Visite à l’Assemblée nationale (sur les gaz de schistes)

Comme à l’habitude en ce moment, pas le temps. Un mot toutefois concernant mon audition à l’Assemblée nationale, dans le cadre d’une mission d’information menée par le député UMP François-Michel Gonnot (Oise) et le député socialiste Philippe Martin (Gers). On arrive au 101 rue de l’Université, à Paris, et l’on se retrouve comme dans une salle d’embarquement aéroportuaire, avec portique de sécurité et tapis roulant envoyant ses rayons X dans mon pauvre sac à dos. Attention, ça ne plaisante pas. J’ai failli devoir enlever mes chaussures, dont le bout métallique faisait sonner les alarmes. Et puis non.

Ensuite, on laisse sa carte d’identité, on se pose un badge sur la chemise, et l’on part dans un périple labyrinthique qui mène en fait au 95 rue de l’Université. Mais pas question d’entrer par là. On peut sortir du 95, mais pas y entrer. On m’a gentiment fait patienter dans un « salon d’accueil » confortable, où j’ai failli fermer l’œil. Mais juste avant la fermeture des écoutilles, un administrateur de l’Assemblée – j’espère ne pas me tromper sur son statut, d’autant qu’il a été charmant – est entré et m’a conduit dans un bureau voisin où j’ai serré la main de nos deux élus. Je ne ferai pas d’autres commentaires sur leurs personnes, disons simplement que j’étais attentif aux mouvements de l’air.

Monsieur l’administrateur, qui aide au travail de la mission, était lui aussi présent, et m’a d’ailleurs posé deux ou trois questions. Pour le reste, disons que j’ai entendu (presque) exclusivement Philippe Martin. De mon côté, j’ai balancé calmement, mais sans me censurer, ce que je sais de l’aventure industrielle des gaz de schistes. Les liens entre le clan Bush et l’industrie pétrolière et gazière du Texas, qui expliquent pour une part le nombre effarant de puits en activité là-bas, soit plus de 500 000 pour les seuls gaz de schistes.

J’ai ensuite abondamment parlé du rôle historique et très politique du corps des ingénieurs des Mines dans la définition de la politique énergétique de la France. J’ai enfin pointé la proximité extrême de notre président, Nicolas Sarkozy, avec deux acteurs majeurs – côté industrie – du dossier, Albert Frère et Paul Desmarais. Je ne jurerais pas que tout le monde était aux anges. Voilà. Après, je suis reparti, et le temps était humide rue de l’Université. Je me suis demandé si la pluie de Paris contenait des microparticules d’iode 131 venues du Japon. J’ai pensé que oui. Et j’ai foncé au métro. nike air max cheap wholesale nike air max cheap wholesale

23 réflexions au sujet de « Visite à l’Assemblée nationale (sur les gaz de schistes) »

  1. Non, non, Fabrice peut stigmatiser les générations au pouvoir depuis deux siècles,mais les jeunes promotions qui sortent ont pleinement conscience des problèmes écologiques. Ils sont même parfois les mieux former. Après, ils sont comme tout un chacun, embarquer dans des aventures où les dérives existent.
    Fabrice a raison dans son radicalisme, car il fait bouger les lignes, mais nous voulons tous de l’espoir, donc des solutions, si infime soient-elles.

  2. Merci Fabrice pour ton bref compte rendu de ta visite rue de l’Université.

    L’un de tes deux interlocuteurs d’hier matin n’est pas vraiment un député “lambda”.

    Philippe Martin, député PS du Gers et, sauf erreur, président du conseil général de ce même département, est un acteur de 1ère ligne dans la lutte contre les OGM.

    En 2008, il fut avec Germinal Peiro et Yves Cochet, un des plus fervent défenseur d’une des causes qui nous tient particulièrement à coeur, face à des adversaires déterminés et prêts à tout pour faire triompher leur conception de l’agriculture. Celle que défend aussi Mr Beulin.

    Je crois qu’il a signé l’appel pour un moratoire sur les gaz de schiste avec 80 autres parlementaires. Nul doute que les informations que tu auras pu lui soumettre ne resteront pas lettre morte. Je crois qu’on peut compter sur lui.

  3. WWF : l’ecolabel qui lave plus vert !

    Peut-on faire confiance au caractère écolo des produits labellisés par le célèbre Panda de WWF ? A défaut de prôner un changement radical, faut-il aider les grandes entreprises à verdir un peu leurs activités ?

    C’est la stratégie qu’a choisie le WWF, organisation internationale de protection de l’environnement. Les partenariats qu’il signe avec des grandes marques permettent à celles-ci de vendre des produits labellisés, à peu de frais, moyennant des changements de comportement assez modestes.

    L’enquête de Simon Gouin de Bastamag.

    http://www.bastamag.net/article1481.html

  4. Pour un tribunal Russell contre les crimes du nucléaire civil en 2012 !

    En 1966, le Tribunal Russell-Sartre jugea les crimes de guerre contre l’humanité notamment commis par les Etats-Unis au Viêt-Nam. On y condamna aussi le nucléaire militaire.

    En 2012, un nouveau Tribunal d’opinion doit juger les crimes du nucléaire civil.

    Les Tchernobyl et les Fukushima passent mais le nucléaire ne trépasse pas.

    Le gouvernement japonais lui-même ne cesse de se plaindre de l’opacité que pratique la société gestionnaire donc responsable de la catastrophe humaine et écologique.

    Ce nouveau Tribunal Russell est indispensable pour que la vérité succède aux mensonges.

    Ce nouveau Tribunal Russell est indispensable pour que la politique succède à la peur.

    La parole doit revenir d’abord aux citoyens et à leurs élus et non aux experts mercenaires.

    Nous ne pouvons pas rester sans agir dans l’attente d’une nouvelle catastrophe
    (Etats-Unis 1979, URSS 1986, Japon 2011) alors que nous sommes le principal pays nucléocrate.
    Nous entendons faire entendre notre voix d’ici 2012 et bien sûr au-delà.

    Nous, citoyens, élus, intellectuels appelons donc l’ensemble de la population à signer cet appel le plus massivement possible et à le faire connaître par tous les moyens.

    http://www.tribunalrusselnucleaire.org/

    A faire circuler.

  5. Alerte sur le VAR
    >
    > 75% de notre département est concerné par un permis de recherche exclusif de gaz de schiste (Schuepbach Energy llc – siège social Texas) afin de prospecter une zone qui couvre 6781km2 (permis Brignoles) allant d’Aubagne à Grasse et de Cuers jusqu’au Verdon.

  6. Sapristi, nous voilà transformés en petites souris.
    Dans le sac à dos planquées ? Mauvaise idée.

  7. A Fabrice.

    Ben…Ce qu’il serait intéressant de savoir est ce que ces Députés t’on appris,vu que cela était dans le cadre d’une mission d’information. Mais il est vrai, aussi, que tu parles “d’audition”. Alors je m’y perds un peu. Ce qui est sûr, c’est que pendant ce temps, chevreuils, cerfs, chats sauvages, blaireaux, renards, oiseaux, le stan…Toute cette faune était effectivement sous la pluie, avec, pour moi, un seul “Mox” à la bouche: Saloperie. Car je pense qu’il n’y a pas que des particules d’iode 131. Petite blague: Dans mon coin de Meuse il n’y a pas de métro, sauf…A changer la destination de Bure.

  8. Bonsoir,
    Une idée d’un ingénieur, pour tenter de redorer le blason de cette profession…si c’est encore possible !

    idée
    développer un capteur de radioactivité “low cost” qui se branche sur un smartphone. Je sais le smartphone c’est pas écolo, mais faut bien vivre avec ce ras de marée.
    Chacun pourrait alors faire une mesure de radioactivité, mesure qui serait associée à la positon GPS calculée par le smartphone.
    Ensuite la donnée serait envoyée sur un serveur Web.
    En final on bénéficierait d’une carte de type “Google Map” avec des milliers de mesures sur tout le territoire.
    Un tel capteur pourrait couter quelques euros…
    On peut appliquer le même stratagème avec tout type de capteur de pollution.
    (J’espère par avance ne pas trop me faire traiter de techno-scientiste, enfin vous verrez…)

  9. Je vois surtout un vrai talent, quasi disparu de nos jours, de chroniqueur d’un monde en déliquescence qui sait tout de même nous faire entrevoir une lueur de sens. A sa manière, apolitique, aphilosophique, mais profondément humaine. A la manière d’un rescapé d’une humanité en voie de disparition. Je suis admiratif de la qualité de votre travail et de la force que votre solitude permet de libérer d’énergie vivifiante. Merci de continuer.

  10. Hors sujet:
    Ce soir sur France info un peu avant 22 heures, un sujet sur l’huile de palme qui ressemblait fort à un début de campagne de réhabilitation soft.

    Comme quoi l’HDP est décriée, controversée, mais qu’elle a plein d’avantages, que pour produire l’équivalent en huile de soja, il faudrait une surface 4 fois plus grande, que pour l’instant c’est vrai, ce sont de grandes cultures pour l’agro-industrie, mais que pour les petits cultivateurs, ça leur permet de sortir de la misère et d’envoyer leurs enfants à l’université, et que pour la première fois ce sont des petits exploitants qui ont pu obtenir le label “développement durable”.

  11. Le blog “Avenir sans pétrole” signalé par Gardou (merci) est en effet très intéressant. Plusieurs articles abordent la question de l’énergie de façon très fouillée et bien documentée, le tout sur un ton paisible et pourtant radical, ce qui est assez rafraîchissant.

  12. Les solutions concrètes existent,et sont limpides.Boycotons les produits des grandes firmes polluantes et ,pour cela il faut fédérer les forces ,en dévoilant ce qu’on nous cachent,ce que fait si bien fabrice.Sortir des ornières si bien tracé pour limiter notre réflexion(miroir miroir),et d’avoir le meme reflet ,qui est le leurs,le mépris .Beaucoup de gens ce sentent lésés;et savent bien que certains ,s’amusent ,pendant que les autres soufrent

  13. A Richard.

    Même celles qui ne sont pas protégées, à mon avis,sont devenues très rares ! Mais, bon…Je partage votre point de vue.

  14. Rien de changer à l’assemblée …Braaaasil na-na na-na na-na na-naaaaaaaaa ….

    @ Chantal, pétition signée , merci pour l’initiative

    @ Stan bises ! (don’t forget Jivaro )

  15. Bonjour Fabrice,

    Je ne sais pas si de telles auditions peuvent changer des choses, mais peut-être…peut-être, comme le rappelle Sancho.
    En tout cas, je trouve ton attitude face à tout ça assez admirable.
    Par ailleurs, il me semble que tes billets de Planète sans visa donnent bien souvent un temps d’avance, ils sont une source d’inspiration, des arguments solides et je trouve ici une aide concrète dans les combats de tout les jours, ceux que je partage avec un certain nombre de tes lecteurs.

    Pour celles et ceux qui n’auraient pas peur , je vous fait passer une vidéo de 3 minutes du 65 congrès de la FNSEA. Ça se passe de commentaires…à part peut-être “au secours!!!”

    http://www.youtube.com/watch?v=q-91-rodnKc

  16. Bonjour, merci pour ce blog vraiment très intéressant. De manière général j’apprécie beaucoup le niveau de détail avec lequel vous acceptez de regarder les choses, et la sincérité de vos propos.

    Vous écrivez “corps des ingénieurs des Mines dans la définition de la politique énergétique de la France”. Cette phrase m’interpelle, parce qu’elle dit beaucoup de choses (vraies) en peu de mots et comme je ne connais pas l’histoire en question (je suis malheureusement jeune) j’aimerais bien avoir plus de détails (car oui, le diable est dans les détails, même si le mal, lui est dans l’absence de détails). Je pars du principe que cette phrase dénonce quelque chose.

    Je suis jeune donc, et je ne connais pas toute l’histoire. Mais j’ai une vision (biaisée ?) de ce qui se passe aujourd’hui. Je suis chercheur à cette école dans un centre d’énergétique (un des plus gros centre de l’école) dont la recherche est essentiellement dirigée (il me semble depuis longtemps i.e. environ 30-40 ans) sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. Il me semble que en France cela constitue quelque chose de relativement singulier. Nous recevons les corpsars quelques semaines dans l’année, mais nous ne sommes pas les corpsar, de même que l’école des mines de paris n’est pas le corps des mines. Les ingénieurs de l’école (coté option énergie) tout comme le corps des mines reçoit donc une formation concernant les énergies renouvelables qui doit avoir certaines qualité. Bien évidement nous ne sommes pas les seuls à parler, je sais par exemple que Mr Jean-Marc Jancovici prêche bien dans cette même église. Il me semble, pas seulement pour des raisons politiques mais aussi parce qu’il parle bien (même si l’on est pas d’accord avec sa manière de tourner les choses, il faut admettre qu’il sais lui aussi atteindre un niveau de détail dans son argumentation assez important). J’ai aussi entendu parlé de Vincent Le Biez http://www.institutmontaigne.org/desideespourdemain/index.php/2008/07/21/158-eoliennes-une-vraie-bonne-idee-energetique qui est un corps des mines aux dents longues :)… mais des corps des mines il y en a plusieurs chaque année qui vont ici ou là, le plus souvent, c’est certain dans des “lieux de pouvoir”. Quelle est votre vision vis à vis de ce que deviennent ces corpsards (ou ce qu’ils sont devenus par le passé), et sur l’impact que cela à eut sur la politique énergétique française? Sur quoi se fonde cette vision? Pouvez-vous me donner des références vis à vis de ce que vous avancez ? Pensez-vous qu’ils faille rendre des corpsards en partie responsable du choix nucléaire Français ou pensez vous que le cors des mines doit être jugé responsable des politiques énergétiques Françaises?

    Merci d’avance du temps que vous pourrez donner à cette question.
    Robin

    PS: notez que l’activité de l’école des mines de Paris (MINES Paristech depuis la fusion et bientôt autre chose…) en terme d’enseignement ne se résume pas au élèves ingénieurs civils et aux corpsards, ils y a aussi un certain nombre de masters spécialisés dont deux au centre énergétique pour les énergies renouvelables.

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