Une rediffusion de l’été

Oui, bon, ce n’est pas nouveau, car cela a été publié ici même il y a trois ans. Mais peut-être n’étiez-vous pas là ? Ce texte vient de m’être remis en mémoire – Inès, merci -, et ma foi, j’ai soudain envie de lui donner une seconde chance. Je pense, je suis sûr, presque sûr que vous ne m’en voudrez pas. Au reste, vous pouvez aussi ne pas lire.

When I was eleven years old (complainte)

Lorsque j’étais un mioche, quand j’avais onze ans, un poste de télévision trônait chez moi, sur un meuble kitsch, qui nous regardait du matin au soir. Antédiluvien. Reptilien et tentateur. J’ai alors mangé tellement d’émissions que j’ai dépassé la dose tolérable, et que je me suis définitivement débranché. Mais tel n’est pas le sujet du jour.

Ce poste antique était doté d’entrailles intéressantes. On enlevait le capot fatigué, et l’on regardait briller les lampes et le tube cathodique. Mais parfois, l’image sautillait avant que de s’enfuir chez le voisin, et le drame pointait son mufle. Car déjà, la télé tenait la maison, et ce qui m’a servi de famille. Sans elle, l’angoisse n’était jamais bien loin. Il fallait donc appeler le réparateur.

Quel merveilleux homme ! Il arrivait avec une mallette plus grosse que celle du médecin, allumait le monstre malade, ouvrait bien sûr le capot, et là, je n’aurais cédé ma place à personne. Non, n’insistez pas : à personne. J’étais derrière le maître, lui-même posté à mains nues contre le dos de l’animal souffrant, et nous observions ensemble la bête.

Tout brillait pourtant, à première vue en tout cas. C’est-à-dire que je n’y comprenais rien. La petite lumière fragile cachée dans chaque lampe me semblait y être, partout. Heureusement, le réparateur connaissait la litanie des pannes, et avait tôt fait de débusquer l’absente, la défunte. Une seule lampe manquait à l’appel de la lumière, et le monde en était dépeuplé. L’homme ouvrait sa mallette, y piochait une lampe neuve, faisait l’échange en une grosse seconde, et la télé recommençait à cracher du Pierre Sabbagh (vous les petits jeunes qui ne connaissez pas ce dernier, inutile de tempêter, cela n’en vaut pas la peine, juré).

Aussi étrange que cela paraisse, ce souvenir des temps enfuis a un rapport de taille avec la crise écologique. Car il me permet de comprendre un peu mieux le moment stupéfiant que nous vivons. Quand j’étais un gosse, on réparait, amis de ce blog. Je passais des heures à traquer les bouteilles en verre vide dans les rues, de manière à les rapporter à la mère Noël – notre épicière – qui me donnait un franc pour chaque. Car ces bouteilles étaient consignées. Elles valaient. Et un type faisait la tournée de la ville pour charger dans son petit camion les montagnes de caisses remplies de bouteilles. Le verre n’était pas détruit, il servirait à de nouvelles beuveries.

On voit bien la marche du progrès. De nos jours, nous jetons rigoureusement tout, de plus en plus vite. De plus en plus radicalement. L’univers de l’industrie, je ne vous apprends rien, est celui de l’obsolescence organisée. Il faut tuer l’objet pour qu’il renaisse encore plus beau, plus jeune, plus fun. Essayez donc – je suppose que vous avez essayé – de sauver une machine à laver mal en point. Trois fois sur quatre, telle est en tout cas mon expérience, l’homme de l’art que vous aurez osé déranger aura un rictus. Non seulement vous paierez son déplacement en carrosse, et les menus frais afférents à l’équipage, mais vous devrez acheter un nouvel engin.

Je vais vous confier un secret affolant : cela pourrait se passer autrement. Oui, on pourrait aisément organiser la production d’objets d’une manière toute différente. Prenons l’exemple de la bagnole. Je pense que ce mode de transport, sous sa forme individuelle, est condamné. N’importe : pour l’heure, cette saloperie existe. Or rien n’empêche, techniquement, de concevoir une auto sous la forme de modules. De boîtes ultrasimplifiées contenant l’essentiel de la machine. Disons 15 pour le seul moteur. Chacune dotée d’une prise minuscule dans laquelle nous glisserions un vérificateur coûtant par exemple un euro.

Il nous renseignerait sur l’état du module et nous permettrait aisément de changer ce qui doit l’être, tout comme faisait le réparateur télé de mon enfance. Des magasins installés dans les quartiers permettraient de s’approvisionner à bas prix et de conserver une voiture disons cinquante ans. Ce ne serait certes pas la révolution, seulement une modification sérieuse du niveau de gaspillage voulu et même ordonné.

On pourrait faire de même avec la totalité des objets usuels, ce qui nous rendrait fatalement plus maîtres de nos vies, plus économes, plus malins, et sûrement pas plus malheureux. Sûrement pas. Les marchands n’auraient plus cette liberté infâme de rendre les ordinateurs obsolètes au bout de quelques mois d’usage, et les Chinois n’auraient plus l’obligation inouïe (ici, un petit film) de patauger dans nos déchets électroniques.

Ma petite question du jour, la voici : pourquoi le mouvement écologiste ne s’en prend-il pas aux objets eux-mêmes ? À cette manière qu’a l’industrie de les concevoir, de les emballer, de les détruire à peine mis sur le marché ? Pourquoi le mouvement des consommateurs est-il à ce point incapable de poser les bonnes questions ? Pourquoi cette acceptation sans condition de la publicité, reine-mère du mensonge social ? Pourquoi le téléphone portable est-il devenu en quinze ans ce si rutilant objet du désir commun ?  Pourquoi sommes-nous à ce point inertes ?

Peut-être aurez-vous une réponse à l’une au moins de ces questions ? Dans ce cas, n’hésitez pas à éclairer ma toute modeste lanterne. Et si, comme je le crains, vous n’en savez pas beaucoup plus que moi, eh bien, allons derechef nous allonger dans le hamac. C’est encore l’été, il me semble.

68 réflexions sur « Une rediffusion de l’été »

  1. Il n’y a pas si longtemps je me suis battue avec une imprimante…Sale objet configuré pour fonctionner le temps de la garantie!
    J’en suis pas fière parce que j’ai fini par la péter de rage.
    J’ai été plus de dix ans avec ma première imprimante; qui était entretenue une fois de temps en temps. Puis ne trouvant plus les cartouches j’en ais acheter une d’occas…Puis rebelote plus de cartouches en magasin! Cette année je m’en suis reprise une d’occas en sachant qu’elle était programmée à l’obsolescence, une qui n’avait pas bcp servi…Mais non elle a commencé des pannes et m’a bouffée des cartouches bien cher, les dernières n’ont pas fait trois jours et puis l’imprimante a cesser de fonctionner!
    J’ai vraiment râler ferme.

    Maintenant trône un objet neuf à côté de mon ordi…

    Il y a pas si longtemps j’ai vu à Arte un reportage sur ce que deviennent nos objets informatique en Inde…Comment ils sont recyclés, avec ou sans risque!
    Le plus débectant c’est que pour récupérer les métaux précieux, où ils doivent nous renvoyer les pièces où ils se mettent en danger et ce sans récupérer une partie de ces métaux précieux!
    Oui on leur envoie nos poubelles ils font le gros du sale boulot; mais nous renvoient les pièces contenant ce qu’il y a de plus cher; c’est hallucinant!

    Les objets high tech obsolètes sont envoyer en Chine, en Afrique, et en Inde; là une bonne partie est réparée pour avoir une seconde vie…Je suis d’avis qu’ils viennent nous donner des stages de réparation; parce le coup de l’imprimante j’ai vraiment beaucoup de mal a le digérer…Ici il n’y a plus personne qui répare; et pourtant c’est réparable, et ce a un coût raisonnable!

    J’espère que ma prochaine imprimante je trouverais une solution, ou que j’en aurais plus besoin, où que je la mutualiserais…C’est le genre d’incohérences que je trouve de plus en plus inconfortable!

  2. La lutte contre l’obsolescence programmée, est non seulement une des mesures les plus importantes pour économiser les ressources et l’énergie, mais aussi la moins contraignante à mettre en place.
    Avec l’informatique, ce n’est plus l’obsolescence programmée mais le remplacement imposé, perso j’ai du changer mon ordinateur de 8 ans, toujours efficace est rapide après suppression des mises à jour, mais qui n’est plus utilisable pour se connecter au net.
    PS, l’ampoule toujours allumée depuis 1901 et consommant 4W
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Ampoule_centenaire

  3. Concernant les écologistes, comme tous les mouvements « politisés », ce qui les intéresse, c’est avoir des sièges à l’assemblée nationale, pour faire comme tous les autres partis, voter des lois sans intérêt, et se joindre à la meute des adeptes de la croissance, pour perpétuer le modèle occidental des pays riches qui va à sa perte. Avec E.Joly, de toutes façons ils ont déjà perdu d’avance. La plupart des femmes que je rencontre ne voteront pas pour elle, parce qu’elle est « moche »(sic). D’où la deuxième explication concernant notre modèle sociétal de fonctionnement. Celui qui explique notre passivité.

    Car l' »inertie » découle du même réflexe. Il faut dans ce monde de con-sommateur être « beau, tendance et branché », sinon tu passes pour un c.., un plouc pour être plus poli, et cette attitude, ce comportement qui consiste à ne pas dépareiller est un atout considérable pour les voyous du marketing qui misent sur mimétisme. Perso je continue à utiliser mon mobile qui a plus de 10 ans au grand dam de mes amies qui osent encore me fréquenter.

    Et ainsi la roue tourne, telle une noria, tractée par deux bêtes de trait que sont la « mode » et la « tendance ». Malheur à celui qui les condamne, on ne lui adressera même plus la parole.

  4. En tant qu’ingénieur, j’ai quelques éléments de réponse à apporter, grâce à mon expérience personnelle et à mes relations de boulot/promotion du cyclisme.

    Les ingénieurs n’aiment pas travailler sur de petits trucs. Quand ils bossent dans les routes, ils veulent concevoir des ponts, des autoroutes à huit voies, mais quand on leur demande une piste cyclable sur 300 mètres, c’est pas super fun comme projet. Même un trajet cyclable de 5 kilomètres avec de nombreux points de friction vélos/voitures à corriger, ça ne les branche que « moyen ». Un gros pont, quitte à défigurer une ville, ça, ça les excite.

    De mon expérience, la raison principale est le « prestige ». Bosser sur un gros projet avec 20 personnes a plus de gueule qu’un projet équivalent, qui marche, mais où il n’y a que deux ingénieurs. Non, « moi je travaille sur un gros projet », « il nous faut 18 ingénieurs pendant 15 mois », « on va tout reprendre de zéro » et autres « notre projet est super complexe (quitte à ce que ce soit faux, voire pire, qu’on le rende volontairement complexe) » font que ce ne sont jamais des solutions simples, standard, qui sont choisies.

    Dans la banque où je travaille, les clients ne sont pas représentés de la même façon sur les différents systèmes informatiques. Quand je demande si c’est possible de réfléchir à standardiser ça, on me dit non, impossible. Quand je propose qu’au moins les adresses des clients soient toutes au même format (comment on représente la rue, le numéro, etc), on me répond aussi que c’est impossible. Je ne parle pas de l’informatique en général, ni même de l’industrie bancaire ou d’un groupe au sein de cette industrie, je parle d’une seule banque au sein d’un seul groupe de cette industrie…

    Alors, tu vois, avant qu’il y ait un filtre à air standard, fusse un modèle par marque, hein… Il faudra une volonté politique terrible, qu’on le veuille ou non, car la solution technique NE VIENDRA PAS DES TECHNICIENS. Et en attendant, les politiques et les industriels favorisent la non-standardisation dans tous les domaines, en particulier via le moyen abject des brevets. Et j’aurais aimé qu’un parti, ou un candidat, un seul et j’eus été heureux, en parle, de ces problèmes d’objets et de technique.

    Je voterai quand-même en 2012, contre la corruption mais avec un espoir ridicule, que ce pourrait tout de même avoir un tout petit effet, et surtout parce que c’est encore gratuit, même si on paye ces horreurs antidémocratiques de « machines à voter électroniques » par nos impôts…

  5. « Pourquoi sommes-nous à ce point inertes? »
    Très bonne question, en effet. Ignorance, bêtise, avidité de cet homo si mal nommé « sapiens », dont la conscience infantile semblerait bien incapable de gérer les effets désastreux de tout ce que le fameux gros cerveau a développé?
    Je préfère ne pas trop approfondir et relire Borges dont c´est l´anniversaire aujourd´hui. Il aurait eu 112 ans. Un très grand Monsieur.

  6. Je ne me souvenais pas de ce texte…
    En effet, « avant », n’importe qui un peu féru de mécanique pouvait réparer sa voiture soi-même. C’est pareil pour tous les objets qui nous entourent : de plus en plus fermés, complexes, donc jetables.
    On trouve bien des containers de dépôt de verre un peu partout, mais le problème c’est le plastique. Toujours plus, partout, et qui remplace le verre de plus en plus !… Son recyclage est limité. Qu’allons-nous faire de ces déchets qui ne brûlent pas vraiment et ne se décomposent pas non plus, sinon en myriades de particules ?…

  7. Il y a un domaine ou tout est réparable: le vélo.

    C’est mon métier: réparateur de vélos.
    On peut prendre un vélo de 30 ans, voir même de 1930 et le faire renaitre à la vie. Toutes les pièces sont trouvables ou tout peut être adapté pour être un peu plus à niveau avec des pièces de maintenant.
    On trouve encore des roues, des chambre à air ou des pneus dans des tailles qui ne sont plus utilisées par les fabricants. On peut même dire qu’on ne subit pas une hausse de prix démentielle. Même si les factures peuvent parfois être « salées », lorsqu’on regarde le détail des factures, on se dit « ça va ». Prendre une épave totale et la remettre à niveau, ça peut couter moins cher qu’un vélo neuf d’entrée de gamme.
    Il est fort intéressant de constater que le réparateur indépendant (pas celui des grosses chaines type décathlon) est ressenti comme un acteur de quartier.
    La réparation de vélo n’est pas un métier qui se meurt, mais bien qui prend de l’expansion. Voilà donc un exemple d’activité à suivre.

  8. Il me semble que le portable « répond » a une recherche d’évasion de la solitude ,qui est vécu comme une prison ou toute possibilité de vivre est impossible.La communication, meme de base ,est une trame ou l’impression d’avançer reste vivace.L’humanité reste polarisée sur l’échange ,monétaire comme celle du language.
    Nous somme inerte car étant comme le mouton dans notre façon de coexister avec l’entourage.Nous suivons ,d’autres qui par des codes et des clée communes ,communiquent des concepts ,des légendes ,des objets in(nertes?),qui nous influences ,nous conditionnes comme des ….objets manufacturé ,par des lobbys ,qui s’enrichissent,en défrichant le monde naturel,et asservissent le peuple ,a leurs croyances a l’argent,et ce dernier n’est que l’objet qui a transformé l’homme et la nature en objet et a donné un monde sans nuance comme les 2 faces de la politique.La pub est hypnotique,et comme les film,elle donne a l’inconnu l’impression d’etre acteur ,d’aller au déla de l’image,et ce vivre ses reves,creer par d’autres.Nous somme a la dérive car dépendant d’une houle ,qui nous poussent à etre des insulaires impuissants,dans cette océans d’argent,qui brille et qui n’existe pas.

  9. Texte fort intéressant !
    Nous sommes dans une culture de la consommation qui a besoin de l’inertie et de la léthargie des consciences qui seule permet à la croissance de l’économie et des égos de se développer au nom du bonheur de l’humanité . Cette inconscience est élevée au rang de philosophie qui a ses propres ouvrages de référence à travers le spectacle de la publicité comme à travers l’investissement de divers lobbies de la culture , de l’agriculture , de l’industrie , de la chimie, etc … Posséder le tout le dernier cri du consommable est, au fil du temps, devenu pathologiquement le réflexe d’un instinct de survie et de reconnaissance sociale … Ainsi , jusque dans les milieux les plus déshérités de la planète le téléphone bien plus que le pain est-il devenu la chose la mieux partagée au monde … Politiques et spéculateurs de tous poils sont aux manettes qui créent et comblent la normalité de nos obsessions humaines toujours insatisfaites … Comment peut-on avec leurs arguments résister au dernier Blackberry , au dernier Iphone, ou autre, sans déclassement social ? Tout a été fait pour que la pauvreté , intellectuelle , culturelle et sociale, dans nos pays riches, soit liée à l’absence de possession du dernier cri de la technologie . Technologie ,avec ses biens de consommation et sa consommation qui fait du bien, sur laquelle se sont rués les émeutiers Anglais lors des manifestions récentes … Technologie dont ils seront au final les victimes …
    L’écologie devrait s’assigner l’exigence de répondre à ces quelques questions qui fâchent si elle veut s’assurer un environnement politique durable . Mais y a t-il une écologie de pouvoir qui veuille aujourd’hui envisager pour l’homme des cycles de productions , d’usages et de consommations plus responsables et économes au risque de devoir s’affronter aux intérêts égoïstes de beaucoup d’entreprises ? Vraiment ? … Malheureusement ces questions mériteraient de rompre avec le serpent de la croissance qui se mort la queue de la consommation en faisant un cercle par trop vicieux . Comment envisager autre chose de positif quant moins consommer et mieux consommer sont assimilés à la régression sociale de notre civilisation et que le partage des richesses est toujours à sens unique ? Comment envisager pour l’homme d’autres voies quand chaque jour bourses et économies appellent à la reprise de la consommation sous peine de faillite mondiale ? Ce n’est que quand le véhicule de notre économie, lancé à grande vitesse et sans frein sur le mur de la croissance, aura rencontré et subi l’impact que l’homme imaginera des trajectoires différentes à son destin . Il faudra donc que nous ayons le nez dans le caca pour pouvoir répondre à des questions qui pour l’instant ne font qu’appeler d’autres questions … Questions sans réponses qui puissent être entendues par la grande majorité des consommateurs et de tous ceux qui rêvent et ambitionnent de faire de cette consommation leur ascenseur social vers le 7éme ciel de la réussite …

  10. Il faut absolument regarder cette vidéo de Michael Ruppert (pas eu le temps de vérifier si tu en as déjà parlé, Fabrice) pendant qu’elle est encore visualisable… :
    http://novusordoseclorum.discutforum.com/t6977-collapse-leffondrement-michael-ruppert

    Elle entre en résonance avec les esprits de ce blog. C’est impressionnant. Michael Ruppert, lanceur d’alerte depuis plus de 30 ans !! (mais que personne n’écoute), comme toi Fabrice, balaye tout dans cette longue interview, chargée de vérité, d’émotion…impressionant. C’est grave.
    Cette vision lucide fait peur…

    Attention, celle postée sur Youtube a déjà été supprimée…

    Bonne journée…

    Pierre des Alpes.
    (j’ai cueilli 20 kilos de figues ce matin, qui en veut ?)

  11. @ Marie je confirme que l’ampoule de Livermore fonctionne depuis 1901! C’est une ampoule d’avent le début de l’obsolescence programmée.
    Elle a droit à une fête d’anniversaire chaque année!

  12. @ Phamb « apprendre à équilibrer l’horreur et l’amour (bon sang de bois ce que c’est difficile !!!), le jeu, le rire des gens…compter les sourires que l’on crée »… »le défi c’est grandir et murir » , et chez Thoreau : « C’est notre courage que nous devrions partager, non pas notre désespoir » .
    Des figues, veinard !!!Ici, au fil des balades, ce sont les quetsches et les mûres .

  13. Bien sur que l on pourrait encore faudrait il le vouloir! L homme est un animal inconscient il veut ce qui brille, ce qui est nouveau ce qui change son triste ordinaire. La pie vol les objets brillants parait il, le chien détruit les chaussures de son maitre ses tapis son automobile, tout l attire et nos bons entrepreneurs avides de fric savent sur quelle corde doivent nous faire danser les ethnologues publicistes.
    J ai un vieux portable qui a cinq ans et les touches sont quasi illisibles, tous mes jeunes élèves sont armés de blakberry et d iphone et ne comprennent pas pourquoi je trimbale ce vieux truc, tout simplement parcequ il marche encore !
    Suis pas sur que les jeunes d aujourd hui sont ceux qui nous sauverons demain mais je pense que c est à nous de leur dire que le chemin qu on leur fait prendre n est pas le bon et que ça va etre à eux d infléchir la tendance, tout le travail est là …

  14. Marie, apparemment l’ampoule est allumée en continu (hormis quelques interruptions) depuis 1901, et ne consomme que 4Wh.
    Avant 1914, les ampoules fonctionnaient souvent plus de 20000 heures, après la première guerre mondiale, les fabricants se sont entendus pour vendre des ampoules d’une durée de vie moyenne de 1500 heures.

  15. @Arnaud
    Tout n’est pas faux dans ce que vous dites.
    Simplement votre notion de « bons entrepreneurs avides de fric » est un peu exagérée. Il y a beaucoup de patron de TPE (la majorité) qui survivent dans ce bas monde. Ceux dont vous parlez sont loin d’être représentatif mais ils accaparent notre « espace cervical rendu disponible ».
    L’homme est devenu inconscient parce qu’on lui a imposé cette inconscience à travers la médiatisation lobotomisante.
    Il y a tant de chemins parallèles à prendre.
    Et qu’il faut faire prendre à nos enfants. Et c’est la question la plus importante qu’il faut aborder maintenant (et qu’il faudrait plus aborder sur ce forum) : l’Education de nos enfants sur ces voies parallèles.
    Comment aborder ces sujets tristes, noirs, pessimistes (puisqu’on est d’accord à peu près sur tout sur le diagnostic de la situation actuelle) sans affoler tout le monde et à tout âge.
    Comment amener ces sujets avec des bambins de 10-12 ans. Puis comment les expliquer aux ados qui sont dans le tout matériel superficiel. Puis comment s’entretenir sur la responsabilité de l’avenir à des majeurs qui se tournent vers l’avenir (18-20 ans).
    Moi, je sais que j’ai le plus grand mal. J’ai peur que ce tabou ne brise quelque chose dans l’amitié, dans l’amour de la famille, etc…Je pense que si on arrive à briser ce tabou de la conscience, on sera beaucoup mieux pour aborder les problèmes. Car ils seront inévitables (ils sont déjà là d’ailleurs mais on nous les cache…)

    Ce soir, confiture de mûres !! Ha ha.

  16. @ Gilbert
    Tout ces problèmes d’arbitrage en termes de stratégie industrielle sont rien à côté du vrai problème qui se pose dans une génération : la chèreté de l’énergie due à la rareté du pétrole.
    Tout notre « capital de biens de consommation » si j’ose dire, a été bâti grâce au pétrole. Quand il n’y en aura plus (avec toutes les conséquences même en amont de cette pénurie), on sera dans la mouise. Il n’y aura plus de téléphone portable dernier cri car plus les moyens pour les produire…Et les acheter. Et c’est valable pour quasiment tous les produits qui ont été fabriqués grâce au pétrole et au gaz naturel (notamment bagnole, avions, télés, pour ne parler des plus gros,etc…).
    La vidéo de Ruppert (voir mon lien précédent) est à mon sens majeure. Il est impératif de la voir.
    Nos modes de vie vont changer car les objets vont être chers et donc non achetables. On va se rabattre sur l’essentiel et cet « essentiel », il faut le penser maintenant, avec toute notre ingénuosité tout en partant du principe que nous ne pourrons pas vivre au dessus de nos moyens comme aujourd’hui (avec cette gabegie permanente qui fait vraiment gerber). Il faut se trouver de nouveau besoins qui ne soient pas forcément accès sur la gadgétisation dans le quotidien.
    Là est notre tâche du futur.
    Le reste, c’est du blabla.

    On parle souvent de charge sur les générations futures, mais il ne faut pas se leurrer, nous quadras, quincas, sexta, allons VIVRE cette transition. Ne l’oublions pas et mettons nous à la tâche avec nos enfants.
    Il y a un bouquin qu’il faut acheter et qui traite de cette nouvelle prise de conscience :
    Rob Hopkins, « MANUEL DE TRANSITION, de la dépendance au pétrole à la résilience locale ».
    Hyper intéressant.
    Il faut bouger en local, réveiller nos élus, créer des collectifs, des AMAPs, des circuits courts, etc…Tout est sur la table. Il faut reconstruire, tranquillement, tout de suite. Sinon c’est le chaos. Moi, je ne veux pas le chaos. C’est ça qui me fait espérer positivement…
    Et je ne regarde pas la télé, et je n’ai pas de i-phone. Mais j’ai mon petit potager collectif…

  17. La solution n’est pas forcement dans tous les cas de faire durer. L’économie est un flux. Rien ne se garde. Comme me disait un maçon d’age mur alors que je vitupérait contre le manque d’entretien d’une vieille maison, « les maisons se délabrent, c’est comme le reste ! Heureusement qu’il n’y a pas que nous qui vieillissons ! » En fin de compte ce qui est important c’est le flux complet de la production, de la naissance a la mort. Il y a des tribus ou les gens décident d’abandonner leurs maisons après un certain temps. En les réparant elles dureraient pour toujours mais un jour, c’est comme s’ils en avaient assez, et ils décident d’arrêter de réparer et de reconstruire un peu plus loin. Personne dans le village n’est intéressé pour reprendre cette maison abandonnée qui s’écroule en quelques années. Et ça n’a aucune conséquence écologique parce que ces maisons sont en terre. Donc, faire durer est surement un aspect de la solution pour les objets ou produits polluants ou dangereux, mais ce n’est pas la solution unique.

  18. @phamb,

    Vite ! vite ! Sinon la censure du Nouvel Ordre Mondial (1) va effacer ce joyau de mise en scène américaine alarmiste, complotiste, victimiste, survivaliste et anxiogène avec les gros souliers du Titanic, les grosses ficelles de « qu’aurait fait celui qui aurait croisé le jeune Hitler » comme leviers d’acceptation.

    Accepter quoi d’ailleurs ? Le soi-disant secret qu’il révèle dans l’ombre, à nous qui aurions la chance de l’écouter dans la salle secrète est ce que l’on entend à longueur de journées sur le développement durable et ne remet pas du tout en cause la forme de vie capitaliste et le travail-marchandise source des problèmes que nous connaissons.

    Juste le classique Peak-oil, la planche à billet folle, la « bombe P » due au pétrole, la méchante financiarisation qui aurait ruiné le meilleur des mondes capitalistes des bons travailleurs du capital sain et productif.

    Il faudrait selon lui concilier croissance et limites énergétiques et limites naturelles…

    phamp d’ordinaire j’aime bien vos commentaires mais là…
    🙂

    (1) : alors que le seul Ordre Mondial qui soit est la machine-travail, intériorisée dans les anfractuosités les plus intimes de tous ceux qui ont adopté la forme de vie absurde capitaliste.

    (2) nous travaillons pour de l’argent, pour se payer le fruit du travail de ceux que d’autres ont produit et nous nous rapportons les uns aux autres en échangeant des marchandises et selon l’indicateur suprême du travail abstrait -l’ensemble des travaux des tous les hommes- , le Marché.
    Et cela est propre au seul capitalisme, qu’il soit néolibéral, ou d’Etat ou du Plan (communisme).

  19. Fabrice, merci pour ce goûteux petit texte, beau comme une chanson de Sarclo ! (Une heure après l’avoir lu, j’ai encore l’odeur des lampes et de la cire cramée des bobines sur le bout de la langue)

  20. A Fabrice de l’hamac.

     » Quand j’étais un gosse, on réparait, amis de ce blog.  »

    M’ouais…Maintenant aussi, mais ce n’est plus l’amer Noël, c’est le père Noël qui a le filon.

    P.S. le vert, recyclé, peut servir à de nouvelles beuveries.

    Esmoral ?

  21. Pour l’éducation des jeunes, le pire que l’on puisse faire c’est probablement de leur asséner du bla-bla. Et le mieux que l’on puisse faire c’est probablement de prendre des mesures concrètes pour changer nous-mêmes. Rien n’échappe a leur regard innocent mais perçant !

  22. Plutôt que de nostalgier, rêvons l’avenir. On pourrait commencer par une entreprise originale: elle ne fabriquerait que du simple, du solide, du durable, du réparable.

    Elle pourrait commencer modeste, au hasard des compétences de ses promoteurs. Pour se financer, elle ferait appel à la finance solidaire (ça existe, laissons pas dégénérer la chose, contrôlons, remettons si besoin dans le droit chemin).

    Une fois l’idée partie, qui l’arrêterait? Plein de monde, du beau monde, se déchaînerait contre elle, mais on serait tous là pour se mettre en travers. ON VEUT PLUS jeter des trucs auxquelq manque seulement un pti bout de fil de fer pour fonctionner. ON VEUT PLUS acheter des trucs qui meurent à peine nés. ON VEUT PLUS, ET BASTA!

  23. Pas mal, la vidéo de Ruppert. On n’y apprend rien de nouveau, mais tout est dit là. Et aussi : tout arrive plus vite que prévu…

  24. A propos de téléphone portable: ne pas oublier les CHARGEURS. L’idée d’un chargeur polyvalent, qui permettrait de dépanner la copine qui a oublié-perdu-cassé le sien, cette idée simple ne semble avoir éclos dans aucune tête. Même deux téléphones de la même marque… n’ont pas le même chargeur. On délire pas un peu, là? Il doit y avoir dans nos poubelles plus de chargeurs que de téléphones. Et c’est pas peu dire.

  25. @lionel
    « Il faudrait selon lui concilier croissance et limites énergétiques et limites naturelles… »
    Je n’ai vu nulle part cela dans la vidéo.
    Il ne parle pas de conciliation, il parle de confrontation, c’est pas pareil. Et il dit (et c’est pas nouveau effectivement) que la croissance infinie n’est plus possible (c’est pas vrai ?).
    Vous ne croyez pas au Pic Oil, encore moins à cette dérive capitalo-financière qui détruit tout, y compris la Terre nourricière. Bon ok, et donc ?
    Qu’est ce qu’on fait ? On retourne dans le hamac ?
    Je vous sens un peu fataliste là.

    D’accord avec votre point 2) sauf qu’il faut simplement redéfinir le Marché en question : Type de besoin, type de produit, type d’échange, etc…

    Si vous n’êtes pas d’accord avec la situation décrite par M. Ruppert, quel constat faites-vous qui puisse nous rassurer ?

    Lionel : Avez-vous déjà essayé de vous passer d’une voiture pendant 1 semaine ?

  26. @Lionel,
    Joyau de la mise en scène alarmiste. Peut-être. Survivaliste et anxiogène : oui. A dessein. Mais la réalité des faits énoncés l’impose, non ?
    Ruppert aboutit notamment à la conclusion qu’il faut revenir, urgemment, à un modèle d’économie locale. Basé sur une agriculture vivrière – naturelle – de proximité. Je ne vois là rien à redire.

  27. @ lionel
    As-tu regarder la vidéo en entier ? A quel moment dit-il qu’il faut concilier la croissance avec quoi que ce soit ?
    Certes, le ton est alarmiste, la mise en scène à fond sur le pathos, centré sur la personne de Ruppert. Bien sûr on a déjà entendu ça (le film date de 2008).
    Mais il dit clairement que le modèle de croissance – et les sociétés industrielles en général – qu’on le veuille ou non se heurtera à un mur.

  28. Il faut reconnaître que Lionel a raison sur notre rapport au travail « : alors que le seul Ordre Mondial qui soit est la machine-travail, intériorisée dans les anfractuosités les plus intimes de tous ceux qui ont adopté la forme de vie absurde capitaliste. », la réduction est nécessaire, de plus elle n’empêche pas une sobriété heureuse et réduit ainsi notre empreinte écologique. Travailler plus pour gagner plus, pour dépenser plus (essence, voiture, écran plasma…), a pour conséquences de procurer de l’argent aux drogués de la finance, et du travail supplémentaire aux habitants de cette planète mais pas forcément plus de bonheur.

  29. Autre chose, la courbe douce et lisse courbe descendante après le pic oil, est un scénario optimisme dans le quel l’adaptation est facile, c’est à dire une situation sans spéculation, avec anticipation des sociétés pour réduire leur consommation énergétique, une bonne répartition des ressources, et une absence de conflit pour s’approvisionner.
    La réalité sera probablement différente, aussi il n’y a pas un moyen miracle pour se sortir de la panade, mais aucune action n’est à négliger pour réduire la casse : la lutte contre l’obsolescence programmée; l’amélioration de l’efficacité énergétique; les économies d’énergie; un développement réfléchit du renouvelable; un meilleur partage des richesses et du travail; la réduction du superflu et du gaspillage entrainant également une diminution du temps de travail; la réduction de la consommation de viande, le choix des achats; le contrôle par les citoyens de la santé, de la finance, de l’éducation, des médias et de l’énergie, une réduction des conflits armés; une révision de la politique agricole…et ce n’est pas forcément un retour à l’âge de pierre.

  30. J’ai regardé les commentaires de 2008, je m’imaginais un des plus jeunes du blog, et bien je me rends compte que ce n’est pas le cas. PS, j’ai aussi connu la télé en noir et blanc dans les années 80, nous devions êtres les derniers du village a en avoir une, j’en ai vu également chez des amis en Ariège et dans le haut Comminges à la fin des années 90.

  31. @Philou
    Les drogués de la finance en profite maintenant avec le vivant…!! Ca spécule sur les matières premières , sur les terres, sur les semences !!
    Mais quelle honte !!
    Nous avons besoin d’une grosse insurrection des consciences…
    Aujourd’hui sur France Culture, un gars prônait de mettre l’argent dans la recherche pour améliorer le productivité sur les espaces agricoles…!!
    Pas un ne dit que les produits phytosanitaires vont disparaître de facto avec la disparition du pétrole et qu’il faut se rabattre en urgence sur une agriculture vivrière. Pas un ne dit clairement (comme l’ont pourtant fait Fabrice et Veillerette dans leur ouvrage consacré aux pesticides et comme le disent les Bourguignon) que ces produits font mourir les sols !! Que les agrocaburants sont le pire scandale sur cette planète…!! Pas un dans ces émissions.
    D’ailleurs Fabrice, pourquoi ils ne t’ont pas convoqué à cette émission ? Entre 18 et 19h aujourd’hui sur France Culture ?

    Bonne soirée.
    Pierre des Alpes…

  32. @phamb (et @ d’autres, surtout sur le peak oil)
    Je ne suis absolument pas d’accord. Il ne faut surtout pas croire que le prix de l’énergie augmente et qu’il va provoquer des changements. L’essence est moins chère aujourd’hui qu’en 1960, et la preuve, au delà des calculs en francs/euros constants, est facile : la population en consomme plus. Point. Tout est plutôt de moins en moins cher, mais on veut surtout consommer plus. De l’énergie fossile, sur la planète, il y en a pour bien plus longtemps que nous ou nos petits enfants ne puissions en voir la fin. Pétrole, gaz de schiste, schistes bitumeux, charbon, on a de quoi tourner pendant encore des siècles au rythme ou nous sommes maintenant. Il faudra donc faire cette révolution sans considérer le prix de l’énergie, malgré le prix bas de cette énergie. Ça ne rend cette révolution que plus difficile et improbable.

    A noter que c’est parce que le prix de l’énergie est très incomplet, sous toutes ses formes. Pour le nucléaire, c’est évident avec les coûts de démantèlement des centrales non pris en compte par exemple, pour le pétrole c’est plus subtil, avec le fait que consommer plus de pétrole implique d’en consommer plus (construire des routes, acheminer l’essence, construire les véhicules, etc.). Ceci sans même considérer les aspects environnementaux, juste en se plaçant sur le plan financier. Mais de la même manière que personne ne peut prédire le cout de démantèlement d’une centrale, personne ne peut calculer les coûts environnementaux, et surtout personne ne veut les calculer. Et de toute façon, ça voudrait dire quoi, « cette foret vaut deux milliards d’euros ». Si on la bousille, la compagnie qui s’en charge doit payer deux milliards à quelque chose (une agence, évidemment) et c’est bon ? Non, le coût (financier) est non seulement impossible à calculer, mais il ne veut surtout rien dire. Ça vaut combien, une espèce de grenouille ?

    Le lendemain de la catastrophe de BP dans le Golfe du Mexique, le premier ministre de Nouvelle Zélande autorisait l’exploration pétrolière à grande profondeur à l’est du pays. Obama, après avoir négocié avec le Japon pour les autoriser à chasser la baleine, autorise l’exploitation pétrolière en Arctique. Franchement, du pétrole, si on se balance des pétrels et des phoques, on en a plein et pour longtemps, hélas. S’il n’y a pas de changement profond de nos habitudes, la petite opposition que l’on rencontre aujourd’hui contre les gaz de schiste sera balayée par le plus grand nombre au moindre frémissement du prix du pétrole, et leur exploitation débutera, en France, en Espagne, partout.

    Pendant des années, j’ai cru que le peak oil allait changer quelque chose ; en fait, non, il ne changera rien, il ne CHANGE rien, puisqu’il s’est a priori déjà produit (2006 d’après ce que je lis), mais alors rien. Rendez-vous dans trente ans. S’il y a eu des changements, ce ne sera surement pas à cause du peak oil, d’après moi. D’autres ressources disparaîtront avant, avec des conséquences plus dramatiques (« ressources » hallieutiques en particulier). On videra les mers bien plus vite que les réserves de pétrole et de charbon.

  33. @ Gilbert Sanseau
    Il me manque des informations précises pour te contredire ou confirmer tes propos. Mais le fait que le pétrole soit de plus en plus consommé n’est pas une preuve de la baisse du prix. Nous somme juste de plus en plus dépendants.
    Cela dit, c’est vrai que l’urgence concerne la pénurie de TOUTES les ressources naturelles (métaux, poissons, terres arables, eau potable…).

  34. @Gilbert
    Encore un candidat au hamac…?
    On ne veut pas donner un prix complet car le prix des matières premières (en tant que telles) est gratos…
    Les ressources naturelles nous sont fournies gratos.
    On se sert et on détruit petit à petit en transformant…Regardez l’état (environnement, social,…) du delta du Niger et vous comprendrez…Ou de l’Alberta au Canada.

    Bien sûr que ça change.
    Le prix de l’essence va atteindre les 2 €. Vous ne le voyez pas ? Vous n’avez pas de voiture alors ? On fait du covoiturage pendulaire pour alléger la facture. Donc ça change. Doucement, mais ça change. Doucement comme la montée progressive des prix de l’essence qui casse le peu de pouvoir d’achat qui reste aux classes moyennes.

    Si on s’oppose fermement aux Gaz de Schistes, croyez-vous que les industriels vont nous rouler dessus ? Ca serait criminel. On entrerait dans un autre projet de société…
    Vous parlez des ressources alimentaires. Très juste.
    Pensez-vous juste que 25% des terres agricoles soient destinées à remplir nos réservoirs de bagnole ?
    Les sols se meurent car on a fait de l’agriculture intensive alors que la microbiologie du sol (gratos) fait tout le boulot pour nous. C’est pas irresponsable ça. C’est criminel. C’est la plus grande honte de tous les temps.

    J’ai tout faux là ? Je suis naïf ?

    La tendance à la cécité ambiante (surtout chez les politiques) me rend nerveux.

    PS : Je vous cite : « …Franchement, du pétrole, si on se balance des pétrels et des phoques, on en a plein et pour longtemps, hélas »…
    Merci pour les phoques et pétrels…
    Mais à quel prix le pétrole qui sera plus cher à extraire ?

  35. Concernant M. Ruppert,
    en regardant la dernière vidéo mise en ligne sur son site (collapsenet.com), j’avoue ne pas trop savoir quoi penser. Je comprends que lancer des alertes sans être écouter pendant 30 ans puisse causer colère et frustration, mais on lit de la haine sur son visage, presque la folie. D’instinct, on se met à douter du personnage et de ses propos, ce qui ne sert sûrement pas sa cause.
    Fabrice a sans doute souvent enragé de ne pas être écouté, mais je n’ai encore jamais vu de vidéo où il fulminait devant sa webcam en balançant des noms « On a dîné ensemble, pourquoi tu ne dis pas mon nom ?! … »
    D’autre part, il explique dans collapse que le désir d’argent est probablement la cause des plus grand troubles. Soit. Alors pourquoi son site comporte un espace abonnés payant ?
    Mais bon, je ne voudrais pas jeter la pierre trop vite, il semblerait qu’il ait effectivement abattu un travail important et que ses prévisions se soient avérées plutôt justes.
    Fabrice, tu connais peut-être son travail, pu en vérifier le sérieux et te faire une opinion ?

  36. @ Philou : when I was 36 years old . Comme le temps passe ! Moi aussi j’ai relu les commentaires, ça ma fait tout drôle . Il y a 4 ans, j’espérais que les best-sellers de Fabrice allaient servir de poudre à une révolution de masse . Ce que j’ai le moins accepté, c’est le silence radio de tous sur « la faim, le blé, la bagnole et nous » . Dès que l’on parle des conditions d’extraction des matières premières et de vie des autochtones, ça n’intéresse plus et là je suis en colère et triste .
    La récession chez nous ne me gène pas, au contraire, je l’appelle de tous mes voeux .Si nous devons consommer moins, c’est moins à cause des pics machin chose que des carnages qui ont lieu à chaque instant au nom de Notre huile, Notre essence, Notre eau et compagnie .Si nous devons consommer moins, c’est surtout pour mériter le nom d’homme .
    Au sujet des jeunes, je pense qu’ils ont raison de se gausser de notre génération qui contemple toute la misère du monde sur des écrans de toutes tailles , avachie dans des sofas . Je préférerais qu’ils nous trouvent dignes d’être écoutés .

  37. @ Fabrice,

    Ce n’est ni la science (façon d’utiliser les concepts, au contraire des mythes ou de la poésie) ni l’empirie (façon d’utiliser notre faculté technico-industrielle, au contraire de la magie ou de la plastique – approche esthétique // poésie pour le langage) donc la technologie qui est en cause; mais la façon dont elle est dépendante de l’économistique – économystique?.

    économistique= gestion socialisée et amorale d’échanges valorisés.

    L’économie au contraire, comme gestion socialisée d’échanges valorisés suppose le comportement moral donc autolimité des gens… Or, la pub précisément, les techniques de commercialisation et de vente aussi ont précisément pour objectifs de supprimer ou court-circuiter les freins ou réticences morales, bien avant que viennent jouer des mécanismes identificatoires à quelques nantis qui disposeraient des gadgets derniers cris.

    Le job du politique digne de ce nom consiste, je te le répète une fois de plus, à codifier les choses de façon si serrée et si précise que celà permettrait de montrer les défaillances d’autolimitation. Nous aurions alors la possibilité, et en connaissance de cause, de choisir qui pourrait-être décideur, et en quelque domaine que ce soit politique bien sûr, mais aussi bien financier industriel médiatique religieux etc.

    Les individus aphasiques ou atechniques se font très vite remarquer par leurs défaillances. Différents troubles de la socialité et de l’autolimitation sont au contraire socialement valorisés, on les appelle battants gagneurs etc. Il n’y a pas si longtemps encore l’Occident avait ses Saints ou Panthéonisés, depuis Stars et Bling-Bling s’y sont substitués.

    Le pendule repartira bien dans l’autre sens…la question consistant juste à illustrer correctement deux modèles théoriques relativistes (sociologie et axiologie dialectiques) pour éviter les excès inverses.

  38. surtout surtout ce qui manque,car cela a été sapé, année après année, et détruit, et pour cause, il vaut mieux avoir affaire à des citoyens hors sol : c’est le sentiment d’appartenance à un territoire qui serait le lien pour tout ceux qui y vivent et y sont nés. une attache concrète par delà les siècles; malgré les mouvements de population, comme une première couche qui fait tenir tout le reste.. on pourra toujours se raconter des histoires, je suis triste; je crains pour la belle bleue les côtes italiennes sont assaillies de demande deforage..idem ici au large de Marseille (je crois); en fait les industriels du secteur et la plupart des braves citoyens s’en fichent. que faire? il y a oui, de quoi avoir la haine!

  39. quant aux jeunes Benedicte; ils sont bien heureux, sous la coupe des vendeurs de divertissements; ils ne sont pas plus reluisants que notre génération!

    maintenant pour chacune de ces 2 catégories, tout le monde n’est pas à fiche dans la meme case.

  40. @ marie bien-sûr que tout le monde n’est pas à mettre dans la même case ! Mais les jeunes, en générale, je les trouve chouettes avec leur soif d’autre chose .

  41. sinistres nouvelles de l’été dans S!lence de septembre, le rapprochement de 3 infos qui me glacent le sang.
    29 juin : une militante italienne de 65 ans est écrasée par un blindé des carabiniers, lors de l’attaque du camp de résistance au percement du tunnel du Val de Suze (TGV france-italie).
    30 juin : F Fillon C Guéant et G Longuet signent le décret n° 2011-795 qui dispose que les forces de l’ordre ont l’autorisation d’user d’armes de guerre et de leurs munitions dans le cadre du maintien de l’ordre public contre les fauteurs de trouble (fusil à répétition calibre 7,62 x 51 mm)
    7 juillet : 11 députés seulement, pour voter la loi instituant la nouvelle carte d’identité obligatoire, dotée d’une carte RFID (lisible à distance) et comportant les données bio-métriques de la personne, dont les empreintes digitales de 8 doigts, ainsi qu’un fichier centralisé de toutes ces données. TOute la population. Obligatoire.

    QUI EN PARLE ? QUI DIT NON ?

  42. Militante italienne Voilà ce que m’a répondu un militant:  »

    C’est une rumeur reprise par Indymédia et Bellaciao à l’époque qui n’à pas été confirmée par les No-TAV. »
    J’ai demandé sur place s’il avaient des prisonniers incarcérés; mais non, l’Etat Italien évite apparament d’élargir la boucle de solidarité autour des No-Tav. »
    ..suivi en çà par tous nos medias

  43. À Nanie,

    Pour les tirs à balles réelles, il s’agit d’une rumeur liée à une mauvaise interprétation. Le Monde du 17 août écrit ceci :

    « C’est LA rumeur de l’été sur le Net. « Depuis le 1er juillet, la police peut tirer à balles réelles sur des manifestants. » Elle a connu des variantes: ici, l’emploi de ces tirs ne serait autorisé qu’à Paris; là, les armes autorisées seraient des armes de guerre avec photos de fusils-mitrailleurs à l’appui. Cette rumeur est surtout tenace. Effet de chassé-croisé entre juillettistes et aoûtiens? Mécanique de la diffusion virale des messages sur la Toile? En tout cas, démontée mi-juillet, elle a connu une (courte) accalmie avant de reprendre de plus belle à la mi-août.

    Cette rumeur est née d’une mauvaise interprétation de deux décrets parus au Journal officiel du 1er juillet. Le premier, le décret n°2011-795, dresse la liste des armes pouvant être utilisées pour des opérations de maintien de l’ordre, parmi lesquelles des fusils à répétition de calibre 7,62 x 51mm. Le second, le décret n°2011-794, précise les conditions dans lesquelles les armes à balles réelles peuvent être utilisées. Ce décret renvoie à l’article R431-3 du code pénal, qui dispose que les armes à feu sont susceptibles d’être utilisées pour le maintien de l’ordre, à titre de riposte en cas d’ouverture du feu sur les représentants de la force publique. En l’occurrence, les fameux fusils à répétition de calibre 7,62x51mm.

    En clair, ces deux textes réglementaires précisent que les forces de l’ordre ne peuvent ouvrir le feu que pour se défendre de tirs à balles réelles effectués contre elles. Or ils ont été interprétés, à tort, comme le fait, pour les policiers, de pouvoir tirer à balles réelles sur les manifestants.

    DES COURRIELS INDIGNÉS ET INTERROGATIFS

    Aussi loin que l’on puisse remonter pour retrouver l’origine de cette rumeur, se trouve le post du blog d’une retraitée, hébergé par Mediapart dans son espace participatif. Ce texte, qui est sans rapport avec la rédaction, est paru le 4 juillet: il fait état d’un des fameux décrets parus au Journal officiel trois jours avant. Pour l’auteure, pas de doute: « Ils pourront nous tirer comme des lapins! » Cette interprétation chemine et se retrouve sur des forums de militants de gauche et d’extrême gauche. Elle apparaît sur le site WikiStrike, improprement labellisée Mediapart, laissant ainsi entendre qu’elle émane de sa rédaction. Sa propagation va s’en trouver décuplée. A tel point que l’avocat Me Eolas livre, le 16 juillet, sur son blog, un long démenti en forme d’explication de texte, au titre amusé: « Pas de gilet pare-balles à la prochaine Gay Pride. » Deux jours plus tard, sur leur site Internet, Les Inrockuptibles désossent à leur tour et de façon détaillée la rumeur.

    Celle-ci semble alors se mettre en mode veille, même si elle revient de temps à autre sur des listes de diffusion électronique, dans des conversations, des courriels indignés ou interrogatifs, lesquels – pour la plupart sincères – s’étonnent du « silence des médias face à ce scandale ».

    Et puis, le 13 août, rebondissement. Le site participatif Agoravox publie le post d’un certain « Aldous »: « Fillon autorise le tir à balle réelle [sans « s »] sur les manifestants. » Avec le dénommé Aldous, pour qui « l’immigration incontrôlée des années 1970 à nos jours, au prétexte de fournir une main-d’œuvre manquante, a surtout été une arme politique permettant de déstructurer la cohésion des nations européennes », la rumeur fait son entrée dans la vaste galaxie des sites d’extrême droite « anti-nouvel ordre mondial ».

    Egalité et Réconciliation, le site d’Alain Soral, un polémiste d’extrême droite, lui consacre un long article, suivi, dans la foulée, d’une série de posts sur des blogs conspirationnistes plus ou moins extravagants. La thématique est partout la même: le décret a été signé « en douce » au cœur de l’été, en prévision d’un futur « soulèvement du peuple ».

    Nations Presse Infos, animé par des proches de Marine Le Pen, la reprend à son tour. Par le fait des agrégations automatiques de contenu, le post d’Agoravox arrive sur le fil news du portail Yahoo!. On le retrouve désormais partout: chez les joueurs de poker, les boursicoteurs, sur les forums consacrés aux communautés algérienne, marocaine ou sénégalaise.
    Yves Bordenave et Caroline Monnot

    Fabrice Nicolino

  44. Caroline Sarrion dans son article  » Déchets physiques, déchets logiques  » , paru dans le numéro 25 du Sarkophage cite Prévert qui disait, dans  » Hebdromadaire « , que nous n’étions pas dans une société de consommation, mais de déchets.
    Notre système économique repose sur ce qu’il est convenu d’appeler l’innovation et le renouvellement permanent des objets si bien qu’il est puisqu’il est plus facile et moins cher de jeter dans la plupart des cas. Et c’est bien ce qui a permis au capitalisme de se maintenir jusqu’à maintenant. Nous assistons aujourd’hui à la lente décomposition de ce système qui a atteint ses limites internes ainsi que ses limites externes (il n’est que de voir le pillage et l’épuisement des ressources et matières premières). Mais il a une telle emprise sur nos vies et notre imaginaire, nous sommes tellement imprégnés de ses valeurs ( argent, travail, concurrence, marchandise) que nous n’envisageons pas, pour la plupart, d’agir en dehors de lui. Et ce ne sont pas nos modestes initiatives (A.M.A.P , S.E.L etc.) qui seront en mesure hélas !d’aller à l’encontre d’un système qu’il va falloir,volens nolens , remplacer, car on ne peut en attendre – ne soyons pas naïfs- qu’il se régule ou s’autolimite. Ce qui va nous obliger à un grand saut dans l’inconnu.
    Et il y faudra au moins la tempête évoquée par Fabrice dans son billet intitulé : «  Cette crise et ceux qui en disent n’importe quoi. »

  45. Fabrice Nicolino pose cette bonne question:

     » Pourquoi cette acceptation sans condition de la publicité, reine-mère du mensonge social  »

    J’ai une réponse parmi d’autres, une réponse entendue aujourd’hui à la radio en relation avec la « réalité-sociale », réponse d’une juillettiste se plaignant du manque de soleil et qui a l’intention « de faire de la cabine UV avant de reprendre le boulot »

    Alors après ça, la bonne fée publicité a de bonnes années à vivre encore…

  46. @phamb
    Je me sens obligé de réagir, même si l’article commence à avoir quelques jours, car j’ai l’impression que vous vous en prenez à moi, comme si j’acceptais le monde tel qu’il est aujourd’hui : Vous me sortez tous les ravages de notre société sur notre planète comme si je les acceptais ou pire, les ignorais ; mais au contraire, je suis absolument opposé à ce mode de développement.

    Par contre, oui, je vous trouve bien naïf de croire que la simple augmentation des prix du pétrole va faire évoluer les choses, j’ai même l’impression que vous espérez qu’elle va nous sauver. Non, les prix du pétrole ne nous sauveront pas. La preuve, on (je parle de notre société) se balance effectivement des phoques et des pétrels. Vous me citez en répondant « Merci pour les phoques et pétrels » comme si j’acceptais ce fait, quand je ne fais que l’énoncer et le dénoncer. Dans sa globalité, l’espèce humaine, par ses représentants et ses compagnies pétrolières, se balance des phoques et des pétrels. C’est un fait, l’exploitation pétrolière de l’Arctique commence. Je ne le supporte pas, et n’ai que très peu de moyens d’agir, mais j’agis dès que je peux.

    Globalement, l’humanité choisira si elle veut sauver les phoques, les pétrels, les peuples et les forêts du sud au lieu de rouler en bagnole. Les évolutions actuelles de nos sociétés me laissent penser qu’elle choisira, hélas, la bagnole. La preuve : quand l’essence augmente, les gens roulent un peu moins, effectivement, covoiturent, effectivement, prennent le train ou le vélo, limitent leurs vacances. Mais deux mois après, les prix baissent un peu (je vis dans un pays ou les prix baissent parfois), les gens reprennent leur bagnole. Donc, quand Ruppert dit « plus personne ne pourra acheter de pétrole », je suis sur qu’il se plante complètement et oublie la loi de l’offre et de la demande. Imaginer des stations essence avec les cuves pleines et des gens qui passent à vélo devant, ça n’a hélas aucun sens. J’aimerais me tromper.

    Et 25% des terres agricoles qui remplissent nos réservoirs de bagnole, je ne crois pas que ce soit juste comme vous semblez m’en accuser, mais je pense que c’est ce qui va arriver. Ce ne sont pas les français qui crèveront de faim dans cette situation, or ils ont plus d’argent que les pauvres à qui ils voleront leurs terres (voir ce qui se passe à Madagascar). La réalité d’aujourd’hui, ce sont déjà les Green et Blue Box de l’OMC, il n’y a pas de raison objective que ça change. Pourquoi les européens accepteraient aujourd’hui de payer plus cher leur bidoche alors qu’ils ont le pouvoir financier et politique ? Le prix du pétrole n’y changera rien, au contraire peut-être il rendra les pays pauvres encore plus pauvres. Ne me dites pas que vous croyez au miracle (mirage) du développement économique du sud.

    « croyez-vous que les industriels vont nous rouler dessus ? » Réponse : Oui. « Ce serait criminel », mais c’est DÉJÀ criminel ! Et si l’opposition est vraiment très forte en France, on ira en Pologne ou au Darfour.

    J’espère que vous distinguez bien ce que je pense et ce que j’énonce comme des faits. Presque tous les gens avec qui je parle disent « les partis écolos, ça ne sert à rien, tous les partis ont maintenant une conscience écologiste, et l’écologie ça ne doit pas être politique ».

    Pour finir, vous parlez du pouvoir d’achat des classes moyennes, mais ici je citerai Fabrice (approximativement) : cette crise devrait être une chance exceptionnelle de reconsidérer tout ça. Que les classes moyennes n’aient plus les moyens, très temporairement, de se payer autant d’essence ou de bidoche est une occasion exceptionnelle à saisir vis-à-vis de l’environnement : commencer une transition vers une « économie » locale, avec moins de transport et des gens qui se déplacent à vélo avec un plat de lentilles dans leur sac, c’est ce qui peut arriver de mieux à l’humanité et surtout à la planète. Vouloir sauver le pouvoir d’achat des classes moyennes, c’est encore une fois condamner la planète. Or c’est ce que les classes moyennes, par leur vote, vont essayer de faire. Qui voterait pour un parti qui dirait « je vais pulvériser votre pouvoir d’achat, vous ne pourrez rouler plus que 2000km par an, et manger de la viande une fois par mois » ? Dans un monde ou le « pouvoir d’achat » est roi…

  47. A tous, concernant la vidéo de phamb :

    Je voulais juste dire qu’elle est bâtie sur un bluff conspirationniste (mise en avant de la CIA, stress du héros qui fume clope sur clope, demi-teinte, espace aveugle -sans fenêtre et fait de la mayonnaise à partir de portes ouvertes avec lesquelles tout le monde est d’accord enfoncées -Peak Oil, financiarisation, surpopulation.

    Je suis d’accord avec le peak-oil de notre ami, mais pas avec la financiarisation et la surpopulation -bombe P- qui sont pour moi pointées du doigt par un processus de désignation de bouc-émissaires plus ou moins inconscient.

    La crise actuelle serait due à une poignée de personnes très très méchantes, avides, sans coeur et représentant le Mal, une société secrète alors que pour moi, et beaucoup d’autres qui ont ouvert les yeux sur la forme historique de socialisation capitaliste (critique de la Valeur ou critique fétichisme du travail et de la marchandise), le capitalisme est nécessairement en crise, et s’effondre de tout manière, la finance folle aura juste prolongé un peu la vie de ce corps moribond.

    L’interrogé ne contextualise pas du tout la forme de vie, de société capitaliste marchande (le point 2 de mon commentaire), il dit juste que le problème vient du pétrole et des financiers et de l’économie qu’il faudrait moraliser.

    Il ne veut en rien sortir de l’économie, juste trouver des moyens pour rester et prolonger l’enfermement dans cette prison totalisante dans laquelle nous sommes tour à tout producteur hyper-spécialisé et consommateurs en concurrence perpétuelle. De vrais rouages.

    Je ne sais pas si c’est clair mais voilà tout ce que je peux dire.

    Sinon concernant Lézan j’ai été déçu de ne pas y voir Fabrice. 🙁

  48. @GilbertSanseau » L’essence est moins chère aujourd’hui qu’en 1960, et la preuve, au delà des calculs en francs/euros constants, est facile : la population en consomme plus. « , faux, actuellement il équivaut au prix de 1978 (second choc pétrolier, et le dépassera probablement dans les prochaines années.
    http://www.manicore.com/documentation/petrole/prix_petrole.html

    « Pendant des années, j’ai cru que le peak oil allait changer quelque chose ; en fait, non, il ne changera rien, il ne CHANGE rien, puisqu’il s’est a priori déjà produit (2006 d’après ce que je lis), mais alors rien. Rendez-vous dans trente ans. S’il y a eu des changements, ce ne sera surement pas à cause du peak oil, d’après moi.

    Inexact du point de vue économique, les industriels voudront maintenir leur marges exorbitantes en faisant accepter beaucoup de sacrifices aux employés : dégradation des conditions de travail, chômage imposé pour rendre docile l’employé (comme cela est le cas depuis le premier choc pétrolier) et cela malgré des relocalisations de productions nécessitant un transport trop couteux.

    Sur le comportement des individus et des états, il y aura des changements : économies d’énergies… mais ils n’auront probablement pas une ampleur suffisante, beaucoup continuerons à se déplacer des grosses cylindrées même s’ils aggravent les problèmes de famines ou de pollution par les forages profonds, ou les agro carburants, au niveau des états les alternatives ferroviaires sont insuffisantes et le problème de la relocalisation, de la diminution et du partage du travail nécessaire pour sortir de la société de gaspillage est négligé.

    S’il se produira d’autres pénuries avant celle du pétrole, n’oublions pas que l’augmentation des prix aura des conséquences importantes si la politique économique ne s’améliore pas.

    Rêvons un instant, si nous anticipons en améliorant le partage des ressources, en économisant l’énergie, la transition se fera sans trop de dégât.

  49. @GilbertSanseau « cette crise devrait être une chance exceptionnelle de reconsidérer tout ça. Que les classes moyennes n’aient plus les moyens, très temporairement, de se payer autant d’essence ou de bidoche est une occasion exceptionnelle à saisir vis-à-vis de l’environnement :  »
    Je suis en partie d’accord sur ce point,si la politique ne change pas, la pollution et le pillage des ressources ne s’arrêteront pas.
    Les industriels auront toujours besoin de consommateurs pour s’enrichir. Aussi au lieu de vendre actuellement aux habitants des pays dit développés et aux riches des pays dit en voie de développement, ils se contenteront de vendre à ceux qui sont restés riches, aux fayots du système ainsi qu’aux états ou collectivités de riches en créant de nouveaux besoins : vidéosurveilance…

  50. A René,

    Merci pour votre approbation, je me sens moins seul. 🙂

    Pour ceux que la critique de la valeur, wertkritik – ou critique du fétichisme de la marchandise et du travail- intéresse je recommande vivement ces ouvrages :

    Crédit à Mort (Anselm Jappe, Ed. Lignes, 2011);
    Les aventures de la marchandise (Anselm Jappe, Ed. Denoël, 2003) (plus exigeant).

    -les bulletins SDE (Sortir de l’économie), http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/
    (le quatrième bulletin est encours d’écriture !)

    -le très bon blog de palim-psao ( http://palim-psao.over-blog.fr/ )qui recense les textes de différents auteurs (M. Postone, A.Jappe,N. Trenkle,R. Kurz…) autour de cette mouvance stimulante.

    Ils en parlent bien mieux que moi.

  51. @Philou

    Ben dites donc, il y a comme pour le site de Fabrice « une autre façon de voir la même chose ». Vous me donnez un lien

    http://www.manicore.com/documentation/petrole/prix_petrole.html

    qui met noir sur blanc que le prix réel (troisième étape de l’article) est bien plus bas aujourd’hui qu’en 78, et on parle tout de même d’un facteur 2. C’est exactement ce que je disais en écrivant « au delà des calculs en francs constants », car je le savais sans même avoir pris le temps de vérifier les chiffres exacts, ainsi que par ma méthode empirique du « on consomme plus = ça doit être moins cher » (attention, ne s’applique pas à tout, par exemple pas aux télécoms).

    Donc en gros, OK, il y aura des changements, mais ils seront à la marge et n’auront guère d’impact sans changement profond de société.

    Ce dont je suis sûr également, c’est qu’en 2008 les compagnies pétrolières ont engrangé énormément de données sur les seuils psychologiques des prix de l’essence (du style « à $2, 2% de gens de plus prennent leur vélo ») et s’en serviront pour maximiser leurs profits à l’avenir. En 2008, l’essence à $2, ici, avait amené plein de gens à prendre leur vélo, jusqu’au point ou je n’avais même plus de place pour poser le mien en arrivant au boulot le matin. Woaw. Aujourd’hui, il est revenu au même prix, c’est à dire un peu moins une fois corrigé de l’inflation, et sans doute en dessous de ce « seuil » identifié en 2008, et les parkings à vélos restent désespérément vides malgré l’été qui approche.

  52. Si le constat de l’auteur du site peut être valable pour 2008, il ne l’est plus pour l’avenir, où une forte augmentation des prix (en euros constants) des carburants (plus de 100%) est fortement probable. Si cela n’entraînera pas un retour à la traction animale en agriculture, la spéculation, les crises amplifiées pour asservir davantage les salariés ne seront pas sans grandes conséquences économiques et sociales.
    Ce que je voulais dire, c’est que ce n’est pas l’augmentation seule même de 100 ou 200 % des prix du pétrole qui conduirait à une grave crise sociale, mais son augmentation associée au système économique actuel.

  53. Si la politique économique actuelle ne s’améliore pas, la hausse du prix du pétrole, provoquera une diminution du pouvoir d’achat de la majorité des terriens, diminution qui sera aggravée par les industriels qui en profiteront pour licencier et asservir un peu plus la main d’oeuvre (ce qui a déjà été fait après les 2 premiers chocs pétroliers), le chômage et la précarité conduiront à des fermetures d’entreprises industrielles et de services (presse, loisirs, restauration, cafés…), les états réduiront le nombre de fonctionnaires, ce qui conduira à une dégradation plus importante des services de santé, d’éducation, de transports publics. Pour se protéger des émeutes provoquées par la paupérisation et l’accroissement des inégalités,
    l’oligarchie accentuera la répression, le fichage, le fayotage, la corruption et moult fléaux pour tenter de rester en place.

    Dans un scénario optimiste, ou les peuples et les états anticipent la raréfaction des énergies fossiles, l’augmentation sera de moindre ampleur du fait de la baisse de la demande mais surtout aura des conséquences moins dévastatrices. La baisse du pouvoir d’achat peut ne pas affecter les populations si elles renoncent à une grande partie du superflu et si nous réduisons les marges des intermédiaires notamment sur les produits alimentaires.
    La moindre production globale de produits, même si elle augmentera dans certains secteurs (renouvelables…) nécessitera une réduction du temps de travail pour réduire le chômage. Le maintient des cotisations et un accroissement des solidarités permettront une amélioration des services de santé, de transport, de culture, d’éducation… Ceci nécessitera aussi un contrôle démocratique
    -des flux commerciaux pour éviter le dumping social (actuellement le gouvernement préfère emmerder les Afghans ou les Roms)
    -des placements financiers pour limiter la spéculation
    – des secteurs financiers et énergétiques.

  54. @Fabrice,
    Concernant tes questions, la réponse selon moi et sous l’angle qui m’est cher de la critique marxienne de la valeur, est que nous sommes dans une société sous le règne de la marchandise depuis deux plus de deux siècles.

    La marchandise (bien ou service) est la cellule germinale (Marx) de la société capitaliste qui se déploie alors avec ses catégories (travail, argent, valeur, Marché), ses classes qui ne sont, quoi qu’en dise le marxisme traditionnel (2), que les comparses d’un monde qui les dépasse et qui se résume à une lutte d’intérêt dans un monde à forme de vie et de socialisation capitalistes et enchanté par la marchandise.

    La marchandise donc, et ce ce car elle renferme une quantité de travail abstrait , qui est la véritable valeur, le principe de synthèse sociale de la société capitaliste.

    Donc, le travail une activité socialement médiatisante de par son double caractère : concret et abstrait.
    La travail abstrait est alors un véritable fétiche que servent nos contemporains capitalistes, rythmé par le coeur de l’auto-valorisation du capital (qui est le véritable sujet automate de tout ça) et sa double pulsation :

    1) industrialisation -car concurrence- donc perte de valeur dans chaque marchandise.
    2) pour augmenter le capital, augmentation de la quantité à refourguer (pub) et recherche de nouveaux secteurs, pans, en jetant dans le chaudron de la valorisation la nature (dont les hommes).

    Se heurtant à des limites interne (machinisation industrialisation) et externe (ressources naturelles) et malgré la fuite en avant, le capitalisme se décompose globalement et nous entraîne avec lui dans sa chute.

    (1) : simple quantité de dépense humaine de temps, d’énergie, peu importe ce que l’on fait.

    (2) Marxisme traditionnel, de la gauche de toutes ses obédiences, qui est un anticapitalisme tronqué, un anti-libéralisme puisqu’il ne s’attache qu’à une meilleure répartition des fruits pourris de cette demi-vie, d’une meilleure relocalisation, d’une meilleure cellule dans la forme de vie mutilée par le travail pour mieux la prolonger.

  55. euh…

    -la note (1) de mon commentaire précédent correspondait au travail abstrait.

    -dans la note (2) du même commentaire c’est d’une meilleure cellule carcérale dont il s’agit bien sûr. 🙂

  56. je fredonne souvent la même chanson mais le réfrégirateur inusable de mon grand-père remplace la télé; on me prend souvent (toujours?) pour une huluberlue « t’as raison mais bon »…
    j’imagine la réunion d’ingénieurs intelligents (c’est ce qu’ils sont censés être non?) qui créent une entreprise d’électroménager & co fabriqués pour durer toute la vie et même plus, et qui les loueraient (ou les vendraient très chers pour les plus chanceux) pour s’assurer un revenu à vie et s’occuperaient de les réparer.
    mais il faudra faire croire aux « gens » que c’est un concept consummériste (pour qu’ils retrouvent leur repère parce que c’est bien ça le problème, si c’est pas malheureux) et surtout pas de décroissant (sinon ils vont surflipper)
    malheureusement je ne suis pas ingénieur… mais si vous avez des copains…

  57. quand aux portables, téléphones sans fil, micro ondes et autres objets nuisibles au corps humain, à banir… c’est comme se mettre un gun sur la tempe… la société de consommation a donc rendu les hommes suicidaires? alors que grâce à la médecine (je ne parle pas de ses grands débordements) ils peuvent enfin vivre en bonne santé (cf Michel Serres)?
    cqfd…

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