Archives mensuelles : décembre 2017

Comment diable être un Ayrault ?

D’abord deux citations d’une dépêche. La première :

« L’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault a affirmé que “passer outre le référendum” favorable à la construction de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes serait “un déni de démocratie”. »

La seconde : « si c’était un argument juridique pertinent [la préservation d’une zone humide], les recours auraient été gagnés. Ils ne l’ont pas été. Le projet a respecté un certain nombre d’impératifs en matière d’environnement. À mes yeux, les problèmes environnementaux sont beaucoup plus importants là où se trouve l’aéroport actuel, au bord d’une grande réserve ornithologique classée Natura 2000. L’argument écologique ne tient pas ».

Je me dois de rappeler à ceux qui l’ont déjà oublié : le monsieur qui cause a été Premier ministre de la France à partir de 2012. Si. Ce que je pense de lui, je l’ai écrit ici dès 2009, et vous pouvez toujours jeter un œil, car je n’ai pas grand-chose à ajouter (ici et ici). Si, tout de même : quelle insolence dans l’ignorance ! Ces gens se croient tout permis car ils sont habitués à ce qu’on les laisse faire. Passons sur cette ineptie qui prétend tirer d’une décision juridique – en toute hypothèse, forgée dans le cadre de lois qui ignorent absolument jusqu’à l’idée d’écosystème – un point de vue argumenté sur le sauvetage d’un territoire biologiquement riche. Passons.

Le plus grotesque est sa façon de retenir, s’appuyant sur des racontars de troisième main, la question du lac de Grand-Lieu, qu’il ne nomme d’ailleurs pas. Outre qu’on sent la naphtaline exsuder de chaque parole – hé, pépé, on n’est plus en 1970, on n’est pas dans l’émission « Chef-d’œuvres en péril » – Ayrault n’est pas même foutu de présenter son propre argument. Car le problème, inventé pour les besoins de sa cause misérable, ce n’est pas que l’aéroport actuel soit « au bord » du fabuleux lac. Le problème inventé, c’est que les avions survolent ce lac, et gêneraient les oiseaux.

Je constate avec surprise que ce grand amoureux de la démocratie et de la justice oublie de prendre en compte ce que dit le meilleur connaisseur et du lac et de ses oiseaux – le biologiste Loïc Marion. Celui-ci a fait litière de ces stupides et désespérées tentatives de faire avaler un nouvel aéroport pour sauvegarder les oreilles des spatules blanches et des ibis sacrés (ici). Comment peut-on être un Ayrault ? C’est la question que j’emporterai au tombeau, en me marrant à coup sûr.

 

 

 

J’oubliais la réponse à Edwy Plenel

Chers tous,

Désolé de vous encombrer avec des histoires qui ne concernent pas ce qui compte vraiment. Mais comme je vous ai embêtés avec les mauvaises actions de Daniel Schneidermann, j’ai pensé nécessaire de vous donner à lire l’origine de tout cela. C’est-à-dire l’article que j’ai publié dans Charlie à destination de cet excellent Edwy Plenel, l’homme qui se prenait pour Manouchian, assassiné par les barbares nazis. Ensuite, retour au fondamental, bien sûr.

Or donc, mon papier : il faut cliquer ici.