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Qui entendra jamais le point de vue de Raoni ?

On peut commenter de mille manières le pauvre « Accord historique » conclu à Paris samedi. Celle de Raoni vaut bien les embrassades ridicules et les trémolos de Fabius et tous autres. C’est un extrait du journal Libération :

Raoni «très triste» à la lecture du projet d’accord

Le cacique Raoni, Indien du Brésil âgé de 85 ans venu à Paris défendre la cause des indigènes et de la forêt amazonienne, confie à Libération sa «tristesse» à la lecture du texte de l’accord :

«Une fois encore, c’est beaucoup de négociations pour arriver uniquement à des promesses. Des solutions existent, mais les chefs d’Etat ne veulent pas les entendre. Avec d’autres chefs indigènes de tous les continents, nous avions transmis 17 propositions à Ban Ki-moon, notamment la reconnaissance du crime d' »écocide » par la Cour pénale internationale, et la sanctuarisation de tous les territoires occupés par des populations autochtones autour de la planète, car ils sont le plus à même de protéger les forêts. Aucune de nos propositions n’a été reprise. Je suis très triste de voir que les chefs d’Etat sont restés dans leur bulle.»

Relisez l’interview que Raoni a accordée à Libération avant la présentation du projet d’accord.

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J’ajoute une information venue de Survival – Jean-Patrick Razon, salut ! -, qui montre une réalité fort éloignée de celle des grandes organisations « conservationnistes » comme Conservation International (CI),  Wwf ou Nature Conservancy. Ces dernières plaident le plus souvent pour des réserves naturelles d’où auraient été chassées les hommes, en l’occurrence ces peuples autochtones qui finissent inexorablement dans les bidonvilles. Survival rapporte le cas renversant d’une réserve indienne où la population voisine avec des tigres. Extrait : « Entre 2010 et 2014, le nombre de tigres vivant au sein de la réserve naturelle Biligiri Ranganathittu Tiger (BRT) dans l’État du Karnataka a augmenté, passant de 35 à 68 tigres ». C’est ici : ici.

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Un dernier commentaire. Quand le texte de la COP21 est signé dans l’allégresse samedi passé, personne ne sait clairement ce qu’il contient. Évidemment ! Personne. Tous ceux qui osent s’exprimer sur cet « Accord historique » ne sont donc que des perroquets répétant ce que les services officiels prétendent, au grand profit de Laurent Fabius, de la diplomatie française et bien entendu des transnationales. Je retiens le tweet de Cécile Duflot, qui aura passé sans doute mille fois plus de temps à ferrailler pour son poste qu’à réfléchir aux conséquences du dérèglement climatique : « Formidable ! C’est maintenant que tout commence ! Aux actes ! ».

Heureusement, la Confédération paysanne, Alternatiba et Attac (grâce à l’excellent Maxime Combes) sauvent un peu notre honneur.

 

 

Ce samedi soir de l’accord « historique »

Je le sais, soyez-en certains. On vous a, on nous a servi un bon millier de fois le rapprochement avec les Accords de Munich. Ce ne sera donc qu’une fois de plus. Comme je l’ai écrit constamment depuis des mois, il était certain que la COP21 se finirait sur un texte prodigieux, « historique », jamais vu, etc. Et tel est bien le cas.

Rappel : les 28 et 29 septembre 1938, Daladier, Chamberlain, Mussolini et Hitler se retrouvent en Bavière pour tenter, officiellement du moins, d’éviter la guerre. Les deux premiers sont le président du Conseil français et le Premier ministre britannique. On ne présente pas les deux autres. La crise des Sudètes – cette région du nord-est de la Tchécoslovaquie peuplée d’Allemands « de souche » – menace une paix européenne qui date de vingt ans tout juste et cette conférence quadripartite se propose de trouver une solution.

Hitler ne songe qu’à une chose : envahir les Sudètes, puis croquer la république tchécoslovaque, qu’il déteste avec la violence qu’on lui connaît. Il n’entend faire aucune concession et comme les Français et les Anglais ne veulent à aucun prix d’un affrontement, il emporte le morceau. Les Sudètes iront à l’Allemagne nazie, avant que ne vienne le tour du président tchécoslovaque Edvard Beneš et de son pays.

Dans l’avion du retour, Daladier a peur. Quand approche la piste d’atterrissage du Bourget, voyant la foule qui envahit les pistes, il craint qu’on ne soit venu le lapider pour avoir cédé encore une fois au chef nazi. Mais non, on l’acclame ! N’a-t-il pas sauvé la paix du monde ? La suite montre que non. Et qu’il aurait fallu une tout autre politique pour empêcher Hitler de tuer des dizaines de millions d’êtres humains.

Bon, la leçon est terminée. Que veux-je dire ? Non pas que l’accord signé ce samedi à la COP21 est de même nature que celui conclu à Munich il y a 77 ans. Non pas. Mais en tout cas, que les hommes s’illusionnent volontiers, avec un soulagement qui ressemble fort à de l’obscénité, quand leur peur est si haute qu’elle brouille leur entendement. C’est arrivé maintes fois, cela continuera de se produire.

Est-ce le cas aujourd’hui ? Je le répète, je ne sais pas. Mais en toute sincérité, je le crois. N’est-il pas épouvantable de voir cette armée de journalistes servir sans discontinuer la pauvre propagande imaginée par Laurent Fabius, président de la COP, et ses nombreux services de communicants ? Je tombe par le hasard de Google Actualités sur la prose d’un journaliste du Nouvel Observateur, Arnaud Gonzague (ici). Je vous jure que je n’ai rien contre sa personne. Je ne le connais pas, je ne l’ai jamais vu. Lisons ensemble : « Mais il est incontestable que Laurent Fabius, président de cette COP, dont tout le monde a salué l’implication depuis un an et demi, a remporté son pari. La planète des hommes n’est pas guérie de son addiction mortifère aux énergies carbonées, loin de là. Mais sans jouer les béni oui-oui de service, on peut dire que cette fois, elle s’est mis sérieusement sur le chemin de l’être ».

Gonzague n’est certes pas le plus délirant des optimistes de la place. Il ne manque pas de prendre de petites précautions, car on ne sait jamais. Mais enfin, le tout est simplement délirant. Ce garçon de 36 ans s’occupe à l’Obs des questions d’éducation. Qui a jugé bon de le déplacer soudain pour suivre le déroulement de la COP21 ? Je ne sais et je m’en moque bien, mais c’est pleinement ridicule. Il ne sait rien de la crise climatique, et de la sorte, se trouve être la personne rêvée à qui faire avaler ce que les politiques souhaitent lire et entendre. N’insistons pas. Le triomphe était programmé, il est là.

Moi, qui suis de près les questions climatiques depuis un quart de siècle, ne peux que ricaner – ou pleurer, c’est égal – à l’écoute des réactions imbéciles et si mal informées d’Emmanuelle Cosse, responsable d’Europe Écologie-Les Verts, ou de Pascal Canfin, ci-devant ministre devenu ces derniers jours le directeur-général du WWF-France. Vous chercherez par vous -même et penserez par vous-même. Le sentiment général est celui d’une déroute complète de toute pensée critique. Notez que je ne demande à personne de suivre mon propos, radical et noir, j’en ai conscience. Mais pourquoi diable se vautrer dans des satisfecit sans queue ni tête ?

La crise climatique impose des choix politiques et économiques tels qu’aucune des élites en place, ici au Nord, là-bas au Sud, n’est en mesure de les faire. Cette cour tourbillonnante, autour de Fabius, Hollande et consorts, me fait immanquablement penser à Versailles au début de l’été 1789. Le bal est éblouissant, chacun se trouve beau et plein d’avenir, les manants sont au pied, au chenil, au cachot. On sait la suite. Je sais pour ma part où est mon chemin.

Dans le journal Le Monde

 Comme promis hier, mon texte paru dans Le Monde

Cette funeste conférence climatique ne changera rien

LE MONDE | • Mis à jour le

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Devant la COP21 au Bourget le 1er décembre.

Evidemment, la COP21 sera un naufrage. Evidemment, on la présentera comme un triomphe de la société humaine. Il serait facile de moquer la petite armée planétaire des experts, adeptes enamourés d’une novlangue qu’eux seuls connaissent. Franchement, qui comprend des vocables comme QUELROs, INDC (en français loufoque : « contributions prévues déterminées au niveau national »), CPDN,AIJ ? Tous ces acronymes anglais sont le quotidien de juristes et de diplomates que nul ne connaît et qui n’ont donc aucun compte à rendre aux peuples directement concernés. Au reste, les peuples existent-ils ?

Mais bien sûr, il faut aller plus loin. Qui a créé le cadre de la supposée « négociation sur le changement climatique » ? Un nom s’impose, et c’est celui de Maurice Strong. Pratiquement inconnu en France, cet homme, né en 1929, et qui vient de mourir le 28 novembre, peut se vanter d’une vie hors du commun. Côté pile, il a été le vice-président, le président ou le PDG de firmes transnationales nord-américaines : Dome Petroleum, Caltex (groupe Chevron), Norcen Resources, Petro-Canada, Power Corporation. Au cœur, l’énergie. Au cœur, le pétrole.

Maurice Strong le 25 juillet 1997.

Côté face, Maurice Strong va incarner le tournant planétaire de l’ONU vers ce que l’on n’appelle pas encore le « développement durable ». Tour à tour, il ouvre le premier des Sommets de la Terre de Stockholm, en 1972, puis préside le Programme des Nations unies pour l’environnement, lancé dans la foulée. Tout en étant président de Petro-Canada – de 1976 à 1978 –, puis conseiller du directeur de la Banque mondiale et de Toyota, entre autres.

Evénements majeurs

Il faut insister sur deux événements majeurs. Tout d’abord, le Sommet de la Terre de Rio, en 1992. Maurice Strong, qui en est le grand organisateur officiel, choisit comme adjoint et bras droit un certain Stephan Schmidheiny. Ce dernier est l’héritier d’une dynastie industrielle – Eternit –, qui a fait sa fortune grâce à l’amiante. Le 3 juin 2013, il a été condamné à dix-huit années de prison en tant qu’ancien dirigeant d’Eternit sur décision d’une cour d’appel italienne. Peine à laquelle il échappera pour des motifs de prescription. Que lui reproche-t-on ? La mort par l’amiante de 3 000 ouvriers italiens.

Après le sommet de Rio, Schmidheiny se lance dans une nouvelle opération en créant le Conseil mondial des affaires pour le développement durable. Près de 200 sociétés industrielles en font partie, dont les grands amis du climat que sont Syngenta, BASF, Bayer, DuPont, Total, Shell, Dow. En 2002, il publie le livre Walking the Talk (BK Editions). Parmi soixante-sept autres monographies, l’une est consacrée au delta du Niger, martyr écologique s’il en est, où la Shell aurait selon l’ouvrage « une longue histoire d’assistance aux communautés auprès desquelles elle travaille ».

Deuxième rendez-vous capital : Kyoto, où se réunit en 1997 la troisième Conférence mondiale sur le climat. Maurice Strong, devenu sous-secrétaire général des Nations unies, y prononce le discours inaugural. Une seule conclusion s’impose : le système onusien est entre les mains d’industriels aux mains sales, de ceux qui vantent encore, et toujours, l’usage de combustibles fossiles qui aggravent la situation climatique.

A Kyoto, où se réunit en 1997 la troisième Conférence mondiale sur le climat, Maurice Strong, devenu sous-secrétaire général des Nations unies, y prononce le discours inaugural. Une seule conclusion s’impose : le système onusien est entre les mains d’industriels aux mains sales

Pourquoi s’acharner sur ces deux cas sidérants ? Eh bien, parce qu’ils semblent avoir montré l’exemple. Commençons par Brice Lalonde, l’un des fondateurs du mouvement de l’écologie politique en France. Devenu sur le tard un ferme soutien de la droite libérale, incarnée un temps par Alain Madelin, il aime tant l’entreprise qu’il est devenu il y a quinze ans l’un des cadres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), temple de l’industrie, où il organise à la fin des années 2000 des tables rondes auxquelles se précipitent les grands patrons de la planète.

En 2007, Nicolas Sarkozy, à peine élu, le nomme « ambassadeur chargé des négociations sur le changement climatique ». C’est le retour sur le devant de la scène, et pas seulement nationale. En 2010, Brice Lalonde devient le « coordonnateur exécutif » du deuxième Sommet de la Terre de Rio, qui doit avoir lieu en 2012. La même place que Maurice Strong en 1992.

Brice Lalonde ne dissimule aucunement ses choix politiques et moraux. Interrogé le 17 mars 2014 sur Europe 1, il se déclare en faveur des gaz de schiste, pourtant moyen certain de relancer l’émission de gaz à effet de serre. Avec, au passage, un argument désopilant : « Le gaz de schiste, il est bon aux Etats-Unis, pourquoi est-ce qu’il serait mauvais en France ? »

Absurde appétit de biens matériels

Reste le cas Laurence Tubiana. Inlassable participante des conférences climatiques depuis vingt ans, elle est de gauche. Le 15 mai 2014, elle est nommée « représentante spéciale du gouvernement français » pour la COP21. Le 3 juin, elle devient « ambassadrice chargée des négociations sur le changement climatique ». Comme Brice Lalonde ? Comme Brice Lalonde. Or, elle a tout de même créé puis dirigé l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI).

L’IDDRI est un think tank de plus où l’on multiplie colloques, rapports et conférences. Comme celle organisée en octobre 2007 en l’honneur du roi du soja transgénique, le Brésilien Blairo Borges Maggi. On s’étonnera – ou pas – que parmi ses membres fondateurs se trouvent EDF, Entreprises pour l’environnement (EPE), GDF Suez, Lafarge, Saint-Gobain, Veolia Environnement. Et dans EPE, des industriels aussi responsables que ceux de Bayer, BASF, Vinci, Total, Solvay, Thales.

Où veut-on en venir ? D’abord cette précision essentielle en ces temps conspirationnistes : il n’y a évidemment pas complot. Ces faits ne sont pas cachés, même s’ils sont parfois savamment évacués. Il est possible, il est même plausible, que ces personnes aient leur part de sincérité. Mais la question de la responsabilité des transnationales dans le drame biblique en cours ne peut être esquivée. La logique de ces entreprises est de forer, d’extraire, de manufacturer et de vendre. Et ce faisant, d’entretenir comme le feu sous la soupe, le dérèglement climatique.

Il est évident que le cadre de la COP21 interdit toute vérité. Car lutter contre le dérèglement climatique impose de revoir pour de vrai notre absurde appétit de biens matériels. Lesquels sont, jusqu’à plus ample informé, le moteur – véritablement à explosion – de l’industrie et des entreprises prisées par ces quatre personnes. Par une publicité purement et simplement criminelle. Le dérèglement en cours s’explique en bonne partie par la prolifération d’objets inutiles, dont la production et l’élimination menacent de mort les principaux écosystèmes.

Arrêtons de répéter sans jamais agir qu’il faut changer notre façon de vivre et de consommer. L’heure est arrivée de mettre concrètement en cause la voiture individuelle, les écrans plats, les iPhone, le plastique, l’élevage industriel, le numérique et ses déchets électroniques, les innombrables colifichets – jouets, chaussures, cotonnades et vêtements, cafetières, meubles – venus de Chine ou d’ailleurs, les turbines, centrales, avions, TGV, vins, parfums partant dans l’autre sens.

N’est-il pas pleinement absurde de croire qu’on peut avancer en confiant la direction à ceux-là mêmes qui nous ont conduits au gouffre ?

Fabrice Nicolino est journaliste et essayiste, auteur d’Un empoisonnement universel. Comment les produits chimiques ont envahi la planète (Les Liens qui libèrent, 2014) et Lettre à un paysan sur le vaste merdier qu’est devenue l’agriculture (Les Echappés, 124 pages, 13,90 euros).

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/12/03/cette-funeste-conference-climatique-ne-changera-rien_4823377_3232.html#PIbUtfo78MWA2BfY.99

Le savoureux mystère des chiffres truqués

C’est le troisième article publié par Charlie le 25novembre 2015

De plus en plus goûteux : voilà qu’on apprend que la France oublie de déclarer 50 % de ses émissions de gaz à effet de serre. Et qu’elle se prétend du même coup vertueuse. La COP 21 de décembre commence et finira dans le mensonge tous azimuts.

Suite d’il y a 15jours (Farces et Attrapes de la COP21). En résumé, la conférence climatique de décembre est une foutaise. Et voilà qu’on découvre l’étonnant travail du Commissariat général au développement durable (CGDD), un machin d’État entre les mains d’ingénieurs des Ponts, des Mines ou du Génie rural. Sous le titre « Les émissions cachées » (1), les auteurs ridiculisent, torpillent et coulent toute la politique française en matière de dérèglement climatique.

Chaque État est censé livrer un inventaire annuel de ses émissions de gaz à effet de serre, destiné à la Convention-Cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). La France comme le Malawi, la Syrie comme l’Irak, Le Japon comme le Luxembourg. Telle est la base de toutes les discussions sur le sujet. Au cours des 20 COP qui ont précédé celle de la fin du mois, les maquignons du climat ont discutaillé en promettant telle ou telle réduction sur le montant de leurs additions.

Or, écrit le CGDD avec des mots choisis, la France bidonne dans les grandes largeurs. Le chiffre remis à l’ONU pour l’année analysée – 2012 – est de 460 millions de tonnes d’équivalent C02 (le gaz carbonique). Et c’est génial, car tous les politiciens en poste depuis dix ans – Kosciusko-Morizet, Borloo, Batho, Martin, Royal – ont pu répéter en boucle que la politique française, exemplaire, avait permis une baisse régulière sur une vingtaine d’années. Environ 15 % en moins sur la période 1990/2012.

Le malheur est que notre cher pays est un gros arnaqueur, car il oublie opportunément les « émissions cachées » qui, elles, ne cessent d’augmenter. Pourquoi ? Parce qu’elles représentent les émissions de gaz à effet de serre importées en même temps que les jolis produits bariolés venus des colonies et autres plaisantes contrées. Quand tu achètes un t-shirt fabriqué en Inde, ami lecteur, ou un ordinateur assemblé en Chine, tu achètes aussi, même si c’est invisible, les gaz que leur production a fatalement émis là-bas. Ben oui, tout a un prix écologique.

Et comme la France se désindustrialise depuis 35 ans et qu’elle ne s’emmerde plus à fabriquer de joujoux, de lingerie, de téléphones portables, de meubles ou de médicaments, elle importe de plus en plus massivement. Entre 1990 et 2012, les émissions de gaz made in France ont donc baissé – cocorico ! –, mais celles liées à nos importations ont elles augmenté de 54 %. Au total, il faudrait ajouter aux 460 millions de tonnes déclarées la bagatelle de 211 millions de tonnes importées, soit 671 millions de tonnes au total. Tout bien considéré, les émissions de gaz à effet de serre de la France ont augmenté et continuent d’augmenter. Mais cela, aucun journaliste en cour, aucun journal télévisé ne le dira, laissant le champ libre au bon gros mensonge gouvernemental.

Résumons : la France accueille une vaste foire climatique au cours de laquelle elle jurera ses grands dieux que ses nobles efforts ont fini par payer. Mais ce sera intégralement faux, car rien n’ayant été tenté pour limiter le commerce mondial de choses inutiles, la situation s’aggrave. Et que dire en ce cas des autres pays, tout aussi truqueurs, sinon plus ? Le bel exemple nous vient de Chine, où les autorités totalitaires en place viennent pour quelque obscure raison de réviser par la dynamite leurs propres statistiques. En 2013, sans que personne ne s’en soit apparemment rendu compte, l’Empire bureaucratique a cramé 600 millions de tonnes de charbon de plus qu’annoncé.  Soit un milliard de tonnes de CO2, qu’il faudrait aussitôt rajouter au bilan mondial si l’on était sérieux.Mais ainsi qu’on sait, ces gens sont de redoutables bouffons.
Dans ces conditions ridicules, faut-il participer, fût-ce loin, à l’immense pantomime qui commence le 30 novembre au Bourget ? Faut-il accepter d’animer les sempiternels ateliers alternatifs et altermondialistes qui fleuriront en marge de la COP21 ? On préférera envoyer se faire foutre les braves organisateurs et leurs amis des médias. À la bonne franquette.

(1) www.developpement-durable.gouv.fr/L-empreinte-carbone-les-emissions.html