Un complément sur l’Inde (à destination des journalistes de L’Express)

En complément de l’article précédent sur l’Inde vue par le journal L’Express, Stéphane Lhomme – qu’il en soit remercié – m’envoie l’adresse d’une vidéo (ici). On y voit une manifestation d’Indiens au Tamil Nadu, protestant contre un projet de centrale nucléaire de technologie russe (ici). Notez que nous, les Français, savons également y faire. Areva projette de construire 6 réacteurs EPR autour du port de Jaitapur, dans l’État du Maharashtra, sur la côte Ouest (ici). De nombreux affrontements ont eu lieu, des milliers de manifestants ont été arrêtés, au moins un a été tué par les flics. Et la zone prévue pour la construction est hautement sismique. Toutes nouvelles oubliées par L’Express, grand journal n’écoutant que son courage.

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8 réflexions au sujet de « Un complément sur l’Inde (à destination des journalistes de L’Express) »

  1. Ah, cher Fabrice, n’en jette plus, sinon on ne finira pas l’année ! Ces gens-là sont des inconscients de 1ère classe. EPR = échec prévisible radical ?

  2. Il semblerait que les banques françaises soient oubliées aussi :

    « Avec des investissements dans le nucléaire de 13,5 milliards d’euros, BNP Paribas est la banque n°1 du nucléaire dans le monde. Plus du tiers de cette somme (5 milliards d’euros) a été octroyé à EDF – le plus grand opérateur nucléaire au monde, détenu à 87 % par l’Etat français. BNP Paribas est le troisième principal financeur d’EDF après le Crédit Agricole (6,7 milliards d’euros) et la Société Générale (6 milliards d’euros).
    Les autres clients majeurs de BNP Paribas sont AREVA, l’entreprise allemande E.ON (dont le portefeuille énergétique est à 25 % nucléaire), la compagnie belge Electrabel et la compagnie japonaise TEPCO. BNP Paribas est la seule banque occidentale ayant fourni un prêt au projet extrêmement controversé de Belene, en Bulgarie. BNP Paribas est également considérée comme une cible potentielle pour de nouveaux financements de projets nucléaires au Brésil et en Inde. »
    (…)
    « Depuis l’annonce du projet en 2009, les autorités indiennes ont déclaré que HSBC et quatre banques françaises (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et Natixis) fourniraient 3 à 4 milliards d’euros en prêts. Elles ont également déclaré que la Coface, l’agence de crédit à l’exportation française, fournirait la garantie nécessaire pour ces prêts. » (La COFACE, c’est-à-dire les contribuables français)

    C.
    C.

  3. Bonjour,

    Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a déclaré envisager la construction de nouveaux réacteurs, malgré l’opposition d’une grande partie de la population au nucléaire.

    Les principaux médias nippons ont relayé lundi des propos tenus par M. Abe dimanche sur la chaîne de télévision privée TBS, au lendemain de sa visite sur le site de la centrale Fukushima Daiichi, gravement endommagée après le tsunami du 11 mars 2011.

    « Les nouveaux réacteurs seront différents de ceux construits il y a 40 ans, de ceux de Fukushima Daiichi qui ont entraîné la crise », a dit M. Abe, d’après un extrait cité par le quotidien « Mainichi ». « Nous les construirons en expliquant au public à quel point ils sont différents, de façon à gagner sa compréhension », a-t-il ajouté selon un autre extrait de cette interview rapporté par le journal « Nikkei ».

    http://www.romandie.com/news/n/Excuses_japonaises_sur_la_2_guerre_mondiale_bienthang_RP_311220121142-30-300644.asp?

    Belle soirée a toutes et tous,

  4. Les japonais sont empêtrés dans une situation économique grave d’un point de vue économique global et aussi en conséquence de l’accident nucléaire.
    Les financements du Gouv. ont été énormes pour renflouer la Tepco qui a vu s’effondrer ses valeurs boursières, flamber à un point inimaginable les coûts de réparations et de dédommagements, les innombrables tentatives échouées de décontaminer les sols.
    Des pans entiers de l’économie se sont effondrés, pêche, agriculture, tourisme, certaines industries…
    À côté le vieillissement de la population dû à une dénatalité sans égale et une surpopulation record les empêchant d’envisager par exemple l’évacuation des populations des territoire contaminés ( les dernières mesures de l’AIEA parues ce mois donnent 5027 km² très contaminés !!! ).
    Dans ce contexte de frayeur généralisée avec en plus comme épée de Damoclès le risque de disparition de toute vie dans l’hémisphère Nord en cas de rupture du bassin de désactivation du réacteur 4 de Fukushima, il est normal que la société japonaise se fascise à outrance, preuve en est qu’ils ont voté la révision de la Constitution garantissant la non-existence d’une armée de défense.
    Les japonais sont nombreux à s’opposer au nucléaire mais ils sont essentiellement citadins, les traditions culturelles ont le dessus dans les campagnes et les gens y sont moins contestataires, de plus ils ne sont pas riches et se réfugient par conséquent derrière l’avis du Gouv. puisqu’ils n’ont de toutes façons pas les moyens de partir et pour aller où ?
    La queue du dragon agonisant est toujours redoutable…

  5. Pour donner une idée plus précise du désastre que représente l’éventualité de l’évacuation des populations des zones contaminées :
    La zone équivaut au département des Bouches-du-Rhône et à sa densité de population ( 2 millions ), si nous devions assumer un tel déplacement sur toute la France ça ne se ferait pas sans douleur, la surface habitable du Japon est approximativement la moitié de celle de la France, on peut en déduire grosso-modo que ça équivaudrait à une arrivée massive de 4 millions de personnes nouvelles…
    Voilà à quoi sont confrontés les japonais, pro ou anti-nuke, ils dénient mais n’ignorent pas et le déni ça rend grognon !

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