Que le Luxembourg aille se faire foutre

Paru dans Charlie-Hebdo du 24 octobre 2012

La centrale nucléaire française de Cattenom est à 10 kilomètres du Luxembourg et de l’Allemagne. Et elle est si dangereuse que les officiels des deux pays réclament sa fermeture. Mais la France d’EDF, Areva et Montebourg s’en contrefout.

Ami lecteur, as-tu entendu parler de Cattenom ? Si oui, tu es Luxembourgeois. Sinon, ouvre grand tes oreilles. En 1978, au moment où un vieux jeton appelé Raymond Barre règne à Matignon, la France décide la construction d’une centrale nucléaire à Cattenom (Moselle). Le lieu choisi est idyllique, car il a abrité jusqu’en 1940 une caserne de l’imprenable ligne Maginot. Le lieu est admirablement européen, car la frontière avec le Luxembourg est à 12 km, et celle avec l’Allemagne à 10. Et Metz n’est jamais qu’à 40 bornes, ce qui n’est rien pour un courageux panache radioactif français.

D’autant moins que Cattenom merde. Dans les grandes largeurs, sans que les gazettes bien élevées de Paris et de Navarre n’en informent leurs lecteurs, sans doute pour d’excellentes raisons. Au cours de la seule année 2012, les tranches de Cattenom – il y en a quatre – ont connu un nombre d’arrêts forcés croquignolet. En février, on découvre l’existence de sérieuses merdouilles sur les tuyauteries des piscines où mijote le combustible irradié. Plus chiant encore : ces défauts existaient depuis trente ans, sans avoir jamais été détectés. En mars, arrêt automatique de la tranche 2, à cause d’une vanne déconneuse. C’est la troisième fois depuis janvier qu’une tranche est obligée de déclarer (provisoirement) forfait. Le 30 septembre, nouvel arrêt. Le 15 octobre, il y a quelques jours, les tranches 3 et 4 sont stoppées à la mimine à cause d’un tambour défaillant, qui permet d’utiliser l’eau de la Moselle pour le refroidissement de la centrale. Comme un troisième réacteur est lui aussi à l’arrêt – programmé -, il n’en reste alors plus qu’un seul en service. Le triomphe.

Du côté des voisins, on tire la tronche depuis les origines de Cattenom, toutes tendances politiques confondues, mais cette année aura été l’une des plus folles. Car Luxembourgeois et Allemands ne plaisantent pas, eux, avec la sécurité. Or l’Union européenne a exigé, après Fukushima, une expertise des réacteurs nucléaires de tous les pays membres. Et réalisé une sorte de classement qui fout en l’air, sans effet de manche, la politique des socialos français en la matière.
La centrale de Fessenheim, que Hollande s’est engagé à fermer, est en effet mieux classée dans le domaine-clé de la sécurité que celle de Cattenom, dont personne chez nous ne dit le moindre mot. Plus cinglé : les chefs de gouvernement du Luxembourg et des lands allemands de Sarre et de Rhénanie-Palatinat – proche lui aussi de Cattenom – ont mandaté leur propre expert, un peu comme s’ils n’avaient pas tout à fait confiance dans les nôtres.

Le monsieur, qui s’appelle Dieter Majer, avait qualifié dès avant cela Cattenom de « passoire rouillée », ce qui est un rien insultant pour le génie français. Dans son rapport sur la sécurité, au ton plus diplomatique, Majer note quand même cette énormité : « L’observateur [lui] estime que des vices importants du rapport d’EDF qu’il a signalés aux autorités françaises (…) n’ont pas suffisamment été pris en compte dans les décisions de l’autorité de tutelle nucléaire française ».

Ben mon colon. Le député luxembourgeois – Henri Kox – de Remich, à un jet de pierre de Cattenom, dénonce pour sa part, et sans hésiter, « les conditions de sécurité absolument ahurissantes de la centrale de Cattenom », rappelant au passage que 75 % de la population du Grand-Duché vit dans un rayon de 25 km autour de la centrale française, c’est-à-dire le premier périmètre de sécurité. À l’initiative de Kox, le Parlement luxembourgeois a même voté en mars une motion réclamant la fermeture de Cattenom. Ces tout derniers jours, avec une discrétion de violette, Laurent Fabius a reçu une délégation officielle venue exiger la même chose. Et la Sarre allemande soutient la démarche.

Répétons pour les sourds et malentendants : pas un mot sur le sujet dans notre belle et glorieuse presse inondée de pubs à la gloire d’Areva et d’EDF. Mais tapis rouge en revanche pour les cinq fédérations syndicales de l’énergie – CGT, CFDT, CGC, CFTC et FO – qui ont pondu un communiqué larmoyant contre la fermeture de Fessenheim, « annonce politique qui n’est basée sur aucun argument », intervenant « dans la dramatique situation économique et industrielle actuelle ». Commentaire général, le 18 octobre, de Louis Gallois, ancien patron de la SNCF et d’EADS, ancien chevènementiste, et toujours aussi sympa : « La France a deux richesses phares : le nucléaire et le gaz de schiste ».

43 réflexions au sujet de « Que le Luxembourg aille se faire foutre »

  1. C’est à gerber, vraiment et je suis poli. Je découvre l’unanimisme syndical contre la fermeture de Fessenheim.
    « L’énergie est un facteur de développement industriel et social, or dans la dramatique situation économique et industrielle actuelle, cette annonce porte un signal fortement négatif aux salariés du secteur énergétique et industriel, à leurs familles, aux sous-traitants et aux territoires concernés. » Dixit la bande des cinq.
    Et la CGT, dans toute sa splendeur, la CGT qui a déclaré que « le gouvernement ne devrait pas fermer la porte aux gaz de schiste ».
    Même pas besoin de Comité Permanent du Nucléaire ou des gaz de schistes. Inutile de mettre un geôlier derrière les humains. Les garde-chiourmes sont dans les crânes, bien installés.
    Frédéric

  2. Suite au passage de l’ouragan sur la côte est des Etats Unis, quatre réacteurs ont connu des « incidents » qui ont provoqué leur arrêt (Nine mile point, Oyster creek, Salem, Indian point) J’ai des infos incomplètes (je ne lis pas l’anglais) mais apparemment à Oyster Creek, c’est l’alimentation générale qui a été interrompue, et les groupes de secours ont fonctionné; sur un (plusieurs ?) autre site les groupes n’ont pas démarré, mais l’alimentation générale a tenu.
    Si les deux avaries s’étaient cumulées, c’était Fukushima remake …

  3. Avec beaucoup de cynisme et à prendre au 3ème degré…

    Le bon côté, en cas d’accident nucléaire, c’est que nous serions débarrassés d’un paradis fiscal majeur…

    Bon, c’est limite comme ironie, mais j’assume.

  4. A Frédéric Wolff.

    La politesse ? Bof ! Y’en a qui font des bras d’honneur. Alors, gerbez. Par expérience, cela soulage sur le coup, mais ne change rien aux « Chooz ».

    A chaque manif anti-nucléaire, ici, sont présents les Allemands et Luxembourgeois. Comparativement, peu de Français (toujours les mêmes d’ailleurs).

  5. nos dirigeants sont des dinosaures,sans aucune culture,et avec un tel lobby il y a de quoi s’inquiéter.notre pays manque de rigueur,trop laxiste(pour tout c’est simple),et ns devrions regarder comment font les pays voisins

  6. Au delà de leurs propres aspects négatifs, lorsque le MES et le TSCG seront effectifs, que les Européens et les Allemands auront un droit de regard sur les budgets des états membres…est ce qu’ils paieront pour soutenir à bout de bras un secteur industriel moribond et mortifère comme le nucléaire français qui ne survit que grâce aux subsides de l’état français ?…

  7. Cela m´intéresserait beaucoup de savoir combien, parmi ceux qui interviennent sur ce blog pour demander la sortie du nucléaire, se fournissent en électricité propre. Parce que écrire, manifester, brandir des pancartes, c´est bien, mais traduire une révolte justifiée dans le comportement quotidien, c´est mieux. Même si cela coûte plus cher. Veux pas me faire mousser en vous disant que c´est le choix que j´ai fait depuis plusieurs années, et pourtant cette démarche signifie une augmentation de 10 € par mois de ma facture d´électricité (c´est plutôt lourd pour quelqu´un au chômage). Mais quand on rencontré des gosses de Tchnernobyl venus se régénérer à côté de chez soi, quand on connait un peu leur vie, leur état de santé, quand on pense à leur avenir, la décision de dire non à la merde nucléaire est la seule possible si l´on veut être en paix avec sa conscience. Parce que « à nous l´énergie, à nos enfants les déchets » c´est plutôt mafieux, comme manière de voir !

    « Ceux qui se sont sagement limités à ce qui leur paraissait possible n´ont jamais avancé d´un seul pas. » (Mikhaïl Bakounine)

  8. Bonjour Martine, il y a 10 ans le gars d’EdF qui relevait les compteurs a demande a inspecter notre appartement en banlieue Nord, sans dire pourquoi. J’ai dit pas de probleme, il a jete un oeil dans chaque piece, et a dit en sortant, « Ca va j’ai compris. Merci, au revoir ». J’ai demande qu’est-ce qui « va », est-ce que c’est notre basse consommation? Il a dit « oui ». (avec un sourire un petit peu gene). Il n’y avait que des ampoules basse consommation, sans luminaires, pas de tele ni four ni micro-onde ni robot, et le chauffe-eau etait au gaz. En plus, on se servait d’un garde-manger pose sur le rebord de la fenetre a la place du frigo, de octobre a mars… J’avoue que ca m’a fait drole, cette sorte de certificat involontaire de frugalite volontaire, decernee par EdF elle-meme!

  9. Pierre-Emmanuel Neurohr me fait penser a l’homme seul qui a stoppe la colonne de char en route pour Tien-an-Men. Peut-etre qu’il n’a pu que retarder de quelques minutes une demi-douzaine de vols, de meme que l’homme de Tien-an-Men n’a pu que retarder les chars, mais notre incapacite meme a juger Neurohr sur le fond est sa victoire, et demontre que meme un homme seul peut encore agir, n’est pas empeche d’agir en toute liberte.

  10. Martine, Laurent,
    Quand je suis passé à Enercoop, j’ai arrêté mon frigo, j’ai réduit la fréquence et la durée de mes douches… Le surcoût de cette énergie verte a été compensé par une baisse de ma consommation.
    Pour autant, suis-je en paix ? Non.
    Mon « petit geste pour la planète », comme disent les révolutionnaires du brossage de dents, me semble bien dérisoire, même s’il est pour moi important. Il en est de même pour les pétitions que je signe, pour les manifs auxquelles il m’arrive de participer, pour les cris d’alerte que je lance. C’est un sentiment qui monte depuis un certain temps. Une impression d’être à mi-chemin de quelque chose, dans une forme d’entre-deux :
    – D’un côté, de plus en plus, je pose des actes et des mots à mon échelle ; ça occupe l’essentiel de mon temps, de ma vie.
    – D’un autre côté, je ne vais pas jusqu’au bout, c’est-à-dire que je n’ai pas le courage d’un Pierre-Emmanuel Neurohr, par exemple, je n’ai ni l’impulsion, ni l’énergie ni le goût de passer mes soirées en réunions militantes qui, pour tout dire, m’emmerdent, la plupart du temps…
    J’essaie d’aller là où l’élan me porte sans en concevoir une quelconque morgue ou amertume. C’est juste, en creux, un sentiment diffus d’être en partie acteur, en partie spectateur.
    Hanté par l’imminence d’un cataclysme, torturé par les ravages autour de nous, déjà ; accablé par la non-pensée dominante, par la perte du sens des mots.
    Et parfois, parfois, un regard, une parole dans lesquels je devine une complicité, si rare. C’est dans ces moments-là qu’un peu d’espoir revient, qu’un peu de sens apparaît.
    Frédéric

  11. Laurent Fournier,
    comme vous j´ai fait cette comparaison.
    Et bien sûr que l´homme seul peut agir, c´est même de là que la résistance doit partir. D´ »en bas », puisque nous savons désormais qu´il ne faut plus rien attendre du « haut », en déliquescence totale.

    PS Pardon de mon indiscrétion : dans quelle partie de l´Inde vivez-vous ?

  12. Bonjour Martine, je vis a Kolkata (anciennement orthografie « Calcutta », qui etait une transliteration phonetique adaptee a la langue Anglaise d’Angleterre, alors que « Kolkata » est une transliteration phonetique adaptee a l’Anglais d’Inde…).

    Frederic, je suis bien d’accord avec ce que vous ecrivez si bien.

    Je crois qu’il ne faut pas avoir honte de ne pas etre en paix, et se mefier du desir d’etre en paix absolument, a n’importe quel prix. Les Anglo-saxons ont un tres bon mot pour ca: un « smooth operator ». Difficile a traduire. Une sorte d’acteur qui se tire toujours tres bien de toutes les situations, meme si ca coute cher a tous les autres. Bref, quelqu’un qui rend le monde tres « smooth » mais pour lui seul.

  13. Laurent,
    « Je crois qu’il faut se méfier du désir d’être en paix absolument, à n’importe quel prix. »
    Bien d’accord. Comment être en paix, d’ailleurs, dans un monde en guerre contre le vivant ?
    Les seuls moments où je parviens à un certain apaisement, c’est au milieu des arbres, des herbes hautes, là où s’éveille un sentiment d’affection et d’unité avec les êtres qui m’entourent, tous les êtres, quelle que soit leur utilité reconnue pour les humains. Leur simple existence suffit à ma réjouissance. Chaque matin, quand je suis parmi ces vies infimes, j’ai l’impression de retrouver des amis.
    Cette paix en moi ne dure qu’un instant ; très vite, je sens les jours comptés, je sais menacés les endroits où s’épanouit la vie.
    Sans doute serai-je en paix le jour où j’aurai fermé les yeux sur ce qui m’est cher. Le jour où je pourrai lire sereinement les experts en chloroforme, autrement appelé communication. Le jour où les gens policés (j’allais écrire policiers tant ces deux mots me semblent synonymes aujourd’hui) deviendront mes plus grands amis. Le jour où l’inquiétude et la dissidence seront loin derrière moi. Le jour où, pour la dernière fois, la nuit me fermera les yeux. Ce jour là, sans doute, la paix sera en moi.
    Vous comprenez pourquoi, moi aussi, je m’en méfie.
    Frédéric

  14. A Martine,

    J’ai pour ma part changé de fournisseur d’électricité et je fais les mêmes réserves que Frédéric Wolf. De plus, s’il s’agit d’électricité d’origine renouvelable, le transport et la distribution sont assurés par E.R.D.F. filiale à 100% d’E.D.F. Enfin, à supposer que la demande d’électricité produite à partir de barrages, d’éolien de solaire augmente dans des proportions importantes , un fournisseur comme Enercoop ne pourrait la satisfaire tant cette production est faible ( 15 % du total environ si mes informations sont exactes).

  15. Frédéric Wolf,
    « Au-delà des clivages politiques et de tout ce qui fragmente notre réalité commune, c´est à l´insurrection et la fédération des consciences que nous faisons appel. C´est-à-dire à ce lieu intime où chaque être humain peut mesurer sa pleine responsabilité et définir les engagements que lui inspire une véritable éthique de vie pour lui-même, pour ses semblables et pour les générations à venir. »
    Pierre Rabhi

    Etre à mi-chemin de ce dont parle Pierre Rabhi, sans en tirer une fierté infantile, c´est tout simplement merveilleux.
    Cela me rappelle le roman de Michael Ende, « Momo ou l´étrange histoire des voleurs de temps et de l´enfant qui rendit aux gens le temps qui leur avait été volé ». Avec ce personnage merveilleux qu´est Beppo, le balayeur de rue, qui tient ce discours :

    « Parfois on a une rue très longue devant soi.
    On pense qu´elle est affreusement longue ;
    On se dit qu´on n y arrivera jamais.
    Alors on commence à se dépêcher.

    Et on se dépêche toujours plus.
    Chaque fois qu´on lève les yeux,
    on voit que rien ne diminue
    de ce qui nous reste encore à faire.

    Et on fait encore plus d´efforts,
    on commence à avoir peur
    et à la fin on est complètement à bout de souffle
    et on n´en peut plus.

    Et la rue est toujours devant soi.

    Ce n´est pas comme ça qu´il faut faire.
    Il ne faut jamais penser à la rue tout entière, tu comprends ?

    Il faut seulement penser au pas suivant,
    à la prochaine respiration, au prochain coup de balai.
    Et toujours et encore au prochain.

    Alors seulement on éprouve de la joie ; c´est important,
    alors on fait du bon travail.
    Et voilà comme ce devrait être. »

    (traduction personnelle, certainement imparfaite) 🙂

  16. Merci, Martine, pour ce beau passage.
    « Seulement penser au pas suivant », alors que la rue est si longue, oui, certainement. Quand je désherbe ma planche de carottes si longue que je n’en vois pas la fin, je pense au brin d’herbe que je déracine, à celui qui va suivre, jamais au-delà.
    « Alors seulement on éprouve de la joie… » Oui, de la joie, celle du travail accompli, conscient. De la joie et de la peine aussi, indissociables, inhérentes à la condition qui est la nôtre. La peine de voir son travail anéanti. Je pense à ce que peuvent ressentir les jardiniers de la ZAD quand leur potager a été saccagé. Je pense aux habitants de Fukushima qui ont du quitter leur terre empoisonnée…

    En écho à Michael Ende, une citation d’Eduardo Galeano :
    « Je m’approche de deux pas, elle s’éloigne de deux pas. J’avance de dix pas et l’horizon s’enfuit dix pas plus loin. J’aurai beau avancer, jamais je ne l’atteindrai. A quoi sert l’utopie ? Elle sert à cela : à cheminer. »

    Réunir ces deux visions serait sans doute l’idéal : penser à chaque pas que l’on fait en ayant la conscience du chemin qui reste à accomplir.

    La conscience, cette place que l’on fait aux autres formes de vie que la sienne.

    L’œuvre d’une vie.

    Frédéric

  17. C´est la même chose ici (je précise que je vis en Allemagne), les grands « monopoles » mettent leurs infrastructures à la disposition des fournisseurs d´énergie propre, contre espèces sonnantes et trébuchantes, cela va de soi. Celui que j´ai choisi fournit le courant produit par des centrales hydrauliques, toutes installées en Norvège à part une qui se trouve en Autriche. Le tarif de base mensuel est de 8,95 € plus 24,19 ct/kWh. Je ne connais pas les prix en France.

    Je sais très bien que passer au « courant propre » est une démarche dérisoire face à la destruction généralisée de la planète. Mais farouchement opposée à l´énergie nucléaire, je ne voyais pas d´autre façon de m´éclairer !

  18. Bonsoir Martine,

    Personne n’est parfait. Je n’ai pas les moyens de me fournir en électricité propre. D’ailleurs électricité propre ne veut rien dire … il y a toujours des déchets nocifs. Recyclage?

    Je sous consomme. Fait au mieux. Et il serait hypocrite de ma part de ne pas admettre que même en sous consommant, cela fait du mal ailleurs.
    Et … comme Frédéric, je ne serais jamais en paix. 🙂

    Enfin si! C’est difficile a expliquer et semble contradictoire. Je suis en paix avec moi, tout ce qui me concerne me passe au dessus de la tête, alors que ce qui touche les autres me fait sortir mes « griffes ». Nous ne pouvons pas, malheureusement, être partout. Il faut en être conscient.

    J’ai une petite boule de poil qui me chatouille le nez. C’est l’heure des grosses papouilles. C C, elle se nomme. Changement climatique. 🙂 Non! je blague. Café Crème.

    Merci a toutes et tous pour les commentaires. Merci Fabrizio pour le sujet.

  19. Martine, Frederic, merci pour les citations! Je susi frappe par le fait que Pierre Rabhi dit une chose importante et urgente, en vraiment tres peu de mots.

  20. Il y a des moments où je n´ai plus du tout envie d´essayer de faire comprendre mes motivations. Le courant ne passe tout simplement pas 🙂

  21. Bonjour,

    Le barrage, d’une capacité de 1.260 mégawatts, serait désastreux pour les 60 MILLIONS D’HABITANTS qui dépendent du fleuve pour le transport, l’alimentation et l’économie.

    Le Laos va commencer les travaux d’un barrage controversé sur le Mékong

    VIENTIANE – Le Laos va entamer cette semaine la construction suspendue depuis un an et demie d’un barrage controversé sur le Mékong, a indiqué lundi un ministre à l’AFP, assurant que le projet avait été adapté pour répondre aux inquiétudes de ses voisins.

    Après deux années de préparation de la zone près du site de construction, le gouvernement organisera une cérémonie le 7 novembre puis commencera à travailler sur le barrage lui-même, a déclaré le vice-ministre de l’Energie Viraphonh Viravong.

    La construction de la centrale hydroélectrique de Xayaburi, projet de 3,8 milliards de dollars mené par le groupe thaïlandais CH Karnchang, divise les pays riverains du fleuve depuis des mois.

    La Commission régionale du Mékong (Vietnam, Cambodge, Thaïlande et Laos) avait suspendu en mai 2011 la construction du barrage, premier d’une série de onze sur la partie inférieure du fleuve. Le Vietnam et le Cambodge craignaient en particulier pour leur stock de poissons et de sédiments.

    Vientiane a depuis assuré plusieurs fois avoir modifié le projet pour répondre à ces inquiétudes.

    Nous avons adapté certains détails dans le projet dans l’espoir de rassurer nos voisins, a répété Viraphonh lundi, assurant que la centrale serait terminée comme prévu, d’ici la fin 2019.

    Le quotidien officiel Vientiane Times avait notamment indiqué en juillet que le barrage allait être équipé d’un système permettant à 85% des poissons de le franchir.

    Le Laos communiste, dépourvu d’accès à la mer et de tissu industriel, mise sur l’énergie fluviale pour appuyer son développement et rêve de devenir la pile de l’Asie du sud-est.

    Mais le projet de Xayaburi, dans le nord-ouest du Laos, est devenu un symbole des risques pesant sur le fleuve. Les écologistes affirment que le barrage, d’une capacité de 1.260 mégawatts, serait désastreux pour les 60 millions d’habitants qui dépendent du fleuve pour le transport, l’alimentation et l’économie.

    Alors que la Thaïlande doit acheter la grande majorité de l’électricité produite par la centrale, des riverains thaïlandais du Mékong ont déposé en août un recours en justice à Bangkok contre sa construction. Aucune décision n’a été annoncée pour l’instant.

    ———–

    Et même, si l’on utilisait tous une énergie vraiment propre, les problèmes ne seraient pas pour autant résolus. Cela empêcherait il de consommer idiot? Gratuite?

    La seule énergie valable, en ce bas monde, belle, propre, est celle des mains. Couplé avec le coeur … avec le cerveau elle ne vaut que dalle! 😉

    Bien a vous tous et toutes,

  22. Triple Buse, Léa, LBL (je ne sais plus comment vous appeler !),
    « Electricité propre ne veut rien dire… il y a toujours des déchets nocifs. »
    D’accord pour admettre que toute énergie a des effets indésirables, hormis celles « des mains et des cœurs ».
    Mais gare au relativisme. Englober toutes les formes d’énergie dans la même expression (« déchets nocifs »), c’est banaliser la pire saloperie que l’on puisse imaginer : le nucléaire.
    Il faut tout faire pour l’arrêter au plus vite, pour s’en passer coûte que coûte. Même si c’est dérisoire, même si on ne parvient pas à la paix intérieure, même s’il faut « sous-consommer » toujours plus, même s’il faut faire usage de nos mains et qu’on ne sait plus et qu’on doit réapprendre, même si le vent, le soleil, les marées… poseront des limites au dogme de la croissance économique, ces limites qui pourraient être l’autre nom de la sagesse.

  23. Martine, ce n’est pas passer au “courant propre” qui est une démarche dérisoire, c’est de ne pas le faire qui l’est!
    Amicalement

  24. Bonsoir,

    Afin que les choses soient limpides.

    Ceux et celles qui optent pour le « courant propre » ont tout mon respect.

    Mon choix est celui de réduire au maximum la dépendance de mon compteur actuel. Ce n’est pas pour rien que j’avais demandé des tuyaux pour élaborer une roue a eau. Merci a Mr Fournier, le seul qui m’a gentillement donné conseil.
    Et c’est tout le « travail » de mes petites mains qui empêche la maudite roulette de tourner.

    Si je changeais vers un fournisseur propre, cela m’augmenterais la facture. Quelques euros de plus, quand l’on a que 300 euros par mois,(pension alimentaire de mon ex) cela fait un gros trou dans le budget.

    S’il vous plait, restez avec moi … merci.

    Le trou, pour ma personne, je m’en fou, mais alors, royalement. Toutes les économies que je peux faire ne sont que pour ailleurs.

    1 euro, c’est le prix d’un colis alimentaire. A la distribution, nombreux sont ceux qui n’ont pas même de quoi se payer ce vital. Voila …

    J’aurais droit aussi a ces colis, a des aides, mais refuse. Mon pote âgé est merveileux et très performant. De quoi satisfaire plusieurs coeurs.

    L’essentiel, c’est quoi?

    De ne plus alimenter ce système, ou de s’y frotter le moins possible et de partager!

    Et pi cé tout 🙂

    Bisesavous,

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