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À bientôt

J’interromps tout message ici pour une grosse semaine, car je vais être opéré une nouvelle fois. Mais je compte bien rejaillir des cendres encore brûlantes du 7 janvier. Et donc vous retrouver au plus vite. Merci, merci infiniment de ce soutien qui ne faiblit pas.

Quelques mots avant de me rendormir

Mes amis, mes chers amis, mes chers lecteurs, quelques nouvelles du front intérieur. Je suis encore à l’hôpital, en attente de deux opérations. Cela fera quatre au total si l’on s’arrête là, ce qui n’est pas certain. Je vois le monde au travers d’un voile éthéré, tout est ralenti, et dans le même temps chronométré. Je découvre le monde de la kinésithérapie.

J’en profite pour dire et répéter à quel point je suis merveilleusement traité. Je parle à tout le monde, ébahi par le savoir et le destin de tant d’êtres anonymes. Je ne peux vous conter dans le détail l’histoire des 13 filles rousses, digne des Mille et Une nuits. Je me laisse bercer par des récits de Kabylie, du Mali, de Gambie, du Laos. C’est un tour du monde immobile.

Je mentirais en vous disant que je pense. Mon esprit est comme engourdi, et mon attention faiblit après un quart d’heure d’application. Les médicaments de toute sorte font la sarabande dans mon corps. Et moi qui ai publié un livre sur un « empoisonnement universel » ! Ça y est, je faiblis déjà, laissez-moi donc vous embrasser. Même mes adversaires ? Il le faut, au moins l’espace d’un soulagement. Je ne répéterai jamais assez qu’il nous faut unir. Sur des bases claires – d’où ma virulence -, mais dans une unité aussi complète qu’il sera possible.

Je vous laisse. J’essaierai d’écrire plus souvent dans les jours qui viennent. Je ne peux m’occuper pour l’instant des mails que vous adressez à planetesansvisa@yahoo.fr, pour me dire vos articles préférés de Planète sans visa. Mais je vous jure que rien ne sera perdu, et je vous adjure de continuer, encore et toujours. Merci, merci infiniment d’être là.

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J’aime profondément les oies cendrées, et tous les oiseaux du monde. Madame Royal, ministre de l’Écologie, a signé le 28 janvier une circulaire scélérate qui rappelle hypocritement, pour commencer, que la chasse aux oies cendrées est interdite à partir du 31 janvier. Telle est la loi. Mais le texte mitonné à petit feu par nos services spécialisés ajoute qu’aucun procès verbal d’infraction ne sera dressé avant le 9 février. Ce qui laisse neuf jours de braconnage légalisé aux tireurs fous de la chasse.

Or donc, de splendides oiseaux, retour d’Andalousie et en direction de l’Écosse et des pays scandinaves, vont être abattus pour complaire au lobby du flingue. C’est de la politique. Leur politique.

Et si vous cherchiez avec moi ?

Mes si chers amis, je traverse des jours sombres. La deuxième opération, le temps qui passe, les douleurs qui ne lâchent pas prise, l’esprit qui bat la campagne. Ça ira mieux demain. J’espère.

Je n’arrive pas à écrire, au point que je me demande comment j’ai fait, les deux fois précédentes, pour vous envoyer des textes depuis mon lit d’hôpital. Mais il me faut réagir. J’ai pensé à un truc qui me permettrait de maintenir un lien – ce lien si précieux – avec vous. Je viens de créer une adresse mail : planetesansvisa@yahoo.fr

J’aimerais beaucoup que le plus grand nombre possible de vous, lecteurs, se plonge dans le fatras de 1600 articles publiés ici depuis 2007. Il s’agirait de choisir deux ou trois textes préférés et de me dire pour quelle(s) raison(s) ils ont été retenus. Appelons cela un jeu. Appelons cela un dialogue entre un souffrant et des vivants. Je suis convaincu que cela m’aidera, grandement.

Voilà pour l’heure, mes si chers amis. Je tâcherai, je vous le jure, de répondre à chacun, mais dans l’état réel où je suis, c’est simplement impossible. Je vous salue, je vous embrasse.