(Je m’autorise un ajout, qu’on trouvera tout en bas, le 22 janvier 2011)
Un article paru dans Le Monde me fait sourire, ce qui n’est déjà pas si mal.
Rien à voir ? Rien à faire sur Planète sans visa ? Je ne sais pas répondre. Mais, et d’un, je n’ai pas une minute pour écrire moi-même. Et, deux, de nombreux soutiens de Mélenchon m’ont conspué pour les deux textes que j’ai consacrés ici à leur idole. Je suis donc bien satisfait que ma parole soit portée par un insider, Christophe Ramaux. Et je rappelle enfin que la crise écologique commande d’inventer de nouvelles formes politiques. Le présomptueux Parti de Gauche n’est qu’une énième resucée. Au service du chef, qui plus est. Un seul mot d’ordre, comme on disait dans ma jeunesse : À bas ! ¡ Abajo el jefe !
L’économiste Christophe Ramaux claque la porte duParti de gauche
pour Le Monde.fr | 18.01.11 | 13h48 • Mis à jour le 19.01.11 | 10h12
AFP/JEAN-FRANCOIS MONIER
C’est un départ à bas bruit dans l’entourage de Jean-Luc Mélenchon. L’économiste Christophe Ramaux, co-animateur de la commission économie du Parti de gauche (PG), vient d’envoyer sa lettre de démission du parti. En désaccord depuis plusieurs mois avec l’orientation trop personnalisée et le fonctionnement interne, ce maître de conférence à Paris-I avait déjà pris ses distances. Il claque la porte en expliquant ses désaccords, dans un courrier envoyé le 12 janvier à la direction du parti.
Le fonctionnement interne apparaît comme la première des raisons qui motivent le départ de ce chercheur, un des responsables du Manifeste des économistes atterrés. « Je m’imaginais un parti ouvert, où l’on réfléchit, discute, débat (…). Le PG fonctionne, au contraire, comme un petit groupe ‘discipliné’« , écrit M. Ramaux.
Et de critiquer les statuts qui n’autorisent la présentation d’un texte alternatif que s’il obtient 20 % des signatures de membres du conseil national : « Avec une telle règle, Jean-Luc Mélenchon et ses amis auraient-ils pu constituer un courant [à l’intérieur du PS] ? »
M. Ramaux aborde ensuite un autre travers qu’il ne supporte plus : la personnalisation du PG. « Au regard de son projet, n’est-il pas paradoxal que le PG soit aujourd’hui, et de loin, le parti à gauche le plus personnalisé », questionne l’économiste avant d’en lister les symptômes : faiblesse des débats internes, « souci d’affichage » de la direction, au congrès du parti, en décembre, qui a vu défiler les discours des dirigeants au détriment des délégués ; « phénomènes d’autosatisfaction et de cour en cascade », « énergie disproportionnée mise à critiquer les médias« …
UNE LIGNE TROP ALÉATOIRE, PEU SÉRIEUSE
« N’est-ce pas l’indice qu’il y a décidément un problème » au PG, interroge encore M. Ramaux. Enfin, le démissionnaire en vient au fond de ses désaccords avec le parti de M. Mélenchon : l’absence de programme.
Alors que, comme il le rappelle, le PG avait affiché dès sa création son ambition de forger un programme solide, deux ans plus tard, il n’en est rien. Et de préciser qu’une commission devait élaborer ce corpus idéologique, mais qu’elle n’a jamais réellement fonctionné, laissant au président du parti la latitude de forger ses discours. Le dernier congrès n’a présenté qu’une motion d’orientation, sorte de « long tract ».
Résultat, explique le démissionnaire : une ligne trop aléatoire, peu sérieuse, notamment dans sa réflexion sur la crise économique et financière, thème cher à l’économiste hétérodoxe. Il s’est permis d’en faire la critique et s’est pris une volée de bois vert de la part du président. Ce fut la goutte de trop.
Christophe Ramaux précise qu’il ne fait pas de sa démission « une ligne à suivre » et qu’il reste attaché à cette expérience militante. Mais il résume ainsi le sentiment de bon nombre de cadres qui sont partis sur la pointe des pieds depuis la création du PG en février 2009.
Sylvia Zappi
PS : J’ai répondu dans les commentaires à Rachel, qui n’était pas contente de moi. Après réflexion, j’ajoute ici ma réponse à cette militante du groupuscule mélenchonien :
Rachel,
Mon ami Karl Marx a écrit en 1852 Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte. Dans ce brillant essai – Karl est un homme d’une immense culture et d’une plume magnifique -, il décrit le coup d’État de celui qui deviendrait Napoléon III. J’aime infiniment le jeune Marx, celui des Manuscrits dits de Paris, ou Manuscrits de 1844. Il y décrit d’une manière passionnante le phénomène de l’aliénation. Je n’y insiste pas, mais j’y renvoie. Dans Der Achtzehnte Brumaire des Louis Bonaparte, il note précisément : « Hegel bemerkte irgendwo, daß alle großen weltgeschichtlichen Tatsachen und Personen sich sozusagen zweimal ereignen. Er hat vergessen, hinzuzufügen : das eine Mal als Tragödie, das andere Mal als Farce ».
Ce que je traduirai par à peu près ceci : « Hegel remarque quelque part que tous les grands faits de l’histoire, ainsi que ses personnages, se répètent pour ainsi dire deux fois. Mais il a oublié d’ajouter : la première fois en tragédie, la seconde en farce ».
Je ne me moque pas de vous, je suis triste. Vous n’avez pas même essayé de lire ce que j’écrivais sur la totale vanité de tous les programmes politiques, qui n’ont JAMAIS été appliqués. Je vous rappelle, mais sans espoir, que le programme du parti socialiste d’avant 1981 consistait à rompre avec le capitalisme. Mélenchon faisait partie de cette copieuse bande, qu’il n’aura quittée que trente ans plus tard… Et il glorifie la personne de Mitterrand, remarquable personnage de la droite française tout au long de sa si belle carrière.
Je vous le dis, vos propos me rendent triste. Mais j’ai une bonne nature, et cela ne durera pas.
Fabrice Nicolino