Un point de vue éclairant sur les éoliennes

Non, je ne deviens pas le présentateur de Frédéric Wolff. Mais, oui, ce lecteur de Planète sans visa mérite que je lui cède la place aujourd’hui encore. Ses arguments sur les éoliennes (industrielles) ne referment sûrement pas le débat, et j’espère que d’autres lecteurs, qui pensent différemment, jugeront utile de s’exprimer à sa suite. Bonne lecture, lecteurs et amis. Même boiteux comme je suis, et morphinomane je dois bien l’avouer, je souris, car j’entends par la fenêtre un bon pianiste qui joue de l’autre côté de la rue. La vie continue à me plaire, malgré tout.

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LE COMMENTAIRE DE FRÉDÉRIC WOLFF

Une réaction, un peu longue – je n’ai pas eu le temps de faire plus court ! – aux textes de Fabrice et des commentateurs à qui j’adresse mes pensées fraternelles.

A celles et à ceux qui se demandaient :
Comment continuer à saccager, enlaidir, piller, asservir dans l’enthousiasme général ?
Comment faire semblant de changer d’énergie sans rien changer de notre société ni de notre mode de vie ?
Les bonnes âmes de la destruction massive ont trouvé une réponse, parmi d’autres : l’éolien industriel ! Cette trouvaille est une synthèse. Grâce à elle, les fanatiques de la pollution propre ont de quoi jubiler et la caste techno-industrielle peut se réjouir à l’idée de concentrer toujours plus de pouvoirs entre ses mains. La fuite en avant peut continuer, la croissance se renouveler sans limite, les objets inutiles et nuisibles encombrer ce qui reste d’espace pour la vie… L’éolien va alimenter « la clim partout dans son logement, la piscine en plein hiver dans son jardin » (P.P), les tablettes, les smartphones, les Facebook, les selfies, les data centers (Patrick), l’industrialisation du monde tous azimuts… A quand les panneaux publicitaires et les élevages hors-sol autonomes en énergie grâce aux champs d’éoliennes ? C’est peut-être déjà fait, qui sait. Et grâce aux villes, aux compteurs et aux objets intelligents, la surveillance et la rationalisation générales seront optimisées, la contrainte sera consentie. Le nouvel ordre énergétique étend son empire, l’efficacité fait place à la beauté des arbres et des saisons, et le pire qui pourrait arriver, c’est qu’un jour on oublie la lumière d’un châtaignier dans l’automne.

Dans cet univers là, tout devient froid et on a beau faire feu de tout ce qui brûle, on a beau transformer ce qui souffle, ce qui s’écoule en force ardente, quelque chose manque à nos vies, quelque chose qui se dérobe à nous, à notre parole et on est là avec ce qu’on ne peut nommer, mais on essaie quand même parce qu’on sait confusément qu’une porte est à ouvrir et que rien n’est plus impérieux, alors on tâtonne, un peu comme dans ces jeux d’enfant où parfois on brûle, où d’autres fois on a si froid qu’on ne peut plus mettre un pied devant l’autre et c’est avec la même intensité que l’on se débat, grand brûlé ou albatros pris dans les glaces, jusqu’à ce que des mots viennent, des questions : est-ce une source vive, l’affluent d’une parole, les vagues d’une main sur la peau, est-ce tout cela qui manque, qui a tant manqué et qui nous met en état d’urgence quand on espère un signe, quand on cherche sans y parvenir pleinement à l’adresser ?
Je me disperse, sans doute, du propos dont il est question ici : la force du vent dont on fait des profits pour les uns et des pertes pour les autres, pour tant d’autres qu’on ne peut les compter, mais ce que j’essaie de dire, au fond, n’est pas sans rapport avec ce qui nous anime, ce qui fait de nous des vivants, des combattants dans le monde froid des machines. Ce n’est pas de l’énergie du vent, du feu ou de l’eau dont nous avons tant besoin pour l’essentiel, c’est d’un autre souffle, celui d’un frère humain, d’une sœur d’âme, d’une vie sacrée de trois fois rien qui ne serait pas de notre famille, de notre pays, de notre espèce, ce n’est rien d’autre que de préserver ce qui fait de nous des humains, même si parfois c’est difficile, même et surtout si l’on frôle les gouffres qui s’ouvrent en nous. Les abîmes sont des chemins vers les cimes et à en vivre, à en mourir, que faire d’autre qu’aimer ?

Je reviens à mon propos liminaire.
Quand les énergies classiques – pétrole, gaz, charbon, nucléaire… – ne seront plus compétitives, il faudra continuer à faire tourner la machine à détruire ce qui reste de vie naturelle, d’inattendu, d’inespéré. Place à l’éolien industriel, donc. A noter que l’industrie solaire accomplit de belles prouesses aussi, en matière de fléaux (lire « Le soleil en face » aux éditions L’échappée, collection Négatif dirigée par Pièces et main d’œuvre).
Vous les appelez comment, celles et ceux qui vendent du vent, se gargarisent d’énergie propre et s’enrichissent au passage sur le dos des « communautés indigènes expropriées » (Fabien), sur la peau des millions d’exterminés du carnage industriel ? A mes heures gracieuses et policées, je les nommerais bien des « philouthropes », et peu m’importe qu’ils ou elles soient de droite, de gauche, d’Escrologie les verts ou de je ne sais quels chapelle, mafia, industrie ou collectif.
Est-il encore nécessaire de le rappeler ? La croissance verte, le développement durable et solidaire sont des mystifications, inséparables de la fabrique de nouveaux besoins, de gadgets superflus et prédateurs, de l’effet-rebond, ce mécanisme insidieux par lequel une réduction de coût, d’énergie ou de ressources d’un bien se traduit par une augmentation de son usage, par une consommation accrue d’un autre bien. Ainsi, les nouveaux modèles de voitures brûlent moins de carburant, mais nous roulons davantage, nous les renouvelons sans modération, nous faisons venir des marchandises de l’autre bout du monde, nous utilisons toujours plus l’avion et de technologies énergivores… Au final, l’économie de départ se solde par une gabegie plus importante. Et l’on voudrait se féliciter d’un tel gaspillage ?
Tant que nous resterons dans une société de croissance et de développement, nous n’aurons rien à espérer des soi-disant énergies propres.
Si l’éolien devait avoir un avenir estimable à mes yeux, il aurait un tout autre visage. Je l’imagine auto-construit et auto-réparable (pako del riu), à l’échelle d’un foyer ou d’un quartier, s’inscrivant dans une « réduction des besoins » (Love Bille), une « décroissance » (Laurent) volontaire (On peut prononcer le mot désormais, même le Pape le revendique).
Ce n’est pas la voie retenue par nos énarques et par nos ingénieurs des Mines, des Ponts et des Charniers, ça ne le sera jamais tant que l’hédonisme marchand, la toute-puissance technologique seront nos dieux intimes et collectifs ; ce capitalisme – que d’aucuns dénoncent avec véhémence comme s’il nous était extérieur – nous est consubstantiel, pour ainsi dire ; plus ou moins, nous sommes les proies et les carnassiers, les persécuteurs et les cobayes, les spoliés et les bons soldats de la débâcle, les empoisonnés et les empoisonneurs pour qui l’emploi est plus important que la vie, la nôtre et toutes les autres, nous sommes le tortionnaire et le bétail supplicié de la naissance jusqu’au trépas, les contremaîtres et les employés en batterie troquant leur vie, leur liberté contre un salaire. Même si, et je ne le sais que trop, certain(e)s sont plus responsables que d’autres, même si nous sommes un certain nombre à chercher le chemin pour nous libérer de ces chaînes.
Dans cette roue qui tourne sous l’impulsion de notre course folle, le seul horizon, c’est l’emballement. L’éolien, quand il participe à cette démesure, ne fait que nous précipiter vers le néant et ce ne sont pas les dogmatiques de la croissance verte qui me feront prendre des messies, les leurs – des leurres – pour des lanternes, si j’ose cet à-peu-près. Que l’on puisse se laisser abuser par de tels escrocs, c’est, me semble-t-il, le cœur du désastre où nous sommes. Et peut-être est-ce aussi l’une des raisons de l’amertume ressentie par Fabrice et des réactions saines et majoritaires des commentateurs ?usqu’au trépas, les contremaîtres et les employés en batterie troquant leur vie, leur liberté contre un salaire. Même si, et je ne le sais que trop, certain(e)s sont plus responsables que d’autres, même si nous sommes un certain nombre à chercher le chemin pour nous libérer de ces chaînes.
Dans cette roue qui tourne sous l’impulsion de notre course folle, le seul horizon, c’est l’emballement. L’éolien, quand il participe à cette démesure, ne fait que nous précipiter vers le néant et ce ne sont pas les dogmatiques de la croissance verte qui me feront prendre des messies, les leurs – des leurres – pour des lanternes, si j’ose cet à-peu-près. Que l’on puisse se laisser abuser par de tels escrocs, c’est, me semble-t-il, le cœur du désastre où nous sommes. Et peut-être est-ce aussi l’une des raisons de l’amertume ressentie par Fabrice et des réactions saines et majoritaires des commentateurs ?

 

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44 réflexions au sujet de « Un point de vue éclairant sur les éoliennes »

  1. Houlà ! Quelques interférences et doublons malheureux de paragraphes.
    (Ce n’est pas une critique).
    Je reviendrai relire.

    Bien cordialement.

  2. Bien résumé Frédéric, merci!

    D’ailleurs on entend souvent dire, au point que c’en est devenu une tarte à la crème:

    « La pire des choses qui peut nous arriver, c’est une décroissance subie ».

    Pourtant il y a pire, c’est évident: La croissance subie!!!

    Par exemple, Inde sous occupation Britannique, 1870-1910: triplement des exportations agricoles, 30 millions de morts de faim, 20% de chute d’espérance de vie, 10% de baisse de la population. (1)

    Par exemple, terrorisme (« guerre contre le »), 2003-2013: Plus 4 millions de morts, et ça continue. (2)

    Mais les puits de pétrole n’ont jamais été bombardés pendant la guerre en Syrie (contrairement aux raffineries, hôpitaux, centrales électriques, usines de traitement de l’eau potable, sans parler des zones résidentielles), et grâce à cette guerre le pétrole est pas cher.

    Revoir Paris après 7 ans : Les voitures n’ont jamais été aussi grosses, et il n’y a jamais eu autant de gens qui dorment dans la rue.

    (1) Mike Davis, Late Victorian Holocausts: El Nino Famines and the Making of the Third World. London: Verso, 2001

    (2) http://www.ippnw.de/commonFiles/pdfs/Frieden/Body_Count_first_international_edition_2015_final.pdf

  3. Juste une précision sur la “croissance subie”: En Inde, les grandes famines de la fin du XIX siècle qui ont fait 30 millions de morts s’expliquent en majeure partie par l’accaparement des terres pour des récoltes commerciales destinées à l’exportation, et souvent exotiques (non locales) et destructrices des sols, comme l’indigo, le coton, le teck… Aujourd’hui les forets sont remplacées par des « plantations d’eucalyptus » à perte de vue, autre espèce exotique qui stérilise les sols et après laquelle rien d’autre ne pousse, et qui éradique aussi les milliers d’autres variétés végétales, alimentaires, médicinales et aux multiples autres usages, qui font vivre les communautés locales.

    Problème similaire en Afghanistan, ou pendant l’occupation de l’OTAN la production d’opium a triplé, remplaçant les récoltes alimentaires par une récolte commerciale exclusivement destinée à l’exportation, fournissant 90% de l’héroïne mondiale à un prix battant toute concurrence. Croissance subie, mortifère, mais promue par les réseaux du commerce mondial et sous protection militaire de l’OTAN.

    La destruction de l’écologie n’est pas une conséquence désastreuse. C’est le but même de la croissance, l’origine du profit. L’abondance et la prospérité tuent le profit. Les éoliennes faites maison aussi.

  4. Difficile de lâcher un commentaire , surtout quand on ne se sent pas vraiment appartenir à votre  » clan  » ( celui des érudits ) , pour ma part je me considère plus proche des culs-terreux , non pas des produits du système mais plutôt des soustractions de celui-ci . De ceux dont la matrice ne veut pas , les petits indépendants , ceux qui veulent bien louer leur temps mais pas vendre leur âme . Végétarien devenu , quand on me demande pourquoi , je réponds parce que , et j’ajoute ne pas vouloir faire de prosélytisme ne cherchant pas à culpabiliser les autres , c’est un choix , une manière de garder un équilibre psychologique , une cohérence . Il est vrai que l’écologie en tant que dogme ne vaut pas plus que n’importe quel autre , puisqu’elle ne règlera pas le problème fondamental qui est à la base de beaucoup de nos ennuis , à savoir l’inégalité des hommes (homme au sens humain bien sûr et non au genre ) .
    La neutralité idéologique absolue n’existera jamais , il faudrait pour ca pouvoir naitre , grandir , vivre , mourir en tant que milliardaire , bourgeois , ouvrier , SDF , miséreux , en europe , afrique , asie , amérique , océanie …. dans une seule vie .
    Chacun de nous détient une partie de solution à l’équation comment vivre ensemble sur cette petite boule bleue .
    Amicalement à tous .

  5. Un grand merci pour ce remlarquable commentaire ou plutôt complément aux propos de Fabrice. Dans le cas présent, la meilleure énergie est celle que l’on ne consomme pas. Nous n’échapperons pas à la Décroissance (celle de Georgescu-Roegen déjà en 1966 si l’on se référe au remarquable « La science économie : ses problèmes et ses difficultés »), mais aussi celle de Schumaker, « small is beautiful » (1973). Un faible espoir : les villages qui prennent en main leur destin (ex sur le site Reporterre). Mais comme dit Jancovici, on ne fait pas rouler un TGV avec de l’éolien ou du solaire, ni même un avion, et ce n’est pas Bertrand Piccard qui nous contredira, malgré sa fabuleuse aventure (écoutez le dans le replay de Bibliothèque Médicis du 16/10/2015)

  6. Histoire de M. et/ou Mme Lambda.
    Titre: « La Sobriété à la maison, et puis quoi encore? »

    M. et/ou Mme Lambda vivent en France, sont actifs et ont moins de 45 ans. On s’attendrait à découvrir des « jeunes actifs » pétris de conscience de l’autre, d’une façon toute écologique. Ils seraient farouches et intransigeants à l’égard du système dominant; déterminés et cohérents dans leurs dires, faits et gestes. On aimerait pouvoir compter sur cette prise de conscience de M. et/ou Mme Lambda.
    Mais, barrière n.1 : on s’entend dire, au nom d’une certaine « liberté », que « c’est trop injuste », que « ce n’est pas à moi de faire des efforts ». M. et/ou Mme Lambda est toujours trop occupé pour se casser la tête à vivre autrement. Et puis, de toute façon, « ce n’est pas moi, avec mon petit grille-pain et mes 2 ordis, qui fait pencher la balance ».
    Mais, barrière n.2 : le plaisir. M. et/ou Mme Lambda ne voient pas l’intérêt d’y renoncer, car, « après tout, si les autres y ont droit, pourquoi m’en priverais-je? »
    Donc, à bien suivre nos deux échantillons, cela donne: « Je fais partie du système, mais si peu, que ça ne compte pas. Inutile donc de se casser la tête. »

    M. et/ou Mme Lambda me font l’effet suivant:
    Imaginons trois ou quatre larrons occupés à braquer le guichet d’une banque (mettons la BNP, pour le plaisir justement!). Ils emportent quelques millers d’euros. Les portes sont grandes ouvertes, il y a une sorte de stupeur ambiante, des clients abasourdis sont là debouts, la police tarde… des billets et pièces jonchent le sol, viennent rouler jusqu’aux pieds des gens. 50 euros… 100 euros à mes pieds… Dans le flottement général, certains finissent par se baisser, ramassent, peut-être avec une vague idée de rendre honnêtement cet argent mais… qui vérifiera? Qui pourra dire, « ce billet n’était pas à vous? ». Et puis, soyons réalistes, la banque vient de se faire voler des millers d’euros, alors, pff, 20 ou 50, une goutte d’eau, quoi!
    Et voilà mon M. Lambda et/ou ma Mme Lambda à l’oeuvre.
    Du point de vue des chiffres, ce qu’ils ont pris est négligeable. Mais du point de vue moral? Ont-il, oui ou non, trempé dans ce larcin? La réponse est, assurément, oui.
    C’est exactement ce genre de raisonnement lénifiant qui amène nombre de citoyens à ne plus voter: « Bah, de toute façon ce n’est pas mon bulletin qui va changer grand chose ».
    Méditons très sérieusement sur ce modeste dicton: « Les petits ruisseaux font les grandes rivières ».
    Que toute la France s’y mette ce soir, à économiser vraiment ces Watts qui nous font vivre (et les solutions de fortunes ne manquent pas), et tout s’effondre. A Chinon, à Nogent-sur-Marne, à Blaye, au Tricastin, on ne sait plus quoi faire des électrons; dès le lendemain. D’ailleurs, les ouvriers de ces centrales le savaient puiqu’eux aussi, ils ont enfin compris, et ils ont participé au Grand Boycott. Rêvons un peu…

    Tout cela est accusateur, je le sais. Mais, je suis las de cet argument de déni, qui consiste à dire « ce n’est pas moi, avec ma petite vie, qui… » , ou « ça compte pour du beurre »…
    Hé bien non, justement. Vous avez égoïstement dépensé 1 Watt? VOUS êtes responsable. Et pas seulement en proportion numérique de votre contribution: responsable à part entière, par compromission.

  7. Bonsoir Monsieur Nicolino

    Lecteur passionné de votre blog et de vos livres (hormis le dernier que je n’ai pas encore acheté), je vous remercie une nouvelle fois pour le temps bénévole que vous passez à faire avancer au sens large « la cause » de l’écologie. Je dois confesser une certaine stupéfaction vis à vis de certains arguments avancés et je souhaite apporter (travaillant dans le domaine des économies d’énergie et des énergies renouvelables), mon modeste éclairage :
    – il n’existe aucune énergie propre sur cette terre. L’énergie servant à changer d’état, par essence même un changement d’état n’est pas « propre ». Il n’y a que des énergies avec des avantages et des inconvénients et comme dit je ne sais plus qui : d’un mal choisit le moindre. Pour produire de l’électricité de « masse », je préfère l’éolien à ses rivaux que sont le nucléaire et les énergies fossiles ;
    – l’éolien est aujourd’hui développé par des grands groupes, il y a de l’argent derrière etc etc….Certes, mais quel est le moteur de notre société aujourd’hui ? Je déplore bien entendu que l’humain n’ait pas la conscience qui le conduise de lui même à agir. Il faut donc trouver des leviers d’actions. Je le déplore mais l’argent est hélas l’un des seuls qui fonctionne aujourd’hui et qui a de l’argent sinon les grands groupes ?
    – le petit éolien ne pourra jamais être physiquement une alternative car la production d’énergie se fait de façon exponentielle par rapport à la vitesse du vent. Pour le dire autrement, une éolienne de 10mètres produira 100 fois moins d’énergie qu’une éolienne de 100 mètres. Je préfère à l’échelle de mon pays quelques milliers d’éoliennes de 100 mètres que quelques millions de petites éoliennes…..
    Je ne développerai pas d’avantage mais je précise que je comprends et respecte également bien les critiques de ceux qui ne trouvent pas cette énergie belle et qui ne veulent pas vivre à côté d’un champ d’éolienne. Je trouve cela magnifique mais toutes les opinions se respectent.
    L’éolien nous renvoie à toutes nos contradictions et montre selon moi, nos pas l’absence de solution mais l’absence de volonté de changement à grande échelle. Pas simple mais tout en ignorant pas les défauts de cette énergie, je ne la jetterai pas à la poubelle car elle est la seule source renouvelable crédible pour produire à grande échelle de l’électricité. Bien Cordialement à toutes et tous. Laurent

    1. D’accord avec Laurent, avec juste une précision: la puissance varie avec le cube de la vitesse du vent (et non exponentiel), et le carré de la taille.
      Donc une grosse éolienne « industrielle » bien placée produira par exemple 2^3 *2^2= 32 fois plus d’énergie qu’une éolienne 2 fois plus petite et où la vitesse moyenne du vent est 2 fois moindre.

      C’est pour ça que le scénario négaWatt requiert 17.500 éoliennes ‘industrielles’ de 3 MW. Il est pourtant pour la sobriété énergetique…..

  8. Oui, c’est très bien dit. Le problème est exposé avec lyrisme et exprime une colère contenue qui est légitime. Bien sûr, les éoliennes telles qu’on nous les vends aujourd’hui, avec ses sites choisis soigneusement par nos ingénieurs au mépris des populations, des contingences environnementales, ne font que renforcer l’arsenal de production énergétique au service de l’industrie. On ne va pas vers une transition énergétique. Il n’y en a jamais eu. Le pétrole n’a jamais remplacé le charbon, le nucléaire n’a jamais remplacé le pétrole et les « énergies vertes » ne sont qu’un énième moyen de production qui viendra s’ajouter aux autres. Et on continue à artificialiser les sols, à industrialiser les espaces sous couvert d’un développement de la transition énergétique dans une logique « top-down », bien en vogue par chez nous depuis un demi-siècle au moins. L’exemple de l’éolien marin est à ce titre emblématique.
    En amont des appels d’offres qui ont débouchés sur les projets actuels, l’État a bien engagé une concertation, non pas des populations, mais de quelques représentants professionnels, de chambres consulaires et d’instances régionales pour discuter des différentes possibilités d’implantation. Seulement, les ingénieurs des mines et ponts et chaussées, qui fagocitent allègrement les cabinets ministérielles, les postes à responsabilité à la tête des établissements publics ou des organisations gouvernementales, avaient déjà présélectionné des espaces « adéquats ». Donc, en résumé, on va industrialiser le milieu marin (dans les limites de la Zone Economique Exclusive, s’entend), espace de rêve et de liberté par excellence, et encore une fois ce sont ceux qui ont dirigé avec autant de clairvoyance et de succès les missions Racines et autres jolies aménagements de nos littoraux qui sont à la commande. Bien sur, on a organisé comme il se doit et comme c’est écrit dans le code de l’environnement, un débat public. Ah mais oui, on consulte et on favorise la démocratie participative. Rappelons que la CNDP, Commission Nationale du Débat Public, est dirigée actuellement par un ancien bétonneur, ex directeur des routes au ministère de l’équipement, ex chef du corps des ingénieurs des ponts, eaux et forêts. Que bien qu’accueillant en son sein un représentant de France Nature Environnement et de la LPO, le seul représentant du monde agricole est un membre de la FNSEA. Ce qu’on ne dit pas non plus, c’est que la commission particulière (CPDP) qui est mandatée pour organiser le débat public dans les régions est également composée de personnalités au parcours gavé de conflits d’intérêt. Sûr, avant la « consultation », car c’est seulement de ça qu’il s’agit, du public, le préfet à bien organisé une autre concertation avec les acteurs régionaux. Mais seulement avec ceux reconnus comme interlocuteurs légitimes par l’État. Sans en faire trop de publicité afin de ne pas éveiller les esprits méfiants. Après coup, on constate que de nombreux intervenants sont contre le projet, trouvent qu’il n’y a pas eu de transparence quant au choix du site, que celui-ci est situé en plein dans une zone écologiquement sensible.
    Alors oui, on peut se dire qu’il faut bien se chauffer, quand la majorité des logements français le sont à l’électricité et que l’on continue à construire des appartements et maisons avec chauffage électrique, qu’il faut bien s’éclairer aussi. Mais les installations qui viennent s’implanter dans nos campagnes, sur nos mers, ne profitent en aucun cas aux populations riveraines.
    Regardons où et comment les éoliennes sont le mieux acceptées : aux Pays-Bas et au Danemark où les populations riveraines sont actionnaires des installations et bénéficient directement de leur production, dans les villages où se sont mis en place des projets coopératifs d’implantation de champs éoliens, comme en Pays de la Loire et en Bretagne. Bref, soit là ou le projet implique étroitement les personnes vivant à proximité, soit lorsqu’il émane des populations locales.
    Oui, on ne sortira certainement pas du cercle vicieux actuel en passant au-dessus des populations. Il est urgent de penser et de constituer une production énergétique locale pour une consommation locale mieux maitrisée.

  9. FW > Si l’éolien devait avoir un avenir estimable à mes yeux, il aurait un tout autre visage. Je l’imagine auto-construit et auto-réparable

    Pour quelle puissance? Et que fait-on quand il n’y a pas de vent?

    La réalité, c’est que nous allons peu à peu revenir à la bougie, que ça plaise ou non à la population. C’est pas le moment de s’endetter sur trente ans pour faire construire en lointaine banlieue…

    Le site http://www.lowtechmagazine.com est effectivement passionnant.

  10. Avant de commencer, merci Fabrice, j’admire ta force et je te remercie également pour ce dernier livre que tu nous as offert !

    En réaction à ce dernier billet:
    La critique est un art qu’on aime cultiver, j’ai moi même mon propre jardin, un peu trop luxuriant d’ailleurs…

    Choisir l’accusation de manière trop régulière pour s’exprimer me fait penser à l’aboiement des chiens dans la nuit, ça n’appartient qu’à la nuit, pendant que le sommeil n’est que peu perturbé.

    Oui il faut accuser ceux qui tiennent les rênes du pouvoir et qui ont contribué à fabriquer un monde déséquilibré pour l’humanité et néfaste pour l’environnement (donc l’humanité).
    J’aime cependant à penser que certains œuvrent pour démontrer que les libertés individuelles existent encore et qu’ensemble il est possible de proposer des alternatives.
    Oui, ces alternatives bien que nombreuses ne semblent représenter qu’une partie infime des activités humaines et ne constituer qu’une réponse limitée face au grandes évolutions de ce monde…

    Pour ce qui concerne l’énergie, de beaux projets existent pourtant. Ne montrer du doigt que les grands industriels des énergies renouvelables animés par l’appât du gain c’est oublier de mentionner ces projets citoyens qui arrivent à émerger année après année. L’an dernier un projet de parc éolien citoyen a vu le jour à Béganne dans le Morbihan. Ils étaient plus d’un millier de citoyens à se regrouper pour accomplir l’impensable, s’investir et investir directement dans un projet de 4 éoliennes qui produisent l’équivalent de la consommation de 8000 foyers. Également financé par Énergie Partagée, ce projet est un exemple encourageant d’initiative citoyenne. De nombreux projets se montent de cette manière avec une volonté de créer ensemble une transition écologique citoyenne. Il faut préciser que derrière les fondateurs d’ Énergie Partagée on retrouve de nombreux acteurs parmi lesquels : Le CLER, Hespul, Enercoop ou encore Inddigo tous adeptes du scenario négaWatt : sobriété, efficacité, renouvelables.

    Il est possible de construire une société plus juste, il ne tient qu’à nous d’y participer !

  11. Contente que tu trouves des moments de bonheur bien que ‘boiteux’ et ‘morphinomane’.
    Comme le dit Alain Souchon (je crois) :
    « La vie ne vaut rien mais rien ne vaut la vie »
    Et merci pour la belle plume de Frédéric Wolff

  12. L’écriture est certes de celles que l’on aime, mais même si la musique est bonne doit on oublier les paroles ?
    Comment peut on baser un raisonnement sur le syllogisme : l’Éolien est récupéré par la grande industrie, la grande industrie cherche à faire des profits, donc l’éolien industriel ne sert qu’à faire des profits !

    Quand va-t-on comprendre que pour sauver la terre il faut d’abord décroître en consommation et en nombre, mais aussi que cela n’est possible qu’en changeant le système de production.
    Il est déplorable que l’éolien industriel soit récupéré par les financiers, mais c’est bien cette récupération qu’il convient d’éradiquer, pas la technologie.
    Comment peut-on croire que la solution passe par la construction individuelle de petites éoliennes. En kit de chez Ikéa peut être ? Ou alors entièrement en bois en utilisant le tronc de l’arbre comme mât, deux grosses branches pour les pales, les ramures pour l’alternateur le régulateur de tension etc… ? Avons-nous la moindre idée de la quantité d’ENR nécessaire pour remplacer aujourd’hui les fossiles ou le nucléaire en se fixant, par exemple, comme objectif de ne produire que 30% de notre consommation actuelle. Pouvons-nous simplement regarder les objets familiers autour de nous sans rechercher leur âme mais leur contenu énergétique. Disant cela je ne parle pas de l’I-Phone ou de la télé dont l’évidente inutilité ne fait aucun doute, mais de la chaise au design éphémère, le ciment dans les murs, le métal du vélo ou de la charrue, l’électronique de l’appareil IRM qui pourrait servir un jour…
    A la place, nous glissons dans l’individualisme, éventuellement communautaire, avec la petite maison dans la prairie, l’éolienne sur le toit du garage, un cheval et une vache dans le jardin bio, et les langueurs de l’automne tout autour. Dormez bien, Donald Trump s’occupe du reste !
    Cette approche irrationnelle de l’environnement, c’est l’ignorance quasi absolue de l’objectif à atteindre (décroître oui, mais de combien ?), de la démarche pour y parvenir (On supprime quoi, on remplace quoi par quoi ? a quelle vitesse ?), des moyens à mettre en œuvre ( le fric évidemment, mais aussi la recherche des meilleures solutions), et au final un aspect organisation ou politique (au niveau d’une petite communauté, d’une région, d’un état).

    Oui il nous faut de l’éolien à grande échelle donc industriel ! Pas pour nous goinfrer d’énergie comme aujourd’hui, mais simplement pour survivre ! Et que la collectivité reprenne le contrôle du secteur énergétique est certainement un point de passage obligé. C’est beaucoup moins poétique, un peu froid, triste et sans grande beauté, mais sans cela, il n’y aura bientôt personne pour danser sur la tombe du dernier être humain. Et ça aussi c’est triste.

    1. [Oui il nous faut de l’éolien à grande échelle donc industriel ! ]
      Au vu de cela, la prudence est de mise :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Parc_éolien_de_BARD_Offshore_1

      Et là, même la technologie semble trouver ses limites.

      J’espère que ce genre de gesticulations à grande échelle, en discréditant – par les faits – les solution dites « écolos » ne vont pas provoquer par contre-réaction, un rejet, puis la mise en avant de « solutions » guères réjouissantes (nucléaire).

    2. tout n’est en fait que pétrole… bon, je crois qu’on arrive au bout du truc, si c’est pas demain ça sera dans moins de 10 ans, si on est encore là pour assister au désastre…

  13. Je ne pense pas que le problème – en tant que tel – des éoliennes soit à la base une fabrication industrielle.
    Le problème est bel et bien un problème de gouvernance sociétale, et donc de démocratie. Dont nous sommes tous les complices à des degrés divers, et parfois malgré nous, de par notre mode de vie de consommateurs. Ce problème de gouvernance met la charrue avant les bœufs.

    Dans un monde « idéal » et « théorique », les choses devraient s’étager dans cet ordre :

    1 – Définir les limites d’activité que Homo Sapiens ne doit pas dépasser pour éviter le grand casse-gueule général, c’est-à-dire préserver les grands équilibres atmosphère-biosphère-hydrosphère, éviter l’épuisement des ressources, la destruction des habitats, les extinctions anthropiques des espèces, etc. Et ces limites d’activité signifient aussi arrêter de se multiplier comme des lapins sans prédateurs…

    2 – A partir de là, il y a forcément des consommations énergétiques à ne pas dépasser (et qui impactent notre mode de vie : dois-je ne plus allumer le PC pour écrire des bafouilles sur « planète sans visa » ? ).

    3 – Ensuite doit venir le dimensionnement des sources de production énergétique.
    Là où le bât blesse, ce n’est pas la production industrielle en tant que telle, c’est le fait qu’elle travaille pour elle-même et non pas pour l’intérêt général. Elle fait tout pour s’auto-alimenter, pour le bénéfice de quelques-uns ou de quelques minorités, et a tout intérêt à encourager une surproduction et une surconsommation. L’exemple d’EDF, qui est pourtant une entreprise publique, mais qui travaille pour elle-même et non pas pour le « public » : un état dans l’état. Le problème est bel et bien un problème de gouvernance de l’état. Quant à l’image du « small is beautiful », je ne me jetterai pas non plus dans cette idée reçue. On a suffisamment d’exemples de PME qui, à leur échelle, ont été coupables de pollutions absolument abominables, et sont passées entre les mailles du filet du fait de leur taille.

    4 – Et enfin, en fonction de tas de paramètres, on centralise ou pas cette production. Un éolien auto-construit à l’échelle d’un foyer ? Qui me dit, à part une image certes romantique, que c’est forcément la meilleure solution ? Que cette solution minore le ratio ressources et pollution utilisées pour la construction sur énergie produite ? Si le foyer est mal placé, que la production éolienne est symbolique, et que le foyer ajoute en complément une chaudière à mazout ? Ne vaut-il pas mieux un parc « industriel » perché sur une crête ventée et qui arrosera efficacement un maximum de personnes ?
    C’est sûr l’impact visuel est très moche. Mais après tout, la faune, à part Homo sapiens, se fout de l’impact visuel. Finalement, avec cet impact visuel, Homo sapiens se reprend dans la gueule les conséquences de son omniprésence et de son mode de vie. Et si ça peut l’inciter à minimiser cet impact visuel par la sobriété (=moins d’éoliennes) tant mieux. Les centrales nucléaires, beaucoup moins visibles (à part le panache de vapeur) de par leur nombre et le fait qu’elles soient planquées en fond de vallée près des cours d’eau, ont moins d’impact visuel, mais un potentiel autrement plus destructeur en cas d’accident, et incitent du coup peut-être moins à la sobriété.

    Après, l’impact sur faune/flore/habitats doit être aussi un des principaux critères déterminant le choix centralisé / décentralisé, taille du parc, etc. Ces pré-requis mis à part, je n’ai pas d’idée préconçue sur le caractère industriel ou centralisé de la chose : il faut remonter à la vraie source des problèmes.
    Pour la petite histoire, je n’ai pas de défiance particulière vis-à-vis de la technique à partir du moment où on ne la prend pas comme un but en soi, mais pour ce qu’elle devrait être : un moyen, qui ne doit pas être dévoyé, et dont la mise en place doit être conditionnée à l’évaluation complète de tous ses effets pervers (le principe de précaution, trop souvent allègrement foulé aux pieds). Le premier d’entre-eux (des moyens techniques…), le couteau, était super pour ouvrir les noix ; mais c’est lui qui a tué le plus de monde, entre des mains mal intentionnées…

    On en revient à la gouvernance et à l’éthique, tout part de là.

  14. @Laurent  » Il n’y a que des énergies avec des avantages et des inconvénients et comme dit je ne sais plus qui : d’un mal choisit le moindre. Pour produire de l’électricité de « masse », je préfère l’éolien à ses rivaux que sont le nucléaire et les énergies fossiles », sur ce point je suis d’accord, comme la plus part des lecteurs ici.
    Cependant, comme l’annonce Fabrice et Frédéric, le problème ne se limite pas au choix de l’énergie mais au choix de société, est ce qu’on veut une société du toujours plus où l’éolien, l’énergie des vagues, le solaire, la géothermie ne sont pas là pour remplacer les énergies plus polluantes actuelles mais pour s’y ajouter afin de satisfaire des besoins de brasser du vent (iphone, vidéosurveillance, linky, connections multiples….) toujours plus important.

    Le renouvelable, oui, mais pour une nouvelle politique énergétique impliquant la sortie totale du nucléaire (moins de 2% de l’énergie consommée dans le monde), et réduire de 50 à plus de 80 % les énergies fossiles pour les pays les plus gourmands.

    Si je prend l’exemple de l’électricité pour la France, réduire la consommation de 50 % reviendrai à revenir à la consommation de 1980, ce n’était pas l’âge des cavernes. Certes la population à augmenter depuis, mais le rendement des appareils s’est amélioré, donc réduire la consommation de 50% en 10 ans, remplacer les 25% de nucléaire restant par du renouvelable permettrait une politique ambitieuse mais tout à fait réalisable.

    1. @Philou
      Totalement d’accord avec vous. Concernant cette question du choix de société, le problème est bien là : notre culture dans le domaine de l’énergie est quasi nulle. Qui connaît le coût d’un kWh gaz ? Qui sait déjà ce qu’est un kWh ? Un kW ? Nous savons tous spontanément et plus ou moins le prix d’un café ou d’un demi pression mais nous ignorons absolument tout de cette ressource essentielle qu’est l’énergie. Je puis vous assurer qu’il n’existe pas (hormis quelques exceptions) un professionnel du domaine des énergies renouvelables qui ne vous dise pas sobriété et efficacité avant énergies renouvelables…… Je terminerai en insistant sur le fait que notre réseau de distribution d’énergie et fait de façon centralisée (en étoile) pour permettre aux centrales nucléaires et hydrauliques (un peu) de distribuer le courant à la population en masse. Arriver à une logique de réseau décentralisée favorisant des productions d’énergie locale prendra encore quelques décennies soit un délai beaucoup trop important au vu des enjeux climatiques. D’où la nécessité de produire en masse avec des renouvelables, d’où le grand éolien, malgré ses défauts et les rejets légitimes qu’il peut susciter. Cordialement

  15. Tirer sur Piccard ou Hulot, ne sert à rien, d’autres sont pire, j’ai récemment travailler chez un voisin, et j’ai subit 30 minutes d’Eric Woerth à la télé, je résume : croissance, travailler plus pour gagner plus, restrictions pour les pauvres,compétitivité, plus de flicage, flexibilité accrue, dégradation des conditions de travail et quelques énormités du genre « Nicolas Sarkozy a tenu toutes ses promesses ».

    Je suppose qu’un Macron tient le même discours, et je constate que si ces abrutis exercent, cela est possible grâce aux nantis qui les financent (Bettancourt, Bolloré…) et aux lampistes trop nombreux qui exécutent leur politique en acceptant n’importe quel travail, en se gavant d’iphone et compagnie, en privilégiant la compétitivité à la solidarité…

    J’en reviens à mon commentaire précédent une décroissance énergétique et d l’empreinte écologique choisie est non seulement loin d’être insurmontable mais peut aussi apporter une amélioration du bien être. Arrêter la fuite en avant du toujours plus, lutter contre l’obsolescence programmée, réduire sa consommation de viande et les autres gaspillages, revoir la politique de transport en favorisant le ferroviaire par rapport au routier (ps : un train peut très bien rouler avec des énergies renouvelables), les échanges commerciaux en taxant les produits selon leur conditions sociales et environnementales de fabrication….

  16. Qui donne 240 000 euro pour financer une chaire « développement durable » au collège de FRANCE?
    Devinez…
    http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/total-s-invite-au-college-de-france_1419091.html
    (lu grâce à Paul Jorion)
    Sur un sujet connexe lu sur Reporterre.net:
    pourquoi Le Vaucluse et le Bas-Rhin ne sont-ils pas traités de la même façon
    en matière de permis de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux?
    http://reporterre.net/Le-gouvernement-prepare-la-relance-des-mines-et-de-l-exploitation-d
    merci encore Fabrice pour tous vos articles écrits ou transmis et pour votre humour sur vous-même bien remarquable en ces temps douloureux

  17. Fabrice,

    Il y a longtemps que vous n’avez pas écrit – sur ce blog du moins – sur Sivens.

    Il est vrai que la réalité offre par ailleurs à votre plume d’ innombrables occasions de s’exercer. Il est vrai aussi que, durement éprouvé par l’horreur que vous avez vécu, il vous faut vous limiter à certains sujets. Il est vrai encore que l’objet de ce commentaire a connu des développements au moment même où la mort vous a courtisé de si près : je veux parler de ce que dénonce Bernard Viguié sur son blog , hébergé par Mediapart ( http://blogs.mediapart.fr/blog/bernard-viguie/221015/sivens-la-honte-volet-1-ou-la-grosse-magouille-de-fne-et-lefetey-sivens ).

    J’ai pris connaissance depuis le début du cri lancé par Viguié. Je m’étonne du peu d’écho qu’il reçoit. Ne sachant trop quoi en penser, j’aurais besoin qu’une personne d’expérience commente cet épisode.

    Cordialement.

  18. @ martine : si l’article que vous rappelez parle effectivement de Sivens, il n’évoque aucunement le combat juridique qui touche au projet lui-même. Sur Reporterre, qui fut et demeure une source importante d’information au sujet de Sivens, je ne crois pas avoir vu une seule fois la mention des prises de position de Bernard Viguié. Et ça m’étonne…Mais vous mêmes, arrivez-vous à vous faire une idée claire à leur propos ?

    1. à PL : erratum : j’ai crédité Mediapart pour un article paru dans Politis !!!!!

      C’est sur la site de Marc Laimé que la polémique lancée par Viguié a démarré, avant de s’inviter -justement-sur des blogs de Mediapart. Puisque cela vous semble d’intérêt, sachez que, Marc Laimé, actualité oblige, intégrait celle-ci dans un récent billet intitulé « La COM 21 vue de Sivens ».

  19. Etrange position que de s’autoproclamer défenseur de l’environnement et de critiquer les ONG, et de rejeter les énergies renouvelables.

    Il me semble que ces deux secteurs, malgré les frasques que peuvent avoir leurs dirigeants, regroupent en majorité des personnes altruistes et engagées, ayant bien plus fait pour l’environnement que vous.

    Vous ne faites que leur porter préjudice alors que vous dites défendre les mêmes idéaux, c’est regrettable…

  20. Un peu d’humilité, si vous voulez jouer à comparer la taille de votre engagement écologique un gars comme Aloys Wobben vous défonce y compris en matière d’éthique personnelle…

    Fabrice Nicolino, ce n’est pas la première fois que vous êtes l’idiot utiles des multinationales de la pollution et ce ne sera pas la dernière… Votre position contre l’éolien terrestre est justement la position d’Areva, Alstom EDF et d’Engie qui soutiennent votre combat pour éradiquer l’éolien terrestre qui en Europe est majoritairement dans les mains des citoyens et des collectivités locales pour le remplacer par des gros parcs éoliens en mer… (quant à Total ils méprisent l’éolien sous toutes ses formes).

    Vous pouvez lire les recherches de Hendrik Steringa sur ce rapport de force.

    http://www.energypost.eu/big-energy-companies-take-control-dutch-wind-energy-association-nwea/

    Et après vous irez acheter des fleurs pour la tombe de Reiser parce que c’était absolument dégueulasse de votre part d’associer son nom à un tel article … Allez regarder ça et prenez en de la graine, c’était quand même d’une autre classe…

    http://www.ina.fr/video/CAA7601943001/plateau-video.html

  21. @Decookisé,
    je ne suis pas assez informée sur le sujet pour en parler.
    C´est plutôt le camouflage des conditions de la mort de Rémi Fraisse qui m´intéresse en ce moment. Comme on pouvait s´y attendre, lorsque les intérêts de puissants lobbies sont en jeux, la collusion entre le pouvoir et les forces de l´ordre est parfaite. Omerta totale! Dans cette caricature de démocratie, la police et la gendarmerie peuvent en toute tranquillité abattre de pacifiques manifestants.

  22. @Tilleul,
    Faut-il traiter quelqu´un d´idiot quand on n´est pas d´accord avec ce qu´il écrit ? N´y a-t-il pas d´autres formes de communication plus cultivées? Vous ne semblez pas les connaître !
    Voyez-vous, une insulte est comme un crachat envoyé contre le vent. Les glaires vous reviennent en pleine poire et vous salissent encore plus.

    1. ^^

      Cela compte pour tous, alors! N’est il point?

      ——-

      Monsieur Nicolino,

      Merci pour votre livre. Il est génial.

      Je vous souhaite de tout coeur de vivre longtemps*. Lucide. Afin de pouvoir dénoncer l’arnaque monumentale qui se met en place, pour soit disant, le bien du tout, poussé par l’appât des gains, l’hégémonie, l’exploitation, toujours et encore des plus « petits ».

      Et tout ceci « grâce » a l’aide virulente, acharnée, brutale, des lignées qui ont pondu le Plan Marshall, entre autres. Cerise sur le gâteau, l’encyclope en prime!

      * Et libre de paroles.

      Cesse de grincer des dents! J’entend tout! Bises.

  23. Bonjour à tous,
    Pour une fois, je ne suis pas complètement d’accord avec vous. Fabrice, Frédéric et bien d’autres encore. Et votre point de vue me déprime trop. La planète est suffisamment mal en point que j’estime votre critique de l’éolien un peu décalée en regard des urgences, j’oserai même dire exagérée.

    Mais en relisant cet article je perçois davantage une condamnation de l’homme que de l’éolien. Je m’explique en prenant un exemple trouvé dans le texte qui m’interpelle :  » L’éolien, quand il participe à cette démesure, ne fait que nous précipiter vers le néant « . Je trouve ça un peu fort. Le commerce dépasse le système capitaliste et existe au moins depuis le néolithique. Que l’éolien industriel soit un business ok. Mais le fait qu’il soit un business n’en fait pas un objet condamnable. De mon point de vue, la violence, la corruption, la captation des profits par une minorité, les duperies de nos représentants et la mutualisation des pertes (financières, écologiques) sont des fléaux biens plus néfastes. Et ce qui les engendre : l’orgueil, la soif de pouvoir, l’avidité me semblent être consubstantiels à la nature humaine. Car si un homme peut être fraternel, généreux, il est aussi capable du pire et peut facilement faire preuve de méchanceté, être cupide, stupide. Bon là j’enfonce des portes ouvertes mais je ne sais pas quel point de vue vous portez sur vos semblables. Pour ma part j’aimerai voir plus de fraternité, de solidarité et que l’humanité soit plus dans la contemplation que dans la consommation. Mais c’est un vœux pieux. La majorité des êtres humains n’a que faire de beaux sentiments. En 2015 les gens veulent une maison, une voiture, un smartphone, aller en vacances aux Seychelles ou à New York. C’est pas une caricature, mais ce que veulent une majorité d’humains (pour la plupart Chinois, Indiens, africains..).
    Tout ça pour dire que ce qu’il faut changer c’est les mentalités. Et comme dit Arundhati Roy « on ne fera pas un monde différent avec des gens indifférents ».
    Mais ça prendra du temps parce que c’est des générations entières qu’il faut changer, éduquer. Surtout quand on entend les politiciens français, les économistes, les « grands journalistes » qui nous désinforment, sans parler du formatage par les institutions (éducation nationale en tête). Il y a du chemin à faire.
    Bref c’est une lutte et un combat à part entière. Et là je fais une pause cirage pour Fabrice que je remercie par la qualité de ses textes qui nous réchauffent le cœur par sa prose fleurie mais qui nous informent sur l’état des choses et des personnes. Mille merci Fabrice pour ton travail qui est essentiel pour faire connaître.

    Tout ça pour en venir aux éoliennes et à votre critique. Je pense donc, que comme Don Quichotte, vous vous battez contre des moulins à vent. On ne changera pas la mentalités des gens avides de pouvoir mais on peut se réjouir du fait qu’elles diffusent une technologie moins polluante quand même. Si demain on me dit fini le nucléaire et le diesel mais tout à l’éolien, partout je dis oui.

    Donc apprenons à nos proches qui ne sont pas des convaincus à regarder, informons-les comme Fabrice le fait. Mais le plus dur sera de convaincre les non-convaincus, d’informer les désinformer pour espérer les rallier à notre point de vue. C’est comme ça que je pense qu’on fera changer les choses. Pas en faisant de longues tirades (comme celle-ci) sur internet auprès d’un public acquis aux idées de respect de la nature.

    Donc l’éolien industriel c’est peut être moche, tenu par la mafia en Italie, par des multinationales en France mais ce n’est ni du saccage, ni du pillage, quant à l’enlaidissement c’est subjectif et accessoire si on estime que la planète court vers le désastre écologique.

    Ca alimentera peut être la clim’, Oui certainement. Mais c’est aussi sûr que ça ne durera pas. Et l’éolien a des cotés très positifs :
    1- C’est une question, mais ne marque-t-il pas une rupture importante de penser puisqu’il développe l’idée auprès du grand public que toutes les énergies ne se valent pas ? Que certaines énergies sont plus sales ou néfastes que d’autres ? Puis avec la révolution informatique qui sait, peut être que dans quelques années chacun pourra monter son éolienne pour ne plus payer sa facture à EDF Alstom. On peut rêver non ?
    Bon ok, c’est pas très convaincant… passons au 2
    2- Dans la continuité : ça pue moins que le charbon, c’est moins dangereux que l’uranium etc etc (je demande pardon d’avance aux oiseaux et chauves souris qui finissent en charpie. A priori pas plus qu’avec les voitures, les lignes haute tension et autres joyeusetés). Nan mais c’est déjà pas mal nan si on peut éviter tous ces gaz polluants et acidifiants ? Enfin ça va dans le bon sens nan ? ok ok, alors passons à l’argument fatal.

    3- Même s’il faut quelques terres rares (je crois) pour faire une éolienne ça reste une énergie « maison ». Enfin si on suit la logique du tout éolien (imaginons !), ça nous éviterait évidemment d’aller en Afrique chercher des matières premières, d’y installer des dictatures et de participer à ce système dégueulasse de françafrique. Pour moi c’est essentiel. Comme pour la PAC d’ailleurs. Le pire effets des subventions agricoles est de détruire les systèmes agricoles des pays dit du tiers monde que l’Europe inonde de ses excréments subventionnés . A côté nos petits cancers européens passent au second plan).

    Alors si ça permet à la France d’être autonome en énergie fonçons. Ca permettra peut être à des millions d’africains de ne plus subir une partie de notre politique énergétique. Et ça, ça n’a pas de prix. On ne doit pas oublier que si les immigrés arrivent aujourd’hui d’Afrique et de Syrie et meurent par milliers c’est avant tout pour du pétrole.
    Voilà ce que j’ai à dire.
    Pensons simplement à l’impact de la politique énergétique sur les autres peuples et essayons d’aller vers l’autonomie nationale même si c’est EDF. Il sera temps ensuite d’aller vers l’autonomie locale et la sobriété heureuse.
    Amicalement
    Julien

  24. Incroyable tous ces discours philosophiques sur l’éolien sauveur du monde. Revenez tous sur terre. Production 2014 = 3,1% ( 17 Térawatts-heure / 540 TWh) ou 1,2% de notre consommation d’énergie. Pour remplacer 1 réacteur nucléaire sur les 58 en service il faudrait plus de 1800 éoliennes terrestres de 2 MW et près de 160.000 pour produire toute notre électricité. Et les jours sans vent ? Et les jours de vent violent ? Alors il faudra construire des centrales thermiques en puissance équivalente pour assurer le continuité de la production qui doit être garantie à chaque instant… La France a rejeté en 2014, 19 millions de tonnes de CO2 pour sa production électrique, soit 6% des rejets alors que ce sont les transports, le bâtiment et l’industrie qui polluent. Revenez sur terre et ne dites surtout pas comme l’ADEME ou le SER qu’on pourrait atteindre 100% de renouvelables vers 2050. Je dis OUI aux vrais renouvelables comme l’Hydraulique ( 13% de jus garantis en 2014 ) mais NON aux énergies intermittentes éolien et photovoltaïque qui nous conduiront à des rejets massifs de CO2 comme en Allemagne qui malgré ses 25.000 moulins a produit 8% de son électricité et a rejeté 350 millions de tonnes de CO2 rien que pour sa production électrique, soit 18 fois plus que la France. Ah oui !… les Allemands construisent 23 centrales au lignite bien pourri et projettent de mettre en Pologne des centrales nucléaires après les avoir démantelées chez eux. En attendant, la France leur fournit de l’électricité…. nucléaire pour les sortir de la merde !…

  25. Enercoop est propriétaire de parc éoliens industriels !
    bonjour. Je suis dégouté. Enercoop, la seule alternative à taille humaine devient industrielle ! Alors que notre seul pouvoir de sans-pouvoir est le boycott, Enercoop (coopératif, écolo) est en train de perdre son âme ! des aérogénérateurs monstrueux ! moi qui voulait faire de la retape pour Enercoop ! Qui veut m’aider à sauver l’âme d’Enercoop et les aider à renoncer à ces monstes ?
    étienne, à Arles

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