Pourquoi Europe Écologie a échoué

Entretien publié dans Charlie Hebdo du 20 mars 2013

Le texte qui suit a quelque chose d’historique. Non, je ne blague pas. Presque pas. On y découvre la réalité du mouvement Europe Écologie Les Verts (EELV), et cette réalité est consternante. La vérité provisoire est que ce parti est moralement corrompu, et que personne n’y trouve rien à redire. Deux des vrais responsables de la poussée des Européennes de 2009, puis des Régionales de 2010 – Besset et Cohn-Bendit – racontent ci-dessous ce qui s’est passé. Et rien. Pas un mot, pas un souffle, pas une explication des Blandin, Cochet, Hascoët, Voynet.

Je cite ces quatre-là car ce sont tout de même des historiques, qui répètent depuis des décennies que leur engagement impose de « faire de la politique autrement ». Or le parti qu’ils ont tant aimé est devenu une foire d’empoigne où se déchaînent de vaines ambitions, sous le regard et le contrôle d’une camarilla, autour d’un chef cynique. Je n’écris pas cela de gaieté de cœur : malgré de remarquables individualités, EELV ne sert à rien d’autre qu’à assurer des carrières.

————————————-

L’article

Les papys ont le blues. Daniel Cohn-Bendit – 67 ans – et Jean-Paul Besset – 66 -, voulaient un autre mouvement écologiste. Tous deux députés européens d’Europe Écologie Les Verts, ils expliquent à Charlie pourquoi et comment ils se sont fait bananer par Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé.

Propos recueillis au Parlement européen de Strasbourg par Fabrice Nicolino

Un petit résumé s’impose. Les Verts sont nés en 1984, et dans un premier temps, les affaires électorales ont flambé. On l’oublie, mais Antoine-la-moumoute Waechter avait obtenu 10,59 % des voix aux élections européennes de 1989, provoquant en réponse la création de Génération Écologie, un truc mis en scène par Brice Lalonde. Mais après les régionales de 1992 et malgré l’élection de la Verte Marie Blandin à la présidence de la région Nord-Pas-de-Calais, la traversée du désert commence. Voynet, qui s’est imposée à la tête des Verts, entraînant le départ de Waechter, se ramasse une gamelle à l’élection présidentielle de 1995 : 3,32 % des voix. Malgré ou peut-être à cause de l’échec, les Verts dealent avec les socialos et obtiennent le poste de ministre de l’Environnement après 1997 dans les gouvernements Jospin. Le groupuscule se tient comme il faut à table.

Arrive Cohn-Bendit qui permet aux Verts de remonter à 9,72 % des voix aux Européennes de 1999. Feu de paille. Les apparatchiks du parti écolo reprennent le manche, et tout se barre en noix. En 2002, Mamère sauve les meubles à la présidentielle – 5,2 % -, mais Voynet se prend une veste historique à celle de  2007, avec 1,57 % des voix. C’est la merde, car à ce niveau ridicule, un parti n’existe que sous la forme d’une trace. Deux personnages vont émerger des décombres, dans un étroit tandem : Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé. Et ils vont envoyer aux pelotes Besset, Cohn-Bendit et une poignée d’autres qui voulaient un autre mouvement écologiste.

Charlie : Vous venez tous les deux de mai 68. Dany, tu as été anar, en France puis en Allemagne, où tu as adhéré aux Verts, en 1984. Jean-Paul, tu as été un dirigeant de la Ligue communiste dans les années 70. Journaliste, tu es devenu écologiste – sans carte – vers 1989, avant d’écrire la biographie de René Dumont. Bon, a priori, on ne vous la fait pas. Vous avez dû en voir de belles question magouilles et bureaucratie naissante. Non ?

Jean-Paul Besset : Non, sincèrement non. À la Ligue communiste que j’ai connue, je dois dire que la parole était libre, et que je n’y ai pas rencontré la soif et l’accaparement du pouvoir. Je n’ai pas vu cela, non.

Dany Cohn-Bendit (1) : Moi non plus, mais le mouvement libertaire auquel j’appartenais n’avait pas compris le rôle et l’importance des institutions dans une société démocratique. Nous nous retrouvions tous sur ce mot d’ordre : « Élections piège à cons ! ».

JPB : Plus de quarante ans ont passé, et la création d’Europe Écologie, en 2009, a été pensée en écho à ces vieux débats. Nous voulions dépasser la forme-parti, nous voulions rompre enfin avec toute idée de parti-guide, de parti ayant réponse à toutes les questions.

DCB : Il a raison ! Quand on écoute les Verts d’aujourd’hui, il n’y aurait pas plus démocratiques qu’eux. Et c’est vrai qu’il y a des votes sans fin, une proportionnelle interne, et que chacun trouve une place. Seulement, on passe sa vie dans les enjeux intérieurs, sans se soucier de ceux qu’on mobilise à l’extérieur, par exemple au moment des campagnes électorales. Les électeurs des Européennes de 2009, par exemple [16,28 % des voix], qui venaient à nous en disant ; “Europe Écologie, c’est formidable”, ont de fait été exclus de toute participation aux décisions.

Charlie : Bon. En 2009, vous parvenez à imposer aux Verts français le logo Europe Écologie, ce qui vaudra au mouvement de talonner le parti socialiste aux élections européennes de juin. Comment avez-vous lancé cet ovni ?

DCB : Les Verts français étaient en panne, et bon nombre de militants se demandaient comment relancer le mouvement. À la présidentielle de 2007, Dominique Voynet – je redis qu’elle n’a pas fait une mauvaise campagne – avait fait autour d’1,5 % des voix. Un jour de 2008, un commando est venu me voir chez moi, à Bruxelles.

JPB : Hé ! Un commando de deux personnes. En fait, Pascal Durand [actuel secrétaire national d’EELV] et moi.

DCB : D’accord, deux. Toi et Pascal. Ils ramenaient dans leurs filets un certain Nicolas Hulot, et ils proposaient de lancer une initiative pour sortir de l’impasse. Mais les choses ont traîné, et Nicolas Hulot, finalement, a refusé de s’engager. Il fallait trouver autre chose.

JPB : On avait mis Yannick Jadot dans le coup, mais nous restions un tout petit groupe. L’idée était de créer un rassemblement, sans passer nécessairement par la structure des Verts. Et nous décidons de lancer le projet aux Journées d’été des Verts, en août 2008. L’annonce en a été faite un vendredi, et je crois bien que je m’en souviendrai toujours. Au début de la réunion, on demande un volontaire pour expliquer notre projet, et je monte à la tribune. Mais quand j’ai annoncé, moi qui n’avais pas la carte des Verts : « Nous avons décidé de créer un grand rassemblement. Rejoignez-nous ! », j’ai été hué.

DCB : Deux heures plus tard, à la même tribune, on a renversé le courant. Et le lendemain, on a fait un tabac, en compagnie cette fois de José Bové et Dominique Voynet. Entre-temps, le parti démocratique-bureaucratique, qui se souvenait de mes 9,72 % de 1999, avait compris qu’il tenait une perspective. Nous étions contents, car tout le monde pensait que quelque chose de neuf était né autour du duo Cohn-Bendit Bové. L’un ayant voté oui au référendum européen de 2005, et l’autre non.

JPB : Cécile Duflot a eu l’intelligence politique de reprendre à son compte notre projet Europe Écologie. Elle l’a même présenté comme une volonté des Verts de s’ouvrir à la société civile, en travaillant avec des compagnons de route. Mais surtout pas comme la création d’une force nouvelle.

Charlie : Un sacré malentendu ! Et au moins deux logiques.

DCB : Oh, il n’y a pas eu malentendu. On se comprenait sans difficulté. Mais il y avait bien deux logiques. Nous voulions dépasser les Verts en les faisant exploser, et Cécile Duflot voulait récupérer notre mouvement pour renforcer son parti. Le face-à-face était inégal : nous étions dix face à un parti, une structure, des professionnels de la politique. Si on a pu lancer Europe Écologie, c’est que les Verts savaient qu’en nous disant Niet, ils partiraient à la bataille avec leur 1,5 % de voix de la présidentielle. On l’a donc emporté.

Charlie : Oui, mais de la même manière ambiguë que Pyrrhus. Car vous aviez en fait perdu.

DCB : La campagne des Européennes de 2009 a été bien étrange :  à part Cécile Duflot, aucun responsable Vert ne s’est montré ! Les autres ont volé au secours de la victoire quand les sondages ont été favorables. C’est après que nous avons déconné : le moment clé se situe aux journées d’été des Verts en août 2009 à Nîmes. On avait décidé de proposer une adhésion directe à Europe Écologie. Le blocage a été total. Les Verts ont refusé.

JPB : On appelait les électeurs de juin à nous rejoindre directement, sans passer par la case du vieux parti.

Charlie :  C’était donc bien un dépassement complet des Verts.

JP : Mais oui !

DCB : Mais oui ! À Nîmes, j’ai hurlé comme jamais, mais on n’a pas osé rompre, on avait peur de briser une dynamique. Mais c’est là que ma rupture avec les Verts français a commencé.

JPB : Si on n’est pas allés à la bataille, ce n’est pas par lâcheté, c’est parce que tout était allé très vite, et que nous n’avions ni structure, ni chef, ni même une stratégie claire. Au moment où il aurait fallu mener une bataille au couteau, il était clair que nous ne voulions pas lutter pour le pouvoir. On n’était pas fait pour ça.

Charlie : Rebelote en novembre 2010, à Lyon. Toi, Jean-Paul, tu croyais encore que la fusion prévue entre Europe Écologie et les Verts pourrait conduire à un parti réellement neuf.

JPB : J’y ai cru, au point d’écrire le manifeste qui en était le corps idéologique, voté d’ailleurs à 90%. Mais dès que le nom nouveau a été connu [Europe Écologie Les Verts], j’ai compris. Ce n’était plus une fusion-dépassement, car on mettait au même niveau l’appareil ancien et le renouveau. En fait, on revenait en arrière.

Charlie : Vous étiez donc refaits. Mais par qui, dites-moi ?

DCB : Par  le bureau exécutif des Verts. L’appareil.

Charlie : Mais encore ? En dehors de Jean-Vincent Placé et de Cécile Duflot, on ne connaît personne.

DCB : Ce n’est pas parce que personne ne les connaît qu’ils n’existent pas. Ils ont la mainmise sur les Verts. Disons que Placé et quelques autres avaient la mainmise sur l’appareil national, mais aussi régional, par l’intermédiaire des bureaux exécutifs régionaux.

JPB : Qui ? Le bureau exécutif, avec à sa tête Cécile Duflot, dont le bras droit s’appelle aujourd’hui encore Jean-Vincent Placé. Au total, cela doit représenter moins de cinquante personnes.

Charlie : Mais qui est donc Jean-Vincent Placé ?

DCB : Je dirais volontiers qu’il est l’apparatchik qui nous a manqué. Personne, parmi nous, ne pouvait jouer ce rôle-là, car il est d’un cynisme absolu. Il se dit de gauche, mais tous ses comportements sociaux font penser qu’il est tout sauf de gauche. Par exemple, la manière dont il se comporte avec les autres. Dont il s’habille. Dont il va au restaurant. Et son cynisme est à l’œuvre jusque dans le contenu politique. Il voulait aller au gouvernement, bien sûr, mais s’il avait été ministre, il aurait tout défendu sans état d’âme, y compris le pacte budgétaire européen. Mais comme il n’a pas réussi, son message aux socialistes est aujourd’hui de dire : « Vous allez me le payer ». Placé peut vendre n’importe quel positionnement d’Europe Écologie Les Verts.

Charlie : Distribue-t-il, comme on le dit, des postes ?

JPB : Oui. Des postes de sénateurs, de députés, de conseillers régionaux. Bien sûr ! Nous avons autour de 250 conseillers régionaux, plus de 50 conseillers généraux. Mais bien au-delà de sa personne, Placé représente une face de l’engagement politique. Il ne s’agit plus pour lui et ses proches d’aider à la transformation sociale.  Il s’agit d’une affaire de gestion des élus et des postes. Ces gens-là, qui ont construit un univers clos, ne vivent plus que de la politique politicienne depuis des années. Comme ils sont toujours là, à la différence des simples militants, ils finissent par l’emporter. L’objectif final n’existe pas. Il faut conquérir toujours plus de parts de marché, ou en tout cas ne pas en perdre. Un type comme Dany n’a pas sa place là-dedans, car cela lui arrive de lire un livre, de s’occuper de son fils, d’aller au stade voir un match de foot (rires).  Placé y va aussi, au stade, mais dans la tribune des VIP. Pour s’y faire voir, pour nouer des contacts, pour activer des liens. L’écologie n’est pas davantage leur problème. La grande affaire, c’est de gérer la boutique, de négocier des places, d’avoir du pouvoir.

DCB : Oui, je suis d’accord, il y a beaucoup de postes à offrir. Les postes d’élus, mais aussi les postes à l’intérieur du parti. Ça, Placé sait très bien le faire. Et il sait mettre en réseau ses fidèles. Cécile, de son côté, sait se rendre attachante. Elle noue des liens forts avec les gens, qui sont de nature émotionnelle. Et leurs deux univers se complètent parfaitement.

Charlie : Compte tenu de ce que vous racontez, franchement, étiez-vous de taille ? Quelle était votre organisation en face de celle de Placé et de ses obligés ?

JPB : On n’en avait pas. Nous ne faisions même pas de réunions formelles. On ne faisait que des bouffes, ou bien on regardait des matchs de foot ensemble, mais c’est bien tout ce qu’on faisait (rires nerveux).

Charlie : Mille excuses, mais on a la solide impression qu’Europe Écologie était un plan foireux. Vous n’arriviez même pas à vous voir pour parler de la situation politique que vous aviez créée ?

DCB : Ta pique est tout à fait juste. Il y avait une structure organisée, petite et efficace, celle des Verts. Et nous n’avons pas réussi à nous mettre autour d’une table pour continuer dans la direction que nous avions ébauchée en 2009. La présidentielle de 2012 a marqué publiquement la fin de notre projet. Il doit y avoir un moyen de relancer ce que nous avons tenté, mais il faudrait pour cela trouver des militants, et des porte-parole. Pour moi, c’est terminé.

JPB : Oui, c’est fini pour moi aussi. Mais si on croit comme moi à la profondeur de la crise écologique, il faudra bien que quelque chose de neuf finisse par naître. Nous rêvions de fédérer des énergies convergentes, et pas de doute, nous avons échoué.

Charlie : Un mot encore. Vous ressentez quoi ? De l’amertume, de la douleur ?

JPB : Je n’éprouve aucune amertume, mais de la douleur, oui.

DCB : Le bilan est douloureux, c’est certain. J’ai le sentiment d’un vaste gâchis, dont nous sommes tous comptables, et coupables.

(1) Daniel Cohn-Bendit vient de publier Pour supprimer les partis politiques !? réflexions d’un apatride sans parti, éditions Indigène.

25 réflexions au sujet de « Pourquoi Europe Écologie a échoué »

  1. Interview édifiant et qui confirme ce que je ressens depuis 2009…
    Le mouvement EE s’est fourvoyé le jour où il s’est rapproché des Verts. Aujourd’hui, je serais curieux de savoir combien de sympathisants à EE restent dans EELV ? Pas beaucoup. Les Verts ne font pas de l’écologie; ils défendent juste leurs postes! Et lèchent les bottes des pseudos socialos au gouvernement.
    Les prochaines échéances électorales vont démontrer qu’ils ne représentent plus qu’eux-mêmes!

  2. Fabrice, tu le sais, même si je n’aimais pas beaucoup Waechter et sa clique, je n’ai jamais digéré le rôle de Politis pour faire monter à tout prix (et je suis gentil…) Voynet et ancrer les Verts « à gauche ». On voit le résultat aujourd’hui, il sont en effet à gauche.. au PS, quoi ! Il ne servent plus à rien sinon à donner bonne conscience au PS, son nucléaire, ses nanoparticules, son aéroport et son ignorance crasse de la biodiversité qui crève ici comme ailleurs…

  3. Et pourtant ils y a des gens de (EELV) qui sont sur le terrain au niveau local(savoie) qui fond leurs possible pour faire changer et faire évolué les débats..Je partage le point de vu que certain se sont vendu pour avoir des places au gouvernement(assemblée N,et Sénat)…Amitié.

  4. ils sont tout aussi coupables que Placé, Duflot & consorts … une bande de pieds nickelés qui se sont fait bouffer par une bande d’escrocs professionnels.

    Et au milieu de tout ça, des électeurs se sont fait bernés … de tout bord. Quand je vois dans mon département (Hte Savoie), bien ancré à droite (tendance Nouveau-Centre surtout), les scores qu’ils ont fait aux européennes, cantonales et régionales … c’est une preuve qu’il y a même à droite, une frange de la population qui ne demande qu’un changement majeur en terme de politique environnementale. A l’image de ton article sur Jouanno, je pense qu’ils sont vraiment nombreux … faire + de 40% d’EELV dans certains villages de montagne, bien plus habitués à mettre l’UMP à 50% et le FN à 30% … c’est qu’il y avait une vraie dynamique, une vraie prise de conscience. A la fois du côté environnement que du côté politique, enfin un parti avec des « civiles » comme tête d’affiche … un discours nouveau, résolument européen, résolument anti-corruption, résolument écolo … capable de fédérer les bonnes consciences de droite et de gauche (oui je sais … c’est un poil utopique).

    Et ces couillons y sont allés avec la rose entre les dents alors qu’il fallait y aller avec le couteau pour dépecer ce qu’il restait des verts.

    Et dire qu’aux présidentielles, seul le Front de Gauche avait un programme écologique qui tenait à peu près la route … Eva Joly s’est perdue en route … et elle a perdu toutes les voix « de droite » qu’EE avait gagné 3 ans plus tôt.

    Enorme gâchis …

  5. Propos recueillis au Parlement européen de Strasbourg par Fabrice Nicolino.

    Oho …
    Pardon?
    A Strasbourg, vous étiez?
    La prochaine fois, prévenez quand vous n’êtes pas loin.
    Pour la « séance » de dédicaces, pas pour vous manger!

    :)))

  6. @ alain

    concernant le nombre d’EE resté à EELV, il y a moi au moins!

    je ne connais pas les chiffres. Il y a eu des départs, c’est certain (médiatiques et locaux)… mais pas que..

    bové, joly, jadot, rivasi.. pour citer qqs connus sont encore là (qu’ils plaisent ou non)

    … EE a ensemencé les verts (et certaines graines ont fait des racines)

    Nous sommes nous ralliés à un mode de fonctionnement pré-écrit par les Verts?
    Je ne sais répondre.. pas assez alerte sur le fonctionnement politique

    Ce qui est sûr c’est qu’EELV ne se réduit pas à ses représentants médiatiques et qu’il est assez simple dans ce parti de faire entendre sa voix, de proposer, d’avoir une posture active (c’est ouvert me semble-t-il).

    Je ne sais analyser l’échec de Joly à la présidentielle.
    Ce qui est sûr, c’est qu’EE fut une façon de perturber le fonctionnement politique habituel (un façon de mettre le souk, une démarche anti-ronron, et intellectuellement nourrie).
    C’est -de mon point de vue- une des qualités de DCB: parvenir à déranger les routines molles, à réveiller des dynamiques. Au sujet de la présidentielle, il a regretté après coup n’avoir participé à la primaire socialiste. Peut-être aurions-nous eu là, une nouvelle façon de déranger l’ordre établi.

    @P.P, non nous (EELV) ne sommes pas au PS

  7. Observateur de l’Allemagne depuis des années, il faut bien constater que le système électoral joue quand même un rôle essentiel dans le développement des uns outre-Rhin et l’enlisement répété des autres, de ce côté du fleuve.
    Dans les années 70, le mouvement écolo français n’avait rien à envier à ses collègues allemands dont un certain nombre sont même venus faire leurs premières armes sur le Larzac ou à Malville. Les 10 et quelques % de Lalonde lors des municipales de 74 étaient un signe fort.

    Malheureusement, ce mouvement n’a pas pu s’ancrer dans la vie politique française avec notre système électoral.
    En Allemagne on élit ses représentants à la proportionnelle et c’est une fois élus qu’ils discutent des conditions d’un accord éventuel. Le rapport de force n’est pas le même.

    En France, ils doivent passer un accord avant d’espérer avoir quelques élus. La nuance est quand même de taille.

    Seul le FN arrive parfois à sortir son épingle du jeu. On peut à juste titre reprocher aux écologistes politiques de ne pas arriver à percer comme peut le faire le FN, (La responsabilité des Duflot et Placé est incontestable) et au mouvement écologiste dans son ensemble de ne pas arriver à créer un grand mouvement suffisamment fort pour influencer le débat politique national.

    Mais Cohn-Bendit oublie toujours de rappeler ces petites différences. Il oublie aussi de nous rappeler le bilan catastrophique des années Schroeder/Fischer. Aujourd’hui, un quart des Allemands vit à la limite ou en dessous du seuil de pauvreté…

    Le prix à payer pour des avancées écologiques a été l’abandon des plus faibles dans la course économique.

    C.

  8. Aminata Traoré, femme politique et écrivaine malienne, réagit au décès du président vénézuélien, Hugo Chávez : « Peut-on prétendre avoir mis en œuvre dans les pays africains des politiques qui profitent d’abord aux populations ? C’est ce qu’Hugo Chávez, lui, a essayé de faire. En Afrique, les politiques visent à ouvrir les portes aux investisseurs qui rapatrient systématiquement leurs profits. Je ne vois pas, dans nos régions, d’hommes d’État qui osent dénoncer ce type d’orientation. » http://ick.li/ZRHZr7

  9. fastoche ,la leçon de morale de deux mecs pas du tout ecologistes,mais DKB pas vert et liberal,franchemment ils ne manquent pas d’air,et faut voir comment eux ils ont empêché activement la campagne de Joly parce que elle ne correspondait pas a leurs voeux,euc c’était Hulot le mediatique mou et consensuel, mais a ceux des écologistes de terrain qui ont voté massivement pour elle,dont je suis et contre Hulot,alors je trouve tout cela nullissime de leurs parts,qu’ils se regardent dans la glace avant de descendre ce qu’!l ont crée eux même,le désastre c’est eux,les verts sont pas pire,le néo-environementalisme,le néo-ecolo,les horsols verdâtres,enfin ils sont dans le moule du systéme ,alors recevoir des leçons de mecs que je considère comme tout sauf écolo,tu nous as habitué a mieux!!

  10. Mercredi 3 avril 2013 :

    Ban Ki-moon : il sera bientôt trop tard pour sauver la planète.

    Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, pour la première fois en visite à Monaco mercredi, a estimé qu’il serait bientôt trop tard pour sauver la santé environnementale de la planète si on ne met pas en place un instrument contraignant d’ici à 2015.

    Les paroles n’ont pas été suivies d’effets. Il sera bientôt trop tard. Nos modes de consommation sont incompatibles avec la santé de la planète. Notre empreinte écologique est démesurée, a asséné Ban Ki-moon, devant un parterre de personnalités.

    Nous devons agir maintenant si nous voulons qu’en 2050, la planète soit vivable pour ses 9 milliards d’habitants, a-t-il plaidé.

    Sur quatre-vingt-dix objectifs adoptés d’un commun accord par la communauté internationale dans le domaine environnemental ces 20 dernières années, seuls quatre affichent des progrès notables, a déploré Ban Ki-moon.

    Le responsable a mis en exergue l’amoindrissement de la biodiversité, la diminution des stocks de poissons, la plus grande acidité des océans, ou encore l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre.

    Il faut que la dynamique s’accélère. Nous devons développer ce que nous testons en éprouvette depuis 40 ans. Pour cela nous devons adopter des mesures d’incitation efficaces, et notamment mettre un prix sur les émissions de carbone, a-t-il dit.

    Nous devons aussi adopter, d’ici à 2015, un instrument universel et juridiquement contraignant relatif au climat, afin que tous les pays prennent des mesures supplémentaires pour réduire les effets des changements climatiques et s’y adapter, a préconisé le secrétaire général des Nations unies.

    http://www.romandie.com/news/n/_Ban_Ki_moon__il_sera_bientot_trop_tard_pour_sauver_la_planete75030420132042.asp

  11. @Christian Berdot,
    J´invite tous ceux qui croient au mythe de l´Allemagne paradisiaque à venir y passer quelques mois. Je m´y connais, j´y vis depuis plus de trente ans. Je leur montrerai la réalité du quotidien, le nouveau « Lumpenproletariat », l´envers du décor d´une économie soi-disant florissante, les retraités qui, la nuit venue, munis d´une lampe de poche, fouillent les poubelles à la recherche de bouteilles consignées jetées par mégarde. Je leur ferai découvrir les ordures qui s´accumulent le long des routes dans certains Länder, les arbres joliments décorés de sacs en plastique parce qu´il y a de moins en moins de personnel pour en assurer le nettoyage. Et je leur ferai comprendre, preuve à l´appui, que la prise de conscience « écologique » du cousin germain moyen n´est pas plus avancée que celle du citoyen gaulois lambda. Voter pour les Verts est une chose, adopter une conduite responsable mais sans aucun doute contraignante, c´est une autre paire de manches.
    Bien le bonjour du pays des jobs à un euro de l´heure et du gaz de schiste 🙂

  12. DCB a dit : « Par exemple, la manière dont il se comporte avec les autres. Dont il s’habille. Dont il va au restaurant. Et son cynisme est à l’œuvre jusque dans le contenu politique »

    « Couvrez ce sein que je ne saurais voir.
    Par de pareils objets les âmes sont blessées, et cela fait venir de coupables pensées »

    Tartuffe, acte III, scène II, vers 860-862

  13. Pour Martine :
    Je n’ai pas eu l’impression de parler de « l’Allemagne paradisiaque ». Au contraire, j’écris – mais c’est tout à la fin – « Il (Kohn-Bendit) oublie aussi de nous rappeler le bilan catastrophique des années Schroeder/Fischer. Aujourd’hui, un quart des Allemands vit à la limite ou en dessous du seuil de pauvreté… »

    C.

  14. En tant que militant ayant rejoint Europe Ecologie et l’ayant quitté depuis, je ne peux qu’approuver ce que disent Besset et DCB dans cet interview.

    A ceux qui dans les commentaires leur reprochent d’avoir été en quelque sorte bien naïfs, j’entends ce que vous dites. Mais il faut aussi bien comprendre que pour venir le couteau entre les dents, il aurait fallu consacrer l’exclusivité de son temps à participer à des luttes internes, que ce soit au niveau national ou au niveau local, et que nous n’étions pas venus pour cela.
    Le pire étant peut-être que beaucoup de militants de base se satisfassent tout à fait de cette situation.

  15. En fait ce qui gène ces 2 là c’est la démocratie ?

    Pour eux Europe Ecologie aurait du rester dans l’état non démocratique qu’il était en 2009 ?

    Quelques individus qui décident de tout en haut (sans avoir été désigné démocratiquement une seule fois…) ?

    On a vraiment pas les mêmes souvenirs…
    Mais peut être faut il rappeler les chantages que certaines personnes ont fait au moment des régionales ?
    Si vous prenez pas un tel ou un tel sur votre liste on viendra pas vous soutenir…
    et d’autres histoires du même genre

    Alors oui peut être que cela en à géner…
    Mais en 2009 EE n’était absolument pas démocratique…
    puis les régions au moment des régionales… ont su faire le lien entre nouveaux et anciens et apporter de la démocratie !

    Et prétendre que les Verts ont tout verrouillé c’est un peu fort de café…
    à part bien sur si mettre de la démocratie là où il n’y en a pas c’est vérouiller…

    Au jour d’aujourd’hui la grande majorité des bureaux exécutifs des régions est composé à majorité de nouveaux venus (moins de 5 ans et svt moins de 3 ans)

  16. @Christian Berdot,
    je ne parlais pas du tout de vous en mentionnant « ceux qui croient au mythe de l´Allemagne paradisiaque ». Mais c´est justement parce que vous parlez de la pauvreté d´une partie de la population allemande, que j´ai écrit mon commentaire, avec l´intention de compléter ce que vous évoquez.
    Et aussi parce que je suis révoltée par le son de cloches des médias français qui chantent les louanges de la florissante économie allemande mais ne disent rien de la paupérisation d´une partie des citoyens. Rien que dans la ville où j´habite, le nombre de gens qui dépendent de l´aide alimentaire et qui viennent, avec leurs tickets, chercher les produits de première nécessité, a doublé en un an.

  17. Trop marrant le Cohn-Bendit qui après son revirement post soixante-huitard regrettait de n’avoir pas fait un parti pour intégrer l’assemblée nationale et crachait sur son idéologie libertaire.

    Et qui après avoir fait un paquet d’années dans l’establishment politique nous ressort sa volonté de détruire les partis…
    « Pour supprimer les partis politiques !? réflexions d’un apatride sans parti. »

    Effectivement y’a de quoi se sentir coupable… d’une totale incohérence politique…!!!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *