Le nucléaire fait la manche

Ce papier a été publié par Charlie Hebdo le 3 décembre 2014

Ils nous avaient promis la Lune et le cul de la crémière. Les voilà qui font faillite, et comme l’État est derrière, nous aussi. Pas d’argent pour les gosses, les malades ou l’air pur, mais Hollande cherche deux milliards pour renflouer Areva la désastreuse.

C’est là qu’on rigole : le nucléaire français est dans une merde si noire que plus personne ne peut l’ignorer. Titre en une du quotidien qu’on appelle « de référence », Le Monde, le 20 novembre : « Les échecs à répétition d’Areva menacent la filière nucléaire française ». Areva, monstre public de 45 000 salariés – l’État en possède 87 % -, ne cesse de perdre de l’argent. Plus de trois milliards d’euros pour les seules années 2011, 2012, 2013. L’an 2014 devrait s’achever sur une baisse de 10 % du chiffre d’affaires et plus d’un milliard d’euros de perte sèche.

Qui lit en vrai Charlie sait cela depuis longtemps, et l’on excusera cette autocitation du 9 juillet dernier : « Areva est un groupe public dans une panade telle que, si l’État ne laissait pas filer les déficits, ce serait la faillite, la fermeture des crédits, le chômage de masse ». Mais reprenons dans l’ordre. Le 18 novembre, Areva avoue sans fard que ça va très mal, annonçant qu’elle suspend pour 2015 et 2016 la publication très attendue de ses perspectives financières. La Bourse, qui n’apprécie guère la vision nocturne, assassine le cours d’Areva, qui chute de 15 % en une séance.

On ne sait plus qui accuser, mais une évidence s’impose : les nouveaux réacteurs EPR, censés remplacer les vieux clous, sont des inventions du Diable. Les deux prototypes européens en construction font rire la communauté mondiale du nucléaire. Celui d’Olkiluoto, en Finlande, sera fini dans le meilleur des cas en 2018, avec la bagatelle de 9 ans de retard, et une facture qui sera passée de trois milliards d’euros à environ neuf. Le second, à Flamanville (Manche), n’a pour l’heure que cinq ans de retard, et si l’on en croit les nucléocrates, pourrait fonctionner en 2017. Son coût atteindra ou dépassera les neuf milliards d’euros, soit au moins trois fois plus que ce qui était juré-promis en 2007.

Face à un tel merdier, que faire ? Il n’y a plus un sou en caisse, rien pour les pauvres, les chômeurs, les handicapés, les autistes, les banlieues, les gamins, la beauté du monde et les papillons, mais il y en aura toujours pour le nucléaire, cette surpuissance. L’État – MM. Hollande et tous autres socialistes en peau de lapin -, envisage sérieusement de sortir deux milliards d’euros de sa boîte à malice. Ou bien de créer une « structure de défaisance » sur le modèle éprouvé du Crédit Lyonnais failli. On y jetterait aux oubliettes tout ce qui peut nuire au chiffre d’affaires d’Areva.

Reste une troisième possibilité : une noble intervention d’EDF, client essentiel d’Areva, qui pourrait augmenter sa présence dans le capital de cette dernière. Rappelons pour l’occasion qu’Areva construit des réacteurs nucléaires qu’EDF – autre mastodonte public – exploite pour la grande joie des chargeurs de téléphones portables. Conscient qu’EDF et Areva sont dans le même bateau, Hollande vient de nommer à la tête de ces entreprises publiques deux copains de régiment, ou presque. Philippe Varin – Areva – et Jean-Bernard Lévy – EDF – sont en effet ingénieurs des Mines – la caste des castes – et issus de la même promotion de Polytechnique, en 1973.

Faut-il vraiment rappeler que le nucléaire est une très grossière arnaque ? Certes oui, les ingénieurs et techniciens qui ont lancé cette grande folie étaient sûrs d’eux. La France, dépourvue de pétrole, allait conquérir une place à part grâce à l’énergie de l’atome. Mais pourquoi les politiques ont-ils été aussi cons ? Mille excuses pour la longueur des citations, mais il s’agit de la grandeur de la France, amis lecteurs. Ne mégotons pas.

Le sénateur communiste Arthur Ramette, le 10 juillet 1952, quand bat encore le cœur de notre grand Staline à tous : « En Union soviétique, la désintégration de l’atome permet de faire sauter les monts du Tourgaï, et les eaux des fleuves Obi et Ienisseï, se perdant jusqu’alors dans les mers glaciales, arroseront et fertiliseront l’Ouzbékistan, le Kazakhstan, l’Asie centrale, brûlés par le soleil ». Chirac soi-même, le 8 septembre 1975, raccompagnant sur les marches de l’hôtel Matignon notre grand ami de l’époque, Saddam Hussein : « L’accord de coopération nucléaire est au point. Nous l’avons même complètement conclu ». Giscard, en janvier 1980, à propos de Superphénix, définitivement arrêté en 1997 : « Avec ce type de réacteurs et ses réserves en uranium, la France disposera d’autant d’énergie que l’Arabie Saoudite avec tout son pétrole ».

Chevènement, alors socialiste « de gauche » et ministre de l’Industrie, le 6 octobre 1981 : « Si nous voulons l’emporter sur nos concurrents étrangers, les Mexicains, par exemple, doivent savoir que nous poursuivons nos efforts dans le domaine nucléaire ».  En janvier 1984, Laurent Fabius, ministre de l’Industrie lui aussi : le surgénérateur [de Superphénix] est «  parmi les technologies en gestation, l’une des plus prometteuses en termes d’indépendance ». Le 16 décembre 2009, Geneviève Fioraso, actuelle sous-ministre à l’Enseignement supérieur : « Je trouve dommageable qu’en période de reprise du marché mondial, la France, où l’expertise est la plus solide, et qui, avec le développement du nucléaire, a conduit depuis des années une politique de diversification énergétique très forte, se trouve en situation de faiblesse ».

Rebelote : pourquoi ? Mais parce que le nucléaire est désormais inexpugnable, sauf à changer de direction, ce qui s’appellerait une révolution. L’agence américaine de notation Standard and Poor’s, dont Charlie se contretape – mais pas eux, nos maîtres – vient de dégrader sans façon Areva. Notre fleuron du nucléaire va devoir faire très gaffe avant de lancer des emprunts à long terme, car il est désormais considéré comme un « émetteur spéculatif ». Le nucléaire : leur merde, notre fric.

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ENCADRÉ

Le syndrome de la Rolls

Faut-il être nigaud ? Nos géniaux ingénieurs du nucléaire sont fiers d’avoir inventé un machin invendable, l’EPR., dans la lignée des Rafale et des Concorde. Si Anne Lauvergeon, l’ancienne patronne d’Areva, n’avait pas perdu tant de temps à se faire plumer dans l’affaire Uramin, elle aurait peut-être songé à arrêter les frais de l’EPR. Car en effet, c’est le cauchemar. Dès 2009, Abu Dhabi refuse la technologie EPR et fait « perdre » à la France le « contrat du siècle », portant sur quatre centrales et plus de 20 milliards de dollars. Les émirs ont préféré la robuste technologie, bien meilleur marché, du Coréen Kepco. Honte.

Depuis, les échecs n’ont pas cessé, et le dernier date d’octobre : l’Afrique du Sud a signé avec la Russie de Poutine pour la construction d’un parc nucléaire d’au moins 40 milliards d’euros. Pour la France atomique, une pure horreur. Et l’avenir est encore plus sombre, qui s’écrira en chinois. Dans un rapport publié il y a quelques jours, l’économiste en chef de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) Fatih Birol, écrit sobrement : « La Chine est le marché du nucléaire civil le plus prometteur. Il produira près de 50% de l’énergie atomique d’ici 2040 (…). C’est un processus naturel de changement d’architecture de l’ordre énergétique mondial ».

19 réflexions au sujet de « Le nucléaire fait la manche »

  1. Ce fiasco dont la plupart d’entre nous font encore semblant de ne pas soupconner l’ampleur, pose la question de la « corruption systemique » (au sens ou les chefs d’entreprise, dans les pays « corrompus », parlent d’un « ecosysteme ») et de la democratie.

    Le gouvernement que la France s’est donne depuis 50 ans, n’a pas ecoute ses vraies elites, c’est a dire les gens qui avaient le courage d’ouvrir les yeux et de protester, sans se prevaloir d’avoir « passe les concours »: les Jean Giono, Jean Rostand, Jean Pignero, Esther Peter-Davis, Pierre Fournier, Alexandre Grothendieck, Theodore Monod, etc. etc. Il y en avait beaucoup d’autres, mais « l’ecosysteme » les a ignores, et on a laisse « l’ecosysteme » faire ce que Pignero appelait deja un crime.

    Il faut revoir notre systeme de gouvernement de fond en comble sinon ca va continuer.

  2. Avocat du diable : « il faudrait donc préférer les centrales chinoises et coréennes, moins sûres peut-être – oh, le risque zéro vous savez…- mais certainement moins coûteuses. Puisqu’on n’arrête pas de vous dire que les règlements tuent l’industrie/entreprise européenne. Ça commence à bien faire ! « .

    La référence rappelait récemment quelques soucis Ukrainiens http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/12/03/l-ukraine-une-puissance-nucleaire-a-haut-risque_4533592_3244.html

  3. Le nucléaire a englouti des fortunes et les fous furieux continuent inexorablement à financer ce puit sans fond avec l’argent publique.
    Avec la relance de la filière à neutrons rapides par le projet Astrid nous allons avoir un remake de Super phénix.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9acteur_%C3%A0_neutrons_rapides
    Quant à Iter on imagine aussi le « succés » mais les « zécolos »n’ont t ils pas voter un euros pour Iter et un euros pour les ENR
    http://www.sortirdunucleaire.org/La-region-repartit-ses-fonds-pour
    Donc il n’y a pas de raisons pour que celà ne continue vu que nous sommes trop peu nombreux à nous opposer!
    Encore désolé et merci quant même pour ton article Fabrice

  4. Avocat du Diable: Exactement! La Chine a peut-etre les moyens de ses folies, elle inaugure ce mois de decembre 32 nouvelles lignes de TGV. A cette echelle on ferait mieux de se concentrer sur ce qu’on fait de mieux, et c’est surement pas le nucleaire. Plutot le bio, le solaire, l’archi bio-climatique!

    Plus on attends de faire comme l’Allemagne et le Japon (en sortir) et plus ca coutera cher.

  5. D’ailleurs les Chinois, premiers producteurs de photovoltaique au monde, sont encore second derriere les Allemands pour la puissance installee mais pas pour longtemps, et depuis plusieurs annees ils sont de tres loin les premiers au monde en solaire thermique. Bref ils mettent pas tous leurs oeufs dans le meme panier. Vu le contexte, 40 centrales nucleaires en projet (surtout qu’ils n’en feront probablement pas le quart vu les delais immenses et l’accroissement exponentiel des couts, meme chez eux) dans ce contexte c’est des miettes…

    En fait, seuls les Chinois, premiere economie du monde, peut encore se permettre le luxe de continuer (un peu) le nucleaire, et Areva fait semblant d’esperer qu’ils reprendront le flambeau, ce qui n’arrivera pas vu la concurrence inexorable du solaire.

  6. Si on arrete maintenant on aura peut-etre plus de chance que les Japonais, et on arretera peut-etre « avant la catastrophe », comme esperait Roger Belbeoch. Meme si on devra surveiller les dechets et periodiquement renouveler le confinement jusqu’a la fin des temps, ce qui fait que « la catastrophe » sera toujours comme une epee de Damocles. Dans tous les cas, faudrait pas pousser notre chance trop loin, ca serait plus de l’inconscience, mais de la temerite.

  7. Le nucléaire s’est déjà condamné au conservatisme et est d’ores et déjà une énergie du passé en France. Il suffit de regarder cette simple page wikipedia pour s’en apercevoir :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_r%C3%A9acteurs_nucl%C3%A9aires_en_France

    0 réacteurs en projet de construction

    1 réacteur en construction (FLAMANVILLE)

    Considérant qu’il faut bien une vingtaine d’année pour construire un réacteur nucléaire de la prise de décision à la mise en service,comment-va on remplacer nos réacteurs vieillissants par de nouveaux dans les 10-15 prochaines années?

    Dès lors l’état se retrouve avec plusieurs options complémentaires :
    1) prolonger la durée de vie des anciens réacteurs(déjà acté par EDF et donc le gouvernement)
    2) économies d’électricité significative à l’échelle nationale
    3) utilisation d’énergies alternatives pour se substituer aux centrales qui devront un jour ou l’autre fermer.

    Leurs nouveaux réacteurs RNR « à neutrons rapides » (ASTRID,superphenix) utilisant du sodium (explosif au contact de l’eau) comme caloporteur entreront en service au plus tôt en 2050.

    J’ai de grandes inquiétudes si le plan d’EDF est de prolonger nos réacteurs actuels jusqu’en 2050 et croiser les doigts pour que la RNR soit opérationnelle d’ici là.

    Quand aux objectifs « ambitieux » affichés par F. Hollande de baisser le nucléaire de 75% à 50% de la production électrique française, ce n’est ni plus ni moins qu’une grosse supercherie car c’est uniquement prendre acte du fait qu’aucun investissement dans la construction de nouvelles centrales (excepté Flamanville) n’a été fait depuis 10 ans. C’est une diminution mécanique que même le plus pronucléaire des président ne pourrait changer maintenant.

    Un objectif ambitieux aurait été de fermer tous les réacteurs ayant atteint la durée de vie pour laquelle ils ont été conçus mais bon pour ça on peut toujours rêver.

  8. @ Laurent Fournier: 10 centrales nucléaires en prévision de construction en Inde en collaboration avec la Russie. (vu sur France 24)

  9. Nucleaire Indo-Russe: Un document de « vision strategique » ca n’engage a rien, ca fait juste un de plus parmi les centaines deja signes et toujours en attente de materialisation.

    Les faits c’est que Kudankulam ne fonctionne toujours pas apres 26 ans de travaux, un doublement du cout, et des pannes et des accidents en serie a cause, (disent les ingenieurs Indiens, peut-etre pas entierement objectifs) de « materiel Russe de qualite inferieure »…

    En plus le village de Idinthakarai resiste toujours, malgre l’operation d’isolement et de destruction montee par le gouvernement (les services minimum de l’etat ne fonctionnent plus, des bandits font exploser des bombes et la police refuse de les arreter, etc.).

    Tout ca est suffisament genant pour que Poutine refuse de visiter la centrale, malgre l’invitation delivree en public par Modi lui-meme lors du sommet des BRICS au Bresil en juillet, au motif explicite que ca pourrait, selon Modi, « symboliser » la relation fructueuse entre l’Inde et la Russie…

    La seule vraie nouvelle, c’est un business de diamants…

    Cote Russe:

    http://rt.com/business/213411-going-nuclear-russia-india/

    Cote Indien:

    http://www.dianuke.org/

    http://www.thehindu.com/news/national/govt-cautious-on-westdiscarded-nuclear-technology-says-piyush-goyal-at/article6570575.ece?ref=relatedNews

    http://www.thehindubusinessline.com/opinion/an-icy-feel-to-indorussian-ties/article6676738.ece?homepage=true

  10. @ Antoine B: je n’ai pas le temps de me documenter
    (occupé), pourriez-vous me dire (nous dire) si vous savez, ce que sont les centrales nucléaires (les actuelles) qui seront construites en Indes, c’est un sujet très intéressant?
    Par avance, merci.

  11. Pour tous ceux d´entre vous qui sont « éblouis » par la sortie du nucléaire à l´allemande : même si le processus s´enclenche, il n´est pas exempt de greenwashing, de scandales que les observateurs attentifs découvrent quotidiennement. Je n´ai malheureusement pas le temps de faire des recherches approfondies ou de traduire les articles dont je dispose, sur les mensonges et les magouilles des grands fournisseurs d´électricité qui se cramponnent à leurs monopoles.
    Juste un exemple, celui d´Avacon, l´un des plus gros fournisseurs régionaux de gaz et d´électricité entre Francfort et le Schleswig-Holstein, sur la mer du Nord. Il appartient pour 63,3 % à EON, puissant groupe du secteur énergétique, un temps chouchouté par l´ex-chancelier Schröder (copain lèche-botte de Poutine et VRP de Gasprom). Avacon est un pur opérateur réseau, il fournit soi-disant du courant bien « vert ». Les enquêtes menées n´ont pas pu lever complètement le doute sur la sincérité d´Avacon, mais il semble jusqu´à présent que l´énergie fournie soit à peu près « propre ». Là où le bât blesse douloureusement, c´est que les bénéfices d´Avacon non réinvestis tombent pour 63% dans l´escarcelle d´EON. Qui s´en sert pour construire sa jolie centrale à charbon de Datteln. Histoire d´améliorer la qualité de l´air 🙁 !
    Ceci n´est qu´un exemple d´entourloupette, il y en a une multitude, et finalement, ce sont les consommateurs qui, comme d´habitude, sont les dindons de la farce énergétique ! Mais cela ne doit pas empêcher de quitter au plus vite les grands monopoles (et croyez-moi, c´est le parcours du combattant, EON, RWE et consorts s´appliquant à mettre des batons dans les roues de ceux qui osent les défier !).

    Pour les germanophones parmi vous (sans doute une infime minorité 🙂 ) : un article du Spiegel sur les centrales à charbon allemande. Ça fait un peu tache dans le paysage !!!
    http://www.spiegel.de/wirtschaft/unternehmen/kohlekraftwerke-in-deutschland-stossen-mehr-co2-aus-als-im-eu-schnitt-a-962028.html

  12. PS : Le choix d´une énergie moins nocive n´est que le premier pas (et peut-être le plus facile), le second étant d´en réduire la consommation au maximum.

  13. L’industrie nucléaire française, leader mondial de la profusion d’atomes radioactifs dans l’environnement, est tellement malfaisante pour l’humanité que cette information est aussi une bonne nouvelle : cette industrie coule et c’est tant mieux.

  14. Je relisais encore hier soir l’article paru dans le charlie du 3 décembre sur Areva, quel talent……et c’est plein de vérité……
    Je dis Bravo cher Fabrice.
    Maintenant vient le temps de se reconstruire, il ne faut rien brusquer…
    On pense à vous, on vous embrasse…

  15. 13.02.2015

    Fukushima: apparition des premiers cas de cancer de la thyroïde

    Des premiers nouveaux cas de cancer avérés ou soupçonnés ont été détectés récemment chez des mineurs de Fukushima, au Japon, a indiqué jeudi un rapport de la préfecture. Ces cas n’existaient pas au moment de l’accident de la centrale nucléaire ni dans les mois qui ont suivi.

    Selon ce document, sur les 75 311 enfants réexaminés, l’un d’eux a récemment développé un cancer et sept autres sont soupçonnés d’être aussi atteints, alors que ces mêmes mineurs (4 garçons, 4 filles) n’avaient présenté aucune anomalie lors d’un contrôle initial.

    La première phase d’examen (menée d’octobre 2011 à fin 2014) avait porté sur 298 577 des 367 687 jeunes habitants de la région âgés de moins de 18 ans au moment de l’accident survenu en mars 2011 à cause d’un tsunami. Elle avait révélé 86 cas avérés de cancer de la thyroïde et 23 cas fortement soupçonnés chez des mineurs, mais il était impossible de dire alors s’ils étaient apparus après le drame et pouvaient en être une conséquence ou non, faute de données comparatives antérieures.

    Iode 131
    La deuxième étude débutée en 2014 et qui a déjà permis de revoir 75 311 enfants est en fait la première à réellement pouvoir mesurer les cas apparus avec certitude après l’accident. Elle permet de déceler des tumeurs qui n’existaient pas lors du premier examen servant désormais de base de référence.

    Là encore, la responsabilité directe de l’accident ne peut être établie avec certitude, mais les soupçons sont davantage justifiés. La commission d’étude tend à considérer cependant que « malgré ces nouveaux résultats, il n’est pas nécessaire à ce stade de modifier l’avis émis précédemment » selon lequel les radiations ne sont pas la cause de ces cancers.

    Exposés aux rayonnements
    Cette opinion est entre autres fondée sur les effets mesurés de la catastrophe de Tchernobyl, en 1986 en Ukraine. Toutefois, les parents des enfants concernés ne peuvent s’empêcher de penser que la cause est bel et bien l’exposition aux rayonnements (et notamment à l’iode 131) lors des premiers jours suivant le sinistre.

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