Archives mensuelles : janvier 2018

Merci à Nicolas Hulot

J’ai sévèrement secoué Nicolas Hulot à plusieurs reprises, et notamment après sa nomination au ministère de la Transition écologique. Il n’a guère aimé, et je comprends, car cela n’était pas agréable. Est-ce que je le regrette ? Non. Est-ce que je recommencerai ? Sûrement. Ai-je si peu que ce soit modifié mon jugement sur Emmanuel Macron (ici) ? Non.

Je me sens donc à l’aise pour remercier chaudement  Hulot, qui a eu un magnifique comportement sur le dossier de Notre-Dame-des-Landes. Il se trouve que dans les derniers mois, j’ai eu à agir dans cette sombre affaire, et j’ai pu voir de près le ministre au travail. Je ne sais pas si la décision aurait été différente sans lui, mais je le crains bel et bien, rétrospectivement. Que ceux qui aboient avec facilité et souvent sottise contre lui retiennent, au moins aujourd’hui, leurs cris.

Moi, qui connais Hulot depuis tant d’années, et malgré tout ce qui nous sépare, je tiens à le remercier publiquement et à lui renouveler mon estime et mon affection.

Fabrice Nicolino, le 17 janvier 2018

 

 

Julien Dray, un balourd prend la parole

Oh ! je ne plains ni ne plaindrai Julien Dray, politicien de seconde zone qui aura raté la totalité de sa vie. Quand je pense que je l’ai connu quand j’avais 15 ans, et qu’il était au lycée de Noisy-le-Sec, si proche de ma banlieue prolétaire ! Je le revois hurlant au mégaphone par une fenêtre de la mairie de Bondy, un jour que nous, jeunes délirants des environs, avions décidé de nous mettre en grève pour le Tchad, et contre « l’impérialisme français » qui envoyait là-bas des troupes.

Il me semble bien que, malgré ces si jeunes âges, je ne prenais pas au sérieux celui que nous ne nommions que Juju. Et ce n’était pas que tendresse. Ensuite, il aura milité à la Ligue communiste,  et en a été viré en 1981. On dit qu’il aurait alors tenté de se vendre à la secte OCI, celle de Jospin et Mélenchon, mais que cela n’aurait pas marché. Heureusement pour lui, l’heure de la soupe sonnait. Il se rallie à Mitterrand, avec l’obsession d’être ministre – il ne le sera jamais, recalé qu’il fut par Rocard en 1988 et Jospin en 1997 -, s’acoquine avec Royal en 2007 et Hollande en 2012, sans que jamais il ne soit récompensé de ses beaux efforts. Fatalitas ! Heureusement qu’il lui reste les montres, lui qui ne gagnait avec madame que 15 000 euros par mois en 2009, et réclamait l’an passé 9000 euros nets mensuels pour chaque député…

Pourquoi parler de lui, si peu intéressant ? Parce que, envisageant de prendre la tête du parti socialiste au prochain congrès des zombies, il a décidé tout soudain d’avoir une idée. Et quelle ! vous allez voir. Il demande que les GAFA – Google, Apple, Facebook, Amazon – versent à chaque Français atteignant 18 ans la somme de 50 000 euros. C’est tragique, tragicomique. Bien sûr, jamais les monstres n’accepteront, mais bon, faisons comme si. Chaque Français de plus de 18 ans reçoit 50 000 euros dans ce pays tel qu’il est. Combien d’appareillages électroniques de toutes sortes ? Combien de bagnoles ? Combien de vacances à Saint-Domingue ou à Bali ? Combien de week-ends à la neige ? Combien de fringues griffées ?

Ce pauvre garçon est incapable de seulement accorder une seconde à la crise écologique si éprouvante dans laquelle ses amis et adversaires, d’hier, avant-hier et aujourd’hui nous ont plongés, et tout ce qu’il trouve à proposer, c’est encore d’aggraver la situation. Juju, naufragé d’une génération.

Un silence de mort

Je vous mets un article que j’ai publié dans Charlie, et qui concerne les conditions de sécurité infernales qui sont celles de l’équipe. Je le fais d’une part parce que cela vous concerne aussi, mais également parce que je suis écœuré. Quoi ! nos « intellectuels » – les Debray, Onfray Plenel, Finkielkraut, Todd, Halimi et tant d’autres – se taisent, eux qui aiment tant les parlotes. Et de même nos médiacrates bien à l’abri de leurs rédactions. Et nos politiques, bien sûr, et toutes ces nobles consciences qui n’ont strictement rien à branler de ce que des gens faisant un journal soient menacés de mort au beau milieu de Paris. Beaux parleurs et négateurs de la morale commune la plus élémentaire, je vous exècre.

Mon papier : Sécurité

Les goélands de Frédéric Wolff

Ici Fabrice Nicolino. Je le dis, car je suis tombé à l’occasion sur des gens se demandant – mais oui – qui écrivait ici des articles. Eh bien, c’est moi, depuis plus de dix ans. Sauf exception. Sauf par exemple quand Frédéric Wolff m’envoie l’un de ses textes merveilleux. Je n’ai jamais rencontré Frédéric, mais cet homme est un frère, et je suis honoré qu’il accorde cette importance à Planète sans visa.

Avant de lui passer la parole, permettez que je vous adresse le vœu que 2018 soit une belle année. Une année où au moins une idée neuve et puissante pourrait s’installer dans nos cœurs. Une idée efficace pour retarder la machine à détruire le monde, qui nous laisse un peu plus de temps pour finalement l’anéantir.

Place à Frédéric, qui nous offre 52 pages de magie. Avec, autour des goélands. Merci, mon ami.

Chers goélands