c’est que la betterave intensive est, pour le vaste lobby de l’agriculture industrielle, au cœur de cette noble activité.

D’abord parce que c’est la première production agricole française, qui fait de notre pays le deuxième producteur au monde, mais le premier dans le domaine des biocarburants venus de la betterave. Les défenseurs de ce système ne semblent pas gênés, après avoir juré mille fois qu’ils existaient pour nourrir le monde, de distraire des quantités toujours croissantes de plantes alimentaires pour faire rouler des bagnoles. On ne sait pas si la France utilise une autre technique répandue aux États-Unis, mais on n’en serait pas surpris : là-bas, on utilise la betterave comme revêtement routier. Très pratique, paraît-il.

Donc, une industrie centrale. Bien entendu, et comme à chaque fois que le poste de ministre de l’Agriculture change de pensionnaire – M.Guillaume est sans doute en vacances au Pays basque, remplacé par M.Denormandie -, le lobby teste le petit nouveau. Sera-t-il aussi flexible que tant d’autres prédécesseurs ? Jusqu’où pourra-t-on pousser ces multiples avantages accordés à l’industrie de l’agriculture depuis désormais 75 années ?

Mais ce test habituel, ô combien réel, ne doit pas masquer une autre réalité : M.Denormandie et son cabinet étaient au point de départ (très) favorables au lobby agro-industriel, et c’est d’ailleurs pour cela et rien d’autre qu’ils sont en place. Voyons d’un peu plus près, ce sera éclairant. Qui est M.Denormandie ? Un ingénieur du génie rural et des eaux et forêts, grand corps technique d’ingénieurs d’État qui a fusionné avec celui des Ponts et Chaussées. Et que trouve-t-on dans son cabinet ? Des ingénieurs du génie rural et des eaux et forêt, comme Carole Ly ou Pierre Marie, et même un ancien employé du plus vaste lobby agro-industriel de la planète appelé ILSI – Bayer-Monsanto, BASF, Syngenta, DuPont, Dow -, Pierre Dussort. En charge au cabinet de la…souveraineté alimentaire.

Ces gens-là ne possèdent qu’une vision, quelles que soient leurs éventuelles qualités personnelles. Le corps du génie rural et des eaux et forêts truste depuis des décennies tous les postes de responsabilité publique dans le domaine de l’agriculture, et il est le grand responsable technique de l’industrialisation des campagnes et de la mort des paysans. Tout a été entrepris sous son contrôle, et souvent à son initiative : le drainage des zones humides, le remembrement et donc la disparition des bocages et des talus boisés, le « recalibrage » des rus et ruisseaux, l’usage massif des gros engins et de la chimie de synthèse. Il serait vain de demander à de telles personnes de miser sur le chant de l’alouette et le bonheur de l’agro-écologie.

Une anecdote pour finir. Nous sommes en 1970 et Jean-Claude Lefeuvre – il deviendra l’un de nos plus grands écologues – emmène ses étudiants dans le haut-bassin de la Vilaine. Ils constatent la présence dans l’eau de 10 mg de nitrates par litre d’eau. C’est tout nouveau, et cela intervient – tiens – après une opération de remembrement. Génial précurseur, Lefeuvre comprend que l’élevage industriel qui déferle et l’agriculture intensive qui s’étend vont fatalement farcir les eaux de Bretagne de ce poison. Il alerte. En 1970. Et le directeur régional de l’Agriculture, ingénieur du génie rural comme M.Denormandie, lui rétorque : « Monsieur, vous ne devriez pas affoler les populations avec des problèmes qui n’en sont pas. Il n’y a aucune raison de s’inquiéter pour les nitrates ».

En 1976, la situation est déjà dégradée, et Lefeuvre récidive devant les quatre directeurs départementaux de l’Agriculture de Bretagne, tous ingénieurs du génie rural comme M.Denormandie. Le directeur régional de l’Agriculture qui les commande – un autre que celui de 1970, mais tout autant ingénieur du génie rural – lui lance cette fois : « Monsieur Lefeuvre, s’il y a un problème, nos ingénieurs sont là pour s’en occuper ».

Ce projet de modification de la loi française en faveur des betteraviers est une pure et simple infamie

À ceux qui croient au père Noël vert

Publié par Charlie

On me demande de tous côtés – hélas, rien de moins vrai -, ce que je pense de cette fameuse « poussée verte » qui a conduit à l’élection de maires « écologistes » à la tête de quelques grandes villes. Eh bien, commençons par dire du bien de quelques-uns et unes d’entre eux. Les mairesses de Strasbourg et de Marseille – que je ne connais nullement – me paraissent être d’excellentes personnes, et ma foi, tant mieux pour les locaux. Je dois, par ailleurs, avouer ma (bonne) surprise à propos du nouveau maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, que je n’ai jamais vu. Le voilà qui parle de décréter « l’état d’urgence climatique » et de s’attaquer pour de vrai à la bagnole, cette monstruosité sociale, économique, psychologique, écologique enfin. On verra.

Pour le reste, quoi ? Rien. Je rouvre devant toi, ma lectrice de choc, mon lecteur d’acier, un numéro de mars 1989 de l’hebdo Politis. On y lit sur la couverture, en deuxième titre : « Municipales, la percée verte ». Où veux-je en venir ? Pas loin. Tout passe, tout lasse, tout revient et disparaît. Waechter fait 3,78% à la présidentielle de 1988, Voynet 3,32 % en 1995, 1,57% en 2007, Eva Joly 2,31% en 2012. Aux régionales de 1992, les Verts et Génération Écologie obtiennent 14% des voix. Aux Européennes, Waechter arrache en 1989 la bagatelle de 10,59% quand Cohn-Bendit n’atteint que 9,72% en 1999, déclenchant pourtant des cris d’extase, surtout parmi ses nombreux amoureux transis des médias. En 2009, le même gagne 16,28%, et quand Jadot fait 13,49% en 2019, à nouveau, la presse s’enflamme et le proclame roi de France, ou peu s’en faut.

Ce n’est pas agréable à lire, mais tout cela est une bouffonnerie. D’un côté, les écolos – un mot honni sous ma plume – vont répétant que la planète est en danger, qu’il ne reste que dix ans, trois, six mois, trois jours ou quatre heures pour éviter la fin du monde, et de l’autre, ils misent tout sur l’élection suivante, qui ne change ni ne changera jamais rien.

La raison en est (presque) simple : le vote s’inscrit dans une réalité qui n’existe plus. Celle des nations, celle d’une histoire finalement immobile ou invariante, celle d’avant la crise écologique planétaire. Par chance, on peut encore se moquer. Ainsi, dans les mois qui viennent, va-t-on assister à une bagarre au couteau entre les deux prétendants pour la présidentielle de 2022 : Yannick Jadot contre Eric Piolle.

Le premier est exécré par le micro-appareil vert et son secrétaire national, Julien Bayou. Incapable d’avoir beaucoup d’amis et de soutiens, il part avec un handicap sévère. Le maire de Grenoble Piolle, en revanche, soutenu par Bayou, se voit déjà investi. Les deux n’ont aucun différend politique, mais veulent la même place. Un choc d’ambitions, un conflit entre Lilliputiens.

Une mention pour Cécile Duflot, qui a abandonné le navire en perdition en 2017. Bananée à la primaire écologiste d’octobre 2016, qui consacre son ennemi « mortel » Jadot, elle se tire chez Oxfam-France, dont elle devient directrice générale. Sans un mot d’explication sur le désastre du mouvement qu’elle a dirigé, dont le fleuron est un certain Jean-Vincent Placé, fier amoureux – authentique – de l’armée française et de Napoléon. À Oxfam, elle s’emmerde d’autant plus qu’elle a le sentiment d’avoir loupé une occase, et continue à tirer les ficelles en faveur de Piolle. Tout plutôt que Jadot.

C’est donc à pleurer, car cette pantomime condamne à l’impuissance totale ceux qui continuent à croire à ces jeux de maternelle. Et selon moi, il n’y a rien à faire. Rien à faire d’autre que de clamer cette évidence : la crise de la vie sur terre, sans aucun précédent dans l’histoire des hommes, exige une rupture mentale complète. Il faut inventer des formes neuves, envoyer au compost les anciennes, assembler toutes les énergies encore disponibles dans un vaste programme contre la destruction du monde. Peu importe que nous soyons dix, ou cinquante, ou cent au point de départ. Il n’y a pas d’autre solution que de penser. Et d’agir. Pour de vrai. Pour de bon. Y a-t-il des volontaires ?

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De la taule pour les forbans du lac de Caussade

Lac de Caussade, 77ème épisode. Le Lot-et-Garonne, où se passe l’intrigue, est un champion parmi d’autres de l’agriculture irriguée. La Coordination rurale, syndicat qui ferait passer la FNSEA pour une antenne du NPA, tient la chambre d’agriculture. Et ses charmants chefaillons décident en octobre 2018 de commencer la construction d’un lac de retenue de 20 hectares, qui sera rempli par le ruisseau de Caussade. 920 000 m3 seront ainsi mis à la disposition d’une poignée d’irrigants, 20 ou 30.

Les travaux sont entrepris sous le contrôle de la chambre d’Agriculture, illégalement. Pas très grave, car tous les officiels se sont couchés les uns après les autres. La préfète, les ministères – De Rugy, encore bravo -, les gendarmes.

Le 7 juillet encore, les charmants bambins de la Coordination rurale faisaient bénir à l’encensoir la retenue par un diacre en aube blanche, René Stuyk (1). Sans l’endurance d’Anne Roques, de France Nature Environnement (FNE), on aurait concocté dans les coulisses un arrangement, mais voilà : il existe encore des braves. Et le 10 juillet, le tribunal correctionnel d’Agen a condamné les deux matamores – président et vice-président de la chambre d’agriculture – à la taule.

Serge Bousquet-Cassagne a pris neuf mois fermes, avec révocation d’un sursis de quatre mois, et Patrick Franken huit, avec levée d’un sursis de quatorze mois. Iront-ils rejoindre les 70 000 prisonniers français ? Malgré ce qu’on pense d’eux, on ne leur souhaite pas. Et de toute façon, il y a appel. On ne sait pas encore si le barrage sera vidangé, comme le réclame FNE, mais plusieurs rapports montrent qu’il n’a pas été construit dans les règles de l’art. Et qu’il menace de se rompre.

Reste la grande leçon de cette misérable affaire : même en France, le partage de l’eau devient une question politique et morale. À qui appartient-elle ? Au plus gueulard de la bande ? Aux écosystèmes, qui rendront au centuple ce qu’on leur aura laissé ? Le lac de Caussade a des allures de guerre. Pour l’heure, picrocholine.

(1) ladepeche.fr/2020/07/07/les-batisseurs-ont-fait-benir-le-lac-de-caussade-8968314.php

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Un Darmanin sympa au Cambodge

Dans l’histoire récente, à part le Rwanda, on ne voit pas d’équivalent. Le Kampuchéa – Cambodge – était jadis une simple contrée paysanne – nullement idyllique, seulement paisible -, avant d’être entraîné en 1970 dans la guerre au Vietnam sur décision américaine. La Chine s’en mêle, en partie responsable de l’apparition des Khmers rouges, puis le Vietnam, qui y place ses marionnettes après son invasion de 1979.

Quoi de neuf ? Eh bien Sar Kheng. Ce ministre de l’Intérieur d’un gouvernement pourtant corrompu à l’os, fait des siennes (1). Le ministre vient en effet de lancer une campagne détonante contre l’accaparement des terres. Notamment au cours d’un discours prononcé devant des cadres du régime (2).

Depuis quinze ans, le phénomène s’est accentué : le Premier ministre Hun Sen – son clan aurait planqué entre 500 millions et un milliard de dollars – vend par dizaines de milliers d’hectares à chaque fois des terres à des boîtes chinoises ou coréennes. Surtout pour les transformer en plantations industrielles.

Les conflits pour la terre, dont on parle peu dans la presse officielle, se multiplient et l’intervention de Sar Kheng vient donner raison aux milliers de petits paysans spoliés. Le ministre s’en prend sans le nommer à l’un des vice-premiers ministres, et attribue l’aggravation de la situation à des cadres de très haut rang, qui se battent entre eux pour s’emparer des terres, comme dans la province de Mondol Kiri. La solution de Sar Kheng : donner enfin des titres de propriété aux paysans. Pas mal.

(1) phnompenhpost.com/national/sar-kheng-addresses-land-rows-kingdom

(2) rfa.org/english/news/cambodia/land-07072020145521.html

Mange ta soupe chimique

Publié par Charlie

D’abord un coup de chapeau au mouvement des coquelicots, dont je suis le président. Autopromotion. Le 18 avril dernier huit de mes petits camarades et moi-même signions une tribune sur Le Monde pour signaler des liens probables entre épandage de pesticides et coronavirus (1). Ce n’était pas un délire, et d’ailleurs, le texte s’appuyait sur des études sérieuses, chinoise, italienne, américaine. Cela n’a pas empêché les amoureux de la vérité – notamment les défenseurs de l’agro-industrie – de nous accuser de désinformation massive.

Un article paru sur le site américain The Intercept (2) revient en force sur la question, en apportant de nouvelles informations. Début en fanfare : « Près de six mois après le début de la pandémie de coronavirus, il est déjà clair que la pollution est responsable d’une partie des centaines de milliers de décès de Covid-19 dans le monde. Les scientifiques tentent maintenant de déterminer exactement comment les produits chimiques industriels rendent les gens plus sensibles au coronavirus ».

Voyons de plus près avec deux études non encore parues au moment de ces lignes. La première, attendue le 20 juillet (3), se penche sur des données chinoises, et conclut entre autres qu’il y a « une relation significative entre la pollution de l’air et l’infection au COVID-19 », et qu’il existe des « associations positives » entre la présence de particules fines et divers autres polluants dans l’air des villes et des cas confirmés de COVID-19. Je note qu’une partie des particules de pesticides sont récupérées par le vent et s’agrègent aux nuages de particules fines.

La seconde étude paraîtra, elle, en août dans Environmental Research (2) et repose sur des données officielles de Californie. À nouveau, elle démontre une « corrélation significative » entre pollution par les particules fines, d’autres polluants de l’air et coronavirus. Un autre travail montre même une augmentation de 8% de la mortalité du coronavirus à chaque augmentation de polluants de 1 microgramme par mètre cube d’air.

L’article interroge également de grandes pointures scientifiques. Linda Birnbaum, par exemple, est l’ancienne patronne du très imposant National Institute for Environmental Health Sciences. Selon elle, d’autres polluants que ceux de l’air rendent plus vulnérables face au covid-19, comme les phtalates, le bisphénol A, et ces damnés produits perfluorés (PFAS), famille chimique présente dans les textiles, les ustensiles de cuisine, les tapis, moquettes, vernis, peintures, etc. Les PFAS sont connus pour causer des maladies du rein ou encore élever le niveau de cholestérol dans le sang, ce qui augmente le risque d’un « mauvais » coronavirus.

Bien entendu, tout est entortillé. La soupe chimique dans laquelle nous baignons, jusque dans l’air, jusque dans l’eau, même de pluie, affaiblit les réponses immunitaires du corps face à la maladie. Et certains des composés chimiques peuvent provoquer ou activer des maladies comme l’asthme, le diabète, l’hypertension, l’obésité qui à leur tour rendront le coronavirus plus menaçant.

De son côté enfin, Philipe Grandjean. Ce scientifique danois de 70 ans est l’un des meilleurs spécialistes au monde des liens entre santé publique et pollution chimique. En particulier ceux existant entre les métaux lourds, certains pesticides, le toluène, les PCB, les PFAS et la détérioration évidente de l’équilibre neurologique des enfants. Il travaille notamment à l’école de santé publique rattachée à l’université américaine de Harvard.

Eh bien, Grandjean est lancé dans une enquête scientifique qu’on essaiera de suivre. Il récolte des échantillons de sang de personnes hospitalisées pour cause de coronavirus, et entend les comparer avec ceux de malades du même virus, qui n’ont pas été hospitalisés. Le tout à la recherche de concentration de PFAS dans le sang des contaminés, de manière à voir si cette famille chimique joue un rôle dans l’aggravation de la maladie.

Rien n’est totalement sûr, certes, sauf une chose : nous sommes les cobayes (plus ou moins) volontaires d’une expérimentation planétaire.

(1) lemonde.fr/idees/article/2020/04/18/coronavirus-un-moratoire-sur-les-epandages-de-pesticides-pres-des-habitations-est-une-necessite-sanitaire-et-morale_6036986_3232.html

(2) https://theintercept.com/2020/06/26/coronavirus-toxic-chemicals-pfas-bpa/

(3) sciencedirect.com/science/article/pii/S004896972032221X

(4) sciencedirect.com/science/article/pii/S0013935120305454

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L’horrible tentation éco-fasciste

Et donc, un bon article de réflexion, ce qui n’est pas si fréquent (1). Son auteur, Pierre Madelin aborde des questions que l’on n’aborde à peu près nulle part, et qui ouvrent toutes sur un avenir commun très menaçant. Dites-moi, que va-t-il se passer avec les réfugiés et migrants, dont le nombre – 272 millions en 2019 – explose sans cesse ? Comment cette multiplication se conjugue-t-elle avec la crise écologique planétaire ?

Je précise que Madelin écrit en tant que marxiste – distingué -, ce que je ne suis pas. Selon lui, et je partage, il existe désormais au Nord une tentation éco-fasciste très redoutable. Brenton Tarrant, qui a tué 51 personnes dans des mosquées en Nouvelle-Zélande : « Je me considère comme un éco-fasciste (…) [L’immigration et le réchauffement climatique] sont deux faces du même problème (…) Il faut tuer les envahisseurs, tuer la surpopulation, et ainsi sauver l’environnement. »

Impossible d’ouvrir toutes les portes entrebâillées. J’en reste donc à l’irruption possible et probable d’un éco-fascisme en France. L’automatisation – je dirais plutôt la numérisation – détruit toujours plus d’emplois, créant ainsi des armées de plus en plus nombreuses d’inutiles. Dans ces conditions, l’éco-fascisme serait une réponse cohérente à la double menace – ressentie – de l’immigration sur place d’une part et des perspectives de migrations massives d’autre part.

Le discours d’extrême-droite pourrait bien porter « une politique désireuse de préserver les conditions de la vie sur Terre, mais au profit exclusif d’une minorité ». Cette « épuration socio-écologique » pourrait aisément se présenter sous la forme de l’ethno-différentialisme cher à Alain de Benoist, qui célèbre l’altérité des autres cultures pour mieux célébrer notre supposée Identité. Le but, glaçant, serait de « limiter la population par des méthodes autoritaires pour que [des groupes privilégiés], définis suivant des critères ethno-raciaux toujours plus exclusifs, puissent continuer à s’approprier la nature comme bon leur semble ».

(1) terrestres.org/2020/06/26/la-tentation-eco-fasciste-migrations-et-ecologie/

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EDF en pleine épectase nucléaire

Le nucléaire. L’incroyable gabegie d’une industrie qui promettait la Lune. Ne parlons pas aujourd’hui d’Areva, devenu Orano, qui après avoir arraché 4,5 milliards d’euros à l’État, traîne une dette de 3 milliards, et se voit menacé d’une amende de 24 milliards d’euros aux États-Unis.

Cette fois, évoquons la faillite EDF, groupe national, officiellement endetté à hauteur de 40 milliards d’euros. La folie du groupe s’expose ces temps-ci en Angleterre, où avance le chantier EDF de deux EPR à Hinkley Point. Nos grands ingénieurs se congratulent en ce moment de la pose d’une dalle en béton de 49 000 tonnes. L’ouverture, déjà retardée, devrait avoir lieu en 2025, avec un devis de 11 milliards d’euros au départ, qui a plus que doublé à 23,5 milliards.

Certes, EDF a réussi à obtenir un prix garanti élevé de l’électricité pendant 35 ans, mais du côté anglais, il n’est pas question d’un autre cadeau. Et c’est là que les choses se compliquent. Contrainte à la fuite en avant par sa technologie EPR, EDF a déjà proposé un nouveau chantier EPR aux Anglais, celui de Sizewell, dans l’Est. À nouveau, il s’agit de deux réacteurs EPR, et à nouveau, la note est délirante : 22 milliards d’euros, alors qu’aucun coup de pelle n’a encore été donné. La cerise s’appelle CGN, partenaire chinois d’EDF. Le coronavirus et des menaces américaines – CGN se livrerait à l’espionnage industriel – poussent Londres à écarter les Chinois, ce qui risque de placer EDF dans une position impossible et de faire capoter tout le projet. Le nucléaire, cette bénédiction.

As-tu vu la barbe à Doudou ?

Édouard Philippe, plus populaire que jamais. Il écrase Macron dans les sondages, et doit commencer à se poser des questions le matin, quand il se rase. Sauf qu’il ne rase pas, et que sa barbe blanchit de jour en jour. Portrait d’un anarchiste méconnu de la vie politique.

Appelons-le Doudou, comme tout le monde. Faut pas croire tout ce qu’on entend depuis le confinement. À l’hôtel Matignon, où le Premier ministre se ronge les ongles dessous sa barbe blanchissante, on se marre. Doudou, c’est bien entendu Édouard-le-preux Philippe. Mais il ne faut pas oublier les copains. Darmanin, ministre des Comptes publics, c’est Darminan, parce que Juppé, le chéri de Doudou, s’était un jour trompé en l’appelant. Et Sébastien Lecornu, ministre des Collectivités locales, c’est « le cornichon », surnom trouvé par Sarkozy (http://www.leparisien.fr/politique/indiscrets-cornichon-et-doudou-les-petits-surnoms-des-constructifs-04-11-2017-7372005.php). Super poilade.

C’est pas tout ça. Bien que très grand – 1,94 m -, Doudou a été un mioche. Papa et maman profs de français, sœurette prof de français, de quoi désespérer de l’Éducation nationale. Grand-papa cégétiste, arrière-grand-papa premier communiste encarté du Havre, de quoi désespérer du mouvement ouvrier.

Il fait Jeanson-de-Sailly – lycée chic du 16ème parisien – via hypokhâgne et fera dans la foulée Science-Po et l’ENA. Sans faute professionnel. Mais bon sang ne saurait mentir, et voilà que se lève le vent de la révolte, enfin. À vingt ans, Doudou est pris d’un coup de folie : il devient rocardien et se met à jouer au baby-foot et à chanter des karaokés dans des soirées où tout le monde se tutoie. Nous sommes en 1990 et Rocard est – tiens donc – Premier ministre.

Il prend sa carte au PS, mais se ressaisit, comprenant in extremis combien Rocard est extrémiste. Il fait son service militaire, et y devient officier d’artillerie. Quand Chirac est enfin élu président, en 1995, il a cette belle révélation : « les valeurs cardinales les plus importantes pour moi, la liberté et l’autorité, me classent à droite » (https://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/05/15/edouard-philippe-un-juppeiste-a-matignon_5127932_4854003.html). Il a 25 ans, et se fait prodigieusement chier, car hélas, l’ENA est très emmerdante, ainsi que le Conseil d’État où il atterrit ensuite. Va-t-il devenir neurasthénique ? Non, car il rencontre Antoine Rufenacht, baderne chiraquienne passée par l’ENA vingt ans avant Doudou, ancien secrétaire d’État de Raymond Barre. Rufenacht n’est pas seulement triste comme un bonnet de nuit : il tient les clés de la ville du Havre qu’il a piquées au parti communiste en 1989. Il fait entrer Doudou au conseil municipal, avant de lui laisser la place. Tête (de mort) de papy et pépé Philippe, qui se retournent dans leur tombe.

 Rufenacht lui fait rencontrer un certain Alain Juppé, autre bonnet de nuit bien connu, et ce dernier prend Doudou sous sa pauvre petite aile. Ils créent ensemble l’UMP, dont Doudou devient le directeur général des services. Nous sommes en 2002 et il faudra beaucoup lui pardonner, car le 17 novembre, il est à un demi-doigt de mettre un pain à Sarkozy, qui veut voler la vedette à Juppé au cours d’un congrès de l’UMP. Il faut comprendre Doudou : il est amoureux. De Juppé.

La suite est passionnante. Jusqu’à la condamnation de son grand homme dans l’affaire des emplois fictifs du RPR – 2004 -, il fait marcher le parti et se barre avec son maître. Il devient avocat pour un cabinet international qui arrange si bien les affaires des héros du CAC 40 et du Dow Jones, tout en grimpant les marches à la mairie du Havre, où il devient adjoint à Rufenacht. Le suspense est total.

C’est alors que tout s’emballe. En 2007, l’ennemi Sarko s’installe à l’Élysée, mais nomme au poste de ministre de l’Écologie – tout, dans ce papier, est authentique – Alain Juppé. Doudou bande ses muscles de Spartacus, brûle ses vaisseaux d’avocat et le rejoint comme conseiller. Merdouille : en juin, le bel Alain rate l’élection législative à Bordeaux et se voit contraint à quitter le gouvernement. La grande aventure a duré un mois.

Que faire ? Doudou-l’écolo, qui entretient son carnet d’adresses, entre chez Areva, le monstre national du nucléaire. Comme directeur des Affaires publiques. C’est un nouveau travail, quoique : lobbyiste. Un témoin privilégié : « Il avait le profil pour ce poste, qui est souvent occupé par des énarques ou d’anciens membres de la préfectorale. Il nous fallait un directeur des affaires publiques qui ait un bon réseau, qui connaisse bien le système UMP » (https://www.mediapart.fr/journal/france/250617/edouard-philippe-discret-directeur-d-areva).

De 2007 à fin 2010, Doudou invite à bouffer tous ceux qui sont à jour de cotisation, et monte des expos et des événements à la gloire du nucléaire made in France. Plus précisément ? On ne sait pas, car Doudou ne veut rien dire, ce grand pudique. Au cours de ces années décisives pour Areva, le fric aura en tout cas disparu dans le scandale Uramin, et le nouveau réacteur EPR de Finlande, dont le chantier engloutit des milliards sans pour autant avancer. Et ne parlons pas d’Areva au Niger, qui tient le pouvoir politique par les couilles pour cause de mine d’uranium (là, si on peut mettre en ligne une archive Charlie du 29 avril 2009 sur le lobbying Areva au Niger). Tout ça pour mourir bêtement – Areva, par un coup de baguette magique, est devenu Orano, après avoir obtenu de l’État une recapitalisation de 5 milliards d’euros.

Mais Doudou est déjà loin. Fin 2010, il est maire du Havre, et ô surprise qui doit bien vouloir dire quelque chose, il obtient d’Areva en 2012 la construction de deux usines de fabrication d’éoliennes, avec 700 emplois à la clé. L’écologie, c’est sa passion. Député, il vote contre la loi sur « la transition énergétique pour la croissance verte » et celle sur « la reconquête de la biodiversité ».

Notre-Dame-des-Landes, que toutes les droites et gauches rêvent alors d’évacuer par la force ? Sur France-Info, il a ce cri du cœur : « Il faut y aller ». Avec des souliers ferrés ? Il ne précise pas. Il se bat aussi comme un forcené pour éviter la fermeture d’une central au charbon au Havre, et y parvient (https://www.lejdd.fr/Politique/edouard-philippe-trois-accrocs-sur-son-cv-3331013). Après tout, la pollution par le charbon ne tue jamais que 1400 personnes par an en France.

La suite tient du roman de cape et d’épée. En 2014, il est épinglé par la Haute autorité sur la transparence de la vie publique (HATVP), car il refuse de livrer des renseignements réclamés par la loi. Il devient le porte-parole d’Alain Juppé pour la primaire de la droite. Va-t-il rester maire du Havre jusqu’à la Saint-Glinglin ? Eh non ! Macron le prend comme Premier ministre à la surprise générale. Et Barbe-Blanche se retrouve à Matignon, comme son héros de bande dessinée Michel Rocard.

Au plan havrais, ça va pas si fort. Doudou n’a obtenu que 43% au premier tour de mars 2020, et la gauche menace bel et bien de lui reprendre son bureau quand on revotera. La question que tout le monde se pose : est-ce que la barbe à Doudou va blanchir complètement ? Et si oui, va-t-il se raser ? Quelle vie ! Quel destin ! Quel formidable mystère !

Bruno Le Maire, branleur de la République

le texte qui suit a été publié sur le site web de Charlie, mais bon, je crois qu’il me tient à cœur. On verra vers la fin, si on a le courage de tout lire, qu’il y a un puissant rapport avec l’objet essentiel de Planète sans visa.

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Attention, drame national en cours. Le Maire, ministre de l’Économie, est en embuscade, car il veut la place d’Édouard Philippe, et il ne s’arrêtera pas là. Il multiplie les rendez-vous radio et télé, ce qui met Philippe dans une rogne qu’on dit épouvantable. Mais au fait, c’est qui, ce zozo-là ?

Ainsi que le montre amplement sa vie, Bruno Le Maire est grand. Le sauveur de la France, d’Air France et de Renault a pourtant été petit, lui aussi. Né en 1969, il a pour papa Maurice – qui bosse pour le philanthrope Total – et pour maman Viviane. Viviane Fradin de Belâbre, directrice à Paris des établissements scolaires privés catholiques Notre-Dame de France. Le Seigneur est avec lui. À 12 ans, il est à Saint-Pierre de Rome, où sa belle voix de soliste des Petits Chanteurs de Chaillot lui permet de chanter devant Jean-Paul II. Un premier émoi.

On fait l’école au lycée Saint-Louis-de-Gonzague, partie du réseau de maman, dans une ambiance vachement sympatoche. Sur une photo merveilleuse (https://www.nouvelobs.com/politique/20150910.OBS5607/bruno-le-maire-le-rebelle-des-beaux-quartiers.html), on voit le petit Bruno installé pendant les vacances à une table de torture, sous le regard énamouré et néanmoins catholique de madame.

Bruno grandit et contre toute attente, s’envole vers l’École nationale supérieure (ENS). La famille renâcle un peu, car le lieu sent encore la gauche, mais bon, il rend un mémoire sur le thème « La statuaire dans À la recherche du temps perdu ». Soudain conscient que l’avenir est ailleurs, il enchaîne un parcours sans faute qui le mènera à l’ENA par Sciences Po. Et en 1998, alors qu’il n’a pas trente ans, il entre au ministère des Affaires étrangères.

Passons sur les détails : il accroche son char à celui de Villepin, et va le suivre partout jusqu’à Matignon, quand son héros devient le Premier ministre de Chichi en 2005.

Et c’est alors qu’il se fait branler. Mais voilà qu’on a brûlé une étape. Bruno le fringant épouse en 1998 Pauline Doussau de Bazignan. Venue de la haute bourgeoisie, elle ne semble pas avoir attendu trop souvent les soupes des Restaus du Cœur. On la retrouve avec surprise assistante parlementaire de son mari entre 2007 et 2013, à plein temps (https://www.mediapart.fr/journal/france/061013/lemploi-flou-de-lepouse-de-bruno-le-maire?onglet=full). Comme un Fillon ? Tout comme. On ne sait toujours pas ce qu’elle a fait, et son mari de ministre, sans doute par souci de discrétion, l’aura toujours présentée, pendant ces années, comme artiste-peintre et mère de ses quatre fils.

Mais revenons à la branlette. En 2004, Bruno le frétillant publie le récit de quelques années passées à cirer les chaussures de Villepin. Il est très heureux et se laisse aller à quelques confidences dans son livre-récit, Le ministre, dont celle-ci, qui se passe dans un grand hôtel de Venise : « Je me laissais envahir par la chaleur du bain, la lumière de la lagune qui venait flotter sur les glaces de la porte, le savon de thé vert, et la main de Pauline qui me caressait doucement le sexe ».

C’est l’extase. Certains pisse-froids de droite, comme l’immense Hervé Mariton, crachent : « Je ne raconte pas comment ma femme me caresse le sexe ». Et Sarkozy lui-même (https://www.lejdd.fr/Politique/Trierweiler-Le-Maire-Wauquiez-son-rapport-a-l-argent-les-confidences-gratinees-de-Nicolas-Sarkozy-698764) lâche : « Le pauvre, il écrit des livres que personne ne lit. Ah si, il y en a un que j’ai lu, c’est celui où il se masturbe ! ».

Mais chez tant d’autres, on crie au génie, au retour de Stendhal. Plus tard, Le magazine Charles (http://revuecharles.fr/bruno-le-maire-le-plus-proustien-des-republicains) écrira : « Bruno Le Maire, le plus proustien des Républicains ». Le notable fantaisiste Frédéric Mitterrand, ira encore plus loin : « C’est le seul lettré. C’est une dimension que les autres n’ont pas. Pour faire de la politique, il faut être un artiste. Churchill et de Gaulle l’étaient. Bruno Le Maire les rejoint dans ses origines sociales et sa pratique de l’État » (https://www.marianne.net/politique/frederic-mitterrand-le-plus-mitterrandien-cest-bruno-le-maire).

C’est très vrai, tout ça. Et pour s’en convaincre, les plus masochistes iront regarder de près ou de loin le gigantesque programme officiel de Bruno pour les élections de 2017. On s’en souvient peut-être, à l’automne 2016, un merveilleux combat au couteau a opposé, dans les primaires de la droite, les grands personnages que sont Juppé, Sarkozy, Fillon, Copé, Poisson, Kosciusko-Morizet.

L’arme fatale enrayée de Le Maire, c’était son génial programme en 1000 pages, encore accessible en ligne (http://yeswesign.fr/wp-content/uploads/2016/11/BLM-contrat-presidentiel.pdf), il y a trois ans et demi. Ça se lit avec un grand plaisir macabre, car tout est dit (ou presque). De façon tout à fait arbitraire, car il faudrait en fait citer les 1000 pages, signalons que Bruno le charmant veut :

  • « L’assouplissement des normes d’hébergement » pour les saisonniers agricoles venus du Maroc, de Pologne ou de Roumanie, car elles sont « trop contraignantes » ;
  • La réduction des dépenses publiques ;
  • La retraite à 65 ans dès 2020 ;
  • 10 000 places de prison supplémentaires ;
  • L’augmentation des prélèvements en eau de l’agriculture industrielle ;
  • « Évacuer la ZAD de “Notre-Dame-des-Landes” par une opération d’envergure » ;
  • « Durcir drastiquement les conditions du regroupement familial » ;
  • « Accroître le délai de rétention administrative [des migrants] jusqu’à 120 jours » ;
  • « Faire primer les accords d’entreprise » sur tous les autres, contrat de travail inclus. Etc, etc.

Notre blond Génie de Saint-Louis-de-Gonzague ne trouve pas moyen, en revanche, de parler de la crise écologique qui ravage le monde, France comprise. Sur les 281 entrées qu’on vient de compter une à une, pas une sur le dérèglement climatique qui menace de dislocation toutes les sociétés humaines. Pas une sur la sixième crise d’extinction des espèces, la pire depuis au moins 65 millions d’années, au temps de la disparition des dinosaures. Mais des odes à la bagnole et au nucléaire.

Bruno, si tu permets qu’on t’appelle Bruno pour finir, d’autres que Charlie finiraient par penser qu’un homme politique qui nie le réel fondamental avec autant de vigueur est tout simplement un con. N’hésite pas à poursuivre devant un tribunal ceux qui oseraient pareil attentat à ministre en exercice. On te soutiendra. Nous, nous sommes confiants. Quand tu décides de refiler 7 milliards de nos euros à Air France, on sait que tu fais cela pour le bien commun. N’as-tu d’ailleurs pas déclaré que grâce à ton engagement écologiste de toujours, Air France allait devenir « la compagnie aérienne la plus respectueuse de l’environnement de la planète » ? Ah Bruno, quelle classe ! Quel proustien ! Quel Stendhal !