Archives mensuelles : avril 2008

Les grands mystères de Tchernobyl

Je me rends compte avec horreur que j’ai omis de vous parler de l’anniversaire de Tchernobyl, le 26 avril dernier. Ce n’est pas si grave d’un côté, car d’autres que moi ont secoué nos mémoires assoupies. Mais enfin, je me sens tout chose néanmoins. Et je vais donc tenter de rattraper ce qui peut l’être encore. A-t-on déjà tout dit de cette épouvante nucléaire ? Non, pour la raison flagrante qu’on ne pourra jamais rapporter tout ce qui fut, qui échappe tant à l’expérience humaine.

Je me contenterai d’un aspect très mystérieux de l’explosion de 1986. Est-on si sûr de ce que l’on sait ? Est-on sûr qu’il y ait eu un grand incendie au-dessus de Tchernobyl le 26 avril 1986, voici vingt-deux ans (1) ? Pour la plupart des innombrables commentateurs, la chose est fermement établie. Il reste en ce cas à expliquer deux ou trois détails qui n’en sont peut-être pas.

Par exemple, pourquoi les peintures intérieures de la centrale sont-elles restées intactes ? Pourquoi des traces de craie datant de la construction y sont-elles encore visibles, si la chaleur est montée si vite, et si haut ? Le tout – peintures comme craie – aurait dû disparaître sous la chaleur des flammes. Et puis, une explosion dans la salle des machines a-t-elle réellement eu lieu avant celle du réacteur ? Trois secondes avant, trente secondes ? Ce n’est pas la même chose. Enfin, quelle force inouïe a-t-elle pu soulever le couvercle du réacteur, lourd de 2 000 tonnes, jusqu’à le faire retomber sur le côté ? N’ayons pas peur de l’écrire : cela sent l’énigme.

Je ne vais pas jouer au malin : je ne sais rien. Mais un spécialiste français de la mécanique quantique, Georges Lochak, président par ailleurs de la Fondation Louis-de-Broglie, s’est passionné pour le sujet. Il est vrai que le chercheur a par ailleurs découvert des particules magnétiques appelées « monopôles magnétiques légers ». Une drôle d’affaire.

Lochak, à la tête de ses monopôles, a croisé la route d’une équipe russe de l’institut Kourtchatov. Trois scientifiques, aussi respectables que d’autres – c’est-à-dire pas plus -, qui ont élaboré une hypothèse neuve sur la cause de Tchernobyl. Selon eux, le fait que les peintures intérieures soient toujours en place signifie qu’il n’y a pas eu, à l’intérieur de la centrale, de fort dégagement de chaleur. Ni, bien entendu, d’incendie. Mais alors, cette grande lueur qu’évoquent tous les témoins directs ? Selon les trois hommes, il ne s’est nullement agi d’un feu, mais d’un rayonnement d’une nature inconnue.

D’autre part, une transmutation stupéfiante a eu lieu à Tchernobyl, où l’on a retrouvé dans les débris de l’usine environ 10 tonnes d’aluminium. Ce métal n’a pas été utilisé, en tant que tel, pour la construction. L’on a aussi découvert de l’uranium enrichi à des doses étonnantes, jusqu’à 27 %, alors qu’il ne l’est au départ que de 2 %. Des forces physiques inconnues seraient donc intervenues au cours de la tragédie nucléaire.

La rencontre entre Lochak et ces trois savants a produit des étincelles, sans aucun jeu de mots. Car les travaux du premier, d’une complexité décourageante, ont permis aux Russes de parfaire leur théorie sur l’accident. Le 26 avril 1986, un court-circuit dans un transformateur électrique de la salle des machines aurait entraîné la formation d’une forte quantité de « monopôles magnétiques ». Lesquels, partant en tous sens, auraient été comme attirés vers le réacteur par le système de refroidissement. Et l’auraient du même coup relancé.

Attention, cela reste un scénario, dont je ne pense rien de particulier. Ou plutôt, si, tout de même. La seule existence de ce qui reste un récit rappelle une évidence qui met à bas, intellectuellement hélas, tout l’édifice du nucléaire. Car elle rappelle les limites flagrantes de l’esprit humain, et sa faiblesse insigne en face de la puissance de l’atome. Que Lochak et les trois Russes aient raison ou tort n’y changera rien. Il est possible, il sera toujours possible que quelque chose survienne, qui détruise les plus solides citadelles de la technologie.

Personne au monde n’est capable de nous dire, par définition, ce que nous ignorons encore. Même avec les meilleurs ingénieurs du monde, même avec des mesures de contrôle permanentes et fiables, le nucléaire est bien un crime contre la fragilité de notre espèce.

(1) On peut retrouver un excellent résumé de la question dans Les Silences de Tchernobyl (p. 28 à 41), Éd. Autrement.

Faire ce qu’on peut faire (sur ce foutu aéroport)

En décembre dernier, ici, j’ai parlé du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes. Avant de passer la parole à des opposants vivant sur place, et qui ont décidé de résister, je souhaite vous dire mon point de vue d’aujourd’hui. Une bagarre commence, qui peut se révéler très importante. Peut : je ne suis pas devin. Mais il est clair que dans cette histoire s’affronteront deux visions du monde. D’un côté, ceux qui veulent continuer leur fuite en avant, nous traînant de force avec eux. Et de l’autre, les inconscients qui ont décidé de sortir des rangs, et d’emprunter quoi qu’il en coûte un autre chemin. Nous.

Je vous invite à regarder cette affaire avec les yeux du premier jour. Je vous invite à entrer dans la danse au plus vite, de la manière qui vous sera possible. Ce peut être un coup de fil, une visite, la participation aux premiers rendez-vous sur le terrain, le 1er mai, puis le 29 juin. Ce que vous voulez, mais faites-le ! Il faut selon moi transformer ce projet insupportable en un enjeu national et européen. Si nous gagnons, ce sera une date. Et si nous perdons, une autre.

Ultime précision. À ma connaissance, il existe plusieurs structures de résistance, et je vous renvoie à deux sites sur Internet : celui de l’Acipa et celui de Solidarités Écologie. Des associations comme Greenpeace Loire-Atlantique, la LPO, Bretagne Vivante (dont je suis membre), des syndicats comme la Confédération paysanne en sont.

Mais tout cela ne serait rien sans les habitants du lieu, qui se bougent. Et cela change tout. Ils sont décidés, déterminés, ils ont quelque chose à dire. Et nous devons les écouter. Ce qui suit est l’appel qu’ils lanceront le 1er mai, après un rassemblement organisé au lieu-dit Le Limimbout. Appelons cela, entre nous et pour rire, un scoop. Si vous avez le temps, faites partie de la fête. Et sinon, voici une adresse électronique : christiane.andre625@orange.fr. Et un téléphone : le 02 40 57 21 22. Un message de soutien serait déjà un geste. Tous ensemble ! Oui, tous ensemble !

 

 

L’aéroport de Nantes, c’est NON

 

Le monde s’enfonce dans une crise climatique angoissante, mais notre classe politique continue de parler une langue morte. Les gens qui défendent le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes pensent l’avenir avec les mots d’un passé qui ne reviendra pas. Ils sont les héritiers de ceux qui attendaient l’armée allemande derrière la ligne Maginot, et qui se trouvèrent débordés en une nuit de mai 1940 par les blindés du général Guderian. Comme eux, ils se trompent d’époque.

Nous pourrions rire, si ce n’était aussi grave, du discours des promoteurs du nouvel aéroport. Comme la Toinette du Malade imaginaire, qui répond « le poumon » à toutes les questions posées sur la santé d’Argan, ils répètent, hébétés par eux-mêmes : la croissance, la croissance, la croissance.

Ils ne savent pas, parce qu’ils ne le sauront jamais, que notre planète atteint déjà ses limites physiques dans des domaines vitaux. Le transport en fait partie. Dans un monde fini, ceux qui poussent encore à la destruction des espaces et des espèces sont de redoutables aveugles.

La question de l’aéroport n’est pas de droite ou de gauche. Elle est une affaire humaine, et pour cette raison, nous nous en emparons. Ailleurs dans le monde, comme autour de l’aéroport londonien d’Heathrow, les mêmes que nous ont décidé d’agir : nous sommes l’espoir en mouvement, quand ils n’incarnent que le renoncement. Tous : le maire de Nantes Jean-Marc Ayrault comme le Premier ministre actuel François Fillon.

Le pouvoir ne cesse de nous rabâcher que nous vivons bien au-dessus de nos moyens, que nous avons mangé notre pain blanc. Avoir un hôpital de proximité serait devenu un luxe intolérable : on en supprimera donc 250. Redon, Châteaubriant, Ancenis font partie de la liste ; mais un aéroport pour aller rejoindre les plages méditerranéennes, est une inéluctable nécessité, un intérêt public. L’économie marche sur la tête. Il est grand temps que les hommes reprennent en main leur destin.

Nous savons que ce combat, commencé il y a 35 ans, sera encore long et difficile. Et c’est pour cette raison que nous lançons ce 1er mai 2008 un appel à toute la France, à toute l’Europe. Il faut soutenir le mouvement contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes avec toutes les forces disponibles. Et par des moyens rarement utilisés à l’échelle que nous envisageons : l’occupation du territoire, la désobéissance civile, le refus complet et définitif.

Le compromis n’est pas possible, car ce combat qui continue, et qui concerne chacun, est entre une vie possible et un cauchemar certain. Nous vaincrons, non parce que nous sommes les plus forts, mais parce qu’il n’y a pas d’autre solution.

Les habitants qui résistent

Faut-il créer autre chose ?

Ce n’est qu’une ébauche, et même pas. Une rêverie dont je vous laisse juge. Faut-il imaginer autre chose pour que l’information réelle sur le monde réel circule réellement ? Je parle de cela avec bien des gens depuis bien du temps. Pas très nombreux, il est vrai, mais vaillants. Tous. Et l’évidence, c’est que nous avons besoin de quelque chose.

Mon ami, mon cher ami Patrick Herman a déjà un nom qu’il me jette à la face en rigolant chaque fois que nous nous voyons. Ce serait un journal, appelons cela un journal. Qui sélectionnerait cinq ou six questions jugées essentielles et qui garantirait à ses lecteurs une sorte de contrat. En nous lisant – chaque semaine, chaque mois ? -, vous auriez la garantie complète de recevoir l’information la plus fondamentale qui soit sur les thèmes sélectionnés à l’avance. Vous auriez l’assurance de recevoir sous forme papier, ou électronique peut-être, le meilleur disponible sur terre au moment de la parution. Je sais, c’est ambitieux. Mais tel serait le jeu.

Il pourrait s’agir d’une veille ardente sur l’agriculture/alimentation; la crise climatique; les alternatives déjà à l’oeuvre; la biodiversité, etc. Ma question de ce jour, que je vous demande de méditer, c’est celle-ci : selon vous, existe-t-il un public décidé à lire un journal de cette sorte, rigoureusement hiérarchisé, agréablement présenté, professionnel au bon sens du terme ? Il va (presque) de soi qu’une telle offre aurait un coût, pouvant tourner autour de 5 euros par mois. Mais ce n’est que théorie, vous le comprenez.

Bref. À titre exceptionnel, je sollicite de bon coeur votre participation. Envoyez en commentaire ce qui vous passe par la tête. Même si cela vous semble déphasé. Même si cela vous semble sans intérêt. Car le public visé par un (très) éventuel projet neuf, c’est vous. Vous êtes des milliers – oui, il faut bien que je vous le dise un jour – à venir visiter ce blog. Et aujourd’hui, j’ai besoin de votre sentiment direct. Pas de faux-semblant ! Dites sans détour ce que vous pensez. Avons-nous besoin d’autre chose ? Je vous avoue que je ne sais.

PS : Je suis absent de Paris et de ce blog jusqu’à dimanche 27 avril inclus. Il est possible que des commentaires attendent jusqu’à cette date, mille excuses. À bientôt !

Le retour du charbon, petit patapon(*)

Où ai-je la tête ? Je ne vous ai pas encore parlé de David Rosane. C’est un ami, et je dois avouer que j’ai pour lui beaucoup d’affection. Oh, je pourrais aisément chanter ses louanges et faire son panégyrique. Ce serait aisé, car cet homme a quantité de mérites. C’est un ornithologue de grande qualité. C’est un Américain qui déteste le monde selon Bush. C’est un écologiste sincère, profond, spirituel au sens élevé de ce mot. Et il a réussi le miracle de nouer des liens réels, bien que compliqués, avec un peuple indien du Venezuela, les Yekuana.

Je reparlerai de lui, mais sachez à l’avance qu’il compte dans ma vie. Davantage, je crois, qu’il ne l’imagine, car nos échanges sont – comment dire ? – un peu irréguliers. Je plaide coupable. Je suis un irrégulier.

Mais bon, ce n’est pas le sujet du jour. David vient de m’envoyer la copie d’un article du New York Times, grand quotidien s’il en est. Et si vous lisez l’anglais, le mieux, c’est de le lire par vous-même. Vous vous ferez votre idée. Et pour les autres, voici : le charbon revient en Europe. Oui, cette source d’énergie ancienne, terriblement émettrice de gaz à effet de serre, a de nouveau le vent en poupe.

Les faits : en Italie, la grande entreprise énergétique Enel va remplacer le fioul de ses centrales par du charbon. Massivement. En cinq ans. La moitié de l’électricité que produira alors Enel viendra du charbon. Et il s’agit d’un vaste mouvement de tout le continent, car une cinquantaine de centrales au charbon devraient être mises en chantier en Europe, toujours au cours des cinq prochaines années.

La révolte a commencé, mais pour l’heure, nul n’en parle. La protestation monte à Civitavecchia, en Italie, en Allemagne, en Tchéquie, dans le Kent anglais, où les travaux sont proches. Comme de bien entendu, les promoteurs de ces aberrations clament que ces centrales au charbon nouvelles ne pollueront pas, et conserveront soigneusement le gaz carbonique inévitablement produit. Les opposants emploient un mot qui s’imposera peut-être, qui sait ? Selon eux, selon moi également, une centrale au charbon « propre » est un oxymoron, une contradiction dans les termes. On peut aussi appeler cela une foutaise.

La coalition qui se forme en Europe contre cette nouvelle menace a déjà reçu le soutien de l’un des vrais grands connaisseurs de la crise climatique, l’Américain James E. Hansen, directeur de l’Institut Goddard. Au nom de la lutte cruciale contre le dérèglement climatique, il appelle à un moratoire mondial sur la construction des centrales au charbon et à un plan de sortie en vingt années pour celles qui sont en service.

Il existe de toute façon un point que les ennemis de la terre ne contestent pas : sans des investissements géants visant à mettre au point des technologies de capture et de séquestration du carbone émis par ces centrales, la catastrophe sera certaine. On parle là de milliards, de dizaines de milliards de dollars, sans aucune garantie de succès. Car nul ne sait en réalité si cela peut marcher. Et pour l’heure, le brouillard est à couper au couteau. Qui paierait ces sommes folles ? Qui serait en mesure de coordonner les efforts à l’échelle d’un continent ?

Comme à l’habitude dans ce système aveugle qui dirige désormais nos destinées, on nous demande de croire ceux qui se sont trompés mille fois. Il faudrait suivre, et se taire. Ces gens nous prennent pour de la chair à canon. Ou à charbon. Comme si nous étions des fantassins de Napoléon, poussés en avant par la folie d’un projet inhumain. La seule question qui vaille encore, vous la connaissez aussi bien que moi : allons-nous marcher encore ?

PS*: patapon est une onomatopée qui veut dire en général « tout doucement ».

Pour faire une bonne farce (Borloo en chef cuisinier)

Pour réussir une bonne farce onctueuse, qui ravira vos papilles, il faut d’abord un paradoxe. Oui, pour réussir ce plat qui vous entraînera au paradis des grands chefs, il faut commencer par trouver des gens qui ont faim. Disons cent millions, ou un milliard, ne nous fâchons pas sur les doses.

La recette peut débuter comme suit : il est 20h49 hier, mardi 22 avril 2007, et une dépêche tombe, comme on dit dans le jargon. Je la ramasse, je la lis, j’exulte, puis je me reprends. Le ministre français de l’écologie Borloo fait ce qu’on appelle une annonce. Il est forcé, notez bien. Car c’est désormais de tous les côtés de la terre – si l’on excepte les écologistes français, occupés à autre chose – que montent des cris de colère contre les biocarburants. Qui affament un peu plus ceux qui mangeaient déjà fort peu et très mal.

Borloo fait donc une annonce forcée. Depuis Rome, où se tient le Forum international de l’énergie. Et où tout le monde ou presque a reconnu les liens entre les biocarburants et la crise alimentaire. Mettez-vous à la place d’un homme qui entend bien poursuivre une carrière politique nationale et peut-être européenne. Et sachez que tous, tous ces gens-là pensent au moins une fois par semaine au sort de Laurent Fabius, dont le destin a basculé après l’horrible affaire du sang contaminé, où sa responsabilité a longtemps paru engagée.

Leur flip profond, l’un de leurs flips en tout cas, c’est que leur nom soit emporté dans une tourmente qui n’aurait pas été repérée en temps voulu par leur écurie de course. Et les émeutes de la faim peuvent faire partie d’un scénario catastrophe.

Alors on parle, à défaut d’agir. Et un Borloo parle d’un dossier sur lequel il n’a pratiquement aucune prise. Le responsable public du sujet, en France, c’est Michel Barnier, ministre de l’Agriculture, qui pour le moment se tait. Borloo parle, mais c’est pour ne rien dire.

Certes, comme c’est un politicien madré, il emploie les mots que les journalistes futés que nous connaissons tous mettront à la broche, doreront à coeur, et serviront au déjeuner. Hum, comme ce sera alors délicieux ! Mais il ne dit rien. Si : que la France va faire une pause à propos des biocarburants de première génération, mais que les engagements pris seront tenus. Une pause sur quoi ? Mystère total. Portant sur quelle(s) production(s), à partir de quand, jusqu’où ? Mystère total et inévitable, puisqu’il s’agit d’un bluff d’une impudence inouïe.

La seule mesure sérieuse qui pourrait être prise serait de décréter l’arrêt immédiat des subventions publiques à l’industrie criminelle des biocarburants. À quoi l’on pourrait ajouter le lancement d’un travail pluridisciplinaire, sous contrôle d’une autorité indépendante indiscutable, pour rassembler les informations d’ores et déjà certaines sur le vrai bilan énergétique et écologique des nécrocarburants. Mais cela, on ne le fera pas. Car ce serait l’amorce d’une rupture historique entre la France des ministères et le lobby surpuissant de l’agriculture industrielle.

Borloo ? Du vent. Du vent et quelques bulles.