Pierre-Emmanuel Neurohr, prisonnier politique écologiste

Publié dans Charlie-Hebdo du 3 octobre 2012.

C’est un cinglé, mais dans ce monde de tarés, il n’y en aura jamais assez. J’ai connu Pierre-Emmanuel Neurohr il y a quinze ans, quand il s’occupait de déchets, et d’ordures, nombreuses on le sait. Après avoir travaillé pour Greenpeace, il avait créé une petite association, qui foutait le bordel à propos des incinérateurs, entre autres. Et puis il était parti à Bruxelles, puis à Prague, puis je ne sais où. Je me souviens d’une discussion longue avec lui, sur la dioxine, et la malignité des autorités françaises de l’époque, manipulées comme à l’ordinaire par les lobbies de l’industrie. Il avait les yeux et la voix de celui qui ne lâche pas. Il n’est visiblement pas du genre à lâcher.

Et voilà qu’il est en taule. À la Santé. Depuis le 7 septembre. Ça me paraît si incroyable que je me pince. Mais comme je viens d’avoir son avocat, Alexandre Faro, au téléphone, il faut bien s’y faire. En taule, en attendant un procès. Et il va mal, car il fait partie de ces étranges qui n’aiment pas être encabanés. À 44 ans, sans boulot, sans place dans le si magnifique édifice social, Neurohr a cramé ses vaisseaux.

Qu’a-t-il fait ? À cinq reprises depuis ce printemps, il est allé ouvrir à la pince coupante un grillage de cette saloperie d’aéroport de Roissy. Et puis il s’est avancé sur le tarmac, avant de se pointer devant le nez d’un long-courrier, les bras grands ouverts, pour arrêter la bête. Condamné une première fois en juillet, il a récidivé le 5 septembre, et cette fois, une jugesse a considéré « le risque qu’il fait courir aux usagers ». Cellule.

Que veut donc ce terroriste ? À la différence de tous les clampins qui parlent du dérèglement climatique sans vouloir rien changer de leurs conneries d’habitudes, Neurhor a décidé d’agir. Pour lui – et pour moi de même -, la crise climatique est la mère de toutes les batailles. Nos civilisations reposent, depuis l’origine, sur une relative stabilité des cieux. Sans la régularité des saisons et des pluies, pas de Pharaons, pas d’Athènes ni de Platon, pas de Rome ni de Cicéron, pas de France éternelle de Dunkerque à Tamanrasset. Neurhor n’hésite pas à rapprocher la folie ambiante de l’attitude générale, en son temps, face au grand massacre nazi des Juifs. Non seulement ce n’est pas futé, mais c’est de toute manière on ne peut plus inaudible. Les oreilles capables de seulement entendre cela n’existent pas.

Ce n’est pas une raison pour ne pas réfléchir. Un James Hansen, directeur de l’Institut Goddard d’études spatiales de la Nasa, grand lanceur d’alerte devant l’Éternel, a connu la geôle en 2009 pour avoir manifesté contre un projet de mine de charbon.  Pour lui et quantité d’autres – un énième rapport du Giec, angoissant, est prévu en 2013 –, la situation n’est pas loin d’être hors de contrôle. Et tout le monde s’en contrefout.

Or, rappelle Neurhor, nul sur cette Terre ne devrait émettre plus de 1,5 tonne de gaz à effet de serre par an. Si l’on s’en tient du moins à cette bluette passée selon laquelle nous sommes tous égaux. Et si l’on entend au moins stabiliser ces émissions qui ruinent toute chance d’un avenir humain. Un aller-retour Paris Montréal représente environ 2 tonnes de gaz. 11 000 Km de bagnole de chez nous, pareil. C’est chiant ? Oh, archichiant, car cela remet en cause tout ce qui a été construit si péniblement depuis 1789. La liberté de l’individu. Le droit de circulation et de mobilité. Surtout, ne faites pas chier : je ne propose évidemment pas d’affronter la liberté, ce point cardinal. Je suggère de penser, dans la liberté. Ça aussi, ç’est très emmerdant.

L’avocat de Neurhor : Alexandre Faro, 26, place Denfert-rochereau, 75014 Paris. Courriel : cabinet@faroetgozlan.com

Le machin de Neurhor : http://parti-de-la-resistance.fr

Écrire à Pierre-Emmanuel Neurohr :

écrou n° 21032
cellule 104, Bloc A
Maison d’arrêt
42 rue de la Santé
75674 Paris cedex 14

25 réflexions au sujet de « Pierre-Emmanuel Neurohr, prisonnier politique écologiste »

  1. Un homme agit pour préserver les équilibres de la vie sur terre. On l’emprisonne.
    Des gens très haut placés piétinent ces équilibres, nous chantent des berceuses. En toute liberté.
    Un homme incarcéré en raison du « risque qu’il fait courir aux usagers ».
    Des gens rémunérés en proportion du risque qu’ils font courir à l’humanité.

    Dans le même registre…
    Une association préserve des graines pour nourrir le monde (Kokopelli). On lui interdit de poursuivre son activité.
    Des multinationales empoisonnent le monde. Les yeux fermés, on leur donne les autorisations nécessaires.

    Frédéric

  2. Tout à fait d’accord avec Frédéric.
    Autre chose, la sortie prochaine d’un film qui me semble devoir être soutenu, à propos du sort des animaux dans notre société :
    A.L.F. soit Animal Liberation Front ; je vous invite à aller voir là : http://www.alf-lefilm.com/
    Cordialement
    fabienne

  3. Voila le proces le plus interessant depuis vraiment lontemps, et dont les arguments meritent d’etre retranscrits dans tous les media ! On ne peut reprocher a Neurohr ni sa malhonnetete, ni son inconscience, ni son incivisme, et surtout pas la raison pour laquelle on l’a mis en prison: Il ne faisait courir de risque a personne, ni a lui-meme ni a autrui, mais au contraire a donne de lui-meme pour contenir, de sa propre initiative et a ses propres frais, un risque avere. Voila une question qui merite l’attention, sur laquelle chacun devrait prendre position. De mon point de vue, meme si je ne peux pas reprocher aux gens de prendre l’avion pour aller en Inde, par exemple, car pour des raisons geo-politiques clairement identifiables le train France-Inde ne risque pas de voir le jour bientot, et les paquebots n’existent plus (et seraient surement exorbitants), je ne peux m’empecher d’admirer Neurohr pour avoir ainsi fait exploser notre contradiction sans commettre lui-meme aucune faute.

  4. Il y a un precedent recent, en Inde, ou un individu seul a reussi a forcer le gouvernement a, on ne peut pas vraiment dire, « respecter ses propres principes », mais en tout cas, a restaurer un semblant de coherence. En tout cas, ca a donne lieu a un debat national.

    Il s’agit de G. D. Agrawal, ingenieur celebre et l’un des fondateurs des I.I.T. en Inde, qui a fait quatre greves de la faim illimitees depuis 2008. Le gouvernement a finalement accepte une sorte de compromis sous la forme d’un moratoire sur la construction de barrages hydro-electriques dans les Himalaya, afin de laisser un « flot environemental minimum » couler dans le Gange. C’est tres vague bien sur mais le fait est que certains projets sont arretes a ce jour.

    Un autre rapport entre Agrawal et Neurohr est le suivant: Agrawal ne prends jamais l’avion (en tout cas depuis qu’il est revenu de l’universite de Berkeley), meme quand cela l’empeche de participer a des reunions ou sa presence est jugee indispensable.

  5. Dans le précédent article, il était question d’une « idée folle » pour bien commencer l’année.
    Ici, nous sommes en présence d’un « cinglé » au service de l’intérêt général.
    L’anormalité serait-elle le levain d’un monde nouveau ? L’inadaptation au monde contiendrait-elle les prémices d’un changement de société ?
    L’espèce des fous regroupe plusieurs types d’individus. Parmi eux, les idéalistes inadaptés et les psychopathes hyper-intégrés.
    Dans la première catégorie, on retrouve les doux rêveurs, les désobéissants, les insoumis, les résistants, les hyper-trophiés du bien commun, les obsessionnels de la vie, les hyper-sensibles.
    Parmi les psychopathes, nous avons des pervers dangereux qui alimentent les colonnes des faits divers, mais pas seulement. Il y a également des gens tout à fait policés, calmes et sereins en toutes circonstances, bons pères de famille soumis à l’autorité, ayant tous les diplômes et les statuts qui donnent une reconnaissance sociale. Les hyper-trophié(e)s du retour sur investissement, les raisonneurs qui savent raison garder, les obsessionnel(le)s du compte de résultat, les forcené(e)s des machines à détruire, les adeptes applaudis de la banalité du mal…

    Etre adapté à un monde malade m’inspire bien des inquiétudes, aussi bien pour l’état de santé de la personne que pour celui du monde.
    Continuons de semer nos grains de folie douce, qui sait quelles moissons seront à venir.
    Frédéric

  6. Il est pourtant bien évident que c’est Pierre-Emmanuel Neurohr qui est libre d’une dépendance à un monde de conso devenu fou.

    Liberté = question de nature axiologique
    Interdépendance et autonomie = questions de nature socioiologique.

    Tant que tout le monde mélangera ces deux sphères axiologique et sociologique, ce sont ceux qui dans le « main stream » sont capables des pires audaces qui gouverneront le monde; le plus bizarre à l’évidence étant qu’ils ne se gouvernent même pas eux-mêmes!!!

  7. cette lettre ouverte de chercheurs internationaux étude Séralini http://independentsciencenews.org/wp-content/uploads/2012/10/Seralini-and-Science-fr.pdf

    … »L’étude de Séralini et l’attention médiatique qui en résulte font ressortir des difficultés
    fondamentales qui se posent à la science dans un monde de plus en plus dominé par
    l’influence des grandes sociétés. Malgré leur importance pour la science, ces questions
    sont rarement abordées dans les milieux scientifiques. »…

  8. En cette période de migration des oiseaux, je scrute régulièrement le ciel, espérant apercevoir ici un milan royal, là une cigogne noire… mais que voit-on le plus souvent, laissant de longues traînées blanches dans l’azur : le ballet incessant des aéroplanes, parfois une dizaine visibles en même temps: j’habite pourtant en pleine campagne !
    Je n’ai jamais eu l’occasion de prendre l’avion moi-même.
    Mais, désormais, à la simple vision de ces appareils, j’aurais une pensée pour ce monsieur, et son action courageuse contre l’absurdité ambiante.

  9. Peut-être qu’il aurait pu mieux choisir son avion, en ciblant les Falcone dont les ministres se délectent actuellement pour assister à des conférences à la con qui ne servent à rien, si ce n’est pour se montrer.

    Le combat contre les avions de ligne est perdu d’avance. Le vrai combat aujourd’hui, c’est la lutte incessante et quotidienne contre le consumérisme et son fournisseur officiel, qu’on appelle  » la croissance ».

  10. Chacun trouvera que Neurohr aurait pu mieux choisir sa cible ! Moi j’aurais prefere qu’il cible les lignes aeriennes pour lesquelles existe une alternative comme le train ou le car, d’autres auraient prefere qu’il choisisse les avions d’affaires ou prives… En fait chacun a une « bonne » raison de prendre l’avion: Je parie que la plupart des ministres ne verront pas d’objection a prendre le train si on les y oblige: Cela ne fera que reduire le nombre de reunions auxquelles ils participeront. Pareil pour les consultants, surtout si ils facturent a leur clients la duree du voyage en honoraires. En fait Neurohr pose une question claire, qu’on ne peut pas esquiver en pointant « les autres » du doigt. Peu de gens sont de la trempe de G.D. Agarwal, qui a toujours refuse de voyager autrement qu’en train en deuxieme classe, et qui refuse poliment les demandes (meme necessaires, meme prestigieuses, meme grassement payees) des gouvernements, entreprises ou ONG a participer a des reunions ou seminaires lorsque son agenda ne lui permettait pas ou lorsqu’il n’y avait plus de places en train.

  11. Vu sur son site :

    Ecrire à Pierre-Emmanuel Neurohr :

    écrou n° 21032
    cellule 104, Bloc A
    Maison d’arrêt
    42 rue de la Santé
    75674 Paris cedex 14

    Soutenez-le ou racontez-lui vos vacances, mais n’insistez pas sur le sujet qui l’a amené là, car tous les courriers sont lus par l’administration pénitentiaire et ceux jugés sensibles passeront devant le juge ce qui ralentit d’autant leur progression vers l’intéressé…

    Pour faire parvenir votre soutien financier :
    merci d’envoyer un chèque à l’ordre de Pierre-Emmanuel Neurohr
    à l’adresse suivante :
    Parti de la Résistance
    5, rue du Château d’Eau
    57370 Phalsbourg

  12. D’avance, excusez-moi pour ce commentaire hors-sujet. Mais l’est-il vraiment ? Hors-sujet du monde aveugle et sourd, probablement. Mais pas hors-sujet de ce bel espace sans visa.
    Je le publie en deux parties, j’ai été un peu long. Pas pu faire autrement.

    Marine Richard est une amie qui m’est précieuse.
    Elle est électro-hypersensible.
    Un jour, j’ai rencontré ses mots, sa voix si douce, le monde à travers son regard. Elle est devenue une part de moi.
    Elle vient d’envoyer une lettre ouverte à François Hollande. Un cri d’ultime espoir ou de désespoir ou les deux à la fois. C’est ici :
    http://www.robindestoits.org/LETTRE-OUVERTE-d-une-EHS-a-Francois-Hollande-President-de-la-Republique-Francaise-11-10-2012_a1785.html
    Elle a aussi écrit un témoignage que l’on peut télécharger gratuitement ou commander en version papier. Ce n’est en rien macabre ni plaintif. C’est un souffle de vie qui ne veut pas renoncer, c’est la flamme d’une lumière qui refuse de s’éteindre. C’est un miracle d’écriture, d’humanité. C’est là :
    http://souslondee.blogspot.fr/

    Insensiblement, l’électro-hypersensibilité vous arrache de la condition humaine. C’est une onde qui vous noie. Vous avez beau agiter les bras, lancer des appels au secours, la vague recouvre tout. Personne pour vous entendre, personne pour vous voir ou si peu, si rarement.
    J’en ai vu, des gens haut placés, maire, vice-président, député, conseiller… J’en ai écrit des lettres à des responsables-mais-pas-coupables. Et des messages un peu partout. Je pourrais les rassembler dans un recueil. Son titre est tout trouvé : Lettres mortes…

  13. J’en ai entendu, des réactions :
    – « Les EHS ? Ce sont des cinglés. » On voit un reportage à la télé ridiculisant quelqu’un qui hurle sa douleur et voilà, on se forge un avis, on ne cherche pas plus loin. La télé a gagné son pari : lobotomiser les cerveaux. On se demande qui sont les cinglés.
    – « Il faut faire d’autres études scientifiques, nous devons attendre, être sûrs avant d’agir ». Attendre quoi ? Que mon amie soit morte ? Que des milliers d’autres succombent ? Que des millions deviennent EHS ? On ne sait plus voir avec ses yeux, avec son cœur, la détresse infinie ? On ne sait plus lire les milliers d’études qui prouvent déjà la morbidité des ondes pulsées ?
    – « Les zones blanches ne sont pas une priorité, il faut combattre la fracture numérique, c’est une question de justice sociale. L’impossibilité d’être relié au monde par smartphone est un isolement social insupportable. » Ah, les bien-pensants de la gauche du progrès technique et social. Et l’isolement des personnes EHS, terrées dans des caves, des forêts perdues, des grottes, pour survivre ? Et la perte de tout ce qui fait une vie, ses amis, sa famille, son travail, sa santé ?
    – « Vous avez un a priori contre les technologies nouvelles. » La personne qui m’a sorti ça un jour est la même qui appelle de ses vœux le déploiement de la nouvelle technologie 4G sans se soucier de l’absence d’études d’impacts. La même qui se félicite des progrès techniques créateurs de croissance et d’emplois sans s’interroger une seconde sur les effets sanitaires. On se demande où sont les a priori.
    – « Il y a une demande de la population que nous devons satisfaire. » C’est une responsable politique qui parle ainsi. J’ignore si la population a demandé à faire le boulot de cobaye. J’ignore si moi-même je fais partie de la population alors que je subis ce que je refuse. J’ignore si un politique doit s’incliner devant n’importe quelle demande et si d’ailleurs il prend en compte un seul instant ce que demande la population quand cela ne l’arrange pas. Ce que je sais, c’est que cet argument, comme les autres, sont une honte de notre civilisation. Une non-assistance à personne en danger.

    Dans ce néant de la pensée et de l’humanité, parfois, quand même, un regard qui s’ouvre, une main qui se tend. Un souffle, enfin.
    Ce souffle qui peut-être, évitera aux frères et sœurs humains d’étouffer. La vie de Marine tient à si peu qu’un signe, même infime, de notre part, peut lui venir en aide.
    L’humanité n’est pas loin d’étouffer. Au moins, préservons ce souffle en nous. Ce même souffle qui, peut-être, nous sauvera à notre tour.
    Frédéric

  14. Je comprends tout à fait l’action de Pierre-Emmanuel Neurohr… d’autant plus que, lorsqu’on a épuisé tous les moyens légaux de se faire entendre et d’obtenir que les choses bougent, que peut-on faire?…
    Je ne peux, toutefois, que repenser aux paroles de Jean-Marie Müller, entendues cet été : la désobéissance civile, pour être efficace, ne peut être qu’une action COLLECTIVE, organisée dans la durée pour exercer une pression (exemple : les faucheurs volontaires). C’est bien toute la difficulté de l’action : réunir une minorité significative…

    Je cite J-M. Müller :
    « Il ne suffit pas que l’action de désobéissance civile soit justifiée, elle doit être efficace. En tant qu’action politique, la désobéissance civile est une initiative collective et organisée visant à exercer sur les pouvoirs publics une
    pression qui les oblige à rétablir le droit. »

    Pour « créer un rapport de force qui oblige les décideurs politiques à céder à leurs revendications, (…) le nombre des réfractaires est un facteur décisif. »
    « Ce qui donne à une action de désob.civ. toute sa force, c’est le nombre de ceux qui s’y engagent. La multiplication des arrestations et des procès peut être le meilleur moyen d’embarrasser les pouvoirs publics et de les obliger, en fin de compte, à satisfaire les revendications du mouvement de résistance. »

    Dans cette perspective, l’action individuelle de Pierre-Emmanuel Neurohr, quoique justifiée et non-violente, qu’on peut comparer à l’action de Jean-Pascal dans l’Hérault au printemps dernier (qui a abouti à son internement psychiatrique), est une erreur…

  15. C’est fou cette histoire de Jean-Pascal interne en hopital psychiatrique pour « trouble a l’ordre public » ! Je n’etais pas au courant ni de cette histoire ni de la loi Sarkozy. Alors comme ca Sarkozy nous aura rapproche du Stalinisme. Et apparemment la police n’a pas eu trop de mal a trouver des medecins, des gens qui ont fait des annees d’etudes, qui ont fait devant temoin le serment d’Hippocrate, pour avaliser cet internement ! Parceque instrumentaliser un hopital psychiatrique pour s’en servir de prison, c’est du pur Stalinisme !

    Maintenant, combien de temps Hollande va-t-il attendre pour revoquer cette loi neo-Stalinienne ?

    (sinon, je ne suis pas en mesure de critiquer Neurohr pour etre seul. Je ne l’ai pas rejoint. Si je l’avais rejoint, je pourrais le lui reprocher. Mais alors il n’aurait pas ete seul. On est parfois seul a avoir raison, malheureusement)

  16. Je ne connais pas Pierre-Emmanuel, Jean-Pascal et les autres, anonymes, enfermés ou internés pour trouble à l’ordre public. Sont-ils brindezingues, maboules, ont-ils perdu la boussole ? Qui peut en juger et avec quels critères ?
    Qui a perdu contact avec la réalité, avec le monde sensible, avec la terre ? Qui compromet la sûreté des personnes ? Qui porte atteinte, de façon grave, à l’ordre public ? Des individus qui tentent de défendre le bien public, coûte que coûte, avec leur énergie du désespoir ? Une société de forcenés qui bousillent les derniers arpents de terre habitable ?
    Loin de moi l’idée de faire l’apologie de la folie quand elle est une déchéance.
    Mais de quelle folie parle-t-on ? Qui sont ces fous, nommés ainsi par les gens raisonnables ? A partir de quand passe-t-on du statut de malade mental à celui de résistant ? Combien faut-il de gens avec soi pour être audible ?
    L’Union Soviétique n’a pas le monopole de la psychiatrisation pour envoyer des gens en prison, comme le souligne Laurent.
    Sans doute avons-nous perfectionné le système de façon à ce qu’il soit admis par le grand nombre.
    J’évoquais plus haut le cas des personnes hypersensibles aux ondes des antennes-relais, des portables… Il semble qu’elles dérangent les tenants du progrès technique. Là aussi, il s’agit de les faire relever de la psychiatrie. Des individus qui seraient finalement responsables de leur handicap. L’étude clinique lancée en février 2012 sur les EHS part directement de ce présupposé. Qui a entendu parler de cette psychiatrisation des handicapés technologiques ? Des médecins se prêtent à cette mascarade, des médias ont présenté ce dispositif comme un progrès et on est passé à autre chose… Tout va très bien.
    Dans les années 60, Stanley Milgram avait mis au point une expérience pour évaluer le degré d’obéissance d’individus à l’autorité qu’ils jugent légitime, alors même que l’ordre donné est contraire à leur morale.
    Et si ces fous qui gênent refusaient, à leur manière, toutes affaires cessantes, d’exécuter l’ordre qui met en péril leurs prochains, de se soumettre à une autorité qu’ils jugent illégitime ?
    Frédéric

  17. A Frederic Wolff,

    Les EHS tout le monde s’en fout vu le rythme effréné auquel la masse s’adonne aux joies du WiFi, du 3/4/5 G, du micro-ondes, du DECT, du bluetooth. Je compatis d’autant plus que je partage la vie d’une intoxiquée aux métaux lourds, pathologie tout aussi peu reconnue. Ces métaux ingurgités de force par les amalgames dentaires, les vaccins, les conservateurs médicamenteux, et bien d’autres choses rigolotes dont nous imbibe la chimie pharmaceutique et pour lesquelles le choix ne nous est pas donné.

  18. Daniel,
    Métaux lourds et micro-ondes pulsées, deux fléaux qui nous empoisonnent lentement et qui se conjuguent pour décupler leurs effets.
    Qui n’y est pas soumis de près ou de loin ? Qui y est insensible ? Personne.
    Et pourtant, « tout le monde s’en fout » ou presque. Un effet secondaire des poisons chimiques et technologiques, réduisant à néant la pensée critique ?
    Que faire à part lancer l’alerte et dire non ?
    Frédéric

  19. Depuis quelque temps je me demandais ce qu’était devenu Pierre-Emmanuel Neurhor, et j’en suis retournée de le savoir en prison. Je l’ai connu à l’époque où il déménageait son asso, le CNIID, de son appartement au premier local.
    Je l’ai rencontré en 95- 96 à l’occasion d’ une recherche universitaire sur l’effet de serre et à l’époque, les têtes pensantes de mon UFR regardaient cela avec une distance ironique. On n’allait pas remettre en cause l’utilisation massive de la bagnole et le fait de bouffer de la bidoche à cause d’un gaz qu’on ne sent pas, qu’on ne voit pas, et qui aurait des effets de fin du monde!
    Cette année 2012, plus personne ne peut nier le changement climatique, les fruitiers, même les légumes ne poussent plus comme d’habitude.
    PEN a cette qualité d’être fortement obstiné qui lui a servi à créer le Centre national d’information indépendante sur les déchets envers et contre tout, mais qui l’amené aussi à se faire larguer par le collectif; même si c’est lui qui a raison, et il n’est pas seul à penser qu’il faut arrêter les avions. Premièrement arrêtons Notre -Dame-des-Landes, et la construction des Airbus.
    Les gens qui vont prendre des billets d’avion sont ceux qui profitent d’un système mortifère.
    Allez voir le site des Amis de la terre, c’est le prix pinocchio et la pétition contre les Crado40

  20. Et pendant que France Culture nous dit qu’internet est une poubelle, je vous invite à lire le dictionnaire des gros mots téléchargeable gratuitement sur le site du CNIID.

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