Archives mensuelles : mai 2018

Et si c’était le moment ?

Bon, mon dernier papier ici était sinistre. Je l’assume, car je pensais chacun des mots écrits. Mais je ne crois pas que cela, de loin. J’aime profondément tout ce qui bouge, tout ce qui se tortille, l’eau, les fleurs, le soleil, l’arbre, tant d’autres merveilles. En somme, j’aime la vie. Puissamment.

Je commence ce jour ce qui pourrait bien ressembler à un suspense. Je pressens qu’il faut réunir toutes les forces disponibles, bien au-delà de nos cercles respectables. Et je crois que la question des pesticides est une clé. Il ne vous a pas échappé qu’ils annoncent la mort de tout ce qui compte vraiment. La nôtre, celle de nos proches et de nos bébés. Celle des oiseaux, des insectes, des grenouilles, des fleurs sauvages.

Je prépare quelque chose dont je ne vous dis rien ce jour. C’est trop tôt. Mais il est juste temps que chacun de mes lecteurs se demande ce qu’il pourrait faire lui-même dans le cadre d’une vraie confrontation avec ces poisons. Pas de malentendu : tout ce à quoi je pense est et restera non-violent et ne conduira personne en prison. Mais la marge est immense. À quoi sommes-nous prêts pour nous débarrasser de ces horreurs ? Je vous demande comme une préparation psychologique. Le moment venu, vous verrez combien j’ai besoin de vous. Plutôt, combien vous avez besoin de vous. À bientôt.

Ce monde que j’abhorre

 

Il y a les nouvelles insignifiantes du monde, celles qui dominent du matin au soir. Celles qu’on entend et qu’on voit, celles que l’on lit. Un petite mémé est morte d’une infection à la listeria dans le Nord-Pas-de-Calais. Une pauvre gosse a été tuée, éventuellement martyrisée, à Romorantin. Un avion s’est crashé dans les Alpes. Ces faits-divers sans aucun intérêt, au-delà des familles, et quelle qu’en soit la charge dramatique, saturent l’espace public. Jusques et y compris dans le domaine des livres et de la culture. Ne loue-t-on pas ces jours-ci Régis Debray pour son énième livre que personne ne lira jamais ?

Or il existe des nouvelles autrement fracassantes. On apprend ainsi que si les humains consommaient de la même façon que nous, il faudrait 2,9 planètes pour satisfaire les appétits de tous (ici). Je gage que l’on peut passer des saisons entières à réfléchir sur le sens d’une information à peu près documentée. Moi, j’en resterai à quelques commentaires. D’évidence, TOUS les propos politiques et moraux en deviennent ipso facto illégitimes. N’avons-nous pas – nos ancêtres proches – rêvé l’universalité des valeurs morales ? 1789, avec sa Déclaration universelle des droits de l’homme, c’était exactement cela. L’affirmation, l’assurance que tous les hommes de cette petite Terre sont égaux, et qu’il faut donc partager en frères ce qui existe.

Pardon, mais le programme n’a pas été tenu. Nous sommes des goinfres irrépressibles. Des monstres qui aimeraient tant passer pour de braves gens. Seulement, nous préférons de loin saisir tant qu’il est temps ce qu’on peut encore arracher pendant quelques années aux écosystèmes. Car pour le reste, tous aux canots du Titanic, et vogue la galère.

Si nous étions sérieux, il va de soi que nous n’accorderions plus aucun intérêt aux vaticinations de notre monde égotiste. Je l’ai déjà écrit trente fois ici : je ne vote pas, et je dois reconnaître que j’en suis fier. Car ce monde atroce, qui préfère parfois évoquer la crise démographique – réelle – avant son écrasante responsabilité dans la destruction du vivant, ce monde est détestable. Et je le déteste. Et je l’abhorre. Et j’aurai rêvé toute ma vie sa pleine et entière destruction.