À propos de la surveillance de tout et de tous

Vous trouverez ci-dessous deux textes. Le premier est de moi et il a été publié dans Charlie Hebdo le 19 juin passé. Il n’est pas sérieux, il se moque, il sera vite oublié. En outre, il est vulgaire. J’ai imaginé Big Brother, vieux, égrotant, qui donne son point de vue sur les derniers événements en cours, c’est-à-dire l’espionnage généralisé des vies privées par les appareils d’État coalisés de l’Occident.

Le second est un point de vue du groupe grenoblois Pièces et main d’œuvre (PMO). Il mérite d’être lu et réfléchi.

Quant à ce que je pense de cette affaire de la NSA, je n’ai pas même le goût de vous le donner, tant mon écœurement est grand. En 1998, le « scandale » Échelon avait révélé que l’Amérique, le Canada, la Grande-Bretagne, l’Australie, la Nouvelle-Zélande écoutaient les communications du monde entier. Je note comme vous qu’à cette époque, Al-Qaïda n’existait pas, et que l’on espionnait pourtant. Car telle est la loi de nos apparentes démocraties : la police et l’armée ne sont jamais satisfaites des pouvoirs toujours plus grands qu’on leur accorde.

A-t-on demandé des comptes en 1998 ? Aucun. Le dernier des imbéciles – même s’il est difficile de donner le gagnant du concours, il existe –  pouvait savoir à ce moment-là qu’aucune barrière ne protégeait les ordinateurs connectés, les courriers anciens, les téléphones fixes ou portables. Avez-vous noté ne serait-ce qu’une manifestation de notre belle gauche morale ? De nos écologistes estampillés ? Il est vrai qu’à cette date, M.Mélenchon était ministre de M.Jospin, qu’il continue à présenter comme une excellente personne.

Or donc, chacun sait et s’en fout. Tout se passe comme si la plupart souhaitaient ouvrir ses intérieurs, ses domiciles, ses cachettes au Grand Oeil qui voit tout. Je note au passage que l’acceptation inconditionnelle du téléphone portable par la quasi-totalité de la population relativise tous les discours politiques portant sur le refus de ce monde et de ses lois.

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1/ Mon petit texte signé Big Brother
Bande de petits cons. Je me fais chier comme un rat à la résidence Les Blés d’or, où je suis le plus jeune des presque morts. Le kiné sort de ma chambre, l’ophtalmo est venu hier regarder de près mon gros œil qui voyait tout si bien, je vais pas tarder à m’abonner à Notre Temps.

Les journaleux sont des pouilleux. Un type de la télé a appelé tout à l’heure, il voulait envoyer une équipe pour savoir ce que je pensais de cette histoire. Eh ben, c’est pas compliqué, je suis baisé. Je suis dépassé. Je suis une vieille histoire qui sent déjà l’incinération au crématorium. Les types de la NSA sont des grosses crevures, mais je dois reconnaître qu’ils savent manier l’outil.

De mon temps, il fallait encore surveiller la foule. Une idée fumeuse réussissait toujours à sortir d’un cerveau mal essoré, et il fallait payer des milliers de petits flics de la pensée pour vérifier que tout le monde adorait René Coty et le président Truman. Ç’était du boulot, et en plus, il fallait sortir de la maison pour faire de temps à autre une descente chez les neurones suspects.

On dira ce qu’on voudra des Amerloques, mais les mecs qui ont pris ma suite ne bougent plus leur slip léopard du bureau. On avait des équipes, ils gèrent des machines. Des cathédrales de fils entortillés et de mémoires sans limites. Un type pète à Lagos, ça schlingue aussi sec à Fort Meade, dans le Maryland, au siège transhumaniste de la NSA. Un jeune se paluche à Pékin, ils ont une photo de sa bite avant que le Chinetoque ait fini sa branlette.

Les Little Brothers associés sont des fortiches, mais je note quand même que des armées de clampins soutiennent ces pédés informatiques. J’ai connu bien des carpettes, et quelques résistants, mais j’avais jamais autant vu de volontaires. On les reconnaît de loin, ils ont Facebook greffé dans le cul. Je rêve. Des millions et des millions offrent sur un plateau leur caca du matin, leurs photos de partouze, leur opinion sur Koh-Lanta et l’adresse de leur psy. Les mecs se foutent en rang d’oignon devant leur portable, se prennent eux-mêmes en photo, face, profil, et envoient le tout à Fort Meade, en vitesse électronique.

Et Google. Oh putain ! Bien obligé de leur tirer mon chapeau, leurs gars ont visiblement pris des leçons chez moi, quand j’étais le boss. La guerre, c’est la paix, l’ignorance c’est la force, Internet c’est la liberté. N’avouez jamais ! N’avouez jamais que vous sucez la bite de la CIA depuis les origines, ça pourrait détourner le client. Pourrait. Le client s’en tape, de ces pignolades. 60 % des Américains sont d’accord pour montrer leur cul à l’écran pourvu ça serve contre les barbus à turban.

C’est ça qui a le plus changé, rapport à mon temps à moi, quand l’Oceania faisait la guerre à l’Estasia. Ou à l’Eurasia ? Ou l’Estasia à Al-Qaïda ? Faudrait regarder les archives. Je me fais bien chier, à la résidence Les Blés d’Or. Y a la mer, y paraît, y a la télé partout, jusque dans les chiottes. Je leur en veux pas, aux jeunes, mais ils se rendent pas compte. Le temps des pionniers, c’était quand même mieux. Demandez à Winston Smith et à Julia.
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2/ Le point de vue de Pièces et main d’œuvre

Bas les pattes devant Snowden, Manning, Assange et les résistants au techno-totalitarisme

mardi 18 juin 2013 par Pièces et main d’œuvre

Nul ne peut plus nier ce que les opposants à la tyrannie technologique dénoncent depuis des années : les objets intelligents qui envahissent nos vies (ordinateurs, Internet, téléphones mobiles et smartphones, GPS) donnent au pouvoir les moyens de la surveillance généralisée.

En dévoilant des documents secrets, un ex-agent américain révèle que la NSA (Agence nationale de sécurité) espionne les internautes du monde entier, dans le cadre du programme clandestin « Prism » mis en place par George Bush et poursuivi par Barak Obama. Sont visés les utilisateurs d’Internet et des « réseaux sociaux » (Google, Facebook, Apple, Youtube, Yahoo, Skype, DropBox, Microsoft, AOL) soit, à l’ère numérique, à peu près tout le monde.

Les esprits forts diront qu’ils le savaient déjà. Les esprits forts savent toujours tout. Edward Snowden, lui, prouve ce qu’il dit. Et les médias du monde entier ne peuvent faire autrement que de publier ses déclarations, alors que les dénonciations des esprits critiques restaient confinées et refoulées à quelques milieux restreints.

Edward Snowden agit sans le soutien d’aucune organisation, d’aucun parti, d’aucun collectif. Heureusement – il n’aurait rien fait. Son geste relève de ce qu’Orwell nommait la « décence ordinaire ». « Je ne peux, en mon âme et conscience, laisser le gouvernement américain détruire la vie privée, la liberté d’Internet et les libertés essentielles pour les gens tout autour du monde au moyen de ce système énorme de surveillance qu’il est en train de bâtir secrètement. » (1) À 29 ans, il sacrifie sa carrière et sa vie personnelle, choisit la désertion, risque la prison pour trahison (comme le soldat Manning, auteur des fuites vers Wikileaks) voire un « accident ». Il affronte seul les services secrets de la première puissance mondiale.

En France depuis le 10 juin 2013, aucune des organisations qui, avant ou depuis le meurtre de Clément Méric, clament l’urgence de la « lutte antifasciste », n’a pris la défense de Snowden. Aucune manifestation de soutien, aucun communiqué, aucun appel contre la surveillance totale, y compris celle de la DGSE française (services secrets extérieurs), comparée par un ex-agent à une « pêche au chalut ». (2) À ce jour, le seul appel pour l’asile politique de Snowden en France émane de Marine Le Pen. Un coup de pub dont le Front de Gauche n’a pas été capable.

Edward Snowden : « Ma grande peur concernant la conséquence de ces révélations pour l’Amérique, c’est que rien ne changera. [Les gens] ne voudront pas prendre les risques indispensables pour se battre pour changer les choses… Et dans les mois à venir, les années à venir, cela ne va faire qu’empirer. [La NSA] dira que… à cause de la crise, des dangers auxquels nous devons faire face dans le monde, d’une nouvelle menace imprévisible elle a besoin de plus de pouvoirs, et à ce moment-là personne ne pourra rien faire pour s’y opposer. Et ce sera une tyrannie clé-en-main. »

Snowden a raison. En France, le rétro-fascisme à front bas et crâne ras, qu’on reconnaît au premier coup d’œil, obsède l’anti-fascisme rétro, patrimonial et pavlovien, tout ému de combattre la bête immonde qu’on lui a tant racontée et qu’il croit connaître. Il est vrai qu’ils partagent quelquefois les mêmes goûts en matière de look et de dress code. Les skinheads, c’est quand même plus simple que les RFID et la « planète intelligente » d’IBM. Dénoncer « les origines françaises du fascisme » (Zeev Sternhell, Là-bas si j’y suis, France Inter) et « le retour des années 1930 » (Le Nouvel Observateur et cie), c’est plus facile que de s’attaquer au techno-totalitarisme. D’autant que celui-ci est pourvoyeur d’emplois et de croissance économique, donc « progressiste » et « de gauche ». Qu’importe que 64 millions de moutons soient pucés, tracés et profilés, si la filière micro-électronique prospère, de STMicroelectronics à Gemplus et Thales. Pour Pierre Gattaz, nouveau président du Medef, et le lobby de l’industrie électronique : « La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles. » (3)

Personne pour s’aviser que nous ne sommes pas dans les années 1930. Qu’après des décennies d’accélération technologique, à l’heure de la contention électronique, le « fascisme » aussi s’est modernisé. Il n’a plus le visage du Dictateur. Même plus celui de Big Brother. Mais celui des myriades d’actionneurs, capteurs, nano-processeurs, datacenters, super-calculateurs, Little Brothers, qui maillent, structurent, activent et pilotent la société de contrainte.

Les documents publiés par Snowden confirment ce que nous avons décrit de la police des populations à l’ère technologique. (4) La presse fait mine de découvrir l’espionnage par Internet. Quitte, comme le site du Monde, à le faire sous une bannière publicitaire pour IBM et « la planète intelligente ». C’est-à-dire, le projet de puçage électronique de chaque chose et chaque être sur Terre, via des puces communicantes. Le projet, bien avancé, d’un Internet des objets, élargit le réseau à chaque objet et être vivant pucé, qui nous interconnecte (nous incarcère) en permanence avec notre environnement (notre cage). Un filet électronique dont il sera impossible de s’extraire. Si les révélations de Snowden vous émeuvent, « la planète intelligente » d’IBM vous glacera. (5)

Pendant que les attardés lèvent le poing, farouches et déterminés contre le spectre « des heures les plus sombres de notre Histoire », le pouvoir resserre le filet électronique. Avec l’approbation béate de la majorité « parce que la technologie, tout dépend de ce qu’on en fait. »

« Ainsi donc, notre génération du lien social et du réseau virtuel, notre génération qui a fait tomber des dictatures par la force de baïonnettes informatiques, notre génération devra, donc, comme les autres, payer le prix du sang et apprendre, comme les autres, que l’engagement est un risque, une créance prise sur la vie, une créance que les plus courageux et les plus innocents paient et remboursent de leur mort. » (6) Il y a dans ces lignes des condisciples de Clément Méric tout l’aveuglement de l’époque sur elle-même.

Passons sur cette « génération », qui confond « lien social » et laisse électronique – après tout, elle n’a rien connu d’autre et ses mentors la maintiennent dans sa niaiserie.

Facebook n’a pas plus balayé Ben Ali et Kadhafi, (7) que les abrutis de Troisième Voie et des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires ne menacent la démocratie. « Une mouvance qui compterait 1000 adhérents et 4000 sympathisants selon son chef. Mais 500 selon les autorités. » (8) « Les JNR, totalement dévouées à sa personne (NdA : de Serge Ayoub, leur chef), mais qui ont très peu à voir avec un quelconque militantisme politique ». (9) « Il est impossible de décrire Troisième Voie comme un groupe de combat ou séditieux » (Jean-Yves Camus, spécialiste de l’extrême-droite). (10) « Ce sont des jeunes extrêmement précarisés issus de familles très populaires avec des parents bénéficiant des aides sociales. Ils ont un faible niveau de diplôme (…) En fait, ils appartiennent au sous-prolétariat des zones rurales et péri-urbaines. Ils ont grandi dans des familles où, le plus souvent, un seul des parents travaille. Quand ils n’ont pas été élevés au sein de familles monoparentales avec leur mère dans une grande précarité » (Stéphane François, historien). (11)

Ils sont, en somme, le pendant rural des délinquants de banlieue. De ceux qui, en septembre 2012, massacrèrent Kevin et Sofiane à la Villeneuve d’Echirolles, parce qu’ils étaient d’un quartier différent. Même profil socio-économique. Ni plus avisés, ni moins violents, non moins déstructurés par la déferlante des écrans et la dissolution du tissu social. Des exclus des métropoles high-tech et de la compétition internationale, comme eux trahis par la gauche. Pas plus que pour les délinquants, leur condition n’excuse leurs gestes. Pas plus que les délinquants, ils n’incarnent le « renouveau fasciste ».

Mais ils sont plus spectaculaires et moins virtuels que le techno-totalitarisme et, partant, plus faciles à désigner. « La grande nouveauté est que, grâce à Internet, certains informaticiens ont les moyens d’imposer leur vision du monde au reste de la population. Au lieu d’écrire des essais philosophiques dans l’espoir d’influencer les générations futures, ils réalisent leur projet de société. Le fait d’être d’accord ou non avec eux est sans objet, car ils ont déjà rapproché le monde de leur idéal » (Christopher Soghoian, militant américain de la protection de la vie privée). (12) La tyrannie technologique est plus pervasive et redoutable que 500 brutes alcoolisées. Elle exige de ses opposants plus que du pathos et des postures. Combattre le techno-totalitarisme, c’est-à-dire l’attaque la plus performante contre notre liberté et contre la possibilité de choisir ce qui nous arrive, impose l’effort de comprendre la nature de cette attaque, et ses spécificités. Nous ne sommes pas dans les années 1930 ; il nous faut penser notre époque pour affronter notre ennemi actuel, et non les avatars du passé.

Entiers et naïfs, nous pensons que le secret est de tout dire. Et donc, quel que soit le mépris dans lequel les tiennent les beaux esprits, nous ne pouvons qu’approuver et soutenir ceux qui par leurs actes individuels livrent au public les preuves de sa servitude et tentent d’éveiller sa conscience. On verra ce que le public et ceux qui parlent en son nom font de ces révélations. Si peu d’illusions qu’on se fasse sur une société qui a accepté avec enthousiasme depuis des années une telle déchéance, il est sûr qu’on n’a aucune issue à attendre d’un « encadrement législatif » de type CNIL mondialisée, pas plus que d’une surenchère technologique pour crypter ses communications électroniques et fabriquer soi-même ses logiciels « libres », ni d’une énième bouillie citoyenniste pour assurer la veille de notre désastre.

Il n’est pas sûr qu’il y ait d’issue, ni que celle-ci dépende de nous. S’il y en a une, on ne peut la trouver à partir d’élucubrations nostalgiques et complaisantes, mais seulement à partir d’une conscience vraie de notre situation.

Comme disait le fondateur d’IBM : – Think.

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NOTES :
- (1) Le Monde, 11/06/2013
- (2) Le Monde, 12/06/2013
- (3) Livre bleu du GIXEL (Groupement des industries de l’interconnexion, des composants et des sous-ensembles électroniques) sur le développement de la filière électronique, 2004. Voir aussi RFID : la police totale, le film, par Subterfuge et Pièces et main d’œuvre (http://www.piecesetmaindoeuvre.com/…)
- (4) cf Terreur et possession, enquête sur la police des populations à l’ère technologique, Pièces et main d’œuvre (L’Echappée, 2008)
- (5) cf « IBM et la société de contrainte », in L’Industrie de la contrainte, Pièces et main d’œuvre (L’Echappée, 2011)
- (6) Libération 10/06/2013
- (7) cf L’emprise numérique, C. Biagini (éditions l’Echappée, 2013)
- (8) Libération 14/06/2013
- (9) Le Monde, 11/06/2013
- (10) Libération, 14/06/2013
- (11) Id.
- (12) Le Monde, 17/11/2012

28 réflexions au sujet de « À propos de la surveillance de tout et de tous »

  1. Je découvre votre blog Fabrice. Merci de ces longs et excellents articles. Parfois j’ai presque le sentiment que le nombre finira par se faire entendre. Parfois seulement. Par quel moyen saurons-nous exister? Moi je viens de nulle part ou presque. Pas plus militante que ça, avec une inconscience totale de l’ampleur des choses. Alors depuis 4 ans que je suis passé de l’autre côté du rideau, parce qu’il y a de ça, en commençant de lutter contre deux éoliennes (!), je ne pensais pas partir aussi loin. Je ne regrette rien, il faut se réveiller, mais je sais à quel point ce réveil peut-être long, parce que j’ai été de ceux qui pensaient qu’un peu de politique et d’engagement suffisaient pour changer le monde. C’est hélas trop souvent le coup dans l’estomac qui donne l’impulsion d’ouvrir les yeux. Mais quand je tombe sur des blog comme le vôtre, je me dis que nous sommes tout-de-même quelques uns à donner du temps pour informer. Le temps est une denrée que peu souhaite partager. Merci donc pour cette nouvelle porte que je viens d’ouvrir ici.

  2. Fabrice, j’aime beaucoup ton style gaillard. Tu devrais te lancer dans ces historiettes plus souvent, ça détend un peu, entre deux catastrophes.

    Concernant le texte de Pièces et main d’œuvre, il m’a permis de découvrir que seule la fille Le Pen avait lancé un appel à l’asile politique pour Snowden. Je pense qu’une telle situation est très grave : elle a probablement lancé ça pour se faire un coup de pub, mais le fait que personne d’autre (je parle des politiques) n’ait fait une telle proposition, c’est pitoyable.

    Pour ce qui est des nouvelles technologies, j’ai, personnellement, le même portable depuis 10 ans. Il fonctionne toujours bien, c’est utile pour fixer des rendez-vous, mais il m’arrive de le laisser éteint assez souvent. Par question pour moi d’acheter un smartphone, ça non.

    À côté de ça, mon boulot actuel (que je vais lâcher en septembre pour… euh, je ne sais pas mais je m’en fous un peu) consiste à traduire tout un tas de manuels de gadgets électroniques de ce genre, voire de trucs encore plus vicieux, comme des systèmes de pointage/flicage électroniques.

    J’en vois passer toute la journée, des « innovations ». J’ai tenu presque 5 ans, maintenant, je préfère encore pointer au chômage.

  3. François, vous écrivez : « le fait que personne d’autre (je parle des politiques) n’ait fait une telle proposition, c’est pitoyable ».

    Pitoyable, sans doute, mais enfin parfaitement cohérent. De quoi auraient l’air tous ces ardents promoteurs du Progrès, des réseaux je-ne-sais-plus-combien de G, des nouvelles technologies à l’école et ailleurs pour le bien et l’avenir de nos enfants et le désenclavement de nos cerveaux, s’ils appelaient ouvertement à donner asile à ce type-là ? Franchement, est-ce seulement envisageable ?

    Et bravo pour ce que vous allez faire en septembre.

  4. Cher Big Brother,
    Je te sens amer, limite neurasthénique et moi, les gens déprimés, ça me réjouit. Imagine, le moindre nuage sur le soleil des pauvres gens me fait sourire aux anges.
    Je comprends bien que tu mélancolises à longueur de souvenirs du bon vieux temps, depuis ta maison des souffreteux et des rats morts.
    Mais regarde ton œuvre avec un peu d’indulgence. Tu as remporté la victoire ultime, celle que personne n’oserait imaginer de son vivant : tu vas survivre à ton trépas. Tu étais dans le dos de chaque habitant du monde, te voilà dans la tête des shootés des écrans. Tu constituais laborieusement des dossiers sur chacun et voilà que chacun ouvre les portes de sa vie privée avec enthousiasme, puisque c’est pour son bien.
    Je t’accorde que le métier n’est plus ce qu’il était. Je conçois aussi que la vieillesse aidant, tu broies du noir et que, rétrospectivement, tu embellisses le temps des pionniers. Et je subodore que ton amour-propre soit affecté. Jadis, Lavilliers chantait « Big Brother is watching you », qu’en est-il aujourd’hui ? On vante la transparence sans limites et les réfractaires ont forcément quelques chose à cacher, ce sont des suspects en puissance. Même plus une chanson pour te citer, même plus un intellectuel engagé pour s’insurger aux côtés d’Edward Snowden…
    Alors voilà, je te propose un marché. Tu vas bientôt te retrouver à errer parmi les âmes des morts. Je pense que tu pourrais mettre à profit ton expérience pour continuer ton œuvre d’une manière ou d’une autre. Parce qu’il n’y a pas de raison que les morts emportent avec eux des secrets qui échappent aux vivants. Auraient-ils quelque faute à se reprocher ?
    Tu t’imagines le boulot avec tous les clamsés qui s’accumulent depuis l’aube de l’humanité ?
    Bon, réfléchis à ma proposition, on en reparle quand tu m’auras rejoint.
    Big Satan

  5. @ Fabrice
    Si je comprends bien, comme je consulte régulièrement ton blog, où d’ailleurs je m’y sens en grande communion d’idées, il y a plus que de grandes chances pour que je sois « bigbrothérisé »!
    Où pourrais-je te lire, ainsi que tous les autres résistants idéologiques et sémantiques, blogueurs de tous poils, empêcheurs de tourner en rond, critiques pertinents et éveilleurs de conscience, sans finir dans les entrailles monstrueuses des fichiers de Big Brother?
    Sois je me résous à être « repéré » , sois je ne m’informe que sur les médias non traçables, payés en cash ,téléphones public, rendez-vous discrets….etc En quelque sorte faudrait-il envisager d’entrer en résistance?

  6. Ces deux textes ont l’immense mérite de démontrer, chacun a sa manière, que les habitudes du passé, même proche, ne sont d’aucun secours. Nous ne sommes plus en 1930, disent Pièces et Main d’Œuvre. Et nous ne sommes plus en 1948, dit Big Brother. Et le texte de Fabrice est même très drôle, ce qui est un tour de force sur un tel sujet !

    J’ai quitté Facebook, sans y avoir jamais mis une seule image de moi, ni aucune information personnelle. Cela me protège-t-il du destin peu enviable d’acteur involontaire dans le prochain épisode de télé-réalité d’état, comme l’ont compris bien trop tard les frères Tsarnaev ? Non, car j’ai déjà envoyé des centaines de photos de moi et de mes proches en pièce jointe, par gmail bien sur, comme tous mes amis… 15Go de stockage, à disposition de la NSA et du GCHQ comme de moi-même. On ne se rend pas facilement compte du pouvoir du « big data ». On cherche sur google « de l’argile montmorillonite dans la baie du Bengale » et on ne s’étonne pas de trouver l’info en moins d’une seconde ! Pourquoi faudrait-il s’étonner qu’un fonctionnaire de la NSA ou du GCHQ (et bientôt de la DGSE) cherchent, aussi sur google, « un homme aux cheveux bouclés d’une trentaine d’années sous un angle de 30 degrés avec une lumière douce venant de la gauche, né à Paris et ayant voyagé en Allemagne et en Russie entre 2008 et 2011, vivant à Lyon, n’ayant pas d’amis proches dans le parti au pouvoir ni dans la police, et ayant lu Georges Bataille », et trouvent, en moins d’une seconde ? Ce n’est qu’une question de nombre. S’ils ne trouvent pas à la première tentative, ils font comme nous : Ils changent un terme de recherche, renoncent à un critère, et trouvent quelque chose d’approchant. Photoshop fera le reste. Donc, j’arrête d’envoyer des photos par pièce jointe. Oui mais la caméra dans le métro au moment ou je passe ma carte d’abonnement dans la machine ? Et dans le bus ? Et à l’entrée de l’exposition ou je montre ma carte d’étudiant, carte vermeil, carte famille nombreuse, carte d’abonnement ? Et bientôt sans doute, ma carte d’identité obligatoire, « à cause des attentats » ? Et les caméras suivantes, qui peuvent me suivre ? C’est sans limite. On se rassure en se disant, « pourquoi moi ? Je suis tout ce qu’il y a de plus normal ». C’est bien ce que pensaient les frères Tsarnaev. On ne sait jamais de « qui » ils vont avoir besoin. Et comme au loto, « 100% des participants involontaires se seront laissé photographier ».

    Il y a un autre aspect, seulement suggéré par les deux textes : Le racisme. Qui défend Snowden ou proteste contre la surveillance ? Les Chinois, les Russes, l’Equateur, Merkel. Rapporté dans un media Iranien. Le critère semble devenir géographique. Ce qui nous rapproche de Huntington et de son « choc des civilisations », ce « racisme de combat, parodie de science Hitlérienne » (Edouard Saïd).

    Le mathématicien C.K. Raju (1) observe que l’Occident semble entrer à nouveau dans une période de « croisades », avec les bouffées d’hallucinations et le déchainement de violence qui vont avec. Tout le monde semble touché. Par exemple, le grand penseur du Bouc Emissaire, René Girard, cherche tous ses exemples « avant » ou « en dehors » du « Christianisme ». Il a bien raison de penser que le mécanisme du Bouc Emissaire est le contraire du Christianisme. Mais il ne s’aperçoit pas que le champion toutes catégories de ce mécanisme est l’Occident contemporain, et son centre, son pays d’adoption.

    Il y a une communauté de pensée inquiétante entre Bush, Blair, Sarkozy, Hollande, Cameron, Juppé, Hague, Fabius… et maintenant Obama, qui pourtant est noir. Comme si l’instinct tribal, géographique, submergeait une raison de plus en plus isolée et vacillante, de moins en moins légitime.
    Le racisme qui nous reste du passé, biologique et génétique, est de plus en plus inopérant. Le racisme contemporain se projette dans le futur, c’est un projet, et moins on s’en rend compte plus on y participe.

    Il y a un aspect qui semble-t-il n’a pas été relevé par les critiques du beau et terrible film « Incendies » (critiques qui de toute manière, à part celle-ci (2) semblent s’être efforcées de comprendre le moins de choses possible) : Les jumeaux, de parents moyen-orientaux mais ayant grandi au Canada, sont joués par des acteurs canadiens et ont un jeu un peu « psychologique ». Tout comme le notaire Canadien. Les autres acteurs, y compris l’actrice principale et même le notaire moyen-oriental, ont un jeu très « physique ». Est-ce le hasard des rôles, les contraintes cinématographiques, ou bien est-ce le signe qu’un film peut parfois être plus grand que lui-même, montrer encore plus que ce qu’il voulait ?

    Ais-je dévié du sujet ? Dans ce cas, j’invoque une circonstance atténuante : J’ai été encouragé par le beau titre de ce beau blog !

    (1)C.K. Raju : Euclid and Jesus, How and why the church changed mathematics and Christianity across two religious wars. Multiversity and Citizen International, University of Sains Malaysia, Penang, Malaysia, 2013

    (2)http://www.alternet.org/story/150704/colonialism,_christians_and_refugees%3A_’incendies’_searches_for_a_past_in_a_country_wracked_by_civil_war

  7. Combattre le totalitarisme ne doit pas se limiter
    à un aspect : fachos, religieux, ou technocratie.

    S’il est juste qu’une lutte efficace contre le totalitarisme nécessite d’abattre la tyrannie technologique et tout ce qu’elle implique : RFID, planète « intelligente », vidéo surveillance, fichage internet…, étant donné que c’est la nasse que beaucoup de nos contemporains construisent consciemment ou non.

    Elle ne doit pas négliger le fn, car il favorise le « bipartisme » et le maintien du système actuel, il divise la population en apportant la haine, permet de discréditer tout opposant au racket des banksters, du “libre” échange et des traités scélérats, en les faisant passer pour des fachos et car son idéologie contribue au développement de la société de contrôle et de contrainte.

    Bien que les identitaires et les fanatiques religieux ne risquent pas de prendre le pouvoir, ils doivent aussi être combattus pour limiter leurs nuisances et leur nombre de victimes.

    La lutte doit aussi concerner aussi les oligarques, en partie responsables de la régression sociale, de la tyrannie du travail, ainsi que la crise écologique pour limiter l’effondrement pouvant aussi favoriser le totalitarisme.

  8. La technologie, permettant le flicage accru par les capacités de l’informatique, et agissant, sur le comportement de nombreux habitants pour le rendre plus moutonnier et exhibitionniste.
    Nous sommes proche d’un niveau tel, qu’un régime totalitaire, peut contrôler une partie suffisamment grande de sa population et atteindre un niveau de soumission et d’inertie auprès de la masse, qu’implanter des électrodes dans le cerveau des opposants restants deviendra facultatif.

  9. Au sujet de l’attitude des principaux politiciens, ce qui me choque, ce n’est pas la récupération des lepen, la plus part des habitants ne sont pas naïfs au point d’ignorer la façon dont ces usurpateurs traiterai un opposant comme Snowden, mais l’absence de prise de conscience de la masse des politiciens voire la complicité de certains d’entre eux.

  10. « Là-bas s’y suis » a fait 2 émissions sur ce sujet (20 et 21 mars 2013). Ce que dit Julian Assange est clair et net. Il parle de dystopie du net. PMO aurait pu aussi les citer malgré sa dent contre Mermet !

     » Chaque jour Internet développe un contrôle plus étroit jusqu’au plus intime de nos vies, Twitter et Facebook, sont contrôlés par Washington, ce dont rêvait la STASI, internet le fait, en mieux, en moins cher et avec notre plein consentement. Paranoïa ? Les auteurs nous incitent à l’insurrection contre ce nouveau totalitarisme.  »

    http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-jy-suis-julian-assange-cyberterroriste-2

  11. Bonjour,

    Je ne suis pas d’accord avec le texte de PMO, l’extrême-droite ne se résume pas à 500 brutes alcoolisées, ce serait trop simple.

    L’exemple grec montre aussi, avec l’Aube dorée, que l’extrême-droite à l’ancienne peut ressurgir et représente un danger réel, avec de vrais morts.

    Je pense aussi que la prise de pouvoir par le FN, en l’absence de mouvement social d’ampleur, est inévitable. Marine Le Pen peut, au contraire de son père, gagner des élections présidentielles dès 2017. Quand les gens en auront vraiment marre de jongler entre UMP et PS, si rien ne se dessine à gauche (je ne parle pas du PS évidemment ni du PC) du côté de la sortie du capitalisme par l’émancipation économique et sociale, la démocratie directe, alors ils ne verront que le FN…

  12. Je sais que ce n’est pas le sujet mais je tenais à recommander la lecture de ce livre qui vient d’être publié en français, car il pourrait en intéresser plus d’un(e)ici:

    Ma vie dans les Appalaches de Thomas Rain Crowe aux éditions Phébus

  13. Voir ou revoir le film allemand « La vie des autres » (Das Leben der Anderen), sorti en 2007. Naguère, le régime totalitaire de la R.D.A., se limitait à espionner la vie privée de la population est-allemande, actuellement, » la première démocratie du monde  » espionne celle de toute la planète, sans que ces atteintes aux libertés suscitent émoi et protestation générale.

  14. « StartPage et son moteur de recherche jumeau Ixquick n’ont, dans leur histoire déjà vieille de 14 ans, jamais fourni un seul bit d’information à aucun gouvernement ou à aucun de ses « services ». Qu’il s’agisse bien sûr de PRISM ou d’aucun autre programme américain. Ni d’aucun autre programme dans le monde. Nous ne sommes pas, comme Yahoo, Facebook, Google, Apple, Skype, ou toute autre société américaine, pris dans les filets de la surveillance d’internet par un programme tel que PRISM.

    Voici comment et en quoi nous sommes différents :

    StartPage n’enregistre et ne conserve aucune donnée personnelle de ses utilisateurs. Ceci doit être clair pour tout le monde, y compris les agences gouvernementales concernées. Nous n’enregistrons pas les adresses IP de nos utilisateurs ni n’utilisons des cookies de suivi. Si bien qu’il n’y a littéralement aucune donnée vous concernant accessible sur nos serveurs. Puisque nous ne savons même pas quels sont nos clients, nous ne pouvons informer de quelque manière que ce soit Big Brother. De fait, depuis 14 ans, nous n’avons jamais reçu aucune demande d’aucune autorité gouvernementale réclamant des données sur nos utilisateurs.

    StartPage fait appel à des communications cryptées par défaut (HTTPS). Le chiffrage prévient la curiosité. Votre navigation est cryptée de sorte que des tiers ne puissent siphonner votre connexion à internet pour voir quelles recherches vous faites. Cette méthode, conjuguée avec l’absence de stockage de données vous concernant sur nos serveurs, assure la protection de votre vie privée.

    Notre Société a son siège en Europe, aux Pays-Bas. La législation américaine ne s’y applique pas, du moins pas sans restrictions. Toute demande de fournir des données sur un utilisateur, de quelque gouvernement qu’elle vienne, est, le cas échéant, soumise au crible de l’examen par nos juristes. Et nous n’y donnons pas suite, sauf à ce que la législation à laquelle nous sommes soumis dans notre pays ne nous y oblige sans équivoque. Et même dans cette hypothétique situation , comme indiqué ci-dessus, nous ne détenons aucunes données utilisateurs susceptibles d’être fournies.

    Jamais nous n’accepterons d’apporter délibérément notre concours à des programmes d’espionnage comme PRISM

    StartPage ne peut être obligée à vous espionner. Étant donné la robuste protection de la vie privée qui règne en Europe, les gouvernements européens ne peuvent légalement forcer des fournisseurs d’accès comme nous à participer à un programme d’espionnage de nos utilisateurs. Et si cela devait évoluer, nous le combattrions sans faillir. »

  15. Excellent article de Pièces et mains d’oeuvres, comme d’habitude. Mais toujours dans le vieux modèle quand même car aucune piste proposée. Sortir de la cage via Linux, logiciels libres, nolog, et autres StartPage (je ne connais pas mais je vais voir). On n’est vraiment pas obligé de se laisser surveiller, il suffit, comme pour le reste, de prendre le large. Sur ce point, en France, la Quadrature du net (http://www.laquadrature.net/fr), fait un boulot remarquable. Et quand il n’y aura plus personne chez Face de Bouc et autres, et bien… il n’y aura plus personne bon sang ! Balayant bien entendu devant ma puerta, saludos !

  16. Edward Snowden est pour moi un véritable héros, car il met sciemment sa vie en jeu en dévoilant tout pour nous alerter.
    Dans cet article du Monde, on apprend que Cohn Bendit a réagit, mais c’est vrai qu’il n’y a pas de levée de bouclier, c’est incroyable ce silence de la part des politiques !
    Comme si,lorsque l’on est du côté du pouvoir, on accepte d’emblée le flicage de la population. J’ai remarqué qu’au tout petit niveau local, certains politiques ont un besoin éperdu de contrôle sur leurs administrés, une espèce de peur du débordement des citoyens.Que l’Amérique se charge de nous contrôler ne doit donc pas les déranger outre mesure…
    http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/06/29/prism-la-nsa-espionnait-l-union-europeenne_3439112_3222.html

    http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/06/29/affaire-snowden-correa-s-est-entretenu-avec-biden_3439122_3222.html

  17. Merci Alice pour Startpage,voici quelques conseils supplémentaires reçus par ,je ne peux pas vous dire qui,c’est top secret, il faut d’ailleurs que j’en prenne de la graine !

    http://www.cnil.fr/nc/linstitution/actualite/article/article/comment-effacer-des-informations-me-concernant-sur-un-moteur-de-recherche/

    PRISM ce que ça veut dire pour nous :
    Les serveurs google sont aux USA, donc la NSA y a accès
    [Dans la mesure du possible :] ne plus utiliser gmail, mais des sites équivalents français. Ne pas diriger les adresses gmail vers une messagerie, les cookies suivront… Une adresse mail peut être rapatriée sur un autre compte de messagerie.
    *Utiliser firefox et pas internet explorer (Microsoft collabore avec la NSA)
    *Installer : https://addons.mozilla.org/fr/firefox/addon/self-destructing-cookies/ détruit les traces des sites visités (sauf ceux que vous voulez conserver)
    *Installer : https://addons.mozilla.org/fr/firefox/addon/https-finder/ (navigation anonymisée)
    *Remplacer google par https://startpage.com/fra/protect-privacy.html (recherche anonymisées)
    *Utiliser Linux plutôt que Microsoft

  18. La grande laverie de la Fabrique du Consentement :

    « La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles. »

    À rapprocher de cet extrait d’un Rapport de l’OMS en 1958 et concernant le nucléaire civil, cité par Wladimir Tchertkoff dans son livre – Le Crime de Tchernobyl –

    « Cependant, du point de vue de la santé mentale, la solution la plus satisfaisante pour l’avenir des utilisations pacifiques de l’énergie atomique serait de voir monter une nouvelle génération qui aurait appris à s’accomoder de l’ignorance et de l’incertitude et qui, pour citer Joseph Addison, le poête anglais du XVIIIe siècle saurait « chevaucher l’ouragan et diriger les tempêtes »

    (Rapport techniques, 151, page 59, OMS, Genève, 1958)

    Tout est dans tout…

  19. A Alice et Marieline

    Merci infiniment pour ces informations. Je ne connaissais pas du tout StartPage. Je l’ai installé aujourd’hui même en lieu et place du moteur de recherche le plus utilisé.

  20. La securite c’est les autres. Il n’y a rien, absolument rien au-dela de cette evidence. Pierre Gattaz veut remplacer la securite par la technologie, qui est l’essence meme de l’insecurite. Comme le revele, consciemment ou non, la citation du rapport de l’OMS de 1958. L’interview du directeur de l’EdF Marcel Boiteux dans Science & Vie de 1974, dans un debat contre Hannes Alfven, poursuivait le meme theme, cachant mal sous des expressions a pretension poetique, son irrationalite. Ces gens ne savent meme pas de quoi ils parlent, ils exudent la novlangue. (Merci Max Berthy pour ce rapprochement!)

  21. Ma securite, ce sont ma femme, mes enfants, mes amis, ma famille, mes clients, le chauffeur de bus qui emmene ses 50 passagers, le cuisinier qui prepare le repas, tous ces gens qui partagent ma vie et ne se rendent meme pas compte a quel point ils sont bons, a quel point ils n’ont aucune envie de me faire du mal.

    La tele-surveillance c’est « Le veston ensorcelé » de Dino Buzatti: La possibilite, par l’information totale, de faire le mal secretement, sans risque ni contrepartie – apparemment!

    Ceux qui font reposer leur securite dans la tele-surveillance croient a la sorcellerie.

    Dino Buzatti, « Le veston ensorcelé », Le K, 1966

  22. Distant du propos du jour, avec un zeste de rappel cependant, et avant d’aller ficher mon enfant à Base élève (« assistant à l’inscription » selon les termes officiels, mimi tout plein – trop dur de remplir sur du papier les infos personnelles), avant qu’il ne reçoive son si précieux numéro scolaire à 20 chiffres – d’identification, et peut-être son carnet de « compétences » (à être celui qui sera sélectionné ou non dans la chasse aux places raréfiées – à escient (car du taff, j’en vois partout, de sacrées oeuvres à réaliser, et sans « investisseurs », ou « décideurs » – saleté de mots qui pullulent)… Allons, vous ne faites pas confiance à l’Etat, ni aux relais particuliers ?
    Les banques aussi vont modifier leur fichier client, toujours plus fouillé et invasif, sous prétexte de contrôle et surtout de « justice sociale » (le top socialo, l’argument de chaleur humaine quand ça grelotte !).
    Facebook dans ses chiottes, c’est peut-être pour montrer ce qu’il en est vraiment, l’exorcisme à deux balles (et un trou – sorry).

    http://www.franceculture.fr/emission-on-ne-parle-pas-la-bouche-pleine-le-grand-bond-en-arriere-des-crudi-vegetariens-2013-06-23

    La goulée d’air frais, un bain de jouvence plutôt, ENFIN, et si brièvement : « les origines anarchistes de l’écologie ».
    L’auteur du « Bocage à la nage » a l’air d’en savoir beaucoup, et c’est donc dommage (pour moi) qu’il s’adonne au roman, et plus encore que l’émission opte pour un ton vacancier (après les agneaux, c’est hors limite).

    Il est aussi dit que les petites communautés retournées aux forêts ou aux bois – comme l’on voudra, surveillées par la police (incroyable !), ont mal fini. Là encore du guère original : un chef, des abus de pouvoir, des règlements de compte physiques…
    Indirectement (abus d’un type assez usuel), l’on apprend qu’il y avait des femmes.
    J’ose espérer qu’elles ne tenaient pas les cuisines, même sans foyer cuisant.

    Et si un peu de progrès nous permettait autre chose, progrès entendu comme réagencement contemporain de nos bassesses et de nos beautés… Ou ce serait une forme d’évanouissement par le creux.

    Le bain de jouvence vient du site Lieux communs (inspiré de la pensée de Castoriadis), et sa revue de presse, recevable par abonnement.
    https://collectiflieuxcommuns.fr/spip/

    Autre article sur une thème voisin : https://collectiflieuxcommuns.fr/spip/spip.php?page=article&id_article=685

  23. Pendant que notre faux-cul de gouvernement essaie tant bien que mal de nous faire croire que nous ne sommes pas encore devenus une republique bananiere a la solde d’Obama, en faisant semblant de demander des comptes d’un ton severe, ils ont refuse le passage a l’avion du President Bolivien au pretexte qu’il pourrait transporter Snowden. Donc notre « vertueux » gouvernement encourage l’espionnage de ses concitoyens par une puissance etrangere, et essaye d’aider discretement l’arrestation de Snowden. Hollande et Fabius sont sur la feuille de paye de Google ou quoi? De qui ont-ils plus peur, de leurs electeurs ou d’Obama?

  24. La seule Marine Le Pen ? Je vais vous décevoir (encore), car vous n’aimez pas l’homme

    http://www.dailymotion.com/video/x11fxyk_j-l-melenchon-on-doit-accueillir-m-snowden-il-nous-a-rendu-un-service-immense_news#.UdLkAW1vDAE

    Mais pour le reste, je suis bien d’accord. Même en vélo, il va devenir difficile de se passer de gadgets :
    http://www.01net.com/editorial/599225/geovelo-lappli-qui-aide-les-cyclistes-a-choisir-leur-itineraire/

    Reste à espérer que les amoureux de la bicyclette, ne donnent pas suite et se risquent toujours à sortir des chemins tracés pour mieux apprécier ce qu’il nous reste de sauvage et de naturel.

  25. J’ai ecrit pour la premiere fois depuis peut-etre 7 ans, une lettre manuscrite, que j’ai mise dans une envellope sur laquelle j’ai colle un timbre. Incroyable, au fond, que ca marche encore ces choses! Bien sur c’est devenu plus facile a surveiller, car une lettre manuscrite se repere au premier coup d’oeil dans l’ocean de factures et courriers commerciaux. Mais tout de meme sans doute plus couteux que de lire nos e-mails directement: ouvrir l’envellope, la scanner, la refermer discretement (ou pas, mais la refermer quand meme) tout ca est lent et couteux, c’est tout ce qui nous protege.

    Ca fait longtemps que dans les ambassades, les telephones portables, meme eteints, sont interdits dans les reunions importantes, par exemples toutes celles ou l’ambassadeur est present.

    Maintenant les espions Russes se remettent a utiliser les machines a ecrire:

    http://www.presstv.ir/usdetail/313375.html

  26. La surveillance, c’est bien beau, mais Big Brother comme tout le monde tient a sa vie privee. Faut pas deconner…

    1. Apres qu’une camera fixee au casque d’un pompier a filme comment une passagere du Boeing 777 qui s’est vautre aux Etats-Unis, a ete ecrasee par erreur par un camion de pompiers, les pompiers n’auront plus de camera sur leur casque. La vie privee est plus importante qu’une video, disent les autorites pour justifier leur decision:

    http://rt.com/usa/firefighters-helmet-cameras-banned-asiana-692/

    2. Apres que la direction d’une centrale nucleaire ait pretendu dans un rapport que la video d’une camera de surveillance montre que l’irradiation grave et probablement mortelle de 16 travailleurs, est la faute des travailleurs eux-memes, la direction refuse de divulguer la video « pour proteger la vie privee »:

    http://rt.com/usa/radiation-exposed-workers-suit-687/

    3. La video de l’assassinat depuis un helicoptere « Apache » d’un groupe de civils et des passants qui se sont portes a leur secours a Bagdad en 2007, video filmee depuis l’helicoptere des assassins, n’aurait pas du etre rendue publique, et le soldat d’honneur Bradley Manning risque 60 ans de prison:

    http://rt.com/usa/bradley-manning-sentence-sixty-690/

    4. Le journaliste Glenn Greenwald promet de continuer a travailler sur les documents de la NSA Americaine et du GCHQ Britannique, apres que son compagnon ait ete place en garde a vue pendant 9 heures, et tout son materiel electronique confisque:

    http://rt.com/news/snowden-greenwald-uk-secrets-681/

    Tout ca dans les nouvelles d’aujourd’hui, sur le site web du meme media.

    Comme disait Kissinger, « les droits de l’homme, vous voulez rire? Ca n’etait qu’une arme de propagande contre l’URSS, c’est fini maintenant ».

    On attends avec impatience le Kissinger de circonstance (Manuel Valls?) qui nous expliquera avec le meme impayable humour:

    « la transparence et la surveillance, vous voulez rire? Ca n’a toujours ete que le controle des personnes par l’Etat, en aucun cas le contraire ».

    La democratie? Et pourquoi pas l’anarchie pendant que vous y etes?

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