Un faucon, des buses, des hulottes, un moyen-duc et une famille de hérissons

Ce n’est pas pour vous faire bisquer – quoique -, mais aujourd’hui est un grand jour pour moi. Je vais aider à relâcher, je vais rendre la liberté à des buses, à un hibou moyen-duc, à un crécerelle, à des chouettes hulottes et à une famille de hérissons. C’est la joie, croyez-moi, j’en ai la tête tourneboulée. Ce n’est pas que je m’ennuie avec vous, mais il est près de midi, et je dois encore trouver un lieu – et l’aménager un tout petit peu – pour que la première nuit des hérissons ne se termine pas sous le coup de boutoir des sangliers.

Est-ce la belle vie ? Ça y ressemble, mais je sais tout de la durée de ces formidables illusions. Au fait, avez-vous entendu parler des phlébotomes ? J’ai beau aimer les animaux au-delà de ce que je peux en dire, ces bestioles, semblables à des moustiques miniatures, sont un poil insupportables. On ne les entend pas venir, et quand on sent la piqûre, c’est trop tard. Quand à les choper, c’est la croix et la bannière. On dit qu’ils remontent gaillardement vers le Nord, et qu’ils verront bientôt la Tour-Eiffel. Mais ce matin, ils sont planqués jusqu’au soir dans les antres, brèches et enfonçures des murs et des volets. Place donc au spectacle enchanté.

23 réflexions au sujet de « Un faucon, des buses, des hulottes, un moyen-duc et une famille de hérissons »

  1. Tout plein de plaisir à cette occasion.
    Longue vie à ceux qui retrouvent la liberté, longue vie et une multitude de marmots !
    Pas de phlébotomes par chez nous, mais une invasion de tiques ! Qui de plus en plus transmettent cette chose dégueulasse et qui porte un si joli nom : la maladie de Lyme !
    J´aime aussi passionnément les bestioles, mais celles-là, je les occis !

  2. joli programme!
    je souhaite que les phlébotomes n’aiment guère la lavande
    ou une autre essence de plante cultivée…
    bel été

  3. Salut Fabrice,
    Les phlébotomes transmettent la leishmaniose aux chiens. Notre adopté – mastin espagnol – a failli en mourir. C’est, avec les borrélioses, une belle saloperie.
    Content de te savoir tourneboulé et occupé par la « belle vie » sauvage.

  4. Ces « formidables illusions » que sont les joies et les drames de la nature sont mes refuges quand tout va si mal sur notre planète.
    Il y a quelques jours, j’ai assisté à l’envolée d’une nichée de moineaux.
    Ce matin, j’ai pu observer une buse variable capturer un mulot et s’installer sur un piquet pour le dépecer et l’ingérer consciencieusement.
    Victoire et cruauté de la vie.
    Beauté de la nature.

  5. Chouette, un vent de liberté, je sens que je m’en vais faire un tour avec eux.
    Bon, si un article ou un commentaire me titille trop, je reviendrai, hein.

    Salut à toutes et à tous,
    Bises à Fabrice

  6. Bonjour Fabrice,

    C’est la première fois que je laisse un message sur votre blog et pour commencer, je dois dire que je me réjouis de toutes ces vies qui vont recouvrer la liberté. En ce qui concerne les phlébotomes, je ne connaissais pas le nom de ce moustique mais il n’est pas impossible que j’en ai dans mon jardin car chaque été, je me fais dévorer les mollets lorsque j’arrose en soirée. J’habite la Drôme et dans mon jardin, j’ai le plaisir d’y voir évoluer hérissons, écureuils, oiseaux multiples et même une chouette hulotte qui niche périodiquement dans le trou d’un platane juste en face d’une des fenêtres de la maison (un super poste d’observation). Je dois tout de même préciser que j’ai la chance d’être mitoyenne avec un grand parc, ce qui explique en partie la présence de tous ces animaux. En partie, car je m’efforce de rendre mon jardin accueillant pour la faune avec des points d’eau, des nichoirs et graines pour les oiseaux, un abri pour hérissons, un noisetier qui sert uniquement de garde-manger aux écureuils qui nichent dans un grand chêne voisin (chaque été, au mois de juillet-août, j’attends avec impatience de les voir arriver gaiement faire leurs provisions) et quelques tas de bois et cabanes à insectes de-ci de-là. La nature est magnifique et j’enrage lorsque je vois un écureuil écrasé au bord de la route… L’être humain est un fléau pour la nature et il m’arrive bien souvent de le maudire… Il y a quelques temps déjà que j’apprécie votre vision de l’écologie. J’ai découvert vos écrits sur « Altermonde-sans-frontières » puis « Charlie Hebdo » et je viens de me procurer plusieurs de vos livres, dont « Qui a tué l’écologie », que je viens de lire d’un trait tant il est passionnant, instructif et hélas bien désolant quant à l’avenir de notre planète. Je trouve vos réflexions sur l’évolution du monde très pertinentes et tellement justes… J’espère seulement qu’une prise de conscience rapide va s’opérer mais je crains fort de me tromper… Les gens sont terriblement difficiles à convaincre du bien fondé de l’écologie (s’ils ne s’en moquent pas comme de leur dernière chaussette) et je me rends compte chaque jour de l’immense travail qu’il reste à accomplir… Pourvu que vos écrits et visions du monde parviennent à la conscience du plus grand nombre ! En tout cas, ça fait toujours plaisir de se rendre compte que nous sommes tout de même quelques-uns à penser différemment le monde et je vous en remercie. Je retourne de ce pas lire un autre de vos bouquins « Lettre à un paysan sur le vaste merdier qu’est devenue l’agriculture » !

    1. Bonjour Agnès
      Merci pour la description de votre petit univers ! Il fait chaud au coeur ! Pour ma part j’ai la joie au matin de voir et entendre les oiseaux qui réveillent la maison, et je comprends votre volonté active de leur donner un coup de main ; c’est réjouissant.
      Amusant de voit comment autour de Fabrice Nicolino s’agrège un groupe qui lui ressemble, à la fois engagé, inquiet et confiant !
      Bonne continuation !

  7. voici un bien beau texte de A.Gramsci

    http://dormirajamais.org/gramsci/
    Les destins d’une époque sont manipulés selon des visions étriquées, des buts immédiats, des ambitions et des passions personnelles de petits groupes actifs, et la masse des hommes ignore, parce qu’elle ne s’en soucie pas. Mais les faits qui ont mûri débouchent sur quelque chose;

  8. Agnès,
    j´aime beaucoup la jolie description que vous faites de votre jardin, et pourtant, elle me rend un peu nostalgique. Habitant en pleine ville, nous devons nous contenter d´un balcon et de ses jardinières. Mais qui pourtant apportent aussi leur lot de joies et de surprises. Un jeune moineau sauvé par nos soins (il y en a toujours qui nichent sous les tuiles de l´immeuble), revient avec toute sa tribu pour voir si, par hasard, la bonne nourriture dont il a bénéficié pendant quelques jours, ne serait pas également cachée entre les plants de lavandin ou sous le buis en pot. Et puis les abeilles, dont une belle charpentière, les bourdons, les papillons, mais de moins en moins. Et même un moro sphinx, oui, ici, dans le nord de l´Europe. Un visiteur de l´été, qui repartira bientôt. Ce petit peuple nous réchauffe le coeur et, même si cela peut sembler dérisoire, nous fleurissons le balcon autant que possible en fonction de ses besoins.

    1. Bonjour Martine et merci de votre attention à mon message,

      Toute contribution, si minime soit elle, à l’égard de la nature, n’est, je le souhaite, pas vaine même si elle semble bien dérisoire au regard des dégâts que l’homme lui inflige un peu plus chaque jour. J’ai passé mon enfance à la campagne (mes parents étaient agriculteurs) et depuis l’âge de 20 ans, je vis en ville (dont 15 ans en appartement) et je comprends bien votre nostalgie. Pendant cette période de ma vie (en logement) je retournais le plus souvent possible chez mes parents car le grand air, les arbres, les petits chemins et petits ruisseaux me manquaient énormément. Déjà, enfant, je ne supportais pas que l’on abatte un arbre (pas plus qu’un animal), je ne comprenais pas et j’avoue que c’est toujours un crève coeur de voir tous ces espaces de plus en plus bétonnés, artificialisés, empoisonnés, de voir ce manque de respect à l’égard des animaux élevés (manipulés) dans des conditions effroyables et indignes…

      A l’adresse de Fabrice, je tiens à dire que je viens de lire votre « Lettre à un paysan sur le vaste merdier qu’est devenu l’agriculture » et que vous avez magnifiquement décrit et cerné l’évolution désastreuse de l’agriculture. Mon Papa, qui n’est plus de ce monde, pourrait être un peu votre Raymond (à une année près)… Et je pense qu’il regretterait (s’il ne le regrettait pas déjà de son vivant) ce temps où le travail était réalisé dans le respect de la nature et de ses cycles et avait une valeur humaine (nourrir sa famille était la priorité) et pas uniquement marchande (le profit à n’importe quel prix pour toujours gagner plus). Bien entendu, je ne soutiens pas cette agriculture industrialisée et pour ce faire, je me sers uniquement chez des regroupements de petits paysans ou dans des magasins bio.

  9. Bonjour,
    Pour celles et ceux qui prennent le temps de lire, de réfléchir… et de s’interroger:
    INSECTOPEDIE de Hugh Raffles aux éditions Wildproject, traduit par Matthieu Dumont.
    Lu, il peut tenir compagnie aux livres de Fabrice.
    😀

  10. Bref, facile ) lire et très riche d’enseignements : je vous recommande cet excellentissime document qui dit bien des choses sur la manière dont on élève les brebis dans les Pyrénées…
    50 000 (!) d’entre elles disparaissent chaque année de mort n’ayant aucun rapport ni avec l’abattage (qui est hélas le lot de la plupart de ces animaux…) ni avec l’ours, encore moins même !
    On y apprend que plus de 100 brebis meurent TOUS LES JOURS dans les élevages pyrénéens… c’est à dire que tous les DEUX JOURS (oui, DEUX !), on dépasse le nombre de brebis que tous les ours prennent en tout en UN AN !
    Heureusement que les subventions de l’Etat et de la PAC pleuvent pour réparer les dégâts !
    Lisez, c’est édifiant et même à peine croyable :
    http://www.paysdelours.com/documents/synthese-mortalita-brebis-incidence-ours_juin2015.pdf

  11. Une spatule, des chevaliers gambette, un vol de cygnes,des foulques macroule, des hérons et aigrettes garzette, domaines de Certes et Graveyron à vélo, Bassin d’Arcachon !
    Merci à ceux qui ces cinquante dernières années ont œuvré pour protéger ces espaces et ces espèces.
    Bonnes vacances à tous.

  12. Et pendant ce temps, hélas, 2 autres loups abattus à Séranon (06). Les éleveurs et le gouvernement auront la peau des loups français, à ce rythme là…

  13. Sur le Bassin d’Arcachon, il n’y a pas que la décapitation de cygnes (13) car la chasse au oiseaux d’eau est ouverte alors, alors ?, il y a le centre de sauvegarde de la faune sauvage de la LPO qui soigne tout animal du plus minuscule à plus grand…Il a nourri des bébés hérissons, comme il est en train de relâcher des martinets, une centaine récupérés oisillons, qu’il fallait nourrir toutes les 2H (?) et il avait besoin de bénévoles… Je comprends votre émotion, car c’est émouvant de voir qu’il est possible de sauver des vies…Bravo

    1. La campagne est de plus en plus bruyante . Dans le temps où la taille moyenne d’un troupeau était d’une douzaine de bêtes et où la main d’oeuvre agricole abondante , les troupeaux étaient rentré chaque soir à l’étable pour la traite . Désormais , un seul homme gère une soixantaine de bêtes et le troupeau reste donc au champ la nuit , et est trait sur place au moyen d’une station de traite mobile qui fonctionne grace au moteur du tracteur dont la prise de force actionne un générateur de courant éléctrique , nécessaire au fonctionnement des trayeuses . Le moteur doit tourner plus qu’au ralenti pour ce faire , et il est de plus en plus rare de trouver le silence en fin d’après-midi , d’autant que le bruit porte facilement et que la traite prend facilement une bonne heure .
      Ne parlons pas de la défunte fête de la musique , désormais investie par un seul groupe : le groupe éléctrogène , nécessaire pour fournir à la populace sa ration de merguez et de boisson fraîches .

  14. Bonsoir,

    Pardonnez d’être toujours encore intrusive.
    Un avis par un ami du « maître » des lieux sur la loi dite biodiversité votée dans la vitesse en juillet (période bénie des activistes du légalisme supérieur) : http://www.eco-bretons.info/ecoclub/biodiversite/loi-%C2%AB-biodiversit%C3%A9-%C2%BB-pas-d%E2%80%99%C3%A9tat-d%E2%80%99urgence-pour-nature

    Les autres législations concernant le territoire et l’espace fourmillant (urbanisme dit de projet, création architecturale et loi CAP, nouvelles régions), les programmes semblent aboutis pour venir définitivement à bout de ce qui reste d’intouché (code minier en parallèle, et d’autres sans doute).
    Sauver ici ou là une portion de vie, quelques vivants au compte-goutte : c’est peut-être notre avenir à nous qui sommes malades de notre lien si fort à la nature.

  15. A Florence

    « On le sait, désormais : ils iront jusqu’au bout.

    Ils raseront les forêts.

    Ils videront les mers des thons, des baleines, des sardines.

    Ils pressureront les roches. Ils feront fondre les pôles. Ils noirciront l’Alaska.

    Ils réchaufferont l’atmosphère jusqu’à ébullition.

    Ils nous vendront un air coté en Bourse.

    Ils affameront des continents.

    Ils sauveront les banques avec nos retraites.

    Ils solderont les routes, les îles, les jardins publics au plus offrant.

    Ils spéculeront sur nos maisons, notre santé, notre éducation.

    Ils mettront, à force de stress, la moitié des travailleurs sous antidépresseurs – et l’autre moitié au chômage.

    Ils lèveront des impôts sur nos égouts, nos chaussettes, notre haleine – plutôt que de toucher à leurs bénéfices. Le doute n’est plus permis : qu’on les laisse faire, et tout ça ils le feront.

    Voilà leur programme pour ne rien changer, ou si peu.

    Pour préserver leurs privilèges, leurs dividendes, leurs jets privés, leurs allers-retours en classes affaires.

    Pour se bâtir des ghettos sociaux, sécuritaires, climatiques – où les plus riches de nos enfants, les plus serviles, les plus laquais, seront admis en leur compagnie. »

    FRANÇOIS RUFFIN – Fakir – février 2014

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