La guerre aux bêtes (ad libitum)

 Tout spécialement destiné à notre nouveau ministre de l’Écologie, Philippe Martin

Ce qui suit n’est qu’une alarme lancée par l’un de nos vrais grands naturalistes, Roger Mathieu. Peut-être se trompe-t-il. J’aimerais sincèrement qu’il ait tort, mais j’ai un malheureux pressentiment. On a vu qu’un Plan National prévoit de pouvoir buter 24 loups en toute quiétude. Depuis, des (petites) armées de chasseurs sont sur le sentier de la guerre, en 4×4 avec GPS, avec fusil à longue portée et viseur nocturne. Or le Loup est un animal qui, même s’il fait peur, réjouit secrètement la plupart d’entre nous. Tel n’est pas le cas du Vautour, dont la réputation a jadis favorisé l’éradication en France. Aussi bien, la crainte exprimée ci-dessous par Roger est on ne peut plus réelle. L’appareil d’État, qui a tant contribué à détruire ce pays, se passerait aisément de vautours dans nos ciels.

Si d’aventure on transformait ces oiseaux de rêve en dépliants publicitaires pour régions touristiques, on assisterait à une régression telle qu’elle appellerait bien des remises en cause, et peut-être quelques ruptures dans les liens malfaisants existant parfois entre les protecteurs de la nature et les services officiels.

———————————————–

L’APPEL DE ROGER MATHIEU

A toutes et tous,

“On” nous informe que le plan “Vautours et pastoralisme”, qui était totalement en sommeil, vient de se réveiller et, toujours “On”, nous annonce que ce plan serait bouclé en urgence pour fin Juillet 2013.

Ce plan introduirait l’effarouchement et demanderait de supprimer tout équarrissage hors placette.

En clair, on commence à préparer les esprits au tir des vautours (voir ce qui s’est passé avec le loup…) et on refuserait que les vautours fassent ce qu’ils ont toujours fait et qui est autorisé explicitement par l’Europe ; on refuserait que les vautours interviennent sur les estives… Et qu’ils ne se nourrissent QUE sur les placettes (éleveurs et placettes d’équarrissage centralisées).

Si ce plan prenait cette direction NOUS DEVRIONS LE REFUSER VIGOUREUSEMENT ; accepter ce plan serait une très mauvaise nouvelle pour l’avenir des vautours fauves et moines.

L’effarouchement et la suppression de l’autorisation de l’équarrissage en pleine nature, autorisée par l’Europe (Estives et accès difficile) doit marquer la ligne rouge à ne pas franchir…

Si nous cédons la dessus, je ne donne pas cher de l’avenir des vautours fauves ET DE TOUTE LA NATURE SAUVAGE (Blaireaux, renards, phoques, bouquetins, busards, lynx, ours, loups, castors…). Tout ce qui ne se chasse pas et/ou ne se mange pas devra disparaître….

Cordialement,

*********************************
Roger MATHIEU

30 réflexions au sujet de « La guerre aux bêtes (ad libitum) »

  1. Les chasseurs se dévoilent; l’enjeu n’est pas la cible, mais le plaisir de tuer. Plus de loups, plus d’ours, il faut inventer une autre nuisance à éliminer. Ce sera donc le vautour dont le seul défaut est de ne pas être plaisant à tous les regards et de nous rappeler sans cesse ce que nous essayons d’effacer d nos vies, la mort.
    Mais après, car il faut déjà penser à l’après (les vautours ne sont pas si nombreux), vers quoi ces tireurs du dimanche dirigeront-ils leur ennui à laisser vivre ?

  2. Quelques mots d’un été sans répit.

    Derrière ces génocides sereins, perpétués dans les règles le plus souvent, je vois, en arrière-plan, un sentiment de peur et, très clairement, de mépris pour la nature.
    Le grand nombre prétend l’aimer, mais ce qu’il apprécie, c’est une certaine idée de la nature, sous contrôle, une image bien lisse, ordonnée. Bref, l’inverse de ce qu’il soutient adorer.

    Quelques loups, quelques vautours, c’est encore trop. Pour l’homo-rasibus, il importe de raser ce qui gêne, ce qui n’enrichit pas son compte en banque ou son ivresse de pouvoir ; il est question de quotas d’existence, de gestions d’espaces…
    Il ne s’agit pas seulement d’éradiquer le sauvage dans les bois et les monts, mais aussi dans la nature humaine. Une forme de haine de la liberté, du même ordre que l’hostilité envers la nature.

    Pour paraphraser et élargir le propos de Roger Mathieu et de Jean-François Noulin, je pense sincèrement que ce qui arrive à l’autre nous arrivera à nous aussi, un jour ou l’autre ; ce qui est détruit là-bas le sera ici.

    A force de tout enlaidir, d’exterminer ce qui reste de jaillissements, de vagabondages du vivant, d’imprévus, de surprises, que restera-t-il à aimer, à défendre ? Qui fera barrière de lui-même pour laisser une place à ce qui risque de n’être plus qu’un souvenir enfoui sous le béton, qu’il soit armé, végétal ou idéologique ?

  3. Rien à voir (quoique…), mais à ranger dans le dossier -bien plus épais- « La guerre au vivant »:
    http://www.sauvonslaforet.org/actualites/5276/deforestation-pour-la-visite-du-pape-au-bresil?mt=1633&v=0&ref=nl
    « Moralité »: tout ça vaut bien une messe.
    Si vous avez besoin (est-ce possible?) d’être convaincu de l’impérative nécessité de respecter le végétal (mais aussi bien sûr l’animal), je vous recommande, sur la plage ou ailleurs, la lecture de « Eloge de la plante » mais aussi (il faudrait tout lire de cet homme exceptionnel) « Plaidoyer pour l’arbre » de Francis Hallé. Qui, en matière de forêt tropicale, en connaît un rayon.
    Sinon, je vous souhaite de pouvoir contempler de près, comme nous avons la chance de le faire non loin de chez nous, où son retour (comme nicheur) est espéré, un vol de plusieurs dizaines de vautours fauves. C’est tout simplement extraordinaire.

  4. Manifestation Contre la Chasse
    samedi 21 Septembre 2013
    Devant le Conseil Economique Social et Environnemental
    9 Place Iéna 75016

    Nous nous rassemblons pendant la conférence environnementale où les protecteurs des animaux sont injustement écartés……..

    l’Etat doit stopper de donner la nature aux Chasseurs

    une initiative de Convention Vie et Nature et Reseau Animavie

    contact 0678642586/0658241273

  5. Il reste bien encore quelques ours !En fin de semaine dernière, les chasseurs (soutenus par nombre d’élus locaux) ont impunément mené une action (illégale) d’effarouchement de l’ours auquel sont imputées des prédations en Couserans. Entre les intempéries et la violence des hommes, les animaux sauvages n’ont guère de répit. Les animaux d’élevage n’ont pas une vie rêvée nom plus (voir documentaire ce soir sur Arte)

  6. Né pour voir le monde mourir et la laideur triompher. Quelle superbe époque ! Tout ce qui est beau est en train de mourir sous nos yeux, tout ce que j’aime, des salauds le détruisent. Je crois que je vais bientôt devenir fou devant tant d’ignominie.

  7. Quelle putain d’humanité ? Ils ne s’arrêteront jamais. Après le loup dans le Mercantour, l’ours des Pyrénées, le vautour maintenant. On les entend déjà éructer avec leur accent de merde : « nos agneaux ! nos agneaux !  »
    Et les subventions que vous donne l’état pour les pertes de votre cheptel, bande de couards , vous vous en servirez pour acheter des poupées gonflables que vous serez incapables d’honorer ?
    Vous allez ressortir vos fusils que vous brandirez, pauvres cow-boys de pacotille, devant les caméras de FR3. Et si jamais le reportage passe aux 20 heures, vous fêterez ça entre vous en vous prenant pour des révolutionnaires alors que vous n’êtes que des rebelles d’opérette ! Et le soir, bien bourrés, vous rangerez vos bâtons de feu, vous vous allongerez sur Josette, oui vous êtes assez cons pour donner un prénom à votre poupée en plastique, et vous apercevant alors de votre impuissance, vos grosses larmes de lopettes couleront entre des seins en latex.

  8. Bonjour, je connaît Roger Mathieu ces une personne que j’apprécie beaucoup, comme Pierre Athanaze ‘aspas’.

  9. un petit rappel : cet éditorial de gilbert Bros, président de la chambre d’agriculture de la haute loire dans le journal local ; titre :  » Les malfaisants .. ».

    Ce sont ceux qui détruisent l’économie et les emplois, qui ruinent la France. Je veux parler des écolos.

    Directive nitrates, règlementation phosphore, épandage des effluents d’élevage, Natura 2000, sites classés, Schéma d’Aménagement et de Gestion de l’Eau, espaces naturels sensibles, restriction de l’irrigation, réduction des produits phytosanitaires, zones humides, zones naturelles, directive habitat, zone d’intérêt faunistique et floristique, interdiction de couper les arbres en forêt, Trame Verte et Bleue : Schéma Régional de Cohérence Ecologique, Schéma Régional Climat-Air-Energie, Plan Régional d’Agriculture Durable …
    Tout cela tue économiquement l’agriculture qui perd sa compétitivité par rapport au reste de l’Europe.

    Il en est de même d’ailleurs dans tous les secteurs de l’économie et la France va droit dans le mur. Je plains mes enfants et mes petits-enfants. Et tout cela parce qu’une poignée de fanatiques, de doctrinaires et d’irresponsables, poussent à faire des lois dans ce sens. Ce sont des bobos souvent bien payés à ne rien faire qui nous empoisonnent gravement.

    Les politiques sont-ils capables de faire face ? Non assurément. Entre Hollande qui nous amènera à nous éclairer à la bougie et Sarkozy qui nomme cette greluche bobo, écolo du Grenelle de l’environnement comme porte-parole de sa campagne électorale, on est foutu.

    Il ne reste plus qu’à espérer une révolution de tous ceux qui subissent la tyrannie des DREAL, des Agences Régionales de Santé et des écolos, qui voient leurs entreprises fermer ou leur revenus diminuer. Le bon sens c’est envolé partout sous la pression de ces malfaisants d’écolos qui sont même là où on ne les attend pas.

    Par exemple, ils ponctionnent le FEADER et nos impôts pour investir 75.000 € à construire dans les carrières de Solignac, tenez-vous bien, des abris pour les chauves-souris. Les clochers de nos églises en abritent déjà des milliers.
    Alors, Messieurs les élus, tant pis pour le triple A pourvu qu’on abrite des chauve-souris ???

    Souvenez-vous que les électeurs ont encore du bon sens, eux. »

    Dans 50 ans …que vaudront ces écrits?

  10. Au désespoir peut être de Fabrice,(Qui a tué l’écologie?) il va falloir s’habituer avec P.Martin, à l’art subtil du compromis et des négociations discrètes ( pratiqué par FNE etc..et le PS)

    voir
    http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=?cidTexte=JORFTEXT000027770199&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id

    Il est vrai que notre ministre de l’Ecologie du groupe écologique du PS, est un élu politique du Sud Ouest dans la Région Midi Pyrénées, terre de chasseurs où l’on mange et où on boit bien , terre de production de champignons de foies gras… terre de gauche (!)où on lit la Dépêche et où l’on protége la nature lorsqu’elle ne gêne pas trop la culture du maïs (la Région a été la dernière à publier sa liste de plantes protégées tandis qu’un sénateur lotois apposait sa signature sous un projet de loi régulant le loup).

    En tout cas le texte cité plus haut met les chasseurs en fureur..
    comme les écolos avec les projets vautours…

    Il va falloir s’habituer (bis)..

  11. Le plan devait être « bouclé en urgence pour fin Juillet » et nous sommes le 31. Quelqu’un a-t-il des nouvelles, je n’ai rien trouvé.

    Pour aller dans le sens de Frédéric Wolff, je crois malheureusement que bien peu aime la nature, sans même parler du « sauvage ».
    Ce que beaucoup veulent, c’est une « nature Potemkine ». Un simple décor agréable et bien « entretenu » pour pratiquer leurs activités de loisir, randonnée, footing, VTT, surf, etc.
    C’est ce que j’ai mainte fois eu l’occasion de constater comme, je suppose, beaucoup ici. « On » peut s’arrêter quelque minutes devant un paysage exceptionnel, quelques secondes devant une fleur remarquable, mais guère plus dans le meilleur des cas. « On » voit parfois un oiseau ou un mammifère mais combien sont prêt à rester immobile pendant de longues minutes à observer les insectes sur les plantes, à passer un quart d’heure ou une demi-heure à observer sans bouger un chevreuil broutant paisiblement, un lièvre profitant d’une prairie, un renard mulotant, un écureuil aussi inquiet que curieux, un pic cherchant sa nourriture.

  12. http://www.mediapart.fr/
    Mine d’or en Guyane : le permis Montebourg menacé
    PAR KARL LASKE

    Une enquête a été ouverte par le parquet de Cayenne pour « faux et usage de faux » visant des documents versés à l’enquête publique ayant donné en 2009 un avis favorable à la société minière Rexma pour une exploitation en plein parc amazonien de Guyane. La décision des ministres Éric Besson puis Arnaud Montebourg en faveur de l’entrepreneur, contre l’avis des administrations locales, risque d’être remise en cause.

  13. Je reviens sur la fin de la lettre officielle que j’ai citée dans la discussion de l’article précédent:

    « …Il a par ailleurs été exigé de l’exploitant qu’il s’équipe du matériel nécessaire à l’enlèvement des cadavres d’animaux dans des conditions satisfaisantes. »

    Je pose une « question bête »
    ET SI ON REVENAIT AUX VAUTOURS ?

  14. Bonjour,
    je me permets d’intervenir (un peu tardivement) en réponse au commentaire de ‘William Wallace’ concernant la Chine et le problème tibétain, dans votre article du 24 Juillet 2013  : Mélenchon et le Pérou (une triste histoire si ordinaire).

    Je ne sais pas, Fabrice si vous le publierez, je comprends que votre site n’aie pas forcément vocation de forum, mais il y a certains propos qui me hérissent tellement le poil ! (Que j’ai soyeux, d’ailleurs !)

    Que disait donc ‘W. Wallace’ :
    « Un petit mot quant au Tibet, relisez l’histoire de cette contrée qui est depuis plusieurs siècles rattaché à la Chine. Vous semblez nostalgique du temps ou se pays n’était qu’une vulgaire théocratie dirigée par une personne imposé par le droit divin et une bande de moine qui ne travaillaient pas, mais vivaient du labeur du peuple. Les chinois ont pris le contrôle sur cette province en 1950 en plaine guerre froide alors que le camp capitaliste emmené comme toujours par les USA tentait une déstabilisation de la région… « 

    Un bien petit mot en effet, pour un problème aussi grave ! Et une argumentation bien légère. Je ne vais pas revenir en détail sur vos propos, somme toute méprisants sur « une vulgaire théocratie » ou « une bande de moine », ou sur la formule très délicate « pris le contrôle » pour éviter de dire « invasion militaire musclée et destruction de milliers d’édifices religieux ».

    Il y a comme un déni de réalité au sein du front de gauche vis-à-vis du problème tibétain, que je ne m’explique pas. S’agit-il de stratégie politicienne, ou d’ignorance crasse ? J’aimerais vraiment comprendre car ma sensibilité politique me fait souvent tendre l’oreille aux propos du front de gauche, dont je rejoins l’analyse sur certains points. Mais là, désolé, ça ne passe pas.

    Que les choses soient claires, je ne suis pas là pour casser du front de gauche, et je n’adhère pas au raccourci « capillo-tracté » de Fabrice qui nous propose de rapprocher Mélenchon de la Stasi. Quitte à faire ce genre d’association d’idées, pourquoi, plutôt que la Stasi, ne pas avoir choisi les congés payés ou la résistance ? Non, donc, je n’ai pas de mauvais à-priori sur le front de gauche, mais franchement, la question tibétaine dans la bouche de Mélenchon commence à me courir sérieusement sur le haricot.

    Surtout, quand, tous en cœur, et sans chercher à réfléchir ou à se documenter, ses partisans reprennent sans le savoir et mot pour mot, la dernière trouvaille propagandiste du journal de Pékin : la Chine est la grande sauveuse du Tibet qui mourait sous une théocratie abjecte ! Alors là, il est content le front de gauche, il saute sur l’occasion, il va pouvoir casser du religieux. Chouette ! Alors, allons-y, 120 moines qui s’immolent deviennent anecdotiques dans la bouche de Mélenchon, sur je ne sais plus quel plateau télé ! Etonnant, non, pour des gens dont le mot d’ordre est l’humain d’abord ! Croyez-vous monsieur, qu’on s’immole parce que c’est la mode ? Ou parce qu’on s’est levé du mauvais pied ? Un moine tibétain qui s’immole au Tibet a-t-il moins d’importance qu’un Tunisien qui s’immole à Bengasi ? Vous êtes-vous mis un seul instant dans la peau d’une de ces personnes ? Craqueriez-vous l’allumette ? Avez-vous envisagé quelles circonstances pourraient vous amener à un tel acte ou bien avez-vous juste écouté et répété sans discernement la bonne parole du maître ?

    Entendons-nous bien, je ne suis pas croyant et la notion de dieu pour moi n’existe même pas, la preuve, je ne lui mets pas de majuscule;-). Mais il ne s’agit pas là de défendre une quelconque religion, mais des êtres humains contre un oppresseur, car c’est bien de cela qu’il s’agit.

    Je ne saurais trop vous conseiller, de prendre un petit sac-à-dos et de vous envoler, comme je viens de le faire pendant plusieurs mois, pour le Sichuan et le Yunnan. Vous y verrez des cars de police à tous les coins de rue, vous interrogerez des Chinois sur le problème tibétain qui vous répondront invariablement qu’ils préfèrent ne pas en parler (vous comprendrez qu’ils ont peur d’en parler), vous assisterez dans votre chambre d’hôtel aux spots de propagande de la télé d’état CCTV qui vous présentera le Tibet comme un grand Disney Land où tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Vous verrez le train Pékin-Lhassa véhiculer des Chinois que l’on paie pour venir s’installer au Tibet, dans le but de faire nombre et d’occuper le terrain. Vous prendrez une chambre d’hotel à Weixi, petite ville frontalière du Tibet où la police débarquera 10 minutes après votre arrivée car l’hôtelier l’aura prévenue de votre arrivée (car il est tenu de le faire et lui aussi, a peur). Bref, tous les indicateurs d’une dictature qui m’ont beaucoup rappelé la Birmanie en 2008, où pour vous dire ce qu’on pense du régime, on se penche vers vous et on vous le chuchotte à l’oreille car on se méfie du voisin et de la délation. Vous vous direz que l’ambiance en France sous l’occupation, a pu probablement ressembler à ça.

    Dans la foulée, poussez donc jusqu’au Nord de l’Inde, où les camps de réfugiés tibétains sont légion. Vous discuterez avec la petite vendeuse de tingmos (pains tibétains) sur la place de Dharamsala qui vous expliquera pourquoi son mari est emprisonné en Chine pour avoir filmé le Tibet, on vous racontera là-bas comment sont sédentarisés les nomades, comment des femmes enceintes traversent l’Himalaya à pied pour fuir ce régime. On vous dira les emprisonnements, la torture, les familles déchirées à jamais, les centres de « rééducation » et la stérilisation forcée.

    Vous y apprendrez probablement aussi que les récentes positions du Dalaï Lama sont pour une autonomie du Tibet et non une indépendance, ainsi que pour la séparation de la religion et de la politique et qu’il n’est peut-être pas le fameux ‘félon’ que la Chine décrit. Eh oui, des choses ont changé depuis 1950, faudrait se tenir un peu au courant, votre soi-disant théorie de la théocratie tibétaine a du plomb dans l’aile.

    Après ça, vous pourrez vous faire une idée peut-être plus objective sur le Tibet. Mais par pitié, en attendant, arrêtez de colporter bêtement les arguments de ce régime sans réfléchir. Parce qu’entre nous, si la Chine libère les peuples de l’emprise des religions, empressons-nous de lui demander d’envahir le Bhoutan, la Thaïlande, le Laos, le Cambodge, la Birmanie, où, comme vous le savez, ou pas, les moines ne travaillent pas non plus et quêtent leur nourriture auprès du peuple et où les liens entre état et religion sont plus qu’étroits. Et puis tant qu’on y est, qu’elle envahisse aussi les pays d’Amérique du Sud où la religion est omniprésente, et puis l’Allemagne, dont les citoyens paient une part à l’église dans leurs impôts, et puis tiens, la France dont l’état continue à financer l’école privée avec l’argent public malgré la loi de 1905… Bref, qu’elle envahisse le monde entier! La Chine grande sauveuse des libertés. Si ce n’était pas si triste, on aurait envie de s’esclaffer !

    Alors soyons sérieux 2 minutes : la Chine ne lâchera pas le Tibet parce qu’il y a du fric à se faire et du pouvoir à en tirer. C’est pourtant simple à comprendre, c’est la même logique que partout ailleurs. Autant le front de gauche veut bien comprendre ça, quand il s’agit des méchants Etats-Unis, autant là, ben non, ça coince ! Bizarre, j’ai du mal à comprendre. Si quelqu’un a la réponse, je prends.

    Il y a au Tibet, des centaines de gisements potentiels de cuivre, d’acier, de bore, des terres rares. Une place immense pour stocker toutes les saloperies possibles comme les déchets nucléaires, rejets chimiques et autres. D’autre part, qui contrôle l’Himalaya contrôle l’eau de l’Asie, un moyen de pression et de pouvoir énorme. Pourquoi croyez-vous qu’on se dispute à ce point les frontières entre la Chine, l’Inde et le Pakistan ?

    La Chine ne lâchera pas le Tibet parce que c’est une ressource, tout simplement. Dans ce cas, pas question de se laisser emm… par 6 millions de Tibétains. Toute la machine de désinformation se met donc en marche et vous êtes tombé dans la panneau. Soyez sûr que Mélenchon, lui, n’y est pas tombé et qu’il fait preuve d’une mauvaise foi à toute épreuve, mais ses raisons, politiciennes donc, comme je l’ai dit plus haut, m’échappent ! Peut-être voudra-t-il s’expliquer une fois pour toutes sur ses dérapages concernant le Tibet, ou tenter de se rattraper aux branches comme il vient de le faire dernièrement sur son blog en ce qui concerne le Pérou…

    Après avoir misé sur des exportations à plus de 70% de son économie, en ne payant pas ses travailleurs pour pouvoir faire du dumping, la Chine se retrouve avec une croissance en baisse, puisque vous comme moi, on en a marre d’acheter des trucs qui pètent au bout de 3 jours. Et là, catastrophe, moins d’exportations, et un peuple sous-payé qui n’a pas les moyens de consommer. Et donc de soutenir l’économie intérieure ou si peu. Un lobby du bâtiment qui fait pression sur le gouvernement pour pouvoir continuer à construire des tours de 30 étages bourrées d’appartements vides car le peuple n’a pas les moyens de les acheter puisqu’on l’a maintenu dans la pauvreté afin qu’il produise à pas cher. Et croyez-moi, quand vous serez là-bas, vous verrez ces grues et ces immeubles tout neufs, et vous ne pourrez vous empêcher, comme moi, de penser aux villes fantôme qui ont fleuri en Espagne ces dernières années, mais à la puissance 20 ou 30. Une mauvaise odeur de subprimes chinoises. Ajoutez-y une augmentation de pas loin de 200% du budget de l’armée ces dernières années… Ca pue !

    En résumé, et pour vous qui conseillez de relire l’histoire, méfiez-vous bien de comment l’histoire est racontée. Il y aura toujours des gens pour vous dire qu’il y a 500 ans, le grand Christophe Colomb a découvert l’Amérique, et d’autres qui vous diront qu’il y a 500 ans, l’Amérique, qui existait depuis des milliers d’années, avec ses peuples et ses cultures, a vu, pour son plus grand malheur, débarquer un navigateur égaré qui se croyait en Inde. Question de point de vue…

    Je veux préciser que quand je parle de la Chine, j’entends le gouvernement chinois bien sûr, et pas le peuple chinois, car comme chacun sait malheureusement, les gouvernements n’ont plus rien à voir avec les peuples depuis belle lurette. Il ne faut donc pas confondre le peuple chinois, accueillant, curieux, parfois un peu brute mais souvent attachant, (et qui se fout royalement de ce gouvernement puisqu’on ne l’a pas autorisé à l’élire), avec un parti de nantis auto-proclamés qui s’est partagé le gâteau (à savoir, la richesse engendrée par la sueur du peuple) au moment des privatisations.

    Au final, malgré mon penchant athée ou agnostique ou quoi que vous vouliez qui s’apparente à ‘Ni dieu ni maître’, bien que je penserai toujours que la religion est l’opium du peuple, je crois que je préfère encore un Tibétain psalmodiant toute la journée Om Mane Padme Um en faisant tourner son moulin à prière, pensant qu’ainsi que le monde ira mieux, à un militant aveuglé propageant les propos mensongers d’une dictature ultra-libérale tout en étant persuadé de lutter contre le grand capital.

    William Wallace (l’Ecossais) a su prendre position le moment venu et s’est battu contre l’occupant anglais !

    Heureusement, il nous reste Léo Ferré : « Les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes ».

    Hervé

  15. La guerre au vivant… Oui celle que mène depuis des années le système totalitaire marchant qui domine la planête… Pas de bol, nous en sommes les esclaves consentants, vivants, donc sur la liste, evidemment…

    Pour celles et ceux qui ne l’on pas encore vu, il est en libre accès (streaming ou téléchargement)

    http://delaservitudemoderne.org/francais1.html

  16. Un texte de Renaud Camus : « Heureusement il nous reste la lumière — la lumière et l’amour (mais certaines philosophies soutiennent que c’est la même chose, je crois).

    La vieille consolation lamartinienne par le truchement de la nature (Mais la nature est là qui t’invite et qui t’aime), celle de toute la poésie lyrique au moins jusqu’au siècle dernier, n’est plus si agissante, loin de là. La nature n’est plus là, ou bien rarement, et dans quel état ! Elle est partout humiliée, blessée, salie, souillée, aménagée, viabilisée, rentabilisée, touristisée, tôlifiée, parpaingnifiée, industrialisée, banleucalisée, artificialisée, peaudechagrinée, traquée. Il n’y a que les gens qui ne l’aiment pas vraiment pour ne pas voir ses atroces souffrances et pour jouir sereinement de son agonie. Il n’y a que les gens qui n’aiment pas le paysage (et ils sont l’immense majorité des vivants, il suffit de les voir ne pas le voir, et de voir comment ils le traitent) pour croire que le paysage nous offre la ressource qu’il a toujours offerte — le toujours très historique du sentiment lyrique, au moins. Aimer le paysage c’est comme aimer la langue, ou comme aimer la France : une blessure de tous les instants. Oh, certes, il nous reste des lambeaux, de magnifiques vestiges, des poèmes, des terrasses, des livres, des vergers, des fenêtres, des îles, des inscriptions sur des pierres, le coin d’un champ et même quelques morceaux de montagne réchappés par miracle à la sale industrie des sports d’hiver ; mais pratiquement plus de bords de mer, presque jamais de grands panoramas intacts, à peine un ou deux villages épargnés par la Grande Pelade, l’arrachage des enduits, la lèpre pavillonnaire, l’éclairage a giorno et, s’ils ont eu le malheur d’être trop beaux, la kitscherie gnan-gnan, le fer forgé, l’artisanat d’art, l’esprit “poutres app.”, les galeries de peinture, les “formules”, le second degré.

    J’ai eu l’imprudence de faire confiance aux ciels. Ils ont longtemps été loyaux et sûrs. Il leur arrive encore de nous mettre à genoux d’admiration et de gratitude. Mais mêmes eux sont pollués à présent, maculés, striés, lacérés par cet imbécile d’homme et son ingénieux génie. Ne nous laissera-t-il pas, à la fin, un seul espace et un moment sans lui ? Faut-il vraiment qu’il humanifie, quand bien même il les aurait déjà si heureusement humanisés, chacun de nos regards et la moindre de nos sensations ? »

  17. Bonjour à toutes et tous,

    Concernant Mr Philippe Martin, nouveau ministre de l’environnement, je viens de retrouver un article intéressant sur son engagement contre les OGM en plein champ. Il date de 2010.

    Dommage qu’il soit un peu moins clair et déterminé en ce qui concerne les « OGM cachés » que les semenciers ont mis au point pour échapper à la législation française sur les OGM. Toutes ces semences créées par mutagénèse qui sont bien des OGM, mais obtenues grâce à des techniques contournant habilement les textes de loi actuels…

    Bien à vous. Sancho

    GAGNE en CONSEIL d’ETAT

    Une bataille juridique de cinq ans pour Philippe Martin aux côtés de l’avocate Corinne Lepage. (photo archives jean-louis duzert)

    Philippe Martin a le sourire des grands jours. Il a salué les premières heures de l’année par une victoire contre l’État. Pas courant, l’ancien préfet en est conscient. Surtout sur le dossier OGM.

    Après plus de cinq ans de bataille juridique, le Conseil d’État vient de donner raison au Conseil général qui, le 11 juin 2004, avait adopté un voeu par lequel il exprimait son opposition aux essais de cultures OGM en plein champ.

    Un bras de fer entre le préfet de l’époque (Jean-Michel Fromion) et le président Martin qui se terminait au tribunal administratif saisi par le préfet. La délibération gersoise était annulée par le TA de Pau. Jugement confirmé deux ans plus tard par la cour administrative d’appel de Bordeaux. Philippe Martin ne désarmait pas et saisissait le Conseil d’État qui, le 30 décembre 2009, a décidé d’annuler les deux décisions administratives, de rejeter le déféré du préfet du Gers et de condamner l’État à verser 3 000 euros au département du Gers.

    Victoire politique

    « C’est une victoire sur toute la ligne, se réjouit Philippe Martin. Le Conseil d’État considère tout d’abord que le tribunal administratif a eu tort d’annuler le voeu au motif qu’il avait délibéré sur une matière étrangère à ses attributions. Plus important, il considère que dans un département « dans lequel l’activité agricole est significative », la délibération du Conseil général marquant une opposition ferme aux essais de cultures OGM portait bien sur « un objet d’intérêt départemental ». C’est une victoire de la démocratie qui replace le citoyen au coeur de la décision ».

    Reste à savoir si cette décision « inattendue », selon Philippe Martin, fera jurisprudence dans l’Hexagone. Certes, elle ne donnera pas au Département un pouvoir de police – son président n’aura pas le pouvoir d’interdire les OGM sur son territoire – mais il s’agit là d’une « victoire de l’opinion. Je vois dans cette décision un hommage aux 16 312 Gersois qui s’étaient prononcés pour un référendum sur les OGM », ajoute le président Martin.

    Un référendum qui, du coup, pourrait être envisagé ? « Il faut en parler avec tous ceux qui, à nos côtés, avaient travaillé sur ce projet. La situation a changé, depuis il y a eu le Grenelle de l’environnement, le moratoire sur les OGM. »

    Cette décision inattendue est, aussi, une victoire politique pour le nouveau secrétaire national adjoint à l’environnement du Parti socialiste. À lui de la faire fructifier. Il y a fort à parier qu’il s’appuie sur d’autres moyens que le référendum qui ne trouverait pas un contexte forcément porteur. Philippe Martin annonce d’ailleurs que les 3 000 euros versés par l’État seront employés à l’élaboration d’un outil pédagogique en direction des collégiens. Pour leur expliquer le sens d’un repas avec des produits bio et de proximité.

    Auteur : Philippe campa
    p.campa@sudouest.com

  18. Les OGM c’est une chose , le gaz de schiste une autre et la survie des grands prédateurs un problème tout aussi sérieux qu’il faudra aussi résoudre . Un J.Bové communique sur les 2 premiers sujets pour mieux enfoncer les ours et les loups .
    Le Ministre de l’environnement ne peut pas faire de l’écologie à géométrie variable . Il serait contre les OGM , c’est bien . On l’attend aussi sur le reste .

  19. Ils sont fous ou quoi sur Rue89 ? C’est quoi cette mode chez les médias d’appeler à l’éradication des espèces ? Il n’y a pas une semaine sans un article qui appelle à tuer le loup, l’ours, le vautour, le phoque, et maintenant le goéland. Ça s’appelle comment cette maladie mentale, cet appel permanent à la mort ?

  20. il y a un très bon article dans la revue l’Ecologiste sur la nature sauvage. cette nature qui a si peu d’amis, tout ce qui dérange est à éliminer . Un très beau livre de Jean Louis Terrasson  » La peur de la nature » explique comment l’homme détruit par peur. Bientôt l’homme n’aura peur que de lui-même

  21. De toutes façons, je suis pessimiste, tout celà finira trés mal. Nous sommes 7 milliards aujourd’hui, nous serons 10 milliards au milieu du siécle. La nature ne se relévera jamais de l’empreinte humaine, tropomniprésente, tropmultiforme. Le seul espoir c’est le peak oil dans quelques décennies, qui entrainera automatiquement une diminution de la population mondiale au siécle prochain ou dans 2 siécles. La terre pourra alors respirer , mais 90% de la biodiversité aure alors été éradiquée…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *