À l’attention des malheureux non-lecteurs de Bidoche

Bonjour. Pour ceux qui suivent, les balles des frères Kouachi continuent leur sale besogne. Je suis entre deux eaux, parfois entre deux vins. Souvent. Mais que voulez-vous ? Ces derniers jours – ce matin encore -, j’ai été sollicité par des radios et des télés pour venir parler de viande. Vous n’ignorez sans doute pas que l’OMS, via le CIRC, vient de classer la charcuterie parmi les cancérogènes avérés et la viande rouge parmi les cancérogènes probables.

J’ai refusé toute invitation. D’une part, je suis loin de Paris, face à la mer. De l’autre, je me souviens quand même d’avoir publié il y a six ans le livre Bidoche (L’industrie de la viande menace le monde). Je ne crache pas au visage de ceux qui découvrent la Lune, car la compréhension du réel demande du temps. Mais franchement, je ne me sentais pas d’aller faire le guignolo après avoir écrit ce qui suit. Qui est un (gros) extrait du chapitre 11 de mon livre, intitulé Et si ça fichait le cancer ?

BIDOCHE (Cette version n’est pas le texte définitif imprimé, et il a pu subir quelques corrections)

Peut-on manger de la viande en toute tranquillité ? Ne risque-t-on pas d’attraper au passage toutes sortes de cochonneries, dont ce si vilain cancer ? Curieusement, il n’y a pas de vrai suspense : la réponse est oui. Oui, il faut faire attention. Oui, cela peut devenir dangereux. Et voici pourquoi.

Sommes-nous protégés ? Les effets de la viande sur notre santé sont-ils bien évalués ? Aux États-Unis, on ne s’embête pas pour si peu de chose. On a le droit d’être industriel du porc ou du bœuf, puis de faire de la politique, et retour. Voyons de plus près le sanguinolent exemple de deux secrétaires d’État à l’Agriculture – des ministres – sous la direction avisée de Ronald Reagan. Nous sommes en 1981, et l’ancien acteur, qui vient d’être élu, nomme son ministre des Affaires agricoles, John R. Block. Au cours de l’audition publique précédant sa prise de fonctions, cet éleveur industriel de porcs de l’Illinois déclare sans manières : « Je ne suis pas sûr que le gouvernement doive dire aux gens ce qu’ils doivent ou non manger. »

Et pour mieux se faire comprendre, il supprime l’une des agences du ministère chargées de la santé, le Human Nutrition Center. Après son départ en 1986, il continuera son bonhomme de chemin, devenant président du Food Marketing Institute – est-il besoin de traduire ? – et conseiller avisé, pour cause, d’une coalition de porchers américains, la Pork Trade Action Coalition (PTAC), dont la fière devise est : « Don’t tax our pigs ! »

Lee Harding, colosse à terre

En 1986, Ronald Reagan, dont il n’a échappé à personne qu’il a le même prénom que la mascotte de McDo, embauche un nouveau ministre : Richard Lyng. Pas tout à fait nouveau, car Lyng a été sous-secrétaire d’État, sous les ordres de Block, entre 1981 et 1986. Et, avant cela, un gros paysan industriel comme les aime tant l’Amérique. Mais pas seulement : de 1973 à 1979, Lyng a aussi été président de l’Institut américain de la viande, le plus grand lobby de la bidoche outre-Atlantique.

Reposons la question de départ, en la modifiant un peu : les Américains sont-ils bien protégés contre d’éventuels effets de la consommation de viande ? Ce n’est pas si sûr. Ouvrons une étude parue aux États-Unis en 1996, publiée cet USDA (United States Department of Agriculture, soit le ministère de l’Agriculture) qu’ont dirigé Block et Lyng[1]. Aïe, aïe, aïe ! La dérégulation chère au cœur des ultralibéraux ne semble pas avoir réglé tous les problèmes. Sur 600 échantillons de viande de bœuf analysés selon une méthodologie fiable, 7,5 % contenaient des Salmonella, 11,7 % des Listeria monocytogenes, 30 % des Staphylococcus aureus et 53,3 % des Clostridium perfringens. Tous ces microbes sont pathogènes chez l’homme et certains sont responsables d’empoisonnements mortels. Cette même étude montre que 78,6 % des échantillons sont souillés par des microbes du type Escherichia coli du biotype 1, qu’on trouve dans les excréments.

C’est bien là que l’histoire bascule. Point de départ : Lee Harding. L’homme est un colosse de 1,85 m pour 100 kilos, et, en ce 11 juillet 1997, quand il est pris de crampes abdominales, il ne s’affole pas. Il a tort. Atteint de diarrhées sanglantes, il pense qu’il va mourir et passe plusieurs journées d’enfer. On résume : des analyses montrent la présence dans ses selles d’une bactérie affreuse, Escherichia coli O157:H7. En 1982, à la suite de deux épidémies de colite hémorragique aux États-Unis (dans l’Oregon puis dans le Michigan), les services sanitaires avaient trouvé le responsable : des hamburgers insuffisamment cuits vendus dans un fast-food. Par la suite, une souche d’Escherichia coli d’un nouveau type, le O157:H7, avait été isolée. Lee Harding a été frappé par cette bactérie singulière. La piste mène à l’usine de Colombus de l’entreprise Hudson Foods, qui prend peur et rappelle la bagatelle de 11 300 tonnes de bœuf.

La vérité commande de dire que l’événement est banal. Car, selon des estimations officielles rapportées par le journaliste américain Eric Schlosser dans un best-seller[2], 200 000 Américains sont chaque jour contaminés par des bactéries présentes dans la nourriture. Par jour ! En un an, plus d’un quart de la population souffre d’une intoxication alimentaire. Chaque jour, 900 personnes sont hospitalisées et 14 meurent. Chaque jour !

Toutes les bactéries ne viennent pas de la viande. Et toute la viande ne sert pas à fabriquer des hamburgers. Mais au pays de McDo et de Burger King, il vaut mieux réfléchir à deux fois avant de s’arrêter devant une grande enseigne de restauration rapide. En 1993, 700 personnes qui avaient consommé des hamburgers Jack in the box ont été contaminées par Escherichia coli O157:H7, et 4 en sont mortes.

L’étonnant est peut-être qu’il n’y en ait pas davantage. Jusqu’en 1997, en effet, 75 % du bétail américain mangeait des déchets ovins et bovins, et des millions de chats et de chiens achetés à bas prix faisaient aussi partie de la diète d’animaux herbivores. Une étude datant de 1994[3] rapporte que les éleveurs de l’Arkansas récupéraient 1 000 tonnes par an de litière et de déjections de poulaillers industriels pour en nourrir ensuite le bétail. Oui, les consommateurs s’en sortent bien. Car en réalité, et compte tenu des modes de fabrication, un hamburger contient de la viande provenant de dizaines, voire de centaines d’animaux.

Et la France, dans tout ça ?

Recommençons comme si de rien n’était : sommes-nous bien protégés ? En France, cela va de soi ! Lors du plan de surveillance 2006, 796 prélèvements ont été réalisés sur l’ensemble du territoire pour traquer Escherichia coli O157:H7. Et on n’a rien trouvé. Sur des millions de morceaux de viande. 796 prélèvements. On peut donc être soulagé d’un fardeau : la bactérie n’existant pas, elle ne peut tuer personne chez nous. Oui, c’est vrai, cela peut aussi faire penser au nuage de Tchernobyl, qui avait eu le bon goût de s’arrêter à la frontière allemande. Disons que nos bovins tricolores ne mangent pas de ce pain-là, et passons.

Passons, mais non sans avoir salué comme il se doit Henri Nallet, ci-devant ministre de l’Agriculture de France – de 1985 à 1986, puis de 1988 à 1990 – après avoir été en 1981 conseiller du président Mitterrand pour les questions agricoles. Pourquoi diable parler de lui ? Mais parce qu’il connaît admirablement le dossier, voilà tout ! Nallet a été membre du grand syndicat paysan, la FNSEA, dès les années 60, puis chargé de mission du même entre 1966 et 1970, ce qui tisse des liens.

Cet excellent homme n’a pas tout perdu en passant par la FNSEA. Le lobby, ma foi, il connaît. En 2000, Jacques Servier, patron d’un laboratoire pharmaceutique qui porte son nom, le recrute pour l’aider à favoriser les autorisations de mise sur le marché (AMM) des médicaments. Servier est proche de la droite dure, mais cela n’indispose pas le moins du monde Nallet, qui met son carnet d’adresses au service de l’industriel.

L’industrie pharmaceutique est au service des malades, non ? Voyons quand même le cas de la transnationale Pfizer, leader mondial de la pharmacie. Fondé en 1851 aux États-Unis, le groupe s’est étendu au reste du monde après 1950 et compte aux alentours de 100 000 salariés. Avant la crise boursière commencée à l’automne 2008, sa capitalisation frôlait les 220 milliards de dollars américains. Même le monde des animaux n’est pas inconnu du grand philanthrope. Pfizer est également numéro un mondial du médicament vétérinaire. Une bonne adresse.

Chez nous, Pfizer Santé animale[4] s’installe en 1954, et propose aux vétérinaires dès 1957 un formidable antibiotique, la terramycine. Une usine est ouverte à Amboise (Indre-et-Loire). Dans la foulée, une gamme antihelminthique – vermifuge – destinée aux bovins, ovins, caprins et porcins est lancée. Viennent ensuite Mécadox, facteur de croissance du porc, l’antibiothérapie Longue Action, pour traiter en une seule injection les porcs et les bovins, le diffuseur Paratect, contre les parasites, Dectomax, un endectocide – autre antiparasitaire – de deuxième génération… D’autres produits se répandent un à un : Rispoval 3, Orbeseal, Draxxin, Pregsure BVD, Rimadyl Bovins, Rispoval Intranasal, Naxcel, Stellamune mono-injection…

Bref, les animaux sont en de bonnes mains. Pfizer les aime presque autant que les humains. Mais, le 14 mars 2009, un événement inouï se produit aux États-Unis, la mère patrie de Pfizer. Mme Jane Albert, porte-parole du Baystate Medical Center de Springfield, dévoile une fraude géante dans les travaux d’un des plus célèbres anesthésistes du pays, Scott Reuben.

Scott Reuben l’inimitable

Reuben ! Celui qui a écrit des dizaines d’articles sur l’analgésie dite « multimodale », pour soigner les douleurs post-opératoires. L’habitué des revues médicales les plus prestigieuses, comme Journal of Clinical Anesthesia, Anesthesiology, Anesthesia and Analgesia, toutes dotées de comités de lecture rigoureux !

Aussitôt appelé « le Madoff de la recherche médicale », Reuben trafique depuis de longues années. Ses études sont bidonnées, ses essais inventés, ses malades n’ont pas existé. Mais il était le roi, et comme tel choyé par tous. Depuis qu’il est à terre, les langues se délient, et l’un de ses collègues s’étonne aujourd’hui, mais un peu tard, que Reuben, en quinze ans de « travaux » sur la douleur, n’ait jamais obtenu que des résultats positifs.

Bon, un truand. Et alors ? Et alors Pfizer. Cette noble entreprise a été le principal sponsor des « études » Reuben depuis 2002 et l’a payé, car il passe bien à la télé, pour vanter en public la qualité de médicaments Pfizer provenant directement des « recherches » Reuben. Bien entendu, on peut toujours croire que la bonne foi de Pfizer a été prise en défaut. Mais pas si vite. En 2004 déjà, la transnationale a été condamnée à payer 430 millions de dollars pour la promotion de la gabapentine. Ce médicament, destiné à soigner l’épilepsie, était au passage commercialisé, sans indications étayées, pour la douleur, les troubles psychiatriques, la migraine. Ce qui peut rapporter très gros.

Par ailleurs, dans un article publié en septembre 2008 dans la revue JAMA[5], Marcia Angell, professeure à Harvard, décrit un système devenu incontrôlable. Incontrôlable par nous. Voici le début de ce texte éclairant : « Au cours des deux dernières décennies, l’industrie pharmaceutique a acquis un contrôle sans précédent sur l’évaluation de ses propres produits. Les firmes pharmaceutiques financent désormais la plupart des recherches cliniques sur les médicaments d’ordonnance. Et les preuves qui s’accumulent indiquent qu’elles falsifient fréquemment la recherche qu’elles sponsorisent. »

Ce n’est déjà pas mal. Voici la suite : « Compte tenu des conflits d’intérêts qui imprègnent la démarche de recherche clinique, il n’est pas surprenant d’apprendre qu’il existe des preuves solides du fait que les résultats de la recherche sponsorisée par les firmes sont favorables aux médicaments des commanditaires. Cela s’explique d’une part par la non-publication des résultats défavorables, et d’autre part par le fait que les résultats favorables font l’objet de publications répétées, sous forme à peine différente. Sans parler de la réécriture, qui fait paraître sous un jour favorable même des résultats négatifs de la recherche sur un médicament. »

Jean-Marie Bourre, l’ami des charcutiers

 Voilà le contexte. Revenant à nos moutons et à nos cochons, on commencera par un propos instructif des cardiologues Michel de Lorgeril et Patricia Salen, du CNRS. Leur réputation est grande dans la profession, et en cette fin 2006 ils sont très en colère. Leur courroux porte un nom : Jean-Marie Bourre, qui a obtenu en août un grand entretien dans Le Monde 2. Comme ce cas sera largement traité ailleurs (voir le chapitre 14), n’y insistons guère. Bourre, sans le dire bien sûr, est président du Centre d’information sur les charcuteries (CIC), membre du Comité scientifique du pain, président du Comité scientifique de l’huître, président du comité scientifique du Comité national pour la promotion de l’œuf, entre autres. Et il dit dans l’article tout le bien qu’il faut penser de ces goûteux aliments. Notamment les charcuteries. Parce que c’est bon pour la santé, dont celle du cerveau. Évidemment.

Seuls des grincheux oseront protester, et ils seront rares. Parmi eux, donc, Michel de Lorgeril et Patricia Salen. Que déclarent-ils sur le site LaNutrition.fr ? Des choses affreuses sur le bon docteur Bourre : « On ne peut qu’être surpris par l’arrogance des propos et le caractère insultant des admonestations de notre confrère ! En faisant court et simple : les nutritionnistes quand ils sont prudents sont des “terroristes” et les végétariens sont tous des “crétins”. » Hum… Terrible, non ? Mais il y a pire, que voici : « Mais monsieur Bourre n’est pas dangereux seulement de façon primaire (en risquant de conduire certains patients à revenir à des pratiques nutritionnelles dont on connaît la dangerosité), il l’est aussi parce qu’en allant totalement à l’encontre des recommandations prudentes de nombreux praticiens, et avec une casquette de scientifique, il accrédite l’idée déjà trop répandue que médecins et scientifiques racontent n’importe quoi à propos d’une nutrition qui protège la santé et passent leur temps à se contredire. Toute la profession est ainsi discréditée et amalgamée à de nauséabonds conflits d’intérêts ! »

Après cette terrible accusation, clap. Non de fin de partie, mais de scène. On a compris qu’il existait différents points de vue sur l’indépendance des chercheurs et l’honnêteté des laboratoires et institutions qui les paient. Ce n’est pas indifférent quand il s’agit de se pencher sur les liens entre consommation de viande et santé humaine.

Mais avant tout, et pour éviter des critiques sans objet, passons directement à l’aveu. Il n’y a pas de preuve. Non, il n’existe aucune preuve absolue des liens de cause à effet entre consommation de viande et maladie. Tout simplement parce que ce genre de prouesse technique n’appartient pas à l’univers de la médecine nutritionnelle. Les lobbies jouent donc sur du velours. Eux se moquent bien de science : il leur suffit de jeter le trouble, et de gagner du temps.

Il s’agit d’une astuce bien connue, déjà à l’œuvre dans l’affaire de l’amiante. En dehors du mésothéliome, cancer de la plèvre et marqueur certain de la fibre cancérigène, tout reste sujet à discussion. Et à contestation. On sait que des milliers de personnes meurent chaque année en France des suites d’une exposition à l’amiante, mais des centaines de procès sont en cours où les avocats patronaux contestent et ratiocinent. Tel ouvrier ne fumait-il pas ? Tel autre ne levait-il pas le coude ? Après des combats homériques – homériques, oui –, notre République a accepté ce qu’on appelle la « présomption d’imputabilité ». Ce n’est pas à la victime de faire la preuve que l’amiante a provoqué chez elle asbestose ou cancer broncho-pulmonaire. C’est à la partie adverse – essentiellement le patron – de démontrer que travailler au contact de l’amiante n’a pas causé la maladie.

Il ne faut pas oublier, pas même une seconde, qu’il n’a jamais été totalement prouvé que la fumée des cigarettes provoque le cancer du poumon. Mais la multitude d’études répétées se validant les unes les autres autorise depuis des décennies à considérer le tabac comme un serial killer. À juste titre, bien entendu.

Des études par centaines

Concernant la viande, les études sont nombreuses et concordantes, mais il est clair que les esprits ne sont pas tout à fait mûrs pour l’entendre. Toutes choses égales par ailleurs, on a le sentiment d’être à la fin des années 60 face au tabac. Quand coexistaient le cow-boy Marlboro et les premiers cris d’alerte organisés. Ce n’est pas une raison pour rester les bras croisés. Voyons de plus près quelques données, parmi des centaines à notre disposition. Toutes les maladies ne sont pas évoquées, pour des raisons évidentes de place disponible.

(…)

À propos du cancer, on se dispensera volontairement d’une énumération. Laquelle serait vraiment trop longue. Sachez qu’un grand nombre de cancers ont un ou plusieurs liens avec la consommation de viande, rouge surtout, et de charcuteries. Et n’écoutez pas ceux qui ont intérêt à nier cette évidence. Un travail complet peut être évoqué qui met les pendules à l’heure – et elles en ont bien besoin. Il concerne en deux études un seul et même cancer, celui du côlon, qui est tout de même le troisième cancer le plus fréquent au monde. Une étude menée par le réseau Epic (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition) sous la direction d’Elio Riboli a été publiée en 2005.

Impressionnante par son ampleur – 521 000 individus suivis –, elle montre sans détour que la viande rouge est un facteur important de la survenue de ce cancer, qui touche 36 300 Français de plus chaque année. Un Français sur 25 a ou aura un jour un cancer du côlon, ce qui n’est pas rien. Or, dans l’étude Epic, les plus gros consommateurs de viande rouge de l’échantillon augmentent de 35 % leur risque de développer cette maladie par rapport à ceux qui en consomment le moins. Et ce n’est pas tout. Une autre étude, parue en août 2007 dans la revue JAMA, montre qu’une alimentation trop riche en viande rouge et en graisse saturée multiplie par trois le risque de récidive et la mortalité liée au cancer du côlon ! Vous en reprendrez bien un peu, n’est-ce pas ?
Sur un plan général, le débat scientifique porte désormais sur la quantité de viande à ne pas dépasser. Au fil des années, un consensus s’est en effet formé autour d’une idée simple : il faut impérativement diminuer sa consommation. Quatre exemples éclairants, concentrés sur un peu plus d’une année, suffisent à situer les enjeux. À l’automne 2007, le World Cancer Research Fund International (WCRF International), qui fait autorité, publie des recommandations générales pour éviter le cancer. L’une d’elles est sans appel : il faut limiter sa consommation de viande rouge (bœuf, porc, agneau) ainsi que de viandes transformées, c’est-à-dire fumées, séchées, salées. Le bacon, le salami, les saucisses sont visés. Une citation en particulier : « Il existe une forte preuve que la viande rouge et les viandes transformées sont des causes du cancer colorectal, et toute quantité de viande transformée est susceptible d’augmenter le risque. »
En décembre 2007, les résultats d’une très vaste étude, portant sur 500 000 personnes suivies entre 1995 et 2003, sont publiés dans PLoS Medicine, une grande revue scientifique. De nouveau, il est dit que la consommation de viande rouge et de viandes transformées aggrave les risques de cancer. Les gros mangeurs de viande rouge et de charcuterie ont plus de risques de souffrir d’un cancer colorectal et des poumons, mais aussi de la prostate. La viande rouge est en outre associée à un risque de cancer de l’œsophage et du foie, et les charcuteries et viandes fumées à un risque de cancer de la vessie et des os.

 

 

44 réflexions au sujet de « À l’attention des malheureux non-lecteurs de Bidoche »

  1. Il faut voir et entendre le nombre d’émissions (radio/télé confondues) parlant du sujet avec spécialistes de la nutrition et autres oncologues renommés.
    Toutes sans exceptions de dire et de souligner qu’il ne faut pas exagérer, que la viande il nous faut en manger pour le fer, le zinc, la vitamine Btruc.
    Il faut rassurer la filière, les producteurs, les grandes surfaces et tous les emplois à la clé.
    Continuez à manger du poison il faut bien que vivent l’industrie pharmaceutique et les professionnels qui « soignent » les cancers.

    A vomir !

  2. Ben voilà mon colon ! Tu te fais la belle et te retrouves face à la mère !
    Ici le jaune des champs empoisonnés au glyphosate rivalise avec la couleur automnale des forêts. Sûr qu’il y a des artistes chez les céréaliers.
    Courage, Fabrice !
    Amitiés, stan.

  3. Bonjour Fabrice,

    merci. C’est relayé. C’est que pour certains il faut du temps pour comprendre, beaucoup de temps. Surtout lorsqu’en plus la mauvaise foi s’en mêle…

    Bien à vous.

    Patrick

  4. Mer, vin, tristesse… les Négresses Vertes, album Famille nombreuse, titre « Face à la mer » ?
    Saluer les morts face à la mer,
    Ivres de vie dans la lumière.

    Hier, coup de main à un apprenti cuistot pour son cours de technique culinaire :
    sa question : mais vous, vous ne mangez pas de la m…. ?
    ma réponse : non, question de respect, mon corps c’est pas de la m…

  5. Merci pour cette contribution précieuse qui mérite d’être répétée oh combien souvent. C’est tellement difficile de faire changer les habitudes aux gens. Même parfois lorsqu’ils en tombent malades.
    Bon courage et bon repos.

  6. Que vous avez bien fait de rester face à la mer! Et merci pour ce rappel…
    Outre « Bidoche » que j’avais défini sous le terme d’enquête haletante pour en inciter la lecture, il y a eu l’article suivant que vous avez écrit dans « le Monde » http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/02/25/le-scandale-alimentaire-qui-s-annonce_1838402_3232.html
    le Canard vient de reprendre l’étude du CIRC sous le titre (sous titre plus exactement) Entrecôte d’Alerte! Il me souvient avoir lu il y a des années que pour minimiser notre empoisonnement quotidien il fallait varier le plus possible nos aliments!
    Tous mes souhaits d’amélioration avec ce séjour à l’air marin, nous tenons à vous cher Fabrice!
    Françoise

  7. Et ne pas oublier l’excellent livre de Colin Campbell, « L’enquête Campbell » publié aux Arènes il y a trois ans je crois, qui , études et preuves à l’appui, montre que les protéines d’origine animale, y compris les produits laitiers (caséine), sont à l’origine de nombreuses maladies de société dont cancer, diabète de type 2, maladies cardiovasculaires.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Rapport_Campbell

    Pas vraiment de connaissances nouvelles donc, mais cela fait plus de bruit quand elles sont énoncées par un acteur de poids du monde contemporain (même l’OMS n’est pas tout blanc, sur la question du nucléaire par exemple).

  8. bonjour,
    les végétaliens comme moi sont contents de ces conclusions, après avoir dévoré votre livre à sa parution!
    c’est beaucoup plus que la charcuterie qui est cancérogène avérée, si ça vous intéresse, j’ai mis un article sur mon blog, qui est la traduction de la plus grosse partie de l’article du Lancet, la revue scientifique où les conclusions de l’OMS sont parues, en gros, il ne reste plus aux gens que la possibilité de mander des volailles bio, achetées entières et qu’ils font cuire eux-mêmes…………
    quant au traitement médiatique en France, pays de la grande bouffe, il est lamentable! comme d’habitude, les chiens de garde veillent aux intérêts des lobbies!
    http://archedenoelle.over-blog.com/2015/10/l-iarc-oms-demontre-le-lien-entre-consommation-de-viande-et-cancer.html

    je cite des parties de mon billet:

    22 scientifiques de 10 pays se sont réunis en octobre à Lyon, à l’agence internationale pour la recherche sur le cancer, pour évaluer l’éventualité d’un lien entre la consommation de viande rouge (boeuf, veau, agneau, mouton, porc, cheval, chèvre) ou de viande transformée (charcuteries diverses provenant de tout animal, jambon, boudin, saucisses, saucissons, pâtés, viande cuisinée, viande fumée, ceci incluant toutes les viandes citées, plus les volailles et les abats, le sang, c’est à dire la viande qui a été transformée par salaison, maturation, fermentation, fumaison, ou autres procédés mis en oeuvre pour la conservation. )
    ……………………/ Le risque de développer un cancer augmente de 17% par consommation de 100 grammes de viande non transformée par jour, et de 18% par 50 grammes de viande transformée.

    (je vous rappelle que la consommation de viande, transformée ou non, est actuellement de 240 grammes par jour et par personne en France…………..sans commentaires!)
    …………/ces études amènent donc les scientifiques à estimer qu’il y a suffisamment d’éléments pour déclarer les viandes transformées comme cancérogènes avérés. En ce qui concerne la viande non transformée, il y a seulement suspicion forte, de risque accru de survenue de cancer……..

  9. Bonjour Fabrice,
    J’avais lu votre livre à sa sortie et quelques semaines après, mon ami et moi devenions végétariens à mi-temps. Depuis la parution de Bidoche, d’autres livres sont sortis et notre réflexion a évolué, nous sommes aujourd’hui végétaliens et nous sommes découverts une passion pour la cuisine. Je vous remercie pour votre enquête sur l’industrie de la viande, et cite souvent votre dernier paragraphe à mon entourage, au sujet des moutons.
    Que vous n’ayez pas envie de vous déplacer parce que vous êtes face à la mer, je le conçois très bien. Mais ne vous agacez jamais de devoir répéter vos propos dans les médias, même des années après : il faut marteler et encore marteler le message, vous le savez bien ! 🙂 Une chose est sure : aujourd’hui l’actualité nous pousse à arrêter de manger de la viande : que ce soit pour l’environnement, notre santé, ou pour l’éthique. On a bien fait fermer un abattoir suite à une pétition il y a quelques semaines ? Reposez vous bien.

  10. bonjour tout le monde je passe rapidement par la comme je suis assailli de climatosceptiques et vegansceptiques et meme d’ecolosceptiques et autres obscurantistes c’est ici que je trouve souvent refuge, a l’abri de l’orage, merci fabrice de nous fournir cela, aujourdhui je viens partager ce que je viens de voir sur le net, l’intervention de Hulot le soir d’Halloween a la tele au sujet de la Cop21. Comme dab, ce sont les questions des journalistes qui font tres peur. Pour Nicolas, jugez pour vous meme. https://www.youtube.com/watch?v=3YjmXqOTqu0
    Moi je trouve ca plutot tres bien ce qu’il dit. sur le plan moral, philosophique et existentiel (quant aux definitions de l’humanite et de la terre, au devant du cosmos) il est plutot assez juste. tiens, je ne manquerais pas de le citer la prochaine fois qu’on me vanera pour mes opinions allez hop, je redresse le col, je me prepare, je respire un bon coup, j’y vais. Bonne plage et ou montagne pour ceux qui s’y trouvent.

  11. Hulot c’est pas le mercenaire en Greenwatching, « envoyé spécial pour la protection de la planète » au service du monstre de la république ?
    Et vous écoutez encore ce genre de bouffons grassement rénuméré par de l’argent public ?
    Pour revenir à la bidoche, en plus d’être une gabgie énergétique dont illes ne parlent pas dans leur transition à la con , illes découvrent que l’excés de bidoche serait mauvais pour leur santé .
    Ca fait 50 ans qu’on sait tout ça !
    Je parle d’excés car même si je suis végé, je ne pense pas que ce soit mauvais pour la santé de manger un produit carné une fois semaine
    Quand je parle de produit carné ,je parle aussi du poisson bien entendu !
    Et que croyez vous qu’il peut arriver lorsqu’on mange 100grs de fromage tous les jours,ou deux oeufs tous les jours ?
    Si on veut un système soutenable pour soi et les autres ,il est clair que les viandards vont devoir se sérrer la ceinture .
    A titre indicatif ,d’aprés Nature et Progré 99% de la viande consommée en France est d’origine industrielle ,alors reste 1% de viande bio à partager entre celleux qui voudront manger un PEU de viande
    Dons, 99% de la viande vient de Camp de la mort et là ce n’est plus une question de cancer de colon!
    Lire Un Eternelle Tréblinka de Charles Patterson

    1. Hulot fait ça bénévolement, et ça ne l’empêche pas d’être sceptique pour ce qui s’amène en décembre. Le personnage peut irriter, mais on peut reconnaître aussi qu’il se démène.
      Bon courage à Fabrice dans ce long rétablissement.

  12. COP 21 – « cop » en anglais, c’est le flic. Agenda 21 / COP 21, il s’agit d’un agenda de gouvernance globale qui ne nous pend plus au nez mais très bas en plomb malsain, par dessus nos têtes. Combien de fois entend-on le mot si simple de « pollution » dans ces discours ? Jamais le fait que nous sommes tous, absolument tous pollués jusqu’au trognon ne sera véritablement mis en avant, car là on approcherait de trop près de la maison, des industries – admettons le enfin – intouchables : le transport, l’énergie, ou autre fabricant de mort (animaux et humains) dont parle « Bidoche »‘. On restera avec « climate change », beaucoup trop obscure pour le moyen des imbéciles que nous sommes. Tournons autour de la racine du mal mais n’y touchons que du bout des doigts. On va tacher de régler le problème du changement climatique mais, vous savez, c’est compliqué. En attendant, allons tous habiter dans le zone désigné par nos gouvernants, on va avoir besoin de nos jardins…. Pas encore les moyens d’une installation d’énergie solaire ? Ne vous inquiétez pas pour l’avenir de cette industrie là ; Bill Gates s’en occupe. Il parait qu’il va même vendre ses actions de chez Monsanto. ..oui, c’est une blague. Et EDF alors ? Ils vont progresser, ils vont s’y obliger, ils vont même se taper dessus si nécessaire. C’est juré ! Mais plus important que tout, restez politiquement correcte . Le délit d’opinion, alors ça, c’est grave ! Comme dit Nicolas Hulot, les mots ont de l’importance. Parlons donc du cosmos.

    1. Eh oui, tu avais raison, les idées justes font leur chemin… tranquillement.
      Et si tu vas faire trempette, attention aux Claude Allègre qui dérivent !
      Bises bises, j’espère à bientôt, ça commence à durer…

    2. Je suis tout a fait d’accord, Alice: On ne parle plus de pollution. Trop simple a comprendre, trop popu, pas assez « scientifique »? Pourtant ca l’est bien plus que le concept de changement climatique dont on ne sait pas encore tres bien comment le definir, comment le mesurer, et surtout comment agir. Un concept bien esoterique, que seuls des scientifiques ayant travaille des annees sur le sujet peuvent esperer maitriser, que voila un bel outil politique! Bien entendu, pour le commun des mortels, « scientifique » = « esoterique », « verite scientifique » = « ce qui ne peut pas se voir ni se comprendre directement mais requiert l’interpretation de scientifiques certifies ». Alors que c’est exactement le contraire (et tous les chercheurs le savent, et toutes les pedagogies alternatives insistent la-dessus) mais ca serait vraiment genant si le petit peuple, c’est a dire « n’importe qui », se melait de faire de la science!!! Plus rien ne serait controlable. Le pouvoir cherche toujours, explicitement ou instinctivement, a revenir au temps du latin, lorsque la verite ne pouvait que sortir de l’interpretation officiellement certifiee d’une classe de lettres s’appuyant sur des textes compliques. Alors, un mot aussi simple que « pollution »… non. C’est trop simple, donc ca peut pas etre « scientifique ». Et peu importe que ce concept si simple soit lie a tout, peu importe que Georgescu-Roegen en ai donne une generalisation tres interessante, liee a l’entropie, et qui permet aux ferus d’equations de s’occuper avec jusqu’a plus soif!

  13. Dans l’Express de cette semaine, je vous recommande les provocations habituelles du romancier polémiste Richard Millet, au sujet de la viande cette fois.
    Je cite : « Ce snobisme antiviande ne se limite pas à la raison médicale ou humaniste. Il y ajoute la sensiblerie, terrible forme de cancer mental. » On se croirait revenus en 1986 avec Pauwels et le sida mental. Et c’est pas fini.
    Je cite encore : « J’ai toujours douté des dispositions sensuelles d’une femme qui ne mange pas de viande rouge ». Je n’ose pas dire le commentaire que ça m’inspire…

  14. Les mots, Myriam, les mots. Climato-sceptique, c’est qui, c’est quoi ? ceux qui nient l’évidence, ceux qui nient que l’humain en est responsable, ceux qui pense que le problème a été « hijacké » pour avancer un projet bien plus sinistre ? C’est un mot-bombe.
    Pour ma part, je constate que Dow (Bhopal / agent orange) figure parmi les sponsors de leur COP21, que la liste est nébuleuse, que Nicolas Hulot n’hésite pas à laisser le nom de Bill Gates passer ses lèvres. Vous pensez bien que ce mot nouvellement inventé de « climato-sceptique » a été étudié en long et en large avant d’être lancé – par qui ? – sur les médias du monde pour faire silence. On se fout de nous, et a quel point ! Ou se trouvent les racines du mal ?
    Fabrice, reviens-nous. Je profite de ton blog pour exprimer ma colère, mais je n’oublie pas que je me trouve là chez toi, et surement pas la seule à m’inquiéter pour toi.

    1. Alice, je ne vois pas DOW dans la liste des sponsors de la COP21.
      Bien que l’entreprise participe au « train du climat ».

  15. Ah, les nuclearo-sceptiques… qui emettent des doutes sur la dangerosite du nucleaire!!! Pourtant, il y a besoin de volontaires a Fukushima!

    Et puis, les chemico-sceptiques… qui ne sont pas sur que l’agriculture chimique nous mene a la famine.

    Les viando-sceptiques, qui comme R. Millet preferent se fier a l’idee romantique d’une « sensualite » imaginaire… qu’a leurs 5 sens et a leur instinct de survie (mais bon, l’instinct de survie d’un jihadiste parti s’enroler dans une milice au liban, c’est vrai que…)

    Les bagnole-sceptiques, plastique-sceptiques, et par dessus tout les polluto-sceptiques, qui pensent qu’il faut tout accepter, qu’il n’y a rien a faire, que l’homme s’adaptera. « L’homme », cette abstraction bien pratique qui veut dire les autres, tant que soi-meme on a encore un chauffage avec un thermostat qui fonctionne, encore un peu d’eau presque potable au robinet, et une superette avec plein de marques en bas de chez soi.

  16. A propos des blabla inutiles à venir de la COP 21 qui servira à rien je me suis posé cette question, pendant ce temps que faisons nous nous pour changer ce monde au lieu d attendre dans 200 ans les réformes de nos chers politiciens?
    Pour ma part j ai vendu ma voiture et je ne fais plus que du vélo ou du transport en commun, je ne mange que des produits locaux, je vis en Afrique, rien qui viens d’ailleurs que du pays ou j habite donc, je filtre l eau pour ne pas avoir des milliers de bouteilles d eau en plastique, je ne mange de viande que par hasard par politesse quand on m invite, moins d’une fois par semaine. M étonnerais que tous les participants à cette fameuse réunion soient prêt à faire beaucoup de sacrifices…
    Bon courage Fabrice, hélas je croie que pour avoir raison il faut d abord mourir et attendre une centaine d’années…

  17. Vu a Montreuil ce soir, le film Klein Lewis https://www.youtube.com/watch?v=IpuSt_ST4_U ne donne pas envie de polluer il donne envie d’arracher des chemises, au passage, car le but ultime du mouvement est que l’on reprenne simplement ce qui a pu nous appartenir dans le passe: notre democratie, vous savez, ce truc qui nous a ete subtilise depuis les politiques mises en place par Reagan Thatcher. Une savante et brillante articulation clef du film explique en effet comment, historiquement, le modele economique dominant, qui est aussi le narratif culturel dominant depuis la revolution industrielle, voit d’un meme oeil (gourmand) les « ressources  » humaines et naturelles: toutes deux sont de la chair a saucisse a alimenter la machine a devorer le monde et a tout convertir en caca. Ce pourquoi (au cas ou vous vous en doutiez) Justice sociale et ecologie, aujourdhui sont les deux facettes d’un meme combat pour defendre la vie et la dignite, toutes deux broyees par la dite machine aussi conne qu’aveugle et qui ne cesse de tout eroder au passage, nos droits, notre air, notre eau, notre tissu social. La lutte contre le changement climatique c’est aussi cela. Partout dans le monde des gens ordinaires, des millions de gens ordinaires, cad vous et moi, se mobilisent pour nous defendre contre le necros et la souffarnce et obtiennent des resultats. Ce film, a travers des reportages emouvants en est le temoignage poignant. Il file la peche. Il donne envie d’y croire, a ce putain de monde meilleur. Sur ce, desole pour les fautes de frappe et le langage grossier. Je vous embrasse tous et a demain je vous raconterai ma gueule de bois. Pour ceux qui seront de la partie… la 350.org organise des trucs biens lors de la « Cop » 21 😉 a paris.

  18. Bonjour à tous,

    Je pense que Fabrice ne m’en voudra pas de relayer cette information.
    Vous verrez ci-dessous, ce qui vient d’arriver à nos amis de l’ALEPE (Association Lozérienne pour l’Etude et la Protection de l’Environnement). Incroyable ! Atterrant ! Inacceptable !….
    SVP, relayer au maximum cette information afin que le maximum de personnes puissent non seulement constater la violence de certains (ici agriculteurs de la Coordination Rurale) face à un discours pacifique (article de presse) mais également aider à notre mesure cette association en souffrance.
    Comptant sur vous tous,

    Ci-dessous : texte et photos envoyés par un bénévole de l’ALEPE :

    « … attention les images ci-dessous peuvent choquer. Elles sont le résultat d’un courage magnifique à 25 contre 3 et d’une belle leçon de démocratie. Nous ne sommes pas habitués. Ca secoue.
    Ci-dessous le local de notre association environnementale bien pacifique, l’ALEPE. Nous nous sommes exprimés récemment dans la presse sur le Loup qui s’installe en Lozère en invitant à la réflexion sur le sujet.
    Ca n’a pas plu. Cela ne nous étonne pas. Nous ne nous attendions pas à des applaudissements. Mais nous ne nous attendions pas à cela !
    Local saccagé, ordinateurs cassés, dossiers jetés par la fenêtre, cadavres de brebis épandus, salariés molestés, injuriés et menacés de représailles, volets arrachés, mobilier cassé ou renversé, livres piétinés (ce dernier point ne m’étonne pas, ils ne savent pas ce que c’est un livre). Tout ça pour un article dans la presse locale.
    Les gendarmes sont venus et…sont repartis. C’est tout. Pas de photo. Pas de PV. Pas d’interposition. Rien…. »

    Je ne peux pas vous joindre les photos … mais vous note 2 liens :
    http://www.midilibre.fr/2015/11/09/des-carcasses-de-brebis-dans-les-locaux-de-l-alepe,1239087.php
    http://www.ferus.fr/actualite/saccage-des-locaux-de-l-alepe-nouvelle-exaction-des-eleveurs-voyous

    Viviane (SOS busards – Aveyron)

  19. Mes voisins a Kolkata ont achete un mouton pour le sacrifier pour Kali Puja, qu’ils voulaient celebrer d’une maniere grandiose cette annee parcequ’ils viennent d’acheter le terrain dont ils revaient depuis 10 ans… mais le boucher, qui vend l’animal sur pied ou en morceaux selon les besoins du client, leur a vendu 5 jours avant, parceque l’arrivage ne peut pas etre controle au jour pres, et il ne pouvait pas le garder dans son echoppe aussi longtemps. Resultat, mes voisins qui n’ont pas de vrai jardin, ont garde le mouton sur la toiture-terrasse de leur maison, l’ont nourri avec les feuilles et les branches de leur unique arbre, et on l’entendait beler quand il avait faim. On avait l’impression qu’il devinait le sort qui lui etait reserve. Hier, quand ils ont invite tous les voisins a partager le repas, on s’attendait a avoir du mouton, mais non… c’etait de la chevre! Apres avoir nourri le mouton pendant 5 jours, ils n’ont pas eu le courage de le sacrifier, ni meme de sacrifier une chevre a la place. Kali n’a eu droit qu’a des legumes, la pauvre… et nous, de la chevre, achetee comme d’habitude en morceaux, au boucher du bout de la rue. Le mouton a ete revendu a bas prix a un autre boucher, et l’arbre a perdu toutes ses branches basses. Je crois que mes voisins, que je trouve beaucoup plus sympathiques qu’ils n’apparaissaient, mangeront desormais de la viande un peu moins souvent!

  20. Très cher Fabrice (bonjour à toutes et tous),
    aucune envie d’en rajouter une couche, avec toutes ces analyses et réactions qui dès vendredi soir se sont mises à pulluler sur tous les supports de communication technologiques, mais j’ai besoin de te faire savoir que je pense à toi. De te dire que ce vide sur ton blog, légitime ô combien (encore plus depuis ce nouveau drame), me ramène au 7 janvier et à l’angoisse de ne plus lire ou entendre ta voix. Tu n’es plus au milieu du chaos mais je me doute que tu viens d’y être replongé de la manière la plus cruelle, comme les survivants et les familles des assassinés de vendredi.
    J’espère que les vagues et les embruns, conjugués à l’amour, te permettent de tenir bon, d’aller puiser des forces nouvelles pour continuer le combat ou tout simplement pour te sentir bien vivant et croire encore dans la force de vie. Pense à toi. Soigne-toi. Prends la mesure de l’énergie qui ne t’a pas été volée par les assassins fanatisés et la folie du monde, de la société qui les engendre.
    Chaque fois nous sommes meurtris; chaque fois il nous faut nous reprendre, nous entraider pour renaître et veiller sur la vie. Refuser la guerre (à la nature ou à la vie, c’est la même chose).
    Je t’embrasse fraternellement et espère que toi et les lectrices et lecteurs de Planète sans visa avez étés épargné(e)s par la violence et la douleur qui a balayé Paris.
    Bonne soirée à toutes et tous.

  21. Pensées amicales pour toi, Fabrice, en ce moment douloureux où, malgré tout et heureusement, l’humanité et la bonté des hommes font passer au second plan la veulerie et la duplicité de ceux qui sont responsables de ce cirque.

    Jean Michel

  22. bonjour Fabrice,
    je pense à vous depuis samedi dernier, et ne sait comment vous dire …
    je m’inquiète de savoir comment vous vivez ces moments
    de tout coeur et haut les coeurs
    affectueusement

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