En attendant le black-out, tous à la bougie !

Le temps passe si vite que l’on a oublié l’hiver. Il y a une dizaine de jours, la France claquait des dents et battait des records de consommation électrique chaque soir ou presque. On attendait de vastes coupures dans les régions les plus fragiles, comme Paca ou la Bretagne. Moi, j’en ai profité pour écrire deux papiers dans Charlie-Hebdo la semaine passée, que je vous mets ci-dessous, en complément des billets précédents de Planète sans visa. Hum, on nous aurait donc mené en bateau ? Pas possible. Pas possible, n’est-ce pas ?

Les papiers de Charlie :

Notre France va-t-elle connaître un krach électrique ? À l’heure où Charlie boucle, ce n’est pas encore gagné. Mais avec un peu de chance, un vaste black-out peut bloquer d’un clic des milliers d’ascenseurs et des millions de rasoirs électriques. Merci qui ? EDF, qui promet la lumière aux benêts depuis l’après-guerre. Merci quoi ? Le chauffage électrique.

Comme c’est bien organisé ! En 1971, EDF invente le chauffage électrique. Pile poil au bon moment, car à la fin de 1973, profitant de la maladie du Pompidou et du quadruplement du prix du pétrole, les ingénieurs des Mines et leurs complices du gouvernement lancent la construction de nombreuses centrales nucléaires. Seulement, soyons pas cons, il faut penser à la suite. Produire de l’électricité, c’est bien, mais la vendre, c’est mieux. Citation de Marcel Boiteux (1), alors directeur général d’EDF, en 1973 : « Tout client nouveau qui opte pour le chauffage électrique nous amène à augmenter d’autant notre programme nucléaire ».

Boiteux, t’es chic comme tout. Le chauffage électrique a donc servi de cheval de Troie pour imposer le nucléaire à une société qui n’en voulait pas. Dans la foulée, des armées de margoulins se lancent à l’assaut. Pour les fabricants de convecteurs, les installateurs, les bureaux d’études pour logements neufs, les vendeurs de laine de verre et de placoplâtre, c’est Noël tous les matins. Une industrie de l’arnaque se met en place.

Comme on peut s’en douter, personne ne vérifie rien. Le chauffage électrique ne peut chauffer que des pièces bien isolées. Or tel n’est pas le cas des millions de logements, souvent sociaux, qui vont être royalement équipés au fil des décennies. Selon EDF même, dans sa communication interne, 50 % des logements chauffés ne respectent pas, en 1999, la réglementation d’isolation de 1977. Et les deux tiers celle de 1982. Un triomphe (2). Les proprios installent deux merdouilles avec résistance électrique, et laissent le locataire se démerder avec les factures. Les promoteurs de maisons neuves préfèrent installer quelques appareils plutôt que de payer un chauffage central, bien plus cher au départ. Les sociétés HLM, qui n’ont rien à refuser à EDF et à l’État, balancent du tout électrique dans des immeubles en carton-pâte et obligent ainsi les prolos à jongler avec l’addition.

Un exemple parmi 500 000 autres : la cité des Grands Pêchers, à Montreuil (Seine-Saint-Denis). En 1997, Bertrand et Nils Tavernier viennent y tourner « De l’autre côté du périph’ », et réveillent une putain de colère. L’hiver, les gueux grelottent et sortent jusqu’à un demi-smic pour payer une électricité qui se barre par les fenêtres et les portes. Les responsables HLM dénoncent l’attitude d’EDF, soutenue au plus haut niveau de l’État (3).

Face aux gueulantes, EDF sort une arme de destruction massive nommée publicité : la propagande Vivrélec déferle à partir de 1996 sur la France. Cela donne, dans le texte : « Vous voulez faire construire ou acheter un logement neuf, et vous réfléchissez à son mode de chauffage. Aujourd’hui, avec les nouveaux appareils, le chauffage électrique vous offre de nombreuses possibilités pour un très grand confort ». Ou bien : « Pratique et esthétique, le radiateur sèche-serviettes ». Ou encore : « Satisfaction sur toute la ligne », ce qui est, précisons-le, un jeu de mots.

Le chauffage électrique repart du bon pied. Selon les derniers chiffres officiels connus, 31 % des logements individuels et collectifs sont chauffés à l’électricité, et surtout, 80 % des logements neufs, en 2009 étaient livrés avec. Voici venue l’heure de la leçon de choses. En France, 80 % de l’électricité est nucléaire. Notons ensemble l’intelligence de ce mode de production. Un, faire garder par des hommes en armes des mines d’uranium, au Niger par exemple. Deux, enrichir le minerai et larguer les déchets où c’est possible, loin des yeux. Trois, bâtir 58 réacteurs nucléaires, en priant le bon dieu des atomes qu’aucun n’explosera jamais. Quatre, aligner de vastes réseaux de lignes à très haute et à haute tension, si bonnes pour la santé des riverains.

Compter 100 000 Km en tout. Enfin, servir bien chaud à domicile ce qui reste dans la hotte du père Noël. Comme vous le saurez en lisant l’encadré que Charlie a caché ailleurs sur cette page, il ne reste pas bézef. Est-ce au moins bon pour le climat, comme le jure EDF sur la tête de sa mère ? Benjamin Dessus, l’un des meilleurs connaisseurs du dossier électricité, rappelle que « l’Ademe et RTE (Réseau de Transport d’Électricité) ont montré que tout kWh électrique supplémentaire consacré au chauffage d’ici 2020 contiendrait 500 grammes de CO2, contre 300 pour le fioul et 200 pour le gaz ». C’est technique, très. Mais l’Ademe et RTE sont des autorités officielles. Le chauffage électrique est bien une merde.

(1) Le Point, le 30 juillet 1973

(2) In Sujets ou citoyens, par Marc Jedlizcka et Didier Lenoir (Cler)

(3) Libération, 6 décembre 1997

(4) www.terraeco.net/La-France-du-tout-electrique-est,7051.html

Un deuxième papier

Le plus con de tous les chauffages du monde

Tout le monde le sait : la France ne cesse de battre ses records historiques de consommation d’électricité. Plus de 100 000 mégawatts (MW) chaque soir, à l’heure où s’allume le chauffage électrique. Autour de 19 heures, il faut mobiliser une puissance électrique colossale. Sauf qu’on ne l’a pas en magasin : il faut en acheter 7 à 8 % à l’étranger, surtout en Allemagne. Bien souvent en provenance du charbon.

Le nucléaire qui devait nous sauver de la bougie est un bon connard de l’énergie, qui produit sans lever la tête de son établi. Comme on ne sait pas stocker l’électricité, il faut la vendre quand elle sort du tuyau. À prix cassé tout au long de l’année. Mais quand l’hiver arrive, changement de programme. Le chauffage électrique est si foldingue qu’EDF n’arrive plus à suivre.

Il y a encore plus distrayant. L’électricité nucléaire – 80 % de celle made in France – est une gagneuse. Entre l’uranium que l’on extrait de la mine et celui, enrichi, qu’on enfourne dans les centrales, on perd 14 % de l’énergie de départ. Rien qu’un début, car la conversion de la chaleur en électricité n’est que de 33 %. Tout le reste, soit 67 %, disparaît dans les systèmes de refroidissement des centrales. Fini ? Pas encore. Les pertes en ligne, le long des pylônes, ou autour des convecteurs à domicile, parachèvent le miracle. Au total, l’énergie utile n’est que de 25 % de celle de départ.

Quand tu chauffes à l’électricité nucléaire, tu perds les trois quarts en route. Question efficacité, nos bons amis de la nucléocratie ont réinventé la cheminée sans insert. Retour au Moyen Âge, avec une bougie dans le cul.

33 réflexions au sujet de « En attendant le black-out, tous à la bougie ! »

  1. Oui le radiateur électrique est l’appareil de chauffage le plus con du monde : on chauffe de l’eau par un moyen quelconque polluant et consommateur de resssources pour faire tourner une turbine avec un mauvais rendement global, ce qui donne de l’électricité qu’on retransforme en chaleur, avec un bon rendement cette fois-ci. On a enrichi EDF ou son homologue ailleurs qu’en France, le fournisseur de ressources sales et le promoteur immobilier. Et depuis quelques années, on ajoute à cette connerie le climatiseur pour faire aussi con l’été que l’hiver… Et dans la série de l’intox pour vendre du nucléaire, notre glorieux pays a sponsorisé à grands coups de crédits d’impôts la mise en place de pompes à chaleur, qui sont une catastrophe par les périodes de grand froid comme nous venons de connaître, car elles se transforment quasiment en chauffage électrique pur.

  2. bonjour

    j’ai plein de questions de jeunot né après 73.

    dans les « grandes villes » comme Paname, comment faisait on avant ? avant le chauffage électrique ?
    mon seul indice est Nestor Burma qui a découvert pas mal de cadavres dans les caves parisiennes des années 50 sous … le tas de charbon.

    La plupart des immeubles ont leur cave à charbon, non ? et après ? il avait le chauffage central ou un poêle par appart ? jusqu’à quand ont servi les cheminées dans les appartements ? on brulait du bois ?

    et le chauffage urbain actuel, il fonctionne à la poubelle cramée dioxinée, non ?

  3. @jg. Bien qu’étant né à Paris après 1973, je me souviens très bien du Bougnat qui venait livrer le charbon à ma vieille voisine, l’entreposant dans sa cave. Cela n’est plus possible, le charbon étant désormais proscrit, d’après ce que j’ai compris. Par contre, il n’est pas interdit de se chauffer au bois à Paris, mais c’est très encadré, par l’arrêté du 22 janvier 1997, notamment son article 23, dont on peut trouver des détails par une simple recherche internet. Le bémol, c’est que ce ne peut être qu’un appoint, en aucun cas l’unique ou la principale source de chauffage.

    @Anne. Le seul lien entre les deux, c’est qu’il y a des hommes derrière, donc des erreurs possibles. De là à s’appuyer sur cet exemple pour refuser le nucléaire, ça ne fait guère sérieux.
    Quant à la pseudo découverte des neutrinos plus rapides que la lumière, les scientifiques sont restés très très prudents, à commencer par ceux qui ont livré l’information. Le buzz, comme on dit maintenant, qui a été fait sur le sujet, on le doit à des journalistes à deux sous, justifiant leur bêtise par celle des autres (« si les autres en parlent et pas nous, on est cuits »; donc c’est la course au n’importe quoi). Par ailleurs, ce problème de GPS a été évoqué il y a déjà de nombreuses semaines (trois mois ?), mais ailleurs, bien sûr, pas dans les journaux hexagonaux, qui en sont encore à constater qu’ils ont du mal à vendre leurs feuilles en kiosque, sans trop comprendre pourquoi.

  4. @Hacène : Je ne le cite cet exemple que parce qu’il est d’actualité, et je ne l’ai pas attendu pour refuser le nucléaire… J’ajoute que si l’erreur humaine est une bonne raison de refuser le nucléaire, ce n’est guère sérieux de penser que serait la seule.

  5. @ jg : Etant un peu plus âgé que vous (à peine ;-), je me souviens, comme le décrit Hacène, de la terreur que m’inspirait mes descentes à la cave lorsque je devais y remplir le seau à charbon.

    En fait, il s’agissait de boules d’anthracite de la taille d’un abricot avec lesquelles nous remplissions le poêle Arthur Martin situé dans la salle à manger. J’avais environ 8 ans et le seau était lourd lorsqu’il fallait le remonter au 1er étage.

    Ce que je redoutais le plus, c’était les rencontres avec les habitants de ces abysses : les énormes rats dont même les matous de l’immeuble se méfiaient. Leurs yeux rougeoyants dans l’obscurité m’ont souvent poussé à écourter mon expédition, abandonnant lâchement seau et pantoufles dans l’escalier !

    Mais je ne dois pas être le seul ici à avoir ce genre de souvenirs…

  6. Quand les multinationales minières recolonisent l’Argentine

    par Carlos RUIZ (BASTAMAG/17 FÉVRIER 2012)

    Le boom minier en Amérique latine est à l’origine de nombreux conflits. Face à des mégaprojets qui déplacent des villages, polluent et assèchent les rivières, détruisent les forêts, des communautés locales résistent. Du Mexique à la Patagonie, elles multiplient les blocages et obtiennent parfois la suspension des projets. En Argentine, cette résistance vient d’être durement réprimée comme en témoigne le cinéaste Carlos Ruiz.

    http://www.bastamag.net/article2139.html

  7. A l’époque pas de charbon, mais du bois, 15 stères par an, que je rentrais il y a une trentaine d’année avec la brouette et mon chat qui m’accompagnait lors des allers retours.
    Maintenant toujours le bois, mais 3 fois moins, l’isolation de la nouvelle maison et des printemps plus chaud sont passés par là.

  8. http://www.lavoixeco.com/actualite/Secteurs_activites/Commerces_et_Distribution/2012/02/18/article_auchan-veut-construire-le-plus-grand-cen.shtml?utm_source=add_this&utm_medium=twitter&utm_campaign=partage#.T0XIM_X0KrU.twitter

    Gonesse, aux portes de Roissy, Auchan veut bâtir Europa City. Le plus grand complexe commercial et de loisirs au monde, avec 800 000 m² de boutiques, d’hôtels, d’activités de loisirs, une piste de ski, un parc aquatique, une salle de spectacle, et même un cirque.

    C’est un projet pharaonique qui n’a aucun équivalent dans le monde. Pas même à Las Vegas ou Dubaï.

    « Nous avions envisagé de le bâtir en Espagne, voire dans le nord de la France. Mais il fallait une ville-monde à proximité et un aéroport international capable de nous amener trente millions de visiteurs. » Ainsi parle aujourd’hui Christophe Dalstein, directeur de projet au sein d’Immochan – la filiale immobilière du groupe Auchan – et coordonnateur d’Europa City.
    AU SECOURS!!!! stoppons çà!
    C’est donc dans le triangle de Gonesse, mille hectares de terres agricoles coincées entre les aéroports Charles-de-Gaulle et du Bourget, que pourrait se bâtir, d’ici dix ans, Europa City.

  9. Hello,

    Première fois qu’il n’y a pas de ministre de l’écologie depuis 40 ans.

    PARIS – Avec le départ de Nathalie Kosciusko-Morizet du ministère de l’Ecologie pour devenir porte-parole du candidat Nicolas Sarkozy, la France n’a plus de ministre en charge de l’environnement en titre, pour la première fois depuis 40 ans, ont souligné jeudi des ONG.

    Les fonctions gouvernementales de NKM seront désormais exercées par le Premier ministre François Fillon.

    A plus tard,

  10. « Première fois qu’il n’y a pas de ministre de l’écologie depuis 40 ans »

    Des ministres de l’Ecologie comme Nathalie Kosciusko-Lorizet, l’environnement peut s’en passer sans s’en porter plus mal.

  11. Bonsoir,

    Autrefois les humains se contentaient d’un 18. Aujourd’hui, 20 suffit à peine. Les maisons avaient un niveau de plafond plus bas et toutes les pièces n’étaient pas chauffées. A présent, mezzanine, cage d’escalier laissée ouverte. Les deux degrés de différence sont ratrappables avec un pull, et de bonnes chaussettes. Mais de là a le faire, il y a un gouffre, pour certains!

    Nous aussi nous chauffions au bois. Un grand poêle dans le corridor et maman ouvrait les portes des chambrettes, avant le coucher. La maison n’était pas isolée, et le matin, les vitres étaient complètement givrées. C’était beau, mais glaçé. Nous n’en sommes pas mort. 🙂

    Mon papa travaillait dur. Il rentrait tard très le soir, parce qu’il faisait du noir, pour pouvoir joindre les deux bouts.

    Près du poêle, il y avait un sofa. Les veilles de non école, nous avions la permission d’attendre le retour de papa, pour lui faire de gros bisous. Maman, pour nous faire patienter, avait inventé un jeu. Bien au chaud, callées dans le sofa, maman derrière, et nous devant, un peu serrées, comme des sardines. Auparavant, elle s’amusait à mettre des miettes de pain, en lignes droites, sur le parquet. Elle disait alors … chuuuut, et nous ne disions plus rien.

    Nous attendions les petites souris. Et elles venaient!

    ———-

    Si tout le monde se remet a chauffer au bois, ça va pas le faire …

    Belle soirée,

  12. A propos des tarifs sociaux d’edf…(dits tarifs de première nécessité)tellement mis en avant par la télé, c’est vraiment bien peu de chose. (Il faut avoir doit à la cmu pour en bénéficier cad moins de 600 euro par mois pour une personne seule). J’ai entendu des énormités au JT récemment sur ce sujet, je me demande d’ailleurs comment on peut sortir des bourdes pareilles. Que le tarif social d’edf diminuerait de 70% la facture d’électricité ! En réalité ça ne diminue que très légèrement l’abonnement, et un peu le prix des 100 premiers kwh. Pour quelqu’un qui a un chauffage électrique, surtout dans un logement mal isolé, ça ne fait pas grand chose. Mais comme on nous sert cette tirade sur les tarifs sociaux en pleine vague de froid, ça laisse croire que les plus pauvres bénéficieraient d’une belle réduction sur leur facture de chauffage électrique,que edf si bon ! ben voyons ! De quoi alimenter un peu plus le mythe des assistés et le racisme qui va avec. Les seuls qui ont vraiment des tarifs sociaux edf dignes de ce nom sont les employés d’edf ou les retraités de la boite. Là, la différence est de taille, c’est du chauffage quasi gratos, avec (j’en connais) de fervents défenseurs du nucléaire !

  13. @ LBL : Adorable, l’histoire des miettes et des petites souris !

    A cette époque, l’imagination fertile des parents compensait largement leur manque de moyens et les esprits enfantins, pas encore colonisés par la télévision, pouvaient vagabonder à leur guise…

    Tout était magie : une sortie au cinéma, une soirée au cirque, un repas de crêpes. Il me semble que c’est cet émerveillement pour les petits plaisirs qui fait cruellement défaut aux nouvelles générations.

    Alors, recréons-le !

  14. SOFIPROTEOL : résultats 2011 en baisse, net recul du biodiesel

    Sofiprotéol, l’établissement financier de la filière huiles et protéines végétales (Prolea), a annoncé une baisse de ses résultats pour l’année 2011 avec un net recul de ses activités dans le biodiesel.

    Le chiffre d’affaires de Sofiprotéol a augmenté de 16% à 6,5 milliards d’euros mais son résultat brut d’exploitation (ebitda) affiche un recul de 17% à 250 millions d’euros. Ce résultat est inférieur aux prévisions du groupe qui avait misé sur 300 millions d’euros, a reconnu Philippe Tillous-Borde, directeur général du groupe lors d’une conférence de presse.

    Pour 2012, Sofiprotéol s’attend à une année « encore difficile ». Numéro un européen du biodiesel, Diester Industrie, filiale de Sofiprotéol, a enregistré pour la « première fois de son histoire un net recul » de ses ventes, en baisse de 21% à 1,3 million de tonnes. Cette baisse est due à la concurrence des esters méthyliques d’huile animale (EMHA) et des esters méthyliques d’huile usagée (EMHU), a expliqué le dirigeant.

    Numéro un français des huiles alimentaires via sa filiale Lesieur, Sofiproteol a annoncé que la « prise de contrôle » de Lesieur Cristal, leader au Maroc, sera effective le 10 février. En juillet Sofiprotéol avait annoncé le rachat de 41% de Lesieur Cristal pour 115 millions d’euros. Via son holding Soprol, spécialisé dans le raffinage et le conditionnement d’huiles alimentaires, Sofiprotéol en devient l’actionnaire de référence et l’opérateur industriel de Lesieur Cristal. En 2010, Lesieur Cristal a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 300 millions d’euros.

    Source : site de l’entreprise

  15. Il faut tripler le prix de l’essence.
    …..
    L’humanité a consommé autant de pétrole entre 1980 et 2000, qu’entre 1859 et 1980. « Tout ce qui fonde aujourd’hui les capacités d’adaptation de l’espèce humaine nécessite une énergie abondante », commente-t-il: chaud et froid à volonté, production industrielle et agricole, transports pour les acheminer vers les consommateurs, ainsi que les secours et aides en cas de catastrophes.

    La solution ? Réduire la consommation d’urgence, donc faire payer l’énergie au prix fort en multipliant par trois sur 15 ans la taxe sur les produits pétroliers. Le Juste prix, selon l’auteur, serait d’augmenter le litre d’essence à 3 € en 2020.

    « Jamais l’énergie n’a été aussi bon marché. Au prix du smic et à 1 EUR/litre d’essence, chaque Européen dispose de l’équivalent de 100 domestiques en permanence à son service », remarque-t-il.
    Quant au miracle énergétique qui autoriserait la fuite en avant en changeant juste de piles – nucléaire, éolien, solaire…- il l’écarte: « Aucun scientifique ou ingénieur n’en a les plans: le miracle est possible avec 50 millions d’humains. Pas avec 9 milliards dans 20 ans ».
    Jancovici.
    eh bien j’attends la multiplication du prix de l’essence avec hate, oui.
    il n’y a que çà qui pourra faire bouger les lignes

  16. @ Marie,
    Heu! Je suis bien d’accord que l’énergie n’est pas cher et qu’on ne s’en rend pas compte… Mais tripler simplement le prix, sans aider les gens… Je veux dire ceux qui ont déjà du mal, et qui ne peuvent pas s’offrir d’alternatives… Ceux qui n’arrivent déjà plus à se chauffer…On en fait quoi des gens qui n’ont pas les moyens de l’alternative et qui ne demande pas mieux?

  17. Sancho, bonsoir,

    Tout était magie : une sortie au cinéma, une soirée au cirque, un repas de crêpes. Sancho, pas le cirque! 🙂

    Sancho, je me suis trompée, l’attente des petites souris, c’était sur la table de la cuisine. Le sofa, était réservé a un autre jeu.

    Alors, recréons-le ! OUI!

    Nous savions nous contenter de peu. Et pas malheureux du tout.
    Nous étions plus dehors que dedans. Tout les samedis, les fêtes aux villages, réunissaient les voisins. Tous se connaissaient.
    La venue de la télé a éloignée les humains les uns des autres. Le progrès?

    Internet, les rapprochent, mais comment? Pour exemple. Face bouc, il y en a qui ont 500 amis, qu’ils disent … ^^

    Sancho, savez vous ce qu’est un vrai ami? J’éspère ne pas l’avoir déja dite sur ce blog.

    Un vrai ami c’est,

    Une personne que vous appelez très tard le soir, en disant: J’ai tué quelqu’un … Un vrai ami répond: bouge pas, j’emmène la pelle!

    C’est pour rire … :)))

    Bien a vous,

  18. Les centrales nucléaires n’apportent qu’une contribution négligeable à la lutte contre le changement climatique.

    Le tout premier risque à combattre de toutes nos forces reste le risque d’accident nucléaire majeur, car comme le disait Roger Belbéoch, c’est avant qu’il faut agir ; après il n’y a qu’à subir. Si l’accident de Fukushima ne nous a pas encore appris cela, c’est à désespérer de la nature humaine.
    Ce risque d’un accident majeur n’est plus écarté, même officiellement. André Claude Lacoste, le patron de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, nous le rappelait en 2011. Ce qui semble être une évolution majeure dans la doctrine de cet organisme. Du moins officiellement, car on savait que des plans spécifiques de crise post-accidentelle se préparaient déjà dans les coulisses du pouvoir.
    Et on ne parle pas ici des autres inconvénients majeurs de la poursuite de l’exploitation du nucléaire civil, suffisamment bien connus et documentés pour prétendre de les ignorer : le stockage et la gestion de déchets radioactifs pour l’éternité.
    Pour donner la mesure de ce fléau rappelons qu’il suffit d’une dose de 30 microgrammes d’oxyde de plutonium pour obtenir une dose létale. Avec ses 11 tonnes de plutonium issus chaque année de notre parc de réacteurs, la France dispose à elle seule de quoi anéantir la moitié de l’humanité chaque année. Alors que notre pays ne dispose « que » du huitième du nombre de réacteurs en activité dans le monde.
    On ne sait toujours pas vraiment quoi faire de ce plutonium (à part des bombes).
    En ce qui concerne la lutte contre les changements climatiques, les acteurs de la filière nucléaire, AREVA et UMP en tête, nous ressassent depuis une quinzaine d’années que leur activité est l’une des meilleures réponses pour éviter d’aggraver la situation. Voyons cela de plus près.
    L’humanité consomme (puise dans la nature) chaque année 142 PWh (un PetaWattheure égale mille milliards de kWh) d’énergie primaire, toutes sources confondues. Avec un rendement de 69 %, nous consommons en réalité 98 PWh d’énergie finale. Le reste, soit 44 PWh, est perdu.
    Dans ces 142 PWh, 55 PWh sont consacrés à produire de l’électricité ; 55 PWh d’énergie primaire avec laquelle on n’obtient que 20,2 PWh d’électricité avant distribution, soit 16,8 PWh d’électricité finale distribuée ; ce qui représente un rendement de 30 % seulement sur l’ensemble de la chaîne, hormis l’(in)efficacité des appareils électriques eux-mêmes.
    Il est à noter que le résultat du poids des pertes occasionnées par la production et la distribution de l’électricité dans le total des pertes occasionnées par notre consommation d’énergie est tout à fait remarquable : 38 PWh perdus sur un total perdu de 44 PWh.
    Une fois posée cette grande inefficacité du système électrique, voyons quelle est la part du nucléaire dans celui-ci : sa production ne représente que 13,5 % de l’électricité totale consommée dans le monde (2,3 PWh sur un total de 16,8 PWh).
    Sachant que, comme nous l’avons vu plus haut, l’électricité ne pèse que 17 % (16,8 / 98 PWh) de l’énergie finale consommée, l’électricité d’origine nucléaire ne représente que 2,3 % (2,3 / 98 PWh) de l’énergie finale consommée par l’humanité.
    Si, en plus de ce constat, on considère le fait que la part de la production d’énergie ne représente qu’environ la moitié de la totalité des émissions de gaz à effet de serre (GES) par l’agriculture, l’industrie, etc, cela vous donne une idée de la part insignifiante de la contribution du nucléaire au règlement du problème du dérèglement climatique.
    Les leviers d’action pour lutter contre le risque induit par les GES d’origine humaine sont très nombreux ailleurs que dans la production d’électricité.
    On ne traite pas un problème de cette ampleur en perdant de vue que 98 % de la solution est ailleurs : déforestation, agriculture intensive, étalement urbain, régime alimentaire hyper carné, hypertrophie du réseau routier et délaissement des transports en commun et du frêt ferroviaire, incitation à l’hyperconsommation de toutes sortes de gadgets, de produits surgelés ou à contre saison, etc…
    Se focaliser sur la seule production d’électricité n’est qu’un moyen commode pour ces producteurs de perpétuer leur pouvoir et la consécutive domination que cela leur permet d’exercer sur la société et les citoyens.
    Un fait devrait nous interpeller : que ce soit toujours et partout la droite, toute la droite, qui plaide en permanence pour le nucléaire (même si nous avons en France une anomalie génétique majeure avec le PC et une bonne partie du PS) ?
    N’est-il pas temps de dénoncer avec force la mascarade et l’usurpation d’un combat pour la défense de l’environnement que n’a jamais été celui des tenants de l’atome ?

  19. Sur le prix de l’essence : C’est bizarre, c’est le meme argument en Inde. Le gouvernement s’obstine a subventionner l’essence, l’electricite, le gaz, au nom des pauvres ! Sauf que les vrais pauvres n’ont ni gaz ni electricite ni voiture ni moto… et que le prix du ticket de bus, moins subventionne que les autres vehicules en proportion, ils le payent a plein tarif. Reduire sa dependance a l’energie serait-il devenu un acte revolutionnaire ? Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il y a de la marge: Les 10% d’Indiens les plus riches consomment moins d’energie que les 10% d’Americains les plus pauvres. http://www.indiaenvironmentportal.org.in/reports-documents/richest-indians-emit-less-poorest-americans

    D’ailleurs je viens de passer 4 jours dans un « resort » (genre d’hotel champetre) a la mode dans les Himalayas. 4 degres dehors, a peine 8 degres dedans. Pas chauffe ! Un peu dur au depart mais on s’y fait… Et on savoure le cafe au soleil du matin !

  20. Arf! les souvenir « charbonneux »

    Gosse ayant vecu dans une cabane sur le plateux de Dortan dans le Jura, sans electricité, avec la remise à charbon à coté, ou d’ailleurs… au milieu des souris et quelque squatters à poils, où on allait aussi… chier quand le froid gelait trop les miches dehors.

    En parlant de téloche, le seule luxe de la femme admirable qui me gardait c’était sa petite télé sur batterie, dont je me faisais une fierté d’aller la faire recharger chez le garagiste à l’aide d’une petite cariole.

    Il quelque année j’ai revue avec émoi cette cabane, toujours là, avec le ruisseau en contrebas, ou on allait casser la glace.

    Seuls les cyclamens on gardé la mémoire de ces jours si durs, mais si heureux.
    Elle ne s’applelait pas Thérèse, mais Rose.
    « LA Rose »

  21. Coucou,

    Merci, grand Merci.

    Les petites anecdotes.
    J’aime le vécu.
    Même avec l’odeur de la naphtaline.
    Ce n’est pas de la nostalgie et il est toujours bon de se souvenir de ces moments joyeux et très fort en amour.

    Nous étions les derniers du quartier a avoir la télé. Un truc immense, avec une fente ou il fallait mettre 1 franc pour que ce machin fonctionne. Pour la rembourser.

    Belle soirée,

    Je n’ai pas lu le livre de Fabrice, pas encore …

    Mais cette Tata Thérèse, je l’aimais, je l’aime et je l’aimerais.

    🙂

  22. les écolos sont ils des écolos? où des petits individualistes? arrivistes? quand le coeur ne se montre pas où est la différence avec les autres?

  23. Coucou, Marie, bonsoir,

    🙂

    Ne sais pas si j’ai tout saisi.

    Le mot écolo ne veut plus rien dire. Humain, tout court, OUI.

    Belle soirée, Marie.

  24. Jusqu’à présent, on n’extrait pas le minerai avec des engins électriques, ou pas 100% électrique.
    C’est la même chose pour les forces du désordre, absolument nécessaires pour protéger les réacteurs, qui se meuvent en véhicules à moteur thermique sur terre ou dans les airs.
    Même si les hydrocarbures interviennent faiblement dans la production électrique nucléaire (et encore, il faut l’estimer – peut-être est-ce déjà fait), cette filière est dépendante du pétrole. Et à l’heure du pétrole cher, soit elle s’arrêtera, soit elle accentuera le problème en nécessitant d’accaparer une part constante dans un flux en diminution. C’est donc une fausse solution.

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