Montebourg, le Picsou de la mine de Salsigne

Cet article a été publié par Charlie Hebdo le 16 juillet 2014

Salsigne, dans l’Aude, est pourri jusqu’à la moelle par un siècle d’extraction d’or. Les habitants de la vallée ne peuvent plus boire l’eau, mais le ministre Montebourg envisage la réouverture de la mine, fermée depuis 2004. Un délire.

Chut ! Le grand Montebourg prépare une loi sur la croissance pour la rentrée. La croissance. Le mirage. Mais Montebourg n’est pas seulement un comique troupier, façon Gaston Ouvrard et sa rate qui se dilate. Car il a des idées. Dont la réouverture de Salsigne (Aude). Deux philanthropes de la société « Or & Vintage », Olivier Bernard et Sébastien d’Arrigo, bien introduits chez les socialos, veulent en effet exploiter de nouveau cette mine d’or. Montebourg, qui pleure de joie dès qu’on parle de destruction, vient de promettre au député PS du coin, Jean-Claude Perez, une étude de faisabilité.

Salsigne, au nord de Carcassonne, est un lieu maudit depuis des lustres. On y a extrait du plomb, du cuivre, du fer, de l’argent depuis l’Antiquité, mais le vrai grand délire a commencé en 1892, quand on y a découvert de l’or. Salsigne produira 120 tonnes de cette arme de destruction massive jusqu’à sa fermeture en 2004.Un siècle d’épouvantables pollutions à l’arsenic et aux métaux lourds, qui a fait de la zone le site le plus pollué de France selon un grand nombre d’études plus officielles les unes que les autres.

Extrait du rapport Barthélémy de 1998 : « Les activités exercées sur le site de Salsigne ont laissé de grandes quantités de déchets. Il n’est pas possible d’en faire un inventaire complet car des masses importantes de déchets ne sont pas visibles (…) La découverte récente de plus d’un million de tonnes de scories et autres déchets (…) en est un exemple mais il y en a d’autres ». On parle désormais de près de 12 millions de tonnes de résidus pollués.

Ces montagnes, sur lesquelles rien ne pousse, sont farcies d’arsenic et de merdes comme le cadmium, le plomb, le mercure, ou encore le bismuth, très toxique. Mais il faut y ajouter des fossés remplis d’une eau empoisonnée et des réservoirs qui débordent, déversant dans la rivière Orbiel et sa vallée des polluants qui s’accumulent dans les sols et les sédiments. Visitant les lieux en 1984, le toxicologue décédé Henri Pézerat notait : « C’est ainsi que naquirent (…) d’énormes bassins dont on rehausse de temps à autre les parois de terre, remplis d’une boue constituée d’une fine poudre de minéraux riches en arsenic. Ces dernières années se sont accumulés ainsi dans le haut des vallées dominant Carcassonne 500 000 tonnes par an d’une boue qui dévalera un jour ou l’autre à l’occasion d’une tornade ou de pluies torrentielles pour polluer les vallées pour des décennies et des décennies ».

Qui a gagné le pompon ? Les industriels qui ont piqué l’or et se sont tirés avec. Qui paie la note ? La société, via des plans de réhabilitation de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), qui auront dépassé trente-cinq millions d’euros sans servir à rien. Au total, selon un rapport de la Cour des comptes de 2003, la gabegie aurait coûté 125 millions d’euros à l’État. Dans le même temps, cancers respiratoires pour les hommes et cancers digestifs pour les femmes de la vallée de l’Orbiel, qui compte 10 000 habitants. L’eau n’est pas buvable et les jardins donnent des fruits pourris.

C’est dans ce contexte guilleret que Montebourg a envoyé sa lettre à Perez, le député. Certes, rien n’est encore fait, mais ça sent très mauvais, car il resterait 30 tonnes d’or dans le sous-sol de Salsigne. Olivier Bernard et Sébastien d’Arrigo, les deux « courtiers en métaux précieux » derrière nouveau projet, jurent leurs grands dieux que l’exploitation serait propre. Comme celle des gaz de schistes revue par Total. On n’extrairait plus l’or par cyanuration - la vieille méthode -, mais par chloruration, un procédé qui vient de sortir. On y croit très fort.

Socialo depuis 1945, le département de l’Aude est aux petits soins pour les martyrs de Salsigne. Les élus du conseil général cherchent en effet à imposer depuis des années une décharge à Lassac, en aval de Salsigne, malgré huit décisions contraires du tribunal administratif et une plainte pour faux et usage de faux, à l’instruction depuis…2006. La vallée de l’Orbiel, une pourriture pour l’éternité.

Les flamants roses aussi (un cadeau de Ségolène Royal)

 Pour Christian et Babeth Errath, pour Loïc Matringe, pour Yves Le Quellec

Vous lirez ci-dessous la réaction de l’association Ferus à la déclaration de guerre de Ségolène Royal. La dame, qui n’a jamais mis le pied dans la vraie nature sauvage, refuse donc le retour de quelques ours dans les Pyrénées. Dans la brèche géante ouverte par ses propos stupides, d’autres s’engouffrent évidemment. Sus aux loups, aux ours donc, aux vautours, aux blaireaux, aux bouquetins, aux phoques veau-marin, aux cormorans, et sus aux flamants roses. Une blague ? Pas du tout. Des riziculteurs de Camargue, dopés aux subventions et aux pesticides, réclament des mesures radicales contre les flamants roses, qui gêneraient leurs saines activités. Je crois qu’on peut parler d’un début d’hallali. Un début seulement, car la suite viendra. Je rappelle que l’hallali est une sorte de cri de victoire obscène, quand la bête acculée par les chasseurs est proche de la mort.

Vous lirez donc Ferus. Ma contribution sera modeste. En 1991 - à la fin de l’été, je crois -, j’ai rendu visite à une députée, Ségolène Royal. Elle n’était pas connue, elle n’avait pas encore été ministre, elle représentait les Deux-Sèvres à l’Assemblée nationale. Moi, je faisais un dossier sur le Marais poitevin, pour l’hebdomadaire Politis. Sur place, j’avais pu mesurer l’ampleur de ce que j’appelle une tragédie : la transformation de la deuxième zone humide de France - après la Camargue - en une zone purulente vouée au maïs intensif. Des dizaines de milliers d’hectares avaient été livrés au pillage des céréaliers, qui ne supportaient plus - c’est la logique de l’escalade - que l’eau pénètre dans le marais, car elle nuisait au rendement.

Ce pays grandiose avait appartenu aux oiseaux sauvages, aux troupeaux de bovins dans d’immenses prairies humides - les communaux -, et deux générations d’imbéciles au pouvoir avaient suffi pour tout ruiner. Mais quel immense malheur ! Royal se fendait à l’époque de déclarations pour gogos en faveur de la « Venise verte », minuscule territoire de carte postale où les touristes circulaient en barque. Il fallait sauver le marais ! Il fallait agir ! Tout de suite ! Je n’y croyais pas beaucoup - déjà -, mais je suis allé voir la dame en son bureau.

Je n’ai pas pris de notes, et je ne suis pas chez moi. Je n’ai donc aucun moyen de vérifier, et ce que je vous livre est ce qu’il y a dans ma tête. J’ai passé un couple d’heures avec elle, et j’en ai tiré un entretien, publié dans mon dossier. Dans les grandes lignes, Ségolène jouait les matamores et réclamait des mesures d’urgence. Le gouvernement était socialiste, avec un certain Brice Lalonde à l’Environnement, mais elle accusait absurdement Jean-Pierre Raffarin, déjà président du conseil régional de Poitou-Charentes, d’être l’un des vrais responsables du désastre.

Moi, comme je revenais d’une visite sur place - oh Loïc ! oh Christian et Babeth, encore merci -, je lui avais parlé de l’éleveur André Grizeau.Un type formidable dont je ne partageais pas les vues politiques - Dieu du ciel, non -, mais qui était un éleveur exemplaire, clair, cohérent, intelligent. Il avait fait les comptes, et savait beaucoup mieux que Royal que l’État, en vomissant ses subventions sur les producteurs de maïs - l’un des grands lobbies français -, sacrifiait évidemment les vastes prairies humides, qui ne recevaient, elles, que des miettes. Il gueulait, Dédé Grizeau. Il avait derrière lui une partie des éleveurs de la région. Il fallait, d’évidence, tout miser sur lui.

Royal, pensez donc, était absolument d’accord. Dédé était formidable. Elle allait. Elle ne manquerait pas de. Elle savait d’ailleurs quoi faire, car elle était déjà écologiste. Voyons, puisque je vous le dis. Le dossier a paru dans Politis et Royal m’a envoyé un petit mot manuscrit en regrettant le ton que j’avais conservé. Son ton à elle. Si lumineux. Tellement imagé. Elle avait même employé le mot de « raffarinade » pour désigner les moulinets et l’inertie combinés de Raffarin, que personne ne connaissait, à commencer par moi. Elle me disait en toutes lettres qu’elle craignait des retours de bâton - contre elle, cela va de soi - à cause d’une franchise trop manifeste. Mais elle se trompait.

Elle se trompait, et le Marais, somptueux legs d’une histoire se comptant en millénaires, allait droit à sa vraie mort. Grâce à elle ? Grâce à elle, grâce à ses moulinets, grâce à ses « raffarinades ». Elle deviendrait en 1992 ministre de l’Environnement de son cher Mitterrand, elle ne ferait rien. Rien. Son bilan au ministère : une loi sur les déchets, qui devait imposer, à l’horizon 2002 la fin de presque toutes les décharges en France. Il n’y en a que des milliers.

Elle ne ferait rien, car tel est son rôle sur la scène : blablater et toujours choisir le camp des puissants véritables. Je ne suis donc pas très étonné de ses dernières sorties sur le Loup ou l’Ours. Elle est, avec ses petits amis socialistes, sur la pente qui conduit à la destruction de tout. Un dernier point. Je suis sorti de l’entretien avec Royal, en ce jour de 1991, avec le sentiment, qui ne m’a guère quitté, d’avoir rencontré une politicienne inculte. Je m’en souviens fort bien, et je me souviens même d’en avoir parlé de la sorte autour de moi. Inculte et, dois-je ajouter, sotte. Nous n’avons pas tous, de loin, la même définition de la sottise. J’admets très bien que tel autre que moi juge Ségolène Royal intelligente. Moi, je me contente de dire ce que j’ai pensé. J’ai trouvé cette responsable limitée. Très.

On excusera, ou non, cette incursion et des propos qui ne sont pas amènes. Je rappelle ce qui figure dans la déclaration d’intention : « Ce site parlera donc de la crise écologique, à ma manière. Sans concessions, sans inutiles précautions, sans vain respect pour les hommes et les institutions qui ne le méritent pas. S’il doit avoir un sens, ce sera celui d’écrire librement ».

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Communiqué

Le 21 juillet 2014

Ségolène Royal a tout faux !

L’association Ferus demande la démission de la ministre de l’Écologie

L’association Ferus est stupéfaite et scandalisée par les propos tenus par Ségolène Royal samedi dernier dans les Pyrénées. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la ministre de l’Écologie n’a rien compris et n’y connaît rien ! Se permettre de prendre des décisions sans avoir pris la peine d’étudier ses dossiers est très grave et lourd de conséquences catastrophiques.

Déclarer « le territoire des Pyrénées n’est pas adapté à la réintroduction de l’ours », c’est méconnaître la plus élémentaire réalité biologique, faire un déni sur la réussite du renforcement du noyau central (et sur l’action positive de ses prédécesseurs) et ignorer les travaux et recommandations scientifiques les plus récentes (établis par le Muséum National d ‘Histoire Naturelle à la demande de son ministère).

Déclarer “les réintroductions d’espèces ne doivent pas avoir lieu dans des zones de pastoralismes. Je suis intervenue sur les loups, ce qui n’est pas forcément facile pour un ministre de l’Écologie. Je fais le choix des zones où il y a incompatibilité entre le pastoralisme et des espèces qui peuvent être prédatrices”, c’est laisser croire qu’elle (l’État) réintroduit des loups en choisissant le lieu et laisser penser que les animaux restent là où ils ont été réintroduits. Quelle absurdité !

Déclarer « quand il y a pastoralisme, ma préférence va au pastoralisme », c’est revenir  à cette opposition archaïque et stérile de l’ours contre berger, ignorer les millions d’aides au pastoralisme en zones à ours et loups, les efforts de son ministère et des associations pour aider à cette cohabitation effective depuis des décennies et  toujours possible et réussie en Espagne, en Italie mais aussi en France.

C’est aussi rallumer de vielles querelles, donner raison aux plus extrémistes et aux plus violents et ignorer que la biodiversité c’est aussi un partage de l’espace et non son occupation exclusive par une seule espèce ou une catégorie socio-professionnelle par ailleurs largement soutenue par l’argent de tous les contribuables.

Ségolène Royal a tout faux !

75% des français sont opposés à l’abattage de loups*. La consultation publique relative aux deux récents arrêtés de tirs de loups proposés par Ségolène Royal a montré une opposition massive à ces textes.

71 % des Français sont favorables à la réintroduction de nouveaux ours dans les Pyrénées pour assurer la présence de cette espèce protégée et menacée dans les Pyrénées **.

Le moins que l’on puisse demander, c’est le départ d’une ministre de l’Écologie  qui  manifestement n’est pas à la hauteur de ce qui devrait être, selon ses dires, « un travail intelligent et difficile à mener ».

Puisque la priorité de Madame la ministre de l’Écologie est le pastoralisme, Ferus invite le Premier Ministre à revoir la composition de son gouvernement et de confier à Ségolène Royal un ministère qui lui siéra davantage comme celui de l’agriculture !
La sauvegarde de la biodiversité qui est aussi l’avenir de l’espèce humaine mérite un ministre de l’Écologie digne de ce nom.
*sondage IFOP septembre 2013 pour l’ASPAS et One Voice

**sondage IFOP septembre 2012 réalisé pour le WWF et Rassemblement pour la planète sur les thématiques environnementales prioritaires pour les Français

Les tripatouillages des EPR chinois

Cet article a été publié par Charlie Hebdo le 9 juillet 2014

Pauvre Areva ! Pauvre EDF ! Nos deux clampins du nucléaire tentent de faire croire que leur nouveau réacteur est une merveille. Malgré les fiascos finlandais et normand. Mais en Chine, plus personne ne répond sur la sécurité des deux EPR en cours de construction. C’est la merde.


Où trouver plus grands voyous que dans le nucléaire ? Avant d’aborder l’abominable dossier des réacteurs chinois, un passage par la France, où Luc Oursel, patron d’Areva, a confié ses malheurs au grand journal des vieux cadres et des archiretraités de droite, c’est-à-dire Le Figaro. Areva est un groupe public dans une panade telle que, si l’État ne laissait pas filer les déficits, ce serait la faillite, la fermeture des crédits, le chômage de masse. Mais précisons, tant ça fait plaisir : un gros trou de 2,5 milliards d’euros en 2011, suivi d’un petit trou de 99 millions en 2012, précédant un moyen trou de 494 millions en 2013.

Donc, Oursel dans ses œuvres. Le 30 juin, il déclare au quotidien précité : « Mon discours de vérité ne doit pas se réduire aux épreuves et aux incertitudes. Il faut donner un sens aux efforts demandés et inspirer confiance en l’avenir ». Ben mon colon, si c’est pas du beau français, ça y ressemble. La vérité est qu’Areva a décidé de tout miser sur les réacteurs nouveaux, qu’on appelle EPR. Comme le Rafale de cet excellent M. Dassault, au reste proprio du Figaro, c’est très cher et ça ne se vend pas. La seule différence, c’est qu’EPR, en plus, ne marche pas.

On résume. Il existe en Europe deux vitrines pour les VRP du nucléaire. Deux prototypes en cours de construction, l’un en Finlande et l’autre en Normandie. Le résultat est délirant, les retards se comptent en années, les surcoûts en milliards d’euros. Sans exagération, c’est la Bérézina. En Normandie, à Flamanville, de nouvelles malfaçons dans le béton – avec des trous de 42 centimètres de diamètre – viennent d’être révélées par Le Canard, mais on s’en fout, car on est les meilleurs.

Reste la Chine. Areva y tripatouille du nucléaire depuis plus de vingt ans et emploie sur place – cocorico ! – 2 600 personnes. Mais son grand rêve futuriste s’appelle, là-bas aussi, EPR, dont deux réacteurs sont en cours d’achèvement à Taishan (province du Guangdong, à 160 kilomètres de Hong Kong). Dès qu’on emmerde Areva – et EDF, qui supervise les travaux - sur les désastres finlandais et normand, les communicants sortent la carte chinoise, et prétendent que dans ce beau pays sans casse-couilles, tout va bien et de mieux en mieux. Sauf que c’est un très gros mensonge. Et qui le dit ?

Bloomberg, une agence d’infos spécialisée dans le conseil financier aux transnationales, connue dans le monde entier. Deux journalistes, Tara Patel et Benjamin Haas ont interrogé le directeur des relations internationales de notre glorieuse Autorité de sûreté nucléaire (ASN), un certain Stéphane Pailler. Lequel leur a aussitôt balancé  : « Il n’est pas toujours très facile de savoir ce qui se passe sur le site de Taishan ». Ajoutant pour les sourdingues : « Nous n’avons pas de relations régulières avec les Chinois sur le contrôle de l’EPR comme c’est le cas avec les Finlandais ». Traduit de la novlangue, cela signifie que les Chinetoques planquent ce qui pourrait faire désordre.

Ce qui fait désordre, gros désordre. D’autant que ce n’est que le début. La bureaucratie chinoise en charge de la sécurité nucléaire, National Nuclear Safety Administration, refuse de répondre à la moindre question, tandis que les Français, essaient de rassurer. Un Hervé Machenaud, vice-président d’EDF, jure ses grands dieux qu’il « existe en Chine un contrôle réel, indépendant, qui marche au moins aussi bien que dans d’autres pays ».

Le problème est très simple : sans EPR, EDF et Areva coulent. Les deux prototypes chinois sont les seuls qui permettent d’entretenir l’espoir, et dans ces conditions, faut-il croire Machenaud ? Sur le chantier normand d’EPR, où l’on croise des trous de 42 cm, il y a eu 140 inspections depuis 2007, sans compter des centaines de courriers de l’ASN et deux arrêts de chantier. À Taishan, riante contrée d’un pays totalitaire où l’information est surveillée par le parti, rien.

Rien. Le dernier commentaire sur la sécurité publié sur le site internet du site EPR chinois date de 2009. On se fout de nous, mais grave.

Adressez vos gueulantes (au sujet du Loup)

 Je ne fais ici que relayer un communiqué de l’ASPAS (Association pour la protection des animaux sauvages). Voyez. Je viens moi-même d’adresser un message au directeur du parc national des Écrins, qui m’est revenu. Monsieur Galtier aurait-il débranché ?

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AGISSEZ POUR LE LOUP !

Après la chasse aux loups en plein Parc, écrivez votre colère aux responsables !

M. Bertrand Galtier, directeur du Parc national des Ecrins, a osé ordonner que la zone coeur du Parc soit « nettoyée du loup ».

Refuser la présence d’une espèce protégée dans un espace protégé est inadmissible et illégal !

L’ASPAS et la LPO PACA ont obligé le Préfet à retirer son arrêté autorisant la battue, mais cette dernière avait déjà eu lieu le matin même. Aucun loup n’avait heureusement été débusqué et abattu, mais il aurait pu en être autrement… et impunément !

Si la cohabitation entre les moutons et les loups n’est pas possible, ce sont les moutons qu’il faut retirer de nos espaces naturels, et non les animaux sauvages !

Il nous parait primordial de réagir de façon unitaire et importante à cette nouvelle étape des attaques contre la nature.

Aussi, nous invitons toutes les associations, leurs adhérents et sympathisants à téléphoner ou envoyer des messages de protestation au président et au directeur du Parc national :

Président : Christian Pichoud Tél. 04 76 00 37 12 ou pichpn@gmail.com

Directeur : Bertrand Galtier 04 92 40 20 10 ou bertrand.galtier@ecrins-parcnational.fr

Pour que cette action soit efficace il faut agir en masse et immédiatement. Faites circuler !

Montrez que les citoyens respectueux de la biodiversité dans les parcs nationaux sont majoritaires. On ne touche pas à nos Parcs. On ne touche pas à la faune et à la flore sauvage !

Nous comptons sur vous. Les générations futures également…

Avec nos remerciements pour votre soutien

L’équipe de l’ASPAS

Ce dégoût qui m’étreint (à propos du Loup)

Si je pouvais changer en force matérielle le dégoût qui me ravage, je crois réellement qu’ils seraient tous balayés. Tous les salauds, et ça fait du monde. Je suis au-delà de l’écœurement, au-delà du pleur, mais en pleine souffrance, car d’épouvantables humains sont en train de se livrer à une chasse au Loup, à l’ancienne, comme les barbares qu’ils sont et seront. Vous lirez plus bas deux communiqués, qui disent les faits. Un parc national français met la main à la belle ouvrage, organisant une battue de manière qu’un loup sorte de l’espace soi-disant protégé avant d’être abattu.

C’est immonde, c’est évidemment une régression sans appel, et cela ridiculise un peu, beaucoup, toutes ces excellentes personnes qui ont cru en la pompeuse « politique de protection de la nature ». Cette politique lancée en 1971 par la création du ministère de l’environnement, puis la si fameuse « Loi n° 76-629 du 10 juillet 1976 relative à la protection de la nature ».

C’est fini, pauvres amis des associations. Les masques ne cessent de tomber depuis tant d’années qu’on est surpris de constater qu’il y a encore quelque chose à dévoiler. J’ai dénoncé dans Qui a tué l’écologie ? la dérive, la dégénérescence des associations officielles, celles qui envoient leurs gens manger les petits fours dans les sauteries ministérielles. Je ne regrette qu’une chose, et c’est d’avoir parfois retenu ma plume, de peur d’être encore moins compris que je ne l’ai été. Mais cette fois, l’Empereur du conte d’Andersen est désespérément nu.

C’est une Bérézina. Et pour m’en tenir au Loup, à mon si cher Loup, animal aussi réel que mythique, et même mythologique, je veux au moins leur dire en face que je leur crache au visage. À toute cette bande qui regroupe chasseurs fanatiques, détrousseurs de subventions de la FNSEA, droite à la façon Estrosi - le maire-histrion sarkozyste de Nice, gauche à la manière Ségolène Royal, qui a osé déclarer qu’il y avait trop de loups - ils sont 300 ! - en France.

Je vois qu’aucun compromis n’est possible avec ces gens-là, qui ne s’arrêteront jamais. Les tueurs de loups, jusqu’à Bové, sont les héritiers d’une histoire maudite, dans laquelle les hommes ont tous les droits, et jamais aucun devoir. La bataille en cours est peut-être perdue, et le long conflit engagé au nom de la vie est peut-être désespéré, mais quant à moi, je le mènerai jusqu’au bout, flamberge au vent. Qu’au moins nous osions dire ce que nous pensons !  Si nous devons plier le genou en face de leur arrogance armée, nous le ferons, mais dans l’honneur, sans jamais renoncer à hurler avec nos frères animaux. Vive le Loup ! Mort aux cons !

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Communiqué de FERUS

le 10 juillet 2014

Autorisation pour tuer un loup du parc national des Écrins : ILS SONT DEVENUS FOUS !

Les autorités françaises touchent décidément le fond… Puisqu’on ne peut pas abattre un loup, espèce protégée, dans le cœur d’un parc national, on va donc faire une battue d’effarouchement (et au passage déranger toute la faune sauvage en pleine période de reproduction notamment pour les chamois, bouquetins, chevreuils, tétras-lyres etc) pour faire sortir le loup du parc et le flinguer ensuite.

C’est ce qui est actuellement en train de se passer dans le parc national des Écrins depuis ce matin, suite à des attaques sur troupeaux dans le Valgaudemar.

« L’opération a été organisée par le parc national des Écrins en concertation avec des représentants des agriculteurs. C’est avec des pétards de forte puissance, qu’une quinzaine d’équipes constituées d’un agent du parc et d’un éleveur, sont parties des crêtes, formant une “ligne” qui, en descendant, doit repousser le prédateur. » indique le parc national des Écrins aujourd’hui sur son site web en tentant de justifier cette opération HONTEUSE. Le parc des Écrins indique également que « le conseil scientifique a donné son accord pour cette démarche. » SCANDALEUX !

Le préfet des Hautes-Alpes a signé de son côté une autorisation de prélèvement pour tuer un loup dès qu’il franchira les limites protectrices du parc.

Le loup est une espèce protégée. Les parcs nationaux sont les ultimes refuges pour la faune sauvage et les moutons ne devraient pas en être la priorité (c’est dans le cœur du parc national que les attaques ont eu lieu).

RENDEZ LES PARCS NATIONAUX AUX LOUPS ET A LA FAUNE SAUVAGE  ET STOP A CES PRATIQUES MOYENÂGEUSES !

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Communiqué de l’ASPAS

Communiqué de presse, le 10 juillet 2014

Ségolène Royal chasse une espèce protégée dans un espace protégé. Où va la protection de la nature ?

Alors que Mme Royal reconnaissait le 28 juin dernier que « pour la première fois les dommages n’ont pas augmenté entre 2012 et 2013 » ses services et préfectures organisent « la chasse au loup » y compris au cœur même du Parc National des Écrins, zone censée préserver le patrimoine naturel des Français.

Le Préfet des Hautes-Alpes vient d’autoriser des battues d’effarouchement en zone cœur du Parc National des Écrins ! Alors que ces espaces sont en théorie les mieux protégés par l’arsenal législatif français (interdiction de perturbation sonore entre autres), des chasseurs, lieutenants de louveterie, agents ONCFS et de parcs nationaux sont depuis tôt ce matin en train d’effaroucher l’ensemble de la faune sauvage du parc des Écrins pour tenter d’en faire sortir des loups, attendus en limite extérieure au parc par des chasseurs pour être abattus !

Cela représente une très grave entorse à la réglementation sur les parcs nationaux, à une période où la plupart des jeunes animaux sauvages sont totalement dépendants de leurs parents. Ces effarouchements à l’aide de pétards et autres moyens sonores vont gravement perturber le milieu, avec de graves conséquences pour une grande partie de la faune sauvage.

L’ASPAS dépose donc un recours aujourd’hui même contre ces arrêtés tout aussi illégaux que dangereux.

Par ailleurs, le même préfet des Hautes-Alpes a annoncé mettre en place une mesure “expérimentale” consistant à ne plus faire de constat et d’expertise lors « d’attaque » sur des troupeaux concernant moins de 5 animaux. Les éleveurs seraient donc remboursés sans constat, et les dégâts directement imputés au loup ! Quelle que soit la cause de la mort …

L’ASPAS demande à Mme la Ministre et aux préfets de ne plus céder au populisme anti-loup qui ne résoudra en rien les problèmes de la crise de la filière ovine. Ceux-ci sont dus à des accords commerciaux internationaux et non à la présence de 300 loups. Nos voisins espagnols cohabitent avec plus de 2500 loups, les italiens avec 1500. Pourtant là-bas, il n’y a pas de battues au loup, ni dans les espaces protégés, ni ailleurs. La filière ovine n’y est pas non plus en crise.
L’ASPAS exhorte la ministre de l’Écologie à passer, enfin, des discours aux actes concernant la protection de la biodiversité, dont le loup est un bel ambassadeur, pour le respect du patrimoine national et des générations futures.

BP 505 - 26401 CREST Cedex - France - Tel. 04 75 25 10 00 - Fax. 04 75 76 77 58
info@aspas-nature.org - www.aspas-nature.org
Association reconnue d’utilité publique - Membre du Bureau de l’Environnement - Bruxelles

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