Cela fait du bien d’être d’accord (avec Pierre Rabhi)

J’ai une très profonde affection pour Pierre Rabhi, que je crois être un prophète. Je lui ai dit hier, au cours d’une longue discussion téléphonique. Mais qu’est-ce qu’un prophète ? J’avoue que je ne suis pas sûr de moi. Allons, tentons une définition : il s’agit de quelqu’un qui incarne par sa présence et son souffle un avenir qui n’est pas encore écrit. Qui est possible. Qui est désirable. Qui demeure incertain. Ce n’est évidemment pas un intellectuel. Encore moins un politique. Admettons par commodité qu’il puisse voir mieux que les autres ce qui émerge au loin dans la brume. Admettons. Admettons que Pierre Rabhi voie mieux et plus loin.

Je sais que des propos comme ceux-là ne peuvent qu’irriter ceux d’entre vous qui tiennent fort à leur héritage rationaliste. Je me moquerais d’autant moins d’eux que j’ai longtemps repoussé de toutes mes forces ce qui ne me semblait pas relever de ce que je nommais pompeusement la « raison critique ». Pour éviter un premier malentendu, je précise que je reste profondément attaché à l’examen critique par la raison. Seulement, je sais ou je crois savoir désormais qu’une infinité de choses pourtant bien réelles nous échappent à jamais. L’intelligence humaine est intrinsèquement faible, et plus d’une fois dérisoire.

Mais je me rends compte que je fais comme si chacun connaissait Pierre Rabhi. Et bien entendu, ce n’est pas le cas. Si je devais vous le présenter, mon attachement à sa personne me ferait oublier mes devoirs de rigueur. Je vous conseille donc de lire page de wikipédia à lui consacrée. Nous sommes lui et moi des amis, et j’en suis réellement heureux. D’autant plus que nous sommes le plus souvent d’accord sur l’essentiel. Par quel miracle cet homme né dans une oasis algérienne avant la Seconde Guerre mondiale peut-il être ami avec moi ? Les fois où j’y songe, j’en demeure stupéfait.

Ce qui est sûr, c’est que nos conversations m’aident puissamment à vivre. Je pense qu’il le sait. Hier donc, après que je lui eus dit : « mais Pierre, voyons, la vérité est que tu es un prophète, et voilà tout ! », je lui ai suggéré l’idée d’un Appel mondial, dont il pourrait prendre l’initiative. Un appel ? Mais pour dire quoi, au juste ? Eh bien, le plus simple est tout de même de me citer moi-même. Il m’arrive souvent d’être sinon moqué, du moins interrogé, et vivement. Je me contenterais de critiquer. Je n’aurais jamais la moindre proposition à faire. Franchement, et vous allez comprendre pourquoi, je trouve cela aussi pénible qu’injuste. Voici ce que j’écrivais ici-même le 11 mars 2009:

« J’ai écrit ici, coup sur coup, deux textes qui comptent davantage que d’autres à mes yeux (ici et ici). Je les reprends en quelques phrases. Pour commencer, je crois qu’il n’y a pas pire désordre moral et même mental que le racornissement de l’Occident sur ses biens matériels. C’est bien sûr une infamie, mais c’est aussi une rare stupidité. Car rien n’arrêtera le flot des réfugiés écologiques. Nous y perdrons ce qui reste de notre âme, nous y perdrons aussi le reste.

» Il n’y a rien de plus urgent que de trouver les moyens d’un vrai discours universel, qui relie de façon solide, authentique et sincère, le sort de qui meurt de faim à celui de qui meurt de voracité. Si nous y parvenons, des portes s’ouvriront devant nous. Si nous en restons au cadre de la France, si nous continuons nos défilés Bastille-Nation pour sauver la télévision à écran plasma, nous échouerons, et ce sera le sang rouge des pires batailles.

» Donc, un véritable discours universel. Depuis le temps que je pense à cela, j’ai eu le temps d’assembler quelques pièces du puzzle. En voici trois, qui sont majeures. Un, l’économie de casino qui nous plonge en ce moment dans la crise qu’on sait, cette économie a produit des milliers de milliards de dollars qui ne savent où s’investir. Sur cette planète pourtant dévastée. Deux, il existe dans le monde une force de travail colossale qui n’est pas employée. Combien d’humains au chômage ou en situation de sous-emploi ? Plus d’un milliard, j’en jurerais, bien que ne disposant d’aucune statistique précise. Trois, les écosystèmes naturels sont tous menacés d’effondrement à plus ou moins long terme. Sans eux, ni avenir ni société. Pas même de téléphone portable.

» Je propose donc de réfléchir au lancement d’un nouveau mouvement. Neuf. Audacieux. Utopiste. Fou. Révolutionnaire ô combien. Ce mouvement proclamera l’unité irréfragable du genre humain. Et créera une coordination planétaire entre groupes du Nord et du Sud. Dont le but premier sera de s’emparer, en s’inspirant des méthodes radicales et non-violentes de Gandhi, d’une fraction des richesses financières de la planète. Moi, je n’ai jamais eu peur de l’expropriation. S’il faut dépouiller un Bill Gates de l’argent qu’un système criminel lui a octroyé, je n’y vois pas l’ombre d’un inconvénient. Et des Bill Gates, il y en a des milliers.

» Un mouvement planétaire. Si fort qu’il permettrait la création d’un Fonds mondial, doté de 500 milliards de dollars pour commencer. Juste pour commencer. Cet argent serait bien entendu dévolu, pour l’essentiel, aux communautés locales et paysannes du Sud. Pas pour nous faire plaisir. Pas pour nous rassurer. Pas pour leur faire acheter notre bimbeloterie.

» Non, pas pour cela. Pour que ceux qui n’ont ni travail ni pitance puissent être payés dignement afin de restaurer les écosystèmes dont dépendent si directement leurs vies. Ici une rivière. Là un coteau, une forêt, une mangrove, un banc de corail. Ailleurs une barrière végétale contre l’érosion, la diffusion de connaissances agro-biologiques, ou des travaux de génie écologique.

» Un tel mouvement uni du Nord au Sud changerait, dès ses premiers pas concrets, la face du monde et de la crise écologique. Car il secouerait de fond en comble les pouvoirs corrompus du Sud. Car il redonnerait de l’espoir. Car il montrerait le chemin. Car il nous élèverait tous au-dessus de nous-mêmes. Il n’y a aucun doute que la constitution d’une telle force nous aiderait, lentement mais sûrement, pas après pas,  à susciter de nouveaux enthousiasmes, de nouveaux engagements. La jeunesse du monde, tellement désabusée, y trouverait matière à redresser la tête, et à avancer enfin ».

Je reprends la plume ce 19 mai 2011 pour vous dire que c’est de cela, en résumé, que j’ai parlé hier à Pierre Rabhi. Nul ne sait s’il en sortira quelque chose. Pierre est à ce point absorbé par ses innombrables obligations qu’il ne se sera peut-être agi que d’un sincère échange entre deux amis, un après-midi de printemps. Mais qui connaît à l’avance le destin d’une graine ?

Très grande décroissance de l’amitié autour de Vincent Cheynet

À LIRE :

https://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=892

https://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=911

https://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=913

Je vous avoue que je n’en aurais pas parlé spontanément. Vincent Cheynet, patron de choc du journal La Décroissance m’attaque dans la dernière livraison avec une haine qui m’a fait balancer entre la stupéfaction et le rire. Oui, croyez-moi, et pour des raisons profondes, je sais rire des choses tristes. Par chance. Je ne lis pas La Décroissance, mais une amie m’a transmis le texte au format PDF, empli jusqu’à la gueule de sornettes, d’inventions, de mensonges divers, sans être variés.

Ma foi, je vous jure que j’en serais resté là, car je sais trop bien que les Cheynet prennent un immense plaisir dès que l’on prononce leur nom. Mais cette fois, par extraordinaire, il semble être allé trop loin. Et je reçois à l’instant une lettre que je considère comme de soutien, signée comme vous le verrez par des gens longtemps proches – pas tous – de Cheynet. Paul Ariès lui-même prend parti, et j’en suis fort content. À tous, merci.

Lettre ouverte à Vincent Cheynet et au journal La Décroissance”

Un journal appartient aussi à ses lecteurs et à ses auteurs. Surtout lorsque le titre a choisi de porter le nom générique d’un mouvement d’idées ambitieux. Nous pouvons avoir des différends politiques entre nous et avec des représentants d’autres sensibilités proches, mais les anathèmes entre objecteurs de croissance nous desservent collectivement. Cette forme de violence n’appartient pas à la culture de la décroissance.

Nous nous déclarons donc solidaires des compagnons de route de la décroissance qualifiés d’écotartuffes. Non, Patrick Viveret et Fabrice Nicolino ne sont pas des écotartuffes. Ces deux dernières affaires ne sont pas isolées. Combien reste-t-il des fondateurs initiaux de La Décroissance ? Le mensuel la décroissance, qui peut apporter encore beaucoup, ne doit plus
confondre la nécessité de faire dissensus avec le capitalisme et le productivisme, ou la nécessité de critiquer, comme il sait le  faire, les adorateurs de la croissance, et la pratique du sectarisme.

Il doit accepter le débat avec et entre toutes les sensibilités de l’objection de croissance et de l’écologie anti-productiviste. Nous sommes convaincus que ce n’est qu’au prix de cette mutation que le journal La Décroissance pourra regagner de l¹influence, ce que nous souhaitons.

Liste des signataires :

Paul Ariès
Geneviève Azam
Jean-Claude Besson-Girard
Agnès Sinaï
Jacques Testart
Jean Gadrey
Serge latouche
Bertrand Méheust

La caste se rebiffe (au sujet de DSK)

Badinter ! Silence dans les rangs. Total respect. Abolition de la peine de mort. Bon, je ne joue pas le jeu une seule seconde. Sur Inter ce matin, Robert Badinter se dit « bouleversé et indigné » par cette « mise à mort médiatique volontaire » de DSK, qui est son ami. Et il ajoute : « Pourquoi n’a-t-il pas été mis en liberté sous caution? Parce qu’il est Français ? Parce qu’il dirige le FMI? ». Je me contenterai d’un mot : Badinter n’est pas que l’icône que l’on sait. Il aura consacré une bonne part de sa vie professionnelle à défendre, comme avocat d’affaires, de grands ou plus petits capitalistes. Pas de malentendu ! Je défends évidemment le principe que tout homme, fût-il le pire, doit pouvoir se défendre dans des conditions dignes, et choisir pour cela un avocat de qualité.

Simplement, il faut raconter les histoires jusqu’au bout. Badinter a défendu des hommes comme Marcel Boussac, le baron Empain, l’Aga Khan, ou encore Hubert Flahaut, directeur de la société Givaudan, productrice du talc Morhange (200 enfants morts, plongés dans le coma ou victimes de séquelles neurologiques). Encore une fois, un tel métier est nécessaire, essentiel même. Mais ne rapproche-t-il pas spontanément d’un DSK, lui-même avocat d’affaires une vingtaine d’années plus tard ? Et que dire à ce compte de l’épouse féministe de Robert Badinter, Élisabeth, grand héritière de l’empire Publicis et présidente de son conseil de surveillance ? Ne semble-t-elle pas très proche, socialement, culturellement – et politiquement – d’Anne Sinclair, épouse de DSK et grande fortune elle-même ?

Autre élément que vous connaissez aujourd’hui forcément : l’affaire Banon. Dans l’émission « 93, Faubourg Saint-Honoré », diffusée en 2007 sur Paris Première (ici), Tristane Banon raconte comment DSK l’aurait agressée sexuellement. À l’heure où j’écris, il n’y a aucune plainte, et nul ne peut en toute certitude se prononcer sur le fond. Mais. Mais il y a le reste, qui est considérable. Regardez si vous avez le temps ce bout de film. Autour de la table de Thierry Ardisson, il y a Jacques Séguéla, Thierry Saussez, Jean-Michel Aphatie, Roger Hanin, Gérald Dahan, Claude Askolovitch et Hedwige Chevrillon. Je n’ai pas même le goût de tous vous les présenter. Notez cependant qu’il y a là deux des plus « grands » pubeux de Paris, qui tutoient tous les grands chefs de la politique. Ils appartiennent aujourd’hui à la Sarkozie, corps, âme et porte-monnaie inclus.Il y a là également le beauf de Mitterrand, qui connaît la moitié du microcosme. Il y a là deux des principaux journalistes politiques de la place. Le très ambitieux Claude Askolovitch d’une part, et Jean-Michel Aphatie de l’autre.

Réunis, ces êtres peuvent en une heure ou moins sonner le tocsin d’une manière telle que toute la France sorte sur le pas de sa porte. Or, rien. Ou plutôt, écoutez la réaction dominante. Nul ne vole au secours de DSK. Ardisson confirme qu’il sait, et les autres, en ne s’indignant de rien, démontrent qu’ils en ont aussi entendu parler. Mais surtout, je pense aux rires gras qui se font entendre. Je n’ai pas souhaité regarder de près, et je n’accuserai personne en particulier. Le seul qui se marre ouvertement, c’est Ardisson. Pour les autres et dans le détail, je ne sais. Tel ou tel s’est peut-être tu, accablé. Cela reste possible. Ce qui est certain, c’est qu’aucun n’a bougé ensuite. Aucun. Pas la moindre enquête, pas la moindre suite.

Réfléchissons ensemble, car c’est réellement dramatique. Ou Tristane Banon ment, et il faut organiser la défense démocratique d’un homme politique injustement accusé. Ou elle dit vrai, et la responsabilité morale de ces grands personnages devrait les mener plus loin, ne serait-ce que pour informer la nation qu’elle pourrait, un jour, avoir comme président de la République un prédateur sexuel. Mais rien de tout cela. On se marre un bon coup. Et on passe au rendez-vous suivant. C’était la rubrique « Un pour tous, tous pour un ». Une histoire d’Ancien Régime. Une histoire de caste, qui sera détruite tôt ou tard, de gré ou de force. Tel est en tout cas mon espoir le plus véridique.

« Cela ne lui ressemble pas » (sur DSK et les femmes)

ATTENTION : les commentaires, pour je ne sais quelle raison technique,  ne me parviennent plus sur ma boîte aux lettres électronique. Je suis obligé d’aller les pêcher sur le serveur, ce qui retarde et complique tout. Avant que cela soit réglé, patience s’il vous plaît.

Je ne sais à qui distribuer la palme d’or, car tous se battent pour l’obtenir. Madame Royal, monsieur Hollande, qui disent penser, « avant tout » à DSK ? À Manuel Valls, qui vient de déclarer avoir eu les larmes au yeux en voyant à la télé son héros menotté ? À Jean-Marie Le Guen et Jean-Christophe Cambadelis, clamant sur les ondes que cette affaire de viol présumé ne ressemble en rien à ce cher homme ? Je précise que ces deux derniers personnages ont été salariés par la Mutuelle des étudiants MNEF à l’époque où les copains et coquins liés au mouvement trostkiste-lambertiste y faisaient la loi, et les comptes. Relisez donc avec moi, car cela reste instructif  (ici). DSK, cet ami des étudiants pauvres, avait empoché 600 000 francs de l’époque (valeur 1999).

Oh oui, ces braves gens font plaisir à entendre et à voir. Ils n’ont jamais eu un mot contre la politique criminelle du FMI. Ils n’ont jamais protesté quand DSK, après avoir créé le Cercle de l’Industrie dès 1993 avec ses copains patrons, est devenu un lobbyiste du nucléaire appointé par EDF. Il est on ne peut plus logique qu’ils n’aient aujourd’hui pas une pensée pour une bonniche qui – peut-être, oui, en effet, peut-être – est la victime d’une tentative de viol.

Vous savez quoi ? Ces gens finiront par me faire douter de leur moralité profonde. Et en attendant, je vous refile ci-dessous – merci à Emmanuel de m’avoir rappelé ce texte ! – un billet écrit sur Planète sans visa il y a près de deux ans. On devrait me lire plus souvent.

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Cet étrange DSK et ces curieux journalistes (du cul au FMI)

Je vais être direct : je déteste DSK. L’un des premiers papiers de Planète sans visa lui était consacré (ici). Il est inouï que nul n’ose attaquer celui qui a osé – oui, je le répète : osé – devenir le directeur du Fonds monétaire international (FMI). Cet organisme a joué un rôle crucial dans la dévastation des terres et des cœurs, dans les mortelles atteintes à la beauté et à la diversité du monde et de ses habitants.

DSK démontre là, mais toute sa carrière le clame, qu’il est l’homme de la destruction, des claques dans le dos aux grands patrons, du mépris définitif pour les gueux, mes frères. Je le déteste. Même en face d’un Sarkozy, je ne voterai jamais pour lui. Et je suis encore assez vivant pour rêver d’épisodes historiques où l’on pourrait enfin demander des comptes politiques et moraux à des hommes comme lui.

Sur tout autre plan, il y a la question de sa vie privée.Un livre récent affirme que Frédéric Lefebvre, l’aboyeur de l’UMP et le toutou de Sarkozy, détient des photos de cul de DSK, qui pourraient lui être fatales (ici). J’écris de cul, car c’est de cela qu’il s’agit. Et qu’en penser ? Et faut-il en penser quelque chose ? Je crois que oui. Quand Berlusconi drague des jeunesses de 18 ans et baise des putes – ou l’inverse, je ne sais plus -, la presse de gauche française, Nouvel Obs en tête, s’indigne, pousse les hauts cris, et note cette évidence que le président du Conseil italien a perdu les pédales.

Mais sur DSK, chut ! Or, je vais vous révéler ce qui est un secret de Polichinelle : le microcosme sait parfaitement à quoi s’en tenir. Moi-même, qui ne vais ni aux conférences de presse, ni dans les soirées, je sais depuis des années. Un mien ami, journaliste dans un titre de gauche fort connu, m’a rapporté une scène à laquelle il avait assisté chez des noceurs et partouzards. Il y a bien six ou sept ans. Je n’insiste pas. Sauf qu’ayant fait une allusion aux faits dans son article – car il était là en reportage -, ledit titre l’a secoué, à la suite d’un coup de fil de protestation.

Chacun fait semblant de croire qu’un tel comportement est possible chez un éventuel président de la République. Moi pas. Pour deux ordres de raisons. D’abord, parce qu’il signale une vision des relations entre l’homme et la femme qui sont à l’opposé des valeurs auxquelles je crois. Ensuite, parce qu’un homme qui se met constamment en danger dans des situations limites, met en danger les institutions dont il a la charge.

Vous n’êtes pas d’accord ? C’est bien votre droit. Mais je ne confierai ni ma petite sœur ni le feu nucléaire à quelqu’un qui ne sait pas respecter les femmes ni retenir ses pulsions. C’est moral ? C’est aussi moral.

Ce qui se cache derrière le panda du WWF (échos allemands)

La vérité, en tout cas cette part de vérité que personne ou presque ne veut considérer, se fait jour. Pour les bureaucrates, c’est déjà trop tard. J’ai écrit pour cela Qui a tué l’écologie ?, et voici qu’un documentaire allemand s’en prend, lui aussi, à cette baudruche appelée WWF, sans doute par antiphrase. Ce n’est pas drôle ? Non, ce n’est pas drôle. Vous trouverez ci-dessous- merci Christian – la présentation en allemand, puis en français, de ce film prévu sur la chaîne ARD le 22 juin prochain. Franchement, comment interpréter le silence assourdissant du WWF, de Greenpeace, de la fondation Hulot et de France Nature Environnement à la sortie de mon livre. Franchement ?

Film Ankündigung WWF LÜGNER

Annonce du film : « WWF, MENTEUR »

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Das Erste – 22 Juni 2011 – 23:30 bis 00:15 Uhr

A voir sur la première (ARD) le 22 juin 2011, de 23h30 à 00h15.

Der Pakt mit dem Panda – was verschweigt der WWF ?
Ein Film von Wilfried Huismann

Le pacte avec le Panda – que cache le WWF ?

Un film de Wilfrid Huismann

Der WWF gilt als größte Umweltschutzorganisation der Welt. Fast grenzenlos ist das Vertrauen in seine grünen Projekte. Mit aufrüttelnden Kampagnen zielt der WWF direkt auf´s gute Gewissen der Spender – alle sollen sich beteiligen wenn aussterbende Arten geschützt und das Klima oder der Regenwald gerettet werden.

Le WWF est considéré comme la plus grande organisation de protection de l’environnement au monde. C’est avec une confiance presque aveugle que sont accueillis ses projets verts. Le WWF fait appel à la conscience des donateurs par des campagnes qui secouent : tout le monde doit participer lorsqu’il s’agit de sauver des espèces animales menacées, les climats ou les forêts humides.

Vor 50 Jahren wurde der WWF gegründet – am 11. September 1961. Heute ist der WWF  die einflussreichste Lobbyorganisation für die Umwelt – weltweit. Dank bester Kontakte zur Politik und zur Industrie. Eine ständige Gratwanderung zwischen Engagement und Käuflichkeit. Ein ganzes Jahr arbeitete der Dokumentarfilmer Wilfried Huismann an einem Film, der das grüne Bild des WWF entzaubert. Hinter der Öko-Fassade entdeckte der Autor während seiner Dreharbeiten weltweit Geschichten voller Sprengkraft. Sie handeln von vertriebenen Völkern, abgeholzten Regenwäldern und dem großen Geschäft mit dem grünen Umweltsiegel.

Il y a 50 ans – le 11 septembre 1961 – le WWF fut fondé. Aujourd’hui, le WWF est le lobby en faveur de l’environnement le plus influent au monde. Grâce à ses excellents contacts avec les politiques et les industriels. C’est un exercice de funambule entre engagement et vénalité. L’auteur de documentaires, Wilfried Huismann a travaillé toute une année à un film qui démythifie l’image du WWF. Derrière la façade écolo, l’auteur a découvert durant le tournage autour du monde, des histoires explosives. On y parle de peuples déportés, de forêts humides rasées et de très bonnes affaires, grâce label vert en faveur de l’environnement.

Wilfried Huismann verfolgt auf seiner Reise die Spur der Spenden. Zum Beispiel in Indonesien.  Der WWF sammelt für den bedrohten Orang-Utan auf Borneo. Vor Ort  findet das ARD-Team kein einziges Orang-Utan Schutzprojekt des WWF. Im Gegenteil: Der WWF kooperiert mit einem Konzern, der die letzten Wälder im Herzen  Borneos rodet, um Palmölplantagen anzulegen. Dabei sterben die Organ-Utans. Der WWF nimmt Geld von dem Unternehmen und verschafft ihm das Gütesiegel für „nachhaltige Produktion“. Kritiker sehen darin einen modernen Ablasshandel.

Wilfried Huismann suit tout au long de son voyage, la trace des dons. Exemple en Indonésie : le WWF fait des collectes pour l’orang-outan de Bornéo, espèce menacée. Sur place, l’équipe de télé de la première chaîne allemande (ARD) ne trouve aucun projet de protection du WWF, en faveur des orang-outans. Au contraire, le WWF coopère avec une grosse entreprise qui détruit les dernières forêts de Bornéo pour mettre en place des plantations de palmiers à huile, ce qui est fatal aux orang-outans. Le WWF prend l’argent de l’entreprise et lui accorde le label « Production durable ». Les esprits critiques y voient une forme moderne de la pratique moyenâgeuse des indulgences.

Weltweit schließt der WWF Partnerschaften mit großen Firmen aus dem Energie-und Agrobusiness.  Sogar gentechnischmanipuliertes Soja des Chemieriesen Monsanto hat den Segen des Panda bekommen. Hilft der Deal des WWF mit der Industrie, die  letzten noch intakten Ökosysteme der Welt zu retten,  oder beschleunigt er ihre Vernichtung?

Partout dans le monde, le WWF passe des partenariats avec de grosses entreprises de l’énergie et de l’agrobusiness. Même le soja manipulé génétiquement du géant de la chimie Monsanto a reçu la bénédiction du Panda. Est-ce que l’accord entre le WWF et l’industrie aide à sauver les quelques écosystèmes de la planète encore intacts ou est-ce qu’il accélère leur anéantissement ?

Die Dokumentation will die Geheimnisse des WWF ergründen. Sie wird zur einer Reise ins Herz des grünen Empire und sie erschüttert den Glauben an den Panda.

Ce film documentaire veut élucider les mystères du WWF. Il nous plonge au coeur de l’Empire vert et ébranle notre croyance dans le Panda.

Eine CoProduktion von WDR und SWR

Une coproduction de la West Deutsche Rundfunk et  de la Südwest Rundfunk

Redaktion: Tibet Sinha & Martin Schneider