Contre les barbares du Rizzanese

 On ne refuse pas un coup de main quand il est demandé par Patrick Pappola. Surtout celui-là, qui consiste à transmettre une information. Les gars et les filles, je sais que je suis saoulant, mais une bassesse de plus est en cours en Corse. Là-bas, oui, de l’autre côté de la mer. Je dois vous dire que cette île m’a toujours ému. J’y ai eu des amis, j’ai failli y mourir noyé dans un torrent, je m’y suis baigné en février et en mars. Cette île conserve des restes authentiques de ce que fut la Méditerranée des merveilles, au temps des civilisations humaines.

La Corse appartient à tous ceux qui rêvent encore. Dont je suis. Dont j’espère que vous êtes. Et voilà l’information de Patrick. EDF et l’une de ses habituelles coalitions d’intérêts veulent détruire à jamais l’un des fleuves les plus beaux de notre pays. Le Rizzanese ne fait que 44 km de long, mais quels kilomètres ! Je ne m’étends pas, car tout est expliqué ici. Des élus locaux, emmenés au départ par l’ancien ministre José Rossi, ont réussi à convaincre de l’intérêt d’un barrage. Coût prévu : 200 millions d’euros. Pour produire 4 % de l’électricité consommée en Corse. C’est grotesque, c’est évidemment criminel. C’est.

Les opposants organisent une protestation le 20 décembre en Corse, de 15 heures à la nuit. Je ne connais pas ces gens, mais je les sens valeureux. Leur appel a un ton que j’aime. On y parle de l’érection d’un muchju, c’est-à-dire d’un amas de pierres ou de branches. Dans la tradition, un muchju marque le lieu où quelqu’un est mort violemment. Et c’est bien de cela qu’il s’agit. On entend tuer le Rizzanese.

Si le cœur vous en dit, relayez l’action du 20. Ou mieux encore, tentez au moins symboliquement d’imaginer une forme quelconque de réplique. Tout est bien indiqué sur le site internet de l’association. Vous savez ce que je crois ? Un jour naîtra un mouvement inouï, neuf, bouleversant. Sans prévenir. À la suite d’une énième attaque contre la vie et la nature. Je ne dis pas que ce sera cette fois, mais faisons ensemble comme si. Le Rizzanese est à nous ! Et que plient les barbares, au moins cette fois. Au moins une fois.

http://www.rizzanese.fr/actions.html

28 réflexions au sujet de « Contre les barbares du Rizzanese »

  1. Pétition signée.
    Comment peut-on prendre des décisions aussi connes ? « Ils » ne cesseront donc jamais de se tromper et de nous tromper ?
    La vie ne pourra être éternellement violée sans rechigner outre-mesure.
    Attention, le réveil sera au-delà de la brutalité…

  2. Il est fort probable que la production d’électricité ne soit pas la seule raison de ce projet.
    Soit, on a en amont des projets avec des besoins supplémentaires en énergie.
    Agriculture, tourisme, dilutions d’activitées polluantes, agro-alimentaires, irrigation. Ou soutient d’étiage à différentes activités.

    Un barrage a plusieurs fonctions.

    Un argument qui revient à chaque innondation,c’est l’écrêtage des crues.
    Mais cela ne marche pas que pour les petites crues.(il devrait être pratiquement vide toute l’année, ou alors on le vide suivant les données météo).
    Pour la production d’eau potable ou d’électricité on stock l’eau au maximum.(débit réservé au mimi, conséquences faune flore).
    Il peut servir aussi à maintenir le débit d’étiage
    Dilutions de rejets de station d’épuration,(station touristique, rejets d’industries argro-alimentaire,irrigationagricole,élevages
    industriels.)
    Les 3/4 de l’eau utilisée pour l’irrigation s’évapore, c’est autant qui ne va pas à la rivière ni dans la mer.
    L’évaporation doit être à peu près de 50 litres d’eau à la seconde et à l’hectare.
    C’est considérable et il y a en plus élévation de la température.
    La truite fario ne se reproduit pas à plus de 18 degrès.
    Les lacher d’eau modifie continuellement les niveaux et pertude la reproduction de multiples espèces.
    En clair quel sont les réels besoins qui motivent ce projets.

  3. c’est fou le nombre de projets imbéciles qu’ils essayent de nous soumettre à chaque période de fête ou de forte mobilisation sociale . C’en est lassant .

  4. C’est la vie imbécile qui va avec qui est censée justifier tout ça : les « besoins » en énergie, qu’ils disent (avec le gaspillage qu’il y a !).

  5. Rien à voir. Mais putain bordel de merde. J’ai fulminé comme un taré en voyant l’émission C dans l’air ce soir (oui je sais je devrais pas avoir de télé). Intitulée « Et le réchauffement, alors! », Yves Calvi (authentique trou du cul, journaliste roi de la désinformation et de l’approximation avec un air bon enfant, gentil pédagogue) a encore invité l’autre abruti de Laurent Cabrol, qui avait l’air plus aigri et remonté que jamais et qui nous a resservi sa sauce négationniste sur le climat.

    Face à lui, quelques « spécialistes » mous qui ont tenté de convaincre posément (j’avoue que j’admire leur calme, j’aurais personnellement facilement sauté sur le bonhomme pour l’étrangler de mes mains) avec des arguments scientifiques que « oui, la communauté scientifique est unanime ».

    Enfin bref. Je crois qu’il faut faire quelque chose Fabrice, et au plus vite. Car les plus grands ennemis de l’écologie et du climat ne sont pas seulement les dérives de Greenpeace ou les errances du mouvement écologiste. Les vrais ennemis sont ces gens-là, ces Claude Allègre, qui participent quotidiennement à la désinformation et à la démobilisation des populations.

    Tout le travail du GIEC et des reportages environnementaux peut être détruit avec une seule émission de ce type. Ne faudrait-il pas se fendre (au minimum) d’une tribune libre aux grands journaux qui serait signée par les écologistes pour mettre les journalistes enfin EN FACE de leurs responsabilités?

    Car je crois que les journalistes ont une responsabilité énorme face à l’inaction et à la résistance à tout changement. Non seulement en invitant des abrutis comme Cabrol/Allègre pour parler de climat, mais aussi en évitant jour après jour de faire de vraies émissions de sensibilisation, de vrais reportages de qualité sur les mesures à prendre et sur le changement de civilisation qui nous attend tous.

    Je suis de cette génération à qui on a fait comprendre à grand renfort d’émissions, de spots publicitaires et de bouquins éducatifs qu’il fallait porter des capotes. C’était un changement de civilisation monumental. Et par l’information, l’éducation, on a réussi. Inviter Laurent Cabrol c’est comme inviter en 1987 quelqu’un qui vient expliquer que le SIDA est un truc d’homos et qu’il faut arrêter le « catastrophisme »… C’est tout aussi grave et irresponsable. Si ce n’est pire.

    Réagir! Oui, mais comment?

  6. Merci Fabrice, pour la Corse, pour la Méditerranée et finalement, pour l’humanité …
    Alors à vous tous que cet appel a ému, essayez d’agir : il y a bien une petite (ou grande) rivière qui passe par chez vous, allez y le 20 décembre, seul, à 2, à 4, à 1000, avec des bougies ou des lampions, en musique ou en silence et relayez l’action de nos copains Corse.
    Avertissez les de votre décision pour qu’ils l’annoncent sur leur blog, prenez des photos au moment de votre rassemblement puis envoyez leur.
    Exemple (pour ma part) :
    ARDECHE : Rassemblement de solidarité pour le Rizzanese. Rendez vous à 19 heures à Vals les bains, avec des lampions, sur le pont métallique du parc municipal en face de la piscine, au bord de la Volane, rivière toujours vivante ! Nous serons au moins 4.
    Tél : 06 87 53 02 14
    Allez, faites pareil au bord de « votre » rivière !

  7. Et pourquoi ne pas faire un procès à ce triste clown de Cabrol ? Motif : diffamation, dénigrement… que sais-je. Y’a bien un juriste qui trouverait là un motif raisonnable et ce ne sont pas les preuves qui manquent. Bon, je sais, je rêve…

  8. cela fait des années que ce projet sort et est refusé,cette fois ci,c’est la cata en Corse,ce torrent fabrique le sable si blanc,des plages en bas,des arbres classés de 500ans et plus vont être coupés,une cata,un haut lieu spirituel pour une Corse comme moi,le lieu des ancêtres et des mazzeru,on se bat,mais le liberalisme a envahi l’ile,et rien ne les arrête plus,nous esperons en vous tous pour sauver cette pure beauté millenaire.

  9. Même si l’on vous dit que tout sera fait avec Parcimonie et Bonescient, ne vous méfiez pas seulement de Bon escient en pensant que Parcimonie…ça va…on peut lui faire confiance, c’est un Enfant du Pays!.Autrement, je serai près de ma rivière.

  10. Toutes nos rivières en Bretagne sont polluées.
    Je vais relayer l’info.
    Sur l’un des barrages qui alimente Rennes ils sont obligés de changer la hauteur de prise d’eau en cours d’année.
    Soit c’est la vase ou plus haut les cyanobactéries toxiques.
    Je voudrais pouvoir me battre pour garder un joyau comme le Rizzanese.

  11. Je viens d’aller sur le site.
    je ne croyais pas le projet aussi avancé.
    Les recours semblent épuisés.
    Cela va être dur.

  12.  » Tant qu’on est encore en vie, le combat n’est jamais perdu d’avance. Et si plus personne ne veut se battre à mes côtés, ce sera le choix des hommes.
    Alors j’aurais perdu des amis et eux , les pauvres, auront perdu bien plus encore.
    Ce qui m’attriste voyez-vous c’est qu’ils s’en apercevront trop tard . Ils auront perdu un peu de la mémoire de leur pays , ils auront perdu leur capacité à s’émmerveiller, leur curiosité , leurs secrets.
    Ils auront perdu le respect, l’envie de partager leurs trésors. »
    extrait interview du Rizzanese http://www.rizzanese.fr/texteinterview.html

    Et comme a dit un jour, un certain Roberto . . . Tant que les élus n’ont pas sorti les petits fours et coupé le ruban, on peut encore gagner.
    Nous nous battrons jusqu’au bout.

  13. Sarko et ses potes de l’assemblée de Corse veulent mettre la Corse en coupe réglée à travers un projet beaucoup plus vaste nommé PADDUC ( plan d’aménagement de développement durable de la Corse) élaboré par un cabinet …Parisien. Le terme de « développement durable  » servant a faire passer pas mal de pilules, en fait, c’est  » main basse sur la Corse » qu’il vaudrait mieux l’appeler..;Ce PADDUC consiste surtout à contourner la loi littoral, à bouffer les réserves naturelles et à livrer les côtes aux villas des amis friqués du pouvoir genre Clavier ou autre, enfin, de réduire l’île à un parc à touristes.Les associations locales se battent pied à pied contre le projet et ont déjà obtenu son report, mais personne n’en parle à la sarkotélé. Comme quoi l’omertà n’est pas une spécialité corse.Pour bien connaître ce projet dévastateur tu par les médias, c’est ici: http://levante.fr/padduc/index.html
     » Le PADDUC est le Plan d’Aménagement et de Développement Durable de la Corse
    Il engagera la Corse pour un grand nombre d’années et aura valeur de Directive territoriale d’aménagement. Il sera « la loi ».
    Le dossier que U Levante lui consacre est au format vidéo et basé sur le document final publié par la CTC en juin 2008. Vous y verrez que « l’avenir » voulu par l’exécutif de la CTC est axé sur le tout tourisme et sur la “désanctuarisation” de la Corse! »
    Joli, non, désanctuarisation?
    N’hésitez pas à soutenir les associations locales, signez les pétitions, ça urge!
    Pace et salute

  14. Le communiqué du Conseil des Ministres du 31 octobre 2007 -> http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/gouvernement/conseils_ministres_35/conseil_ministres_31_octobre_940/ambition_etat_pour_corse_57891.html

    « l’État veut affirmer sa solidarité avec la Corse. Il veut l’aider à exploiter ces atouts que sont son identité, la richesse de son patrimoine naturel et la force de sa créativité » … « Enfin le Gouvernement souhaite relever le défi énergétique de la Corse avec : la construction du barrage du Rizzanese qui permettra d’augmenter l’énergie hydraulique de la Corse de 30 % en pointe ; l’installation de nouvelles centrales électriques à Bastia et à Ajaccio ; la préparation du raccordement au gazoduc Algérie- Sardaigne-France qui peut constituer une solution aux problèmes de sécurité d’approvisionnement. Un chargé de mission sera nommé dans ce but auprès du ministre d’État ; le développement des énergies nouvelles et renouvelables (éolien, photovoltaïque) en se fixant un objectif de 34 % du total des approvisionnements. L’État accompagnera cette programmation. » … « Le Conseil des ministres se veut le symbole de cette volonté de l’État de faire de la Corse un exemple d’un développement durable en Méditerranée. »

    Le développement durable, à la sauce décomplexée.

  15. Quand un barrage semble compromis ça fait toujours plaisir, comme quoi:

    [quote]« Première historique » si l’on en croît l’association internationale des Amis de la Terre, les arguments environnemental, social et culturel semblent avoir triomphé des intérêts financiers dans le cadre du projet de barrage d’Ilisu, en Turquie. En effet, la Turquie n’est pas parvenue à relever l’ultimatum posé le 8 octobre dernier par les agences de crédit à l’exportation autrichienne, allemande et suisse. Celles-ci avaient alors exigé que le pays corrige son projet, l’accusant de bafouer les quelques 150 conditions sociales, environnementales et politiques imposées lors de la signature du contrat en mars 2007.
    Or, le délai de 60 jours accordé au gouvernement turc pour renverser la vapeur s’étant avéré insuffisant, l’ensemble des investisseurs a décidé, sur un commun accord, de se retirer officiellement du projet.
    Si ce retrait ne sera effectif qu’après une période de 180 jours, il marque déjà un tournant majeur. C’est en effet la première fois qu’une garantie de crédit à l’exportation est suspendue pour des exigences d’ordre environnemental et social.

    Originairement prévu sur le fleuve du Tigre, ce barrage hydroélectrique, s’il avait vu le jour, aurait entraîné le déplacement d’environ 78 000 personnes, dont une majorité kurde. D’une puissance voulue de 1 200 MW, il aurait occasionné l’inondation d’une surface de 313 km², accueillant 52 villages et 15 villes moyennes. Outre la perte de nombreux sites archéologiques et les répercussions sur l’environnement, cette construction aurait pu être une source potentielle conflit dans la répartition de l’approvisionnement en eau des pays situés en aval, la Syrie et l’Irak.

    A la lumière de ce rebondissement, les Amis de la Terre ont réitéré leur appel à la Société Générale, également investie dans le projet, en l’exhortant à suivre l’exemple et à renoncer à son implication dans cet ouvrage. [/quote]

  16. L’action du 20 décembre a permis de faire monter un peu plus dans les consciences l’idée que bétonner tout à fait bêtement cette rivière impressionnante de beauté ne laisse pas tout le monde indifférent. Une belle célébration.
    Il faut continuer.
    La mobilisation s’organise lentement, mais sûrement, comme s’était organisée celle en faveur de la « Loire sauvage ».
    Le WWF-France et son programme « rivières vivantes » sont aux côtés de tous ceux qui pensent qu’il n’est jamais trop tard pour montrer à des aménageurs légèrement arrogants qu’ils se trompent, tout simplement, qu’il y a de bien meilleurs manières de produire de l’énergie hydraulique qu’avec des aménagements lourds sur les dernières rivières intactes.
    Merci à vous de faire grandir autour de vous la résistance et l’idée qu’il faut mettre en oeuvre les alternatives dont la Corse a réellement besoin.
    Merci à Fabrice de relayer, encore et encore.
    Cordialement,
    Martin Arnould
    WWF-France
    Chargé de programme « rivières vivantes »

  17. Et maintenant ? Comment évolue la « mobilisation » face à la complète destruction d’un site pluri millenaire ?

    La Corse donne faim aux spéculateurs de tous bords et face à ces barbares, il n’y a pas de discours à tenir. Seule l’action tranchante donne des résultats.

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