Mais où s’est donc planqué le mouvement antinucléaire ?

Je sais être, à ma manière, un vieux con. Pas la peine de se bercer d’illusions. J’étais présent – non physiquement, mais en esprit – à la première manif antinucléaire de l’histoire, en juillet 1971. Je n’avais pas 16 ans. Charlie, Charlie-Hebdo, qui devait longtemps après être décimé, soutenait – et organisait – de toutes ses forces le rassemblement. Grâce à Fournier, qui y travaillait, et qui fut l’un des tout premiers. La reproduction ci-dessous, pour une raison que j’ignore, est en noir et blanc. Le vert a disparu.

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J’ai ensuite été, je crois, de tous les combats importants. À Malville – 1977 -, à Plogoff – 1980 -. J’ai toujours su pourquoi je refusais cette sinistre aventure. Pour des raisons complexes, dont l’action discrète mais certaine de services policiers et militaires d’État, le mouvement antinucléaire s’est étiolé. Pas de malentendu : ses faiblesses intrinsèques l’auraient empêché, de toute façon, de l’emporter.

D’ailleurs, le mal était fait, après la funeste décision, en 1974, de lancer le programme électronucléaire. Lisons ensemble cette bluette de propagande : « Le 6 mars 1974, à vingt heures, Jean-Marie Cavada, journaliste et, par la suite, homme politique français, s’entretient avec Pierre Messmer. Le Premier ministre présente son plan énergétique qui vise à limiter la dépendance au pétrole à travers la construction d’un parc nucléaire d’une part, et une série de mesures de sobriété énergétique d’autre part, une véritable politique écologique avant l’heure ».

Il n’empêche que je m’interroge sur la tragique incapacité du mouvement actuel à tirer, devant la société française, le bilan de cinquante années de mensonges et de faillites en chaîne. N’oubliez jamais que tant de crétins, parfaits polytechniciens pourtant, ou supposées Grandes Intelligences – par exemple l’ancien président Giscard d’Estaing – juraient que l’électricité nucléaire finirait par être gratuite, ou presque. Surtout avec l’apparition du monstre Superphénix, projet abandonné en 1997.

Le chiffrage total, soigneusement dissimulé, est impossible à faire. Mais il suffira ici de quelques indications. En janvier 2012, la cour des comptes estime que le nucléaire a coûté 228 milliards d’euros depuis les années 50, auxquels il faut ajouter 55 milliards d’euros de recherches. Pas mal. Mais on n’inclut pas le prix du démantèlement des vieilles centrales, qui se chiffrera lui aussi en dizaines de milliards d’euros (voir l’article en annexe, publié l’an passé). La faillite est si somptueuse que l’État français, ultralibéral pourtant, renationalise aujourd’hui EDF, dilapidant ainsi 10 milliards d’euros de plus. EDF est une ruine infernale, qui a perdu 5,3 milliards d’euros au premier semestre 2022. Et sa dette approcherait les 50 milliards d’euros, alors que les essais d’EPR – les réacteurs de nouvelle génération – sont un puits sans fond, tant à Flamanville (Normandie) qu’en Finlande. Ne parlons pas du coût de l’enfouissement, des huit milliards – au moins – de subventions accordées à Areva-Orano, des 100 milliards de travaux de sécurité sur les vieux réacteurs.

L’argent n’existe pas pour toutes ces factures-là. Mais que s’en fout le Macron ? Il veut lancer, dans une sinistre fuite en avant, la construction de six EPR en France, pour un coût compris au départ – selon lui – entre 52 et 56 milliards d’euros. Voilà en quelques mots l’état des lieux. Et voici venue l’heure de me faire des amis supplémentaires. Que fait donc le réseau Sortir du Nucléaire, qui annonce regrouper 893 associations et 62661 personnes signataires de sa Charte ? Que fait Stéphane Lhomme, dont je connais la vaillance ? N’y a-t-il pas lieu de réunir tout ce qui peut l’être pour acculer enfin ceux qui nous ont plongés dans cette folie ? Et ces vieux briscards, comme Pierre Péguin, des Cévennes ? N’en-ont ils pas un peu marre de radoter sans jamais marquer des points ? Je ne suis pas en train de juger, malgré les apparences. Ce que je souhaite de toutes mes forces, c’est le rassemblement et le renouveau. Il y a là un alignement de planètes. Il y a là, avec la crise énergétique, une occasion historique de mettre en cause sur le fond les décisions prises contre nous et contre l’avenir commun. Alors oublions ce qui doit l’être, ¡ y adelante !

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Ci-dessous, en annexe, un mien article publié l’an passé


La grandiose histoire du démantèlement (nucléaire)

Paru le 4 août 2021

Brennilis ! En 1962, les amis si chers du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) bâtissent en pionniers une centrale nucléaire 100 % française, au cœur des monts d’Arrée, en Bretagne. En 1985, on en commence le démantèlement. Coût prévu : 19,4 millions d’euros. Hi, hi ! Dans un rapport de 2005, la Cour des comptes relève le montant final à 480 millions d’euros, soit 25 fois plus.

Mais ce n’était rien. Le 15 juillet 2021, le département du Finistère crache une nouvelle estimation : ce sera 850 millions d’euros. Pourquoi pas le milliard ? Allons, ce sera pour la Noël. Et la fin des travaux est annoncée pour 2040, soit cinquante-cinq ans après leur début. On se moque, certes, mais le moyen de faire autrement ? À l’autre bout de la France, l’ancien réacteur Superphénix, qui promettait la lune, le soleil et cinq tonnes de caviar par habitant. Arrêté en 1997 sur ordre de Jospin, dans le cadre d’un accord Verts-PS, il est lui aussi en plein démantèlement.

Au moment de l’euphorie – 1976 –, nos grands experts parlaient d’un coût de 4 milliards de francs de l’époque. À l’arrivée, on s’approchait à petits pas de 30 milliards. À l’arrivée ? En 1998, le Sénat écrivait dans un rapport injustement oublié : « Le coût de construction et de fonctionnement de Superphénix a dépassé les estimations initiales. Dans son rapport de janvier 1997, la Cour des comptes l’a évalué à 60 milliards de francs. » Sans la déconstruction, cela va de soi.

14 tonnes de plutonium et 38 000 blocs de béton au sodium

Ah vacherie ! On parle au début, pour cette dernière, de 2,5 milliards d’euros (16,5 milliards de francs) et d’une fin de chantier en 2023. Mais en 2007, ce sera 2027. Faut les comprendre, les hommes de l’art : il reste alors dans l’engin 14 tonnes de plutonium et 38 000 blocs de béton au sodium.

Des centaines de prolos et de techniciens démontent, dévissent, déconnectent, déchargent du combustible irradié dans une saine ambiance : des inspections officielles montrent que le personnel, sur place, n’est pas formé aux situations d’urgence, et que l’organisation du chantier ne permet pas une intervention efficace des secours. EDF sifflote et promet.

En 2019, et c’est formidable, on s’intéresse à la cuve, qu’il s’agit de découper. Le couteau à beurre n’étant pas disponible, on envoie au front des robots, dont un certain Rodin. Damien Bilbault, directeur du site : « La cuve de Superphénix est la plus grande du monde. Les 20 cuves des réacteurs de 1 300 MW du parc français pourraient y entrer en volume. »

Et il ne faut quand même pas oublier, concernant la grande cuve, qu’il y avait deux bouchons à faire sauter. Croix de bois, croix de fer, tout sera achevé en 2030, mais pour plus de sûreté, on fait valoir qu’il existe une autorisation d’exploiter un site nucléaire qui court jusqu’en 2035. En juin 2021 – hourra la France ! –, on a réussi à retirer l’un des deux bouchons. Encore une poignée d’années, et la cuve sera entièrement débouchée. ­Champagne.

Combien faudra-t-il provisionner encore pour démanteler à peu près le site de Superphénix ? Secret d’État, mais Charlie révèle ici que cela coûtera bonbon. Or, et bien que la presse docile ne le dise presque jamais, le nucléaire est en faillite parce qu’il est une faillite. EDF a une dette estimée à 42 milliards d’euros – plus ? – et s’est trouvée obligée de réclamer une durée de vie de quarante ans pour ses vieilles centrales, au lieu de trente. Puis cinquante.

Il n’est qu’un avenir possible : les nouveaux réacteurs EPR. Mais les prototypes sont des gouffres sans fond, de la Finlande jusqu’à la Normandie, et ceux installés dans le paradis totalitaire chinois ont de sérieux soucis, bien planqués par la police d’État. Il va de soi que si le nucléaire était privé, il aurait déposé son bilan depuis de longues années. Mais comme le nucléaire est, depuis les origines, une entreprise publique, financée par la société, il va falloir songer à se cotiser. Roubles d’avant 1917, s’abstenir. ●

9 réflexions sur « Mais où s’est donc planqué le mouvement antinucléaire ? »

  1. Il faudrait ecrire une histoire des variations du mensonge nucleaire.
    Mais on ne change pas les lois de la physique et les dechets radioactifs sont avec nous pour toujours. Je voudrais pas etre a la place des ingenieurs qui dans 100 ans vont devoir deterrer et manipuler les emballages rouilles et pourris enterres a Bure et qui empoisonneront l’eau, la terre et l’air…

    quelques etapes:

    – « l’atome pour la paix », lance aux Etats-Unis aux Nations-Unies en 1953, pour pouvoir continuer a faire des bombes, malgre une critique de plus en plus devastatrice des bombardements de Hiroshima et Nagasaki. Puisque la defense des bombardements avait choisi une approche « sans la bombe il y aurait eu encore plus de morts », c’est a dire que la bombe elle-meme n’etait pas defendable selon ses promoteurs, la production d’electricite et les utilisations « pacifiques » de l’atome permettaient non seulement de preserver mais meme d’augmenter enormement le budget atomique malgre la fin de la guerre;

    – le Price Anderson Act de 1957 exemptant les entreprises nucleaires de l’obligation d’assurance, et la maniere dont il a ete immediatement copie par presque tous les pays du monde (1958 en France, 1962 en Inde, etc.) au nom du « developement » et de « la paix », avec les arguments les plus fantaisistes (comme « l’energie nucleaire etant exceptionelle, elle doit avoir une loi exceptionelle » en France, pour justifier que les risques nucleaires soient les seuls a ne pas etre assures)

    – Les variations dans la maniere de vendre le nucleaire aux populations des pays democratiques (ou pas): Les Anglais ont finit par admettre officiellement (en 2007 si je me souviens bien, dans « The Guardian ») que la continuation du nucleaire civil etait la seule maniere de trouver assez d’argent pour continuer a faire des bombes atomiques, elles-memes la seule maniere de maintenir la situation geopolitique de l’Angleterre dans le monde, mais les Francais et les Russes ont fait semblant de croire que le nucleaire etait « moins cher »… Les Chinois, les Israeliens et les Coreens du Nord ne se sont pas embarrasses d’explications, les Japonais ont fait ce que les Americains leur ont dit, les Indiens et les Pakistanais, sensibles au prestige, ont explique a leurs populations qu’il etait insultant de ne pas etre admis comme membres du « club nucleaire », et ca reste chez eux l’argument principal aujourd’hui. Bien entendu, cet argument beneficie d’une force de persuasion considerable par les bombardements et les assassinats de scientifiques atomistes dont ont souffert les programmes nucleaires Irakien, Syrien et Iranien.

    – Enfin le silence persistant qui entoure les nombreux bombardements atomiques apres 1945, et particulierement en Irak (Fallujah 2004, voir Chris Busby), en Syrie, au Yemen et au Liban, silence que seulement Michel Rocard a (timidement) brise en declarant dans la presse « non-conspirationniste » (Liberation) qu’il etait « terrifie » par une guerre Israel-Iran qui ne pourra commencer que « nucleaire »… (reference discrete au fait que les avions israeliens sont trop petits pour transporter des bombes anti-bunker conventionelles et donc auront forcement recours aux bombes atomiques).

  2. Cher Fabrice,
    (Je ne suis pas calée sur les mouvements anti-nucléaires mais je lis – un peu-)

    J’ai une lecture récente sur un sujet connexe.
    Cet article, dans Terrestres, qui est, en fait, la postface du livre de Xavière Gauthier – militante anti-nucléaire et féministe, « Retour à la Hague : Féminisme et nucléaire »- parait questionner, justement, la transmission de cette lutte à la génération ‘Greta Thunberg’.
    https://www.terrestres.org/2022/04/04/chere-greta-thunberg-a-propos-du-nucleaire/

    On dirait que les liens entre la sortie du nucléaire et les enjeux de climat, d’énergie, de santé, de ravages ne se font pas et ne se structurent pas, alors, dans des luttes plus globales qui pourraient la porter. (l’article le dit mieux que moi 😉 ).
    La problématique du nucléaire est peut-être un peu trop isolée en terme de mobilisation, alors qu’on voit bien qu’elle est au cours de nos vies (énergie, pollution, guerre, canicule). Cette lettre de Xavière Gauthier est un appel intéressant à l’appropriation de cette question par les nouvelles générations.

    D’un point de vue social, il est également possible que le nucléaire -étant une fierté nationale- se retrouve dans un système qui ne doit absolument pas être remis en cause (malgré les milliards d’€ pour le maintenir, à nos risques et irréversibles périls, et qui sont hyper factuels). Surtout quand on le vante à tout va pour dire que ça permet de s’affranchir du pétrole.
    Et puisque vous évoquez les élites, ce système pro-nucléaire est administré dans les veines de jeunes dans les grandes écoles aussi. Côté scientifique, le CEA est un organisme de recherche largement dominateur sur tous les autres (CNRS, Inserm, INRAE, IRD, universités), entre termes de financement, de statuts privilégiés des emplois, d’infrastructures de haut vol, etc. Et même, au sein du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, le CEA dirige. Tout ça pour une seule (techno)science basée sur l’atome ! Tout cela se fait au détriment des autres sources d’énergie…

    Je lisais l’article de votre collègue Fischetti au sujet du four solaire d’Odeillo : il y a de quoi s’émerveiller d’une telle technologie simple, durable, performante, sur une énergie dont on ne manquera jamais…
    https://charliehebdo.fr/2022/07/ecologie/font-romeu-resistance-et-avant-garde-de-lenergie-solaire/
    Mais c’était piloté par le… CNRS. Si je caricature un peu, les chercheurs CNRS géniaux et rêveurs n’ont fait aucun poids par rapport aux mastodontes des technoscientifiques du CEA qui ont su aller séduire les politiques.
    Et je vais ajouter mon grain de sel sur le genre (H/F), par le fait qu’il y a eu, à cette époque-là, une audace et une prise de risques inconsidérées de la part des scientifiques qui relèvent d’un masculinisme fort (de toute façon, il n’y avait pas/peu de physiciennes dans les labo). Bon, petit secret de jargon, mais on appelle ça de la « big dick science », qui ne s’applique pas que sur le nucléaire, mais aussi sur l’agrochimie, la médecine high-tech de précision etc.

    La science et ses applications technologiques souffrent beaucoup d’un manque de pluralité, pas seulement hommes/femmes, mais aussi classes sociales, origine ethnique… Parce que, le nucléaire est aussi issu de la « white-man science », qui est toujours et encore une forme de colonialisme occidental. Ce qui se passe dans les usines d’extraction d’uranium au Niger, notamment, est abominable.
    https://www.francetvinfo.fr/sante/environnement-et-sante/exploitation-de-luranium-au-niger-nous-avons-herite-de-la-pollution-durable_2378413.html

    Big-dick-ement vôtre

    Thaïs

  3. Chers Fabrice et Laurent

    Ah ah ah! Fabrice, heureusement que je lis Charlie pendant que vous lisez le Point 😀

    Je vous envoie cet article de Terrestres, qui est très éclairant aussi, (avec la pyramide des risques nucléaire saisissante…)
    https://www.terrestres.org/2022/02/16/nucleaire-une-fausse-solution-pour-le-climat/

    Pour ce qui est du silence des forces anti-nucléaires, il semblerait que Frédéric Durand évoque les nouvelles méthodes de lobbying par les réseaux sociaux.
    « Un des arguments principaux des promoteurs du nucléaire est qu’il pourrait « sauver le climat ». Une association très active, notamment sur les réseaux sociaux, visant explicitement à promouvoir le nucléaire, a d’ailleurs pris le nom de « Sauvons le climat », en avançant l’argument que cela ne serait pas possible en se privant de l’atome. »

    Et ensuite,
    « Pourquoi tout ce que l’on vient de voir n’est-il pas plus connu ? On pourrait avancer plusieurs arguments, mais un des principaux est sans doute que les promoteurs du nucléaire ont su investir les médias et les réseaux sociaux, avec des moyens nettement plus considérables que ceux des défenseurs de l’environnement. Le journal Reporterre a bien su analyser ce phénomène. Il montre comment les promoteurs du nucléaire ont multiplié les opérations de communication, en rémunérant ceux qui étaient prêts à relayer leurs éléments de langage, ainsi que de multiples intervenants qui arrivent « en meute » sur les réseaux sociaux pour s’efforcer de casser toute remise en question du nucléaire, et faire croire qu’il pourrait « sauver le climat ».
    De tels moyens révèlent les rapports de force et un manque d’éthique, mais aussi un manque de respect pour la démocratie, car il ne saurait y avoir de véritable démocratie si, avant de prendre des décisions, le peuple et les élus ne sont pas informés de tous les tenants et aboutissants d’un problème. »

    Tout ça nous renvoie à la question, quand on est « en marge » de la mouvance dominante, s’il faut utiliser les outils du capitalisme – les réseaux sociaux- pour communiquer et le combattre… ? c’est difficile.
    Faut être sacrément armé.e pour tenter d’écrire juste en 280 caractères (c’est game-over d’office, pour moi !) pour tenter de contrer la horde de pro-nucléaire dont c’est quasiment le métier de communiquer sur Twitter. Mais j’imagine que ça s’apprend.

    La question est de savoir où les luttes se jouent maintenant pour y être les plus efficaces : dans les ZAD, au pied des pylônes (avec la clé à molette!) ou sur les réseaux sociaux ?

    Il y a aussi ce groupe de critique radicale des réseaux, non pas sociaux, mais électriques : la Chose (Coordination Hétéroclite pour l’Obturation des Systèmes Electriques), qui ne semble pas être sur les réseaux sociaux, qui porte un manifeste intéressant sur l’énergie et l’électricité en particulier :
    https://lundi.am/Leur-ecologie-est-un-desastre-deconnectons-la

    Radieusement vôtre,

    Thaïs

  4. Je peux répondre à la question de Fabrice au sujet de Stéphane Lhomme : il sera le jeudi 29 septembre à Salles-la-Source ( Aveyron) pour y donner une conférence « Nucléaire: stop ou encore? ».
    Je voudrais aussi signaler que la manifestation pour commémorer le bombardement atomique de Hiroshima qui se tenait devant la mairie d’Avignon le 6 août de chaque année depuis longtemps n’a pu avoir lieu cette année faute d’un nombre suffisant de participants. Dans la région la plus nucléarisée du monde, ça donne à réfléchir. Antinucléaires, combien de divisions ?

  5. Je soutiens « Sortir du nucléaire » depuis une vingtaine d’années.
    Il y a deux ou trois ans, j’ai écrit à l’association pour lui dire ceci:

    il y a une bonne dizaine de villes ou villages qui s’appellent « Bure » ou « Bure-quelque chose » en France (Bure sur Yvette, par exemple)
    Comme il est difficile d’être présent en permanence à Bure (celui du projet d’enfouissement des déchets nucléaires),
    organisons régulièrement des rassemblements à tour de rôle dans les différents « Bure » de France.
    Cela afin de
    – maintenir la pression sur les gouvernements successifs pour abandonner le projet d’enfouissement
    – mobiliser les militants antinucléaires sur ce sujet dans toutes les régions de France où se trouve un « Bure » et leur donner la possibilité de manifester contre l’enfouissement en restant près de chez eux,
    – sensibiliser les gens de ces différentes régions au problème de l’enfouissement des déchets nucléaires, et du nucléaire en général.

    Que pensez-vous qu’il arriva ?
    « Sortir du nucléaire » ne me répondit même pas !!!

    Comme le dit justement Fabrice Nicolino:

    « MAIS OÙ S’EST DONC PLANQUÉ LE MOUVEMENT ANTINUCLÉAIRE ? »

    1. C’est une excellente idee ! Puisque les dechets nucleaires ne derangent personne si c’est « chez les autres », realiser que Bure c’est partout ! Que la radioactivite ne reste pas « chez les autres » et va partout, penetre tout !

      (cette idee stupide que leur confinement est possible… comme si on pouvait confiner une soupe qui reste corrosive pour des centaines de milliers d’annees durant lesquelles elle ronge tout et transforme tout ce qui l’entoure en pourriture radioactive… l’impossibilite du demantellement des centrales nous le montre bien, les zones propres deviennent progressivement sales a leur tour, et ca progresse inexorablement, tout ce qu’on peut faire c’est freiner et gagner du temps… et cela pour toujours ! L’enfouissement est un suicide, rendant la surveillance encore plus dangereuse ! Si c’est deja extremement difficile de gerer un « colis » radioactif tout neuf et dans un entrepot bien entretenu, comment ca va etre sous terre, dans 100 ou 200 ans, dans des souterrains bourres de radioactivite qui s’ecroulent sur eux-memes, avec des effluents qui remontent a la surface et se retrouvent dans les sources a des centaines de kilometres, comme par magie ???)

  6. L’Observatoire du nucléaire rencontre actuellement des difficultés financières. Son directeur Stéphane Lhomme lance un appel à soutien. Sur les manières de l’aider, se rendre sur son site Internet.

  7. Bonjour,
    J’ai adressé à C.H. une notule il y a quelques semaines (à l’attention de la rédaction) et je n’ai pas eu de réponse,
    J’y demandais que l’on consacre un article ou un reportage sur François Ramade. Il synthétisait les problématiques conjointes (pollutions, énergie, climat, etc.) à partir des années 1970.
    Il me semblait que la notule devait vous parvenir, question de génération, au moins.

    Il classait le risque nucléaire après le risque chimique et les pollutions sur le long terme. Je ne crois pas que les décennies écoulées depuis ses premiers ouvrages ont démenti ses expertises.
    Le nucléaire, dans le monde c’est 6 à 8% de l’énergie, en France entre 15 et 20%.

    Aujourd’hui, à la débâcle financière s’ajoute la débâcle technologique. C’est bien plus grave !
    L’élan français s’est brisé sur SUPERPHÉNIX. Il n’y a rien à attendre, raconter cette descente aux enfers (cf. Cigéo, et Le droit du sol), ne déclenche plus de réaction : quelques diacres du lobby essaient d’amuser les gogos, encore. D’autres sont plus réalistes, ou cyniques (Jancovici), et savent que tout soutien de principe ne changera pas le cours des choses.

    Pour la petite histoire, j’étais dans les manifs à Malville, car j’étais convaincu (en tant qu’ingénieur) que ce type de surgénérateur ne fonctionnerait jamais (pour des raisons techniques d’abord, et financières ensuite, car sans le secours de militaires, le truc était très peu rentable).

    Bon courage
    Richard

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