De Mitterrand à Cahuzac (une ligne continue)

Personne ne peut réellement mesurer l’impact des aveux de ce pauvre ancien ministre, aujourd’hui jeté aux chiens par ceux-là mêmes qui l’adulaient la veille. Cahuzac ! Personne ne reprendra, car nul ne lirait, la litanie des éloges que le parti socialiste décernait hier encore au défunt ministre du Budget. Un élément insignifiant, mais intéressant tout de même : le samedi 30 mars 2013, j’étais invité aux Forums que le quotidien Libération organise régulièrement en province. C’était à Rennes. La (douteuse) fête commençait dans le train de Paris, à Montparnasse, où quelques Excellences intellectuelles – les mêmes, toujours les mêmes – étaient regroupées, évidemment en première classe.

Quelques-unes étaient bouffonnes, mais je n’entends pas dénoncer ici ce crétin distingué, plus proche de soixante-quinze ans que de soixante, qui tentait d’attirer à lui une jeune fille en fleurs éblouie par son statut médiatique. J’aurais l’impression de dénoncer, et franchement, non. À Rennes, et je ne vais pas insister, j’ai vu de près l’attitude de classe proprement insupportable de madame Bertinotti, ministre de la Famille, à l’encontre de jeunes femmes de son cabinet, mobilisé en nombre. Je suis bien sûr que cela ne sera apparu à quiconque de la suite. Les classes sociales ont disparu, chez les sociaux-démocrates. Pas chez moi.

J’ai vu Michel Rocard sucrer les fraises avec difficulté.

J’ai vu Nicolas Demorand, patron de Libération, faire comme si de rien n’était, pour la raison, entre autres, que Rocard devait faire, vaille que vaille, le panégyrique de Stéphane Hessel.

J’ai vu Vincent Peillon, ministre de l’Éducation socialiste, se jeter dans les bras de Luc Ferry, ci-devant ministre de l’Éducation de droite.

J’ai vu ce que chacun, qui ne serait aveugle, peut voir : l’incroyable consanguinité des classes politiques de droite et de gauche. Leur totale indifférence au monde réel. Leur parfaite incapacité à dignement diriger un pays comme la France à l’heure de la crise écologique planétaire.

Par Dieu ! ce n’est pas seulement qu’ils m’écœurent, ils me désespèrent. Et puis est arrivé Cahuzac. Ces gens ne sont pas réformables, voilà bien le drame complet où nous sommes tous rendus. En 1971, au congrès qui lança le nouveau Parti Socialiste, un certain François Mitterrand, en roublard patenté qu’il était, déclarait en fanfare :

« Il y a un certain nombre de décennies, l’adversaire, qui était-ce ?… Eh bien une certaine classe dirigeante, assurément… d’autres auraient jouté l’Eglise, qui apportait le sceau du spirituel aux moyens de l’injustice sociale… d’autres auraient ajouté : l’Armée… mais ça fait déjà longtemps qu’elle ne fait plus de coups d’Etat ! D’autres auraient ajouté : les notables. Le véritable ennemi, j’allais dire le seul, parce que tout passe par chez lui, le véritable ennemi si l’on est sur le terrain de la rupture initiale, des structures économiques, c’est celui qui tient les clefs […], c’est celui qu’il faut déloger… c’est le monopole ! terme extensif… pour signifier toutes les puissances de l’argent, l’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase, l’argent qui tue, l’argent qui ruine, et l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes ! »

Ce même Mitterrand, à peine arrivé au pouvoir, commença par arroser sur fonds publics ses chers amis personnels (ici). Citation : « Ce dernier [Roger-Patrice Pelat] payait le salaire de [la secrétaire de Mitterrand] avant 1981. En 1982, le président renvoie l’ascenseur. Et de quelle manière! Il donne ordre à Alsthom de racheter une société spécialisée dans les amortisseurs aéronautiques et dirigée par Pelat, Vibrachoc. Montant de la transaction: 110 millions de francs. Six mois plus tard, Alsthom découvre que les actifs de Vibrachoc atteignent péniblement 2 millions. Le cadeau est somptueux ». A-t-on entendu qui que ce soit – Chevènement, Rocard, Bianco, Fabius ed altri – protester contre le pourrissement moral de la gauche au pouvoir dès 1981 ?

Non, pas un mot. Le reste, tout le reste est venu dans la foulée. Toute, je dis bien toute cette lie morale et politique d’il y a trente ans a préparé le terrain de Cahuzac. Il n’y a aucune solution de continuité, pas l’once d’une rupture ou d’une transgression entre Mitterrand et Cahuzac. C’est le même terrain, ce sont les mêmes mœurs. Autrement dit, fermons le ban. Ceux qui cherchent des excuses à cette bande se trompent bien sûr, et nous trompent évidemment.

35 réponses sur “De Mitterrand à Cahuzac (une ligne continue)”

  1. « l’oligarchie des incapables! » Sophie Coignard Romain Grubert. après avoir lu ce livre on a plus aucune envie de voter pour de tels individus occupés « à gratter » intriguer; sonner aux portes; graisser les pattes pour leurs seuls intérets et affaires! face à cette classe « de l’autre coté de la barrière » comme disait ma maman; le « peuple » enfin ce qu’il en reste , bien divisé (dernier outil de manipulation en date, le mariage pour tous, bien tombé au bon moment) et conformiste la perspective n’est pas des plus joyeuse surtout pour ceux qui ont encore un peu de conscience..condamnés à ruminer dans leur coin, à s’immoler; à disparaitre..le film Brazil bonne métaphore…quant à la Nature…heureusement que madame Batho est là.

  2. Jean-Yves Casgha
    Pour se rendre à Clermont-Ferrand au 37ème Congres FNE sur la mobilité de demain, Delphine Batho prend l’avion, un des moyens les plus polluant de l’air, air dont elle a pourtant la mission de protéger. Petits calculs des polluants émis pour son aller-retour qu’elle aurait pu éviter si elle avait pris le train.

    Un avi…on, propulsé au kérosène détaxé et qui n’a pas la chance d’être pourvu d’un filtre à particules, émet en très grande quantité du monoxyde carbone, des Composés Organiques Volatils, des Oxydes d’azote, du dioxyde de souffre et des particules fines. Pour connaître les émissions gazeuses des avions, il suffit de se rendre sur le site du Ministère de l’environnement à la rubrique Direction Générale de l’Aviation Civile.

    Delphine Batho emprunte le vol AF7432 à 9:15 au départ d’Orly en direction de Clermont-Ferrand et repart le soir par le vol AF7439 de 18:50. Elle parcourt ainsi environ 800 kilomètres aller/retour. Selon nos calculs, rapportés à un passager et pour un trajet de 800 kilomètres, Mme Batho a émis 147 000 microgrammes de monoxyde de carbone, 24 000 microgrammes de COV, 22 000 microgrammes de COV non méthanique, 270 000 microgrammes de NOx, 24 500 microgrammes de SO2, 12 300 microgrammes de particules fines.

    Soit au total 500 grammes de polluants tous aussi dangereux pour la santé les uns que les autres. Pour mémoire, la France est hors la loi depuis le 28 février 2013 parce qu’elle ne respecte pas les normes « terrestres » sur les particules fines et qu’elle sera bientôt hors la loi sur le dioxyde d’azote. Rappelons que des épisodes de forte pollution sont actuellement en cours en France.

    Pas obligée de respecter la charte du gouvernement pour un trajet qui prendrait plus de 3H en train (ici 3h30), la Ministre de l’environnement qui parle de dérèglement climatique dans Libération, se sent sali par M. Cahuzac dans le Figaro et doit (enfin) quitter son logement social sur Rue 89, devrait plutôt montrer l’exemple sur la qualité de l’air, sujet qu’elle a à sa charge et pour lequel son engouement reste encore à démontrer.
    Respire

    PS: l’intitulé du Congres est Mobilités de demain : se déplacer moins, mieux, autrement.
    PS 2 : Pour le calcul, la source des émissions est ici, à partir de la page 10.

    Association Nationale
    pour la Prévention
    et l’Amélioration
    de la Qualité de l’Air

    http://www.respire-asso.org

    Contact : 06 98 49 28 22 /
    09 81 37 78 48 / contact@respire-asso.org

  3. La gauche indignée, la gauche humiliée, la gauche unie contre un homme, la victime expiatoire, celui par qui le scandale est arrivé : Cahuzac !
    Le concert de pleureuses n’en finit pas, cœur sur la main, valeurs brandies comme un livre de messe par des bigots et des bigotes défigurés par la bien-pensance et par l’insignifiance.
    « La gauche morale est morte ». J’ai lu ça dans un journal. Ce petit monde est pitoyable. Aussitôt, j’ai ouvert mon carnet d’oxymores et j’ai noté l’expression. C’est quoi, la « gauche morale »,
    – quand on tabasse des hommes et des femmes venus défendre des zones humides et des forêts menacées par des industriels du saccage organisé ?
    – quand on se réjouit que la France, grand pays des droits de l’homme, refourgue à l’Inde des avions de guerre ?
    – quand on prend la terre pour une serpillère, les humains pour des cobayes et les générations futures des pré-avortés ?
    – quand on devient le VRP des technologies aussi morales que le nucléaire, les nano-particules… ?
    – quand on est aux ordres des lobbies les plus nuisibles ?
    – quand on brandit le spectre des peurs irrationnelles pour faire taire le débat sur les pollutions électro-magnétiques ?
    – quand on assimile les électro-hypersensibles à des malades mentaux et qu’on les laisse crever littéralement ?
    – quand on considère que la croissance chinoise est une chance pour le monde ?
    – quand on s’oppose à une réforme de la pêche qui pourrait sauver les derniers poissons ?
    – quand on se complait dans l’entre-soi, quand on ne voit plus les miséreux du bout de la rue, du bout du monde ?

    Il faudrait continuer la liste et je manque de temps.
    Que vaut la morale de cette gauche ? Rien. Avec ou sans Cahuzac.

  4. J’ai l’impression que c’est notre manque de vigilance, notre manque de combativite, notre paresse en general, qui nous a conduit a ecouter et a repeter, tout en faisant semblant de les croire, les histoires les plus faciles, tout en se donnant l’air intelligent grace a l’ironie ciblee qui frappe des cibles convenues mais jamais soi-meme, bref cette abscence d’action, cette absence tout court, de nous tous, du public en general, des non-politiciens et des non-technocrates, qui a laisse se developer un systeme qui met a sa tete justement les moins aptes a la fonction qu’ils occupent.

    Je viens de rencontrer un Americain furieux qu’Obama ait signe le « Monsanto Protection Act ». En France, nous grattons une petite croute et decouvrons des serpents… Il n’y a pas grand-chose a faire pour devenir une republique bananiere, juste s’abstenir de rien faire, et la republique suit la pente…

  5. Un film incroyable, dont j’ai eu la chance de rencontrer l’auteur recemment. Le rapport est tenu avec le sujet de l’article de Fabrice, sauf peut-etre sous cet angle-la: Le don comme une force fondamentale contre la corruption qui s’immisce des qu’on n’y prete pas attention.

    http://thesourcefilm.org/blogpost.aspx?id=4

  6. Merci pour le film Laurent.
    « Compassion » n’est pas mon truc du tout, mais le sourire, les dal fumants, les plats compartimentés en inox, les feux rampants, les galettes, du monde, du monde…

    Autrement, j’aurais bien voyagé dans le train des french power-winners de mauvais film.
    Paris-Rennes, en partance pour la capitale bretonne des socialos qui savent mener le peuple et le reste où il faut comme il faut ! Baguette toute propre, discours parfait, la politique comme on en rêve, du projet plein les costards avec écharpe rayée.
    Avec un sourire de faux ravissement, je les aurait pesés jusqu’au slip (l’âme n’est pas à vainement chercher).
    Et juste un aller, pour ne pas tomber malade.
    Peut-être bien que j’aurais eu du mépris, en miroir de passage…
    Un peu de lentilles, bio j’précise, messieurs-dames ? Non ? Des fraises européennes ou trans-méditerranéennes, pour le « vioc » (pardon, pas beaux mes mots ! Pas beaux les mecs, pas belles les gonz).

  7. Encore une faute (au moins), mince. Pourquoi tant de haine orthographique (en plus de l’autre haine, exprimée ci-dessus, j’en conviens sans remord mais triste constat) ?
    Ici, j’ai écrit et ré-écrit ! Qui l’aurait deviné ?

  8. Aux dernières nouvelles, Jérôme Cahuzac souhaiterait retrouver son siège de député. Après ce qui s’est passé, il ne manque manifestement pas d’aplomb. Mais qu’il s’agisse de ceux du P.S., d’E.E.L.V.ou de l’U.M.P.,il faut croire qu’en aucun cas tous ces politiques ne veulent prendre le risque de nous décevoir. 🙂

  9. Je vois, dans l’affaire Cahuzac, un mensonge qui pourrait bien en cacher un autre.
    L’ancien ministre a voulu apparaître comme quelqu’un d’autre. Un vertueux digne de la gauche morale. Et son mensonge l’a rattrapé.
    Depuis des années, la gauche se ment à elle-même et aux autres par la même occasion. Elle se fout bien des plus pauvres des pauvres, elle n’a que faire de la morale, du bien public, du bien le plus précieux, l’équilibre fragile de la vie. Son discours relève de la communication, pour ne pas dire du marketing. Son ambition s’arrête aux places à conquérir, ses fréquentations la portent vers la nomenklatura économique…
    Ce mensonge là est bien plus grave que celui de Cahuzac.

  10. La pourriture morale n´est pas le privilège de la classe politique. Elle traverse toutes les couches sociales de fond en comble. « Petits » citoyens, petites magouilles. Grosses huiles, grosses magouilles ! La différence entre ceux « d´en-haut » et ceux « d´en-bas », c´est que les premiers disposent d´une plus grande marge de manoeuvre pour frauder sans risques. L´indignation vertueuse qui soulève les citoyens à chaque fois qu´un scandale éclabousse la classe politique me fait doucement rigoler. Le lambda n´est pas un modèle de moralité. Loin de là. Il se prend volontiers pour tel, se tape sur les pectoraux en gueulant plus fort que les voisins, réclame à cor et à cri la « moralisation » de la vie politique, tout en essayant, à des degrés certes divers, de tricher là où il peut. Vouloir extraire la poutre de l´oeil du voisin est tout à fait respectable et nécessaire, mais enlever celle qui obstrue le nôtre est tout aussi indispensable. Moralité bien ordonnée commence par soi-même 🙂 !

  11. A morale en carton, pensée en carton.
    Branchées, de gôche, jetables (attention c’est un lot, à prendre ou à laisser). Juste pour faire semblant d’en avoir (eu) une. A porter le temps de se donner bonne conscience pour mieux continuer.

    Quelle « morale » ? Quelle « pensée » ? Quels « moralistes », quels « penseurs » pour nous guider ?
    Celles et ceux des « élites » françaises, tels que les résume (et surtout les fabrique) l’admirable journal Libération, auto-caricaturé par lui-même dans ce « Forum » de Rennes, intitulé : « La confiance règne? »

    Ce que je veux dire ? Suffit de lire.
    Extraits choisis pas au hasard (je me permets d’attirer l’attention sur la distribution des points d’interrogation et d’exclamation, que je respecte scrupuleusement, et surtout sur le choix des intervenants):

    « Élus, la confiance envolée ? » avec J.P. Raffarin

    « Changeons, pour que le monde change » avec M. Rocard

    « Famille unique, pensée unique ? » avec D. Bertinotti, R. Brague, J.A. Miller

    « Faut-il faire confiance aux marchés ? » avec le président de l’Autorité des marchés financiers (en Grèce), et le directeur de l’Institut de Haute Finance (en France)

    « Construire l’école de la confiance », avec V. Peillon et L. Ferry

    « Pessimisme, l’Hexago-mal », avec C. de Margerie, PDG de Total et Alison Smale, directrice de rédaction de l’International Herald Tribune

    « C’était mieux avant ? » avec A. Finkielkraut et Joël de Rosnay

    « Le salut par l’innovation! » avec Olivier Aizac, PDG du Bon Coin, Christophe Pommier, fondateur du site Internet Localismarket, et Marc Giget, fondateur de l’Institut Européen de Stratégies Créatives et d’Innovation

    « L’humanité telle qu’elle devrait être », avec J.C. Carrière, Régis Debray et Nicolas Demorand

    Ainsi armés et éclairés par ces phares de la Pensée, marchons dans l’Optimisme vers notre Avenir Radieux (attention, le sac en papier pour les vomissements n’est pas fourni).

    Bon samedi quand même.

  12. Bonjour,

    Merci a toutes et tous,

    « Vouloir extraire la poutre de l´oeil du voisin est tout à fait respectable et nécessaire, mais enlever celle qui obstrue le nôtre est tout aussi indispensable. Moralité bien ordonnée commence par soi-même 🙂 ! »

    Pardon? Je n’ai jamais eu le besoin de mentir ou de magouiller pour avancer sur le chemin! Bref!

    Je rend mon tablier! 🙂
    Je n’ai pas d’explications a vous donner, mais par respect, par amour, pour vous tous, et toutes, la moindre des choses était de vous dire au revoir et encore pleins de merci.

    La nature, les animaux ne mentent pas. C’est avec eux, que finira ma vie. 🙂

    Enormes bises,

  13. Il va bientôt falloir recréer la troisième classe dans les trains, merdre ! Train : populo accepté, mais voiture sur-choisie, tout de même.
    http://carfree.free.fr/index.php/2012/06/11/sncf-la-3e-classe-est-de-retour/
    En voulant vérifier mes dires, je découvre ce blog.

    Et une remarque que j’ai envie de répéter ici, celle du père de mon petit garçon : Cahuzac, comme les autres, « est sincère ».
    Pour Mitterrand, c’est plus difficile de le dire ! Autre cadre social, passé, suranné : plus clairement hiérarchique et mieux admis comme structure valide (êtres et valeurs bien organisés, classes sociales instituées – où sont-elles aujourd’hui ?), propos et comportement du rusé à discerner dans le camouflage permanent, la haute trahison quotidienne.

    J’avoue connaître à peine cet homme, Cahuzac, puisque j’ai pris la très luxueuse habitude ne plus m’informer minimalement, à peine des éclats ici ou là, mais cette remarque me paraît assez judicieuse.
    Dans une société où le moteur est le profit, désormais décomplexé, et débarrassé de toute direction et tout sens pour fricoter avec le culte de l’ego (les plus insatisfaits, les plus malades s’y retrouvent particulièrement, et détiennent les pouvoirs effectifs, je le crains), tous les moyens sont bons, toutes les postures sont adoptables.
    Avec une vision humaine d’elle-même reposant sur la multiplicité, la pluralité de la personnalité (ce qui je ne juge personnellement pas comme une erreur ou un abus, mais une possible vérité), un comportement schizophrénique tous azimuts devient logique et fondé. Cahuzac est schizo, comme la société entière probablement. Il dispose toutefois de moyens que la majorité ne peut actionner : ils le rendent d’autant plus sensationnel… dans le banal.
    Dans sa fonction ministérielle, Cahuzac disait et tâchait d’effectuer ce qu’il pensait juste, sans doute. Ailleurs, sous d’autres oripeaux, l’ubiquité maximisée, il disait et faisait autre chose… Combinait-il de temps à autre ses multiples cartes d’identité, pour les faire fructifier à son bénéfice, ou celui de ses maîtres (comment ne pas en avoir, lorsque l’on n’est que politique français, voyageant en première classe TGV de temps en temps ?). (Il aurait couillon de ne pas la faire !)

    Il relève aussi d’une caste singulière (la dernière ou la deuxième des deux identifiables à ce jour : pouvoir législatif et méga-magot), dans le système politique représentatif et pyramidal qui nous caractérise encore et toujours dans les mots et de nombreux fonctionnements (point de démocratie, pardon) : celui du dirigeant (quelle direction ? donc : soi et le profit, la plus-value sonnante et matérielle et la « réussite ») et responsable des choix pour lesquels il a été élu (par des millions de votants, souvenez-vous, nous !, avec chacun notre petit bulletin fourré dans la petite enveloppe bleue délavée, tous nos gestes inspirés ou tremblants dans l’isoloir à rideau vert (espoir et écologie !), nous qui qui nous croyons encore importants, surtout quand notre patronyme est déclamé à l’assistance ! Sacrée mise en scène de la désappropriation et de la perte d’autonomie personnelle).
    Dans le vaste foutoir cotemporain des remaniements éthiques et savants pas si désorganisé que cela, les membres de la société tendent à attaquer la pyramide sur tous ses flans, ou plus certainement à vouloir y obtenir une autre place (l’argent est raréfié et redevabilisé pour des gains colossaux entre quelques mains, les « décideurs » lancent les ancres auto-statutaires de tous bords et regardent la masse vivante et la terre comme exploitable à merci), les responsables nient leur responsabilité devenues dissoutes en mer de complexité et de pluralité (trop chouette), les citoyens forcent toutes les portes. Certains n’ont pas le choix non plus : la misère est croissante, trépidante, responsabilisée elle, la place réservée aux multi-échoués ou multi-sabotés est désastreuse. Tricher relève alors de la survie, matérielle et parfois morale.

    L’écologie regorge de sens, même si la nature est peut-être, quant à elle, amorale (qui sait). Elle n’a à voir avec Cahuzac qu’en protéiformité, sans doute. Elle ne m’est définitive qu’avec le rejet de toute hiérarchie qui se veut immuable, implacable et inévitablement destructrice, tandis que le surplus (base du profit mais source de maintien parfois, quand l’hiver se fait long et affamé) ne peut jamais y relever de l’exploitation et de l’épuisement.

    Le programme de Rennes valait le détour en effet. Je m’étais pas cahuzaquement arrêtée à l’affiche.

  14. Mille pardons, LBL, mais ne passant pas mon temps à me demander qui sont les lecteurs de ce blog et comment ils vont, très sincèrement je ne parlais de personne en particulier.
    Je trouve pourtant fort intéressant le nombre de gens qui annoncent leur départ et puis reviennent, et puis repartent méditer en coulisses 🙂 Surtout des femmes ! Des lectrices à éclipses (je vais me faire mal voir mais tant mieux, j´adore ça 🙂 )

  15. Je suis assez d’accord avec Martine. La route n’est pas longue du « Tous Pourris! » au fascisme. Nous ne sommes pas les clients d’un Etat pourvoyeur de droits. L’Etat seul est bien incapable de garantir les droits des gens, ni meme leur securite la plus elementaire, si nous ne faisons pas nous-memes un minimum d’efforts pour garantir les droits et la securite les uns des autres. L’experimentation internationale en cours en Syrie est une illustration tragique de la fragilite de nos societes. Au lieu de se contenter de pointer du doigt les defaillances (evidentes) de l’Etat et de ses representants, demandons-nous ce que nous avons reellement fait pour empecher le nucleaire et les bombes atomiques, les pesticides et la destruction des semences traditionelles, les guerres coloniales et neo-coloniales, l’usage de plus en plus banalise du terrorisme par les gouvernements y compris le notre? Si nous ne faisons rien de concret nous-memes, pourquoi s’etonner de l’incompetence ou de la corruption du gouvernement, qui sont, apres tout, en notre nom?

  16. Florence

    Un aveu : ayant exactement la même stratégie de survie que vous (ne plus me frotter aux media, éteindre la radio — si je l’écoute — à l’heure des infos, etc.), jamais je ne serais allée voir ce programme si une curiosité de concierge ne m’avait poussée à identifier le séducteur plus-près-de-soixante-quinze-ans-que-de-soixante dont Fabrice parlait (et, hé hé, je crois que j’ai trouvé).

    Pour le reste, vous mettez le doigt je crois sur quelque chose dont peu de gens parlent, et qui pourtant va avec la crise écologique planétaire comme la doublure avec le vêtement : c’est la mutation qui s’opère sous nos yeux dans la psyché humaine (occidentale).
    Je me souviens d’un très frappant article de Dany Robert-Dufour dans Le Monde Diplomatique à l’époque très lointaine où je le lisais encore, qui tentait de cerner l’émergence de ces mutants.
    Ces mutant qui ne sont plus mus par les bons vieux ressorts kanto-freudiens — ou, pour parler en termes orwelliens, ceux de la décence ordinaire — ceux des archaïques que nous sommes. L’article (que j’ai gardé) m’avait d’autant plus fait froid dans le dos qu’il recoupait et nommait très précisément ce que j’observais et sentais là où je vivais et travaillais alors (dans le 93).

    La mutation ne concerne pas un seul groupe social, ni une génération, elle touche tous les âges et toutes les classes. Mais il semble logique de penser qu’elle s’est accomplie très tôt parmi les « élites » (l’avant-garde!) et que donc, comme vous le dites, Cahuzac et ses clones, ayant muté depuis si longtemps, ne comprennent sans doute très sincèrement pas ce que leurs agissements ont d’anormal, puisque (je vous cite)

    « dans une société où le moteur est le profit, désormais décomplexé, et débarrassé de toute direction et tout sens pour fricoter avec le culte de l’ego (les plus insatisfaits, les plus malades s’y retrouvent particulièrement, et détiennent les pouvoirs effectifs, je le crains), tous les moyens sont bons, toutes les postures sont adoptables. »

    Comme notre société en mutation prétend encore se référer à la « vieille » morale, alors qu’elle n’a de cesse dans les faits d’en faire table rase et d’encourager les comportements qui vont exactement à l’encontre de toute décence ordinaire, les affaires Cahuzac ne peuvent — exactement comme les soi-disant « scandales alimentaires » — que se multiplier.
    Jusqu’à ce que la transition soit accomplie, que tout soit enfin devenu cohérent, et que les archaïques soient à leur place, pucés, parqués et sous contrôle, dans les prisons de l’ultramodernité.

  17. Je me dis même que la mutation qu’a « subie » (est-ce le mot ?) la gauche française en arrivant au pouvoir, entre 81 et 83 (l’alignement « réaliste », ou l’acceptation totale et définitive de de la société de marché — comme on voudra) lui a sans doute permis de prendre quelques longueurs d’avance dans le processus général de mutation de la psyché et de la morale en cours dans les sociétés occidentales.

  18. Bonjour,

    « Mille pardons, LBL, mais ne passant pas mon temps à me demander qui sont les lecteurs de ce blog et comment ils vont, très sincèrement je ne parlais de personne en particulier. »

    Pardons refusés! L’humanité commence par là. Se demander si ceux avec qui nous jasons vont bien. Mais la grande sagesse fait que nous n’avons pas le droit de nous occuper ni de leur santé, ni du reste … 🙂

    « Je trouve pourtant fort intéressant le nombre de gens qui annoncent leur départ et puis reviennent, et puis repartent méditer en coulisses 🙂 »

    C’est la marque de « fabrique » des filles. Reculer pour mieux sauter. Les garçons mordent dès qu’un mollet passe, et même lorsqu’il n’y en un aucun dans les parages, ils en trouvent toujours. C’est leur côté « guerrier »! 😉

    « Surtout des femmes ! Des lectrices à éclipses (je vais me faire mal voir mais tant mieux, j´adore ça 🙂 ) »

    Mal voir? Raté, ma belle!
    Eclipses? Non! Deux lunes! J’ai vérifié! 🙂

    ——

    Cadeau. Chercher la suite vous même. Merci.

    Karachi : l’enquête met au jour une caisse noire de l’ex-Parti républicain.

    Les dernières découvertes des juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire, dans le volet financier de l’affaire de Karachi, révèlent l’existence, à la fin des années 1990, d’une « caisse noire » mise en place par les anciens dirigeants du Parti républicain (PR), notamment François Léotard. Au moins 40 millions de francs, qui seraient issus des ventes d’armes signées avec le Pakistan et l’Arabie saoudite par le gouvernement Balladur (1993-1995), dans lequel M. Léotard était ministre de la défense, auraient été détournés au profit du PR.

    Bien a vous toutes et tous,

  19. Y aura-t-il un remaniement du gouvernement ? La question est posée par les sondeurs, les journalistes, les politiques… Et comme souvent, mal posée.
    Au fond, ça changera quoi ?
    Il est plus facile d’opérer une valse des ministres qu’un remaniement des consciences. De toutes les consciences, s’entend, pas seulement des gens d’en haut. Encore que je ne mets pas sur le même plan ceux d’en haut et ceux d’en bas. Les premiers sont quand même ceux qui nous font la morale à longueur de discours et de coupes sombres, ils inspirent, par leur comportement une bonne frange de la société.
    Ces leçons de morale assénées par les élites sont d’ailleurs très ambivalentes, comme le suggère Valérie. Pour paraphraser Florence, la faim de réussite, de profit, de pouvoir… justifie tous les moyens. Au fond, c’est ça, la nouvelle morale en usage. Faites-votre trou, tant pis si d’autres tombent dedans, du moment que ça ne se voit pas…
    Une morale où les moyens justifient la fin, aussi. Tout ce qui est possible doit advenir.
    Mais je dois sûrement être un archaïque hors d’usage, un peu buté faute d’avoir « muté ».

    Sinon, édifiante, cette Charte des Transports Publics mise en lien par Florence :
    « Chaque usager doit être à même de bénéficier des prestations du service public sans se trouver en position d’infériorité en raison de sa condition sociale, de son handicap, de sa résidence ou de tout autre motif tenant à sa situation personnelle ou à celle du groupe social dont il fait partie. »
    Un nouvel exemple de cette ambivalence, pour ne pas dire pire (je m’auto-censure). On proclame les grandes valeurs pour mieux les piétiner. Parce qu’enfin, les électro-hypersensibles qui ne peuvent plus prendre le train à cause des compartiments saturés d’ondes, la SNCF qui refuse de proposer ne serait-ce qu’un wagon sans wifi et sans portables, c’est quoi, sinon de la muflerie ordinaire ? Là encore, je reste poli. Ce qui n’enlève rien à la goujaterie banale d’imposer sa vie privée et ses nécro-ondes dans l’espace public.
    Mais je dois être un anarcho-archaïque, sans doute.

  20. Laurent Fournier

    vous posez très bien les questions de bon sens fondamentales, malheureusement, comme dans la chanson de Boris Vian, personne n´y répond. Pour la bonne raison qu´elles obligent à un vide-grenier mental ! Et ça, l´humain n´aime pas trop ! Rapport à son amour-propre souvent boursouflé !
    Je vous fais quand même des grosses bises (en tout bien tout honneur 🙂 ) pour les avoir évoquées.

    « Soyons le changement que nous voulons voir dans le Monde » (Mahatma Gandhi)

  21. J’avais écrit un truc de plus et il est parti – avec une panne de mon ordinateur.
    Et ce que je trouve en revenant est très intéressant !

    Avez-vous trouvé Valérie le nom du vieux séducteur ? Concierges, nous le sommes toutes, « misérables » femmmes, entre deux menstrues !

    Ce n’est pas tant ceci qui m’intéresse que le reste… (un petit clin d’oeil, je ne connais l’astuce pour les intégrer dans le texte).

    Et que je vais relire ces deux derniers commentaires.

    J’avais centré mon blabla envolé sur le changement de paradigme, « tous pourris », qui a la rigueur ne me gêne pas (micro-organismes, champignons dans l’esprit, que capte si bellement Bernard Boisson). Question de regard, de distance, et de distinction (et nous ne sommes pas des champignons ! si nous cherchons à nous accomplir), or, tel semble être notre chemin réductionniste. Ce fut un jour les insectes qu’un écrivain médiatique – Rezvani, cita pour nous décrire. Mais même en ce domaine naturel, les formes et les organisations sont multiples, diverses.

    Mutation humaine, ou peut-être développement singulier, autonome ? L’écologie doit sans doute y prendre son assurance, et pas forcément dans le rejet.
    Là, c’est pur doute, et sentiment de départ.

    Une chose que j’ai envie de ré-écrire du texte perdu : les plantes ont besoin de pousser pour vivre, les animaux de bouger… (notation scientifique sûrement édulcorée, mais de ces lois universelles dans lesquelles je puise force et vérité primales).

    Changer de paradigme c’est ouvrir les yeux sur le contemporain et fouiner, explorer, expérimenter au-delà pour ne pas crever en parc, ou sous rayons. S’éloigner des modèles, tout en les auscultant, L’Etat, par exemple. Oeuvrer pour l’émergence et la vitalité de nouvelles modalités, non imposées par le haut, avec toute la perversité dont ce haut est aujourd’hui capable (même celle de faire croire qu’il n’est pas en haut, jamais responsable, tous les combles sont honorés sans vergogne). Je n’ai aucun respect pour ces personnes. Je les vois nuisibles et inutiles dans leurs fonctions. Quant aux fonctions ! Auscultons !

    Allons anarcho-écolos !
    Notre connaissance de cheminants refusants ne doit pas nous faire croire que nous sommes du passé.

  22. Juste une precision: En ecrivant « Si nous ne faisons rien de concret nous-memes » je ne visais personne ici (a part moi-meme!) et je pensais surtout a Simone Weil et a son « Prélude à une déclaration des devoirs envers l’être humain », et a la « declaration des devoirs de l’homme » que Fabrice Nicolino appelle de ses voeux, et aussi a Deleuze et Foucault qui pensent le desir comme quelque chose de plus haut que la simple satisfaction d’un besoin ou la simple compensation d’un « manque », et aussi a Maitre Eckhart, qui disait que la justification la plus haute pour « operer une oeuvre » c’est « j’opere parceque j’opere ».

    Voila un projet de retournement total qui peut re-ouvrir des portes!

    (et qui ne nous fera pas regretter les systemes trop parfaits et irreels de Freud et Kant, contrairement a ce que Dany-Robert Dufour semble suggerer)…

  23. Mais ce que dit Dany-Robert Dufour, notamment sur la pornographie du capitalisme, est tres tres interessant! J’ai eu l’occasion de voir « zero dark thirty » (je n’ai pas eu le courage de le regarder en entier) et c’est pire que de la pornographie traditionelle, c’est Sade au carre…

  24. Florence

    Sur le vieux séducteur : vous me poussez à la délation mais non, je ne dirai rien. Et puis je me trompe peut-être.

    [Soixante ans, ou soixante-et-un ans, le bel âge, on dirait ? Chouette alors, les lendemains, et même les surlendemains, vont chanter un maximum]

    Je vous laisse ausculter, mais encore ceci avant d’aller sur la terrasse profiter un peu du froid soleil provisoire : comme je progresse, mine de rien, je sens une contrepèterie approximative possible dans vos « cheminants refusants ». Prudence.

  25. http://fr.wikipedia.org/wiki/Dany-Robert_Dufour

    Que je mets en relation avec le décès « confortable » que je viens de vivre, dans les locaux de l’hôpital de ma région. « Confortable » fut le mot assourdissant que tout le corps médical proférait dans un sourire non dissimulé à chaque visite de la chambre de l’agonie.

    Et puisque je me suis intéressée à l’homéopathie, et que les tenants de cette médecine ne craignent pas de dire que la santé générale est en état grave, du fait de l’usa

  26. Laurent Fournier,
    Deleuze (sans oublier Guattari 🙂 ), Foucault et Maître Eckhart. Voilà de bien belles références.

    Si le thème vous intéresse, je viens d´entendre parler d´un ouvrage que je vais commander. Il s´agit du livre d´Antonio Pagnotta, « Le dernier homme de Fukushima ».
    Naoto Matsumura a refusé de quitter la zone interdite autour de la centrale dévastée et d´abandonner sa ferme. Il vit seul dans le périmètre hautement radioactif et s´occupe des animaux abandonnés.
    « A travers le lien qu´il maintient entre l´homme et la nature, le respect et le soin qu´il doit aux pierres, aux plantes et aux bêtes, il incarne la lutte de la terre contre le nucléaire, le jour après l´apocalypse. Matsumura est bien plus qu´un militant écologiste : pour trouver la force de survivre, et sauver sa ville, il puise dans le Japon de la religion et des philosophies ancestrales. »
    http://www.donquichotte-editions.com/documents/le-dernier-homme-de-fukushima/

    Un très grand monsieur, un magnifique représentant de l´humanité.

  27. Je cherche encore alors :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Dany-Robert_Dufour

    Que je mets en relation avec le décès « confortable » que je viens de vivre, dans les locaux de l’hôpital de ma région. « Confortable » fut le mot assourdissant que tout le corps médical proférait dans un sourire non dissimulé à chaque visite dans la chambre de l’agonie.

    Et puisque je me suis intéressée à l’homéopathie depuis quelques mois (Planète-homéo), et que les tenants de cette médecine ne craignent pas de dire que la santé générale de la population est en état grave (hyper-dégradée, les atteintes émotionnelles devenues courantes, comme par exemple l’autisme, alors qu’elles sont les bastions que la vie préserve au maximum), du fait de l’usage intensif de médicaments allopathiques, de vaccins (oui, je sais, la critique n’est pas toujours facile – car trop facile ?, mais il faut y regarder, et devoir la faire sur un nourrisson en pleine forme pour commencer de se réveiller), de toutes sortes de pratiques de prévention, d’inspection, etc…, j’ai récemment conclu que le domaine où notre chère médecine (ou religion d’Etat, encore une, tout simplement pétrie de profit, et de marketing, la Religion, donc !) excellait (c’est évidemmment tout en ironie noire) dans les traitements psy.
    Croyez bien que je sais de quoi je cause.
    Et les traitements de fin de vie plongent leurs hideuses manières dans la même lie.

    Seriez-vous un patient un peu trop nerveux, alors que le cancer vous a déjà rongé les sangs, ou que votre cerveau flanche visiblement ? Votre attitude perturbe le service ! Vous êtes prête à visiter tel voisin ? Quitter votre soeur par embrassement sérieux ? Vous ne le savez que trop, nous sommes en sous-effectif, et quelle que soit notre serviabilité, nous ne voulons point de votre restant de vitalité humaine, pas de celle que vous manifestez, trop librement, trop indépendamment…

    Une petite dose d’Hypnovel, et vous serez confortable, votre famille aussi.
    Le spectacle ne tracassera personne, il sera même inoubliable. Cela fleurerait le film cité par Laurent !
    Retenir ce nom : HYPNOVEL. Panacée pour euthanasie programmée ?

  28. Extraordinaire courage de Naoto Matsumura!
    Difficile a se representer. Il me semble que cela illustre comment les Orientaux vivent la catastrophe comme quelquechose d’exterieur a eux, « qui leur arrive ». Alors que les Occidentaux la vivent comme quelquechose qui vient du profond d’eux-memes, qui est inherent a leur projet (voir la logique implacable de Virilio). D’ailleurs toutes les catastrophes viennent d’Occident. Le film « Stalker » de Tarkovsky, qui m’a laisse une impression inoubliable alors que je n’etais qu’adolescent a l’epoque, tente il me semble de faire un pont entre les deux. C’etait deja Fukushima, et un peu Naoto Matsumura, un peu Valery Legassov. A moins que ca n’ait ete inspire de Mayak, dont Jaures Medvedev avait revele l’existence dans un isolement redoutable et cruel, collusion de l’administration sovietique et du nucleaire Occidental, non moins Stalinien.

  29. Expérience de physique (pas très) amusante:
    si c’est du bon grain, mettez-le dans la coupe A, si c’est de l’ivraie, dans la coupe B.
    Ensuite réunissez les contenus des coupes A et B dans une coupe C. Secouez. Observez.
    Conclusion: l’honnêteté en politique est thermodynamiquement instable. L’état le plus probable, qui correspond à l’énergie libre minimale, est la confusion des genres.

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