Archives de catégorie : Journalisme

Macron, le référendum et le journalisme

Publié en mars 2021

Avouons qu’on ne sait pas comment ils font. Macron, jamais élu avant 2017, réussit des numéros d’escamotage dignes d’Houdini, qui parvenait à se libérer d’un coffre empli d’eau après avoir été menotté.

Le coup de la Convention citoyenne pour le climat, c’était vraiment bien. 150 naïfs tirés au sort proposent des mesures pour faire face au drame, et Macron assure devant les caméras qu’il reprendra « sans filtre » leurs propositions avant de les écrabouiller.

Et voilà qu’il récidive avec son projet de référendum. Il veut, il prétend vouloir que la Constitution intègre la « protection de l’environnement » comme un principe. Et l’Assemblée fait semblant de discuter l’affaire, quand chacun sait que cela n’ira jamais au bout.

Soit en dernière instance, le Sénat bloquera, et ce sera l’occasion pour Macron de triompher. Du côté des électeurs écologistes – voyez comme j’aime la planète – tout en affaiblissant la droite, cette droite qui règne sans partage sur le Sénat. Soit, si ce référendum ridicule devait aboutir, il ne se passerait rien quand même. La Charte de l’Environnement de Chirac en 2O05 n’aura servi à rien, et ne serviront à rien les moulinets électoralistes.

Les journalistes politiques sont très souvent des cons, incapables de relier un point avec un autre. Leur monde se réduit à la psychologie des egos, petits ou grands. La plupart ne lisent rien d’autre que des livres inutiles, racontant des histoires insignifiantes sur des destins lilliputiens.

Si tel n’était pas le cas, ils confronteraient Macron-l’écologiste à la liste rouge établie par deux autorités peu discutées : l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et le Muséum national d’histoire naturelle. Patiemment, au long de 13 années de collectes et d’analyses, leurs spécialistes ont évalué 13 842 espèces animales et végétales présentes en France. 2430 sont menacées d’extinction sur notre sol, soit 17%. Et plus de 30% des oiseaux (1). Si des yeux autres qu’aveugles regardaient cela en face, un seul mot s’imposerait, bien qu’aucun ne convienne : celui d’Apocalypse.

En France donc, tandis que péroraient entre 2008 et 2021 Nicolas Sarkozy – « L’environnement, ça commence à bien faire (2011) -, François Hollande – création d’un secrétariat d’État à la biodiversité – et notre cher Emmanuel Macron, tout s’est accéléré. C’est l »organisation profonde de la France, qui est en cause. Ses modes de production, d’exportation, de consommation, ses façons d’habiter, de bouger, de se soigner. Le reste n’est que bullshit, motherfucker, comme on dit les séries américaines.

Veut-on souffrir encore plus ? Ce ne sera pas trop difficile, car ce cirque obscène dure depuis des lustres. Toute parole politique est corrompue. En mars 2018, Nicolas Hulot, alors ministre de l’Écologie, monte à la tribune de l’Assemblée nationale. Il vibre, il est au bord des larmes, et le pire de tout est qu’il est sincère. Il demande au députés qui s’en tapent « un sursaut d’indignation ». Il déclare dans le vide : «  Il y a des tragédies invisibles et silencieuses dont on s’accommode tous les jours, eh bien je vous le dis, tout seul, je n’y arriverai pas (…) Oui je vais vous présenter un plan biodiversité dans les semaines qui viennent, qui va succéder à la stratégie de la biodiversité, mais très sincèrement, tout le monde s’en fiche, à part quelques-uns ».

Vains Dieux ! En 2016, Barbara Pompili, alors secrétaire d’État à la biodiversité de François Hollande, arrache l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes, ces massacreurs d’abeilles. Elle déclare même, toute fiérote de sa réussite : « Ils sont dangereux pour notre santé, pour notre environnement, ils contaminent les cours d’eau, la flore, y compris la flore sauvage. Ils restent dans les sols très longtemps […] Nous avons une responsabilité vis-à-vis de nos enfants, nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas ».

Et là-dessus, elle autorise en septembre 2020 leur retour. Sur les betteraves pour commencer. Rien ne bouge, car nul ne bouge.

(1) https://uicn.fr/liste-rouge-france/

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Une nouvelle manière de faire une enquête

Se passerait-il quelque chose dans le journalisme ? On sait depuis longtemps que des centaines de journalistes plutôt jeunes tentent l’aventure, les aventures. Mais le projet Disclose donne envie de connaître la suite.

On résume vite fait. À l’été 2015, notre bon ami Bolloré veille. Devenu patron de Vivendi, il règne donc sur sa filiale Canal+. Or un documentaire doit y être diffusé, qui raconte de belles choses sur les magouilles du Crédit Mutuel, banque qui a aidé Bolloré dans sa marche triomphale. Il censure.

Le doc de Geoffrey Livolsi et Nicolas Vescovacci finira par passer sur France 3, mais pour Livolsi, c’est la goutte d’eau fatale. Avec quelques amis et confrères, dont Jean-Pierre Canet – tu vas bien ? -, il lance en 2018 Disclose (disclose.ngo/fr) après une levée de fonds auprès de simples citoyens.

Le principe de fonctionnement est simple : plus les donateurs ouvrent leur porte-monnaie, plus les journalistes travaillent. On paie pour permettre des enquêtes au long cours. En deux ans, Disclose a déjà reçu quelques grands prix, dont le Sigma Awards.

Signalons deux enquêtes qui ne peuvent que plaire dans cette page : l’une sur l’élevage intensif, l’autre sur les conséquences réelles des essais nucléaires français à Moruroa et Fangataufa. J’y reviendrai après avoir lu le livre qui accompagne, dont l’un des auteurs travaille avec Disclose.

On peut filer des infos à Disclose de manière discrète en ouvrant un compte mail sécurisé, via Proton. Ça a l’air compliqué, mais c’est simple comme tout (1). On peut aussi utiliser l’application gratuite Signal, qui paraît-il garantit la confidentialité des échanges.

Bien que si jeune, Disclose a déjà un petit frère breton, Splann (splann.org), d’un mot qui veut dire « Clair ». Et c’est en effet limpide. Le groupe autour de Splann, basé à Guingamp (Côtes d’Armor), entend regarder derrière la carte postale, genre rochers et côte sauvage. Et la cible principale, sans surprise, c’est l’empire agro-alimentaire qui a transformé la Bretagne en une infâme décharge à cochons et à déjections.

(1) https://disclose.ngo/fr/page/devenez-une-source

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Martine et les jardins ouvriers d’Auber

C’est une bagarre entre deux mondes irréconciliables. Bien que prévenu, j’avais laissé filer les jours et les semaines. Et voici que Martine Rousseau-Oger, amie lointaine mais chère, m’envoie ce qu’elle a écrit pour son blog si délicieux (1).

Ça se passe à Aubervilliers, ville historique des prolos, de l’espoir, du Front Popu, mais aussi de cette canaille de Pierre Laval, qui y fut maire. « En sortant du métro Fort-d’Aubervilliers (direction La Courneuve), Seine-Saint-Denis, et avant d’arriver à quelques hectares de verdure, on passe devant ça », commence Martine. Et ça, ce sont des immondices, des centaines de canettes, un ignoble parking. Le lieu est délaissé, certainement sur décision politique.

C’est ici, ajoute Martine, que « le Grand Paris Aménagement (GPA) compte fermement installer une piscine d’entraînement (coût estimé : 40 millions d’euros) pour les Jeux olympiques 2024 ». Or juste à côté ont poussé bien avant guère des jardins ouvriers, loués pour une somme modique. Il y a 86 parcelles, mais un projet contigu à la piscine prévoit un solarium et une terrasse de 4000 m2. Le tout engloutirait 19 parcelles, pour commencer.

Pour commencer. On parle aussi d’une gare, d’hôtels, de logements et de bureaux.Chacun sent bien que le Grand Paris, les JO de 2024, la marche à l’abîme sont tout un. Dans le monde des Excellences, y compris Hidalgo, qui aura tant fait pour les Jeux Olympiques, il n’y a pas de place pour un jardin ouvrier de pauvre. Si vous êtes dans le coin, allez-les voir, et bougez-vous le cul (jardinsaubervilliers.fr). On sait jamais.

(1) lemonde.fr/blog/correcteurs/2021/03/07/aux-vertus-dauber/

Un canard laqué, la taxe et l’addition

Faut ce qu’il faut : ce sera un article chiant. Le 12 novembre 2014, le journal Le Monde publie un article dont le titre est : « Accord décisif sur le climat entre la Chine et les Etats-Unis ». Le sens du mot décisif, pour les oublieux que nous sommes tous, c’est que cela doit régler un débat, résoudre un problème. Ainsi donc, cette désinformation majeure annonce qu’on vient de venir à bout de la plus grande question humaine, celle du dérèglement climatique.

Depuis, le gaz carbonique a continué sa marche en avant triomphale, et voici qu’on apprend une autre nouvelle fantastique, qui se trouve être le prolongement du supposé accord de 2014. Dans un article fiable – la Chine n’est-elle pas la plus grande nation totalitaire de la planète ? – le Quotidien du peuple chinois publie un article annonçant l’ouverture d’un immense marché du carbone (1).

Qu’est-ce qu’un marché du carbone ? Dans cet exemple, il s’agit d’une décision politique, qui consiste à définir un niveau maximum d’émissions de gaz à effet de serre, et à diviser ce tout en quotas à ne pas dépasser, entreprise par entreprise. À la fin d’une année, on fait les comptes et les vertueux – qui sont sous la jauge – vendent aux pécheurs – qui sont au-dessus – ce qui a été « économisé ». Au prix d’un marché fluctuant entre l’offre de carbone et la demande. Ces gens, parmi lesquels de nombreux économistes, jugent que donner un prix au carbone est le meilleur moyen, sinon le seul, de limiter sa présence dans l’atmosphère.

Avant de revenir sur le fond des choses, quelques infos. Ce n’est pas en soi un argument, mais ce beau système a conduit à des fraudes portant sur des milliards d’euros en Europe. La plus grande des escroqueries jamais réussie en France. Mais plus sérieusement peut-être, est-il bien raisonnable de confier l’avenir du monde au système même qui l’a mené au bord du gouffre ?

Ne parlons même pas des facéties chinoises, habituelles dans un pays où tous les chiffres sont politiques. On apprenait ainsi en novembre 2015, un mois avant la grande farce appelée COP21, que les statistiques chinoises de production de charbon étaient bidonnées. Pour la seule année 2012, il fallait ajouter la bagatelle de 600 millions de tonnes. Chaque année, la Chine envoyait dans les cieux 1 milliard de tonnes d’un gaz carbonique qui n’avait été enregistré nulle part. Mais oublions ces détails encombrants.

En quoi consiste concrètement ce marché du carbone chinois, célébré par les marchands transnationaux d’un bout à l’autre de la planète ? On parle de 4 milliards de tonnes de gaz à effet de serre encadrés par ce système. De milliers d’entreprises concernées, avant dix ou cent fois plus.

La réalité à peine cachée est burlesque. Comme le rapporte Valéry Laramée de Tannenberg dans un papier très détaillé (2), cette annonce « devrait éviter aux produits exportés vers l’Europe d’être frappés par le futur mécanisme d’ajustement [carbone] aux frontières européennes », que la Chine tient pour une lourde entrave possible à ses exportations.

Est-ce donc du flan ? En partie, sans l’ombre d’un doute, car il s’agit d’abord d’un plan commercial servant la politique expansionniste de la Chine. Mais même si le marché du carbone se mettait à fonctionner d’une manière radieuse – on en est très loin -, il ne réglerait évidemment rien. Dans le meilleur des cas, il permettrait de réduire la quantité de carbone rejetée dans l’atmosphère par unité de production.

Entre 2005 et 2019, pour fabriquer 10 000 yuans de marchandises, les Chinois sont passés de 3,2 tonnes de C02 émises à 1,6. Une division par deux. Mais dans le même temps, par la grâce d’une croissance qui « tire » la nôtre et nous inonde de colifichets, les émissions globales de CO2 de la Chine sont passées de 6 à 11 milliards de tonnes. Autrement dit, il faudrait les baisser très vite d’au moins 80%, mais on les double.

Tout le monde est complice de ce jeu de bonneteau, à commencer par Macron et le système mondialisé qu’il défendra jusqu’à la fin. Et nous sommes des petits cons.

(1) http://french.peopledaily.com.cn/n3/2021/0107/c96851-9807021.html

(2) journaldelenvironnement.net/article/la-chine-ouvre-le-plus-grand-marche-du-carbone-du-monde,113048

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L’eau de Javel, cet excellent cancérogène

Qui ne connaît l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes ? Cette AFPA délivre, comme son nom le laisse deviner, des diplômes professionnels dits « qualifiants ». Cela couvre un peu tout, du tourisme au bâtiment, passant par la cuisine, la direction d’une PME, la ferronnerie, etc. C’est du lourd : 145 000 stagiaires en 2018 et 8200 salariés.

Or v’là-t’y pas que ces gens déconnent salement, au moins sur ce point précis que je vais détailler. Précisons d’abord qu’un Massive open online course est un MOOC, c’est-à-dire un cours, en l’occurrence une formation, dispensé sur le net. Par ces temps légers de pandémie, cela semble utile, et l’AFPA fait les choses en grand.

Dans son MOOC consacré à la cuisine, je lis dans le chapitre consacré au « traitement des légumes » (1) ceci : « Tous les légumes doivent être impérativement et soigneusement lavés. Les légumes souillés et insuffisamment lavés peuvent contenir des œufs de vers parasitaires embryonnés ou leurs larves, (ascaris, oxyures, larves de mouches, grande douve du foie, etc.). Des traces de produits chimiques utilisés en culture, (pesticides, fongicides, engrais, etc.) ».

Premier commentaire inutilement vachard : l’AFPA ne sait pas qu’un fongicide est un pesticide. Les distinguer signifie qu’on ne sait pas grand-chose dans le domaine, ce qui n’est pas encore grave. La suite l’est, car il est écrit : « Il est possible d’améliorer considérablement la qualité microbiologique des légumes en ajoutant à l’eau de lavage de l’eau de javel à 1/1000 ».

Les auteurs de ce texte, sans s’en douter, se livrent à une désinformation de première. Le chlore contenu dans la Javel est en effet un très grand poison chimique, qui peut créer jusqu’à 600 sous-produits appelés SPC dès lors que ses molécules rencontrent le moindre fragment lilliputien de matière organique. Or, de cette dernière, il en est évidemment beaucoup sur des légumes sortis de terre. Parmi les SPC, une mention sur les très redoutables trihalométhanes et acides haloacétiques, cancérogènes. En salade ou dans la carotte râpée, c’est excellent.

  1. Désolé, c’est très long : mooc.afpa.fr/assets/courseware/v1/7589b10bc3c9e88312d013afe1212265/asset-v1:afpa+Les101techniquesdebase+MOOCCUISINEAFPA+type@asset+block/400415_-_Le_traitement_des_legumes-V2.pdf

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Journal de l’Environnement, de profundis

Je regarde en ce moment le Journal de l’Environnement (JDLE) en ligne (journaldelenvironnement.net), avec une pointe d’incrédulité. Dans quelques jours, ce sera fini, ce qui ne fera pas même une ride à la surface de cette machine infernale qu’est le net. Né en 2004, et d’abord gratuit, il était devenu payant en 2010 et balayait d’un geste vif tout le terrain : l’air, les déchets, l’eau, le droit, le climat, la biodiversité, la mer, l’énergie, les sols, etc.

Je connais son rédacteur-en-chef, Valéry Laramée de Tannenberg, qui n’est pas un ami, mais une connaissance que j’apprécie. Et Romain Loury qui, depuis Montpellier, déniche quantité d’histoires, d’études et de faits éclairants. Avec Stéphanie Senet, ils form(ai)ent une belle équipe, certes éloignée souvent de ma manière de considérer la crise écologique, mais efficace sans l’ombre d’un doute. Le malheur de ce trio, c’est d’avoir été la propriété d’un groupe surpuissant de la presse professionnelle, Infopro Digital, qui possède des dizaines de médias spécialisés – L’usine Nouvelle et Le Moniteur sont dans la besace – et emploie 3300 salariés. Les trois du JDLE représentent donc un millième des effectifs globaux. Un millième, une misère.

Le patron, Christophe Czajka ne sait rien. Son but, avec sa petite bande de diplômés de Sciences Po, de l’ESSEC, de la London Business School, de HEC, c’est de grossir, et il y parvient. De devenir toujours plus puissant dans un monde d’aveugles, et il y réussit chaque année un peu plus. Pauvre garçon.

Mais d’où vient ce salopard de virus ?

Tout le monde en a marre, non ? Des milliers d’heures sur les radios et télés, des kilomètres de signes dans les gazettes auront été consacrés au coronavirus. Pour dire et répéter les mêmes choses dans un sens puis dans l’autre, et retour. Non ?

En mars 2020, quand nous n’en étions qu’au début, l’infectiologue Didier Sicard, pas plus con que tant d’experts de TF1 ou de France-Inter, s’interrogeait (1). Très au fait du sujet, il réclamait un examen en urgence des causes animales de la pandémie. Et comme il connaissait fort bien une partie de l’Asie, il ajoutait : « Ce qui m’a frappé au Laos, où je vais souvent, c’est que la forêt primaire est en train de régresser parce que les Chinois y construisent des gares et des trains. Ces trains, qui traversent la jungle sans aucune précaution sanitaire, peuvent devenir le vecteur de maladies parasitaires ou virales et les transporter à travers la Chine, le Laos, la Thaïlande, la Malaisie et même Singapour. La route de la soie, que les Chinois sont en train d’achever, deviendra peut-être aussi la route de propagation de graves maladies ». 

La nouvelle Route de la soie, qui fait se pâmer tant d’économistes et autres crétins, reliera à terme la Chine – on y achève une quatre-voies de 5000 km –, l’Asie centrale et même l’Europe où un Viktor Orbán, clone hongrois de Trump, est en train de vendre son pays à Pékin. Précisons à l’attention des grincheux que je ne suis spécialiste de rien. Je vois, car je lis, qu’une affaire mondiale comme celle-là recèle d’innombrables mystères. En fera-t-on le tour ?

Mais cela ne doit pas empêcher de parler de ce que l’on sait avec une raisonnable certitude. Et nul doute que la crise écologique planétaire est le responsable principal de l’émergence de tant de virus menaçants. La logique en est dans l’ensemble connue : les activités humaines remettent en circulation des organismes vivants neutralisés par des relations biologiques stables depuis des millénaires, parfois des centaines de millénaires.

L’incursion des humains – braconniers suivant la piste des bûcherons – dans les forêts tropicales les plus intouchées ne pouvait manquer d’avoir des conséquences. Et ce n’est qu’un petit exemple. Quantité de virus dits émergents sont en effet des zoonoses, des maladies ou infections qui passent de l’animal à l’homme. Tel est le cas d’Ebola, des hantavirus, du SRAS, de la fièvre du Nil occidental, probablement du sida. Ce n’est qu’un aperçu, car l’on compte environ 200 zoonoses, dont beaucoup sont bactériennes.

Dès le 17 avril 2020 – il y aura bientôt un an -, 16 responsables d’autant d’organismes scientifiques différents écrivaient (2) : « La pandémie de Covid-19 est étroitement liée à la question de l’environnement : c’est bien, encore une fois, une perturbation humaine de l’environnement, et de l’interface homme-nature, souvent amplifiée par la globalisation des échanges et des modes de vie, qui accélère l’émergence de virus dangereux pour les populations humaines ».

Et les mêmes posaient une question qui devrait pétrifier nos responsables : « À la lumière de la crise sanitaire que nous traversons, il est paradoxal de constater que les études de médecine et de pharmacie continuent d’ignorer largement la biologie de l’évolution, et que celle-ci est récemment devenue facultative pour les deux tiers d’un parcours scolaire de lycéen ».

En clair, tout le monde s’en tape. Pourquoi ? Parmi les nombreuses raisons en cause, j’en retiens deux. Un, nos chefaillons actuels, qui incluent les écologistes officiels, sont d’une inculture monumentale. Ils ne savent pas, obsédés que sont la plupart par leur sort personnel et leur place dans l’appareil d’État. Deux, les rares qui entrevoient une lueur n’ont pas le courage de remettre en question le monde qui est le leur, son organisation, ses buts.

Il y faudrait la force d’un Gandhi et nous n’avons à notre disposition qu’une classe politique et administrative plus bas-de-plafond que le dernier des nains de jardin. Voilà pourquoi votre fille est muette.

(1)franceculture.fr/sciences/didier-sicard-il-est-urgent-denqueter-sur-lorigine-animale-de-lepidemie-de-covid-19

(2) lemonde.fr/idees/article/2020/04/17/la-pandemie-de-covid-19-est-etroitement-liee-a-la-question-de-l-environnement_6036929_3232.html

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Jean-Louis Beffa, héros méconnu de l’amiante

Le coût de l’amiante est tel qu’il ne sera jamais calculé vraiment. L’industrie en a longuement profité, et maintenant la société paie les dégâts, les milliers de morts chaque année, les vies disloquées. Des braves se battent depuis 25 ans devant les tribunaux, et parfois gagnent, et souvent perdent, et continuent pourtant.

En 2017, une expertise judiciaire estimait qu’on ne pouvait pas connaître la date précise d’une contamination par l’amiante, menant droit à un non-lieu en 2018. Les magistrats jugeaient alors impossible de retenir la responsabilité pénale de tel ou tel dirigeant d’une entreprise. En l’occurrence, il s’agissait de l’usine Everite située à Dammarie-les-Lys, en Seine-et-Marne. Gros soupir de soulagement patronal.

Mais la cour d’appel de Paris vient d’infirmer ce non-lieu, et renvoie le dossier à des juges d’instruction. Selon eux, en effet, et il s’agit de citations tirées de son arrêt, « c’est toute la période d’exposition qui contribue à la maladie et/ou au décès ». Du même coup, « chaque dirigeant successif peut avoir participé, à son échelle de responsabilité, à l’exposition des salariés aux fibres d’amiante ».

C’est déjà beaucoup moins drôle pour certains, car Everite était une filiale de Saint-Gobain, ce qui nous rapproche fatalement d’un certain Jean-Louis Beffa. Ce personnage central du capitalisme français est entré à Saint-Gobain en 1974, dont il a été le P-DG dès 1986, quand il était encore légal d’empoisonner le prolo avec l’amiante.

Le cas est d’autant plus intéressant qu’un Beffa, dans notre sainte république, semble intouchable. Ingénieur des Mines, un temps membre du club Le Siècle, il a été aussi des conseils d’administration ou de surveillance de GF Suez, de Siemens, de la Caisse des dépôts, de BNP-Paribas, etc.

Cerise amiantée sur le gâteau, Beffa fait partie dès 1994 du conseil de surveillance du journal Le Monde, qu’il préside depuis 2017. En Italie, travaillant des années sur des milliers de pièces, un tribunal d’appel à condamné en 2013 l’industriel de l’amiante Stephan Schmidheiny à 18 ans de taule. Beffa, quelle chance.

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Les Tartarin veulent la peau du Loup

Comment va le Loup en France ? Pas bien. Je rappelle qu’il est revenu naturellement d’Italie il y a une trentaine d’années, après avoir été totalement exterminé. Pas bien, donc, et c’est l’Office français de la biodiversité (OFB) qui le détaille dans un rapport, avec le CNRS (1). Attention, l’OFB, c’est pas les Naturalistes en lutte : les chasseurs, pour s’en tenir à eux, siègent à son conseil d’administration.

Il n’empêche que le texte est limpide. S’appuyant diplomatiquement sur des « points de vigilance », ses auteurs constatent qu’entre 2014 et 2019, la mortalité atteint 42%, toutes classes d’âge confondues, contre 26% avant 2014. Ce qui rapproche l’espèce du point au-delà duquel la population commence à décliner.

En ajoutant d’autres signes préoccupants, les rédacteurs de la note sortent un peu plus du bois, et ils écrivent : « Plusieurs signaux vont dans le sens d’une dégradation de la dynamique de la population ». Et appellent entre les lignes, mais sans détour, à une révision de la politique actuelle, qui vise, ça c’est Charlie qui le dit, à contenir les oppositions et satisfaire quelques clientèles électorales.

Il n’y a aucun mystère : depuis 2014, des centaines de loups ont été butés « légalement », malgré leur statut de protection. Ils seraient 580 et en cette année qui commence, l’État donne le droit d’en abattre 121. Courons donner des leçons aux paysans africains sur la cohabitation avec les éléphants. Et aux gueux de l’Inde sur la sauvegarde des tigres, si mignons à la télé.

(1) https://www.loupfrance.fr/mise-a-jour-des-effectifs-et-parametres-demographiques-de-la-population-de-loups-en-france-consequences-sur-la-viabilite-de-la-population-a-long-terme/

Algues vertes et grands journalistes

Il est grand temps de parler d’Inès Léraud, que je connais assez pour dire qu’elle est formidable, est journaliste. Installée en Bretagne pendant des années, elle a publié une BD qui (a) fait fureur,  Algues vertes (l’histoire interdite), parue aux éditions Delcourt. Avec le dessinateur Pierre van Hove, qui donne au texte une force supplémentaire.

Bien entendu, c’est le récit de cinquante ans de mensonges d’État, dont tous les représentants ont nié l’évidence : l’élevage industriel et concentrationnaire est le responsable de ces amas d’algues côtières qui, en se décomposant sur le rivage, polluent, menacent et tuent.

Inès est désormais tricarde en Bretagne, où l’agriculture intensive et l’industrie alimentaire liée sont la loi. Mais elles ne sont pas seules. Que feraient-elles sans le soutien des grands médias régionaux ? L’exemple du Télégramme illustre à la perfection la porosité extrême entre intérêts économiques, médiatiques, politiques. Ce quotidien, basé à Morlaix, est une institution dirigée par Hubert Coudurier, et c’est justement de lui que l’on va donner des nouvelles.

Un petit montage filmé, sur YouTube, permet de comprendre bien des choses qu’on ne lira jamais sur le journal (2). Le 11 juin, Coudurier invite Thierry Burlot sur la chaîne du Télégramme, Tébeo. Qui est Burlot ? Le vice-président de la région Bretagne, ancien socialo devenu proche de Le Drian, ministre de Macron. Il est en charge des questions d’environnement et préside même l’Office français de la biodiversité.

Que vont pouvoir se dire ces puissants ? Coudurier attaque bille en tête : « Vous n’avez pas le sentiment que les questions d’environnement sont devenues taboues, qu’on ne peut plus rien dire ? ». C’est un poil obscur, mais Coudurier précise en citant la BD d’Inès, présentée comme « très polémique », avec « des relents complotistes ». Et pour finir, se moque ouvertement de celle qui, selon lui, présenterait les « dîners celtiques » comme autant de rendez-vous de « groupes de pression », alors qu’il ne s’agirait que de « dîners amicaux ».

Avant de poursuivre, que sont donc ces repas d’amis, sur le modèle de ceux du Siècle à Paris ? Eh bien, les Bretons « qui comptent », en toute innocence bien sûr, se retrouvent depuis 2007 pour ripailler. Le premier dîner a eu lieu chez Vincent Bolloré, Breton sémillant qu’on ne présente plus. Et les autres – cinq fois par an – ont lieu souvent chez Fauchon, à Paris, haut-lieu de la misère sociale. Sont présents des patrons, des politiques – François de Rugy a son rond de serviette, Le Drian en est -, des journalistes en vue, dont Coudurier, des « syndicalistes » de la FNSEA.

Que répond Burlot ? Au premier abord, ce garçon est désopilant. Moins à la réflexion, car il affirme que les algues vertes sont, pour les écologistes, du « pain bénit ». Il ne faudrait pas pousser ce fantaisiste pour énoncer qu’ils en sont les vrais responsables. On verra comment le même se ridiculise en niant l’existence de pressions du lobby agro-industriel, puis se ravisant le lendemain, reconnaîtra qu’elles existent, mais qu’évidemment, en chevalier blanc de l’intérêt public, il n’y a pas cédé.

Difficile de comprendre, dans ces conditions, pourquoi le collectif de journalistes Kelaouiñ (kelaouin@protonmail.com) a réuni la signature de 500 journalistes, dont plus de 200 en Bretagne, à l’appui d’un texte adressé à Loïg Chesnais-Girard, président de la région (3). On y lit : « La lettre que vous avez sous les yeux est l’expression spontanée et déterminée de journalistes qui s’organisent pour faire la lumière sur toutes les zones d’ombre qui entourent l’agro-industrie bretonne, et contourner les murs qui barrent l’information des citoyens. Cette initiative a reçu le soutien enthousiaste de confrères et consœurs, de Bretagne et d’ailleurs, qui y ont apposé leur signature. D’autres n’ont pu le faire, craignant pour leur emploi. Une autocensure qui témoigne d’une loi du silence que nous ne pouvons plus tolérer ».

Est-ce assez clair, confrère Coudurier ?

(2) youtube.com/watch?v=y6_R80FQ4UI

(3) blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/250520/lettre-la-presidence-de-la-region-bretagne-pour-le-respect-de-la-liberte-dinformer-sur

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Ce brave ours qui arrose les fiers Ariégeois

C’est cocasse, car c’est à la fois un secret bien gardé, bien qu’il soit de polichinelle pour ceux qui suivent le dossier. L’ours des Pyrénées est-il bien le responsable de toutes les attaques qui entraînent des indemnisations d’État ? Les associations Ferus (ferus.fr) et Pays de l’ours (paysdelours.com) révèlent l’existence d’un tour de passe-passe croquignolet (1).

Le 7 avril 2020, le préfet de la région Occitanie publie le bilan des « dommages d’ours sur le massif des Pyrénées françaises ». Le texte est net : « Au total, 1173 animaux et 36 ruches ont été imputés directement à l’ours ». Ce communiqué, public, est repris par la presse, mais pas celui du 15 mai, pour la raison simple qu’il reste dans les tiroirs de la préfecture.

Or le second est une copie (presque) conforme du premier, qu’il rectifie radicalement en notant : « C’est donc 562 animaux et 36 ruches qui ont été indemnisés lorsque l’ours est ou semble responsable du dommage ». Du simple au double. Et ce n’est pas tout. Cette fois, on écrit sans gêne ou presque : « De plus, 447 animaux de dossiers indéterminés ont été indemnisés suite à la prise en compte des éléments de contexte local ».

Contexte local ? Ferus et les autres ne l’expliquent pas, mais Charlie va tenter d’apporter sa contribution. Le texte préfectoral – le deuxième – livre ce qui pourrait bien être un indice de taille :

« Les départements des Pyrénées-Orientales, de l’Aude et des Pyrénées-Atlantiques restent peu ou pas concernés par les dommages liés à l’ours brun alors que 82% des dossiers du massif ont été réalisés dans le département de l’Ariège ».

Mazette, quel ours ! Alors qu’il est désormais présent, grâce à des naissances, d’un bout à l’autre du massif pyrénéen, l’animal ne commettrait ses méfaits que dans le seul département de l’Ariège, probablement pour ennuyer les gros durs de la gâchette locale (2), fortement soutenus par une classe politique locale que l’on qualifiera d’insolite et parfois distrayante.L’ours, cet ami des nécessiteux.

(1) ferus.fr/actualite/connaitrons-nous-un-jour-le-vrai-bilan-des-degats-dours-dans-les-pyrenees

(2) deux minutes hilarantes : youtube.com/watch?v=pPc7kaOu1ck

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Et si on se poussait un peu pour le Loup ?

C’est pas tous les jours dimanche. Le grand naturaliste drômois Roger Mathieu vient d’écrire « Les loups de France », livre accessible gratuitement (1). Évidemment, il est excellent. Parmi les nombreuses questions abordées – dont celles sur les conditions de son retour en France ou la possibilité d’attaques sur l’homme -, plusieurs ont trait à la cohabitation. Un loup adulte a besoin de 20 sangliers par an. Qu’il trouvera sous quantité de formes, depuis la marmotte, le lièvre, le castor, le renard, jusqu’aux délicieux cuissots de brebis, ce qui fâche – on le comprend sans peine – les éleveurs. Même si, comme le rappelle un proverbe géorgien cité par Mathieu, « le mouton a toujours eu peur du loup, mais c’est le berger qui l’a mangé ».

Il y aurait autour de 500 loups en France, peut-être 600. L’État, quels que soient ses représentants, entend limiter leur nombre et d’empêcher toute installation à l’ouest du Rhône. Les protecteurs pensent en termes de biodiversité, d’habitats favorables et de limitation des dégâts sur les animaux domestiques.

Tout le livre de Mathieu est raisonnable, qui n’écarte pas même la possibilité de tirs sur des loups problématiques. Mais nos maîtres s’en foutent et accordent des dérogations à tire larigot qui permettent de buter « légalement » une espèce pourtant protégée. Encore un mot sur les innombrables anomalies du système d’indemnisation des attaques, ce mystère français qui intrigue tant nos voisins européens. Visiblement, le Loup est aussi un bon gagneur.

(1) drive.google.com/file/d/1rQa_SIZt75ph2EMmuucd2qdM3MNWu1y8/view

Cette Chine qui résume notre immense folie

Depuis combien de temps ? J’ai beau chercher, je ne sais pas. Mais j’ai un point de repère ancien : le livre Who will feed China ?. Autrement dit : Qui nourrira la Chine ? Écrit par l’agronome américain Lester Brown, il marqua une date, et pas seulement pour moi. Paru en 1994, il raconte à sa manière la révolution écologique, économique, sociale et politique que subit la Chine depuis l’arrivée au pouvoir de Deng Xiaoping en 1978.

Je ne retrouve pas le livre, qui est là pourtant, mais un article que j’ai écrit dans l’édition du 6 octobre 1994 de l’hebdomadaire Politis sur Brown. J’en extrais ceci : « Trois causes essentielles pourraient conduire la Chine à une gigantesque impasse alimentaire dans les prochaines décennies : l’augmentation de la population, l’augmentation des revenus monétaires et la disparition accélérée des terres agricoles ». Ainsi qu’on voit, cette prophétie ne s’est pas réalisée. Mais patience. En tout cas, ce petit livre a fortement inquiété la bureaucratie totalitaire chinoise, conduisant, on l’a su, à plusieurs réunions au sommet. Car en effet, il y avait problème : une bouteille de bière supplémentaire par an et par habitant contraignait le pays à trouver 370 000 tonnes de céréales.

Est-ce à cette occasion que j’ai commencé à comprendre le drame biblique qu’allait connaître cette Chine assoiffée de consommation et de pouvoir ? Plus tôt ? En tout cas, pas plus tard. Ensuite, je n’ai jamais cessé d’écrire sur le sujet, partout où je le pouvais. Je ne me souviens pas d’avoir croisé grand-monde sur ce chemin-là. En 2005, je crois bien avoir été le seul, de nouveau, à évoquer la sensationnelle interview donnée à l’hebdo allemand Der Spiegel par le vice-ministre de l’Environnement chinois, Pan Yue. Excusez-du peu, il déclarait : « [Le miracle chinois] finira bientôt parce que l’environnement ne peut plus suivre. Les pluies acides tombent sur un tiers du territoire, la moitié de l’eau de nos sept plus grands fleuves est totalement inutilisable, alors qu’un quart de nos citoyens n’a pas accès à l’eau potable. Le tiers de la population des villes respire un air pollué, et moins de 20% des déchets urbains sont traités de manière soutenable sur le plan environnemental. Pour finir, cinq des dix villes les plus polluées au monde sont chinoises ».

Il y a quinze ans. Et vingt-six ans pour l’avertissement de Brown. Et la Chine est toujours là. Ils se sont trompés ? Oui, mais surtout non. Assurément, cela ne pouvait pas durer comme ça. Cela, les bureaucrates post-maoïstes l’avaient bien entendu compris. On ne peut tenir une croissance annuelle à deux chiffres quand on compte – les chiffres sont actuels – 21% de la population mondiale, mais 9% des terres agricoles de la planète seulement. Sauf à provoquer un immense chaos social, il fallait donc s’étendre. Capturer par la persuasion, l’argent, la contrainte des terres agricoles et des ressources énergétiques ailleurs. Il fallait une politique impériale, pour ne pas dire impérialiste. Une vulgate française voudrait que la Chine n’est pas un pays conquérant. Maldonne ! L’histoire de la Chine, depuis le roi des Qin – 221 avant JC – n’est faite que d’agrandissements par la force, de la Mandchourie au Tibet, de la Mongolie-Intérieure au Xinjiang. Le saviez-vous ? La Chine a même occupé le Vietnam actuel pendant…1000 ans, à partir de 111 avant JC.

Donc, expansion. En une trentaine d’années, profitant de ressources financières croissantes et comme ensuite illimitées, la Chine s’est emparée d’une bonne part de l’Afrique, d’une manière bien plus complète que ne l’aurait seulement rêvé la Françafrique. De nombreux États sont désormais à sa botte. Ainsi que de considérables forêts et terres agricoles. Ainsi que le pétrole, le gaz, les minerais. Et d’autres régions du monde sacrifient – par exemple – leurs forêts primaires : l’ancienne Indochine française – Vietnam, Laos, Cambodge -, la Sibérie, le Guyana, etc. Même la France exporte des hêtres centenaires bruts vers les ports chinois, qui reviennent sous la forme de meubles.

C’est ainsi, pas autrement, que la Chine totalitaire a pu démentir Brown et Pan Yue. Par le pillage, par un désastre écologique planétaire. La croissance chinoise – peut-être 33% de la croissance mondiale -, c’est notre niveau de vie abject. Nos portables et ordis, nos bagnoles, nos vacances à la neige ou au soleil, nos machines et engins, nos gaspillages sans fin. La croissance chinoise, c’est la destruction du monde. Et nous militons chaque matin, par nos achats compulsifs, à l’emballement de la crise écologique. C’est chiant ? Oh oui, atrocement. Mais c’est vrai.

Plusieurs articles sur la Chine :