Le grand miracle de l’aggradation des terres (alléluia !)

Passer une année pleine au pays des aveugles est une chose. Finir 2011 sans l’ombre d’un espoir est au-dessus de mes forces. Et c’est pourquoi je vous parlerai aujourd’hui de l’aggradation. Je ne doute pas une seconde que certains lecteurs de Planète sans visa connaissent le mot. Mais je crois également que la plupart n’en ont jamais entendu parler. Or l’aggradation est un miracle. Elle l’est, car elle est l’envers de la dégradation. Elle est un soleil.

J’avoue ne pas bien savoir d’où le mot vient. À peine si je sais qu’il a servi dans le langage des géologues, et qu’il continue d’ailleurs. Je vous renvoie à un colloque canadien remarquable, tenu en 1992, et qui amène à l’histoire que je vais vous conter (ici). Il s’agissait à cette occasion de faire le point, avec des Portugais, sur une manière de restituer aux sols dégradés par l’agriculture intensive et ses diverses pestes chimiques la fertilité sans laquelle nous ne saurions vivre. En cette occurrence, par le « bois raméal fragmenté » ou BRF. En deux mots, ce dernier consiste à broyer finement du bois venu des arbres, arbustes et arbrisseaux proches, de la forêt, des fagots et restes en toutes formes. Ce broyat se révèle être, pour des raisons complexes qui me sont en partie mystérieuses, un magicien. Toute magie a ses limites, nous sommes d’accord, mais le BRF est capable d’authentiques prouesses.

Mais est-ce bien de lui que je veux vous parler ? Eh bien non, désolé de vous avoir emmené sur ce chemin de traverse. Mon sujet s’appelle Zoram Naagtaaba, mais aussi Filly Wemanegre, Tenkeega, sans oublier Terre Verte. Trois noms burkinabé, comme vous n’aurez pas manqué de le remarquer. Et un quatrième français, semble-t-il. Les premiers sont chacun une association du Burkina Faso, État si pauvre de l’Afrique de l’Ouest. Et le dernier une structure de soutien française créée le 23 avril 1989 à Landrecies (Nord), dans une région qui connaît le sens du mot solidarité.

En cette année 1989, seule Zoram Naagtaaba existait déjà. Cette association a été lancée pour servir de cadre juridique à une ferme sahélienne pilote, Guiè. Mais j’entends déjà des questions sur le Sahel, et je m’empresse d’y répondre. Le Sahel – en arabe – ???? -, le mot signifie lisière, côte, frontière – est une immense bande qui relie la mer Rouge à l’Atlantique, marquant une transition climatique, pluviométrique, floristique entre le géant saharien et les savanes plus au sud, où il pleut encore abondamment. Cette ceinture s’étend sur environ trois millions de km2. Et se trouve soumise à des caprices météorologiques qui paraissent de plus en plus graves.

En fait, c’est presque simple. Le Sahara, jadis verdoyant et accueillant aux activités humaines, est devenu le plus vaste désert chaud de notre monde. Les hommes et leurs pratiques, dont l’écobuage – qui consiste à brûler la végétation arborée pour obtenir de l’herbe à bétail l’année suivante – ont leur part dans ce désastre. Quoi qu’il en soit, les peuples installés plus au sud, dans ce Sahel aux pluies incertaines, ont continué à pratiquer surpâturage et déboisement, entraînant sans cesse une aggravation de la situation. Allons droit au but : le Sahel est une zone clé de la crise écologique planétaire.

Et c’est ici que des hommes simples mais d’exception ont décidé d’agir. Je ne sais pas la répartition de tous les rôles, mais je reçois des nouvelles régulières des réalisations de cette belle équipe, par la voie électronique. Vous pouvez d’ailleurs en faire autant (ici). Pour ce que je comprends, il y a au point de départ rencontre entre des paysans burkinabè et un Français, Henri Girard, agronome vivant depuis des lustres au Burkina. Dans une, puis deux, trois fermes enfin, les associés démontrent sur le terrain l’efficacité miraculeuse de techniques au service des hommes. Lesquelles reposent notamment sur la création d’un périmètre bocager, ou wégoubri dans la langue mooré. C’est-à-dire un paysage agricole équilibré, où les champs sont délimités et protégés par des haies vives boisées. Incluant parcelles privées et communs.

Pour aller vite, ce système permet une conservation presque complète des eaux pluviales sur la parcelle cultivable et limite considérablement l’érosion et la divagation d’un bétail toujours menaçant pour les cultures. Je les cite : « De même que le désert appelle le désert, le bocage appelle le bocage ! Un bon entretien de ce milieu crée une dynamique et il n’est pas rare de voir pousser dans les haies vives des arbres semés par le vent ou les oiseaux, ainsi que la réapparition d’une faune qu’on croyait disparue à jamais. Ce retour de la biodiversité dans des terroirs dégradés est un résultat majeur de notre programme d’embocagement ».

Grâce au « ruissellement zéro », grâce à la technique antique du « zaï », les sols si lourdement dégradés par des activités sans avenir reprennent vie. Ils se trouvent restaurés. Dans le petit vocabulaire des mots d’espoir que je tiens près du cœur, aucun je crois ne résonne aussi fort que celui de restauration. L’avenir, s’il est, appartient tout entier à la restauration écologique, collective, décisive, des écosystèmes. Si le système utilisé dans les fermes de Guiè, Filly et Goèma pouvait s’étendre à la région martyre qu’est le Sahel, je crois, je crois sincèrement que le processus de stérilisation de la vie commencé là-bas il y a des milliers d’années pourrait être inversé.

Nous en sommes loin, mais si près pourtant. En cette extrême fin de l’année 2011, ceux de Guiè, Filly et Goèma nous montrent une voie concrète et réaliste. Réaliste ne veut pas dire aisée, concrète ne veut pas dire réussie. 2011 a été une très mauvaise année de pluies, et 2012 s’annonce menaçante. À Filly, par exemple, il n’a plu que 422  mm. Lisez donc avec moi la fin d’un message signé Henri Girard : « Comme annoncé en octobre, nous allons réagir à cette menace de famine en lançant des travaux à haute intensité de main d’œuvre (HIMO), afin de permettre aux populations de gagner l’argent nécessaire pour s’acheter des céréales, tout en travaillant pour améliorer leur environnement (pistes rurales boisées, bullis, aménagements bocagers). Si vous souhaitez nous soutenir (chèque, virement, CB, PayPal), nous vous en rappelons le lien : ici ».

S’il vous reste deux sous, je vous invite bien entendu à les envoyer au plus vite là-bas, ce qui sera une bonne et heureuse action. Et au-delà, permettez-moi de vous dire que la grande révolution est là. Dans la rupture totale, ici même comme partout ailleurs, avec l’agriculture industrielle, qui est en train de nous conduire à la plus grande famine de tous les temps. Oui, je forme le voeu, en cette fin d’année 2011, que nous soyons assez forts, assez fous, assez grands pour faire disparaître en dix ans cette manière criminelle de traiter les sols, les êtres, les plantes. Je ne conçois pas d’urgence plus totale que de vaincre l’industrie de l’agriculture, pour la changer en une vaste coalition planétaire, mêlant urbains et ruraux, en faveur de l’agroécologie. Elle seule peut nourrir ceux qui viennent. Elle seule peut nous conserver longtemps encore cette biodiversité qui meurt à si vive allure. Elle seule est humaine. Le reste n’est que barbarie chimique et destruction de tout par tous.

Amis lecteurs, je crois, et je me répète : je crois qu’une voie existe, aussi étroite qu’elle soit. Il faut forcer le passage, avancer, ne plus jamais reculer. Le Burkina Faso montre l’exemple.

De nouveau, le site de Terre Verte : http://www.eauterreverdure.org

45 réflexions au sujet de « Le grand miracle de l’aggradation des terres (alléluia !) »

  1. un des pionniers des zaï: http://www.youtube.com/watch?v=Dzah_5y65AU

    une autre technique simple et efficace: http://www.youtube.com/watch?v=E9DpptI4QGY

    et le meilleur: utiliser les animaux (si, si) pour régénérer les sols. Il s’agit d’une simple observation de ce qui ce fait dans la nature. Qu’est-ce qui est « mieux »: 1 vache sur 1 ha pendant 300 jours, ou 300 vaches sur 1 ha pendant 1 jour? en anglais c’est le « crash grazing ».
    http://vimeo.com/28736669

    (on trouve aussi des critiques, évidemment, mais je suis convaincu que ça fonctionne).

  2. voilà un article qui me touche particulièrement. J’ai passé 1 an et demi au Burkina, à Ouaga, il y a 20 ans de ça. J’admire profondément ce peuple : le « pays des hommes intègres ». Et si à l’époque les hommes ne parlaient de Thomas Sankara que à voix basse et souvent les larmes aux yeux, par peur d’être entendu ,je crois bien avoir reçu là bas les plus belles leçons de courage, et j’ai été bluffée plus d’une fois par la richesse et la capacité d’endurance des gens qui vivent dans ce pays extrêmement pauvre. Et par leur créativité.

  3. De mon côté j’avais trouvé très très intéressante la fabrique de jardins trous de serrure auto-fertilisants ou keyhole gardens fabriqués par l’association send-a-cow ( http://www.sendacow.org.uk/keyhole-gardens) par exemple en Afrique.

    Cette technique douce est simple, reproductible et basée sur des matériaux locaux, facilement réparable, de plus leur usage collectif et autonomisant. Ça me plaît.

    On voit sur ces vidéos le principe :

    http://vimeo.com/15630334

    http://www.youtube.com/watch?v=2I-_6Bog-rM

  4. Oui, je forme le voeu, en cette fin d’année 2011, que nous soyons assez forts, assez fous, assez grands pour faire disparaître en dix ans cette manière criminelle de traiter les sols, les êtres, les plantes. Je ne conçois pas d’urgence plus totale que de vaincre l’industrie de l’agriculture, pour la changer en une vaste coalition

    yes, hope we can.

  5. bonjour Fabrice,

    Bravo pour ce soutien à terre verte au Birkina et un grand salut bien bien bas à ses promoteurs. j’ai vu les films, les documents, la philosophie. j’attend la rencontre avec vous.

    j’en profite pour informer que l’association dite « Ecocentre de Bobo-Dioulasso » à obtenu son agrément le 17 novembre dernier, et que nous avons bien des idées à concrétiser, y compris en agro-écologie.
    ecocentrebobo@yahoo.fr ou rhammel@snvworld.org

    nous tentons actuellement de trouver notre indépendance financière en commercialisant du matériel solaire avec les compétences internes.

    notre ambiton? que le Burkina deviennen le leader africain de l’écologie…..au lieu de celui des OGMs

    Roland Hammel
    Bobo-Dioulasso

  6. Coucou,

    Merci Fabrice.

    Hors sujet. S’il vous reste des sous. 🙂 Un petit timbre par semaine … Merci.

    Envoyez une lettre à Asako House !

    Il était une fois une vieille dame dénommée Kumagai Asako qui habitait au bord de la mer. Comme elle adorait son paysage et connaissait les dangers de l’atome, elle lutta de son vivant contre l’implantation d’une centrale nucléaire. En refusant de se séparer de son terrain, elle contraignit un constructeur à déplacer de 250 mètres l’emplacement d’un futur réacteur car le projet était trop proche de sa maison. Elle savait que si elle les laissait construire l’usine, la mer serait contaminée. Malgré des menaces et des tentatives de corruption, elle a tenu bon contre la volonté de la compagnie d’électricité japonaise J-Power. Après sa disparition en 2006, sa fille et sa petite-fille ont conservé cette propriété afin de perpétuer le combat d’Asako. Elles ont dénommé la maison « Asako House » .

    http://bistrobarblog.blogspot.com/2011/12/envoyez-une-lettre-la-maison-dasako.html

    Bien a vous,

  7. Merci Fabrice pour ce message d’espoir.En cette fin d’année tristounette il est bon de rappeler le courage de certains et l’Amour qu’ils portent à Notre Terre et à la Vie.Votre article me fait penser aux Bourguignon,Claude et Lydia.Claude Bourguignon tenait en conférence les mêmes propos sur l’équilibre agro-sylvo-pastoral et mentionnait le rôle clé du Bois Raméal Fragmenté venant des haies pour couvrir le sol et l’enrichir.Si vous avez l’occasion de l’écouter ses enseignements sont pleins de bon sens et d’une grande richesse.

  8. L’une des différences majeures entre le Burkina et la France, c’est la conscience de l’importance que revêtent la terre et l’eau du ciel. Vive au Sahel, agonisante en Europe occidentale. Y a qu’à voir le bio : si peu d’intérêt dans les campagnes, là où l’on voit si facilement les épandages massifs de saloperies dans les champs. Et c’est pas les potagers personnels qui remplacent, l’utilisation des «  » »phytos » » » (novlangue ridicule) y est souvent plus importante qu’en agriculture industrielle. Mais il y a quand même encore un peu de conscience. Faut s’accrocher aux branches dans lesquelles coule encore de la sève.
    Vive le BRF, vivent les Bourguignon et vivent les Québécois.

  9. je peux dire qu’ici au Burkina, ce que Pierre Rabhi à semé avec le CEAS dans les années 80 n’est pas mort et s’est multiplié. l’agrobilogie vit et se développe, même dans le secteur du coton. un de nos membres, un encadreur agricole retraité, vient de démontrer cette année la formidable capacité du compost à faire revivre rapidemment des terres au point de changer radicalement l’absorbtion de l’eau.
    du riz des ùmêmes variétés que celles utilisées en irrigation, cultivés sur un plateau rocailleux, sur des terres bien nourries au compst avec des cordons pierreux, en pluvial. résultat, 300kg de plus à l’ha que la moyenne en irrigation. pas beau ça ?

  10. Si les sécheresses touchant les régions allant du Maroc à la Sibérie, résultent en grande partie d réchauffement climatique, ce n’est pas le cas du Sahel, au Pakistan ou du Nordeste où elles sont en grande partie liée à la déforestation. Aussi le reboisement et l’augmentation de la fertilité des sols de ces régions assure un espoir.

    Autres projets mis en oeuvre depuis plus de 10 ans plus au sud : « L’APDRA Pisciculture Paysanne poursuit ses efforts de développement rural au travers de la promotion d’une activité piscicole intégrée aux exploitations paysannes dans de nombreuses régions d’Afrique tropicale humide. » Permettant une autonomie et une limitation des effets de la saison sèche.

    Un site à voir celui de l’Apdra

    http://www.apdra.org/

    Avez vous plus d’information u sujet de la fertilisation liée au bois broyé.

  11. Merci pour ces bonnes nouvelles qui mettent du baume au coeur. La vie est plus forte que tout. Je suis sûre que le bon sens, la connaissance et le respect du vivant finiront par triompher…

  12. « Je ne conçois pas d’urgence plus totale que de vaincre l’industrie de l’agriculture, pour la changer en une vaste coalition planétaire, mêlant urbains et ruraux, en faveur de l’agroécologie »

    Bon sang, combien vous avez raison !

    En ce qui concerne le BRF, c’est vrai que très bien pour régénérer les sols (j’en utilise dans mon potager depuis deux ans), mais ça implique d’avoir beaucoup de végétation à broyer, et de se procurer un broyeur (assez cher, de durée de vie limitée, sauf si on achète quelque chose de très cher, et svt peu écologique : électricité, essence, etc.).

    La vraie révolution, ça serait surtout celle du non labour : ne plus jamais laisser la terre à nu, ne plus jamais plus la charruer, et apprendre à réaliser des semis sous les chaumes en décomposition (avec du matériel adapté). Et le tout sans « phytos » bien sûr…
    (je précise que les méthodes sont éprouvées, et que le matériel existe).

    Une telle révolution ne pourrait voir le jour qu’au prix d’une révolution copernicienne des consciences, puisque un sol travaillé est forcément retourné et mis à nu, dans l’imaginaire collectif (depuis le Néolithique).

    Et bien sûr on peut compter sur les lobbies agrochimistes pour empêcher une telle révolution, puisqu’elle sonnerait le glas de toutes leurs activités de salopards très très très lucratives.

  13. j’ai pris le temps de regarder les documents concernant ces fermes pilotes au Burkina, c’est vraiment épatant ce travail de réalisations de bocages. Tellement bien pensé aussi. Chapeau ! Nous ne nous rendons pas compte de la chance que nous avons de vivre dans un pays au climat tempéré où il pleut !

    @ Mouchkine : je me permets une remarque concernant les potagers perso. Faut arrêter de diaboliser à ce point la campagne. Ceux qui ont des potagers n’y foutent pas de roundup, ils n’ont pas envie de manger de la merde – ils mettent en général de la bouillie bordelaise, du soufre, des anti limaces (ferramol qui a remplacé le métaldéhyde qui est une saloperie mais qui se vendait comme compatible avec l’agriculture bio il n’y a pas si longtemps). Les gens qui prennent le temps de faire un potager soit c’est parce qu’ils aiment ça, soit c’est parce qu’ils en ont vraiment besoin, souvent les deux sont réunis, et ce ne sont pas de gros pollueurs. ( ce qui n’est pas le cas de ceux qui ont uniquement un jardin décoratif, ils sont moins regardants, ça je vous l’accorde). Je suis un peu fatiguée de cette vision caricaturale et si peu nuancée de la campagne. Y compris du monde agricole. Je vis dans un coin très rural, j’observe aussi. Dire que ceux qui ont des potagers utilisent plus de phyto que l’agriculture industrielle ne me semble absolument pas être le reflet de la réalité.
    (désolée je ne voudrais pas transformer ce bol en forum jardinage !)

  14. Pour ceux qui se posent des questions sur le BRF, ma modeste expérience, sur quelques mètres carrés de terrain très peu fertile: une couche de broyat (des rameaux d’environ un ou deux centimètres de diamètre passés au broyeur) suffisamment épaisse pour couvrir le sol. Il faut prendre des branches à l’automne après la chute des feuilles.

    Attention à la « faim d’azote » qui peut compromettre les premières cultures au printemps suivant (la décomposition du BRF consomme beaucoup d’azote, qui n’est plus disponible pour les plantes). J’ai contourné de problème en semant, la première année, des pois, fèves et haricots qui produisent de l’azote au lieu d’en consommer.

    Plusieurs années après, cette parcelle reste très riche, une belle terre bien grumeleuse et fertile, j’y ai mis des fraisiers ils sont magnifiques. Alors que le sol voisin, non enrichi en BRF, reste plutôt minable.

    Faut juste que je me motive, et que je motive mon compagnon à broyer de nouveau assez de branches pour recommencer et étendre mon territoire.

  15. @Flore. Vous semblez considérer que je ne puis être rien d’autre qu’un citadin. Eh bien non ! Je vis dans une commune d’à peine 600 habitants. La (rase) campagne, je connais, et pas seulement parce que j’y vis (beaucoup sont des urbains dispersés). Et pour ce que j’ai vu, l’usage de saloperies est assez répandu, même s’il ne concerne pas tout le monde (évidemment). Que la majorité des produits en question, en quantité, soit répandue par le monde agricole, certes. Mais au mètre carré, il y a souvent une intensité plus grande chez les particuliers (il y a même eu des études le mettant en évidence). Heureusement, pas chez tout le monde.

  16. BRF, suite. Je me base pour ma part sur les conseils de JM Lespinasse (Le jardin naturel, Editions du Rouergue). Ce dernier explique qu’il utilise du BRF toute l’année, et non seulement en automne comme cela est généralement préconisé par les promoteurs du BRF.
    Pour pallier le problème lié à l’azote, il préconise de semer de la luzerne dans les allées, entre les ados. Ensuite, au fur et à mesure de l’année, on peut couper cette luzerne et la laisser se décomposer sur le sol. Autre technique de base : associer les cultures (la plupart des associations marchent).
    Le seul gros inconvénient lié au BRF : les limaces. Elles prolifèrent très vite.

  17. @ Frédéric,
    Faut pas lutter contre les limaces, c’est perdu d’avance 😉
    Il faut négocier avec…Quelques plantations qu’elles aiment et elles vont laisser le reste! Et puis elles se plaisent bien au compost; en général si ont les y met elles y restent.
    Bon ben ça marche pas quand on fait de la quantité hein!
    Par contre faire revenir certains coléoptères, les hérissons qui n’aiment pas trop les clôtures etc ça aide.
    Les limaces vont moins sur le BRF que sur le paillage, en tous cas chez moi parce que c’est fort humide!

    J’ai vu dans un jardin de permaculture des tas de nids de hérissons dans une région où ils sont plutôt proche de la disparition… La dame elle a simplement entasser des branchages non fragmenter pour délimiter sa culture, et en plus c’est joli; ça plait pas mal aux hérissons.

    Le respect du sol va avec le respect des auxiliaires aussi. Le respect du sol c’est le respect du vivant.

    Il ne faut pas hésiter à faire des essais; avec un peu de bon sens, on fini par retrouver un équilibre… C’est en faisant des erreurs qu’on apprend!

  18. On ne touche pas aux limaces, merci!

    Installer une planche en bois ou une tuile sous laquelle les limaces se réfugient au petit matin. Il suffit de passer les ramasser. Et de les déposer délicatement dans le jardin de votre voisin. 🙂

    Placer de la consoude à proximité des plantes à protéger: les limaces vont les préférer.

    Déposer des matières pulvérulentes (cendre, sciure, marc de café, prêle séchée et réduite en poudre, …) autour des plantes de prédilection.

    Pour éloigner les limaces sans les tuer, il suffit d’étaler du sable du Rhin (gros grains) autour des plantes à protéger: la limace dont la peau du ventre est très fragile se brûlera à cause du frottement et fera demi-tour.

    Placer les plantes à protéger (salades, choux-fleurs,…) au milieu et les entourer par des plantes barrière (ail, oignons, moutarde, persil, trèfle, cerfeuil, pomme de terre, capucine, tagettes, bétonias, cassis,…) nettement moins appréciés des limaces.

    Les limaces détestent le thym et l’hysope. Faites-les voisiner avec vos plantations à protéger.

    « Piégez » les limaces avec des rondelles de courges, les limaces se rassemblent dessus pour les dévorer.

    Répulsifs naturels. Les limaces détestent la moutarde, le persil, le trèfle, cerfeuil, capucine, bégonias. Profitez de ces plantes pour encercler vos plantes sensibles. Faites macérer une à deux heures les feuilles dans 10 litres d’eau et arrosez vos plantes avec cette solution.

    Voila …

    PS. Dommage, que les limaces ne savent pas lire. Nous leur ferions un petit carré. Ecriteau: A La Limace Boulotte.

    :)))

    Bien a vous tous,

  19. @ LBL,
    Sa c’est de la négociation!
    Prochainement ouverture d’un bar « à la limace gourmette » chez moi 😉

    Moi je met aussi des tranches de pommes de terre… J’vais essayer tes répulsif; ça me parait plus simple que de mettre mes jeunes plants sous cloche.

  20. Pour les BRF, un bon bouquin, De l’arbre au sol, par Eléa Asselineau et Gilles Domenech.
    Au Burkina, ce ne sont pas que les associations qui oeuvrent. Cette question du BRF intéresse l’Etat, en la personne d’Edmond Zongo, contrôleur de eaux et forêts, pour le ministère de l’environnement et du cadre de vie. S’il y a une volonté à tous les niveaux, les choses bougent. Et puis dans ces contrées, l’importance des sols et de l’eau du ciel est à l’esprit de chacun.
    Pour Frédéric : Jacky Dupéty travaillait (je ne sais où cela en est) sur un broyeur à pédales, en collaboration avec le Burkina, justement, il me semble. Nul doute que cela se fera, si ce n’est déjà le cas.

  21. Puisque plusieurs d’entre vous parlent limaces, je ne résiste pas au plaisir de faire un peu d’auto-promotion:
    http://www.cultivetonjardin.eu.org/?post/2009/04/30/Un-complexe-ferrique-naturel
    Ne vous fiez pas au titre, c’est pas du tout une pub, c’est le récit de ma saga-limaces. Ça devrait vous faire rire (et vous donner quelques clés). Je n’ai pas « éradiqué » (le mot est aussi laid que la chose) les limaces de mon jardin, je les tiens simplement en respectueuse cohabitation, ce qui n’est pas si mal.

  22. Un détail, je n’ai observé AUCUNE invasion de limaces sur le BRF, je pense que c’est trop rugueux à arpenter et pas assez tendre à manger. Alors qu’effectivement, le paillage au pied des légumes est une catastrophe dans un jardin pourri de limaces comme le mien.

  23. Enfin, je suis désolée de devoir donner tort à Flore: s’il y a de notables progrès dans les potagers individuels (plus polluants que les grandes cultures, essentiellement pour des questions de surdosage!), c’est loin d’être gagné.

    De récentes analyses en Franche-Comté « mettent en évidence une contamination des eaux souterraines et de surface par les pesticides. Non seulement en zones agricoles, mais aussi dans les zones urbanisées où prédomine un cocktail de désherbants utilisés par les collectivités et les jardiniers amateurs » (Les 4 saisons du Jardin Bio, n°192, janvir/février 2012, p.15).

    Heureusement, continue l’article, 56 jardineries ont signé une charte pour « améliorer leur fonction de conseil (…) développer l’offre produits alternatifs et diminuer la vente des (mal nommés, c’est moi qui commente) phytosanitaires »

  24. Bon, bon … 🙂

    « Satané rituel ». Je parle des voeux.

    Humblement.

    C’est la dernière fois que je les souhaite.
    Les personnes qui me connaissent, que j’aime et qui m’aime, savent très bien que je leur souhaite le meilleur, le plus beau, le plus bon, a chaque seconde, chaque jour que Dieu fait.

    Quant aux autres, je leur exprime, sincèrement, les paroles identiques, en espèrant qu’ils le deviennent. Il ne tient qu’a eux.

    Voila ….

    Bises a toutes et tous, 😉

  25. @ Mouchkine : mais non je ne vous considérais pas comme un citadin ! J’ai voulu dire que cela ne concerne pas forcément les jardins potagers parceque vous aviez cité spécifiquement les potagers personnels. Je pense que ce qui est vrai pour les jardins dits « d’agréments » ne l’est pas forcément pour les potagers. C’est aussi pour ça que j’ai parlé des « gens qui prennent le temps de faire un potager ».

  26. @Flore. Oui, je parle bien de potagers. J’en ai vu bon nombre très suspects, avec confirmation en voyant le réduit où sont rangés, pelles, pioches, arrosoirs… et pesticides. S’il y a un recul, tant mieux, mais ça existe encore beaucoup. Un « beau » potager est souvent un potager « nickel », avec rien qui dépasse. Pouaaaah !!!!! 😉

  27. Merci.

    Joli récit, Cultive ton Jardin. Merci.

    Mon ex voisin mettait un fil de cuivre. Les limaces se prenaient un coup de jus et ensuite … ben … je ne sais pas, jamais voulu savoir. Si cela se passe comme pour les vaches, c’est bon, mais si cela les tuent, c’est un génocide chaque matin.
    Mon ex voisin n’a jamais compris que cela évitait que les limaces entrent dans le carré, mais que celles qui étaient déja dedans ne pouvaient pas sortir! Trop drôle! 🙂

    Bref … Les limaces font partie de la création, donc elles ont un rôle bien a elles. Chaque être, aussi petit soit il, a droit au respect et a la vie. Les limaces étaient sur Terre bien avant nous, raison de plus.

    Bien a vous,

  28. A LBL.

    Bizard ou gégène,peut être les deux à la fois. Pas compris la blague.

    Les mollusques étant très riches en cuivre, ils ne supportent pas d’apport extérieur en sulfate de cuivre. Dilué et pulvérisé ce moyen de lutte, très efficace, n’est pas mortel pour les prédateurs. Par contre il l’est pour les mollusques. Je l’utilise parfois, mais en répulsif.

  29. Stan,

    Merci Stan. Vous qui vous y connaissez bien en répulsifs …

    N’y a t’il rien de similaire pour éloigner nos politiques?

    🙂

  30. Stan, bonsoir,

    Désolée Stan, mais si vous étiez a mes côtés, je me permettrais de vous mordre! Bonnes dents, en plus!

    Si la politique avait le « pouvoir » (vouloir) de changer ce fichu Monde, il y belle lurette que cela aurait été fait. Je n’ai rien contre ce Monsieur, ses propos sont louables, mais si rien ne suit … Rien qu’au niveau local, il est difficile de faire bouger. Alors …

    L’être humain, celui de bonne volonté, n’a nul besoin qu’on lui dise quoi et comment faire. Il n’a pas besoin de « leader »! La vraie liberté est celle çi. Et non une liberté maquillée ou d’autres décident a notre place! Les politiciens sont en majorité des affabulateurs, et ne sont pas digne de notre confiance. Les « grands » s’obstinent et leurs trouvent des excuses, alors qu’un enfant de cinq ans aurait compris qu’il ne faut plus y mettre les doigts.

    Chacun est responsable de soi et de ses actes. Et si les actes vont de pair avec le coeur, tout se passe bien.

    Stan attendez, attendez une minute … je reviens!

    Tata Thérèse vient de me souffler a l’oreille: Léa, dis leur, dis leur que les animaux n’ont pas de gouvernement et que tout se bidouille correctement!

    :)))

    Stan, merci, plus de politique, s’il vous plait, sinon j’y associerais les griffes! Et de toute façons, je ne fait pas le poids, coté arguments, et c’est tant mieux. « Mon » essentiel est ailleurs!

    Cordialement,

  31. Quelle bonne nouvelle, qui tient lieu de vœux. Difficile de faire mieux, même lorsqu’on rêve qu’on finira par juger, expéditivement, des banquiers au moindre petit spéculateur ou financier réfugié dans son paradis fiscal. Sans oublier les gouvernants, pour se faire plaisir.

    Mais actuellement, je finis le terrifiant livre “Une brève histoire de l’extinction en masse des espèces”, de Franz Broswinner, préfacé et (re)traduit par Jean-Pierre Berlan, éd. Agone.
    Les déserts d’infertilité, créés par l’homme en lieu et place de zones très riches biologiquement, sont légions. Quelqu’un sait-il si on a jamais songé à l’aggradation pour des anciennes forêts ravagées, comme le Nordeste ou le Viet-Nâm ?

    PS Tiens, mon correcteur ne lit pas Planète sans visa, il ne reconnaît pas le mot aggradation !

    @LBL : “les animaux n’ont pas de gouvernement et que tout se bidouille correctement!”. Correctement est un mot excessif, puisque c’est la loi de la jungle : mangé ou être mangé, pas un individu ne meurt paisiblement, bien peu de systèmes de solidarité, etc. La nature n’est sans doute pas un bon modèle social.

  32. Miaou,

    http://www.youtube.com/watch?v=kfXl_tdVTU4

    Un renard nourrit par la main de l’homme, sans vouloir l’apprivoiser bien sûr, va t’il encore faire craquer le cou des poules?

    Je taquine … vous avez raison. Chaque être vivant à sa place. Il n’y a que l’animal a deux pattes qui n’y est pas resté!

    🙂

    Belle journée,

  33. Trève d’anecdotes (brf), il y a des techniques beaucoup plus simple et moins coûteuses pour apporter de la biomasse dans un sol : semis d’engrais verts. Et au moins c’est faisable sans gros investissement dans un broyeur par n’importe quel paysan doté d’un semoir.
    Si vous écoutez bien les bourguignons, ils le disent eux même : le BRF c’est un éléctrochoc pour réamorçer la pompe du vivant dans un sol. Donc à réserver aux sols totalement stériles. Dans la plupart des cas en france, les engrais verts sont plus appropriés et mettre du brf serai comme utiliser un tractopelle pour faire une partie de mikados

  34. Très intéressant mais une grosse erreur…
    Le zaï comme la demi lune, est un système complexe qui utilise le ruissellement (runoff) en le transformant en report hydrique (runon) car il est composé d’une zone amont qui ruisselle (impluvium)sur une zone aval qui infiltre ce ruissellement (compluvium). La différence avec la 1/2 lune est l’apport en saison sèche d’une poignée de brindilles et pailles…
    Le cordon pierreux et la haies filtrants utilisent le runoff en le transformant en runon!!! Le zero ruissellement est une aberration!!! La brousse tigrée et tachetée repose sur le runon!!! Le runon est une irrigation naturelle/crée …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *