Fin du dialogue avec Skept (sceptique professionnel autocentré)

 Une partie des lecteurs de Planète sans visa aura suivi les échanges menés avec un certain Skept. J’ai souhaité placer ci-dessous son dernier commentaire, suite au petit texte précédent sur le nucléaire. Et ma réponse, qui sera mon dernier mot sur ses propos. On peut passer son tour. Ou lire. Comme on veut.

SKEPT : Fabrice : merci de votre précision. Vous êtes mal placé pour parler du contrôle des mots, Fabrice. Je n’ai pas encore lu votre livre, mais pour ce blog, il ne m’a pas fallu longtemps pour identifier vos stratégies rhétoriques. A savoir une outrance verbale – je maintiens – à forte connotation émotive et morale, s’appuyant préférentiellement sur du storytelling ou des analyses partielles. Vous n’êtes pas le seul – tous les militants le font, tous les marchands aussi quelle que soit la camelote vendue. La sémantique de l’excès est présente partout ici, regardez encore votre réponse : “fascisme”, “révolte”, “grand désastre”, “crime contre l’humanité”, “abyssale”, etc. Je n’appelle pas cela de la manipulation, car je vous accorde le bénéfice du doute et je considère que vous êtes de bonne foi. Mais je n’aime pas cette posture où l’on excite le désespoir, la peur et la rage de ses lecteurs par un portrait en noir en blanc de l’époque, où l’on désigne si facilement les autres comme des salauds, des compromis ou des impurs.

Vous connaissez le commentaire de Peguy sur Kant : “il a les mains pures, mais il n’a pas de main”. Donc quand vous m’expliquerez comment on nourrit, loge, chauffe, transporte, éduque, divertit et paye 7 puis 9 milliards d’humains mieux qu’on ne le fait aujourd’hui tout en respectant parfaitement les équilibres naturels, eh bien je verrai ce que la pureté de vos idées est susceptible de produire pour le bonheur de mes congénères.

 Et voici donc ma réponse :

Skept,

J’arrête ici définitivement les échanges avec vous, qui m’ont distrait, je le confesse. Je vois que vous sortez de vos gonds. Peut-être n’êtes-vous pas aussi sûr que vous le prétendez.

Sachez – on apprend tous les jours – que parmi le millier d’articles réunis ici, nombre abordent précisément ce que vous me reprochez de ne pas savoir évoquer. Vous comprendrez donc que votre émotion, aussi sincère qu’elle soit peut-être, ne peut que me faire sourire. Il se trouve que Planète sans visa cherche constamment des voies de sortie pour l’humanité entière. Pas la vôtre, qui me paraît singulièrement réduite. Toute. Et j’ajouterai, car c’est vrai, que Planète sans visa ne se contente pas de chercher, mais indique quand c’est possible des directions concrètes. Il en est de nombreuses, à commencer par une agro-écologie étendue partout où c’est possible. Vous ne le savez pas, vous ne voulez d’ailleurs par le savoir, mais quantité d’éminents agronomes et spécialistes des sols et des hommes jugent que seule l’agriculture biologique est en mesure de nourrir neuf milliards d’humains. Cela, sans ruiner les équilibres écosystémiques qui ont résisté au progrès technique cher à votre cœur.

Je ne vous reprocherai jamais de ne pas me lire, mais en tout cas, il est irrecevable de m’accuser par pure et simple ignorance de quelque chose qui n’est pas vrai. Et vous le faites pourtant. La colère est une bien mauvaise conseillère, monsieur le sceptique. Reste Péguy. Je crains que vos connaissances de cet immense écrivain ne soient, une nouvelle fois, parcellaires, pour ne pas écrire davantage. Tenez, deux citations du maître, pour la route. Et je crois qu’elles vous concernent. Et je suis sûr qu’elles nous éclairent tous.

La première : « Une seule injustice, un seul crime, une seule illégalité, surtout si elle est officiellement enregistrée, confirmée, une seule injure à l’humanité, une seule injure à la justice, et au droit surtout si elle est universellement, légalement, nationalement, commodément acceptée, un seul crime rompt et suffit à rompre tout le pacte social, tout le contrat social, une seule forfaiture, un seul déshonneur suffit à perdre, d’honneur, à déshonorer tout un peuple ».

Et la seconde : « Il y a quelque chose de pire que d’avoir une mauvaise pensée. C’est d’avoir une pensée toute faite. Il y a quelque chose de pire que d’avoir une mauvaise âme et même de se faire une mauvaise âme. C’est d’avoir une âme toute faite. Il y a quelque chose de pire que d’avoir une âme même perverse. C’est d’avoir une âme habituée ».

PS : Quand on cite, je crois nécessaire de bien citer. Péguy a écrit : « Le kantisme a les mains pures ; par malheur, il n’a pas de mains ».

PS 2 : je le répète, je n’irai pas plus loin dans le dialogue avec vous. Il me semble que cela suffit. J’en suis même sûr.

Fabrice Nicolino

48 réflexions au sujet de « Fin du dialogue avec Skept (sceptique professionnel autocentré) »

  1. Cher Fabrice,

    Permettez-moi de dire combien votre réponse est magnifique.
    Il y a une chose que les gens du type Skept ignorent, parce qu’ils sont persuadés, à cause de leur croyance en l’omnipotence de la science et en leur génie compartimenté d’être humain, c’est qu’on ne maîtrise ni ne domine la nature, on ne peut que la respecter et la remercier.

  2. On pourrait rajouter, même si c’est inutile:
    « […]quand vous m’expliquerez comment on nourrit, loge, chauffe, transporte, éduque, divertit et paye 7 puis 9 milliards d’humains mieux qu’on ne le fait aujourd’hui tout en respectant parfaitement les équilibres naturels[…] »

    Parce qu’on les nourrit bien aujourd’hui ? Et on les loge bien ? Et on les chauffe bien ? Mais surtout : parce qu’on les transporte bien, dans de plus en plus de bagnoles qui polluent de plus en plus ? Et enfin : parce qu’on les éduque bien ? Et on va faire encore mieux ?
    Non merci, je ne veux pas de vos chauffages électriques dans des maisons mal isolées, de votre bouffe qui en plus de tuer les sols et les eaux tue les hommes (votre pseudo première préoccupation à vous croire), de votre éducation ou l’on m’a seriné pendant des années d’études scientifiques qu’il n’y avait aucun danger dans le nucléaire. Par contre, bien sur, on les divertit bien.

  3. Nous ne dialoguerons donc plus – nous ne l’avons jamais vraiment fait d’ailleurs, un dialogue demanderait plus que ces échanges épars. Vous n’avez bien évidemment pas répondu à ma question et aurions-nous enfin dialogué sur des sujets plus précis que des indignations sélectives, des déclarations d’intention et des promesses vagues, je gage que vous n’auriez pu y répondre de manière satisfaisante. C’est pourtant cette question qui intéresse les multitudes. Je souris quand vous suggérez que je ne pense pas à toute l’humanité – vous qui nous parlez déjà des singes et colibris dans notre cité où tant d’hommes meurent si jeunes. Tenez, on se quitte avec Péguy. Avec un devoir que jamais ô grand jamais vos idées ne accompliront .

    «En droit, en devoir, en morale usuelle on reconnaîtrait que le premier devoir social, ou pour parler exactement, le devoir social préalable, préliminaire, celui qui est avant le premier, le devoir indispensable, avant l’accomplissement duquel nous n’avons pas même à discuter, à examiner quelle serait la cité la meilleure, ou la moins mauvaise, car avant l’accomplissement de ce devoir il n’y a pas même de cité, on reconnaîtrait que l’antépremier devoir social est d’arracher les miséreux à la misère, d’arracher les miséreux au domaine de misère, de faire passer à tous les miséreux la limite économique fatale.»
    (Pour être précis cette fois : « De Jean Coste », in Oeuvres complètes de Charles péguy 1873-1814, Oeuvres de prose, NRF-Gallimard, Paris 1916, page 49, commençant en la huitième ligne)

  4. Je trouve ce blocage entre vous deux domage, vos échanges, hors combat de coquelets, étaient enrichissants.
    Personnellment, je n’ai pas vu en Skept « un bourré de certitudes », j’ai même souvent lu de lui des « questionnements ».
    Fabrice, ce n’est pas une insulte, tu est une vraie « teigne » ( il en faut), et il est normal, voir sain, que tu est des conttradicteurs, débateurs à la hauteur de la « teigne », et je trouve que Skept l’est, ce qui est une forme de reconnaissance de ton engagement.
    Bon, au plaisir de vous relire, tour les deux.

  5. Mais qui êtes-vous monsieur Skept ? Un universitaire poussiéreux, un gens-foutre élitiste, un philosophe à la Luc Ferry, un adorateur de la socio-consommo- ?

    Le peu que j’ai lu de vos propos ne m’étonne pas de la médiocrité de notre société : verbiage, joutes oratoires, rhétorique, mais jamais, oh jamais une position tranchée, étayée, concise. Etes-vous un scientifique ? Peut-être, et croyez-moi, j’en serai triste si cela se révélait exact.
    Tout cela pour vous dire que vos positions ne font pas progresser d’un iota les solutions indispensables au maintien de notre jolie petite planète bleue en tant que biotope. Que la réalité est bien celle dont parle Fabrice(même si parfois j’ai l’impression qu’il en fait un peu de trop. Peu importe dans le fond lorsque l’on est dans le vrai) , et rien, ni les négationistes férus de faux progrés, ni les philosophes sémentico-bobos n’arrêteront la transformation rapide et destructrice de notre espace-temps par la « multitude »( votre terme) de Claàr les crétins .
    Il n’est pas dans mon propos de pousser quiconque à vous haïr, ni de vous méprisez. Non. Seulement ignorer l’ignorance.

  6. lire : …par « la multitude »(votre terme)de criquets pélerins qui s’étonneront de ne plus avoir de grains après avoir saccager les sols.

  7. « l’antépremier devoir social est d’arracher les miséreux à la misère, d’arracher les miséreux au domaine de misère, de faire passer à tous les miséreux la limite économique fatale.» »

    d’abord bien considérer que du temps de Péguy, la nature ne subissait pas encore le poids de notre développement béton, métal, chimie mécanique, et celui de notre nombre ; et c’était effectivement la misère humaine effroyable qui était sujet premier de la compassion aux yeux de certains, d’ailleurs, mais pas de tous, je suis sure qu’il y avait aussi les mêmes clivages que ceux qui nous divisent ici sur la nature; les pauvres : bons à rien, les pauvres victimes.
    noter que des gens comme HUGO avaient aussi le souci de la misère des bêtes, notamment à l’endroit des chevaux..et il n’était pas le seul.

    « La sémantique de l’excès » … le premier vrai clivage est d’ordre sensible; on s’accommode ou pas de ce qui se passe et les habillages théoriques, scientifiques sont là pour objectiviser ; cela devait se passer sur le même mode du temps où il était dit que « les femmes n’ont pas d’âme » ou les noirs sont inférieurs ».ou que les bêtes ne souffrent pas et ne sont que des machines(bonjour la grosse bêtise!)

  8. « Je ne trouve pas moralement mauvais que l’homme arbitre en faveur de son bien-être au détriment du non-humain. En même temps, je trouve politiquement sain qu’il débatte de cela et philosophiquement nécessaire qu’il aille au fond de sa réflexion sur ces questions. » [Skept dans le post de Fabrice « Décadence au programme (Lauvergeon à Libération),commentaire du 13 Juillet].

    Lorsque je lui demande, par OUI ou par NON, s’il est volontaire pour faire partie d’une liste de nettoyeurs par tirage au sort, pas de réponse!

    Bilan: défaillance d’engagement moral et complaisance dans les arguties, sans jamais aller, pour le citer ci-dessus, « au fond de sa réflexion sur ces questions » càd celle de sa position, morale! (le post de Fabrice n’étant référencé que ds cette seule rubrique Morale).

  9. Fondamentalement vous n’avez pas le même type de jugement. Je trouve également que Fabrice est une vraie teigne et parfois il m’irrite, mais je suis philosophiquement en accord avec le concept d’Homme comme composante de son environnement.

    Skept, à rebours, est « homosapiens-centrique », ce qui est une espèce très courante bien que ce spécimen là soit un élément de choix. Qu’importent les orangs outangs, les tigres ou le climat, faut continuer à rendre d’innombrables hommes vieux, consommateurs et spectateurs, pour que le business tourne.

    Les positions de bretteurs sont intéressantes et enrichissantes, mais l’un fait du fleuret, l’autre du sabre laser ; ils évoluent sur deux droites qui ne peuvent se recouper.

    Je regretterai donc la mousse, mais dans l’absolu, Fabrice a raison de ne pas perdre son énergie dans un « dialogue » qui est de facto récusé par les prises de positions de Skept et de ses convictions propres.

  10. @ Fabrice & Skept : vous avez tous deux une immense culture qui souvent m’impressionne, je l’avoue.

    Aussi, des convictions sincères, je le crois, et une admirable façon de pratiquer les joutes verbales, magnifiquement illustrées de citations épatantes. Merci pour Peguy que je vais lire dès que je le pourrai.

    Mais, même si j’ai plus d’affinités avec les points de vues de Fabrice, permettez-moi de vous dire que ces brillants duels oratoires manquent singulièrement de deux qualités essentielles à mes yeux : la tolérance et l’humilité.

    Comme Phil, je trouve vos échanges passionnants. Mais comme j’aimerais que vous les parsemiez de générosité et d’une once de poésie. S’il vous plaît, remisez ce cynisme que vous pratiquez à l’envie !

    Fabrice, ton petit vallon et les descriptions bucoliques auxquelles tu nous avaient habitués, me manquent souvent, comme les petits grains de sel revigorants de Lléa…

  11. Fin du dialogue qui continu 😉
    Fabrice, une teigne !!

    J’aurais aimé que Skept, avec la virtuosité de sa plume, nous développe son « programme » !
    Enfin quoi, après tant de questionnements, de mises en doute, de certitudes et autres bûches jetées sur le feu, il doit bien avoir l’ombre du début d’un programme pour cette société pas si moche à ses yeux !
    Allez Skept, un petit dernier pour la route !

    (Dans le sud de Pagnol, on dirait: « lou pichon Fabrici, es marrit coma rasca, e lorda coma penche !

    (Le petit Fabrice, il est mauvais comme une teigne, et sale comme un peigne !)

  12. @ Fabrice;
    pardon pour « …sale comme un peigne!)
    C’était juste pour laisser entière la phrase typique.

    Et encore, estimez vous heureux qu’un petit vieux ne vous tire l’oreille sur la place du village !
    « Ce pichon Fabriciou, toujours à dire des « dolentisas » sur Monsieur le maire et les Notables du village ! Clusqueta va ! Té, y en a même qui disent qu’il pourrait se servir de l’escopette de son grand-père ! Anarquiste va !

  13. c’était un régal entre skept et fabrice. de la haute voltige, et je dirais même que c’était formateur….
    on a tous des « skepts » devant nous chaque jours.
    A se demander si ce skept n’était là dans un but pédagogique, pour nous aguerrir..

  14. Juste quelques mots
    Fabrice a le mérite d’écrire au grand jour, sous son nom, à visage découvert. C’est un écorché, un déçu de l’écologie, de notre société qui préfère exporter ses valeurs consuméristes plutôt que de se réformer en profondeur. Peut-être lisait-il comme moi Alan Watts, Théodore Roszak, Krisnamurti, Dumont, Dorst, Peccei et tant d’autres qui nous alertaient dans les années 66-75. Fouiller son blog, et des solutions vous en trouverez en pagaille, lisez ses livres aussi avant de l’attaquer. Certes, on a le droit de contester, de proposer d’autres solutions, mais c’est autres choses et au moins plus constructif.
    Ici, le débat doit être serein et polie, pour nous permettre d’avancer.
    Je vous conseille à tous de suivre les blog de Paul Jorion (pour les aspects financiers), Michel Auzanneau (Oil man), Jean Galdrey, Reporterre, Avenir sans pétrole, afin de compléter les propos trop souvent justes et pertinents de Fabrice que nous pouvons tous remercier pour la vitrine qu’il nous ouvre si généreusement.

  15. «  »Skept, à rebours, est “homosapiens-centrique”, ce qui est une espèce très courante bien que ce spécimen là soit un élément de choix. Qu’importent les orangs outangs, les tigres ou le climat, faut continuer à rendre d’innombrables hommes vieux, consommateurs et spectateurs, pour que le business tourne » ».
    Ne pas oublier que le peche premier de Sapiens Sapiens est d’avoir elimine lors de son arrivee europeenne Homo Neanderthal. Cette tache sera toujours presente et il ne s’agissait ni de l’elimination d’un non humain ni de destruction de la nature il s’agissait de l’elimination d’une espece humaine issue de la meme branche africaine.

  16. Skept me fait penser à ces religieux complétement enfermé dans leur tripe… il ne se rend même pas compte des incohérences et des absurdités de sa rhétorique et de la scolastique qu’il reproduit… c’est normal, il y crois religieusement!

  17. pour skept , égaré de l’été

    voyageurs
    Sûrs de nos moyens, nous ne devrions pas dénigrer mais coudoyer le monde, ne pas le brutaliser ni le certifier sottement, mais lui marquer combien nous lui sommmes attachés, et sans l’avoir spatieusement produit. Nous garderions indemne vers l’interieur une étoile naine au bord de son nid, tel un enfant forestier dans le carré de son abri, tandis que ses parents abattraient à la hache le seul bois nécessaire à leur convenance.
    Hommes aux vieux regards, nous vous en prions: au va et vient du dur pendule faîtes fermenter. Sans trop d’aigreur ni de secousses, sans trop de haine ni d’idéal.
    Monde aux bleus regards, te voici lavé, rêvant l’avenir. Et quelles miroitantes oreilles !

    René Char 1980 Effilage du sac de jute

  18. Désolé de ne pas partager l’enthousiasme mais je n’ai pas vu dans les interventions de ce personnage l’ombre d’un début d’échange de réflexion constructive mais seulement une contradiction de principe avec tout ce que dit Fabrice. Un peu comme si, en lisant un livre, j’avais dans mon dos quelqu’un qui me harcèle pour me dire que cette lecture n’est pas bonne.
    Je suis encore plus perplexe devant l’avalanche de compliments qui lui sont attribués…
    Bizarre ! Et tout simplement un peu chiant, à la longue !…

  19. @tous : après avoir salué Fabrice, je dois aussi vous dire au revoir – au revoir car on se retrouvera peut-être sur d’autres blogs.

    Je n’avais aucune intention perverse en venant ici, juste celle d’éprouver vos convictions en même temps que les miennes, de comprendre le fossé qui sépare nos perceptions du monde, de ses problèmes et de ses priorités. Le propre du sceptique est de douter : on reconnaît les vrais des faux à ce que les seconds, persuadés d’avoir toujours raison, ne doutent en réalité absolument pas de leurs croyances. Je crois du moins j’espère que ce n’est pas mon cas : il n’est guère de sujets sur lequel l’examen rationnel ne modifie peu à peu mon appréciation. Je ne trouve chez Fabrice (et chez beaucoup d’entre vous) pas l’ombre de ce doute quand il s’agit de dire que l’évolution de la société industrielle mène inexorablement à une catastrophe global pour l’humain et le vivant. Et je ne trouve pas beaucoup de place pour la reconnaissance du moindre bienfait que cette industrie aurait apporté aux hommes dans les deux derniers siècles. En êtes-vous réellement et absolument convaincus, ou préférez-vous seulement faire taire certains de vos questionnements pour ne pas perdre de temps ni d’énergie dans ce que vous percevez comme une absolue urgence ? Je l’ignore.

    On me demande ce qu’il faudrait faire. Déjà, je n’ai pas la prétention de détenir des solutions et encore moins l’envie d’en imposer, je me contente d’observer et commenter ce qui se fait, du moins ce dont j’ai connaissance (pas grand chose hélas, comme nous tous). Ensuite, l’objectif de l’action humaine me paraît assez simple : permettre aux hommes de se nourrir, de se soigner, de se déplacer, de se loger, de se cultiver, de se divertir, de s’exprimer. L’émancipation humaine est rarement autre chose que cela, ce sont les moyens d’y parvenir qui divisent. Quand je compare la situation « moyenne » de l’humanité en 1700 et en 2000, je trouve pour ma part que malgré l’explosion de la population, une plus grande proportion d’hommes ont accès à tout ou partie de ces conditions d’émancipation. Les masses ont plus gagné en qualité relative de vie que les élites, même si le différentiel reste énorme. A dire vrai, je n’ai jamais entendu que des traditionalistes, des réactionnaires ou des conservateurs militants pour prétendre que la condition humaine n’a fait que péricliter avec la modernité et que les multitudes étaient infiniment plus heureuses dans les sociétés traditionnelles. Les écologistes les rejoignent apparemment, avec leurs propres présupposés.

    Nos diagnostics divergent, dont acte. Vous vivez dans un monde qui ne partage pas majoritairement vos idées : je ne suis qu’un élément d’une multitude indifférente ou adverse. On va dire un élément « conscientisé », terme qui m’a été adressé par l’un de vous, c’est-à-dire que là où d’autres vivent leur vie sans réfléchir aux arbitrages qu’elle implique, à ses causes ou à ses conséquences, j’essaie au contraire de rendre compte de ma situation dans le monde et de comprendre l’origine de mes préférences.

    Un chose me paraît quasi-assurée : vous ne parviendrez jamais à changer votre société par un discours de ressentiment, de haine, de mépris envers vos contemporains réduits à des marionnettes stupides du marché et du spectacle. Ce n’est pas juste une question d’efficacité ou de morale : c’est simplement faux, la modernité a produit une certaine autonomie et une certaine réflexivité des individus. La dialogue est impossible avec moi ? Il sera nécessaire avec tous. Et ma foi, je crains vous rencontriez des personnes bien moins disposées que je ne le suis à vous écouter. Je vous souhaite malgré tout bon courage dans votre entreprise, en bonne cohérence avec mes idées : la diversité des points de vue et des pratiques est un élément essentiel du succès moderne, et de l’évolution humaine en général car nous sélectionnons peu à peu ce qui nous semble préférable et désirable dans un vaste processus d’essais et erreurs. A défaut de la considérer comme salutaire, je juge votre critique nécessaire par le simple fait qu’elle s’exprime, donc qu’elle désigne une réalité d’inconfort, de souffrance, de malheur. Soit cette réalité est limitée à une petite minorité et le monde ne changera guère son cours. Soit elle révèle un malaise bien plus large, et le monde connaîtra des mutation en fonction d’elle. L’histoire est désormais l’expression de notre volonté, et cette représentation de notre liberté n’est pas le moins des bouleversements modernes par rapport aux époques antérieures.

    Bon vent à tous.

  20. 🙂

    « Un chose me paraît quasi-assurée : vous ne parviendrez jamais à changer votre société par un discours de ressentiment, de haine, de mépris ».

    🙂

  21. @ luline,

    « postjorion » est bien plus pertinent que P Jorion!

    Si ce dernier réussissait à faire un tout cohérent de ce qu’il croit savoir, il parviendrait peut-être à éclairer l’avenir. Or, et bien que revendiquant un savoir psychanalytique, il ne tient aucun compte du fait qu’il y a de l’inconscient dans les décisions des humains, càd que là où l’homme (la femme idem) croit prendre une décision en toute conscience, il n’est en fait pas maitre en son royaume. Et c’est bien aussi tout le problème de l’intervenant qui dit vouloir ne plus réintervenir ici!

  22. Ok, le film est terminé : il y a la pause.

    A René.

    Il est bon de rappeler  » l’aventure  » d’Homo Néanderthal.

    A Georges.

     » Bizarre !  » Pas vraiment, hélas!

  23. @ Skept.
    Je sais que vous allez regarder cette page pour voir nos messages plus ou moins baroques ou idolâtres à vos yeux, mais juste un aparté hors blog et ce contexte:
    Vous devriez peindre, quelque soit le média, mais je pense que vous devriez peindre.
    Je suis sérieux et non moqueur.

  24. Bonjour,

    Hi, hi, hi,

    Punaise, non mais! Vous avez vu le succès de la rubrique, Skeppy contre tous?

    J’ai bien aimé, et il nous faut rester dans le dialogue …. sans dialogue, aucune issue.

    Je n’y est pas trop participé, trop pointu pour mes maigres neurones. De plus est, mon mental est mis en mode pose, volontairement, je préfère laisser le cardiaque exploser. Ah, ce sacré mental …..

    Vous aurez beau dire, beau expliquer, beau parler, les vues, les solutions, sont propres a chacun et c’est en cela qu’est la diversité, qui est une richesse. A nous, ensemble de trouver une solution réèlle qui corresponde a tous et surtout pour le bien de tous. Ardu ….

    Nous les avons sous le nez, les solutions. C’est d’une simplicité, simplicité qui dérange. Entre autre ….

    Permaculture: L’éthique de la permaculture est souvent résumée ainsi :

    Prendre soin de la Terre – Reconnaître que la Terre est la source de toute vie. Les êtres humains doivent donc s’occuper de la Terre avec respect.
    Prendre soin des Etres humains – créer des sociétés ou les humains et la planète vivent ensemble en harmonie, notamment par la coopération et le partage.
    Distribution équitable s’assurer que les ressources limitées de la planète soient distribuées de manière sage et équitable.

    Electroculture.

    L’électroculture est un mode de culture utilisant les forces naturelles de la nature disponibles autour de nous, inépuisables et non polluantes. Elle regroupe un ensemble de techniques utilisant les courants électriques atmosphériques et telluriques, les rayonnements cosmiques et le champ magnétique terrestre afin de stimuler la germination, la croissance et le développement des plantes. Ces forces électromagnétiques naturelles forment, conjuguées, une source d’énergie gratuite, douce et intarissable, que l’on peut transmettre aux végétaux à l’aide de simples électrodes métalliques. Elles permettent une forme de culture saine avec des résultats remarquables, tant en quantité qu’en qualité. Ceci est valable pour toutes sortes de culture, y compris les arbres et les plantes d’agrément. Découverte il y a plus d’un siècle, étudiée par la science, l’électroculture offre une agriculture écologique et biologique étonnante. »

    Eliminer, mettre en fin de locomotive, le pouvoir, l’argent, les envies. Je vous laisse le soin de les remplacer par ceux qui devraient l’être depuis la nuit des temps!

    Belle soirée, Léa.

  25. Cher Skept, votre profession de foi en faveur de la modernité est assez drôle !

    J’ai réellement apprécié votre gout pour la controverse, mais vous me faites penser à une belle au bois dormant qui se serait soudainement évanouie il y a 30 ans (par exemple après le choc d’avoir entendu Grothendieck donner sa conférence “faut-il arrêter la recherche scientifique ?”) et qui se serait réveillée en 2011, et qui n’aurait pas encore réalisé qu’elle a manqué quelques épisodes. Depuis, Jaurès Medvedev a révélé ce qui s’est passe a Kyshtym, il y a eu Bhopal, Chernobyl, Fukushima, les OGM, et puis nous avons découvert des gens comme Masanobu Fukuoka, Pierre Rabhi, Bhaskar Save, les femmes de Chipko qui ont sauvé les forets, Rajendra Singh qui a réparé 20.000 Johads, et puis la Confédération Paysanne, et les SEL qui opèrent l’ultime dématérialisation de l’argent (pas la fausse prétendue dématérialisation des cartes bleues), et puis et puis… L’énumération serait sans fin. Ce monde que les gens inventent aujourd’hui partout dans le monde et que vous considérez avec scepticisme, est à la pointe de la modernité, et la plupart de ceux qui échangent sur ce blog, même si leurs opinions divergent sur différentes choses, y sont au cœur même.

  26. @ skept

    « … Et je ne trouve pas beaucoup de place pour la reconnaissance du moindre bienfait que cette industrie aurait apporté aux hommes dans les deux derniers siècles  » dit Skept.

    Donnez-moi un seul exemple de « bienfait industriel » ! Ne cherchez pas, il n’y en a pas ! (même mon ordinateur n’apporte rien de positif) Les seules « inventions » issues du monde industriel n’ont fait que détruire bien davantage l’homme et son environnement. L’exemple le plus visuel est celui de Charlie Chaplin dans les Temps Modernes. L’industrie chimique n’a fait qu’achever ce qui restait du vivant issu de la biodiversité.

    J’attends vos exemples, voire un seul exemple. Et je rappelle (à nouveau, désolé pour les fidèles de ce blog…)le mot de M.K.Gandhi  » La révolution industrielle a été une des plus grandes erreurs de l’humanité « 

  27. @ Skept

    Vous fréquentez ( moi aussi ) le blog de Sylvestre Huet . vous connaissez donc sûrement ça :

    http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2009/11/emissions-de-co2-41-entre-1990-et-2008.html#more

    http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2011/05/plus-5-pour-la-consommation-d%C3%A9nergie-mondiale-en-2010.html

    Ceci vient d’ailleurs :

    http://www.biodiversite2012.org/surveiller/breves/recul-des-terres-agricoles-entre-2000-et-2006-745-km2-ont-ete-urbanises.html?d5779e40fd759177dbdc2266c834a353=fac1c3e4326575562a520165de229180

    Il y en a d’autres .

    Vous demandez un jugement sur l’industrialisation et plus généralement sur ce qu’on appelle le progrès . Voici le mien : je suis content de bénéficier d’une machine qui lave mon linge car ayant lavé ( pour m’amuser ) le mien au lavoir du hameau dans lequel j’ai grandi , je sais que cette activité est fatigante et j’imagine , pour l’avoir expérimenté en été , ce qu’elle doit être en hiver … Mais je suis réellement affligé par l’existence des escaliers mécaniques . Plus personne n’oserait manger allongé de peur de paraître ridicule , et pourtant emprunter un escalier mécanique ( à moins d’être diminué physiquement ) est un signe de décadence aussi manifeste que la posture des romains à table . Certains nomme ça  » progrès  » puis s’en vont courir sur un tapis roulant pour corriger les méfaits de ce  » progrès  » …

    Vous dites que  » Les écologistes les rejoignent ( les traditionalistes, réactionnaires ,conservateurs militants )apparemment, pour prétendre que la condition humaine n’a fait que péricliter avec la modernité et que les multitudes étaient infiniment plus heureuses dans les sociétés traditionnelles  » .
    On pourrait par un sondage savoir si les écologistes pensent que les gens étaient plus heureux jadis , mais j’ignore comment savoir si c’était vraiment le cas . Est-on plus heureux en travaillant 48 h/semaine avec une espérance de vie de 60ans et la sécurité de l’emploi ou en travaillant 35h avec une espérance de vie de 80 ans et l’inquiétude de fréquenter l’ANPE ? Je n’ai pris que trois paramètres mais on ne serait sans doute pas plus avancé avec un plus grand nombre .

    Que faire , donc ? Pour trouver la solution , regardons d’abord ce qui est possible ( matériellement parlant , et non dans le sens de désirable , d’acceptable par les humains ) :
    – une humanité de pauvres,
    – une humanité avec peu de riches et beaucoup de pauvres .
    Ce qui est impossible , c’est une humanité de riches ( d’occidentaux si vous préférez ).Donc la solution est dans la sobriété-modération-renoncement-ascétisme-frugalité-simplicité . Peu importe le mot , sauf si par  » solution  » vous entendez  » comment rendre ce concept désirable par les humains , comment obtenir leur consentement ?  » . Il faudra peut-être ( qui sait …) pour cela faire appel au talent de monsieur Segela . Bien payé , il vendra des toilettes sèches aussi efficacement que des Rolex . La seule chose indispensable aux girouettes , c’est le vent …

    Après la théorie , la mise en pratique , puisque nous ne vivons pas dans le monde virtuel des idées mais bien sur Terre :

     » vous devez estimer comment nourrir de manière fiable 7 milliards d’humains aujourd’hui, et 9 demain, sans que cela représente une trop grosse emprise sur les surfaces disponibles et sans qu’il existe trop de risques d’approvisionnement. »

    Réponse : en devenant végétarien .

  28. Suffit ! les bateleurs. Skept l’universitaire poussiéreux et cultivé dehors s’il vous plaît. Quelle culture possédez-vous monsieur Skept ou Skipt ? Celle d’Einstein, de Baudelaire, d’Albert Camus,Jacques Monod ou encore celle de Théodore Monod ?

    Dehors !

  29. « Et je ne trouve pas beaucoup de place pour la reconnaissance du moindre bienfait que cette industrie  » dit skept..
    Mais parce nous n’en sommes plus là..je compare à l’avénement des « grands magasins » en France, championne d’Europe de leu implantation, je le rappelle; quelle joie, c’était génial d’aller chez IKEA..ou ailleurs..à présent çà me dégoute: il y en a trop! et ce développement se fait au détriment de zones agricoles, ; ici ils ont ravagé des hectares de terres agricoles pour implanter LE plus grand centre commercial d’Europe..Eet oui MAIS çà a crée des emplois ..
    Ce qui est génial c’est qu’aujourd’hui nous avons encore le choix, justement; celui de jeter ce qui est devenu toxique et de garder de nos inventions ce qui nous a permis effectivement de vivre mieux.
    et la pierre d’achoppement de tout cela est peut-être la tomate, le fromage ou le bout de pain…
    est ce bien normal de se réjouir comme des idiots du fait que ces légumes aient du gout?

  30. Sur le terrain des arguments techniques (pas des jugements), je crois comprendre chez Skept ce qui le bloque, comme d’ailleurs nos politiques dominants : les années 1945-1975 ont vu des recettes techniques réussir : il fallait reconstruire une Europe en ruine, équiper des familles (en occident UNIQUEMENT) en salles de bains, machines à laver etc , nourrir ceux qui avaient connu la faim pendant 5 ans, et « croitre et multiplier » pour suivre une directive religieuse. OR , l’Europe n’est plus en ruines, on est « équipés » jusqu’à vomir, on devient obèses, on est surpeuplés. Mais, croyant que cette recette est éternelle, ils regardent en arrière.
    Le problème n’est plus le même pour les occidentaux, nous sommes allés trop loin, il s’agit maintenant de REDUIRE.
    On pourrait dire que le problème est encore posé pour le tiers monde, mais c’est raté aussi, nous avons déjà épuisé la planète. Et même si ce n’était pas le cas, nos « solutions » ont tellement d’inconvénients, qu’il faudrait en trouver d’autres.

  31. Chers Fabrice, Marie, tous… J’ai continué à « dialoguer » (si l’on peut appeler cela ainsi) avec « skept » sur son propre blog (pas la peine de perdre du temps à lire, ce n’est pas un dialogue), et j’ai finalement acquis la conviction que le personnage qui se cache derrière ce pseudonyme est beaucoup plus intelligent qu’il ou elle ne le laisse voir, et est plus au courant des faits que voudrait le faire croire sa façade ingénue. D’où son habileté à esquiver les questions, à rebondir : Il ou elle avait souvent imaginé les réponses ! Son gout des chiffres et son extraordinaire aplomb m’ont d’abord fait penser à un ingénieur à la retraite qui serait devenu patron (Anne Lauvergeon ?), mais maintenant je crois que son habileté psychologique ressemble plutôt à une sorte de politicien, et peut-être, pas si à la retraite que cela, qui serait venu jouer un peu, ou peut-être faire autre chose. Et c’est évidemment pour une vraie raison qu’il ou elle garde un anonymat plutôt rigoureux. Bref, c’était juste pour dire que pour moi, Fabrice a eu raison de ne pas continuer le dialogue. Ca n’en était pas un. D’avoir laissé se créer cette situation qui a semblé le surprendre et que visiblement il regrette montre peut-être les limites de l’habileté de celui qui a habité le masque de « skept ». Trop joueur, ou trop hargneux, derrière le masque de la civilité.
    Amicalement à tous,
    Laurent

  32. Merci Sancho,

    Nous avons télépathisé. Télésympathisé aussi. 🙂

    « Fabrice, ton petit vallon et les descriptions bucoliques auxquelles tu nous avaient habitués, me manquent souvent ». Oui, Oui, j’ose confirmer!

    Tata Thérèse, itou.

    Snif!

    Bien a vous, Léa.

    Merci a toutes et tous.

  33. Non, en fait je crois que Skept est économiste, ou prof d’économie. Un ingénieur professionnel (ou un scientifique) développe un sens aigu des proportions, mais skept jongle avec les chiffres avec la facilite de quelque chose d’abstrait. C’est quelqu’un qui croit a la croissance.

  34. Laurent Fournier;
    « …Non, en fait je crois que Skept est économiste… »

    Le fantôme de Raymond Barre ?

    Bon été à tous, les aigles, loups, et autres animaux non comptabilisés par Skept m’attendent dans les monts du Portugal !

  35. Hors-sujet, mais en fait pas tant que ça…

    Après le panier de crabes du FN et les tribulations de Jean-Louis, poisson-pilote de notre président préféré, je reste au rayon « produits de la mer » avec ces quelques extraits sur les saumons d’élevage glanés dans l’excellent livre « la mer engloutie » de Taras Grescoe.

    COMMENT ELEVER UN SAUMON

    « La vie d’un saumon d’élevage commence dans une écloserie, où l’on tue une femelle avant de lui ouvrir le ventre et de le presser pour en faire sortir quelques quatorze mille oeufs, que l’on mélange à la main avec la laitance du mâle. Les oeufs étant sujets aux maladies, on les fait tremper dans un désinfectant iodé appelé Ovadine afin d’éliminer virus et bactéries, puis pour tuer les champignons, on les lave au formol.
    Ce dernier, un conservateur à base de formaldéhyde, classé par l’O.M.S. comme « cancérogène certain » a été préféré au vert de malachite, un fongicide toxique qui a longtemps été la norme dans l’industrie.

    Le Canada a interdit l’utilisation du vert de malachite en 1992, après qu’on eut découvert qu’il était responsable de tumeurs du foie et de malformation congénitales. Il est encore largement employé sur les poissons d’élevages en Chine et au Chili. (…)

    Comme pour la culture de cannabis en intérieur, une écloserie se sert de de lumière artificielle pour activer la croissance. On allume et on éteind les lampes selon des cycles qui reproduisent en accéléré celui des saisons, amenant les saumons à leur taille adulte en deux fois moins de temps qu’il n’en faut dans la nature. Au fur et à mesure de leur développement, les poissons sont transférés dans des bassins de plus en plus grands et vaccinés un par un contre les maladies qu’ils sont susceptibles de rencontrer dans un environnement salé. (…)

    Pour empêcher la pousse des moules et des algues sur les filets métalliques des bassins, on les enduit d’une peinture anti-encrassement à base de cuivre conçue pour les coques des bateaux. Cette peinture, envoyée dans des conteneurs portant une tête de mort sont réputés toxiques pour les organismes aquatiques.

    Une étude de 2007 a montré que les sédiments des alentours d’un élevage salmonicole écossais affichaient des niveaux extrêmement élevés de zinc, de cuivre et de cadmium, une contamination principalement due à l’utilisation de ces peintures.

    Au bout de trente mois, lorsque les saumons pèsent 5 à 6 kilos, ils sont remorqués jusqu’à l’usine de conditionnement où on les plonge dans un bassin contenant du gaz carbonique qui ralentit leur métabolisme, les rendant plus faciles à manipuler. »

    Voilà, la « vie » d’un saumon d’élevage que nous pouvons trouver à un prix abordable dans les rayons des supermarchés. Sans compter les colorants qui leurs procurent cette superbe couleur, les traitements contre les poux de mers très fréquemment administrés dans les bassins d’élevages et les aliments merveilleux qui servent à les engraisser à vitesse grand V…

  36. à Lléa : J’ai reçu le message 5/5. Je constate avec plaisir que vous ne nous avez pas abandonnés définitivement à notre triste sort. Tant mieux !

    Peut-être Fabrice nous aura-t-il entendus et peut-être nous réserve-t-il quelques moments de pur bonheur dont il a le secret ? Quien sabe ?

    Bien télésympatiquement vôtre.

  37. Bonsoir,

    Bakounine. Belles vacances a vous. Nous n’aurons plus l’occasion de nous « revoir ». Je vous souhaite de tout coeur une merveilleuse route, pour la suite ….. Amitiés. Léa.

    PS. Dossier Skippy.

    Qui est Mr Skippy?
    Bon sang, réfléchissez assidument! Non ne réfléchissez pas, ce n’est pas la peine. Laisser vous portez par votre intuition. Il est très ,très intelligent, c’est certain.

    Non, non, je n’en dirais pas plus, pas même sous la torture!

    Bises a toutes et tous.

  38. Voilà, c’est comme ça que ça devait finir !

    Skept ne répond pas à des questions précises. Skept est pétri de certitudes. En plus, j’ai observé des contradictions entre certains de ses propos (mais j’ai décidé de ne plus lui faire l’honneur de lui dire quoi) et des variations dans sa façon de présenter sa « pensée ». Il nous cache quelque chose sur son dessein.
    Ceux qui ont continué d’échanger avec lui ont été bien valeureux de consacrer autant de temps en pure perte.

  39. Qui se cache derrière « Skept » ?
    Peut-être le même individu – ou tout au moins le même genre d’individu, voire carrément un pote à lui (!) – qui se cachait derroère le pseudo de « Krolik », et qui lui aussi a eu sur mon blog un comportement semblable à celui de skept ici…

    En ce qui concerne « krolik », ce n’était finalement pas étonnant de constater tant de détermination à défendre le nucléaire… puisque l’individu n’était rien d’autre que celui d’un « pro » du nucléaire, ayant bossé, rien de moins, que dans l’industrie des armes nucléaires françaises !!!
    (Cf. « http://2013-continuum.blogspot.com/2011/07/les-chroniques-de-krolik.html »)

  40. Il faut inventé un autre monde c’est certain.le notre est basé sur des données immateriels,les spéculations.On a crée un monstre qui nous a rendu dépendant de lui(l’économie),l’homme prouve que ces actions ne sont pas réfléchie en profondeur,avoir un mode de vie proche de la terre,de la vie,est plus raisonnable pour sa survie.et celle des autres.trop cupide aussi pour manipuler des concepts qui peuvent par éffet dominos ,faire naitre l’enfer.

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