Fillon l’enfumeur (sur les gaz de schistes)

Pour signer :  http://www.petitions24.net/signatures/gaz_de_schiste__non_merci

C’est de l’enfumage en direct live. La dépêche AFP qui suit est destinée à nous démobiliser. François Fillon fait semblant d’avoir compris. Un peu comme le général De Gaulle déclarant à Alger, le 4 juin 1958, cette phrase éminemment mensongère : « Je vous ai compris ». Je ne suis pas en train de prendre la défense, rétrospectivement, de l’Algérie française. Je rappelle que les politiciens mentent, voilà tout. Or deux forces géantes se coalisent pour lancer en France l’insupportable aventure des gaz et du pétrole de schistes. D’une part, le corps multiséculaire des Ingénieurs des Mines, pour des raisons que j’ai eu l’occasion d’aborder, et que je ne peux développer ici. Et d’autre part, la proximité presque obscène entre des acteurs majeurs du dossier – entre autres Paul Desmarais (senior) et Albert Frère – et Nicolas Sarkozy.

En somme, tout commence. C’est maintenant, et plus que jamais, qu’il faut faire monter les enchères. Il faut faire entendre au pouvoir que le prix politique à payer pour l’extraction des gaz est trop élevé pour le candidat Sarkozy. L’élection présidentielle de 2012, c’est demain. Il faut donc maintenir et même augmenter massivement la pression. Tous les actes, tous les engagements, toutes le signatures sont les bienvenus dans les trois mois qui nous séparent de ce rapport confié aux INSPIRATEURS de ce crime de masse contre la nature et le climat. Ce n’est pas le moment de s’arrêter, c’est le moment d’accélérer. EN AVANT ! ET TOUS !

La dépêche de l’AFP
Gaz de schiste: Fillon demande de veiller à l’absence d’opérations de forage

(AFP) – Le 11 mars 2011

PARIS — François Fillon a demandé vendredi à son gouvernement de veiller à ce qu’il ne soit procédé à aucune opération de forage de gaz et huiles de schiste à l’aide de méthodes non conventionnelles d’ici la remise de rapports début juin sur leur impact environnemental.
Dans un courrier adressé à trois ministres -Nathalie Kosciusko-Morizet (Ecologie), Claude Guéant (Intérieur) et Christine Lagarde (Economie)-, le chef du gouvernement signale que « des permis de recherche et des autorisations de travaux d’exploration ont pu être délivrés » pour de telles opérations de forage, vivement contestées par des écologistes et élus locaux.
Pour s’y opposer dans l’immédiat, il invoque le « principe de précaution ».

« La Charte de l’environnement, à valeur constitutionnelle, précise que +lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent (…) à la mise en oeuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage+ », relève-t-il.

En conséquence, François Fillon demande à ses ministres « de mettre en oeuvre (…) les procédures administratives nécessaires pour qu’aucune opération de forage non conventionnelle ne soit engagée avant que les rapports n’aient été rendus publics et sans que les mesures d’information et de consultation du public prévues par la Charte de l’environnement n’aient été respectées ».
« A ce jour aucune opération de ce type n’a débuté », note-t-il.

Le gouvernement a suspendu en février les travaux de prospection de gaz de schiste, et deux études sont en cours sur l’impact de la méthode non conventionnelle. Les rapports « sont attendus pour la première quinzaine de juin », note le Premier ministre, qui juge « l’interrogation » des populations « légitime ». A l’origine -avec Pascal Terrasse (PS)- d’une motion parlementaire « contre l’exploitation du gaz de schiste », co-signée par 80 parlementaires de tous bords, Pierre Morel-à-L’Huissier (UMP) s’est dit dans un communiqué « très satisfait » de cette démarche du Premier ministre.

Le gaz de schiste est présenté par les uns comme une manne énergétique sur laquelle il faudra compter et par les autres comme une catastrophe écologique. Contrairement au gaz naturel classique, il ne se situe pas dans une poche mais se trouve pris au piège dans des roches très peu perméables. Pour l’exploiter, il faut injecter d’énormes quantités d’eau, de sable et de produits chimiques. Selon l’Institut français du pétrole, les réserves mondiales représenteraient plus de quatre fois les ressources de gaz conventionnel. Les Etats-Unis sont, de loin, les premiers à utiliser cette ressource qui représente désormais de 15 à 20% de leur production totale de gaz. En mars 2010, le gouvernement avait octroyé des permis de prospection dans trois zones concernant les départements de l’Hérault, de l’Aveyron, de la Lozère, de l’Ardèche et de la Drôme.

Qui a tué l’écologie ? (un livre à paraître)

Le 16 mars prochain paraît aux éditions LLL un livre intitulé : « Qui a tué l’écologie ? ». Il est de moi. J’ai grand besoin de vous.

Ceci est de l’autopromotion. Je vous dois une explication, car si certains me connaissent, la plupart ignorent qui je suis. Je suis un militant écologiste de longue date, mais je ne suis pas dans les clous. Je crois, comme je l’écris ici depuis des années, que la crise écologique est le cadre de la pensée humaine. Ce n’est pas un choix, c’est une réalité. Nous sommes confrontés à l’impensé radical, peut-être à l’impensable. Moi, je veux croire malgré tout à la vie, dans sa splendeur. Je ne peux plus changer, ni ne le souhaite : je postule que tous les êtres humains sont égaux. Je réclame leur liberté. Je proclame leur fraternité. Mais comme ce n’est pas à mes yeux une blague inscrite au fronton de nos mairies, je me situe du côté des grands humiliés de la terre, des affamés perpétuels, de ceux sur qui ce monde pisse du matin au soir.

Et j’y ajoute tout ce qui vit. Car la vie ne saurait être découpée. Elle est. L’homme n’a nul droit de faire disparaître la moindre espèce, aussi futile qu’elle lui paraisse. En outre, s’attaquer à quelque forme que ce soit, c’est s’attaquer au principe lui-même. Qui tolère la mort des abeilles ou des chauves-souris prépare les grands désastres humains de demain. Je plains les aveugles qui nous conduisent, car ils nous mènent à l’abîme. Je ne les plains pas, à la vérité, car leurs yeux brillent du feu de la rapacité, et de la si complète sottise qui l’accompagne.

Ce préambule pour vous dire que l’autopromotion qui suit n’est pas de nature commerciale. Je pourrais gagner de l’argent. Au lieu de quoi j’ai écrit ici en trois ans et demi près d’un millier d’articles, pour lesquels j’ai dû payer de mon temps, et du reste. Et qui n’ont rien coûté à ceux qui les lisaient. Je l’ai fait avec bonheur, mais qu’au moins on m’accorde ce crédit-là. J’écris des livres pour faire avancer les idées auxquelles je crois. Pas seulement sans doute, mais surtout, je le pense. Et j’ai besoin de votre aide active, si vous me la concédez. Car l’ouvrage que je vous présente ci-dessous n’a qu’une seule chance : le bouche-à-oreille. Peu de journalistes en relaieront l’existence, pour des raisons que j’aurai l’occasion de détailler une autre fois. Par ailleurs, il a de fortes chances de mettre en colère quantité de petits marquis, éventuellement écologistes. En revanche, je vous tiens collectivement pour la chance de ce bouquin.

Je ne vous demande aucunement de me faire confiance a priori. Je vous demande d’enregistrer que ce livre sort le 16 mars prochain, aux éditions LLL. Je vais reproduire ce qu’on appelle dans le jargon la quatrième de couverture, qui est une très courte présentation, suivie de la couverture elle-même. Si vous jugez le sujet digne d’intérêt, je vous en prie instamment : faites circuler dans vos carnets d’adresse. C’est tout bête à écrire, mais vrai ô combien : j’ai besoin de vous.

La quatrième de couverture :

Ce livre va faire mal, parce qu’il décrit ce qu’est devenu le mouvement écologiste officiel, celui des salons dorés, des petits-fours, des photos de groupe devant les palais officiels. Ce livre va faire mal, parce qu’il révèle pour la première fois l’histoire, les histoires, les coulisses. On peut donc le lire comme un roman vrai, un polar implacable, rempli de personnages aussi étonnants qu’Anton Rupert, l’un des véritables fondateurs du WWF International.

Mais l’acte d’accusation vise bien au-delà la « bande des quatre » qui s’est autoproclamée représentante de la société française. Et qui a décidé de se soumettre aux ruses et risettes de l’État français, Nicolas Sarkozy, Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet en tête. Certes, il existe de nombreuses différences entre le WWF, Greenpace, la Fondation Nicolas Hulot et France Nature Environnement (FNE). Ce document rend à chacun ce qui lui appartient.

Mais au total, le bilan est désastreux. Alors que les mêmes clament que la planète est en perdition – et elle l’est -, ils préfèrent compromis et compromissions, tapes dans le  dos et décorations. Dernière dérobade : l’affaire des gaz de schistes, qui exigerait pourtant une mobilisation immédiate. « Qui a tué l’écologie ? » ne se contente pas de poser une question, mais y répond. Le livre a été écrit par un écologiste engagé depuis des décennies dans le combat pour la vie sur terre. Il appelle à un sursaut historique, seul capable de nous aider à faire face à la crise écologique qui arrive. Qui est déjà là. C’est donc un cri d’espoir. Et un appel majeur.

Et la couverture:

Qui a tué l’écologie ?

Attention aux rumeurs (sur les gaz de schistes)

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La rumeur est un phénomène passionnant. Complexe et passionnant. Je renvoie ceux qui le souhaitent au désormais classique signé Edgar Morin, La rumeur d’Orléans. Bien que l’ayant lu il y a plus de vingt ans, je vous signale aussi Rumeurs, le plus vieux média en ligne, de Jean-Noël Kapferer. Pour le reste, je serai bref : des rumeurs circulent d’un bout à l’autre de la blogosphère au sujet de camions, parfois venus du Portugal, parfois d’ailleurs, mais dans tous les cas chargés de tubes d’acier. Ils seraient passés par ici ou par là, comme le furet de la comptine, et en toute hypothèse repasseraient sous peu. On les signalerait sur la route de l’Ardèche, où bien entendu ils serviraient à des forages, suivis de fracturation hydraulique. À la recherche de gaz de schistes.

Je ne suis pas en train de me moquer de quiconque. Je souhaite juste mettre en garde. En l’absence d’informations fiables, vérifiables, recoupées, nous ne sommes que dans l’ordre psychologique de la rumeur. Ce n’est pas si grave, sauf si cela contribue, comme dans l’histoire bien connue de Pierre et le loup, à décourager peu à peu ceux qu’on alerterait sans une bonne raison. En se gardant de toute paranoïa, il convient de faire attention, et à mon sens, de ne pas faire circuler des bruits inutilement décourageants. Si quelqu’un dispose de lieux, de dates, d’entreprises, de photos, il n’y a rien de plus simple que de rendre tout cela public. Et sinon, je crois que le silence, prélude aux plus vives bagarres, est de loin préférable. Il me semble.

À quoi reconnaît-on un chef d’oeuvre ? (sur les gaz de schistes)

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Mes aïeux, c’est triomphal ! Le texte que j’ai le vif plaisir de vous offrir ci-dessous a été écrit par une structure de lobbying appelée Amicale des Foreurs et des Métiers du pétrole. Je ne souhaite pas vous gâcher le plaisir de la découverte, mais dans le même temps, je vous invite à noter (au moins) deux points. Le premier, c’est que ces braves pious-pious  – la guerre de 14 est éternelle – ne savent pas quoi répondre à la société. Par exemple, sans seulement avancer une information, ils notent, espérant peut-être nous convaincre : « Les chiffres avancés parlant de millions de litres injectés sont fantaisistes ». Amis foreurs, vous êtes follement rassurants. Et le deuxième point, étrangement ressemblant, est qu’ils ne savent pas quoi répondre à la société. Nous savons que des centaines de produits chimiques différents, dont nombre cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques, perturbateurs endocriniens, sont utilisés.

Ce n’est pas une élucubration, c’est simplement un fait. Mais regardez plutôt la fulgurance des Foreurs associés : « L’eau injectée est effectivement traitée pour avoir un PH basique et viscosifiée par un biopolymère, parfois de l’amidon, ou de l’argile ; on rajoute parfois un inhibiteur d’argile pour empêcher cette argile de gonfler. Le secret sur la composition exacte relève plus des pourcentages que de la composition elle-même ». Pas une vérité, pas le moindre début de liste. Vous voulez mon avis ? Mais c’est un aveu. Un gigantesque aveu de ce qu’ils nous préparent.

Je me rends compte qu’il me faut ajouter un troisième point, beaucoup trop sous-estimé selon moi dans notre combat commun. Ces gens ne disent pas un mot de la crise climatique. Pour une raison très simple : leurs amis américains ont lancé leur énième aventure sans se doter – pour cause – d’une étude sérieuse sur les fatales conséquences des gaz et du pétrole de schistes dans ce domaine clé. Je ne cesse de répéter qu’une victoire des foreurs en tout genre signifierait, en réalité, la fin de toute négociation internationale sur les émissions de gaz à effet de serre. DEBOUT !

 Amicale des Foreurs et des Métiers du pétrole
14, Rue Henri IV 64510 BORDES
Tél : 05 59 53 22 89 – Email : foreurs@orange.fr – Web : www.foreurs.net

FORAGE POUR LE GAZ DE SCHISTE

Bordes (64) le 6 mars 2011 – L’énorme,  puissant  et dévastateur  cyclone médiatique environnemental    dont l’œil central est toujours  « le forage pétrolier » et plus particulièrement « le gaz de schiste » s’est formé  et circule dans notre pays depuis près  de deux mois. Il perturbe  les esprits et poursuit  ses ravages  de désinformation  et de peurs  dans  toutes les provinces françaises où des permis miniers  ont été attribués  et des forages programmés. Parfaitement  orchestré pour la nuisance, il   détruit  tout sur son passage  et laisse  totalement désarmées  et déstabilisées des  populations mal informées  devant  les annonces alarmistes  des conséquences annoncées.

L’industrie du forage  pétrolier, géothermique  et minier  œuvre  dans le sous-sol  de notre pays depuis plus d’un siècle  et elle a démontré son professionnalisme, son savoir faire  et ses réussites avec  pour preuve les milliers de puits forés  dans les règles de l’art, productifs en gaz, pétrole et eau pour la géothermie. Tous  les forages classiques  ont été  et sont toujours exécutés selon les dernières techniques connues et reconnues  européennes et internationales,   dans le strict respect de la règlementation française, qui est  d’ailleurs très contraignante, des normes de sécurité  et  du respect de l’environnement : protection  du sous-sol,  réduction du bruit, traitement des rejets divers , de la boue  et  remise en l’état  des terrains après les travaux.

Depuis toujours la délivrance des permis puis les travaux de forage d’exploration ou de production   sont   suivis par les services de l’état, la DGEC, les DREAL, ainsi que l’Inspection du Travail. Toutes les phases sont donc l’objet d’un contrôle règlementaire strict.

Doit on rappeler que des forages d’eau , d’hydrocarbure ou de géothermie  ont été réalisés  il y a quelques années  en plein Paris,  à Versailles et en très  proche banlieue  par des sociétés françaises  avec du matériel spécialement adapté aux milieux sensibles. Les maires  des villes ou villages où ont été effectués des travaux  de prospection et de forage peuvent être consultés et témoigner que les forages se sont déroulés  dans les règles de l’art  pour la commune et l’environnement   et qu’ils ont été créateur d’emploi  et de revenus. La seule réserve  de taille  qu’ils émettent, qui est légitime, est  que la commune ne reçoit aucune redevance sur la production lorsqu’une découverte est faite, les seuls  bénéficiaires désignés par la loi étant  le Département et la Région.  Il y a là une injustice  que notre Association dénonce depuis de très nombreuses  années. Pour informer et répondre aux  interrogations légitimes que peut se poser la population reprenons les principaux arguments avancés par les opposants à l’exploitation des gaz de schiste.

L’impact sur l’environnement

Il n’est bien évidemment pas question de forer des puits tous les 500 mètres comme cela a pu être dit et écrit : cela ne se fait que dans des zones désertiques. En France et ailleurs en Europe, les puits sont regroupés en « cluster », c’est-à-dire qu’à partir d’une même plateforme on va forer   un grand nombre de puits. C’est ainsi que sont développés la plupart des champs de pétrole actuels de la région parisienne ou de l’Aquitaine. Les techniques actuelles de forage dévié sont parfaitement maîtrisées : c’est d’ailleurs ainsi que sont développés tous les champs offshore.  L’impact sur l’environnement est donc limité, les plateformes de forage occupant un espace restreint, de l’ordre de 100m par 100m.

Les ressources en eau

 Les quantités

Les chiffres avancés parlant de millions de litres injectés sont fantaisistes. Il faut aussi savoir que cette eau ne disparait pas dans les formations sinon cela voudrait dire que le gaz pourrait lui aussi s’échapper. Cette eau injectée pour la fracturation est quasi intégralement récupérée lors des premiers temps de la production. Elle est ensuite traitée en surface pour être recyclée : des techniques très poussées ont été développées pour cela. Il en va d’ailleurs de même pour l’eau produite par les gisements de pétrole : il faut savoir que la plupart des champs de pétrole exploités en France produisent beaucoup plus d’eau que de pétrole et que l’on sait depuis longtemps traiter cette eau.

Les additifs  de fracturation

L’eau injectée est effectivement traitée pour avoir un PH basique et viscosifiée par un biopolymère, parfois de l’amidon, ou de l’argile ; on rajoute parfois un inhibiteur d’argile pour empêcher cette argile de gonfler. Le secret sur la composition exacte relève plus des pourcentages que de la composition elle-même. Cette technique de fracturation est employée dans les forages pétroliers depuis très longtemps  et
aucun effet nocif sur l’environnement n’a été observé.

La pollution des nappes phréatiques

Il y a eu effectivement des problèmes aux Etats-Unis : un procès vient d’avoir lieu au cours duquel un opérateur a été condamné pour des manquements techniques. C’est le B.A. BA du forage que de faire un programme qui isole parfaitement les aquifères : une série de cuvelages est mise en place, ils sont cimentés et les cimentations sont contrôlées pour s’assurer qu’il n’y aura pas de communication entre un niveau producteur de pétrole ou de gaz et ces aquifères. La règlementation  est très stricte sur ce point. Tous les puits forés dans le Bassin Parisien traversent l’Albien et l’on sait parfaitement comment s’y prendre pour l’isoler.

Une autre erreur concerne les premiers puits qui vont être forés sur les permis nouvellement attribués. Ces puits sont des puits verticaux classiques qui permettront de prélever des échantillons  dans les horizons recherchés : ces échantillons seront analysés pour savoir s’il y a
possibilité d’une production économiquement viable. Dans l’affirmative, un permis d’exploitation sera alors demandé avec un dossier technique très documenté dans lequel l’impact environnemental est un élément important. Il n’y aura pas de fracturation à ce stade.

Autre confusion qui est faite, c’est d’assimiler les gaz ou huile de schiste aux schistes bitumineux : il s’agit de deux choses totalement différentes. Au passage notons que les schistes bitumineux seront probablement les ultimes ressources de pétrole de la planète : espérons que
l’on trouvera rapidement des moyens de les exploiter plus respectueux de l’environnement< ou que l’on pourra développer des ressources d’une autre origine, ce qui est encore un vœu pieux dans certains domaines comme la chimie ou le transport.
Jacques Sallibartant, président. Jean-Claude Rémondet, vice-président

Créée en 1986 par Jacques Sallibartant, l’Amicale des anciens Forex est devenue en 1993 Amicale des Foreurs de France, puis en 2006 Amicale des Foreurs et des Métiers du Pétrole (AFMP). Association loi 1901, indépendante financièrement et gérée par des bénévoles, elle comporte environ 1700 membres, personnel actif ou retraité de l’industrie pétrolière et sociétés de l’amont pétrolier au nombre d’une centaine. Elle a pour objectif d’aider ses membres en recherche d’emploi à travers un relais emploi qui reçoit et diffuse les offres et demandes. Elle s’emploie également à promouvoir les métiers en suscitant des formations destinées à permettre à des jeunes d’entrer dans la profession. Elle s’investit auprès des administrations compétentes pour faire évoluer les règlementations applicables aux activités de recherche (procédures d’attribution des permis, règlementations techniques, réglementation du travail, fiscalité, etc.) afin de rendre notre pays plus attractif aux investisseurs pétroliers. Elle publie une revue trimestrielle « Foreurs Contact » et gère un site internet « www.foreurs.net ».

Un article d’Arrêt sur images (sur les gaz de schistes)

Pour signer :  http://www.petitions24.net/signatures/gaz_de_schiste__non_merci

Après accord du site Arrêts sur images (ici) – merci -, je publie ci-dessous l’enquête signée Sébastien Rochat. Elle rebondit sur le papier de Planète sans visa dont le titre était : « La bande des Quatre se fout des gaz de schistes ».

Gaz de schiste : pourquoi les écolos officiels ont réagi avec retard
WWF, FNE, Greenpeace et la fondation Hulot répondent

« La bande des Quatre se fout des gaz de schiste ». L’accusation de Fabrice Nicolino, journaliste et auteur de nombreux ouvrages sur l’écologie, est directe : WWF, France Nature environnement, Greenpeace et la Fondation Nicolas Hulot ne seraient pas suffisamment mobilisés contre les gaz de schiste, dont la technique d’extraction est particulièrement polluante. ??On avait déjà constaté qu’une bonne partie de la presse était passée à côté de ces gaz de schiste alors que l’exploration avait été autorisée en France par le ministère de l’Ecologie en mars 2010.

Mais comment expliquer que les grandes associations écologistes ne se mobilisent que mollement ? A la tête de la contestation, on trouve en effet des groupes locaux, le député européen José Bové, mais pas ces associations écologistes, plutôt en retrait. Pour Nicolino, qui a été le premier à sonner l’alerte en octobre dernier, ce silence coupable est lié aux structures mêmes de ces associations : trop proches du pouvoir, des industriels ou simplement paralysées par leur bureaucratie. Face à ces accusations, les associations avancent plutôt leur spécificité pour justifier leur temps de réaction.

C’est par lui que l’affaire des gaz de schiste a éclaté en France. Comme nous vous l’avions expliqué, dès le mois d’octobre 2010, le journaliste Fabrice Nicolino avait publié un article dans Charlie Hebdo pour dénoncer les permis d’exploration de gaz de schiste octroyés en catimini par Jean-Louis Borloo en mars 2010. C’est Nicolino qui avait alerté José Bové, devenu par la suite le porte-voix de cette mobilisation jusqu’alors locale.

Après la période d’alerte et le moratoire décrété par le gouvernement, l’heure est visiblement aux règlements de compte. Sur son blog, Nicolino, qui doit publier un livre sur les associations écologistes, accuse ces dernières de ne pas être engagées dans ce combat contre le gaz de schiste. Ou du moins de le faire avec un retard suspect et un impact limité. Se disant « écœuré » par l’inertie de WWF, France Nature environnement, Greenpeace et la Fondation Nicolas Hulot, Nicolino attaque fort.

Un membre de WWF était censé participer à une réunion des industriels du gaz de schiste

Première association sur le banc des accusées : WWF France. Le 31 janvier, Nicolino annonce que des politiques et des industriels du gaz de schiste doivent se réunir à l’hôtel Marriott à Paris. « Les transnationales du pétrole et du gaz veulent mettre la France et l’Europe en coupe réglée, et tuer ce qui reste encore à peu près vivant » accuse Nicolino qui révèle au passage la participation d’un certain Stephan Singer à cette réunion, « le responsable de la politique de l’énergie au WWF, cette association internationale qui n’a plus d’écologiste que le nom ». Que venait faire le WWF à une réunion d’industriels du gaz de schiste ? Mystère. Mais Nicolino assure que « le WWF des États-Unis, lié de fort près à l’industrie, n’a rien tenté pour contrarier la réalisation des 500 000 puits de forages existant là-bas ».

Trois jours après les révélations de Nicolino, hasard ou coïncidence, Serge Orru, le directeur général du WWF France consacre sa chronique dans Terra Eco au gaz de schiste pour s’y opposer fermement et encourager la signature de la pétition « Gaz de schiste : non merci ! » lancée le 11 janvier. Mais pour Nicolino, c’est un peu court : « La bagarre est en route depuis au moins deux mois en France, et le WWF, qui dispose de moyens financiers très importants, ne fait strictement rien ».

WWF n’intervient sur le gaz de schiste qu’en février

Contacté par @si, Orru répond point par point. D’abord sur la présence d’un responsable de WWF à une réunion d’industriels du gaz de schiste : « Ce n’est pas vrai, Singer n’a jamais été à cette réunion. Il a refusé cette invitation, il n’y est pas allé. Il était bien dans le programme, mais en petit ». Selon lui, les organisateurs ont mis son nom alors qu’il n’avait pas donné suite à cette invitation sentant le piège.

A propos du retard à l’allumage du WWF dans la mobilisation, Orru explique : « On ne peut pas être sur tout. C’est clair et net, nous sommes contre. Peu importe que Nicolino ait avancé le thème avant nous, l’important, c’est qu’on se coalise. En France, les industriels se régalent des divisions des écologistes ». En l’occurrence, le WWF n’est pas la structure forcément la mieux adaptée pour lancer des alertes de ce type : « Lorsque vous faites un budget, il est clos six mois à l’avance, vous définissez vos actions à ce moment-là. On ne réagit pas en fonction de ce que fait la presse, explique-t-il. Il faut une stratégie, ce n’est pas simplement de l’incantation. Il y a l’alerte mais surtout la proposition d’alternative, et pour ça, il faut une expertise scientifique. Tous les jours, je reçois 5 à 6 coups de téléphone pour des combats locaux, des demandes de soutiens financiers pour telle ou telle cause. Mon boulot, c’est d’éviter la dispersion. Aujourd’hui, il n’y a pas une équipe qui travaille sur les gaz de schiste. Par contre, nous sommes engagés contre les extractions de pétrole. Toute extraction est dangereuse pour l’environnement, notamment l’extraction en mer, ce qui est le cas au large de Marseille ».

S’agissant du WWF Etats-Unis, Serge Orru assure qu’ils « sont opposés au gaz de schiste, il y a suffisamment de dégâts pour l’être ». Etant donné la puissance de feu du WWF outre-Atlantique, on peut tout de même s’étonner de la facilité avec laquelle 500 000 puits ont été creusés. Mais Orru assure que le WWF France est mobilisé : l’association demandera « que les candidats à la présidentielle interdisent la fracturation hydraulique », technique d’extraction du gaz de schiste.

????Pourquoi Greenpeace n’a pas organise de campagne nationale??

Greenpeace est la deuxième association écologiste pointée du doigt par Nicolino : « Dans cette association verticaliste, nul ne bouge tant que la bureaucratie internationale qui dirige tout depuis Amsterdam ne le décide, s’agace-t-il. Et, donc, Greenpeace France ne fait rien. Encore bravo, les vaillants défenseurs de la planète ! »??Greenpeace a pris position contre les gaz de schiste, dans un article publié sur son site le 13 janvier 2011, c’est-à-dire au moment où l’affaire avait déjà éclaté médiatiquement. Pourquoi pas avant ?

« On ne peut pas ouvrir des fronts sur tout, on est sollicité tous les jours par nos adhérents, nos associations, on a beau être une grosse association, on ne travaille pas sur tout, se défend Sylvain Trottier, chargé de communication de Greenpeace sur le pétrole. On a une expertise sur le pétrole, à l’international et en France, mais pas sur le gaz ». Trottier avance aussi une autre raison, plutôt curieuse. Ce serait une question de stratégie : « On ne va pas se mobiliser uniquement sur des problèmes locaux ». Et Trottier de donner un exemple bien connu des @sinautes : « sur les algues vertes, on n’a pas développé de campagne car c’est très localisé, ça ne s’inscrit pas dans une campagne plus large. Or, pour nous, les enjeux doivent être locaux et globaux. On essaye de faire campagne avec plusieurs pays en même temps, car avec cette logique globale, on a plus d’influence ». Et ce ne serait pas le cas du gaz de schiste ? Alors que les Etats-Unis ont développé cette technique depuis près de dix ans, que les dégâts écologiques sont connus et que les industriels se ruent maintenant vers l’Europe ?

« A propos du gaz de schiste, on s’est demandé si c’était aussi grave que le pétrole, tente de se justifier ce responsable de Greenpeace France. Mais les choses ne se font pas en deux jours. Et en général, en France, les associations locales n’aiment pas que ce soit récupéré par des grosses associations ». Pour autant, il soutient que Greenpeace n’est pas absent du débat : « on a une campagne internationale sur le pétrole non conventionnel [dont fait partie l’huile de schiste]. Pour nous, c’est notre priorité parce qu’on construit nos campagnes de manière globale ». Greenpeace centre plutôt sa campagne sur la dépendance au pétrole

A France Nature Environnement : « avant de sortir un truc, on vérifie

« ??Dans « la bande des Quatre » dénoncée par Fabrice Nicolino, il y a également France Nature Environnement, qui rassemble près de 3000 associations réparties sur l’ensemble du territoire. Cette structure délocalisée apparaissait comme la plus à même de faire remonter les contestations au niveau local. Et pourtant, Nicolino accuse le FNE de n’avoir rien fait, pour des raisons politiques : FNE « qui tire sans doute plus de 65 % de ses ressources de fonds publics, joue son rôle traditionnel de tranquillisant social, si utile en ces temps troublés. Elle ne conteste pas les gaz de schiste pour ce qu’ils représentent d’évidence, elle réclame que les formes soient mises (…) Le message de FNE au pouvoir est clair : servez-nous une sauce acceptable ». France Nature Environnement, qui a participé au Grenelle de l’environnement, est-elle dans la main du gouvernement ?

« C’est un procès d’intention, la théorie du complot fait vendre du papier », dénonce Benoît Hartmann, porte-parole de France nature environnement. Et d’expliquer : « On a commencé par faire remonter les informations de nos associations locales. Dans les arrêtés, il n’était pas écrit gaz de schiste mais simplement hydrocarbures. Il a fallu faire le tri de toutes les autorisations. Ca a commencé à monter il y a un an, en Ile de France en particulier. Mais on pensait que ces associations locales nous alertaient à propos d’hydrocarbures classiques ».

FNE se prononce contre les gaz le 17 janvier

Jointe par @si, la responsable du réseau énergie, Maryse Arditi, nous explique pourquoi tout ce travail prend du temps : « Il faut être honnête, on n’était pas branché sur les hydrocarbures. Il n’y a pas d’hydrocarbures, plus de mines en France. On a tellement de sujets sur le feu ». Et l’association ne peut pas se lancer sans être certain de ce qu’il avance : « Si je suis José Bové, si je me trompe, ce n’est pas grave. Nous, avec toutes nos associations partenaires, avant de sortir un truc, on vérifie si on est tous sur la même ligne. La démocratie, ça prend du temps. Tout seul, c’est plus facile ».

En outre, comme WWF et Greenpeace, FNE explique qu’il ne peut pas être partout : « ce n’est pas de la mauvaise volonté, il y avait plus d’urgence. De mars à juin, j’ai par exemple travaillé exclusivement sur la question de l’EPR. Actuellement, je travaille sur les plans de prévention des risques technologiques. Certains particuliers vont être expropriés », explique Maryse Arditi.

Du côté de la Fondation Nicolas Hulot, qui a pris position contre les gaz de schiste sur son site avec deux articles les 3 et 22 février, on justifie la réaction tardive par le manque d’information : « On n’était pas au courant des autorisations Borloo. Comme les populations locales », nous explique-t-on. Aujourd’hui, la Fondation veut resituer l’affaire dans un contexte plus large : « Nous, notre entrée, c’est plutôt sur l’énergie. Mais c’est plus en terme de réflexion sur le long terme, le manque d’investissement dans les énergies renouvelables ».

Comme une grande partie de la presse, les gaz de schiste ont donc échappé aux radars des grandes associations écologistes. Toutes les quatre assurent aujourd’hui qu’elles suivront le dossier de près, même si elles ne sont pas à la pointe de la contestation. En attendant, au moment où le New York Times vient de révéler que l’eau rejetée par les puits de gaz de schiste était radioactive, la ministre de l’Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a confié ce matin à Jean-Jacques Bourdin qu’elle a demandé l’abrogation des permis d’exploration de gaz de schiste à François Fillon.

Par Sébastien Rochat le 02/03/2011