Comment j’ai sauvé Claude Allègre de la noyade

Je ne passe pas toute ma vie à serrer les dents et à avaler de la morphine. Dieu non. Dans l’hôpital où je rééduque mes guibolles transpercées, il arrive fatalement des événements qui me sortent de l’ordinaire des jours. Et l’autre midi, justement, je m’apprêtais à prendre l’ascenseur pour descendre à la piscine du lieu, où je fais des exercices subaquatiques. C’est à ce moment précis qu’est apparu un fauteuil roulant poussé par un kiné en sueur. Et dans ce fauteuil, Claude Allègre. Ce seul nom est déjà un sombre programme, mais je dois à ceux qui ne situent pas très bien quelques mises en perspective.

J’ai aidé à fonder en 1988 le journal Politis, qui a compté dès 1989 je crois une rubrique Écologie dont j’étais le responsable. Je l’ai quitté en 1990, puis j’ai collaboré, cette fois comme pigiste extérieur, à cet hebdomadaire, de 1994 à 2003, sous la forme d’une page chaque semaine. Je crois devoir dire que j’ai la dent dure depuis bien plus longtemps encore, ce qui explique que j’y ai mordu Claude Allègre plus souvent qu’à son tour. Ce socialo devenu sur le tard sarkozyste a été le ministre de l’Éducation – pleinement ridicule à mes yeux – de Lionel Jospin entre 1997 et 2000.

Mais ce qui m’a rendu plus d’une fois furieux contre lui, c’est sa négation grotesque du dérèglement climatique. Totalement incompétent dans ce domaine si complexe, s’appuyant jusqu’à l’insupportable sur une réputation médiatique, il n’a cessé de semer le trouble dans des milieux qui, sans doute, ne demandaient que cela. N’importe : il aura été néfaste comme bien peu de ses contemporains français. Et moi, depuis vingt ans, dans divers journaux, je n’ai cessé de croiser le fer avec lui (ici) (ici), (ici), (ici), (ici), (ici), (ici), (ici).

Le plus souvent, et croyez-moi ou non, mais Allègre s’est placé au niveau d’un Laurent Cabrol (ici). Et si vous avez envie de voir jusqu’où va mon exécration du personnage, je vous invite à rire avec moi, et de lire ce qui suit, bien que cela soit un peu long (ici). Bref, Claude Allègre, dans son fauteuil roulant. Il y a trois ans, ayant fait un accident vasculaire grave au Chili, il a été contraint de se taire, ce qui doit être une grande souffrance pour le polygraphe et discoureur qu’il est. Dans l’ascenseur, le regardant, plongeant mon regard dans ses yeux éteints, je ne voyais plus le pitre involontaire, mais le vieil homme à terre.

Ensuite, arrivé en bas, je me suis changé bien sûr, je me suis douché et j’ai descendu bravement, de guingois, les marches qui conduisent à l’eau. Quatre minutes plus tard, l’employé de la piscine actionnait un ingénieux siège électrique articulé qui permet de descendre dans la flotte ceux qui ne peuvent tenir debout. Et bien sûr, il s’agissait de déplacer Claude Allègre et de l’immerger progressivement. Moi, qui suis décidément bien méchant, je rigolais intérieurement. Comment ? Moi, à deux mètres du grand homme ? Cela me paraissait proprement impossible. Et c’est alors que tout a basculé, au sens propre.

En effet, la dépose de l’immense scientifique s’est mal passée. Claude Allègre, déséquilibré, s’apprêtait bel et bien à tomber à la renverse, et je n’ose pas penser à ce qui serait arrivé. Probablement aurait-il avalé la moitié de l’eau de la piscine. Mais je veillais au grain, moi le vilain, et je me suis jeté dans sa direction, lui attrapant le bras gauche au dernier moment en le passant aussitôt autour de mon cou. Quel instant historique que celui du sauvetage ! Je ne m’en serais pas cru capable. Rétabli dans un équilibre tout relatif, Allègre m’a lorgné un instant de ses yeux d’alien sans prononcer le moindre mot. A-t-il compris ce qui s’était passé ? Je n’en jurerais pas.

Dans la demi-heure qui a suivi, je l’ai entendu prononcer des sentences très laconiques, fort loin des envolées consacrées naguère à la négation du dérèglement climatique. Et parmi elles, répondant à une demande d’une kiné sur son état : « Moyen ». Puis, explicitant le puissant propos : « J’ai pas bien dormi ». Et pour finir, juste avant d’éternuer massivement : « J’suis enrhumé ».

Si à l’avenir quelqu’un ose me traiter d’antihumaniste – ça m’est arrivé, mais oui -, je ne manquerai pas de lui servir l’anecdote pour lui clouer le bec. Mon comportement n’a-t-il pas été admirable ? Il faut beaucoup d’amour de son prochain pour soutenir un Claude Allègre qu’on déteste dans une piscine parisienne. Beaucoup. Trop ? Peut-être bien.

89 réflexions sur « Comment j’ai sauvé Claude Allègre de la noyade »

  1. Elle est bien bonne celle-là !
    Merci, Fabrice. Voilà qui va me mettre de bonne humeur pour la journée !
    Effectivement, plus personne ne pourra désormais te taxer d’antihumaniste !

    Prompt rétablissement à toi,

    Bien amicalement,
    Blandine (de Lorraine), une assidue de ce blog, même si je m’y suis peu exprimée jusqu’à présent.

  2. Bonjour,

    *

    Vite, vite, mon mouchoir de joie! 🙂 Je suis fière de toi!

    Tu veux que je te dise? Je t’aime!

    Et trop n’est jamais assez. Cela pourra paraître QQ la praline. J’espère de tout coeur que toustes auront compris que ce n’est que l’amour et le pardon qui sauveront ce qui doit l’être.

    Je Suis au milieu de vous. Il est ou ce milieu de vous cher(e)s toustes?

    L’amour de son prochain, l’amour de tout ce qui fait notre monde n’a nul besoin de paillettes, de grands discours, etc ….

    * Avec tout le respect du a tes proches.

    Enormes bises,

  3. magnifique ! je suis partagée entre le rire et la compassion,
    en fait c’est la charité qui sauve l’hôpital, ça change !
    vous fûtes brave et très humain, ça vous sera compté en paradis ;-)*
    plein de bons voeux, encore et encore …
    amicalement

  4. Mais c’est du Kafka! Ou du Chaplin, si c’etait un film, « l’ingenieux siege electrique articule » qui se detraque comme la machine a manger dans « les temps modernes »… Et en plus c’est une parabole presque biblique, le coeur humain, derniere bouee de sauvetage contre les machines folles…
    Bon retablissement, Fabrice, et merci pour tes textes toujours surprenants!

  5. Cher Fabrice,

    Ton dernier billet me cause une indicible joie.
    Tout de même, barboter dans les mêmes eaux chlorées que ce vieux mammouth de Claude Allègre ; on est peu de chose.
    Ton geste profondément humaniste et désintéressé est un exemple pour nous tous : aussi, je m’en vais verser ma contribution à Reporterre et l’Ecologiste.
    Et me remettre à une activité longtemps pratiquée lors de mes passages en bibliothèque et injustement délaissée depuis : dissimuler aux yeux des lecteurs les livres d’Allègre et d’Attali, cet autre grand penseur pensant.
    Je te laisse, j’ai à faire.

    OuiOui

  6. Bonjour Fabrice.

    Je t’admire, je ne sais pas si j’aurais eu le courage de voir l’humain derrière le personnage odieux… je crains que tu ne sois désespérèment Humain!

    Ceci dit, si l’on veut te traiter d’antihumaniste, l’on pourra toujours se dire que, si ça se trouve, ce n’était pas un accident… Je ne suis même pas sûr d’éxagérer!

    Bref, je te souhaite une bonne journée et un bon moral, en espérant que ton Humanité t’aide toi aussi à voir la vie du « bon » côté.

    Pensées amicales,
    Laurent

  7. Jamais trop d’amour de son prochain dans un monde où on le laisse mourir par centaines chaque année dans nos rue et par milliers en mer Méditerranée…

    Bravo pour ce sauvetage inattendu.
    Je ne savais pas que ce monsieur avait fait un accident vasculaire grave et je ne m’en réjouis pas.

    N’empêche, je suis bien contente qu’il ne sévisse plus dans les médias comme je l’ai entendu faire tant de fois.
    Semer le doute dans l’esprit des gens sous couvert d’une pseudo science était son fort.
    Paix à lui et prompt rétablissement pour toi.
    Sauver la vie de quelqu’un rallonge la nôtre
    Alors continue, s’il te plait, à nous ravir et à nous instruire.

  8. Bonjour Fabrice,

    On l’a échappé belle, imagine un peu qu’il se soit noyé, sans que tu y sois pour rien. Qui est-ce qui aurait été pointé du doigt? Tu l’as échappé belle 🙂

    Amitiés

  9. Fabrice, merci de cette anecdote amusante qui illustre encore une fois votre force intérieure.
    En bon Samaritain, vous cherchez à sauver toutes espèces animales en danger ! Et vous avez sauvé là un sacré « mammifère » marin.
    C’est intéressant, les « ennemis ». Ils nous forcent parfois à nous interroger et à nous surpasser. C’est peut-être pour ça qu’on a besoin d’eux et qu’on finit même quelquefois par les « aim… » – enfin, pas trop, faut pas exagérer !
    Avec mon admiration et tout mon soutien. Nolwenn

  10. J’avoue m’être délectée à la lecture de votre billet… avoir sauvé un mammouth de la noyade ça mérite une médaille. Espérant que de nager en des eaux si profondes et en si « bonne compagnie », vous permettra de vous rétablir plus rapidement. Que cet été vous soit doux et bon.

  11. Incroyable rencontre, et trop drôle, le Mr aurait mérité tout de même de boire un peut la tasse !
    C’est un bon signe en tout cas.
    Encore bien du courage et beaucoup d autres aventures dans ce genre pour ton rétablissement.

  12. Il est des choses qu’on ne peut humainement pas souhaiter – ou du moins avouer avoir souhaitées. Mais quand elles arrivent, je me dis qu’il y a p’têt quand même une justice quelque part… Est-ce que cela fait de moi un monstre ? Arf arf. En ce moment, j’ai plutôt en tête une scène « mythique » du film « un poisson nommé Wanda », où l’éternel martyrisé du film se retrouve à la fin sur un rouleau-compresseur en criant « vengeance ! ».
    De la même manière, les occasions de « petites victoires » se présentent souvent à nous sans que nous n’ayons rien provoqué, même si nous sommes souvent les seuls à en saisir pleinement le sens et à les savourer à leur juste valeur. Je pense que tu en tiens une, avec ce sauvetage, et je te remercie de la partager avec nous.

  13. Il te sera beaucoup pardonné…Car dans l’état où est le « grand homme », il a cessé de nuire.
    Pour notre malheur commun, il en reste tant d’autres qui manient désinformations, mensonges et amalgames à tour de bras
    Une vaste piscine pour noyer les semeurs de doutes, why not? ou en tout cas les doutes à défaut des semeurs, un vieux fond humaniste m’habite encore!

    Bises à toi et courage

    SB

  14. Le geste désintéressé n’existe pas, relire Kropotkine sur ce sujet, le risque de l’avoir sauvé c’est qu’il récupère de son problème et continue à semer le trouble dans les esprits, donc le vrai geste humanitaire aurait été de le laisser couler à pic comme on sacrifie certaines branches sur un arbre.

  15. On peut aussi voir les choses autrement.
    L’avoir sauvé lui donne la possibilité de modifier sa pensée et se rendre à l’évidence : le changement climatique est dû à l’activité (in)humaine, le nucléaire est dangereux, les gaz de schiste destructeurs et les OGM poisons….
    Et pourquoi pas ?
    Tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir non ?
    Oui je sais… naïve, oui-oui, bizounours et alors ?
    L’important est d’avoir la joie au coeur tout en restant lucide.

  16. LOL.

    Merci pour cette anecdote. Si ce cher « scientifique » récupère de son AVC il n’y aura que plus de satisfaction à le dézinguer sans fioritures !

    Bon courage Mr Nicolino pour recouvrer, vous, pleinement vôtre santé !

  17. Bravo Fabrice, bel exemple de sauvetage!

    On peut détester le personnage allègrement,
    mais on est aussi des êtres de chair, alors…
    C’est le geste du coeur et il montre beaucoup de choses.
    En tout cas ce billet nous change (on pense aux vacances avec la piscine),bonne continuation sur le chemin du rétablissement.

  18. Enrhumé en plein mois de juillet caniculaire, à tous les coups il a du abuser de la climatisation. Le changement climatique aura raison de lui.

  19. Que j’ai ri, mais que j’ai ri…!
    Cette belle histoire – quasi une fable ! – a illuminé ma fin de soirée.

    Je n’ai encore jamais écrit ici, mais je tiens à vous remercier, cher Fabrice, de tant de prodigalité, passée, présente, future.

    Tout un bouquet de pensées à votre intention.
    Merci.

    Jean-François

  20. Il a encore de la chance ce c.. Vous étiez là au bon moment!!!Juste une question plutôt un doute, aurait-il fait la même chose pour vous ou pour un autre?

    Je reste en admiration devant votre courage et votre force et vous envoie mes pensées les plus amicales.

  21. La vie est drôle ! Une histoire… géante…!
    Comme tu as dû te marrer Fabrice ! (moi aussi !) Intérieurement d’abord !
    Ca ressemble presque trop à un scénario de Fluide glacial…

    Alors voilà : à trop fréquenter les piscines pour V.I.P, voilà les risques qu’on prend ! 😉
    A qui le tour ensuite ? Rocard ? Chirac ? Jospin ? Chevènement ? Juppé ? Fabius (pour les 30 ans du Rainbow-warrior, ce serait impec !).

    Ca permet de réaliser un truc : combien notre « perosnnel » politique est usé ! Usé ! Jusqu’à la corde je vous dis ! Allez ouste ! Tous dans la pisine mais… sans l’aide de ce grand humaniste de Fabrice cette fois !

    Une chose est sûre, on sait pourquoi on n’entend plus Allègre bousiller le monde de ses propos scélérates.
    Ca soulage.
    Un peu comme la dernière nouvelle concernant…Pasqua ! Désolé, je n’ai pas pu m’empêcher de pousser un cri de soulagement. Comme les cris d’horreur (et les larmes) que je n’ai pu retenir en écoutant la radio le 7 janvier. Ce sont des réactions brutales et spontannées qui viennent directement du coeu et qu’on ne peut pas retenir.

  22. salut Fabrice, tu imagines combien je goûte cette belle histoire, et sous toutes ses coutures. Cadeau de la vie.
    Mes pensées pour toi.

  23. Porcinette, je partage votre sentiment.

    D’ailleurs Allegre n’a pas dit que des conneries! Il est contre l’enfouissement des dechets nucleaires et a dit et ecrit qu’il vaut mieux garder les dechets « sous nos yeux » pour qu’on puisse savoir ce qui se passe, au lieu de les mettre sous terre, ou « l’eau circule partout, penetre tout », et que beaucoup d’endroits que l’on pensait « secs pour toujours » se sont retrouves inondes en l’intervalle de quelques decennies. Certains, a-priori tout aussi competents en geologie (la discipline d’Allegre) disent que ce n’est pas vrai, que certains endroits peuvent rester secs pour toujours. Je suis incapable de trancher, mais le raisonnement d’Allegre me semble reposer sur le bon sens: Le sous-sol est considere comme un endroit approprie pour les dechets nucleaires sur le seul principe, implicite, inavoue mais pas niable, que c’est un endroit difficile d’acces pour les humains. C’est une logique irrationelle, anti-scientifique, car nous savons que le sous-sol est en relation tres forte avec la biosphere, principalement par l’eau mais pas seulement, et que le sous-sol est un endroit qui n’a toujours contenu que des choses tres « pures », tres « propres », quel que soit le sens qu’on donne a ces mots: l’eau n’y contient aucun germe, les sources profondes ont des vertus medicinales, les mineraux ont des proprietes tres « propres » qui les rendent exploitables, etc.

    Allegre a donc bien repere la fraude scientifique qui consiste a supposer (en general sans le dire, ce qui est pire!) qu’un endroit eloigne de nos yeux est un bon lieu de stockage pour des dechets dangereux.

  24. Allègre était un anti-écolo qui essayait de répandre l’idée selon laquelle l’effet de serre ne devait rien à l’Humanité. Bref, un climato sceptique.
    Il fut aussi un désastreux ministre de l’éducation.
    Bref, encore un pitoyable socialiste (ce qui a tendance à devenir un pléonasme hélas…).
    Pour le reste, on peut aussi rire de cette fabuleuse histoire !

  25. oui, tout être humain doté d’un minimum d’empathie aurait instinctivement réagi de même (ce qui n’enlève rien à la grandeur du geste). La rancœur envers les positions divergentes débouche sur de la haine totalement inutile (et non injustifiée). Claude Allègre reste un être humain avec ses contradictions, ses joies, ses amis (et oui, il en a), ses amours, ses haines, ses évolutions personnelles… Il ne faut pas confondre le combat et l’homme.

  26. C’est un geste d’humanité qu’on ne peut que partager, mais au nom d’une curiosité scientifique qu’il aurait surement compris, ça valait le coup d’attendre voir s’il flottait. Il avait de bonnes chances.

  27. Eh bien telle est la condition humaine… Je trouve ça un peu triste finalement, cela montre que quelles que soient nos opinions et nos combats, nous finissons tous dans le même bouillon.

  28. On dirait bien que vous lui avez évité de boire la tasse 🙂 Maintenant, il peut choisir de devenir Fabrizio-sceptique et nier l’aide que vous lui avez apportée, une posture dont il a l’habitude (le fait de nier l’évidence, j’entends), ou alors de vous renvoyer l’ascenseur. Dans les couloirs de l’hosto, ça doit pouvoir se faire…

  29. Suis d’accord avec Porcinette et Laurent Fournier sur ce chapitre : l’empathie est une donnée normale et essentielle de l’être humain .

  30. Fabrice Nicolino arrive en vacances en Belgique et décide de prendre un taxi bruxellois.
    Le chauffeur pour se moquer un peu de ce client lui raconte alors :
    « Moi ! j’ai une habitude… Dès que je vois une blonde : paf ! je l’écrase ! »
    Fabrice Nicolino semble choqué mais ne siffle pas un mot…
    Ils commencent à rouler et au bout de dix minutes, le chauffeur aperçoit une blonde.
    Il accélère… fonce droit sur elle… et change de trajectoire à la dernière seconde.
    Là il entend BOUM ! il se retourne, apeuré et Fabrice Nicolino lui dit :
    « Arf ! heureusement que j’ai ouvert la portière, sinon vous l’auriez loupée ! »..

  31. Personne n’a rien contre l’homme Allègre, on en a contre le pitoyable politique qu’il fut.
    Ce n’empêche pas de respecter l’homme… comme l’a si bien fait Fabrice… et nous tous avec lui 😉

  32. à michelle brun
    Moi aussi je l’ai regardé !

    Sinon cette histoire de piscine m’a bien fait rire…
    Merci de nous l’avoir contée et bon rétablissement,

    Lisa

  33. Je déteste Claude Allègre et pourtant, je n’arrive pas à rire de la situation : un handicapé réduit au silence sur un fauteuil qui manque de se noyer dans une piscine ? Je devrais sans doute relire mes vieux Hara-Kiri pour retrouver mon esprit bête et méchant.

    Ce qui me réjouit davantage, c’est la décision du TA de Grenoble qui annule aujourd’hui l’arrêté relatif à la loi sur l’eau, indispensable pour poursuivre les travaux du Center Parc de Roybon en Isère. Allègre ne pourra pas aller tremper les roues de son fauteuil dans la bulle tropicale en pleine forêt de Chambaran.

  34. A Stef, pas besoin, si je peux me permettre, d’être bête et méchant pour apprécier le piquant de la situation et en rire… Pour ma part, je ne déteste pas Claude Allègre, ni personne d’ailleurs. Mais il y en a pas mal que je plains.

  35. N’espérez rien, il niera que Nicolino ,son dernier ennemi, ait pu accomplir ce geste par humanité ,au mieux il invoquera un réflexe involontaire.
    Bon rétablissement à vous …pas à lui.

  36. Coucou les gens ,

    suis complétement hors sujet mais j’avais très envie de partager avec vous enfin une bonne nouvelle: à Roybon les zadistes ont gagné contre Center parc youhou!!!
    https://zadroybon.wordpress.com/
    Bravo à tous ceux qui ont passé leur hiver dans le froid et la boue, qui ont tenu bon même quand ils étaient bien peu nombreux pour faire respecter la forêt et l’eau … merci mille fois à eux et à tous ceux qui les ont soutenus
    bises à tous

  37. 28 mai 1854 – H.D.T.

    Nous devrions nous demander chaque semaine : notre vie est-elle assez innocente ? Traitons-nous « de manière inhumaine » l’homme ou l’animal, en pensée ou en acte ? Pour être sereins et réussir, nous devons ne faire qu’un avec l’univers. La moindre blessure inutile consciemment infligée à n’importe quelle créature équivaut à un suicide. Quelle paix – ou quelle vie – doit être celle du meurtrier ?

    L’inhumanité de la science m’inquiète, ainsi quand je suis tenté de tuer un serpent rare afin de pouvoir en déterminer l’espèce. J’ai le sentiment qu’on n’acquiert pas ainsi le vrai savoir.

  38. Ce (ceux) pour quoi, pour qui, nous nous battons :

    http://www.oncfs.gouv.fr/Photos-et-videos-dOurs-Brun-dans-les-Pyrenees-amp-nbsp-ru533/Images-dours-brun-juin-2015-ar1809

    Et… eux jouent bien le jeu en étant passés de 5 en 1995… contre plus de 35 ce soir 😉

    Il a fallu deux coups de pouce pour cela :
    – 3 ours lâchés en 1996-97
    – 5 en 2006

    Il manque le dernier coup de pouce pour que cette population qui croit au-delà de nos espérances ne disparaissent pour des raisons liées à la consanguinité.
    La, seule solution c’est un dernier bon lâcher de 6 à 17 ours en 3 ans. (selon expertise du MNHN de septembre 2013).

  39. Merci Fabrice,

    Je me demandais encore récemment ce qu’il pouvait bien devenir le dégraisseur de mammouth. On peut dire que son expression est restée dans les mémoires.
    En tant qu’enseignante, je ne lui dis pas merci.
    Qu’il aille au d….

  40. Je suis ce blog avec beaucoup d’attention même si je ne poste pas, mais là…
    Je viens de lire que le tribunal administratif de Nantes vient de valider les arrêtés autorisant le début des travaux à Notre Dame des Landes et même si cette décision ne me surprend pas, elle me dégoûte au plus haut point…
    Alors maintenant qu’est-ce qu’on fait??? Ce projet ne PEUT JUSTE PAS ABOUTIR!!!!
    Merci d’être là Monsieur Nicolino, vous, et tou-te-s ce-lles-ux grâce à qui nous gardons espoir en l’humanité…

  41. @Stan, même question : qui est HDT ?
    J’adhère bien volontiers à sa pensée telle que citée ci-dessus.
    C’est celle de l' »empreinte écologique » mais… d’il y a 150 ans !
    150 ans qu’on rame ? Non, pas 150 : 3000 ans !
    3000 ans de séparation plus ou moins forte, plus ou moins complète d’avec la nature. Avec des pauses – heureusement- et de beaux moments de résistance. D’énormes malentendus aussi…

    Une certaine forme d’écologie est l’une des phases actuelles de résistance. Car … certains anthropologues le pensent : le besoin de faire un avec le monde (donc avec la nature) est inscrit dans l’être humain !
    J’ajoute que lorsque ce besoin est nié ou occulté, c’est la boîte de Pandorre qu’on ouvre : domination égoïsme, cupidité, individualisme, indifférence envers son prochain, guerres et autres massacres n’ont plus qu’à s’exprimer…

    Un colloque que je pressens fort intéressant aura lieu en novembre prochain. Il abordera ce thème à travers le prisme pertinent de l’anthropocène :

    https://anthropocene2015.wordpress.com/2015/02/09/presentation-colloque/

  42. HDT… trouvé : Henri David Thoreau 😉
    Extrait de « Journal »
    Belles lectures d’été… (et de toute autre saison d’ailleurs… mais il semble que l’été nos laisse plus de temps pour lire !)

  43. Superbe ! J’étais encore prof à l’époque où Claude Allègre était ministre de l’éduc.Chaque mois nous trouvions dans nos casiers une feuille de chou ministérielle que personne ne lisait. Je me souviens seulement de son titre ronflant : 21e siècle ! On y est…

  44. Lu dans l’Express du 17 07 2015 : « Des emplois d’avenir pour tuer des loups »

    « La délégation interrégionale Alpes-Méditerranée-Corse de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage recrute des emplois d’avenir pour une mission particulière: tuer des loups. »

    C’est une petite annonce étonnante, sur un site de recrutement: « Cherche Emploi d’avenir Brigade loup H/F » ….

    Etonnant, non ? Jusqu’où l’ignominie et la barbarie peuvent-elles aller ?

    Bon courage à Fabrice. Continuons le combat, chacun selon ses forces et ses talents.

    JMichel

  45. NOTRE DAME DES LANDES Pour tous les imbéciles heureux qui prennent l’avion à Nantes ou ailleurs sans arrière-pensée, en voilà une à cogiter. Le syndrome de toxicité de l’air à l’intérieur des cabines, connu des équipages, nié par l’industrie, et qui tue, semble-t-il, les pilotes. Peut-être seront-ils sensible à la menace pour leur propre sante, si rien d’autre. Ce n’est pas gagné. Qui se rappelle encore que les humains respirent ? Désolée, c’est en anglais et wikipedia fait de la désinformation à ce sujet. « The first well-documented case was of a C-130 Hercules navigator becoming incapacitated after breathing contaminated cabin air in 1977. The neurotoxic properties of organophosphates have been known about since before the Second World War. The toxicity of heated jet oil was known from 1954. » http://aerotoxic.org/about-aerotoxic-syndrome/ http://www.today.com/news/toxic-fumes-airplanes-flight-attendants-sue-amid-claims-exposure-t28016

  46. Superbe le texte de H.D. Thoreau. C’est la premiere fois que je lis qqchose de lui! Le premier paragraphe pourrait presque etre celui d’un moine Jain. Sauf que le Jain ne s’exprimerait probablement pas sous forme de question, il citerait probablement un texte ancien qui prendrait la forme d’une affirmation. Le second paragraphe est une question centrale de notre civilisation occidentale: Comment pouvons-nous connaitre scientifiquement sans tuer? Question semblable a celle de Derrida dans « de la Grammatologie »: existe-il une ecriture qui ne soit pas violence? et a celle de Foucault en general: existe-il une science qui ne repose pas sur la violence? Il me semble que nous sommes tous en train d’essayer de chercher la reponse, ou peut-etre des reponses, a cette question.

  47. Wikipedia en français ne tient pas – mais pas du tout – la même langage qu’en anglais….chercher sous « syndrome aerotoxique » parce que je n’arrive pas à poster le lien.

  48. A chaque fois qu’il s’agit d’Allègre, je ne peux désormais éviter de repenser aux saloperies qu’il a faites à Tazieff et son équipe, que j’ai lues dans le récent livre de Frédéric Lavachery, le fils de Tazieff (notamment d’avoir tenté, pris de panique je crois, d’ejecter Tazieff d’un abri sous roche lors d’un bombardement éruptif sur la Soufrière en 1976, et de ne l’avoir même pas assumé).
    Quand on sait ça, on peut se dire qu’il a du en commettre de nouvelles envers d’autres, par la suite.
    Le geste salvateur de Fabrice n’en relève que d’une plus grande classe.

  49. Mauvaise action. Pour le bien de l’humanité, et d’un pt de vue moral, il fallait au contraire lui tenir la tête sous l’eau.

  50. Le commentaire de Lherbier est plaisant et a déclenché un rire, ce qui est bon comme ça le matin mais le « brave homme » semble avoir perdu de sa nocivité.Une retraite et une fin de vie paisible et silencieuse, c’est tout ce qu’humainement on peut lui souhaiter…

  51. Cher Lherbier

    ta réponse me chaque bien sûr, j’imagine qu’elle est faite pour ça et du coup je réagis à chaud.
    La mauvaise action c’est de tenir la tête sous l’eau d’un autre être sensible jusqu’à ce qu’il en meurt.
    Tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir, l’espoir que la comprenette se fasse et que cette personne oeuvre au bien de l’humanité justement.
    Eliminer ce qui nous gêne n’a jamais fait avancer le schmilblick.

  52. Rien de glorieux dans cette histoire

    Croiser le fer avec un homme est une chose éventuellement intéressante, mais se moquer du malheur d’un handicapé et de la déchéance d’un homme ne l’est nullement.
    Quoiqu’allègre ait pu faire ou dire comme lamentables conneries, il ne mérite pas d’être humilié de cette façon.

    Triste vengeance que de s’abaisser à frapper un homme à terre.

    Le plus méprisable n’est pas ici celui qu’on croit, monsieur nicolino.

      1. De ne pas être comme vous?

        J’en suis même plutôt fier. Contrairement à vous, je n’ai aucun plaisir à frapper les hommes à terre. Et encore moins à m’en vanter afin de faire rire la populace.

        Cela dit, je dois quand même vous remercier. Vous êtes la preuve vivante qu’un handicapé peut être un homme comme tout le monde. C’est à dire un con.

        Bien à vous.

        Youen Troadec.

        1. Mon pauvre monsieur,

          Je vous libère de votre « Bien à vous », car quand on insulte, on assume. Oui, je vous plains derechef de manquer à ce point de ce qui fait le sel de la vie, et de la joie de celle-ci. Décrire un homme tel qu’il m’est apparu vous semble l’insulter. Mon Dieu, vous auriez fait un excellent policier de la pensée. Au reste, vous l’êtes sans nul doute. Je vous dispense d’une réponse que je pressens automatique. Épargnez votre temps, épargnez le mien. Quant à l’usage du mot handicapé, je vois que vous vous autorisez un usage aussi respectueux que scrupuleux. Encore bravo.

          Fabrice Nicolino

    1. Je suis tout à fait d’accord avec ce commentaire. On ne tire pas sur une ambulance et encore moins sur ceux qui sont dedans! Allègre, que j’ai fréquenté professionnellement, pendant des années était très imbu de sa personne au point d’être parfois odieux, mais ce fut un grand scientifique internationalement reconnu qui peut se tromper comme tout un chacun. Nous n’en avons pas tellement en France aussi il ne faut pas l’oublier et l’humilier.

  53. Bonsoir,

    Désolé de gâcher vos illusions, mais vous avez sauvé un être humain, pas un scientifique.

    Arrêtez de vous faire passer pour un être héroïque, sauver son prochain est normal. Vous cherchez simplement à prendre une revanche sur cet homme qui vous est certainement superieur, du moins en courage (qui est du côté du pouvoir dans la thèse climatique?).

    Bonne soirée.

  54. Bonjour, se rejouir de la détresse d’un homme âgé et diminué en raison d’un accident vasculaire….se glorifier de votre « exploit  » humanitaire tout en ridiculisant l’homme, médaillé d’or du CNRS, au seul motif qu’il ne partage pas votre dogme. Tous ces commentaires haineux….

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *