Luce Lapin forever (trois mots sur une belle âme)

Quel fichu pays ! 65 millions de clampins comme moi, des centaines de journaux, et une seule Luce Lapin. Je connais personnellement Luce dpuis un peu moins de cinq ans, depuis que j’ai commencé à collaborer à Charlie Hebdo. Luce est unique, car elle tient une chronique hebdomadaire – Les Puces –  consacrée en totalité à la défense des bêtes. Dans Charlie, évidemment. Je connais un nombre considérable de crétins qui pensent que défendre des êtres comme les chiens, les chats, les oiseaux encagés, les rats ou les toros signifie être un suppôt du Front National. Pour être franc, je n’écoute plus ces conneries.

Pour moi, l’humanisme n’a de sens que s’il s’étend à tout ce qui vit, car l’homme, pour le malheur de tous, est le grand responsable des destructions, et doit à ce titre assumer les conséquences de ses actes. Il doit non seulement protéger, mais aussi (se) reconnaître et (s’)imposer des devoirs catégoriques, comme il existe des impératifs catégoriques. La vie des bêtes, dont nous sommes, mérite un immense espace qu’elle n’aura pas de sitôt. Chaque semaine, Luce crie, tempête, hurle contre la corrida, la vivisection, les abattoirs, la chasse et les gros connards si nombreux. Mais elle signale les actions, les mobilisations, l’espoir quand il est là. Je vais vous dire un truc très simple : je suis fier de travailler à ses côtés.

Pourquoi parler d’elle aujourd’hui ? Elle vient de lancer son propre blog ici, où elle me compte parmi ses chouchous. Eh bien, je l’embrasse sans manières, et vous invite à y aller voir. Et à laisser des petits mots d’encouragement, car la vie est cruelle pour ceux qui pensent à eux. Aux animaux, à leurs souffrances, à leurs existences.

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17 réflexions au sujet de « Luce Lapin forever (trois mots sur une belle âme) »

  1. Jusqu’alors Luce Lapin dans sa rubrique était représentée sur le site de l’association “Convention Vie et Nature pour une Ecologie Radicale”, en fin de page.
    Pour savoir qu’elle adhère au CRAC Europe – protection de l’enfance, elle m’avait envoyé (à mon intention) via une asso me connaissant, 2 CD (copies) rapportant une scène de protestation lors d’une corrida dans le sud de l’hexagone, mené par le CRAC basé à Alès.
    (des militants!)
    Aussi, m’avait-elle écrit dans un mot: “faites connaître nos positions sur la question dans votre entourage, merci”;
    Pour info: il existe une autre association hostile
    à la tauromachie basée à Nîmes.
    Ceci s’était produit suite à une chanson écrite de ma plume s’intitulant “C’est magnifique” que je leur avait envoyé pour la grande manif “pour les animaux” juste avant la présidentielle de 2012.

  2. Pour info:
    Suite post ci-dessus, dans le souci du non préférentiel la 2 ième asso (basée à Nîmes) couvrant la lutte contre la corrida s’appelle ALLIANCE-ANTICORRIDA.
    Si le coeur vous en dit, lisez “L’ours dans l’arène ou le sort du taureau” en tapant ce titre sur Google. (publié)
    Ps: commentaire admis.

  3. à Karl-groucho D:

    “Kamarad”, ce n’est pas la peine d’hurler comme ça. (lettres majuscules)
    J’ai vérifié selon vos prérogatives suite à vos recommandations, le titre de mon texte cité ci-dessus ne paraît pas alors qu’il était encore identifié sur Google, en début de soirée.
    Vous avez l’air fin!
    Expliquez pourquoi?

  4. Luce Lapin est une grande dame. Son blog, un de mes chouchous 🙂 !

    Et puisque l´on parle ici de protection animale, je reviens sur ce qu´on appelle la ferme-usine des 1000 vaches.
    Voilà ce qu´écrit L214 à ce sujet dans sa lettre d´infos :

    “Ferme-usine des 1000 vaches – Agir de chez vous
    La ferme-usine des 1000 vaches en Picardie, vous connaissez : cette sinistre étable enfermera bientôt près de 1000 vaches et veaux pour la production industrielle de lait. L´association Novissen, qui se bat sur place contre ce projet, propose une action simple et rapide : la laiterie qui exploiterait le lait de ces 1000 vaches serait probablement l´entreprise Senoble. Pourquoi ne pas l´interpeller courtoisement ? Sont-ils au courant que plus d´un millier d´animaux vont à terme être enfermés dans ces bâtiments ? Dites-leur que Novissen et ses soutiens attendent une réponse claire de leur part : vont-ils acheter ce lait ?
    Vous pouvez les joindre par mail senoblejouy@senoble.com
    ou téléphone 03 86 97 40 40
    Merci de votre participation !”

    http://www.l214.com

    Une ferme-usine, la production industrielle de lait ! Le lait de la torture et de la souffrance alors qu´il représente un symbole de vie, lui qui est au centre de tant de mythes fondateurs ! Quelle perversion, comment a-t-on pu en arriver là !

  5. À ai

    Bien sûr que si, JE GUEULE !
    Et je n’ai l’air ni fin, ni épais.
    Je me contretape de l’air que j’ai.
    Si, sous prétexte d’« efficacité » (?), vous collaborez, ce n’est pas seulement entre vous et votre conscience que ça se passe (éventuellement), mais c’est avec le flicage généralisé, contre les citoyens.
    Collaborer ou résister est une question qui se pose à chaque instant. Rien n’est neutre. Tout acte a des conséquence.
    Certains assument.
    Comme disait Lucie Aubrac « Résister se conjugue au présent ».

    K.-G. D.

  6. Il est permis de penser que vous qui fréquentez ce site êtes intéressés par l’avenir de la planète. C’est pourquoi je me permets d’insister pour que vous lisiez AVEC ATTENTION l’appel pour la création d’un tribunal pénal européen et d’une cour pénale internationale de l’environnement et de la santé.

    http://www.corinnelepage.eu/lancement-de-la-charte-de-bruxelles-pour-la-creation-dun-tribunal-penal-europeen-et-dune-cour-penale-internationale-pour-lenvironnement/

    Il esttrès important de signer cette pétition qui concerne tous les terriens => http://iecc-tpie.org/

    Cordialement

  7. entièrement d’accord avec ce texte: pour m’occuper d’une association locale de protection animale, je suis bien placée pour toucher de près la lâcheté et la cruauté ordinaire à l’égard de tout ce qui vit, et pour essuyer des remarques condescendantes, même de la part de certains proches!

  8. Bonjour,

    Merci Fabrice,

    Rassurez vous, vous êtes aussi unique! Mille Grands Bravos a Luce Lapin. Remerciez la, serrez la fort sur votre coeur, de ma part. Et …. dites lui que sur sa photo d’en tête, son petit derrière est très joli! 🙂

    Mr K G B, 🙂

    Pour le flicage généralisé, il est en place depuis longtemps. Vous croyez certainement que l’outil avec lequel nous communiquons a été mis a notre disposition pour le plus grand des biens. Il est trop tard, et ceux qui sont dans le collimateur ont été repérés depuis belle lurette.

    De quoi avez vous peur? Elle n’évite pas le danger, a ce que je sache!

    Soyez gentil et cessez de “contaminer” autrui avec vos propres peurs, parce sur ce coup là, c’est vous qui collaborez au système! Si, Si!

    L’EFFICACITE, c’est de leur montrer que nous n’avons pas peur! Elle basculera (peut être) de leur côté!

    « Que de fois nous mourons de notre peur de mourir. » Sénèque

    Bien a vous, avec le 🙂

  9. Info “Les Puces” (Luce Lapin) sur le site asso CVN:
    “Danemark: Casher et halal sous procuration”
    Le Danemark interdit l’abattage sans étourdissement.
    A quand la France?

  10. À LBL.

    « L’EFFICACITE, c’est de leur montrer que nous n’avons pas peur! »

    Quelle furieuse intuition… Kollaborons joyeusement pour montrer notre grand Kourache. Ben voyons.

    Et à part ça, et surtout, apprenez donc à LIRE au lieu de projeter finement vos préjugés, vos jugements et vos fantasmes.

    Ai-je jamais parlé de « peur » ?

    Là :

    « collaborer ou résister est une question qui se pose à chaque instant. Rien n’est neutre. Tout acte a des conséquence. Certains assument.
    Comme disait Lucie Aubrac “Résister se conjugue au présent” ».

    S’agit-il de peur ou de résistance ?

    (& « Monsieur » s’abrège en « M. » ;-)),

  11. Je rapatrie ici ce commentaire, déposé par erreur sur le billet précédent:

    “Je suis allée voir le blog de Luce Lapin. Rapidement. Je suis tombée sur cet article, qui me fait mal:
    http://luce-lapin-et-copains.com/2014/03/31/cruaute-et-criminalite/
    Un enfant qui maltraite les animaux n’est PAS un futur criminel. C’est un enfant en souffrance et en danger qui PEUT devenir criminel si personne ne prend en compte son malheur. Ça me navre de voir quelqu’un aussi sensible à la souffrance des animaux être aveugle et sourde à celle des enfants. Les enfants SONT des animaux.
    Ça me navre aussi de la voir ainsi sacrifier au rite du “haro sur le hallal”: cohérent avec l’esprit de Charlie, certes. Mais les abattoirs hallal sont l’arbre qui nous cache la forêt des abattoirs pas hallal. Ce n’est pas toi, Fabrice, qui dira le contraire, ton livre “Bidoche” m’a appris beaucoup de ce que je sais sur ce thème.

  12. Ça y est : j’y ai été !! Et j’ai laissé un p’tit mot…

    Vive Luce ! Et vive toi aussi, Fabrice. Toi, un clampin ?

  13. Déclin des abeilles : les mots qui fâchent

    C’est une étude fascinante qu’a rendue publique, le 7 avril, la Commission européenne. Conçue par Bruxelles et conduite par un laboratoire de l’Agence nationale de sécurité sanitaire française (Anses), cette enquête a essentiellement consisté à mesurer la mortalité des abeilles domestiques (Apis mellifera) dans 17 pays européens.
    Mais le plus intéressant n’est pas le résultat obtenu. Le plus intéressant est le résultat qui n’a pas été obtenu.

    Lire : En Europe, le déclin des abeilles frappe lourdement les pays du Nord

    Pourquoi ? Simplement parce que le protocole choisi visait à restreindre la recherche des causes des mortalités observées aux uniques pathogènes naturels : seules les grandes maladies d’Apis mellifera ont été recherchées dans les ruchers visités.

    Nous ne saurons donc pas quels résidus de pesticides se trouvaient dans les colonies les plus touchées. Et ce, alors même que des travaux académiques toujours plus nombreux montrent les effets délétères des nouvelles générations de pesticides et des mélanges de substances actives sur la survie des abeilles et des pollinisateurs.

    Nous sommes donc dans le cadre d’un exercice assez étrange, qui met le discours et la pratique scientifiques au service de contingences extérieures à la science. Il faut chercher, mais dans la « bonne » direction. Il faut trouver, mais pas trop. Pour, surtout, éviter toute découverte indésirable.

    Lire aussi (éditions abonnés) Un mal mystérieux décime les ruches ariégeoises

    Les architectes de l’étude arguent du coût qu’il y aurait eu à prélever des échantillons dans toutes les ruches visitées. C’est de bonne guerre. Mais lisons les trente pages du rapport rendu public : le mot « pesticide » n’y figure pas. Le mot « insecticide » non plus, pas même une litote aussi bénigne que « produit phytosanitaire ».

    On cherche, en vain, les mots « agriculture », « pratiques agricoles »… On se frotte les yeux. C’est un peu comme si une étude épidémiologique sur les causes du cancer du poumon avait non seulement omis de questionner les participants sur leur consommation de tabac mais que, de surcroît, les mots « cigarette » ou « tabagisme » aient été exclus de son compte rendu.

    UNE PUDEUR SÉMANTIQUE DE CIGARETTIER

    « Des analyses ultérieures exploreront les liens statistiques entre la mortalité des colonies et des facteurs de risques incluant la prévalence de maladies, l’utilisation de traitements vétérinaires, le contexte apicole et d’autres paramètres », écrivent les auteurs, rassemblant sous l’énigmatique « autres paramètres », tout ce qui a trait à l’agrochimie et au modèle agricole dominant.

    Cette pudeur sémantique rappelle celle des vieilles études financées par les cigarettiers américains, qui attribuaient d’abord le cancer du poumon à la pollution atmosphérique, au radon, aux prédispositions génétiques et, éventuellement, au… « mode de vie » – c’est-à-dire à la cigarette.

    Que la science se pratique dans un contexte où il n’est pas possible d’énoncer un fait aussi trivial que le caractère nocif des insecticides pour les insectes devrait nous porter à une profonde inquiétude. Pas forcément pour les abeilles mais, surtout, pour ce que cela dit de notre société.

    Stéphane Foucart

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