Notations sur le trio Valls-Fouks-Bauer (et l’affaire Cahuzac)

Je commence le premier de deux articles périphériques à l’affaire Cahuzac, et je ne prétends rien révéler. Quoique. Le second, je le gage, surprendra, bien qu’il n’ait aucun rapport direct avec l’ancien ministre du Budget. Commençons par un article publié sur Planète sans visa le 30 novembre 2012, quelques jours avant les premières révélations de Mediapart sur le désormais fameux compte en Suisse du chirurgien capillaire (ici). Sur fond d’un remarquable article paru dans Le Monde, j’ajoutais une poignée de sel personnelle aux liens d’amitié éternelle entre le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, l’ancien conseiller de Sarkozy Alain Bauer et Stéphane Fouks, le responsable de l’agence de pub RSCG, devenue l’été passé Havas Worldwide.

Quand Rocard n’avait que 61 ans

Quand j’écris « amitié éternelle », je me moque, certes, mais l’attachement qui unit les trois hommes est réellement singulier. Ils se sont connus jeunes adolescents, et conservent des attaches qui défient le temps et le reste. Citation de Valls en 2008, à propos de Bauer : « Si Alain pense qu’être sarkozyste est utile et cohérent, il en a le droit. L’amitié transcende les clivages politiques ». Les trois s’aiment, se voient souvent et croit-on comprendre, partagent énormément. Gardons dans un coin de la tête qu’ils ont été des piliers du courant rocardien dans le PS des années 1980. Ce qui est loin d’être indifférent. Rocard est aujourd’hui dans l’état qu’on sait, mais en 1980, il espérait bien représenter la gauche à la présidentielle de 1981 – l’Histoire en a décidé autrement -, avant d’obtenir en 1988 le poste de Premier ministre, conservé jusqu’en 1991. Cela, tout le monde le sait.

Mais après ? Quand Mitterrand le lourde de Matignon comme un simple valet de ferme, Rocard n’a pas abandonné ses ambitions. Il n’a jamais que 61 ans et il pense que la politique ne lui a pas rendu justice. Il s’est toujours vu en Moderne de la gauche, que des archaïques d’une part, et des renards comme Mitterrand d’autre part, auraient privé de la seule carrière qui vaille réellement : la présidence de la République. Il pense donc fort justement à l’élection de 1995, qui sera finalement gagnée par Chirac, et… le reste n’est que supputations. Lorsque l’on prévoit de mener pareil combat électoral, sans appui du parti auquel on appartient – Jospin le mitterrandiste est premier secrétaire -, il faut de toute urgence constituer un trésor de guerre.

Pas de fric, pas d’élection. Comment Rocard a-t-il procédé ? Je n’en sais rien, mais comme il est encore permis de s’interroger, je m’interroge. Jérôme Cahuzac n’est-il qu’un individu pris dans les pièges bien connus de la toute puissance ? Je note qu’entré au parti socialiste en 1977, il y aura été rocardien pendant près de vingt ans. Un léger bail. Quand Rocard devient Premier ministre en 1988, Cahuzac entre au cabinet ministériel du ministre de la Santé Claude Évin, plus-rocardien-que-lui-tu meurs. Et à quel poste ? Celui du médicament, stratégique s’il en est. Car il recouvre les sulfureux rapports entre les laboratoires pharmaceutiques et le pouvoir politique. En 1991, lorsque Rocard passe à la trappe, Cahuzac sort avec lui des ors ministériels, et crée dans la foulée une clinique d’implants capillaires qui lui rapporte beaucoup d’argent. On comprend moins bien pourquoi, les poches pleines, il lance en 1993 le très ébouriffant cabinet de lobbying Cahuzac Conseil. Après avoir, en théorie du moins, commandé aux labos, il leur devient soumis, en théorie du moins, et leur donne divers conseils sur la manière de mieux vendre leurs médicaments.

Cahuzac était-il bien tout seul ?

À ce stade, une vraie question : le PS est-il déjà si corrompu, moralement parlant, en 1993, qu’il ne s’inquiète pas d’un si lamentable pantouflage ? Interrogation subsidiaire : pourquoi les rocardiens laissent-ils un des leurs, et non des moindres, verser dans ce qu’il faut bien appeler une grossière combine ? À moins que Jérôme Cahuzac n’ait été plutôt en service commandé, financièrement commandé ? Je vois d’ici les critiques, mais je peux assurer aux lecteurs occasionnels – les autres me connaissent – que je n’entends pas pour autant exonérer Cahuzac. Dans tous les cas, ce type me dégoûte. Reste que dans l’hypothèse où Cahuzac Conseil aurait servi d’autres buts que personnels – par exemple du financement politique -, on peut se demander si ce compte qui demeurait hypothétique la semaine passée est bien seul. N’y en a-t-il pas deux, dix, vingt ? Combien d’argent a pu circuler au cours de ces années-là entre la Suisse et Paris, sous quelle forme, et à quelle destination ? On est en droit de poser des questions.

Et poursuivons par Alain Bauer. Cet homme un peu plus qu’étrange, mêlé quoi qu’il en dise à la stupéfiante opération policière de Tarnac – l’affaire dite Coupat-Lévy -, est un acharné de la sécurité dans sa version sarkozyste. Quel rapport avec Cahuzac ? Extrait d’un article paru dans Le Monde du 3 avril (ici) : «« Mais évidemment, qu’il a un compte en Suisse ! » C’était le 12 décembre 2012, au tout début de « l’affaire Cahuzac ». Le spécialiste des questions de sécurité Alain Bauer, qui connaît aussi bien le monde du renseignement que la Rocardie et la franc-maçonnerie, lâche la confidence au Monde, au détour d’une conversation ».

Bauer savait, et Fouks conseillait

Je précise que l’on parle du 12 décembre 2012, soit huit jours après le premier article de Mediapart. Bauer sait déjà. Et si j’écris de manière affirmative, c’est que Bauer n’est pas un perdreau de l’année. Il sait très bien qu’en s’avançant de la sorte auprès d’une journaliste du Monde, il joue une partie de sa réputation. Il n’est pas du genre à se vanter, en tout cas pas à tort.

Il sait. Mais comment ? Quantité de personnages, à commencer par les flics que Bauer connaît si bien, ont pu parler. Seulement, il est impossible de ne pas penser à Stéphane Fouks, l’homme de la pub, l’homme de Havas Worldwide, l’ancien rocardien des années 80. Fouks est l’homme de la com’ au parti socialiste, plus qu’aucun autre. Après que Rocard eut clairement perdu la main, et définitivement- aux Européennes de 1994, la liste socialiste qu’il présente ne dépasse pas le score calamiteux de 14, 5 % -, Fouks se met au service de Jospin. Il sera jugé en partie responsable du désastre de 2002, ce qui ne l’empêchera aucunement de rempiler. Avec un certain DSK, dont il suivra tous les méandres, jusqu’à l’explosion en plein vol au Sofitel de New York. La com’ de DSK, ses vaines tentatives de manipulation à la télé après la sinistre affaire Nafissatou Diallo, c’est lui. C’est Fouks.

C’est sans surprise qu’on le retrouve chez Cahuzac, où il parvient à placer à son cabinet, comme conseillère en communication détachée de sa boîte de pub, une certaine Marion Bougeard. Si vous avez la curiosité de lire mon prochain article, vous verrez que j’ai des choses précises à dire sur cette personne, qui valent un petit détour. En attendant, Fouks. L’une de ses spécialités est de placer dans les centres de pouvoir d’anciens salariés de son agence de pub. Par exemple, et ce n’est pas exhaustif : Aquilino Morelle, conseiller politique du président ; Gilles Finchelstein, qui peaufine les discours de Pierre Moscovici ; Sacha Mandel, conseiller en com’ du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian ; Viviane Nardon, conseiller en com’ du président de l’Assemblée, Claude Bartolone. Pas mal, non ?

Toute la communication de crise de Cahuzac, en tout cas, c’est donc lui. Les dénégations, et jusqu’aux aveux, dûment travaillés, du chirurgien, idem. Question de bon sens : Fouks, qui maintient des liens irréfragables avec Valls et Bauer, n’aurait-il pas murmuré à l’oreille de ce dernier que Cahuzac détenait bien un compte caché ? Ce n’est pas un crime de l’imaginer. Reste le cas Manuel Valls, qui est je dois dire fort intéressant. Car Valls, comme ses deux compères Bauer et Fouks, a donc été rocardien, avant de basculer, faute d’un autre champion, du côté de Jospin et, un temps, de DSK. Oui, dans ce petit monde, chacun se tient par la barbichette. Pardonnez-moi de me citer, mais je dois revenir sur un scandale retentissant, celui de la MNEF, où l’on apprit notamment que la mutuelle étudiante de 1998 était une vaste entreprise au service financier du parti socialiste.

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Voici ce que j’écrivais ici dans l’article déjà cité du 30 novembre 2012 : « Si vous voulez vous rafraîchir les idées sur les détournements de fric, les emplois fictifs, la crapulerie au détriment de la santé des étudiants, c’est ici. On retrouve dans cette arnaque massive deux courants, en réalité. Le PS, certes, mais aussi et d’abord la secte politique à laquelle a appartenu en secret Lionel Jospin, qui s’appelait jadis Organisation communiste internationaliste (OCI), menée par l’un des personnages les plus mystérieux de notre après-guerre, Pierre Lambert. Dans la Mnef, on retrouve un peu tout le monde. Spithakis, son patron, ancien lambertiste devenu socialiste, mais aussi les députés Cambadélis et Le Guen, et bien sûr DSK lui-même. Où se cache Valls dans le tableau ? Attention aux plaintes en diffamation, car Valls n’a pas, à la différence de 17 autres prévenus, été condamné. Il est donc innocent. Mais il n’est pas interdit de rappeler cette lettre de Manuel Valls envoyée le 21 décembre 1990 au président de la Mnef, Dominique Levêque (ici).

Deux choses sont très intéressantes. Un, elle est à en-tête du Premier ministre de l’époque, Michel Rocard. Valls est alors son conseiller à Matignon. S’il utilise ce papier officiel, c’est évidemment pour montrer qu’il agit ès-qualités, en service commandé. Deux, Valls y menace la Mnef de représailles si elle refuse d’admettre dans son conseil d’administration un certain Emmanuel Couet. Les deux faits réunis suggèrent assurément qu’il existe un lien de subordination inconnu entre le parti socialiste au pouvoir, et cette Mnef où circule tant d’argent. Ah ! j’allais oublier. Dans sa lettre, Manuel Valls précise que « depuis des années, nos relations [entre lui et la Mnef] sont basées sur la confiance et le respect des dispositions arrêtées en commun avec moi-même et Alain Bauer. » Car Bauer est là, lui aussi, qui dirigera l’une des filiales de la Mnef ».

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Et Manuel Valls, au fait ?

Et je reprends le fil directement. Est-il crédible que Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, n’ait pas su, entre décembre 2012 et avril 2013, que son ancien camarade rocardien Jérôme Cahuzac avait un compte caché ? Ses si nombreux policiers n’auraient rien pu lui apprendre, alors que la crise politique enflait de semaine en semaine ? Passons. Au-delà, est-il concevable que ses deux amis les plus proches, Fouks et Bauer, ne lui aient rien confié ? Fouks, qui conseillait jour après jour le soupçonné, n’aurait rien su lui-même ? Et Bauer, qui clamait dès le 12 décembre 2012 qu’il savait ?

Je constate sans malice que Valls s’est évertué, depuis décembre, à ne surtout pas évoquer l’affaire Cahuzac, qui plonge pourtant certaines de ses racines aux origines de sa propre carrière politique. En sait-il plus qu’il ne le dit ? Permettez-moi de rire un bon coup.

PS : La suite dans pas trop longtemps, avec les aventures de Marion Bougeard au pays des gaz de schistes.

25 réflexions au sujet de « Notations sur le trio Valls-Fouks-Bauer (et l’affaire Cahuzac) »

  1. Analyse très intéressante et crédible.

    Mais son point faible est de faire l’impasse sur un personnage discret mais terriblement efficace: Jean-Marc Ayrault.

    Ayrault connait tous ces acteurs et entretien des relations constantes avec eux. Grâce à une subtile image de démocrate-chrétien pas intéressé par l’argent, il a réussi à installer à Nantes un système d’une perversité redoutable.

    Il a placé à la mairie, à la métropole,à la région et dans TOUS les organismes para-publics de la région des affidés de confiance. Il fait surveiller ses opposants par des pratiques discrètes mais nauséabondes.

    Il utilise tous les moyens possibles pour soigner son image locale avec des agences de com. financées indirectement sur argent public.

    Ses liens avec des sociétés comme Véolia ou Vinci et bien d’autres sont connus. Mais l’animal est malin et a toujours réussi à se mettre bien avec les différents camps du PS, de Rocard à Royal ou à Hollande.

    Posez vous la question de savoir avec qui il a passé ses derniers congés d’hiver au ski en famille. Avec la famille de Manuel Valls bien sur, en toute discrétion, dans des chalets isolés et voisins.

    Creusez du coté de Nantes et des relations du camp Ayrault avec les syndicats. Vous allez en trouver des vertes et des pas mures.

    Ce n’est pas par hasard s’il est à Matignon. lus que Hollande, Ayrault est l’homme orchestre de toute cette machination. Le système des réseaux Ayrault n’est pas localisé à Nantes.

  2. Cahuzac a tenté de placer 15 millions d’euros en Suisse en 2009.

    GENEVE – L’ancien ministre français du Budget Jérôme Cahuzac a cherché à placer 15 millions d’euros en Suisse en 2009, annonce dimanche la télévision publique suisse (RTS).

    Il aurait tenté de placer cet argent dans un établissement de gestion financière à Genève en 2009 mais l’établissement aurait refusé par crainte de complications ultérieures, Jérôme Cahuzac étant une personnalité exposée politiquement, selon des informations bancaires recueillies par la rédaction de la RTS, écrit la RTS sur son site.

    Avec l’acceptation en 2009 par la Suisse de se conformer à partir du 1er janvier 2010 aux règles de l’OCDE en matière d’évasion fiscale, M. Cahuzac a cherché à escamoter ses avoirs et a pu clore son compte à la banque UBS avec l’aide de la société financière Reyl et Cie qui a placé l’argent dans la succursale de Singapour de la banque privée suisse Julius Baer.

    La somme concernée par cette opération est de 600.000 euros, comme l’a dit M. Cahuzac et comme l’a laissé entendre à la presse le procureur genevois Yves Bertossa, en charge de l’enquête.

    Le parquet de Genève, qui a saisi les documents bancaires concernant ce compte chez UBS et chez Reyl, a précisé ne pas avoir étudié le détail des mouvements de ce compte, tâche qui reviendra au parquet de Paris, à l’origine de la demande d’entraide judiciaire.

    Il n’y a pas eu de perquisition chez Julius Baer. Le parquet de Genève n’a pas exclu de recevoir des demandes complémentaires de Paris.

    Selon la RTS, des sommes plus importantes auraient été déposées ou transférées par Genève dans les années précédentes, c’est-à-dire avant 2009.

    La somme de 15 millions était le chiffre donné par Mediapart, le site français d’information qui a révélé l’affaire.

    Des sources spécialisées, contactées par l’AFP, n’excluent pas aussi l’existence d’un autre compte et s’étonnent de la relative modicité de la somme transférée sur Singapour compte tenu des frais facturés pour de telles opérations.

    Samedi le quotidien zurichois Tages Anzeiger a affirmé que l’ancien ministre avait menti à la banque Julius Baer en fournissant un certificat fiscal falsifié pour obtenir le transfert à Singapour.

    En tant qu’intermédiaire financier, Reyl & Cie n’était pas soumise aux mêmes règles que les banques et ne devait pas fournir de renseignement sur les détenteurs de ses comptes.

    Reyl & Cie a ouvert auprès de l’UBS un compte omnibus, soit un compte comprenant les fonds de plusieurs clients, seulement connus de la banque, et parmi lesquels figurait Jérôme Cahuzac, dont l’argent est resté de facto à l’UBS.

    En 2009, après que la Suisse s’est déclarée prête à accorder l’aide judiciaire en cas d’évasion fiscale, Jérôme Cahuzac a estimé que la situation devenait trop dangereuse à Genève et a demandé à Reyl & Cie de transférer les fonds sur un compte ommnibus à Singapour, auprès de la filiale de la banque Julius Baer .

    La banque Julius Baer a réagi avec prudence, a écrit le Tages Anzeiger. Elle a réclamé à Reyl & Cie, bien que rien ne l’y obligeait, un formulaire appelé formulaire A, qui fait apparaître le nom du détenteur des fonds.

    Lorsque les banquiers de Julius Baer ont vu qu’il s’agissait d’un homme politique, ils ont demandé un document certifiant que les fonds avaient bien été déclarés au fisc compétent.

    Selon des recherches effectuées par le Tages Anzeiger, Jérôme Cahuzac a présenté un certificat fiscal falsifié. Il a également assuré que ces 600.000 euros provenaient de son activité de chirurgien esthétique, ajoute le journal. En conséquence, Julius Baer a autorisé l’opération de transfert de fonds.

    AFP 07 avril 2013

  3. «On ne peut pas bénéficier de l’expertise financière d’un grand conseiller financier parisien articulée à une société financière genevoise articulée à la plus grande banque de gestion de fortunes du monde, UBS, à Genève, et ensuite à Singapour sans mettre sur la table non pas 600 000 euros mais au moins dix millions d’euros.

    C’est le ticket d’entrée pour bénéficier de ce genre de services », affirme Antoine Peillon, journaliste à La Croix,

  4. Que peut représenter cette somme de 15 000 000 d’euros à déposer en suisse :
    500 ans de salaire pour quelqu’un qui gagne 30 000 net par an ou au choix le salaire annuel de 500 personnes payées 30 000 euros brut?
    multipliez ça par le nombre de fraudes effectives …
    liberté-égalité-fraternité: une devise « dépassée » pour les fraudeurs en devises ;
    nous qui travaillons beaucoup pour moins de 2 000 euros net par mois et qui déclarons au fisc à l’euro près, nos salaires , qui donnons plus de 2 mois de salaires en impôts et taxes diverses, il me semble que nous sommes tous cocus dans cette histoire; cocus mais nobles;
    misérables!

  5. Hors-sujet, pardon :
    le 23 avril à 20 heures 50, Arte diffusera un documentaire intitulé « Océans Poubelles ».

    Une petite soirée télé en famille, pour que les mômes prennent la mesure de l´avenir radieux qui s´ouvrent à eux !

    « Immerger des fûts de matières irradiées en pleine mer semble scandaleux, mais cette technique a été considérée comme une forme de stockage scientifiquement justifiée : la radioactivité des déchets déposés à plus de 4 500 mètres de profondeur était censée s´éliminer par dilution. Près des côtes d´Europe reposent ainsi plus de 100 000 tonnes de déchets radioactifs oubliés. »
    http://www.arte.tv/guide/fr/046923-000/oceans-poubelles

    Franchement, cela me fiche plus les jetons que les comptes off-shore des poubelles politiciennes. Parce qu´un jour, les fûts tranquilles qui somnolent sur les fonds marins, ici ou ailleurs, se rappelleront à notre bon souvenir ou à celui de nos descendants. Et là, finis les palabres, commencera le temps des lamentations et de la « faute à pas de chance » 🙁

  6. O cives, cives, quærenda pecunia primum est ; Virtus post nummos !
    « Citoyens, citoyens, il faut gagner de l’argent d’abord ; la vertu ne vient qu’après l’argent ! »

    Horace, Epître I, 1.

  7. Nouveau câble de Wikileaks
    révèle la stratégie de l’ambassade américaine pour déstabiliser le gouvernement Chavez – RT Nouvellesrt.com.
    Dans un câble secret américain publié en ligne par Wikileaks, ancien ambassadeur au Venezuela, William Brownfield, expose un plan détaillé pour infiltrer et déstabiliser le gouvernement de l’ancien président Hugo Chavez.
    http://rt.com/news/wikileaks-venezuela-us-chavez-358/

  8. Chez Reyl, “des dizaines de personnalités françaises…”

    L’établissement suisse de Cahuzac, Reyl & Cie, a procédé au transfert à Singapour, fin 2009, de plusieurs dizaines d’autres comptes secrets de personnalités françaises de la politique, du sport et du showbiz.

    L’homme qui parle ne veut être ni “cité” ni “identifié”. Banquier en Suisse, sa discrétion est l’assurance de sa tranquillité. Mais ce qu’il sait donne le tournis alors que vient d’éclater la bombe Cahuzac.

    “La banque Reyl, à l’automne 2009, juste avant la date du 1er janvier 2010, à laquelle la Suisse allait devoir appliquer des conventions d’entraide judiciaire internationale avec la France, s’est livrée à de vastes transferts de comptes, entre autres, vers Singapour, assure-t-il. Tout le monde en interne a été mobilisé pour cette opération concernant tous les comptes non déclarés. Parmi eux, il y avait le compte de Jérôme Cahuzac, mais aussi plusieurs dizaines d’autres français. Des personnalités de la politique, du sport et du show-biz. Je connais certains noms… Certains vous surprendraient.”

    Fondée par Dominique Reyl, le demi-frère d’Hervé Dreyfus, le gestionnaire de fortune de Cahuzac, Reyl & Cie gère, depuis 1973, de discrètes fortunes qui cherchent à se défiscaliser. En sept ans, depuis 2006, ses fonds sous gestion ont explosé, passant à 6 milliards d’euros.

    Accusé par Mediapart d’être la deuxième voix de la cassette Gonelle, Hervé Dreyfus, depuis décembre dernier, se mure dans le silence. Jérôme Cahuzac avait jusque-là juré à ses proches qu’il ne le connaissait pas, “sauf pour une consultation sur son cuir chevelu”. C’était donc faux. Il l’avait rencontré par son frère, Antoine Cahuzac, longtemps en poste à HSBC.

    Gestionnaire de portefeuilles chez Raymond James Asset Management à Paris, Hervé Dreyfus dirigeait ses clients fortunés chez Reyl & Cie et son demi-frère en Suisse lorsqu’ils souhaitaient défiscaliser leurs avoirs. “Cahuzac nous avait juré que Dreyfus, selon lui, était proche de Sarkozy et gérait même les fonds d’un de ses lieutenants”, confie un des anciens collaborateurs de l’ex-ministre du Budget.

    Interrogé samedi par le JDD, le lieutenant en question de l’ancien président de la République “dément de façon catégorique”… Reste qu’il reconnaît au passage qu’ ”Hervé Dreyfus, via sa femme, dont il est aujourd’hui divorcé, a été très proche de Cécilia Attias”.

    Une information confirmée à Genève : “Hervé Dreyfus, qui n’est pas ni un bavard ni un vantard, ne s’est jamais caché d’être un intime de Nicolas Sarkozy et de sa première épouse”, indique un banquier.

    Rien ne dit qu’une proximité amicale entraîne des placements financiers offshore, mais dans ce milieu où le relationnel compte beaucoup, il y a fort à parier que le carnet d’adresses d’Hervé Dreyfus recoupe en partie celui de l’ancien couple présidentiel.

    Une autre personnalité de l’UMP, l’ancien sénateur Paul Dubrule, président du conseil de surveillance du groupe Accor et retiré en Suisse depuis 2006, a également eu des comptes dans l’établissement.

    “À ce stade, le juge Van Ruymbeke n’est pas saisi d’une enquête sur Reyl & Cie, mais sur M. Cahuzac. S’il devait découvrir d’autres placements suspects français, il avisera”, indique une source judiciaire. “Lors de la perquisition chez Reyl du 22 mars dernier, rien d’autre que les documents liés à M. Cahuzac n’a été saisi”, précise-t-on au parquet de Genève.

    Comme une centrale nucléaire ayant perdu son dôme de protection, la lessiveuse Reyl & Cie promet un nuage radioactif pour “plusieurs dizaines” de fortunes françaises.

    http://www.lejdd.fr/Societe/Actualite/Chez-Reyl-des-dizaines-de-personnalites-francaises-600615

  9. L’écoeurement est total. Comme les gens sont dociles de se faire entuber par pareils monstres… De quoi ont-il peur ?
    En attendant qu’ils se réveillent, réveillez vous avec nous :
    Après la manif de 20 000 personnes CONTRE les gaz de schiste, Villeneuve de Berg (07) redevient le temps d’un week-end (le prochain : 13 et 14 avril), le « centre du monde » :
    http://www.oui-transition07.org/
    Qui y sera ? Y viens-tu Fabrice ?

  10. sans remonter jusqu’à ces gens ..ce qui me « terrorise » en premier ce sont ceux qui sont autour et qui te pressent de toute part : « pas dire çà, pas comme çà; et au premier mot mal compris se ferment; à la base, la qualité de la communication horizontale entre les gens est quand meme bien déplorable! peut etre estce que les autres peuvent prospérer là dessus

  11. Vous exposez là les raisons pour lesquelles j’ai toujours refusé de voter pour cette racaille, ces mafieux.
    Le sentiment que dès que l’un d’eux désobéit, sort un tant soit peu du rang, trahit, hop, il est donné en pâture aux médias.
    Le peuple s’en offusque un moment, un tout petit moment et puis la vie continue, comme si…..
    Une politique propre? Impossible.
    Pouvoir et Argent sont trop liés, nous le savons bien.
    Ils sont tous, même ceux que j’ai envie de croire différents, en harmomnie avec le monde d’où ils viennent, formatés depuis bien longtemps à l’arrogance du pouvoir par l’argent, des arrangements en tous genres avec leurs clones, ceux d’ici et d’ailleurs.
    Je les perçois comme les « victimes » d’un art de vivre qu’ils n’ont pas vraiment choisis, auquel ils sont habitués, depuis toujours……
    Pour ceux qui rejoignent leur rang et qui découvrent tous les possibles, la tentation est si grande.
    Voilà pourquoi je désespère de voir le monde tourné rond un jour.
    Peut-on entrevoir dans ce qui se déroule aujourd’hui quelques fêlures plus profondes qu’à l’accoutumée? c’est bien possible mais leurs parades sont diaboliques…..ils sont capables de tout.
    A suivre.
    Merci Martine pour l’info.

  12. À lire tout ça, ce devrait déclencher une révolution. Cela ne ressemble-t-il pas aux turpitudes de l’ancien régime ? L’anesthésie fonctionne toujours, mais quand la réaction viendra, elle sera terrible.
    Fabrice a raison : voter ne sert à rien, puisque les élus se comportent tous de la même manière, sinon contractent la gangrène mentale pour les plus neufs d’entre eux. Et c’est une conséquence du capitalisme.
    Mais alors il y a une chose vraiment comique dans cette histoire : si tous ce beau monde est au courant, comment Pépère et son Premier ministre peuvent-ils imaginer nous faire gober qu‘ils se sont fiés à la seule parole de Cahuzac ?
    Eh oui, rions un grand coup et regardons le crash de ces coteries. Offenbach, au secours, ils sont devenus drôles !

  13. Le collectif « Non au gaz de schiste 47 » se joint à l’association « Halte à la pollution » qui organise samedi 27 février une manifestation pour empêcher l’usine d’enrobé de Samazan de continuer de polluer l’air et la nature.

    Cette usine projette des fumées toxiques polluant toute la vallée. De plus, étant construite en zone inondable (et inondée), des hydrocarbures et métaux lourds partent dans la nature. Tout a été fait en toute impunité !

    RÉSUMÉ : Une usine de BITUME EUROVIA filiale de VINCI, s’installe sur la ZAC de SAMAZAN en février 2009 et toute la vallée de L’AVANCE se fait enfumer (au sens propre et au figuré). C’est le départ de la révolte des riverains contre l’usine. Des habitants et des agriculteurs des cinq communes voisines de la centrale viennent nous voir, parce qu’ils sentent une forte odeur de goudron qui rentre jusque dans les maisons.

    Pourquoi ? Parce que l’usine projette d’épaisses fumées issues de la combustion du bitume.

    Ces fumées sont toxiques ! elles contiennent de l’arsenic, du cadmium, du plomb, de la silice et des HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques). HAP= des molécules lourdes et très cancérogènes comme les BENZO A. BENZO E et beaucoup d’autres. Il faut savoir que le bitume utilisé est tout simplement le résidu des raffineries de carburants.

    Notre association créée depuis avril 2009 « HALTE A LA POLLUTION » a déposé en avril 2010 une requête au tribunal administratif de BORDEAUX. Le 4 juillet 2012 le T. A. de BORDEAUX ordonne l’annulation de l’arrêté préfectoral autorisant EUROVIA de fonctionner. MOTIFS : l’étude d’impact de l’usine avait omis de préciser que cette centrale se trouvait à proximité d’habitations, et que cette centrale se trouvait en zone inondable.

    Alors, le tribunal conclut qu’au vu de la dangerosité de l’installation et des risques importants de pollutions, il ordonne la fermeture de l’usine.

    Le 7 juillet, la centrale de bitume cesse son activité. Super on a gagné !

    Malheureusement pour nous, notre dossier part au ministère de l’écologie (!) et le 27 juillet 2012 le préfet de Lot et Garonne, publie un nouvel arrêté préfectoral provisoire de cinq mois, et l’usine redémarre.

    Nous sommes scandalisés; VINCI est au- dessus des jugements !

    Lors de notre entretien avec le préfet il nous dit que si la centrale ne s’est pas mise en conformité administrative d’ici le 27 décembre alors il la fera fermer. Mensonge, à ce jour l’usine tourne toujours (même s’ils ont réduit le temps de production pour être plus discrets).

    Le préfet « bienfaiteur de VINCI » décide de repartir à zéro, et demande une nouvelle enquête publique pour étudier si cette centrale a le droit de s’implanter sur se site. Ubuesque car l’usine est déjà construite !

    DEROULEMENTde la MANIF : départ devant l’usine de bitume ZAC DE SAMAZAN à 10h, puis nous nous rendrons place du gravier d’AGEN arrivée vers 11h, et nous convergerons vers la préfecture d’AGEN. Nous voulons mettre la pression sur le préfet afin qu’il ferme définitivement cette centrale.

    Venez nombreux pour soutenir notre cause, qui est juste et validée par le Tribunal administratif de Bordeaux.

    Venez nombreux pour combattre cette injustice.

    HALTE A LA POLLUTION

    Richard Dupiol
    06 21 68 63 81

  14. Contrairement à certains, je ne crois pas à une prise de conscience réelle de la part des citoyens. Cela me fait plutôt l´effet d´une vague d´hystérie aigüe qui retombera comme un soufflet, sans apporter de changement profond. Pour vraiment repartir sur de nouvelles bases propres et limpides, il faudrait redéfinir les valeurs fondamentales de la Vie, renoncer au statut d´esclave moderne, enchaîné à ses habitudes de consommation désastreuses pour la planète, et par conséquence au travail monétarisé qui permet de les satisfaire.
    Vouloir le beurre, l´argent du beurre et les faveurs de la fermière (ou du fermier) ne mènera nulle part.
    Vous verrez, les vacances d´été viendront pour calmer les esprits en surchauffe et les faire rentrer dans le rang. Sinon, pas de croissance, pas de pouvoir d´achat, et un moral des ménages en berne 🙂

  15. Bravo à ma copine Véro qui lit vraiment les posts !

    La manifestation devant l’usine à bitume de SAMAZAN, puis à Agen est le 27 avril !! (et non le 27 février)

  16. Et, pour ne pas arranger son cas, Stéphane Fouks fait partie de ceux qui réalisent la campagne du successeur désigné de Chavez, Nicolas Maduro ( « Le Canard enchaîné « du 10 avril).

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