Hulot à l’ONU ?

Plusieurs journaux, ce 27 août, évoquent ce qui n’est, pour l’heure, que rumeur. Sarkozy aurait proposé à  Nicolas Hulot de représenter la France à l’ONU, et de préparer notamment, en son nom, le prochain Sommet de la Terre, qui doit se dérouler à Rio en 2012, 20 après le premier. Je ne sais si c’est vrai, mais c’est en tout cas plausible. Et bien que sachant à l’avance que mes mots ne serviront de rien, je tiens à les écrire pourtant.

Si Hulot accepte, il quittera à mes yeux les rangs des personnes naïves et respectables, cette catégorie où je l’avais volontiers placé, à de nombreuses reprises, jusque dans mon livre-brûlot Qui a tué l’écologie ? S’il franchit cette ligne, Hulot sera à mes yeux un adversaire, et pour de bon. Car Sarkozy. Car l’ONU. Car ce Sommet qui promet d’être le triomphe du greenwashing et du capitalisme vert. Peut-être me suis-je trompé sur Hulot. Peut-être n’est-il rien d’autre qu’un retardateur de flamme, comme bien d’autres avant lui. Peut-être est-il en réalité un obstacle sur la route d’une véritable prise de conscience. Je vais attendre sa décision, mais je dois avouer mon inquiétude.

PS : ce rajout du 28 août pour dire que Hulot dément que Sarkozy lui a proposé un poste à l’ONU. La chose à peu près sûre, c’est que les deux hommes ont déjeuné ensemble. Pour parler de la pluie et du beau temps. On suivra.

26 réflexions au sujet de « Hulot à l’ONU ? »

  1. Si Sarkozy lui propose des postes à responsabilités c’est qu’il ne le considère pas comme très dangeureux pour le système qu’il défend.
    Pour moi ça suffit à décrédibiliser Hulot, quelle que soit sa décision.

  2. Cela ferait une « excellente » raison à Hulot, de ne pas rejoindre Eva Joly, qui perdra ainsi pas mal de voix, le seul intérêt étant de savoir ou classer ce « grand garçon propre sur lui », mais cela ne fera pas avancer la cause qu’il prétend défendre, car s’il n’a pas compris que les gens de droite n’ont rien à faire de l’environnement c’est plus grave.

  3. Moi, je trouve que Hulot il essaye de faire le grand écart entre une élite qui a le pouvoir, et la cause pour… je ne dirai même pas « l’écologie », je dirai pour l’existence dans sa totalité (parce que c’est ça l’enjeu: l’existence). Parce que Nicolas Hulot, il va bouffer avec Sarko mais en même, il passe ça sur son émission à grande écoute:

    http://www.youtube.com/watch?v=QiCqS6Y3VBw&feature=channel_video_title

  4. A part vous, Fabrice Nicolino, qui pourriez véritablement, intelligemment et dignement représenter la France à l’ONU, vous voyez qui dans le monde de l’écologie française qui pourrait le faire ?

    Personnellement, je ne vois personne.

    Car malheureusement le sectarisme vert fait peur aux décideurs dans le monde, alors que l’on a besoin d’expliquer encore et encore, et toujours à des masses incrédules,avides de consumérisme, ignorantes, non informées, cherchant le bonheur facile et immédiat au détriment de la durée et de la biodiversité. Au lieu de cela la plupart des écolos arrivent avec le poignard entre les dents et le doigt vindicatif, ce qui est complètement contre-productif.

    Sauf alors, révolution pour révolution, à envoyer quelqu’un qui remuerait les consciences comme un Mélenchon vert, par ex. ?

  5. D’accord avec Bakho, que Hulot accepte ou pas il aura déjeuner avec l’autre malfaisant et cela suffit pour moi à le classer définitivement dans le même camp que son hôte.

  6. « L’environnement n’est pas seulement un acte politique, mais aussi un véritable instrument politique, une conséquence du commerce politique, une continuation de la politique avec d’autres moyens ».

    Carl von Clausewitz, « De L’Environnement », 1832

    (Pardon à Clausewitz, remplacez juste ‘L’environnement » par « La Guerre » pour avoir la vraie citation)

    Seule une conception politique de l’écologie peut se donner les moyens de contrer l’instrumentalisation de « l’environnement » à des fins politiques et guerrières. La destruction de l’environnement de groupes humains spécifiques, loin d’être « le revers de la médaille » de la « modernité », contrairement a ce que certaines postures apparemment naïves voudraient nous faire croire, est le but direct des manœuvres auxquelles la plupart d’entre nous participons, volontairement ou non, et qui construisent une vulnérabilité systématique dont les victimes ne peuvent se sortir tant qu’elles n’en voient pas la cause. Ce nouvel ordre mondial bâti sur la destruction et la violence, a pour projet de soumettre le monde entier au contrôle exclusif des détenteurs d’une toute petite catégorie de technologies tout-a-fait particulières.

    C’est très bien qu’Hulot ait très poliment refusé.

  7. Le seul fait de faire campagne pour être le candidat d’un parti… dont il ne fait finalement pas partie puisqu’il s’en écarte dès lors qu’il n’a pas été choisi est déjà, en soi, significatif: seul le poste de candidat l’intéressait. La possibilité de faire partager au public ses analyses et ses convictions compte pour du beurre à ses yeux. Mauvais signe, ça.

    Mais on savait déjà que l’illusion d’avoir convaincu Chirac avait plus de prix pour lui que celle de convaincre, pour de vrai, des anonymes n’ayant pas de pouvoir central.

    Naïveté, sans doute, mais aussi une conception de la politique « par le haut », la position du despote éclairé en quelque sorte. Du coup, possible que le chemin de l’ONU passant par Ssss… ne lui répugne pas. Nous verrons bien.

  8. @Wuwei et Bakho : On peut passer son temps à juger ce que font les autres … ou alors on peut essayer de faire avancer le truc. Qu’on l’aime ou pas, Nicolas Hulot a quand même œuvré pour tenter de sensibiliser l’opinion publique aux thématiques écologiques.

  9. d’accord avec nicolas,et puis l’antique strategie du cheval de troie pour essayer malgré tout d’avançer ,reste une solution envisageable,

  10. Diner seulement avec ceux qui pensent comme nous, a-t-il de l’intérêt? malgré tout la question que je me pose est comment a-t-il pu se rapprocher de celui qui a quand meme proféré ces paroles, devenues comme un genre de viatique pour certains: « L’ECOLOGIE çà COMMENCE A SUFFIRE! »

    1-NH ne voit-il pas le type qu’il est (NS)? (ou alors l’image que nous en avons nous est fausse)
    2- il y a eu l’aventure du grenelle
    3-ils sont copains depuis longtemps, pour des raisons personnelles?
    4- nh continue à vouloir convertir
    5-il veut s’assurer d’avoir les coudées franches ou des appuis pour un projet qu’il caresse? (dans ce cas il vaut mieux avoir l’appui du président! çà aide..à condition qu’appui ne signifie pas « à la solde de »)

  11. Nicolas Hulot, c´est « Beaucoup de bruit pour rien » aurait dit Hochepoire (comme l´appelait Alfred Jarry)! 🙂

  12. Gilbert Sanseau a écrit le 25 août 2011:

    « @phamb (et @ d’autres, surtout sur le peak oil)
    Je ne suis absolument pas d’accord. Il ne faut surtout pas croire que le prix de l’énergie augmente et qu’il va provoquer des changements. L’essence est moins chère aujourd’hui qu’en 1960, et la preuve, au delà des calculs en francs/euros constants, est facile : la population en consomme plus. Point. Tout est plutôt de moins en moins cher, mais on veut surtout consommer plus. De l’énergie fossile, sur la planète, il y en a pour bien plus longtemps que nous ou nos petits enfants ne puissions en voir la fin. Pétrole, gaz de schiste, schistes bitumeux, charbon, on a de quoi tourner pendant encore des siècles au rythme ou nous sommes maintenant. Il faudra donc faire cette révolution sans considérer le prix de l’énergie, malgré le prix bas de cette énergie. Ça ne rend cette révolution que plus difficile et improbable.

    A noter que c’est parce que le prix de l’énergie est très incomplet, sous toutes ses formes. Pour le nucléaire, c’est évident avec les coûts de démantèlement des centrales non pris en compte par exemple, pour le pétrole c’est plus subtil, avec le fait que consommer plus de pétrole implique d’en consommer plus (construire des routes, acheminer l’essence, construire les véhicules, etc.). Ceci sans même considérer les aspects environnementaux, juste en se plaçant sur le plan financier. Mais de la même manière que personne ne peut prédire le cout de démantèlement d’une centrale, personne ne peut calculer les coûts environnementaux, et surtout personne ne veut les calculer. Et de toute façon, ça voudrait dire quoi, “cette foret vaut deux milliards d’euros”. Si on la bousille, la compagnie qui s’en charge doit payer deux milliards à quelque chose (une agence, évidemment) et c’est bon ? Non, le coût (financier) est non seulement impossible à calculer, mais il ne veut surtout rien dire. Ça vaut combien, une espèce de grenouille ? »

    Votre raisonnement me parait très juste. Les inégalités ont augmenté, ce qui explique qu’une partie de la population peut effectivement souffrir du prix de l’essence, mais il n’est pas normal de modifier ces prix d’une manière artificielle en subventions directes ou cachées dont le prix est payé par tout le monde, pour résoudre un problème d’inégalité qui a des causes qui en peuvent en aucun cas être résolues par une politique énergétique.

    J’ajouterais qu’il est indispensable de reconnaître que l’économie est basée sur des valeurs morales ou éthiques, qu’on le veuille ou non. Ceux qui veulent nous faire croire que ce n’est pas le cas, ont un but précis en tête : Nous faire agir contre notre gré selon leurs valeurs (ou contre-valeurs) morales ou éthiques, en nous faisant croire qu’elles n’existent pas. L’arme suprême est l’arme invisible !

  13. @ Nicolas C

    Hulot n’a jamais fait avancer l’écologie un tant soit peu en tout cas pas celle remettant en cause le capitalisme, et ce n’est pas un jugement mais un constat. A moins de considérer que le greenwashing soit utile au citoyen lambda et non à ses sponsors sa prétendue oeuvre de sensibilisation dont le point d’orgue est le grenelle de l’environnement est à ranger au rayon des bouffonneries dont le locataire de l’Elysée est l’incontestable champion.

  14. @ wuwei

    Reste que le 1er problème de ceux qui veulent défendre les idées de l’écologie, c’est l’unité du groupe. Dans tous les cas, il y en a toujours qui désapprouvent les méthodes des uns, certaines vision des choses des autres et au final, ça n’avance pas vraiment car au delà d’une « révolution de tous les jours » nécessaires, il faut un mouvement d’ensemble. Voilà pourquoi, dans l’exemple qui anime cette discussion, ériger une potence à chaque fois que quelqu’un ose discuter avec le pouvoir en place (quel qu’il soit), ne fera pas avancer notre cause.

    Après, vous pouvez penser que NH n’a jamais fait avancer l’écologie. Pour ma part, il a participé, dans une certaine mesure, à la formation de mon « esprit écolo », à l’heure où, je me rappelle, ce sujet n’intéressait encore que très peu de personnes.

  15. @ Frédéric Boutet

    C’est assez vrai !

    @ Nicolas C.

    Ben non, on ne discute pas avec n’importe qui et notamment avec quelqu’un dont la marque de fabrique est d’avoir trahi tout le monde et de dire tout et son contraire.

  16. (Cette info/commentaire aurait du être avec la « rediffusion de l’été » mais apparemment il y a tellement de commentaires que la page ne s’affiche jamais jusqu’à la fin)

    Les panneaux solaires en fin de vie ne sont pas facile a recycler. Pourtant ils durent plus de 20 ans, c’est beaucoup ! Quel autre produit industriel dure aussi longtemps de nos jours ? Mais a l’heure ou, les prix baissant, le photovoltaïque est en forte croissance dans le monde entier, c’est un aspect qu’il faut connaitre. C’est aussi une indication de plus qu’il n’y a pas de solution miracle. Il reste du travail a faire, et pas seulement pour faire baisser les prix, mais pour aboutir a une propreté réelle des cycles industriels.

    http://www.batiweb.com/actualites/developpement-durable-du-batiment/temoignage-recyclage-que-faire-des-panneaux-photovoltaiques-usages-29-08-2011-18631.html

  17. On en revient toujours à cette question des hommes ou femmes miracles ou providentiels. Pftt… Question secondaire.

    La question prioritaire est de construire des codes contre lesquels il serait illégitime de se révolter. Cà permettrait de faire un sacré tri chez les ambitieux du pouvoir sur autrui, tout en construisant des coutumes écologiques, forcément, du fait d’une autolimitation structuralement incorporée!

  18. D’accord avec vous, frédéric, mais là! se compromettre ainsi avec un antiécologiste total! c’est quand meme pas sympa du tout! ou alors il explique à ses partisans. ils pouvaient toujours se parler au téléphone.

  19. c’est qu’il a plus de boulot,le pauvre,il avait donné demission de sa Fondation pour cause de campagnea EELVdebarqué de son emission,because campagne EELV,alors,c’est NKM qui a insisté pour ce rendez vous avec Sarko,mais bon il dejeune avec d’autres,et c’est pas pour cela qu’il va accepter notre Ego Inconscient National,ce poste,on verra.

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