Total éventre la Patagonie argentine

Cet article a été publié par Charlie Hebdo le 28 mai 2014

Notre transnationale du pétrole bousille une réserve naturelle à la recherche de gaz de schiste, fracturation hydraulique en prime. Pendant que Margerie fait ici des risettes télévisées, ses engins s’en prennent là bas aux Indiens et aux pumas.

Avant de dire tout le mal nécessaire de Christophe de Margerie et de Total, sa pauvre chose, deux mots sur le génial Guillermo Enrique Hudson, appelé en anglais William Henry Hudson. Né en 1841, Hudson a décrit la pampa d’Argentine, jusqu’à la Patagonie, comme aucun autre (1). Avis autorisé de Joseph Conrad : « Il écrit comme l’herbe pousse ».

La Patagonie reste un lieu à part. Une immensité de steppes, de pampas, de montagnes, de glaciers, d’archipels. Une beauté insupportable pour la transnationale conjuration du gaz de schiste. Car voilà où nous en sommes : tandis que l’entreprise Total joue ici le fabliau du « développement durable » et de la « responsabilité environnementale », elle est en train de dévaster là-bas la Patagonie argentine.

Voyons l’insupportable détail. Total est présent en Argentine depuis 1978, au travers de sa filiale Total Austral S.A, et produisait entre 2009 et  2012 30 % du gaz argentin. Mais il s’agissait encore de gaz conventionnel alors que les réserves estimées de gaz de schiste désignent le pays comme un des principaux producteurs mondiaux de demain, juste derrière les États-Unis et la Chine.

On se souvient sans doute qu’une loi votée en quelques semaines, à l’été 2011, interdit en France l’usage de la fracturation hydraulique, qui oblige à injecter dans le sous-sol de grosses quantités d’eau sous pression, surchargée de dizaines, voire de centaines de produits chimiques toxiques. Sans ce cocktail de la mort, pas de « fracking », pas d’explosion de la roche, pas de libération du gaz.

Total a mis la main sur une zone longtemps oubliée de tous, dans la province de Neuquén, au nord-ouest de la Patagonie, tout contre la cordillère des Andes. Les Indiens y ont été gaiement massacrés au cours de la « Conquête du désert » de 1879, et il ne reste sur place que des Mapuche, dont tout le monde se contrefout.

Parmi les concessions accordées à Total, une attire fatalement l’œil, car elle est située dans une réserve naturelle en théorie protégée, Auca Mahuida. Un premier puits, Pampa las Yeguas X1, a déjà été percé. La zone est pourtant un territoire mapuche très riche en mammifères sauvages, au point que des biologistes la considèrent représentative de la « steppe patagonienne ». On y on trouve des guanacos – sortes de lamas -, des pumas, des maras – des rongeurs -, des grands tatous velus, des furets de Patagonie, et même des condors. Mais que comptent ces crétins en face des grandioses perspectives d’extraction ?

Tout autour de la réserve, 11 permis ont été accordés à Total, et le bal tragique des foreuses et des camions a déjà commencé autour de certains puits. Exemplaire, l’association Les Amis de la Terre vient de pondre un rapport très documenté (http://www.amisdelaterre.org/rapportargentine.html) qui ne laisse place à aucun doute sur le scrupuleux respect, par Total, de ses hautes valeurs morales. Carolina Garcia, ingénieure et militante locale, y raconte par ailleurs : « Le puits Pampa las Yeguas et les infrastructures qui y sont liées menacent [une] réserve de biodiversité, notamment des espèces telles que le nandou choique [ressemblant à une autruche], le condor, le guanaco ou le chat andin… Au-delà de cette aire, nous sommes mobilisés avec de nombreux habitants et communautés de la province, mais l’unique réponse des autorités est la répression et le déploiement d’une campagne de propagande pour soutenir l’industrie pétrolière  ».

Comme il se doit, Total jure que tout est en règle, et que toutes les autorisations ont été données. Qui ignore encore les paroles de cette chanson du business ? Margerie, le patron à moustache, est au mieux chez nous avec Hollande, qu’il rencontre quand il veut grâce à son cousin par alliance Jean-Pierre Jouyet, Secrétaire général de l’Élysée. Interdite chez nous à cause des désastres écologiques qu’elle provoque, la fracturation hydraulique est employée en Argentine contre les Mapuche, les condors, les pumas. Total, entreprise citoyenne.

(1) Voir par exemple Un flâneur en Patagonie et Sous le vent de la pampa (Petite bibliothèque Payot)

25 réflexions au sujet de « Total éventre la Patagonie argentine »

  1. j’attends désespérément, je ne dois pas être le seul, un prophète écologiste qui me pousse à prendre le maquis ; quand aurons-nous la force de botter les fesses de toutes ces multinationales, qui nous sabotent l’atmosphère, qui nous gavent d’OGM et qui, le jour où nous sommes malades, nous vendent les médicaments qu’elles ont fabriqué à cette intention ? Poster des commentaires, signer des pétitions en nous regardant le nombril ne suffit plus, mais nous n’arrivons pas – encore ?- à troquer la souris pour un manche de pioche… fasse le ciel que ça se passe de mon vivant… Merci Fabrice de nous tenir la tête hors de l’eau..!

  2. Dure dure la vie des Mapuches des deux côté de la Cordillère …
    Quand ce n’est pas le gaz, ce sont les plantations de pins pour le papier.

  3. Des prophètes, des pétitions… et de l’attente. Hé ben, Total peut continuer à tout bousiller sans problème.

  4. Bonsoir,

    Merci Fabrice,

    http://www.romandie.com/news/Gaz-de-schiste-Berlin-veut-legiferer-sur-le-fracking-les-esprits_RP/485294.rom

    Mais si de NOUVELLES TECHNOLOGIES NON DANGEREUSES apparaissent, pourquoi pas ?

    —————

    Mr Chambard, vous allez bien?

    Quel âge avez vous? Vous ne pensez tout de même pas qu’un « prophète » fasse tout a votre place. Il donne une clef mais pas tout le trousseau! Cela serait trop facile.

    Manche de pioche et souris! Manche le jour, souris la nuit! Non?

    A présent si vous tenez tant a attendre de manière désespérée le gros poussage, je vous offre avec grand plaisir un fauteuil magique, il doit être aimanté ce n’est pas possible autrement, car tout ceuxcelles qui y posent leurs fesses, s’endorment illico! Je n’en ai pas usage ….

    Commentaires avec le sourire, au nombril 🙂

    Mr Fab,

    S’il vous plait, renseignez vous sur Avaaz. Derrière, qui est! Merci.

    Bien a vous toustes,

  5. Je reposte la liste des ennemis :
    – OGM
    – Nanotechnologies
    – Biotechnologies
    – Industrie chimique
    – Nucléaire
    – Surveillance généralisée (via internet, la vidéosurveillance, les drones … etc…)

  6. Bon OK, TOTAL est méchant et De Margerie est le diable. Quand on a dit ça on s’est fait plaisir mais on n’a pas avancé d’un pas dans ce qui devrait être la recherche d’une solution.
    Mais ce n’est pas TOTAL qui fore en Patagonie !, c’est moi, vous, nous. C’est par notre consommation qu’on crée ce type de problème. Continuer à vouloir faire de l’écologie de production nous mène droit au désastre. C’est comme le dit Ph Bilhouix dans rue 89 l’écologie de la demande qu’il faut modifier.
    Vous en voulez une preuve : nous avons interdit la production de gaz de Schiste en France mais d’ici la fin de l’année, nous recevrons les premières cargaison de méthaniers venant des US avec un « surcoût » CO2 fossile de 10 à 15% du à la liquéfaction et au transport.
    Comme si les champs de patate du Dakota avait une moindre valeur écologique qu’un élevage de mouton sur le Causse !
    Il faut arrêter de rejeter la faute sur « ces grandes entreprises qui nous imposent leur loi » c’est facile et cela détourne des vraies solutions.
    Parce que,à condition de le faire progressivement, l’action sur la consommation est possible et beaucoup plus facile.
    Qu’est ce qui empêche de réduire la vitesse des voitures ?, ne peut on pas imposer des normes de consommation plus contraignantes aux fabricants ? ou de créer une TVA variable basée sur leur consommation ?
    Pourquoi ne pas fixer le prix de l’énergie consommée dans les habitations en fonction de la consommation par m2 ?
    ne peut on accepter d’avoir des ordinateurs standardisés « kitables »?, des produits manufacturés avec des garanties décennales, interdire les emballages sur les présentoirs « en cartes » dans la grande distribution (la fauche ?, ils n’en vendent plus et vive le petit commerçant de quartier qui surveille ses étalages lui !),taxer différemment les fraises, les tomates… en Janvier et en Juin pour limiter les transports, …… etc… etc .
    Bref tout un tas de mesures (inventaire à la Prévert loin d’être exhaustif) ou il n’y aura aucune excuse de l’Europe, de la mondialisation, de la compétitivité, etc… et qui feront que TOTAL arrêtera de forer en Patagonie pour produire quelque chose dont on n’aura plus besoin. Ou alors cela sera du vice !

  7. LBL,

    C’est gratuit et facile, ça me suffit.

    fly,

    Sur vos constats et vos propositions vous avez entièrement raison. C’est un autre angle d’attaque, qui ne sera certainement pas de trop.

  8. fly,
    Merci pour votre commentaire. Je suis complètement sur la même longueur d´ondes que vous, à 100%.
    Saper la demande, et l´offre se réduira comme une peau de chagrin.

  9. Ce n’est déjà que du vice, Fly. Nous ne sommes pas là pour entraver les projets des puissants de ce monde. Et ce n’est pas pour rien qu’il existe le décret mijoté par Madame Laliot Marie, consultante en répression des populations trop bruyantes. L’appel au boycott – voilà une utilisation abusive voire dangereuse de la liberté du parole. Et voilà un décret qui mériterait d’être piétiné à gros coups de Doc Martins, non ?

  10. Le documentaire « Terre de schiste » « témoigne de la nouvelle ruée vers les gaz et les huiles de schiste de l´Argentine à la France ».
    http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article26062

    Et l´Allemagne qui prépare sournoisement mais efficacement l´arrivée du fracking. Le ministre de l´économie Sigmar Gabriel veut autoriser l´exploitation des réserves de gaz de schistes à condition qu´elle se fasse dans le respect de l´environnement. Sur 86 % du territoire ! Pour couvrir les besoins de l´Allemagne en gaz pendant 10 ans ! Woah ! Et sans utiliser de produits toxiques ! Ah bon ? Alors de la bière à la place ? Ou du Coca Cola (c´est vrai que comme le machin fait des trous dans l´estomac, peut-être en fera-t-il aussi dans la roche) ? Ils nous prennent vraiment pour des c…! Et peut-être que nous le sommes, finalement ! Les discussions vont tomber en pleine coupe du monde de fouteballe, l´idéal ! Pendant que les gogos ébaudis suivent le grand cirque, des lois criminelles passent comme des lettres à la poste. Ni vu ni connu ! Bien fait pour les gogos ! Mais les autres trinquent aussi, c´est cela la démocratie 🙁

  11. oui, c’est bien le problème, Total fore l’Argentine mais que dire du pétrole foré au Niger ou ailleurs ou tout a été détruit, tout ça pour qu’on continue tous, écolo ou pas, à prendre nos bagnoles, à faire perdurer un système pourri qui vise la destruction partielle ou complète de notre planète,

    c’est bête mais à partir du moment ou on met de l’essence dans notre voiture, ou qu’on remplit notre cuve de fioul pour ne pas crever de froid, on est complice de tout ça,

    il y a des solutions, consommer moins pour vivre mieux, mais on est loin, bien loin, de tout ça, nos gouvernants ne voient que par la croissance à tout prix, jusqu’à épuisement total des ressources et pollution totale de tous les milieux, encore un peu de patience donc car on y est presque !!

  12. Céline,

    C’est exactement ça. Et ce que vous dites pour le pétrole est vrai aussi pour le coltan* (et la cassitérite), l’uranium, etc. : ça s’appelle des impérialismes. Et ils sont mortifères, tant pour ce que vous décrivez, qu’à la base : des populations maintenues (par nous) dans la misère (et la prostitution, etc.), sous dictature (c’est tellement plus facile de négocier avec un dictateur qu’avec des millions de citoyens, une démocratie !)… Et eux, nos «  » »responsables » » », nos élus, nos irresponsables, ne jurent que par la croissance, par le maintien de cette voie qui nous mène dans le mur.

    La démocratie est directe, c’est logique, étymologique. Sinon ce n’est qu’une illusion, dont on constate les dégâts.

    * http://fr.wikipedia.org/wiki/Coltan#Le_trafic_de_coltan_en_Afrique_centrale

  13. Eh oui, Fab, nous qui dénonçons le massacre généralisé de notre planète avons notre part de responsabilité, j’essaie d’avoir le moins d’impact possible, mais en même temps, j’ai tellement l’impression que c’est vain, face à cette armée d’humains, chaque jour plus nombreux, pour qui vivre c’est regarder le foot à la télé, avec bière, chips ou nutella, qui se fout complètement des conséquences de son mode de vie. Bref, je suis plutôt pessimiste et ne croit vraiment pas à un sursaut de cette humanité.

  14. Mais oui Céline. Le bon peuple veut son pain et ses jeux, il n´en demande pas plus, il est content comme ça. Heureux de voir les décérébrés cupides et arrogants galoper sur des pelouses entretenues à coup de pesticides et d´engrais, arrosées par des dizaines de milliers de mètres cubes d´eau (100 millions de m3 par an pour l´ensemble des stades français), éclairées par des projecteurs superpuissants.
    Sans parler des produits dérivés voraces en énergie et vendus par millions, et qui rejoindront probablement les continents de plastique. Allez, les oiseaux de mer crèveront l´estomac rempli de petits drapeaux, ça variera leur menu 🙁

  15. On continue tous, écolo ou pas, à prendre nos bagnoles ? non, Céline, pas tous.
    Certains ont fait le choix de vivre sans voiture, de se déplacer moins loin, mais mieux, ces étranges humains, on les appelle des cyclistes. Ils ont souvent renoncé à un pavillon plus ou moins grand en banlieue pour s’entasser dans un immeuble en centre ville pour justement ne pas avoir le cul sur la molesquine (oui, je sais, c’est plus de la molesquine) en permanence, soit par conviction écologique, ou simplement pour avoir un peu l’occasion de ne plus être enfermé dans une petite boite.

    On les voit même parfois défiler en groupe scandant des phrases aussi convaincues que :

    « faites un cadeau aux générations futures, abandonnez votre voiture »

    ou encore, cette riante prédiction :

    « C’est la fin du pétrole, préparez vos guiboles »

    Alors eux, ces cyclistes qui ne remporteront jamais le moindre Tour, ne leur mettons pas tous les péchés de Total et de Margerie sur le dos, si on fore en Patagonie ou ailleurs, c’est sans doute qu’il n’y a pas encore assez de cette espèce là d’humains… 😉

    Bien amicalement.

  16. Jeudi 18 septembre 2014 :

    Août 2014 a été le mois le plus chaud jamais mesuré dans le monde.

    Selon des relevés effectués par une agence américaine, le mois d’août 2014 dépasse de 0,75 °C la moyenne de ceux du XXe siècle. Un record.

    Lentement mais sûrement, les records tombent en matière de hausse des températures. Même s’il est, en matière de climat, toujours hasardeux de s’intéresser à une période aussi courte, le mois d’août 2014 apparaît déjà comme exceptionnel : il a été le mois le plus chaud sur la planète depuis le début des relevés de température en 1880, indique jeudi l’Agence américaine océanographique et atmosphérique (Noaa).

    Le mois dernier, la température moyenne à la surface des océans et des terres s’est établie à 16,35 °C, soit 0,75 degré au-dessus de la moyenne du XXe siècle (15,6 degrés) et 0,04 degré au-dessus du précédent record enregistré en août 1998. La dernière fois que la température moyenne dans le monde en août a été en dessous de la moyenne remonte à 1976.

    C’est à la surface des océans que ce pic de chaleur s’est fait le plus ressentir, en s’établissant à 16,4°C (+ 0,65 °C), du jamais vu en 134 ans. À part en 1998, les continents eux non plus n’avaient jamais eu aussi chaud sur la période : la température moyenne y a atteint le mois dernier 14,8 °C (+ 0,99 °C). Ces résultats vus de France peuvent surprendre étant donné que notre mois d’août a été particulièrement maussade et surtout humide sur la majeure partie du pays. Il suffit pourtant de jeter un oeil à la carte établie par la Noaa pour constater que chez beaucoup de nos voisins et au-dessus des océans, des records de chaleur sont tombés.

    Les années de 2001 à 2013 comptent parmi les quinze plus chaudes dans le monde depuis 1880 et les trois plus chaudes dans les annales ont été 2010, 2005 et 1998, ajoute la Noaa.

    En moyenne, la température du globe a grimpé de 0,06 degré par décennie de 1880 à 2013, mais le rythme de l’augmentation a été beaucoup plus élevé depuis le début des années 1960 : en effet, entre 1964 et 2013 la hausse a été de 0,15 degré tous les 10 ans.

    Plus de 120 chefs d’État sont attendus à New York le 23 septembre pour participer à un sommet sur le climat organisé par les Nations unies.
    http://www.lepoint.fr/environnement/aout-2014-a-ete-le-mois-le-plus-chaud-jamais-mesure-dans-le-monde-18-09-2014-1864503_1927.php

  17. 29.01.2015

    Gaz de schiste : les industriels s’unissent pour combattre le blocage français.

    François Hollande a beau avoir dit et répété son opposition au gaz de schiste, les industriels français spécialistes de cette filière ne désarment pas. Ils espèrent toujours lever le verrou qui bloque l’exploitation de ce type d’énergie dans l’Hexagone. Et pour faire mieux entendre leur voix, ils ont décidé de créer une structure spécifique, le Centre Hydrocarbures Non Conventionnels (CHNC).

    Ce nouveau centre sera présenté officiellement le 10 février. Il sera présidé par Jean-Louis Schilansky, un ingénieur des mines, ancien d’ExxonMobil. Il était jusqu’en décembre 2014 le président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip).

    Parmi les membres fondateurs devraient figurer Total, GDF Suez, Vallourec, Solvay, Air Liquide, Vinci, Arkema, Technip, Bureau Veritas et Suez Environnement.

    La création de cette structure marque « un petit tournant », reconnaît M. Schilansky. De Vallourec à Vinci en passant par Technip ou Imerys, de nombreuses entreprises françaises travaillent déjà à l’étranger dans le domaine du gaz de schiste. Mais elles ont toujours peiné à se faire entendre.

    Les patrons qui se risquaient individuellement à défendre l’exploitation de ces hydrocarbures étaient immédiatement accusés de soutenir des techniques très polluantes, en particulier la fracturation hydraulique, au détriment de l’environnement.

    « C’est ainsi qu’est née l’idée de rassembler tous les acteurs de la filière au sein d’une organisation spécifique », explique M. Schilansky.
    « Le baril à 45 ou 50 dollars, cela ne durera pas »
    Officiellement, le mot « lobbying » est proscrit. En pratique, le projet y ressemble fort. Il s’agit de diffuser des informations sur l’état des techniques, sur le développement du gaz de schiste dans le monde, de montrer comment cet essor modifie la donne énergétique, etc.

    Pour que leur parole porte davantage, les industriels entendent s’entourer d’« experts de haut niveau ». « Un conseil scientifique validera ce que nous dirons », précise le futur président du CHNC.

    Pour l’heure, la fracturation hydraulique est strictement interdite en France, et la chute des cours du pétrole classique rend l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels de plus en plus délicate sur un plan économique. « Mais le baril à 45 ou 50 dollars, cela ne durera pas », assure l’ex-président de l’Ufip.

    Dans l’immédiat, il n’est d’ailleurs pas question de militer pour l’exploitation du gaz de schiste en France. Dans un premier temps, les industriels voudraient surtout que les pouvoirs publics autorisent des travaux d’exploration, afin de mesurer le potentiel français, encore très mal connu.

    Une bataille qui nécessite de convaincre l’opinion publique. Mission ardue. « C’est un projet à très long terme », reconnaît M. Schilansky.

    Denis Cosnard

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