Internet, le téléphone et les poissons rouges

 Hosto, piscine, kiné, béquilles et frites ce midi. Je vous salue tous. À commencer par Didier, infirmier ici, avec qui je viens de papoter agréablement dans le couloir.

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Vous allez voir, il y a un rapport. Avec la crise écologique, dois-je préciser pour les étourdis qui n’auraient pas saisi le message obsessionnel de Planète sans visa. Peut-être avez-vous entendu passer l’information, et en ce cas, vous auriez dû l’arrêter, car elle vaut la peine. Une étude (ici) menée par Microsoft – oui, le monstre créé par Bill Gates et Paul Allen, et ses 63 milliards d’euros de chiffre d’affaires – assure que nous nous concentrons moins, en moyenne, qu’un poisson rouge. Lui tient 9 secondes avant de passer à autre chose, et nous 8. Or c’était 12 il y a une quinzaine d’années.

Il y a donc baisse, et même dégringolade. Mais que se passe-t-il donc ? Avant de répondre, je passe d’abord par la conclusion de l’étude, qui devait obligatoirement se terminer de manière positive, car qui a payé, dites-moi ? Microsoft n’est pas là pour faire flipper, mais pour vendre d’innombrables produits. Dans ces conditions, la baisse d’attention des humains est une bonne chose, car il peut ainsi plus facilement zapper d’un machin à un autre.

Et je reviens à l’explication du phénomène. En résumé express, c’est la faute aux écrans. À tous les écrans  coalisés contre le droit imprescriptible à mener une vraie vie. Les téléphones portables, Internet, la télé. Moi, je vois bien que la télé a été le premier grand désastre. Bien que personne n’ait évidemment voulu ou programmé cette révolution totale, la télé aura servi de sas vers le reste, le pire. Des millions, des milliards de cobayes ont progressivement appris à tenir des guignolades et des publicités pour plus importantes que les êtres autour de la table. La télé comme arme de destruction massive des relations humaines. La télé comme déréalisation du monde. La télé comme accélérateur neutronique de l’individualisme. La télé comme étendard de la consommation de biens inutiles.

La suite en a été grandement facilitée. L’illusion de la liberté – car la vraie, c’est celle des marchands – a entraîné un peuple entier, du haut en bas de l’édifice social, à se précipiter sur les si fameuses « nouvelles technologies ». Le téléphone portatif est devenu une came de forte intensité, qui tue les neurones et flingue aussi sur les routes, quand un neuneu préfère annoncer dans le micro qu’il va arriver dans huit minutes plutôt que de regarder la voiture qui lui arrive pleine face. Et le Net a presque aussitôt exprimé, comme sans doute jamais dans l’histoire des humains, le terrifiant plaisir qu’il y a à devenir esclave. Esclave volontaire.

Les écrans donnent à imaginer – un tout petit peu, à peine – ce que pourra être demain une société totalitaire maîtresse des images et des écrans. Il est tout de même singulier de voir un peuple en partie libre, éduqué, vivant, préparer avec autant de bonne volonté son écrasement. Tout est déjà entre les mains des organes suprêmes, qu’ils s’appellent transnationales, États ou services secrets plus ou moins autonomisés. Des jeunes – et moins jeunes – gens en apparence sains d’esprit se battent pour donner plus encore de renseignements intimes sur leur vie, leurs pensées, leurs croyances, sachant pourtant que l’impressionnant Moloch informatique n’oublie ni ne jette absolument rien. Facebook, c’est déjà demain.

Cette soumission est sans conteste l’un des phénomènes politiques les plus marquants des 70 dernières années. Même quand est publiée une étude estampillée – Microsoft, dans l’esprit des journalistes qui relaient, c’est sérieux ! -, qui montre l’étendue de la catastrophe, on arrive encore à se rassurer. On zappe au bout de 8 secondes ? Oui, mais c’est pour se précipiter sur un autre écran encore plus décérébrant. Commentaire de France Info : « L’usage intensif des écrans permettrait de développer des capacités nouvelles comme l’aptitude à faire plusieurs choses en même temps, le « multitâche » comme les ordinateurs. Par exemple, 79% des personnes interrogées utilisent leur portable tout en regardant la télévision. Sans surprise, les jeunes (18-24 ans) sont les premiers concernés. Ils avouent à 77% que la première chose qu’ils font lorsqu’ils s’ennuient c’est d’attraper leur portable. La moitié consulte un smartphone toutes les 30 minutes ».

Et le rapport avec la crise écologique promis au début ? Voyons, mais c’est évident. La multiplication d’humains incapables de se concentrer rend les choses bien plus compliquées. Car la crise écologique, précisément, est d’une affreuse complexité. Il faut accepter de lire, de réfléchir, d’être lent dans cet art si hasardeux de l’esprit. J’en sais quelque chose : mon dernier livre, Un empoisonnement universel, contient des informations capitales sur la contamination chimique planétaire. Il se sera au total bien vendu, surtout compte tenu de la crise de l’édition et de la lecture. Mais nettement moins que d’autres publiés depuis 2007. Des amis proches, des écologistes sincères n’ont fait que l’ouvrir, découragés par les 440 pages du texte. Et même des militants de premier plan, directement concernés, s’en sont détournés aussitôt. Pourtant, je le jure bien, j’ai proscrit tout jargon et pour l’essentiel, je n’ai fait que présenter des histoires et des personnages. Peine perdue.

Je vous rassure : je ne suis pas dans l’amertume. Je savais dès l’avance que je faisais un livre difficile et sombre. Dans un monde où la paillette, le confetti et la légèreté priment, cela n’est nullement étonnant. Pour en revenir à nos oignons, mon point de vue est arrêté : Internet – dont je me sers pourtant -, les téléphones portables et la télévision sont des ennemis de l’homme, et devraient être traités comme tels. Notre monde exténué n’a pas besoin de machines, mais de qualités morales.

77 réflexions au sujet de « Internet, le téléphone et les poissons rouges »

  1. Ton livre, je l’ai prêté à un copain docteur en chimie,fils de paysan, qui m’a dit qu’il était TRES intéressant !!
    Bonne journée,Fabrice et merci pour cet article, j’ai bu du petit lait !

  2. J’ai acheté ton bouquin comme tous les précédents sauf un, les « bio »carburants, que j’ai « manqué », je ne sais pas pourquoi. Mais celui-là, je me suis en effet arrêtée à la moitié. Trop sombre, peut être? Après tant de lectures sur l’effondrement de notre société, il me vient des envies de ne plus désespérer. Alors je cherche (bisounours?) des témoignages de gens qui construisent, si peu que ce soit, le monde de demain.
    Je suis investie dans une association dite « d’éducation populaire », et « nos » politiques nous flattent d’une main et nous étranglent de l’autre. La « droite » et la « gauche » sont bien alliées sur ce coup.

    Du coup, je lutte contre la tentation de me replier sur mon petit univers perso, cultiver mon jardin, soutenir mes enfants, accueillir mes petits enfants, et m’éloigner de tout le reste pour vivre « tranquille ».

  3. Bonjour.

    Sur « Moi, je vois bien que la télé a été le premier grand désastre. » : et pourtant, ça partait bien : http://www.franceinter.fr/emission-le-79-la-presse-en-ligne#comment-354484

    Sur « le rapport avec la crise écologique » : il ne faut pas oublier les dégâts commis en amont, que ce soient les dégâts environnementaux liés à l’extraction des minerais et autres matières premières, ou les millions de morts (exemple : http://fr.wikipedia.org/wiki/Coltan#Le_trafic_de_coltan_en_Afrique_centrale ).

  4. Il est certain que la multiplication des écrans ne favorise pas la concentration. Pourtant, la télé est comme toute chose : capable du meilleur comme du pire. Et internet c’est pareil.
    je ne pense pas que nos ancêtres aient été plus fute-fute, le soir à la veillée. Ni la majorité de la population plus éveillée.
    Et on peut choisir Arte contre TF1… ou rien ! On a la télé qu’on mérite, c’est tout.

  5. Merci cher Fabrice pour vos nouvelles, pour ce texte et votre analyse d’une perte généralisée de notre attention.
    j’ai prêté votre livre « pesticides révélations sur un scandale français » à une horticultrice et je suis en train de lire votre « empoisonnement universel » j’ en suis à la page 342 ;
    il est vrai qu’il est dense et me demandera une relecture pour une meilleure assimilation.
    En ce qui concerne la télévision, dont vous dites qu’elle tenait une place prépondérante dans des familles où le spectacle de l’écran passait avant les êtres autour de la table, il en a été ainsi également pour la radio, dans les années 60, quand l’heure des « informations » coïncidant avec celle du repas, interdisait aux enfant la moindre parole à table. Mais le reste du temps, la multiplicité des écrans n’empêchait pas la communication « présentielle » comme on dit aujourd’hui.

  6. heureusement que j’ai internet (bas débit en Cévennes )car grâce à lui, je vous lis.Pour la télé,les gens ont le choix,télé réalité…ou Arte et ses beaux reportages, le 28 minutes ou j’apprends beaucoup.Les livres, je vais être honnête : la culture est chère pour le monde rural où les bibliothèque sont à 3/4 d’heures de voiture.
    J’attends bêtement qu’ils sortent en livre de poche et ça me fait râler que des chroniqueurs de télé ou radio les reçoivent gratos sans souvent prendre la peine de les lire ou bien quelques phrases sorties de leur conteste pour faire le buzz.Je n’ai jamais été attentive à l’école et les ordinateurs,téléphones portables n’existaient pas.
    Je vous souhaite une très bonne rééducation,à très bientôt et au plaisir de vous lire que se soit ici ou à Charlie Hebdo
    Cordialement Armelle

  7. Ouch ! On a du de déplâtrer une main, tu écris maintenant presque plus vite que ce que l’on peut te lire !.. Et toujours beaucoup de clairvoyance, tu sais aller droit au but et nous tenir en éveil sur des sujets qui, parfois, n’auraient fait que nous passer au-dessus de la tête… Devant la baisse permanente des performances de nos chères têtes blondes ou brunes, je reste convaincu, à la lecture de ton dernier livre, que l’alimentation catastrophique qu’on leur donne est en partie responsable de ce qui ressemble peu ou prou à de la dégénérescence qui ne dit pas son nom… Et c’est pas la réforme/zep de Belkacem qui va arranger la sauce !
    Chaleureusement à toi.
    f.c.

  8. Fabrice,

    J’apprécie tes qualités, ta combativité et je partage tes analyses, mais je suis pas d’accord avec toi quand tu écris que, »dans notre monde, la paillette, le confetti et la légèreté priment. » C’est une apparence, c’est purement artificiel. Je pense au contraire que beaucoup d’entre nous souffrent, sont perdus, désespérés et malheureusement résignés pour une bonne et simple raison : contrairement à toi, nous subissons au lieu d’agir. Hors, seule l’action peut permettre de changer de direction, d’infléchir les politiques et décisions irresponsables tout en créant une solidarité entre les hommes. Pour ce qui concerne la technologie : mobile, télé, ordi …, elle est le moyen de s’étourdir, de se vider la tête pour devenir le poisson rouge, qui, dans la fameuse histoire drôle, dit bonjour à chaque tour de bocal. Belle évolution jusqu’à la prochaine où les neurosciences réussiront à nous greffer des puces dans le cerveau pour faire de nous des hommes « augmentés ». Conclusion : c’est affreux à écrire, mais il est des jours où je me dis qu’il est heureux que ma propre vie ait une fin alors que la terre est si merveilleuse.

    Amicalement.

  9. Mince c’est parti trop vite. Satanée machine!… 😉
    Je « disais »: merci, Fabrice, pour ce que vous écrivez sur la télé. La télé lobotomise le cerveau.
    Je ne suis pas aussi catégorique au sujet d’internet, où la lecture peut prendre une place importante si on le cherche. Mais cela part d’une démarche volontaire. Le problème, c’est si internet évolue vers quelque chose qui serait entièrement d’accès trop facile, comme la télé: on tape des mots sur le moteur de recherche et cette machine, sur des critères que l’on ne maîtrise pas (en tout cas, pas moi…), vous balance des messages, photos et même vidéo « chocs ». D’ailleurs je trouve scandaleux que des vidéos se mettent en route automatiquement lors de l’ouverture de la 1ère page de certains sites; pour le coup, c’est carrément consommateur d’énormes quantités d’énergie, avec le nombre de connexions.

    Concernant votre dernier livre, il est super et je l’attendais depuis longtemps, moi qui suis prof de sciences physiques et chimiques. Heureusement que vous y avez travaillé! L’essentiel, c’est de l’avoir fait, vous! Ceux qui ne lisent pas jusqu’au bout sont des victimes du reflexe « zapping ».
    A bientôt
    Jérôme

  10. Merci pour ce texte ! Très vrai et tout le monde tombe dedans, moi la première.
    Petit à petit on sent que la capacité de concentration diminue, on sent que quelque chose change. On passe d’un site à l’autre, d’un bout d’article à l’autre, sans le terminer. On regarde la télé d’un œil distrait en regardant l’ordi de l’autre (distrait aussi). L’écran est en plus extrêmement dévoreur de temps…
    Vous avez raison, c’est un ennemi dangereux.
    Allez, demain, j’arrête !!
    Re-merci, bonne rééducation et bonne santé à vous et au plaisir de vous lire

  11. Ah France Info !

    Je l’ai surnommée  » radio bègue  » , la la radio où où on on répète tous les les mots de de deux lettres , et et parfois ceux de de trois lettres , avec maintenant une une tendance à à radoter des groupes des groupes de mots . C’est c’est chiant , oui je je sais …
    Le fond rejoint hélas la forme , car dire  » Par exemple, 79% des personnes interrogées utilisent leur portable tout en regardant la télévision.  » ne signifie nullement qu’on est efficace dans chaque tache .

    J’en profite pour dire ceci : ceux et celles qui participent à des manifestations , aussi nobles soient-elles , sont libres de mettre sur Youtube des vidéos où leur visage apparait avec une netteté digne d’une prise par des professionnels , si ils-elles désirent à ce point faciliter le travail des RG . Néanmoins , qu’ils-elles se limitent à leur propre visage .

  12. Requiem pour l’espèce humaine.

    “Notre génération a modifié la composition de l’atmosphère à l’échelle globale en […] augmentant régulièrement la quantité de gaz carbonique résultant de combustibles fossiles.” [Président Lyndon Johnson, message spécial au congrès en 1965]

    http://www.les-crises.fr/clive-hamilton-requiem-pour-lespece-humaine/

    Mais ça, c’était en 1965.

    On savait où était le problème en 1965.

    On connaissait la gravité du problème en 1965.

    ET POURTANT ON A CONTINUE A BRULER DES COMBUSTIBLES FOSSILES DEPUIS 1965.

    Autrement dit : l’espèce humaine est placée tout en haut d’un très grand arbre. L’espèce humaine est assise sur une branche. Elle est en train de scier la branche. Elle sait qu’elle va finir par tomber. Et pourtant elle continue de scier la branche.

    L’espèce humaine est tellement stupide qu’elle a choisi l’auto-destruction.

    L’espèce humaine est tellement stupide qu’elle a choisi le suicide collectif.

    Bilan de ces années 1965 – 2015 :

    Mercredi 6 mai 2015 :

    La concentration de CO2 dans l’atmosphère atteint un niveau record.

    Selon la NOAA, la concentration de dioxyde de carbone dans l’atmosphère a dépassé pour la première fois en mars le seuil des 400 ppm.

    La concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère a atteint un niveau record au mois de mars, un signe évident du réchauffement climatique, selon l’Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA) mercredi. En mars, la concentration mondiale moyenne mensuelle de CO2 dans l’atmosphère a ainsi dépassé pour la première fois le seuil des 400 parties par million (ppm).

    « Ce n’était qu’une question de temps », a souligné Pieter Tans, le principal scientifique chargé de la surveillance des gaz à effets de serre à la NOAA. Celui-ci a précisé que les stations de mesure de l’agence avaient déjà mesuré des seuils supérieurs à 400 ppm dans l’Arctique au printemps 2012 et à Hawaï en 2013. « Atteindre le seuil des 400 ppm en moyenne dans l’ensemble du monde est significatif », a estimé ce scientifique.

    Jusqu’à la révolution industrielle et le recours massif aux énergies fossiles, ce taux n’avait pas dépassé les 300 ppm durant au moins 800 000 ans, selon des prélèvements effectués dans les carottes de glace polaire. « Cela montre que la combustion du charbon et du pétrole a entraîné une augmentation de plus de 120 ppm des concentrations de CO2 depuis l’ère préindustrielle, dont la moitié depuis 1980 », a insisté Pieter Tans.

    L’Agence internationale de l’énergie a annoncé le 13 mars que l’augmentation des émissions mondiales de C02 provenant de la combustion des énergies fossiles s’était arrêtée en 2014 pour se stabiliser au même niveau qu’en 2013. Mais stabiliser le taux des émissions des gaz à effet de serre n’est pas suffisant pour empêcher le changement climatique, a souligné Pieter Tans. En outre, les données de la NOAA montrent que le taux moyen d’augmentation des concentrations de CO2 dans l’atmosphère a été de 2,25 ppm par an de 2012 à 2014, soit le niveau le plus élevé jamais enregistré au cours de trois années consécutives.

    Signe que la tendance est toujours à la hausse, l’observatoire hawaïen de la NOAA, à Mauna Loa, a continué à mesurer un taux supérieur à 400 ppm en avril. L’observatoire de Mauna Loa, qui date de 1958 et est la plus ancienne station de mesure du monde, a constaté un taux de 401,3 ppm, alors qu’en 2013 le cap des 400 ppm n’avait été franchi que durant deux jours.

  13. 440 pages englouties en quelques jours. Un bonheur d’intelligence et de limpidité. M’ont permis de prendre la véritable mesure du problème et encouragée à continuer à me débarrasser autant que possible des substances chimiques. « Un Empoisonnement universel » est maintenant passé dans d’autres mains. Un travail salvateur, merci !

  14. Pourquoi tu ne demandes pas d’être hopsitalisé a domicile,ils vont te réopérer combien de fois encore,respire ,quand vas tu pouvoir sortir dehors de l’hosto?
    Pour le reste les cours d’écoles sont silencieuses a la recrée,une horreur, car ils sont tous sur et avec leurs androides,atroces débilités ,les hommes acceptent de devenir des robots,dans les cases,ne se parlent plus,la Dictature Militarotechnique est en place ,plus le droit de manif,plus aucunes zones blanches pour la telephonie mobile sous peine de sanction,faut bien qu’ils sachent où nous sommes sans arrêt,je suis EHS ,je vais où,Bauer et Valls ménent la danse chaque jour une loi liberticide contre le Vivant?La Terreur Technique est là a nous de décider de ce que l’ont veux .

  15. Bonjour Fabrice,

    Et en plus de déliter les capacités de concentration, tous ces appareils ont, ce qu’on appelle en novlangue, une « empreinte écologique » terrible. Et une bonne partie de leurs composants provient de zones de guerre. Internet aussi a une « empreinte écologique », les « datacenters » (ou « centres de données », ces salles remplies d’ordinateurs qui stockent et transfèrent quotidiennement les données d’Internet).

    Il y a eu un documentaire sur le sujet, on peut en entendre parler ici : http://www.lemonde.fr/culture/article/2014/06/17/internet-la-pollution-cachee_4437854_3246.html

    Pour ton livre, il m’a fallu un moment pour le finir, mais je l’ai fait sans le trouver particulièrement rebutant. J’en ai parlé à un gars dont le métier consister à analyser les réseaux de distribution d’eau pour déterminer les degrés de pollution (je synthétise). Il était évidemment très intéressé par ton bouquin. Il m’a parlé des poissons qui changent de sexe et des particules qui ne sont pas filtrées. Il fait partie d’une équipe cherchant des solutions à ce genre de problème.

  16. Bonjour, et bon courage pour le rétablissement, en me retrouvant avec des béquilles une courte durée et ne pouvant plus parcourir plusieurs km par jour, j’imagine ce que tu dois supporter,pour des blessures nettement plus importantes.

    Le problème de diminution de concentration a été décuplé avec les iphones portables and co, qui sont en permanence connecté avec l’utilisateur, c’est pour ça que je ne les utilisent pas. Et le contact avec les hypeconnectés me dissuadent de l’être.

    La télé et l’ordinateur on peut y faire face, il faut les allumer pour les utiliser, une fois éteints, ils sont inertes, ce qui permet de contrôler le temps d’exposition.
    En rendant interactif l’utilisateur, l’ordinateur peut être plus alliénant que la télé.

  17. Tout ça est une aubaine pour les dirigeants, lorsque l’écrasante majorité des communications sera sous contrôle, la contestation demeurera que chez quelques individus minoritaires, qui en restant peu nombreux, ne pourront jamais renverser le système.

  18. Un lien avec alstom, avez vous remarquer l’empressement des conseils généraux à faire accéder quasiment tous les foyers au numériques,j’avais senti le lièvre, il y a plus de 10 ans quand le conseil général de l’époque dirigé par l’ump, avait dépensé des centaines de millions (il me semble qu’alstom était intervenu) pour cela, Alors qu’il se montrait pingre sur d’autres dépenses.

  19. Houai! hé bé!
    J’ai jeté ma tv quand j’ai eu l’enfant. L’enfant est allé a l’école publique et a souffert de ne pas partager les émissions avec ses camarades. L’enfant est sorti du réseau scolaire et a pris des cours au cned.J’ai toujours été précaire et l’enfant comme seul loisir est devenu un rat des bibliothèques. l’enfant est aujourd’hui major de promo dans le monde cruel de la science.L’enfant de précaire sans télévision, une vie sociale hors école est aussi une fille qui se bat contre sa condition de femme et la dictature de sa représentation publicitaire et se heurte au masculinisme paternaliste des scientifiques.Les gens des classes moyennes et celle invisible des prolétaires, je les ai côtoyé. Pour les premiers en les servant dans des jobs précaires et qui te parlent d’arte et parent leurs momes de vêtements fabriqués par des enfants de l’autre bout du monde pour les seconds en travaillant à leur coté dans des travaux aliénants et qui te parlent de tf1 en habillant leur progéniture de vêtements fabriqués par d’autre enfants de l’autre coté de la planète. argh! Nous nous sentions biens seules et biens décalées. Nous sommes du coté des exclus, des loups et avons pleuré le jour de la disparition de l’ourse canelle. J’ai toujours été précaire, l’enfant était boursier, il n’a pas eu besoin de vendre son corps pour faire ses études. Il gagnera bien sa vie en tant que chercheur et moi je serais toujours pauvre mais nous ne serrons jamais misérables. Jetez vos tv réoccupez vous de vos enfants, donnez leur le courage de résister à la mode, aux paillettes, aux barres chocolatées , donnez leur envie d’apprendre, ne leur faites pas croire que la réussite passe par l’argent. Ce monde de pixels est un outil bien utile quand on ne peut pas acheter de livres. Utilisons le comme un outil et non pas pour prévenir que l’on arrivera dans deux minutes et non pas trois, sans voir qu’à l’horizon un mur de déchets nucléairochimicopourito nous arrive en pleine face!
    bises et bon courage
    mtina

  20. Bonjour et nous sommes avec toi par la pensée.
    Ton bouquin ? il est super de concision et vraiment à la portée de tous. En attendant d’en faire ma bible, il voyage chez mes amis et les réactions sont unanimes.Encore merci.
    Bon et prompt rétablissement. amicalement Bruno

  21. Merci Fabrice pour tes éclairages, pour le ton, je retrouve le rythme de publication que j’ai du mal à suivre. Quel pied !

  22. Bonjour,
    Je n’ai pas lu votre livre mais il est dans ma liste de livres à acheter, et je compte bien le lire, bientôt… après le bac…
    Sinon je regarde pas mal la télé mais de moins en moins, je dois dire… trop de pubs et de futilités… Pour ce qui est du portable, il me sert la majeure partie du temps à écouter de la musique ou la radio dans le bus (le chauffeur écoute NRJ… autant dire que je préfère m’abîmer les oreilles qu’écouter ces conneries…). En gros, je n’appartiens pas au 77% des jeunes toujours fourrés sur leur portable…
    J’en profite pour vous remercier pour vos articles instructifs (bien plus que certains cours…) et puis pour vous souhaiter un bon rétablissement.
    Au plaisir de vous lire dans Charlie,

    Lisa

  23. Je ne peux que souscrire a 100%!

    Certains disent, « rien de nouveau, l’ordinateur n’est qu’un outil », certes mais il faut aussi se rappeler que l’homme a toujours pense avec ses outils, par ses outils. Certains se retrouvent tout nus sans leur stylo, sans leurs instruments de dessin, sans leur tournevis, sans leurs chaussures… la liste est infiniment variee.

    Se retrouver tout nu, incompetent, desempare sans une prise de courant pour recharger le smartphone ou sans une tour d’antennes a proximite, n’est-ce pas une inquietante evolution de notre « intelligence », c’est a dire vulnerabilite, collective?

    Certains disent que l’intelligence humaine n’a fait que decroitre depuis 2000 ans…

    http://www.theguardian.com/science/blog/2012/nov/12/pampered-humanity-less-intelligent

  24. Ce qui est genant, c’est que les professionels de la technologie sont, pratiquement sans exception, infiniment plus lucides que les politiques et « intellectuels officiels ». Entre Steve Jobs qui interdisait le smartphone a ses gosses et les auteurs a moitie alphabetises du rapport de l’academie des sciences sur « les ecrans », il y a un gouffre pour le moins etonnant, et genant!

  25. J’ajouterais les jeux vidéos dans la liste. Quand on voit les vidéos des ninjas cagoulés de l’EI décapitant, ou s’appretant à le faire, cela me fait penser aux esthétiques des jeux vidéos. S’est-on posé la question de l’influence des jeux de guerre, si proches de la réalité sur le comportement. De la virtualité à la réalité, on pourrait penser qu’il y a qu’un petit pas. Qu’est-ce que ça va donner à long terme, des mômes qui ont guerroyé pendant des heures durant leur jeunesse.

  26. Tout ça est tellement juste. Il est tellement affligeant d’observer autour de soi une jeunesse quasi aliénée à ces écrans, sachant qui plus est que ces ondes consommées sans modération sont nocives (cf Priartem et Robin des toits), une sorte d’autisme social et d’esclavage numérique volontaire (La Boétie revisité par les nouvelles technologies). Je publierai prochainement sur le sujet une réflexion plus étoffée sur Thébaïde News. En tout cas merci pour cet article.

  27. Pourtant, la télé est comme toute chose : capable du meilleur comme du pire. Et internet c’est pareil

    Non, je ne pense pas. Votre phrase laisse supposer que la technique ou l’objet serait neutre et que, seule compte la responsabilité, la volonté individuelle, le bon usage. (« la technique / l’objet / l’outil est neutre, tout dépend de l’usage que l’on en fait » est n°1 au hit-parade des lieux communs de l’idéologie de Progrès.
    Progrès raconte-t-on qui serait linéaire et cumulatif, du préhistorique dans la caverne, au futur sur Mars, en passant par des super-cerveaux tout au long de l’histoire.

    Or, non. Lorsque l’on introduit une nouvelle technique, un nouvel outil, il contient en lui les bons ET les mauvais usages qui auront lieu de toute manière, indépendamment et concomitamment.

    Afin d’évaluer si cette nouvelle technique est souhaitable, on regarde comment les usages se sont généralisés au bout d’un certain nombre d’années. Quels impacts sur la société, la santé, la nature, sur les facultés cognitives, la lecture en profondeur, le discernement, sur le rapport au temps, aux autres.

    Il y a aussi, un point très important, c’est la faculté de l’outil à ne pas égarer notre volonté.
    Or le numérique, Internet nous divertit et nous égare (lorsque quelqu’un veut faire quelque chose sur Internet, 5 minutes après il fait souvent autre chose et ne se souvient pas de ce qu’il voulait faire. Ce n’est pas le cas avec le livre par exemple.

    Or, internet a plus de mauvais usages que de bons. Il convient de limiter l’exposition aux écrans de toutes sortes (surtout à l’école).

    http://alaingiffard.blogs.com/culture/2009/07/susanne-gaschke-et-labrutissement-num%C3%A9rique.html

    http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2011-05-0071-013

  28. Selon un bon mot de l’humoriste-drôle-de-type Gustave Parking:
    « à croire que la télécommande » … hé hé.

    Vraiment merci Fabrice pour « Un empoisonnement universel ».
    On a terriblissimement besoin de ces claques-là pour nous CONCENTRER sur le réel !!

  29. Une petite note dissonante cependant dans ce concert si unanime…

    Ma fille de 11 ans n’a pas acces a mon ordinateur, et elle n’en a pas. (Enfin, pas encore, je ne sais pas combien de temps je vais encore tenir…)

    Bref, en pere autoritaire, je dis non.

    Mais, lorsque je m’empetre avec les options et la configuration de mon smartphone (qui n’est pas connecte a internet) qui est-ce qui resoud mes problemes?

    Ma fille de 11 ans.

    Ou apprend-t-elle tout ca? Dans le car scolaire!

    « chassez le diable par la porte, il revient par la fenetre » 🙂

  30. D’accord avec toi, Lionel, sur l’idée qu’une technique n’est pas neutre.
    Si je ne me trompes pas, Jacques ELLUL expliquait même qu’au bout d’un moment, selon l’importance qu’on lui donne, la technique devient « autonome ». Non pas par magie, mais elle conditionne tellement nos actes que c’est elle qui nous mène où elle veut.
    Ca m’a toujours amusé de vérifier ça lorsqu’une personne présente un powerpoint ou je ne sais quoi utilisant un vidéoprojecteur : les problèmes de non compatibilité immédiate – ou définitive !- des différents systèmes aboutit à environ 30 minutes de tâtonnements divers et variés avant que ça ne puisse « marcher »… quand ça marche!
    Durant cette 1/2 heure, le monde de celui qui devait intervenir s’est effondré plusieurs fois et le public s’est ennuyé pendant de longues minutes : la technique nous a menés par le bout du nez la moitié d’une heure !
    Ca arrive moins car chacun maîtrise un peu mieux ces systèmes, mais ça existe encore.
    Parfois, il y a des personnes qui ont le bon câble chez elles et … qui quittent la réunion pour aller le chercher et revenir avec !
    Des histoires assez étonnantes si on prend du recul sur ce que l’on fait…

    Bonnes réflexions à tous !

    _________________________

    ECOLOGIE : la crise écologique est une bombe à retardement qui a commencé à exploser. Elle est double : changement climatique ET EXTINCTION MASSIVE DE LA BIODIVERSITE. Ses dégâts potentiels et durables sont plus graves que ceux des deux guerres mondiales réunies et nous en sommes tous responsables. Comment penser et agir pour se tourner rapidement vers une civilisation durable, respectueuse de tous les Humains et enfin accordée aux écosystèmes ?
    ________________________

  31. Merci Fabrice

    Merci a toustes,

    En ai pris pour 2 kilos 750 grammes. Ton bouquin! Offerts et bien lus. Merci a toi, pour le partage. Gros poutoux.

    Internet fait partie intégrale de l’abrutissage général. Parce que derrière ce qu’on lit, nulles réflexions, ni recherches de sources. Gober, cela s’appelle! Et il sera de plus en plus ardu de faire la différence entre le faux, du vrai. Le vrai de vrai!

    Ai été coupée, trois jours. Plus de ligne. Mince, alors, sur le coup, me suis pensé, comment vais je savoir si toustes vous allez bien? Cela m’a fait braire grave, la première soirée, et puis l’on s’y fait. D’ailleurs je n’ai pas a me mêler de ce que vous faites! Hein? 🙂

    Pas de télé, pas de portable, et pas, pleins d’autres choses. La vie est belle.

    Enormes bises a toustes, prenez bien soin de vous,

  32. Salut Fabrice,

    Si seulement les ordures sadiques qui sévissent au sein d’une amicale de pseudos chasseurs psychopathes de mon village pouvaient passer absolument TOUT leur temps sur internet et le foot à la télé!
    Car en ce moment, C’est la période du déterrage des renardeaux et petits blaireaux.
    Je pleure, je pleure, je dors plus, ça me bouffe des meurtres et souffrances.
    Quand va-t-on abolir ces pratiques inacceptables?
    Quand va-t-on cesser de classer en « nuisibles » nos amis les renards et tous les autres?
    En plus, les psychopathes sont venus sur une parcelle dans laquelle je fais du foin depuis 12 ans et qui appartient au Conservatoire du Littoral. Tu parles d’une conservation!!!! Quelle honte!
    Ils ont tué « mes » petits renards… je m’en remets pas.

  33. La technique en modifiant son utilisateur et son entourage, n’est pas neutre, que ce soit l’utilisation d’outils, du feu, de l’art, de l’agriculture elle a toujours eu une incidence sur les individus.
    Le problème actuel, est que l’innovation technique avance à la vitesse d’un TGV, et que la conscience humaine avance à la vitesse d’un marcheur.
    Donc les individus avides de pouvoir, drogués à l’argent, sectaires (que ce soit au niveau ethnique, religieux, social, mode de vie, âge…), voulant contrôler autrui, disposent de plus en plus de moyens pour exercer leur nuisance.

    Les individus doivent être suffisamment informés et avoir le pouvoir de décider en faveur ou non de moratoire pour les nouvelles techniques dont les conséquences peuvent être désastreuses (nanotechnologies, nucléaire, OGM), ce qui serait une réelle évolution démocratique.
    Par exemple au sujet des nanotechnologies, si la population était au courant des progrès médicaux possibles mais aussi des risques sanitaires et démocratiques possibles (contrôle et contrainte quasi généralisés possible de la population par quelques mégalos au pouvoir), le choix serait le moratoire.

  34. La relation aux écrans varie d’un individu à l’autre, dans mon cas elle reste occasionnelle, même si je dois utiliser l’ordinateur pour le travail, j’ai la chance de pratiqué la plus part de mes activités à l’extérieur, l’écran : télé, ordinateur, restant occasionnel.
    Pour beaucoup c’est l’inverse, quasiment tout le temps devant les écrans la relation à l’extérieur se limitant à la promenade du dimanche après midi et pour certains disparaitra avec l’ouverture des magasins le dimanche.

    Pour prendre une image, la télé c’est comme le vin, pour devenir dépendant, il faut ouvrir la bouteille, la boire et ainsi de suite, pour l’ordinateur, c’est le même principe mais du fait de la distance plus proche de l’écran et de l’interactivité, l’impact est plus fort, donc remplaçons le vin par de la vodka.

    Pour les smartphones and co, le problème est plus grave, la dope est portée par l’individu et elle le sollicite par des sonneries, vibrations…, il y est confronté en permanence et les effets sur le comportement et la dépendance sont nettement plus importants.

    Leur utilisateurs me font penser aux fumeurs qui savent que c’est toxique mais qui ne peuvent s’en passer.

    @Paco del riu, les vidéos de l’El, montre que la technique agit sur le comportement des individus, même ceux de l’El, s’ils veulent attirer suffisamment de gogos, ils doivent s’adapter à leur public, et plutôt que de diffuser un long texte, ils vont utiliser des courtes vidéos avec un rythme trépident pour attirer l’attention.

  35. Au sujet du déficit de l’attention, d’autres causes existent : pesticides, aluminium, radioactivité…
    pour en revenir aux écrans, ils présentent plusieurs causes :
    les sollicitations multiples (téléphone plus ordinateur plus télé en même temps),
    l’abus,
    les ondes,
    les programmes de mauvaises qualités de certains programmes,
    le temps pris sur d’autres activités : lecture, sommeil : le déficit de sommeil, écran ou non, étant une des principales causes de déficit de concentration, nous en avons tous fait l’expérience,
    la nature du support, l’éblouissement de l’écran et le fait d’utiliser un clavier en même temps que la lecture, rend celle ci plus difficile, c’est pour cela que je privilégie la lecture papier à la lecture numérique.

  36. Pour revenir à l’individualisme, il sévissait avant les écrans.
    Lors de l’occupation, l’entraide et la solidarité demeuraient marginales, la cupidité, l’envie de dénoncer prenaient le dessus chez beaucoup.

    1. Un documentaire montrait que la solidarité n’avait jamais été aussi soutenue au Royaume-Uni qu’au cours de 1939-45. La délation en faveur de l’occupant nazi est toute autre chose.

      Pour le reste, cette histoire de diminution du temps de concentration moyen m’apparait comme une véritable imposture. Si elle est observée, cela ne concerne qu’une partie des gens et ce n’est pas l’équipement technologique qui en est responsable mais l’incapacité à gérer l’absence de limites en contenu et en divertissement.

  37. Philou, une chercheuse en neurosciences nous disait que regarder les écrans diminue notre production de mélatonine, celle-ci étant la garante d’un sommeil réparateur.Le déficit d’attention serait donc dû à cette diminution de la production de mélatonine.
    Les profs remarquent depuis cinq ou six ans un changement dans le comportement des élèves, ils ont beaucoup plus de mal à se concentrer, et cela coïncide avec la généralisation de l’utilisation tous azimuts des écrans.
    http://www.passeportsante.net/fr/Solutions/PlantesSupplements/Fiche.aspx?doc=melatonine_ps

    Fabrice, j’ai demandé à ma fille de bientôt 13 ans qui a un peu de mal à se concentrer en classe,de lire ton texte et de me dire ce qu’elle en pensait.
    Réponse :
    -Il ne m’a rien appris,je le sais déjà, tu dis tout le temps la même chose !
    Une nouveauté dans le tilleul devant la maison : un pic vert a fait son nid, un gros trou, et j’entends les petits qui piaillent…
    Bonne journée et répare toi bien.

  38. C’est drole, il y a un autre rapport que simplement formel entre le livre de Fabrice sur la chimie et internet: Prendre au serieux la matiere meme dont nous sommes faits, qui est le sujet central de la chimie, c’est tout le contraire du soi-disant « virtuel » qui nous noie dans la sous-nature de la technologie numerique, que Lucien Sfez appelait le « tautisme »!

    Sinon, un article de Frederic Wolff dans Reporterre, genial dans la forme, profond sur le fond, bref du « Frederic Wolff » en pleine forme:

    http://reporterre.net/Lettre-d-un-enseignant

  39. @Philou,
    pas d´accord avec vous ! Même si je ne suis pas la mieux placée pour en parler puisqu´il n´y a pas de télé chez nous (pas de smart-gogophones non plus, ni de tablettes), je pense que ce machin est bien plus nocif que le vin 🙂 Et ce n´est pas parce que l´on ouvre une bouteille qu´on la boit d´une traite et qu´on devient alccolique! Croyez-moi, j´en sais quelque chose 🙂 !
    Mais comme vous, je privilégie la lecture sur papier.

    Ici (Allemagne), pour le manque de concentration des élèves, pour le fameux trouble du déficit de l´attention (avec ou sans hyperactivité), un seul nom : Ritaline, Ritaline, Ritaline !!! Un joli nom pour cette merde (pardon) ! Le nom de la femme du chimiste qui a synthétisé la molécule. Rita, Ritaline ! Ici on l´appelle la coke des gosses ! Elle en fait des zombies performants, les futurs esclaves, les larbins (pour reprendre le mot de Frédéric Wolf) de la productivité et de la croissance ! Les industries pharmaceutiques se frottent les mains, les médecins en prescrivent des quantités astronomiques ! D´après le rapport d´une des grandes assurances maladie allemande, le nombre d´enfants/d´adolescents traités à la Ritaline (ou autre cochonnerie du même genre) aurait augmenté de 50 % entre 2009 et 2013, année pendant laquelle 56,7 millions de doses quotidiennes ont été prescrites ! Et quand les gosses sont devenus bien accros à leur dope de chaque jour, qu´ils se retrouvent sur les bancs de l´université, ils continuent à ingurgiter sans barguigner leurs petites pilules. Aux Etats-Unis, un quart des étudiants consomme de la Ritaline, il parait qu´un prof d´université sur cinq fait de même. L´article qui traitait de ce sujet se lisait comme un reportage sur le tour de France. Hallucinant !
    ADHS est un mensonge, affirme Richard Saul, un médecin américain. Je ne suis pas du tout experte en la matière, mais ses arguments m´ont convaincue (pas le temps de les détailler ici). Un mensonge et un marché juteux pour la mafia pharmaceutique !

    Bon courage Fabrice, amitiés.

  40. Sur la TV c est le pire truc qui existe, ça fait 15 ans que je n en ai plus je n ai jamais été téléphage de toute façon et quand je regarde chez des amis cette chose je suis désespéré de la débilité de la plupart des émissions de ces pub pour consommer n importe quoi, c est triste. Mais le temps perdu par la masse devant la tv n est pas perdu pour tous, cela permet d avoir un maximum de gens qui justement ne prennent pas de temps de lire, réfléchir, partager en gobant bêtement dans une léthargie béate.
    Bonne continuation en direction de la lumière

  41. Mon seul et unique problème en lisant Un Empoisonnement Universel est la fatigue de mes yeux – et cela vient de l’age et des écrans. C’est fascinant. Je ne m’attendais pas à autre chose.

  42. J’apporte une voix dissonante ici, mais je ne pense pas qu’Internet soit nocif. Je pense au contraire que c’est un outil révolutionnaire, qui est en train de bouleverser notre société dans le bon sens.

    Je ne crois pas non plus à la neutralité complète des outils. Ce qui change entre Internet et les média qui l’ont précédé, c’est ça qui change la société, et ça n’a rien de neutre.

    Ce qui est neutre dans la télévision, la presse, le livre ou Internet, c’est le message passé : on peut les utiliser pour publier des thèses climato-septiques, du loisir lobotomisant ou des messages donnant beaucoup d’informations et suscitant la réflexion.

    Par contre, ce qui n’est pas neutre, c’est la manière dont le message est passé. Dans le livre, la presse ou la télévision, il y a une élite qui décide de ce qui doit être passé comme message et de ce qui ne doit pas l’être. Autrefois, cette élite était institutionnelle : l’Église catholique censurait ce qui était imprimé dans certains pays, le gouvernement décidait de ce que les journaux avaient le droit de publier, les premières chaînes de télévision appartenaient à l’État. Maintenant, tout cela est aux mains de gros groupes privés. Et avec le même modèle, qui est intrinsèque à l’outil : une minorité est décideuse de ce qui peut être publié ou non.

    Là dessus, l’outil Internet est fondamentalement différent : tous les usagers sont libres d’y écrire tout ce qu’ils veulent, avec une égalité fondamentale entre les acteurs. Il n’y a pas de différence intrinsèque entre le blog de Fabrice Nicolino qu’entre le mien, ils sont sur un pied d’égalité même si je suis une pauvre anonyme qui n’a rien publié et qui n’a pas de carte de presse. Il y a une différence entre le nombre de visites, mais cela vient du choix des usagers (peut-être aussi de la notoriété de Fabrice hors web, mais d’autres comme maître Eolas ou l’odieux connard se sont construit un public de fans juste par leur plume).

    Cela induit également un changement de société, et ça se voit déjà dans l’emploi, en particulier chez les acteurs du numériques, où les employés sont plus jeunes et plus utilisateurs du web : rejet plus prononcé de la hiérarchie et des vieux codes. Pour la politique, faudra sûrement attendre un peu, vu que l’âge de l’entrée en politique correspond en général à l’âge où on est considéré comme trop sénile pour bosser, et qu’aucun député ne comprend rien au web… Mais je ne suis pas la seule à considérer que nous sommes en train de passer d’une société très hiérarchique à un modèle plus collaboratif. Car l’outil n’est pas neutre…

  43. Giacommetti a sculpté la femme dressée, et l’homme qui marche
    à Vence ( et avance ;))

    j’ai pensé à vous intensément Fabrice
    avec émotion, assise à leurs pieds

    les kinés sont de bons génies

    FranBoise

  44. A Anne J, je compatis sincèrement. Chez moi, dans un rayon proche, les chasseurs ne pratiquent pas (encore ?) cette barbarie mais dans le Morvan oui, une asso de chasseurs s’est créée. On me reproche souvent d’être une extrémiste parce que je ne peux pas dialoguer avec un con armé d’un fusil. Mais quand je vois ou je lis des choses pareilles, c’est tout simplement impossible. Chez moi, les renards sont tirés, les tableaux de chasse ne sont pas trop élevés et pourtant, dans mes prés, les campagnols pullulent. Il y a quelques jours, nous avons alerté l’Administration sur la douteuse légalité d’un arrêté autorisant les chasseurs à tirer une centaine de freux, dans leurs nids, en plein début mai, et à 15 km de chez moi !! ça aussi, ça fait mal au coeur…

  45. En parlant des origines multifactorielles des déficits d’attention et autres joyeusetés…
    http://goo.gl/a6hnN
    (tout n’est pas en accès libre)
    Tiens ! les pesticides, euh pardon ! j’oubliais ma novlangue : les produits phytosanitaires

  46. @ Anne .Je suis (On est sans doute) de tout coeur avec toi ; si on peut t’aider dans une action n’hésite pas …. (Genre pétition au maire de ta commune ou autre)
    T’as raison, tous des cons, je confirme.
    f.

  47. @ BA. Si je lis ce blog, et si j’écris dedans, vous pouvez avoir une vison globale de ce que sont mes sentiments, à l’égard du pouvoir, des multinationales, de la pollution et de la destruction programmée de la planète. Cependant concernant le CO2, il faut être bien plus mesuré et pragmatique, même s’il est réconfortant de hurler avec les loups ; j’ai de la lecture « objective » à vous proposer à ce sujet, si besoin n’hésitez pas.

    f.

  48. Merci Fabrice pour cet article auquel je souscris. Je me permets de vous recommander un petit ouvrage ‘le syndrome de manque de nature » publié par le réseau Ecole et nature en partie inspiré des travaux de Richard Louv. Juste dire aussi que si l’on veut avancer sur toutes ces questions liée à l’environnement on ne pourra le faire qu’en lien avec une véritable éducation populaire à l’environnement. Que Force et courage vous accompagnent.

  49. J’ai jeté ma télé il y a 15 ans et je ne le regrette pas. Mais comme le souligne Mina, c’est très difficile pour les enfants qui se retrouvent décalés et isolés dans les cours d’école (quoi, tu regarde pas kohlanta, t’as pas vu le match?) Surtout si l’enfant est déjà décalé (le mien est précoce et à 2 ans d’avance. Pour ceux qui croient que c’est une bénédiction, c’est un crève cœur pour des parents qui voient leur enfant exclu à la fois de la société des enfants et ignoré par l’éducation nationale).
    J’avais acheté une tablette, croyant que cela m’aiderait à lire les innombrables articles scientifiques en pdf qui s’accumulent dans mon DD d’ordi. Leurre. Vite, je l’ai revendu. Quant à mon portable, il me sert à téléphoner. Reste l’ordinateur qui a largement pris la place de la télé. Je passe pour des raisons professionnelles beaucoup de temps devant. Mais je m’aperçois que j’en perds encore plus…
    Je te souhaites toujours plus de courage et de patience. J’ai l’impression que tu fais des rencontres enrichissantes autour de toi dans un univers restreint. c’est une chance. Bon rétablissement.

  50. @Martine, je n’ai pas dit écran=bouteille de vin, j ‘ai pris le vin et la vodka comme image pour montrer les différences entre télé, ordinateur, pour lesquels il est facilement possible de contrôler son utilisation et le monde hyperconnecté (iphone and co) pour lequel le contrôle n’est plus possible.

  51. Antoine,

    Mais comme le souligne Mina, c’est très difficile pour les enfants qui se retrouvent décalés et isolés dans les cours d’école (quoi, tu regarde pas kohlanta, t’as pas vu le match?)

    Effectivement, mais la revanche est savoureuse, lorsque, plus grands, jeune adulte, il s’aperçoit que ses collègues : les enfants laissés aux écrans n’ont pas ou ont très peu de culture littéraire, de vocabulaire, de consistance dans la compréhension de l’histoire…bref de discernement.

  52. bonjour, je n’ai pas encore lu vos livres, mais cela se fera c’est sûr ! par contre en combien de temps, difficile à dire avec toutes les difficultés de concentration qu’ont les millions de gens comme moi, fibromyalgiques (ce n’est qu’un des 100 symptômes qui nous bouffent la vie); pour ce qui est des écrans, ils nous aident énormément à nous soutenir entre nous étant donné que nous avons une maladie invisible, nous nous comprenons entre nous, nous collectons des informations importantes sur tous les produits chimiques (dont vous parlez dans votre livre) qui auraient pu nous rendre malades à ce point; c’est pourquoi je vous écris, nous aurions besoin de personnes comme vous à nos côtés, besoin d’être parrainés pour nous aider dans notre combat pour notre reconnaissance ! Si vous aviez des conseils à nous donner donc, je vous remercie d’avance de votre réponse qui pourrait nous être précieuse ! carole; 42 ans qui n’a aucune envie de vivre jusqu’au bout comme ça !

  53. Hey Bakoko, j’avais pas vu ton message, MERCI!

    Ouais, ça se pourrait bien. On est en train de secouer le cocotier.

    Je le dis à tous ici: comment voulez-vous protéger les loups et les ours si on est pas même capables de sauver les renards et les blaireaux?

  54. Les écrans, ne sont qu’une partie du problème qui est le rythme de plus en plus aliénant que suivent les humains.
    Charlie Chaplin l’avait déjà montré avec « Les temps modernes », et l’aliénation était déjà bien présente dans les mines et les fabriques du 19ème siècle. L’utilisation actuelle des écrans ne fait qu’amplifier le phénomène.

    Et quand je lit le rapport actuel du député du Calvados qui veut supprimer des lignes SNCF pour encore plus d’embouteillages, de travaux routiers, de projets inutiles, je me dis que beaucoup d’élus sont aussi lobotomisés.

    Se limiter au niveau d’utilisation des écrans ne suffit pas, il faut revoir notre rythme de vie et notamment réduire notre consommation d’énergie 50 % de réduction de la consommation énergétique française en moins de 20 ans est tout à fait réalisable en gardant un niveau de vie correct, et même en y gagnant si nous prenons le temps de vivre.

    Ce qui permettrait aussi de fermer les centrales nucléaires et de réduire beaucoup de nuisances : importations de pétrole, pollutions atmosphérique, émission de gaz à effet de serre…

  55. @Fabrice
     » La télé comme accélérateur neutronique de l’individualisme »
    Parles tu d’individualisme ou d’égoïsme, l’individualisme s’il ne conduit pas à ce dernier n’est pas forcément mauvais, il est possible d’être individualiste et altruiste, comme moutonnier et égoïste.

  56. Je vais utiliser une autre image.
    Actuellement c’est comme si nous étions en aval d’un barrage qui fuit et qui menace de céder. Le problème est que si d’une part nous colmatons les fuites, d’autre part nous continuons à élever le barrage (nouvelles technologies, accroissement des rejets, de la consommation de matières premières et de la population, projets inutiles, surveillance et contrainte de la société…) et la pression de l’eau qui va avec.
    Pour éviter la catastrophe il faudrait boucher les fuites et lâcher de l’eau pour diminuer la pression.

  57. J ai lu l empoisonnement universel comme un roman passionnant, et je l ai relu une 2 ème fois, j ‘ y ai pris des notes, et je le garderai toujours à portée de lecture comme un livre de référence

  58. Merci a toustes,

    Voudrais rajouter une bafouille.

    « Pour en revenir à nos oignons, mon point de vue est arrêté : Internet – dont je me sers pourtant -, les téléphones portables et la télévision sont des ennemis de l’homme, et devraient être traités comme tels. Notre monde exténué n’a pas besoin de machines, mais de qualités morales. »

    En excluant les futurs problèmes de santé. Dans toutes choses, il y a du bon et du mauvais. Internet a permis l’information juste, celle qui ne se dévoile pas dans les médias papiers.

    Les qualités morales sont la, machines ou pas! Tout est dans l’usage, et la mesure. Que sais tu de celui, celle qui passe quelques temps sur le net? Ils, elles peuvent faire des actes formidables, hors toile. Actes peut être inspirés par ton blog. Ou d’autres encore.

    Si tu penses toujours qu’internet est un ennemi total de l’homme, c’est qu' »ils » ont déja réussi. Ils ont réussi, la dispersion et pas le rassembler. Le chacun de son côté, et pas le ensemble.

    Fabrice. Mon seul lien avec le monde est cette machine. Pas de télé, pas de journaux, pas de portable, pas de carte bancaire, radio qui ne marche qu’avec un coup de casserole dessus, auto pour l’essentiel, pas de sorties noubas, pas de restos, pas de ciné, pas de nours …. pas de pleins de choses.

    Quand je suis partie, l’ont m’a traité d’égoïste. Egoïste de ne pas vouloir vivre comme la plupart des humains. En retrait de la société de consommation, a ne pas brûler la chandelle par les deux bouts, pour préserver les enfants, les laissés derrières.

    Des connaissances, oui. Mais pas envie de passer toutes mes soirées a écouter parler de futilités et d’inutilités. Eux n’écoutent pas ou si peu, lorsque je parle sérieux de ce qui se passe ici bas. Et ils oublient vite. Leur tourbillon de vie légère reprend le dessus.

    Donc si tu le permet, je continuerais encore un peu *, a lire ce qui m’informe vrai et juste sur la toile.

    * 26 Mai 2015 Vote de la loi sur la Transition Énergétique incluant le système de comptage Linky
    de la Société Anonyme EDF : Vote et discours de Cécile Duflot et de Ségolène Royal.

    Bises grosses,

  59. Fabrice, merci pour ce nouveau texte que je tiens pour essentiel.
    Cédant à mes névroses épistolaires, j’écris une lettre au poisson rouge – que je n’ai pas – et je l’envoie d’un écran connecté – que je n’ai plus. Pris au piège de mes contradictions, je dénonce l’univers des écrans via les écrans eux-mêmes. Une rechute. Je vais me ressaisir.

    Lionel, P.P., Laurent, en tous points d’accord avec vous sur l’illusion d’une technologie neutre dont le sens, bon ou mauvais, dépendrait de l’usage que l’on en fait. Une telle neutralité supposerait la maîtrise des machines que l’on utilise. Qui est ce « on » et de quelles machines parle-t-on ?
    Quel individu peut prétendre être maître de quoi que ce soit ? Qui peut aujourd’hui maîtriser les technologies modernes, reliées entre elles et aux ressources, à l’énergie qui leur sont consubstantielles ? Quel pouvoir – politique ou économique –, quel technicien par nature hyper-spécialisé, peuvent être assez prétentieux pour prétendre contrôler la complexité du « système technicien » dans son ensemble, pour reprendre l’expression de Jacques Ellul ? Dans ce système, l’outil neutre, émancipateur, autonome, citoyen, participatif… relève au mieux du mirage, au pire de l’imposture, particulièrement quand il est question d’informatique.
    Personne ne maîtrise rien, le « bon » et le mauvais sont indissociables. Du reste, lorsque je dis le « bon », je suis bien en peine de préciser ce que j’entends par là. Je crois que nous avons franchi un seuil où chaque nouvelle innovation n’apporte, pour l’essentiel, que des effets délétères. Ce « bon » côté de la médaille pourrait bien n’être finalement que des ersatz, payants et morts, de ce qui naguère était gratuit et vivant. Et il faudrait s’incliner devant cette régression là ? Quelle défaite ce serait.

    Anne J, la cruauté ordinaire n’a pas de limites et laisse bien désemparé.

    François, internet et les gadgets électroniques plus climaticides que l’avion ! Etre déconnecté va devenir un acte plus radical que se passer de bagnole, de 4×4 ou d’avion.

    Ourse blanche, « plus aucune zone blanche pour la téléphonie mobile sous peine de sanction » pour les opérateurs. C’est inouï. On connaissait les principes du pollué-payeur et du pollueur-payé. Voici le non-pollueur-payeur. Polluez, sinon, vous êtes taxé !
    Rien de nouveau sans doute, rappelez-vous déjà les menaces de sanction à propos du purin d’orties, des éleveurs refusant de vacciner leurs bêtes, du viticulteur refusant d’empoisonner ses vignes et les vies alentour.
    Beaucoup de bruit, à chaque fois. Là, personne – ou presque – n’y trouve à redire. Certes, dans le cas qui nous occupe, les menaces financières pèsent sur d’affreuses industries prédatrices, riches à milliards, et non sur de vertueux paysans. Mais s’en tenir à cette analyse, et c’est manifestement la réaction dominante, serait rester à la surface des choses.
    Parce qu’enfin, qui est pénalisé dans sa chair, dans sa vie même ? Des humains, rien moins, sans parler des animaux et des végétaux que les ondes pulsées affectent. Des individus qui n’ont plus leur place sur la terre. Des êtres assimilés à des phobiques en proie à des « peurs irrationnelles » pour reprendre le mot d’une ministre. Mais alors, les abeilles, les fourmis, les embryons de poulets, les graines de cresson… dont il a été prouvé abondamment qu’ils étaient durement frappés par les technologies sans fil, seraient-ils à leur tour victimes de pathologies psychosomatiques allant jusqu’à la mort ?
    Alors, une hypothèse, parmi d’autres, pour tenter de comprendre ce grand silence autour des électro-sensibles : le déni. L’EHS, c’est pas moi, c’est l’autre. Moi, je suis immunisé. Ouf. Et je n’ai nulle intention de me passer de mes prothèses qui sont de plus en plus incontournables, prouvant en cela le caractère totalitaire de ces technologies. Et l’électro-sensibilité, c’est dans la tête. Ce n’est quand même pas ma faute à moi si mon wifi, mon portable, les antennes et ma tablette mettent les EHS à la torture. Je ne suis pas un bourreau ordinaire, moi. La banalité du mal, c’était du temps d’Eichmann et des nazis.
    « Quand ils sont venus chercher les juifs, je n’ai rien dit… »
    Tout ce silence, c’est à hurler. Et je ne suis pas EHS. Alors vous, j’imagine.

    Chacun, chacune, un signe, entre semis et binages, entre abeilles et rouge-gorge insatiables. Mon potager retrouve une nouvelle jeunesse. J’y retourne. Bel été à venir.

  60. Lettre à mon poisson rouge
    Mon cher poisson rouge,
    Grâce à toi, je viens d’apprendre deux informations de la plus haute importance pour la suite de ma vie et de la tienne aussi.
    Longtemps, je t’ai regardé tourner en rond dans ton bocal où il m’a semblé apercevoir d’étranges reflets entre le monde et toi, entre le monde et moi.
    Je revois ce jour où tu es arrivé ici, avec Pascal, le fiston, pas peu fier d’avoir emporté le challenge de l’équipe de travail qu’il venait de rejoindre deux semaines plus tôt. Le trophée, c’était toi. Cette victoire s’ajoutait à celle d’avoir été embauché par une entreprise pleine d’avenir.
    Le soir où il a débarqué avec toi et une tablette dans ses bras, je m’apprêtais à souffler en solo mes quarante-cinq printemps. Depuis plusieurs mois, mes journées étaient interminables à attendre une lettre au courrier du matin, une sonnerie de téléphone. Pour occuper mes heures désœuvrées, j’ai navigué entre mon nouvel écran et les eaux claires que tu habites. Certains jours, confusément, une impression étrange s’emparait de moi : celle de vivre dans un bocal, moi aussi, un bocal de la taille de la tablette où s’écoulaient mes heures.
    Pascal était très pris par son travail, mais heureusement, il y avait les écrans. De temps en temps, on s’envoyait des nouvelles : un message, des photos pleines de sourires. Chacun se voulait rassurant sur lui-même et rassuré sur l’autre. Chacun avait envie d’y croire. On se construit des histoires qui finissent par devenir des vérités, pendant un certain temps au moins.
    Et un jour, tout s’effondre. Ce jour-là, je m’en souviens, le téléphone a sonné. La voix au bout du fil était celle de Martine qui partageait ses jours avec Pascal.
    – Je t’appelle parce que…
    Elle n’a pas pu aller au bout de sa phrase. Tout de suite, j’ai su.
    – J’arrive.
    C’est tout ce que j’ai su dire.
    On s’est retrouvé dans un couloir d’hôpital. Elle m’a appris ce que je savais déjà : l’épuisement des journées de plus en plus longues, la peur au ventre chaque matin, les objectifs impossibles à atteindre, le couple qui vacille, la solitude connectée avec le monde entier…
    On l’avait découvert sans connaissance dans les toilettes de l’entreprise, une boite de gélules vide sur le carrelage et, dans la poche de sa veste, un mot écrit à la main : « Je ne peux plus. J’abandonne. Pardon. Pascal. »
    Pourquoi je te raconte tout ça, cher poisson rouge ? Pour essayer de comprendre, peut-être, comment il est possible de ne pas basculer, dans ce monde où nous sommes, toi et moi.
    Souvent, je me suis demandé par quel miracle tu pouvais vivre sans compagne, sans compagnon à tes côtés, sans autre horizon qu’une paroi de verre où s’arrête ta vie.
    Ce matin, je crois tenir une explication. Ta capacité de concentration serait de neuf secondes. Neuf secondes pour passer à autre chose et ne pas devenir fou à force de tourner en rond tout seul, toujours.
    Une deuxième information m’a permis d’y voir plus clair sur un autre mystère : comment nous, les humains, pouvons tenir encore debout dans une époque aussi peu digne d’humanité. Il y a bien des manières de se protéger, parmi lesquelles le déni, le travail, le jeu, l’absence à soi, la consommation, la drogue, les écrans…
    Mais ces parades ne durent qu’un temps. Très vite, il faut de nouvelles défenses qui nous exposent un peu plus encore, sitôt passée l’illusion d’un réconfort.
    Nous en arrivons à cette seconde information que j’évoquais plus haut : Notre attention à nous, les humains, ne dépasserait pas huit secondes. Soit une seconde de moins que toi, mon poisson rouge, et quatre de moins qu’il y a quinze ans. Cet exploit, nous le devons aux écrans, à leur capacité à nous distraire, à nous pousser à être là sans y être, à faire une chose sans y penser, à griller notre cervelle, notre mélatonine réparatrice. Bref, à faire de nous des absents. Et, immanquablement, à force de s’absenter de soi et du monde où nous sommes, on finit par s’absenter de la vie, un jour ou l’autre. Le remède – provisoire – devient le poison.
    Ainsi donc, cher poisson rouge, sans le vouloir expressément, nous avons pris modèle sur toi. L’écran est devenu notre bocal, notre horizon de plus en plus, notre machine à ne plus lire vraiment les livres importants, à ne plus lire en nous, à supporter l’insupportable. Comment ne plus penser ? L’écran apporte une réponse inédite. Au-delà de cette limite – huit secondes –, notre ticket n’est plus valable, nous nous mettons en danger de prendre la mesure de ce qu’est devenu notre existence, l’insignifiance et pire que ça, le désastre auquel nous participons. Vite, vite, un écran de fumée, passer à des choses plus légères, penser à sourire pour nos prochains selfies, mettre à jour notre mur Face-book, twitter, liker, nous connecter partout, toujours, à grands renforts d’énergies climaticides, de métaux rares, échapper d’urgence au temps de rêverie, d’ennui, de présence à nos profondeurs, à nos semblables de chair et de vive voix… Faire mille et une choses à la fois pour oublier le grand vide et notre grand écart au-dessus du grand vide. Se dire que, malgré tout, la toile qui nous étouffe a du bon et qu’il ne tient qu’à nous d’en faire un outil d’émancipation, comme si nous maîtrisions quoi que ce soit dans la méga-machine qui domine. Ne plus voir ce qu’il y a de sordide dans la marchandisation, la « servicisation » – pour ne pas dire la sévicisation – de chaque moment de l’existence.
    Huit secondes pour ne pas devenir fou, dans nos bocaux à quatre roues, à micro-ondes, à écrans plats, à emplois inutiles et nuisibles, à perfusions chimiques. Huit secondes aujourd’hui et combien demain ? Sept, six, cinq… Le compte à rebours de notre décervelage a commencé. Et j’ai bien peur que notre mémoire, notre discernement, nos capacités cognitives, notre âme, connaissent une évolution semblable. Heureusement, plus nous sommes abrutis, plus les objets qui nous entourent deviennent intelligents ; ils se souviennent pour nous, décident et pensent à notre place. Bienvenue parmi les miradors et les garde-chiourmes électroniques. Souriez, vous êtes irradié, empoisonné, localisé, fliqué, géré, piloté à distance. Mais réjouissez-vous, tout cela est progressiste et innovant. Et on ne peut pas être contre le progrès et l’innovation, n’est-ce pas ?
    Alors quoi ? Alors la vie n’est pas dans un bocal de verre ou de plasma. Tout à l’heure, je vais rejoindre Pascal, de retour du grand vide. Nous allons marcher sous les arbres. Je t’emporterai avec moi et je te déposerai dans une mare où nagent d’autres poissons de ta famille.
    J’ai débranché les écrans entre moi et la vie. J’essaie d’être là où je suis, dans chaque chose, chaque pensée qui m’habite. Je réapprends, un peu comme on réapprend à marcher après une longue période immobile. Je reviens vers la vie. C’est ce que je te souhaite aussi.

  61. Frederic Wolff, merci pour votre « lettre au poisson rouge ». C’est tellement bien ecrit que ca fait penser au-dela des mots pris au sens litteral. Ces neuf secondes, ces huit secondes, etc… Finalement c’est tres tres physique, le « virtuel »!!!

    Une anecdote personelle: J’ai un stagiaire, etudiant en archi en derniere annee, qui travaille avec moi. Il ne sait pas faire grand-chose, ce qui est normal apres tout, mais ca m’oblige a passer pas mal de temps a verifier ce qu’il fait, alors la tentation c’est de lui donner a faire des « modeles sketchup » (simulation 3D sur ordinateur), qu’il fait vite et bien. Mais c’est une tentation. Les modeles 3D sur ordinateur c’est precis, ca occupe, on a l’impression d’avancer, etc. Mais en fait ca n’aide pas a prendre des decision, et ca induit plus le client en erreur qu’autre chose. Voila comment, quand on est precis ni avec la main ni avec la tete, on peut quand meme faire des « modeles sketchup » qui ont de la gueule mais qui ne servent a rien! Illustration de ce que Evgueny Morozov, dans sa formule lapidaire et geniale, appelle « repousser les limites de la dequalification ».

    http://ecrans.liberation.fr/ecrans/2015/04/20/les-technologies-sont-des-concentres-d-ideologies_1254606

    Donc, ayant realise que je tombais moi-meme dans le piege denonce par Morozov, j’ai finalement decide de demander a mon stagiaire de faire une vraie maquette avec du carton et du papier. Ca va prendre 10 fois plus de temps et j’ai assez peur qu’il n’arrive pas a la precision et a la proprete necessaires pour faire une maquette convainquante, mais tant pis! Par respect pour lui et pour moi, mieux vaut faire un petit pas dans la bonne direction qu’un grand pas dans la mauvaise…

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