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Ce que nous avons fait le 5 octobre

 

Ci-dessous, le mot rédigé par l’association « Nous voulons des coquelicots » (https://nousvoulonsdescoquelicots.org) après les 500 rassemblements d’hier au soir.

 

  Mais quel beau commencement !

 

Comment vous dire notre joie ? Nous n’y parviendrons pas, car elle est immense. Notre mouvement, votre mouvement, n’existe que depuis trois semaines et a déjà recueilli 270 000 soutiens, dont 260 000 sur internet et une dizaine de milliers sur papier.

Hier 5 octobre, à 18h30, ont eu lieu, selon nos estimations, environ 500 rassemblements en France, dont beaucoup devant les mairies de village. Certains avec six personnes, comme à Bagnères-de-Bigorre, d’autres avec plusieurs centaines de présents, comme à Caen – 300 personnes – ou Vannes, avec 250 dont notre amie la chanteuse Emily Loizeau.

Ce qui frappe à la lecture des 300 messages qui nous sont parvenus, c’est votre enthousiasme. Ce si vaste plaisir d’être ensemble face à une tache qui reste pourtant herculéenne. Nous n’en finirions pas de rapporter tant et tant de témoignages qui nous émeuvent aux larmes. Il est certain que nous avons ensemble gagné notre premier pari : celui de créer une toile indestructible, un rhizome couvrant la France entière qui nous unit jusqu’en octobre 2020.

2020 ? Vous le savez désormais, nous nous retrouverons le premier vendredi de chaque mois, qu’il pleuve ou gèle, ou que la canicule nous foudroie. On a le droit au parasol, aux braseros, aux écharpes et aux maillots de bain. Ce qui va compter plus que tout, c’est notre capacité à durer tout en rassemblant toujours plus de volontés.

Excusez à l’avance, mais le plus dur est devant nous. Mais aussi le plus beau, le plus exaltant. Il s’agit de sortir de nos ghettos respectifs, et de partir à la rencontre de la société, que nous devrons visiter dans le moindre recoin. Il va falloir créer, imaginer des rendez-vous, des événements qui prouveront à tous que nous voulons tous des coquelicots. Vous avez été géniaux, et nous n’en doutions pas. Le 2 novembre, nous serons deux fois plus nombreux, au moins. On va gagner.

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Un message de Claire, de Saillans dans la Drôme (1200 habitants), où 28 personnes se sont réunies.

 

« Une conviction : ce n’est que si CHACUN prend la responsabilité de faire jouer son réseau personnel que nous y arriverons. Nous sommes CHACUN responsable de la réussite ou de l’échec des rassemblements. 
Sur la centaine de personnes que j’ai contactées par mails et messages, près de 30 sont venues. Mais elles ne sont pas venues sans effort de ma part. Je les ai contactées chacune trois fois : une première fois pour donner l’info en début de semaine, une deuxième ce matin pour un petit rappel et une dernière fois deux heures avant.
 Il faut se « mouiller », oser envoyer des mails à des personnes qu’on n’a pas vues depuis longtemps ou dont on n’est pas certain qu’elles soient d’accord avec l’action proposée. Il faut prendre des petits risques d’agacer les personnes peu habituées aux pratiques militantes. Il faut un peu embêter le monde ».

Les lobbyistes sont là

Amis et lecteurs de Planète sans visa, il me semble qu’il faut serrer les dents et se concentrer sur ce qui compte vraiment. Le Grand Appel des Coquelicots est d’ores et déjà un magnifique succès (https://nousvoulonsdescoquelicots.org), mais il se heurte comme de juste au lobby des pesticides. Dans le nouveau livre (Nous voulons des coquelicots, LLL) que nous consacrons aux pesticides, François Veillerette et moi-même montrons à quel point il est organisé, et dangereux. D’autant plus dangereux qu’il est blessé, et sur la défensive. Je vous conjure de faire face, sans surenchère, mais sans faiblir un instant. Lisez donc la suite.

 

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Un lecteur vient de m’envoyer ceci :

de Sylvain,

coucou Fabrice.

Bravo pour ton appel que je signe et partage autour de moi.

En parallèle je discute (sur FB) avec des personnes qui remettent en cause la pertinence de cette appel, en particulier sur 3 points :
1/ Ton appel visent uniquement les pesticides de synthèse. Quid des pesticides “bio” qui semblent eux aussi être dangereux pour l’environnement.
2/ Beaucoup me ressorte l’argument que tout est poison et que c’est la dose qui fait que quelque chose n’est pas poison.
3/ Pas de pesticide ? OK mais alors comment va t-on nourrir la planète ? Sur ce point, je leurs sors les arguments de Marc Dufumier, mais ça n’a pas l’air de les convaincre.

Ainsi, je me retrouve le cul entre 2 chaises :
_D’abord l’envie de défendre mordicus le contenu de cet appel mais avec un manque cruel d’arguments pour le faire n’étant pas spécialiste du sujet.
_et le sentiment un peu coupable de penser que parmi les arguments brandis par les détracteurs de l’appel il y a peut être de choses vraies.

3 exemples d’articles que j’ai reçu, et qui, j’avoue, peuvent un peu faire vaciller les convictions que j’ai et qui sont porté par ton appel :
http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2613

https://www.agriculture-environnement.fr/2014/01/23/jardinage-bio-et-pesticides915

http://www.forumphyto.fr/2016/11/30/alimentation-10-000-fois-plus-de-pesticides-naturels-que-de-residus-de-pesticides-de-synthese/

Salut à toi 🙂


Ma réponse,

Cher Sylvain,

Tu perds hélas ton temps et ton énergie, car ces arguments circulent en boucle à l’initiative directe ou indirecte du lobby. Il faut comprendre comment cela fonctionne. Ce lobby dispose de fonds sans limite ou presque et appointe un nombre x de faux débatteurs – à mon sens et pour l’heure entre 15 et 20 personnes – qui écument les réseaux sociaux et organisent des « dialogues » à la manière dont une araignée – dieu que j’aime pourtant cet animal – dialogue avec ses proies. Le tout est fortement documenté, ainsi qu’on a pu voir en septembre 2017 dans le journal Le Monde, qui décrivait les coulisses des Monsanto Papers.

Cette firme agrochimique entretient un authentique cabinet noir qui organise la ruine de la réputation des scientifiques – et des journalistes – qui lui déplaisent. Et fait endosser par des scientifiques corrompus – oui, cela existe aussi – des articles rédigés en fait par ses services commerciaux. Il est temps d’ouvrir les yeux en grand. On ne peut dire abstraitement que l’industrie des pesticides est devenue criminelle. Il faut aussi apprendre ensemble à considérer ses manœuvres concrètes.

Je vais vous donner un exemple concret. Un certain Emmanuel Grenier tweete sans jamais s’arrêter des messages comme : « Article hallucinant de #Nicolino dans @Charlie_hebdo Il demande carrément de mettre fin à l’indépendance des scientifiques de l’Anses_fr. Il veut que les scientifiques obéissent à Macron. C’est plus Nicolino, c’est Nicolyssenko ».

Bon, c’est grotesque, mais le sieur s’adresse à son camp rétréci et entend mobiliser ses maigres troupes. Il ne s’agit jamais que de disqualifier. Ainsi, ce n’est pas Nicolino qui signe le papier sur l’Anses de cette semaine, mais Charlie tout entier. L’article ne vise pas « les scientifiques », fussent-ils de l’Anses, mais son directeur Roger Genet, accusé d’être un militant propesticides. Quant à obéir à Macron, hum ?

C’est grotesque, mais éclairant. Car Grenier – et tous ses compères, comme Rivière-Weckstein – appartient à un groupe très identifié de lobbyistes professionnels. Admirateurs sans complexe des nitrates, du nucléaire, des pesticides, négateurs jusques et y compris du trou dans la couche d’ozone. Grenier a été l’une des chevilles ouvrières de l’« Institut de l’Environnement », créé en 1999 pour réhabiliter les nitrates. À l’initiative de très gros de l’agro-industrie bretonne, comme Doux, Gourvennec ou Bernard Salaison. Cet « Institut » a même organisé au Sénat un colloque – les 13 et 14 novembre 2000 – pour réhabiliter les pauvres nitrates. Parmi les contributeurs, Emmanuel Grenier, qui signait une intervention mêlant l’interdiction du DDT, le plomb, la couche d’ozone, l’arrêt de Superphénix, et un sombre complot. Et Grenier était, aux dernières nouvelles, le trésorier de l’Association des journalistes de l’environnement (http://aje-environnement.org/presentation-2). Pas mal, non ?

Si vous voulez en savoir plus et diffuser, lisez donc cela

et vous m’en direz des nouvelles. Et voyez plutôt d’où viennent ces si graves gens : La préhistoire de messieurs Grenier et Rivière-Weckstein.

Cherche volontaires

 

Amis, ainsi que vous avez peut-être vu, l’Appel des coquelicots, lancé hier matin (https://nousvoulonsdescoquelicots.org/) a déjà recueilli 60 000 signatures. Si vous ne l’avez pas fait, franchement, c’est maintenant.

Mais je dois vous parler d’autre chose. Le vendredi 5 octobre à 18h30, les signataires du Grand Appel se retrouvent sur les places des villes et villages. Un jour de fête nationale, avec joie, champagne ou orangeade, musique et chorales, casseroles et sonnettes de vélo, grande rigolade.

Il faut de toute urgence des volontaires, des correspondants locaux et régionaux pour organiser la fête. Ne donnez pas de contacts ici, car je suis pas qu’un peu débordé, mais directement sur le site de l’Appel. Beaucoup, ici, en avaient marre de prendre des coups. Eh bien, cette fois, pas d’excuse : c’est l’heure et elle ne repassera pas. Autrement dit, la priorité des priorités est de répandre l’Appel dans le moindre recoin de la société. On sort définitivement du ghetto et on s’adresse à tous. A tous ? A tous, car il s’agit d’un appel au secours d’humains à d’autres humains.

Vous savez quoi ? Si je me lance là-dedans, c’est que je veux être fier de moi. Si le mensonge règne sur le monde, ce ne sera pas par moi. Et pas par vous, hein ?

Se lever enfin

Planète sans visa est l’objet d’une attaque informatique en passe de rendre l’accès si difficile qu’il en sera impossible. Qui est derrière ? Je n’en sais rien, mais ça tombe très mal.

Ce que je veux vous dire est simple : c’est l’heure. Dieu sait que nous avons des raisons de pleurer sur le sort de la vie. Mais de vous à moi, je ne supporte plus notre inaction, et depuis longtemps. Rendez-vous sur www.nousvoulonsdescoquelicots.org pour signer un Appel que nous voulons historique. Nous ? Notre association, qui est aussi la vôtre : Nous voulons des coquelicots. Que personne ne se défile ! Car cette fois, on peut agir.

Sachez que nous cherchons dès maintenant des correspondants locaux et régionaux de l’Appel, qui seront chargés de penser des actions jusqu’au coeur de la société française, dans son moindre recoin. Et ça va durer deux ans. Deux ans ! C’est parti, nous visons cinq millions de soutiens.