Didier Guillaume est-il un bouffon ?


Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, est-il un bouffon ? Je sais qu’il faut faire attention à l’usage des mots et comme celui-là est tout chargé de sens divers, je crois que je vais sagement vous demander de répondre. Qu’est-ce qu’un bouffon ? L’affaire remonte à loin. Le Momos de la Grèce antique – Mỗmos signifie raillerie – était un dieu prétendument mineur, lié familialement, inextricablement à Thanatos, la mort et à Hypnos, le Grand sommeil. Dormir, mourir, la piste paraît intéressante.

Le mot lui-même nous vient de l’italien buffone, tiré d’une onomatopée qui indique le gonflement des joues. Monsieur Didier Guillaume, toutes joues dilatées. Bien plus tard, le grand Erasme consacra des pages puissantes au bouffon, devenu inséparable de la plupart des cours européennes. Avec des notations qui n’ont pas vieilli, comme celle-ci : «  C’est un fait, les rois détestent la vérité ».  Et cette autre : « Les bouffons, eux, procurent ce que les princes recherchent partout et à tout prix : l’amusement, le sourire, l’éclat de rire, le plaisir ». Se pourrait-il ?

Monsieur Guillaume, de passage au Salon de l’Agriculture le 25 février 2019, a apposé sa signature ministérielle sur le « préambule » d’un « contrat de solutions » imaginé par la FNSEA, le grand « syndicat » de l’agriculture industrielle. Le texte, assez lourdaud, affirme nécessaire « la sortie [du glyphosate] pour une majorité d’usages pour lesquels il existe des alternatives accessibles et viables d’ici fin 2020 ». Dans le détail de 100 pages que je suis allé regarder (fnsea.fr/wp-content/uploads/2018/09/Contrat-de-Solution.pdf), on trouve également cet engagement rigoureusement sic : « Réduire fortement les herbicides et se passer à moyen terme de glyphosate dans une majorité de situation sans perte de revenu ». Il me semble moi que chaque mot compte. Réduire. Moyen terme. Majorité de situations. Sans perte de revenu.

Momos, l’éternel retour ? En 1993 surgit des limbes un petit nouveau, le Forum pour une agriculture raisonnée respectueuse de l’environnement, ou FARRE. Son adresse ? 2 rue Denfert-Rochereau, à Boulogne Billancourt. La même, un peu plus tard, que celle de l’UIPP, qui regroupe toute l’industrie des pesticides en France. Faux-nez de l’agrochimie, FARRE va réunir des chambres d’agriculture, la FNSEA bien sûr, Bayer, Monsanto, BASF, l’UIPP. Commence la saison enchantée de la propagande. On présente aux gogos des fermes Potemkine (1) – chez les époux Blaisiot, le lisier de porc n’a plus d’odeur -, on adresse à des centaines de journalistes des invitations à la campagne.

En 2001, la FNSEA en congrès vote une motion de soutien à l’agriculture « raisonnée » et envisage un nouveau contrat avec la société. Mais attention, « la mise en cause des agriculteurs et de leurs méthodes de production se révèle par les procès d’intention systématiques dressés à leur encontre ». Comme en 2019 ? Comme en 2019. Le gras est dans le texte d’origine.

Parle-t-on encore d’agriculture raisonnée ? Non. A-t-elle donné le moindre résultat ? Non. Vint ensuite le funeste Grenelle de l’Environnement de septembre 2007. Notre merveilleux Nicolas Sarkozy y avait promis une réduction de l’usage des pesticides de 50 % en dix ans, mais nos amis de la FNSEA,  codécisionnaires en toute chose, étaient alors parvenus à faire rajouter : « si c’est possible ».

Et cela ne fut pas possible. Malgré les centaines de millions d’euros jetés au vent par le Plan Ecophyto et la réapparition de fermes Potemkine, la consommation de pesticides n’a pas baissé. Elle a au contraire augmenté de plus de 20 %. Mais c’est avec ces gens-là que monsieur Guillaume vient d’engager notre responsabilité à tous. Le ministre est-il un bouffon ? D’un côté, il apporte en effet aux puissants – merci Erasme – beaucoup de plaisir.

Mais du rire ? Eh bien, je crois que oui. Chacun sait qu’on peut rire aux éclats au cours d’un enterrement – je l’ai fait -, ou lorsqu’on découvre une maladie grave, un accident, et ne parlons pas de la chute d’un inconnu sur un trottoir. Monsieur Guillaume n’a pas l’air très marrant, c’est vrai. Mais son comique, très proche de celui de l’impassible Buster Keaton, a quelque chose de génial. Une chose est certaine : Buster Keaton n’était pas un bouffon.

(1) Depuis le règne de Catherine II de Russie, on parle de villages Potemkine en carton-pâte, destinés à cacher la misère paysanne.

26 réponses sur “Didier Guillaume est-il un bouffon ?”

  1. Loki, le dieu railleur de la mythologie nordique, est aussi un tueur. Ou Hillary Clinton, très fière d’elle-même, qui éclate de rire en résumant la sodomisation de Kadhafi à la baïonnette et le retour de l’esclavage en Libye par ces quelques mots: « on est venus, on a vu, et il est mort »… Mais le rire peut aussi être une victoire même dans la mort et même dans les crimes les plus abjects, comme le montrent les blagues d’Europe de l’Est ou Russes sur le communisme, ou les blagues juives sur Auschwitz…
    Avoir de l’humour ou ricaner, si proche en apparence, si complètement différent pourtant.

  2. Salut Fabrice,

    Ne pas oublier que Christiane Lambert avant d’être présidente de la FNSEA a été présidente du réseau FARRE (Forum de l’agriculture raisonnée respectueuse de l’environnement) de 1999 à 2005.
    Et aussi membre du Conseil économique et social de 2010 à 2015…

    https://www.lecese.fr/membre/christiane-lambert

    « La mise en cause des agriculteurs et de leurs méthodes de production se révèle par les procès d’intention systématiques dressés à leur encontre » s’appelle aujourd’hui l’agribashing.

    Dans le cadre d’une étude conduite par la FNSEA Grand Bassin Parisien, le politologue Eddy Fougier a été amené à analyser le phénomène d’agribashing :
    https://www.fnsea-bassin-parisien.fr/2018/10/01/quest-ce-que-lagribashing-et-comment-y-repondre/

    Justement pour le salon de l’agriculture un petit billet sur internet l’air de rien :
    https://www.huffingtonpost.fr/eddy-fougier/lagribashing-met-les-agriculteurs-au-bord-de-la-crise-de-nerfs_a_23675836/

    Le rapport qui ne remet pas en question les modes de production mais juste leur perception par le grand public :
    https://www.fnsea-bassin-parisien.fr/wp-content/uploads/2018/09/Synth%C3%A8se_Rapport-agribashing_E.-Fougier.pdf

  3. Tant qu’il y aura des écologistes pour servir de caution à ces bouffons (Hulot, De Rugy…) pourquoi se gêneraient-ils ?

  4. Les grandes figures élues sous la banniere de l’écologie sont effectivement et SANS exception devenues des BOUFFONS

    Lorsque l’on constate ou l’espoir des gens va aujourd’hui se nicher, ils sont tous a mettre dans le même sac

    Reste à tirer la chasse d’eau sur ces crapules

  5. Puisque le ton est donné – la bouffonnerie –, je voudrais prendre ici la défense d’un homme trop souvent décrié : Didier Guillaume soi-même. L’exercice est périlleux, j’en suis conscient, et comme j’aime les défis un peu cinglés, je plaiderai également en faveur de notre ministre de l’Ecologie. J’essaierai à ma manière, disons.
    Notre ministre de l’agriculture, pour commencer. Car oui, c’est une personne soucieuse de la santé publique. L’information a bien failli m’échapper, et peut-être s’est-elle dérobée à votre attention. Elle n’est pas de toute première primeur, mais elle illustrera mon propos. Petit retour en arrière, en 2018. L’Assemblé nationale avait voté en faveur des préparations naturelles peu préoccupantes – purins de plantes… -, autorisant à la commercialisation cinq cents d’entre elles, jusqu’ici soumises à des procédures d’homologation kafkaïennes. Heureusement, le Sénat nous a évité un nouveau scandale sanitaire, en revenant sur cette ouverture, avec l’appui de notre ministre en personne, déclarant sur le ton d’un activiste de l’écologie radicale : « La courge, si elle est trop consommée, fait tomber les cheveux. Les feuilles de rhubarbe sont si toxiques qu’elles tuent la vie du compost… » Fatalitas ! Et personne ne nous disait rien. Depuis, je surveille mes cheveux, et j’ai réduit ma consommation de potimarron. C’est dur, car je suis un inconditionnel du Red Kuri, du vert d’Hokkaïdo et de la Butternut, les connaisseurs comprendront mon dilemme. Mais je tiens bon.
    Finalement, l’Assemblée nationale s’est rangée aux positions du Sénat et du ministre en portant un coup magistral au dangereux lobby du purin d’ortie et compagnie. A force de ne voir le risque que dans les douces molécules agro-chimiques, nous passons à côté de l’essentiel : le péril vert. Quelques conseils, en passant, en attendant la diffusion d’un guide d’obéissance civile. N’approchez jamais une ortie, une rhubarbe ou une courge à moins d’un mètre, malheureux ! Ces plantes sont des dangers publics. Ne récoltez sous aucun prétexte 1 kg de jeunes orties, de consoude ou de prêle, ne les faites surtout pas macérer dans 10 litres d’eau pendant 10 dix jours, éviter absolument de les diluer à 10% et d’arroser ou de pulvériser vos plantations. Il y va de notre santé à tous. Préférez les pesticides issus des explosifs et des gaz de combat. Ces produits ont fait leur preuve sur toute la chaîne du vivant. Herbicides, insecticides, fongicides, génocides… Un même suffixe, du latin « caedere » – autrement dit tuer –, rassemble tous ces mots.
    Et ce n’est pas tout. La rentabilité, vous y pensez ? Par chance, nous avons un ministre de l’Ecologie qui, dans son genre, est un génie : François de Rugy. Il est temps de le réhabiliter. Quand ce grand homme parle des coquelicots aux députés, c’est pour expliquer que cette fleur est certes sympathique, mais nuit au rendement. On connaissait le capitalisme vert, voici l’écologie rentable. Pour résumer : les fleurs sauvages, les insectes, la vie sur terre, c’est bien gentil, mais combien ça rapporte ? Ne demandez pas au ministre combien ça coûte, le lobby des pesticides n’a pas porté à sa connaissance les travaux de l’Inra datant de mars 2016. Les auteurs de cet Institut ont analysé 91 études et ont recensé quatre types de coûts cachés des pesticides de synthèse qui ne sont payés ni par le producteur ni par le consommateur. Ce que les économistes appellent les externalités négatives :
    – coûts environnementaux (pertes de rendement liés à la détérioration des sols, à l’extermination des polinisateurs, des oiseaux, aux résistances aux pesticides développées par les ravageurs et par les herbes invasives…),
    – coûts sanitaires (frais de santé, baisse de productivité des salariés),
    – coûts réglementaires (recherche, suivi et contrôle des substances, traitement des eaux),
    – frais d’évitement (dépenses des ménages dans les produits bios).
    La conclusion est sans appel. Alors que ces sympathiques substances toxiques ont rapporté 27 milliards de dollars à l’économie américaine, leur coût s’est élevé à 40 milliards. On pourrait ajouter les aides et subventions diverses, et leurs conséquences tragiques sur l’agriculture vivrière des pays du Sud mise à mal par des produits d’importation à prix cassé. Entre autres. On pourrait citer une autre étude publiée en 2015, estimant à 120 milliards d’euros par an les dégâts sanitaires liés à l’exposition de la population européenne aux seuls pesticides organophosphorés et organochlorés. Et tant d’autres choses qui n’ont pas de prix. La beauté d’un paysage, les chants d’oiseaux, la vie en bonne santé, la vie tout court… Est-ce que c’est bien rentable ? On pourrait s’arrêter un instant sur ce qu’il faut bien nommer un ethnocide : celui de la paysannerie et du tissu social, humain et culturel qu’elle portait, des campagnes vivantes qu’elle habitait.
    A ce stade de la réflexion, un constat s’impose. Ceux-là mêmes qui ont organisé la course à l’agrandissement, à l’industrialisation et à l’agrochimie osent se poser comme les défenseurs de la paysannerie, alors qu’ils ont directement contribué à sa disparition, à son quasi-servage, à son exposition à des produits délétères. Pour mieux se dédouaner, ces fossoyeurs de l’agriculture paysanne n’hésitent pas à faire porter le chapeau aux amis des fleurs sauvages, des semences libres, des abeilles et des paysans. Plus l’imposture est grande, plus elle sert d’exutoire. Car oui, nous les fervents des coquelicots, nous les éblouis des arbres et des oiseaux, nous défendons les paysans. Nous savons les difficultés du métier, ses noblesses, son importance vitale, sa survie menacée par ceux qui gèrent et cogèrent son extinction à coups, de bureaucratisation, de pseudo mesures environnementales, d’autorisations de mise sur le marché, d’usines à produire du minerais de viande, du kilowatt d’origine animale et végétale, de traçabilité et de puçage, de fermes connectées, de robots désherbeurs, de tracteurs automatisés, de machine à déboiser et à accaparer les terres pour y mettre des biocarburants qui affameront encore un peu plus les affamés. Et ce sont les mêmes qui nous expliquent, la main sur le cœur, que l’agro-écologie ne peut nourrir le monde. Vous allez voir que bientôt Monsanto, la FNSEA et les ministres aux ordres vont s’autoproclamer les premiers écologistes de France tout en traitant d’intégristes les amis des coquelicots. C’est, à peu de choses près, ce que déclarait notre cher ministre de l’agriculture, le 20 décembre dernier (voir le texte de Fabrice du 21 décembre). Un virtuose, vraiment. .
    Bon, concernant de Rugy, soyons charitables. Son emploi du temps surchargé ne lui a sans doute pas permis de compulser ces données. Mais nous allons lui envoyer. Et lui, soucieux de la rentabilité, va forcément se poser des questions. En tenant compte de toutes les externalités positives et négatives, un paysan bio serait-il plus rentable qu’un exploitant agrochimiste ? Un jardinier à grelinette et à binette plus productif qu’un agro-businessman mondialisé ? Que faut-il interdire ? Les pesticides ? Les coquelicots ? La vie ? Les ministres de l’agro-industrie chimique et de l’escrologie durable ?

    1. Cher Frédéric,
      merci pour cette parole nécessaire, cette réflexion pertinente, cet excellent commentaire. J’ai proposé au collectif NVDC local d’en faire une lecture publique lors du prochain rassemblement du 5 avril, pour que cette énergie critique et bouffonne profite, au-delà du cercle des lecteurs de Planète sans visa (Bonjour Fabrice, salut tout le monde), à un public élargi aux amateurs de coquelicots, aux futurs signataires de l’Appel et aux passants distraits.
      Merci.
      Au plaisir d’une prochaine lecture.

  6. L.I.M.A.S.E : Ligue Internationaliste Marxiste Anti- Spéciste Ecologiste (Trotskyste)
     
    Notre mouvement a pour objectif une société débarrassée de toute discrimination ou exploitation, que cette discrimination soit de classe sociale, de couleur de peau, de sexe, et aussi entre notre espèce humaine et les autres espèces vivantes, enfin dans notre relation à la Nature également.
Nous avons la conviction que toutes ces discriminations ont leur origine dans la société divisée en classes, à notre époque la société capitaliste, et qu’elles disparaîtront seulement avec elle.
     
    Nous revendiquons notre proximité avec le mouvement Trotskiste de Lutte Ouvrière que nous considérons être le seul depuis la seconde guerre mondiale qui a su défendre les intérêts historiques du prolétariat et le point de vue communiste alors que d’autres s’égaraient dans des politiques opportunistes de soutien à des mouvements nationalistes (de libération nationale par l’union des classes), sociaux-démocrates ou staliniens.
     
    Nous sommes différents en ce que nous pensons que le mouvement communiste révolutionnaire doit prendre en considération l’intérêt à vivre des autres espèces animales. En cela nous sommes opposés au spécisme qui justifie que notre espèce humaine puisse s’arroger le droit de tuer, emprisonner, torturer d’autres espèces animales dans le but de gagner de l’argent ou à des fins alimentaires.
     
    En effet nous savons depuis au moins un demi-siècle en Europe (des siècles en Asie) de manière empirique et scientifique qu’il ne nous est pas nécessaire de manger de la viande ou des produits d’origine animale pour être en bonne santé. Par ailleurs les progrès de l ‘éthologie et de la connaissance des Animaux non Humains nous ont amené à découvrir de plus en plus clairement leur capacité à penser, à avoir des émotions, à souffrir et à vouloir vivre. Nous disons que ce sont des êtres sentients et qu’ils doivent avoir le droit fondamental de vivre selon leurs besoins biologiques.
     
    Nous prônons le véganisme comme forme de vie entièrement respectueuse à l ‘égard de nos cousins animaux.
     
    Comme nos camarades trotskystes nous sommes d’abord communistes révolutionnaires car nous savons que sans révolution prolétarienne, sans appropriation collective des moyens de production, sans abolition du marché et sans planification, nous ne pourrons pas construire une société qui respecte l’humanité comme la Nature et qui cesse d’exploiter les animaux en leur accordant des droits fondamentaux et universels.
     
    Toutefois nous ne pouvons pas nous contenter de dire qu’une fois la révolution socialiste faite tous ces problèmes seront résolus. D’autant plus que nos camarades sont au mieux muets sur ces thématiques au pire en accord avec l’idéologie dominante spéciste et anti-écologiste.
     
    Il suffit de rappeler que lors des élections présidentielles, LO par sa porte-parole n’a pas condamné une activité de loisir barbare comme la chasse (sauf la chasse à courre à cause de son origine aristocratique !). Ni même l’expérimentation animale, l’abattage des vaches gestantes, ou toute autre atrocité pratiquée dans l’élevage industriel (voir le questionnaire de l’association L214 adressé aux candidats présidentiels, note 7/20 pour LO)
     
    Sur le plan de l’écologie, la conscience et l’objectif de respecter la Nature sont rarement évoqués par LO.
    L’agriculture industrielle chimique que nous estimons criminelle, inefficace et mortifère est considérée pourtant comme un progrès et reste la ligne d’horizon pour nos camarades alors même qu’elle est de plus en plus remise en cause par les exploitants agricoles eux-mêmes.
     
    De même l’industrie nucléaire qui n’est pas dénoncée en soi mais seulement par sa gestion capitaliste. Et dont les risques causés pour des milliers d’années sont acceptables selon Nathalie Artaud …             Pour quelle raison ? De quel droit ? Ne doit-on pas gérer la société, comme l’écrivait Marx, en usufruitiers et en bons pères de famille afin de transmettre aux générations futures un bien amélioré ?
     
    Pour nous, les animaux humains, comme les animaux non humains, et tous les écosystèmes de la planète sont importants et essentiels : les forêts, les sols, les mers, les rivières, l’air, la faune sauvage … Vivre dans un environnement sain, varié et beau est aussi un droit comme celui ne pas être exploité et aliéné dans son travail.

    Nous sommes bien plus fascinés par la complexité du vivant, son ingéniosité, sa beauté, par la biodiversité, par nos cousins animaux que l’on connaît à peine, par la présence des loups et des ours dans nos montagnes, et par la beauté de notre planète que par le dernier modèle de voiture, d’ordinateur, de téléphone mobile, la vitesse du dernier TGV, la taille du dernier avion et le lancement de la dernière fusée ou la construction funeste et criminelle d’une autoroute à travers un paysage.
     
    Ce qui nous intéresse c’est la fin de l’exploitation et de la souffrance, la fin des guerres et du militarisme, c’est de produire en coopérant, en responsabilité, respect et précaution à l’égard de la société, pour nos besoins essentiels et non ceux de la bourgeoisie avide de marchandises et de profits.
     
    Marx disait que la tradition de toutes les générations mortes pèse d’un poids très lourd sur le cerveau des vivants.  Et il n’y a pas si longtemps il semblait normal pour la société de rendre en esclavage ou de coloniser d’autres hommes et femmes car ils étaient soi-disant différents et inférieurs.  
     
    C’est la même chose pour les animaux non humains, ne soyez pas sourds aux hurlements de terreur, à la souffrance de milliards d’êtres vivants qui veulent vivre comme nous, et que nous torturons et massacrons indéfiniment, dans un éternel Treblinka disait Isaac Bashevis Singer.
     
    Qu’est-ce qu’être communiste si ce n’est d’être toujours du côté des opprimés, des sans défenses, des victimes ? Si ce n’est d’être à l’avant-garde des idées, des connaissances et de la moralité, alors que sur le plan de nos rapports avec nos cousins animaux, LO est plus proche des idées réactionnaires des évangiles que de la science.  
     
    Comme communistes révolutionnaires aujourd’hui nous nous révoltons contre la discrimination spéciste liée à l’exploitation sans limites de ces êtres sensibles dans tous les domaines de l’économie capitaliste : élevage, loisirs, médecine, pharmacie, recherche, cosmétique, vêtements, chimie, pesticides, produits d’entretien, milliards d’animaux sacrifiés pour rien d’autre que les profits !
     
    Nous refusons l’agonie d’un être vivant, d’un frère comme écrivait rosa Luxembourg de sa prison il y a 100 ans, que chacun a dans son assiette en mangeant de la viande.
     
    Et nous mettons en avant l’immense crise écologique, climatique, d’extinction des espèces causée par l’incurie capitaliste que la révolution socialiste devra combattre d’urgence par une révolution agroécologique, une agriculture urbaine, une limitation drastique de la voiture et de l’avion, une priorité absolue aux énergies renouvelables, une architecture végétalisée, le développement de la bio- économie et de l’économie symbiotique, une replantation des forêts sur la planète, une dépollution des sols et des océans, un débat sur la fin de l’exploitation animale …
    Ce programme, les trotskystes doivent le défendre aujourd’hui avec autant de force que la défense des droits des travailleurs. L’écologie est beaucoup trop sérieuse pour la laisser dans les mains des politiciens prétendument écologistes de la petite bourgeoisie.
     
    Comme disait Victor Hugo : rien n’est plus puissant qu’une idée dont le temps est venu.
     
    Vive la révolution prolétarienne, vive le communisme qui considère l’ensemble du monde vivant.
     

    1. C’est bien d’avoir un idéal… Mais c’est au pied du mur qu’on voit le maçon ! Je ne peux pas commenter sur le trotskisme etc. mais en ce qui concerne l’architecture « végétale » la seule que j’ai jamais vue sont les maisons dans les forêts de Bandarban au Bangladesh. Très belles, mais la plupart des gens ne seraient pas capables d’y vivre plus de 3 jours sans une bonne armée de serviteurs… qui ne sont pas disponibles !!! Sinon, pour mémoire, le ciment est au 2/3 issu du règne animal (le calcium) et 1/3 seulement du règne végétal (l’argile) plus un peu d’aluminium, de fer, etc issus du règne minéral. La chaux, plus « naturelle ? 100% animale. Les maisons en terre ? Sont souvent enduites avec un enduit contenant de la bouse de vache ! Est-ce bien vegan tout ça ?

  7. bonjour
    en écho du post de P.P, l’excellente chronique de Tanguy Pastureau,
    humoriste sur France-Inter, qui explique que, pour diverses raisons , dont seulement 27 députés présents lors du vote , celui-ci est une honte…
    Qui manifestait vendredi avec les jeunes et a voté cette ignominie?

    https://www.franceinter.fr/emissions/tanguy-pastureau-maltraite-l-info/tanguy-pastureau-maltraite-l-info-19-mars-2019

    Ayant voté pour monsieur Macron, je me sens trahie; de même pour la disparition programmée des enquêtes publiques votée entre Noël et le jour de l’an.
    Si l’ affichage n’est plus obligatoire sur les lieux mêmes des projets, remplacé par un avis publié sur internet parmi des dizaines d’autres, comment le citoyen lambda ou le conseiller municipal consciencieux sera-t-il au courant de ce qui se prépare dans sa commune, comment se forgera-t-il une opinion quant au projet, sans documents lisibles à sa disposition en mairie, comment son avis sera-t-il pris en compte ?
    C’est une très grave régression: à l’heure d’internet la visibilité réelle et utile est remplacée par l’image communicationnelle fugace qui n’a qu’une surface n’étant pas suivie d’actions à long terme et en profondeur.
    Fort justement certains journalistes ( dont Fabrice ) pointent ces incohérences, puissent-ils être plus et mieux écoutés par nos concitoyens!

    1. https://reporterre.net/Macron-l-Etat-terroriste

      General V.K. Singh, chef des armées de l’Inde, le 2.4.2010:

      “The Naxalite problem is a law and order problem that has stemmed from certain issues on the ground. Law and order is a state subject and I think our polity is astute enough to understand the implications of deploying the army against our own people,” the general said.

      https://m.telegraphindia.com/india/army-chief-rules-out-maoist-fight-naxalite-violence-a-problem-of-law-and-order-not-military-says-general-singh/cid/528657

      Mais Emmanuel Macron, president de la France, n’a pas l’air d’être « assez fin » pour comprendre ces implications.

      Attendons de voir comment l’armée française va réagir, en espérant qu’elle ait autant de finesse -et de force de caractère, pour rappeler publiquement à l’exécutif les limites de leurs rôles respectifs- que l’armée indienne.

      Mais d’ores et déjà, on constate que la « finesse » n’est pas donnée à tout le monde.

  8. Après lui avoir tendu l’escabeau, les socialistes sont aussi et pour beaucoup à la baguette de ce sinistre épisode. Comment ne pas me rappeler ce soir de mai 1981 ou pendant que j’arrosais la victoire de François des vieux communistes me disaient  » mon pauvre gamin tu ne sais pas de quoi ces gens la sont capables ».

    Moi le je m’en foutais de ces gens la : j’arrosais juste la victoire du LARZAC…

  9. Il me serait tout de même injuste de ne pas rendre hommage au socialiste Louis JOINET qui fut conseiller pour les droits de l’homme à Matignon et à l’Elysée de 1981 à 1995.
    Un grand Monsieur qui a assisté les paysans du LARZAC pendant la lutte et après la victoire
    Je vous recommande son livre: Mes raisons d’état Mémoires d’un épris de justice

  10. Le grand retour des hirondelles.
    Voilà qu’enfin, l’oiseau va séjourner ?
    Attention aux trois petits sacs de blé ! rugit l’écolo !

  11. J’ai lu l’article pro pesticides mis en lien par Paul (et pas Jean)
    Et on peut y lire, entre autres choses très contestables :
    « En l’état actuel des connaissances, l’autorité européenne de sécurité alimentaire considère qu’il est peu probable qu’une exposition à long terme des résidus de pesticides affecte négativement notre santé. »

    Et ta sœur ?

    J’adore le : ‘Il est peu probable’

    L’accident de Fukushima était lui aussi ‘peu probable’

    Ces gens sont des criminels et pissétou !

  12. Si vous voulez voir Sylva et Reda, couple de balbuzards pêcheurs et toute la saison de reproduction en direct de 8h du matin à 19h c’est ici
    http://www.balbucam.fr/fr/en-direct-nie/
    Bon ils ne sont pas toujours là… pour le moment ils en sont aux accouplements divers et variés.
    Ensuite il y aura la ponte, la couvaison, les naissances, le nourrissage et l’apprentissage de l’envol…
    Un régal si tout se passe aussi bien qu’en 2017 ….

  13. Quel silence assourdissant, le président du WWF France a anesthésiè une bonne fois pour toutes les dernières velléités écologistes ?

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