Sur l’anarchie (Pour Laurent et tous autres [éventuellement] intéressés)

Je réponds ici en vrac, et en bien peu de lignes, à des interrogations qui ne cessent de renaître sur Planète sans visa. Souvent gentiment, parfois de manière comminatoire, on me demande mon avis. On m’interpelle, on me soumet des arguments, des questions, on souhaiterait que je réponde à tout et au reste. Je laisse de côté ceux qui pensent ainsi me coincer, et démontrer je ne sais quoi à mon encontre. Je ne peux rien pour eux, ils ne peuvent rien contre moi. Si j’étais à leur place, ce qu’à Dieu ne plaise, je passerais mon chemin. Il y a tant de belles choses à faire !

Quant aux autres, que je considère comme des lecteurs, et avec qui j’entretiens, fût-ce à distance, des relations de compagnonnage et de fidélité, je leur dirai simplement la vérité. En premier lieu, je n’ai pas le temps. Matériellement parlant, ce rendez-vous me prend du temps et de l’énergie. Bien moins qu’à une autre époque, mais encore beaucoup. J’en suis ravi, évidemment, mais c’est un fait. Or le temps nous est à tous compté. Et je réalise bien des choses dont je n’ai aucune raison de parler ici. En somme, je fais rigoureusement ce que je peux. Et si je ne réponds pas à vos attentes, j’en suis désolé, mais c’est inévitable. Chacun à sa place, comme il peut, et pas au-delà.

Il est un autre point que j’ai déjà abordé et qui reste central. Je n’ai réellement rien d’un gourou, et j’ai toujours détesté l’autorité, la hiérarchie, les chefs. À un point qui devrait faire peur à M. Mélenchon et à ses amis, qui me bassinent ici jusqu’à plus soif. Je ne crois pas à l’anarchie en tant que système politique, à mon grand regret. Mais j’aime follement, et depuis ma jeunesse – malgré mes contradictions, nombreuses – cette admirable philosophie de la liberté. Même si l’écologie est et restera la seule grande affaire politique de ma vie. Disons que je suis un écologiste fervent, et que je combats comme je peux, chemin faisant, toute soumission à l’autorité. Je vois que ce trait si pesant, fort bien décrit jadis par Stanley Milgram, est l’un des ressorts les plus puissants des catastrophes provoquées par l’homme. Chacun doit donc penser, aidé de ses lectures, encouragé par ses rencontres, mais en restant ce qu’il est. Pour ma part, j’ai la claire conscience et le vif contentement de n’être qu’un atome de la vie, tourneboulé comme nous tous par des forces incommensurables. Je suis un écologiste habité, éclairé de l’intérieur, par ce grand rêve humain qui signifie la vraie liberté. L’anarchie, oui.

79 réflexions au sujet de « Sur l’anarchie (Pour Laurent et tous autres [éventuellement] intéressés) »

  1. un atome de la vie, et une planète habitée de milliards de bactéries (toutes proportions gardées, mon dernier rhume tel un monstrueux changement climatique m´a remué les plaques tectoniques et provoqué un véritable bactéricide)
    xxx

  2. merci Fabrice, le doute, la certitude de notre petitesse devant l’insondable, on l’a tous et toute en commun, même ceux qui l’ignorent.
    Tes paroles éteignent et calment, pour un temps, des fausses impressions, celles de devoir me positionner absolument sur des sujets semblables à ceux de l’anarchie, qui prend de nos jours toutes sortes de couleurs.
    Et oui finalement c’est ça l’important, être un écologiste habité de l’intérieur, relié à la vie.
    je me rappelle du temps ou les vaches étaient nos déesses et je viens de recevoir, ici à Bobo-dioulasso, « naisance des divinités, naissance de l’agriculture » de Jacques Cauvin. et merci encore.

    clin d’oeil

  3. Le comble est que l’on demande à un type comme vous de devoir se justifier, s’expliquer !
    On en demande beaucoup moins à tous ces prétendus faiseurs de bonheur qui polluent notre vie !
    Je souhaite juste une chose, c’est que les visiteurs de passage sur ce site, piochent au gré de leur balade, dans les archives et rubriques de « Planète sans visa ».
    Ils pourront se dire que celui qui écrit ici, en valait le détour 😉

  4. « Les auteurs anarchistes sont souvent des gens hyper intéressants: Kropotkine et son “L’Entraide, un facteur de l’évolution”, Ivan Illitch et Jacques Ellul… »
    Heu…et une femme peut-être?
    Emma Goldman

  5. « j’ai la claire conscience et le vif contentement de n’être qu’un atome de la vie, tourneboulé comme nous tous par des forces incommensurables »

    La philosophie boudhhiste transpire dans cette simple phrase, quelle beauté!

  6. Beaucoup considèrent qu’il est dangereux d’emmettre des idées commes celles là, beaucoup briment leur imagination et refusent de croire qu’il est possible de chercher autre chose, que tout est possible…

    Mélanchon et ses copains font partie de ceux qui veulent reproduire les vieux carcans du passé mais vu que nous les avons oublié nous croyons cela neuf…

    Ecologie libertaire, utopie et de l’art, surtout de l’art, du dialogue, des jardins et des contes auprès de la cheminée… vite !

  7. mille fois OUI nous sommes des etres pensants mais soumis a des courants énormes que l’on connais a peine,et a d’autres marées et courant dont meme notre imagination ne puisse imaginé ce que ça peut etre,hormis peut etre ,l’intuition des chamanes,moines ou autres voyageurs de niveaux de réalité.pour ce qui est de l’anarchie je crois qu’il faut toujours des règles,quelque soit le système.exemple:dans nos société démocratique ,les décideurs(surtout aux USA),procèdent de façon anarchique,car sans la majorité

  8. En fait, d’après ce que je comprends, vous vous trouvez plus du côté de l’écologie sociale (à la Murray Bookchin)qui n’est malheureusement pas représentée en France. Je comprend et partage ce positionnement. Concernant Mélenchon toutefois, même si je suis complètement d’accord avec vous sur le fait qu’il ne change pas les structures hiérarchiques (ni aucune structure d’ailleurs), il me semble être un des seuls (s’il est sincère et réalise les choses qu’il dit) à faire un pas dans le bon sens. Ça ne reste qu’un pas, mais c’est déjà ça. Cela dit, cet homme n’est pas à une contradiction près, ce qui me ferait beaucoup hésiter avant de lui donner ma voix…

  9. Les anarchistes, Slider, vivent bel et bien avec des règles, des principes, une éthique, un chemin, une morale. Appelez ça comme vous voulez. Car ces mots n’ont rien à voir avec d’autres comme le pouvoir ou la domination.

    En réunion avec des non-anarchistes (quand malheureusement ça arrive ! :)), ils sont souvent perçus comme des emmerdeurs, coupeurs de cheveux en quatre, tant ils sont désireux de fixer des règles qui empêchent toute prise de pouvoir. Mais pour ceux qui s’imaginent que la démocratie c’est 50% + 1 voix et basta ensuite on délègue sa vie, c’est souvent vécu comme une contrainte inacceptable, une restriction à la liberté. Le comble, pour des anarchistes !

    Quant aux décideurs, ils décident, comme leur nom l’indique. Donc à la place des autres. De façon autoritaire. Rien dans leurs procédés ne ressemble, de près ou de loin, à l’anarchie.
    Ils ne font pas non plus n’importe quoi. Simplement, leur logique (domination, profit) est à l’opposé de celle des anarchistes.

    Gros bisous à Fabrice. Hé oui !

  10. En relisant ce texte de Fabrice où bon nombre de choses me réjouissent, j’ai envie quand même d’en relever une tout particulièrement : c’est « et le vif contentement ».

    Oui, le plaisir de n’être qu’une minuscule partie de cette immense merveille qu’est la vie. Minuscule mais essentielle. Comme toutes les autres. Cette conscience, certains ne l’ont pas, eux qui veulent dominer la Nature (on y revient, à la domination). Mais le contentement ! Ça veut dire, être heureux de ne pas pouvoir dominer. L’anarchie est là aussi.

    « le vif contentement », c’est beau, quand même, non ?

  11. “Les auteurs anarchistes sont souvent des gens hyper intéressants: Kropotkine et son “L’Entraide, un facteur de l’évolution”, Ivan Illitch et Jacques Ellul…”

    Sans oublier Louise Michel et Voltairine de Cleyre ….

  12. Firmes Biotechs ? FNSEA/ USA: meme combat! normal, çà se termine par un A! c’est beau la poésie. dommage que les medias (encore un « a » n’en parlent pas davantage); finalement pas si grave qu’un syndicat soi disant français fasse le fourbe avec des « estrangers »!
    ils ne sont pas comme madame Morizet qui pense que les usa ont fait des cochoncetés avec les gaz de schistes et que les français feront mieux ! non mais! cocorico, quoi!
    http://www.wikileaks.ch/cable/2007/12/07PARIS4723.html

  13. surtout cette chère Morizette,
    sur ses longues gambettes

    (mais c’est vrai que c’est beau la poésie !)

    n’est guère très crédible pour affirmer ce genre de choses. c’est meêm la grosse blague de l’année.

  14. Dites, ceux qui sont très au fait de l’actualité, pourriez-vous m’expliquer comment un type intéressant et brillant comme Paul Aries, peut flirter avec le parti de gauche, vue son chef et la mentalité de la plupart des militants?… c’est pour moi un truc digne d’un scénario de Rod Serling…

  15. En tant que femme moi j’aime bien cette citation approximative d’un ethnobotaniste dont j’ai oublié le nom
     » son rapport à la nature en dit plus long sur un homme que la largeur de son crâne ou la couleur de sa peau… »
    la justesse en toute chose

  16. Bonsoir,

    Si l’on y réfléchit bien, le Christ est le seul anarchiste qui ait vraiment réussi.

    André Malraux

    Ca y est! Fabrice pensera peut être a se laisser pousser la barbe!

    Je farce …. :)))

    Bonne fin de semaine, les zamis, Léa.

  17. L écologiste le vraie ne peut etre que pour la liberté, la liberté de la vie de toutes vies telles que la NATURE les crées. Hélas chez l humain je crois que l Anarchie ne peu mener qu à la dictature car il y aura toujours un humain plus « intelligent » que les autre pour prendre le pouvoir d’une façon ou d’une autre.

  18. non pas « vive l’anarchie » mais VIVRE l’anarchie
    non pas « vive l’écologie » mais VIVRE l’écologie
    non pas « vive la décroissance » mais VIVRE la décroissance

  19. Bouddhisme, vous avez dit bouddhisme …

    Ne poursuivez pas le passé.
    Ne vous perdez pas dans le futur.
    Le passé n’est plus.Le futur n’est pas encore.
    En regardant attentivement la vie telle qu’elle est,
    Ici et maintenant,
    Le pratiquant demeure stable et libre.
    Soyons diligents aujourd’hui
    Demain il sera trop tard.
    La mort vient sans prévenir,
    Et l’on ne marchande pas avec la mort.
    Qui sait comment demeurer
    Nuit et jour dans la pleine conscience
    Est appelé par le Sage
    Celui qui connaît l’art de vivre seul.

    Vivre seul ne veut pas dire rejeter le monde et la société. Le Bouddha dit que cela signifie : vivre dans le moment présent en observant profondément ce qui se passe.
    Vivre seul a pour sens « vivre en pleine conscience ». Cela ne veut pas dire s’isoler de la société. Si nous connaissons la meilleure façon de vivre seul, alors nous pouvons vraiment être en contact avec les gens et la société, et nous saurons ce qui convient ou non pour aider les autres.

    Thich Nhat Hanh ( La Respiration essentielle, Albin Michel, 1996, p. 123 et p. 127).

    http://au-bout-de-la-route.blogspot.com/

    BigFoot le 28 janvier 20011

    @Lléa. Jésus aurait-il lancé un “Ni Dieu, ni maître”

    Jésus a dit,

    « Nul ne peut servir deux maîtres; car ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent. »

    Matthieu 6,24-33.

    Dieu est Amour. Entre Amour et espèces sans odeur, a votre avis le choix c’est quoi?

    :)))

    Bien a vous, Léa.

  20. Vous connaissez l’histoire du dresseur de Singe de Zhuang zi?

    S’épuiser l’esprit à rapprocher deux choses, sans comprendre qu’elles ne font qu’un, cela s’appelle « trois le matin. » Voici pourquoi. Un montreur de singes leur distribuait des châtaignes. Il dit : « vous en aurez trois le matin et quatre le soir. » Tous les singes furent en colère. Il dit : « d’accord, quatre le matin et trois le soir. » Tous les singes furent heureux. La réalité était les mêmes, mais joie en colère entrèrent en jeu, et dûrent être prises en compte. Aussi, le sage réconcilie toute chose en considérant nos affirmations et dénis, immobile au centre de la roue céleste. Ceci s’appelle avancer dans les deux directions.

  21. « dieu est le seul être qui, pour régner, n’ait même pas besoin d’exister. »
    Ch. Baudelaire

    Ah ! Toutes ces vieilles lunes, que devra-t-on faire pour s’en défaire ?
    Bon, je file, il y a une odeur d’encent qui me poursuit ! On n’est pas mécréant sans risque.

  22. @bakounine,

    On s’en est déjà défait, l’église n’a pratiquement plus de pouvoir, celui-ci est en diminution constante depuis la révolution industrielle.
    De nos jours les gens sont fiers de s’affirmer athée, je ne vois pas où est le risque.

    La nouvelle religion est bel et bien l’économie, le Progrès, la technique.

    Ce qui relie les gens à leur Dieu-valeur (Eugène je parle de la valeur au sens marxien en tant que domination abstraite et impersonnelle) est d’une part la marchandise, d’autre part l’argent qui est la reine des marchandises puisqu’elle fonctionne comme équivalent général.

    Ces marchandises deviennent des fétiches dans lesquels la valeur se réalise et les gens se mettent en branle tous les jours et ruinent leur vie pour servir le mieux possible leur fétiche.

    ———-

    Vois à ce sujet le texte : Les anarchistes ou l’abolition impossible de l’argent sans dépasser le travail : Postface aux Fils de la Nuit d’Antoine Gimenez
    ici :
    http://palim-psao.over-blog.fr/article-les-anarchistes-ou-l-abolition-impossible-de-l-argent-sans-depasser-le-travail-postface-aux-fils-de-la-nuit-d-antoine-gimenez-59494474.html

  23. Bonjour !

    Je voudrais vous rappeler qu’il ne vous reste que peu de temps pour rétablir un peu d’anarchie en Haut-Béarn et envoyer votre lettre au préfet des Pyrénées Atlantiques sur la consultation publique ouverte pour le renforcement d’une ourse dans
    les montagnes béarnaises … Tout le monde peut et à le devoir de s’exprimer sur l’environnement que sera l’espace sauvage pyrénéen de demain ! Le destin du patrimoine naturel montagnard nous concerne tous et dépend de notre capacité à cohabiter . La qualité de cet avenir dépend aussi de vous , de votre engagement et de vos convictions . Ecrivez au préfet ! La consultation sera close le 4 Février …

    Il serait absolument incompréhensible qu’un pastoralisme d’avenir , soucieux des exigences et urgences environnementales reconnues par tous ne puisse faire crédit à cet animal dont le fort potentiel identitaire et symbolique serait capable de générer sur son nom , en termes économiques et label qualitatif , des compensations bien supérieures aux quelques inconvénients supportés !

    Le plantigrade , quoi qu’on en dise, reste perçu par le plus grand nombre comme l’animal emblématique qui donne mystère, force et authenticité à tout le massif . Il ne s’agit pas de sanctuariser la montagne autour de l’ours mais de respecter un temple à ciel ouvert de la nature où règnerait une coexistence qui ne soit pas systématiquement au seul profit des marchands ! Nous devons, petit à petit , retrouver en Béarn un noyau viable de plantigrades et pour cela que la minorité pastorale rétive , les quelques chasseurs irresponsables et certains élus locaux gestionnaires notoires de la disparition de l’ours s’inscrivent enfin raisonnablement , par la cohabitation , dans la mutation écologique de l’économie .

    http://www.paysdelours.com/fr/consultation-pour-le-lvcher-dune-ourse-en-bearn–exprimez-vous-.html?cmp_id=50&news_id=836&vID=249#836

    http://www.fiep-ours.com/

     » … accepter le voisinage des prédateurs eût été ne plus penser comme un homme mais apprendre à penser comme une montagne . » ( Aldo Leopold )

    A vos plumes d’indiens et bon week-end à tous !

  24. Moi, je lis Planète sans visa et le Blog de J. L. Mélenchon. Fabrice, vous avez tous les deux du talent. J. L. Mélenchon écrit bien, lui aussi. C’est un homme politique, un élu, ce que tu n’es pas. Il agit en tant que tel, à sa place. Tu agis à la tienne. Il me semble que quand tu entres dans le champ politique tu sors de ton domaine de compétences. Tu as bien sûr le droit d’avoir un avis et de le donner mais nous avons le droit de le discuter et de te demander des comptes sur ce terrain-là, parce que ce n’est pas indifférent.

    L’impression donnée est que tu te poses en pur, en belle âme, en cathare de l’écologie, en connaisseur ou détenteur d’une vérité vis-à-vis de celles et ceux qui n’auraient encore rien compris. Et puis, mettant quand même les mains dans le cambouis politique, tu prônes l’abstention aux élections… Ce faisant tu prends parti et ce parti que tu prends, il nous appartient de l’évaluer car il n’est pas neutre.

    Tu dis de Mélenchon qu’il est dangereux, qu’il s’agit d’un stalinien. Plantu l’a dessiné avec un brassard nazi à côté de Marine Le Pen. Mélenchon est-il stalinien ou nazi ? Il faudrait savoir. Mélenchon est un démocrate. Il adore la république. Je ne le vois pas recréant en France le goulag stalinien ni des camps de concentration nazi. Et d’ailleurs quelles sont ses chances de devenir président de la république ? Cessez donc de vous faire peur avec des bêtises. Indépendamment du problème écologique, les craintes à avoir seraient plutôt du côté du racisme et de la xénophobie.

    Mélenchon prend et veut prendre le taureau par les cornes, considérant que le taureau ne s’arrêtera pas sans contrainte et qu’il convient déjà, y compris dans la forme du discours, de marquer des limites, de dire déjà non à ce qui n’est pas tolérable, à commencer par exemple par la complaisance cynique de nombre de journalistes avec le système prédateur qui nous conduit dans le mur.

    Répondant à un commentaire de Rachel, adhérente au Front de Gauche, tu évoquais pour justifier ton positionnement abstentionniste : « la totale vanité de tous les programmes politiques, qui n’ont JAMAIS été appliqués. » Voilà une formule du café du commerce indigne de ton niveau intellectuel et moral.

    Madame Tchatcher, Reagan, Bush n’auraient pas appliqué leurs programmes ? Sarkozy, ex-ministre de l’intérieur, n’applique pas son programme de casse du modèle social français ? Le néolibéralisme n’est pas un programme économique et politique. Il n’est pas mis en œuvre mondialement ?

    La gauche ferait pareil ? Non, elle ne ferait pas pareil. Elle ne ferait pas assez au regard de ce que nous savons, au regard de ce que la situation exige, loin de là, mais, même rose pâle, la gauche ne ferait pas pareil. Ségolène Royal n’était pas une bonne candidate. A l’oral, elle est soûlante. Aurait-elle été pour autant une mauvaise présidente de la république ? Nous n’en savons rien. Elle aurait probablement lancé des programmes écologiques d’ampleur. Tu n’as pas voté pour elle et nous avons cette honte de Sarkozy… Cela, ce flirt avec la droite dure, cette inconséquence, je ne la pardonne à personne.

    A propos de la vanité, je te rejoindrais si tu considérais la vanité de toutes choses sauf que, si toutes les choses sont vaines, la formule faisant partie des choses, elle est elle aussi, par définition, vaine. Le concept de vanité de toute chose appartient au domaine spirituel. Dans le monde relatif que nous expérimentons, les programmes politiques ne sont pas vains. Ils sont RELATIFS et sont toujours plus ou moins appliqués.

    A cet égard, l’écologie politique existe – de la même relative façon. Il ne s’agit pas d’une nouvelle religion. Elle consiste à reconnaître que la question sociale et celle de l’écologie proprement dite sont liées, sont indissociables. Il n’y a pas l’une sans l’autre. Cela dérange à droite. Et ici aussi, semble-t-il. Sauf à s’enfermer dans le sectarisme, l’écologie ne peut plus être pensée sans le volet social. C’est cela qui émerge actuellement, chez nous, tandis que l’aspiration démocratique émerge en Afrique du nord. Voilà les deux forces d’avenir. Il n’y aura pas d’avenir pour l’une sans l’autre.

    Alors, que faire face à la barbarie capitaliste et néolibérale qui détruit l’écosystème dont nous dépendons et qui, au final, aura tué plus que le communisme et le nazisme réunis ? Bakounine, commentateur anarchiste, nous dit qu’aucun candidat aux élections ne lui convenant, il ne vote pas et que « c’est simple ». Ce n’est pas simple, c’est simpliste.

    Pour Nicolas Hulot qui a une indéniable hauteur de vue, le conflit droite – gauche fige des postures antagonistes, est source d’immobilisme et serait dépassé. Ce n’est pas faux mais est-ce opérant ? Il voudrait que l’on se mette autour d’une table et qu’on s’entende sur les mesures à prendre. Certains, à gauche, considèrent qu’il est un bisounours et le dégomment à vue. Pour le moment, Sarkozy l’a roulé dans la farine avec le Grenelle de l’environnement. Pour Hulot, la couleuvre est dure à avaler. Mais, à terme, qui aura le dernier mot ? Nous n’en savons rien. Nous savons toutefois que si Sarkozy et ce qu’il représente l’emporte, ce sera la nature qui sonnera probablement la fin de la récréation pour l’homme sur la planète.

    Face à cet enjeu, toi, Fabrice, tu fais appel aux inorganisés. C’est encore une autre façon de faire. Mais comment peux-tu penser une seconde que les, certes nécessaires, initiatives individuelles suffiront ? D’autant que, dès que des inorganisés s’organisent en associations, ONG ou partis, tu les fustiges.

    Le conflit politique que tu as toi-même ouvert ici divise et est à mon avis contre productif pour la cause écologique. Ton attaque disproportionnée et caricaturale contre Mélenchon est déplacée. Dans les médias, le procès en sorcellerie qui lui est fait est un écran de fumée destiné à empêcher quelques idées dérangeantes de faire leur chemin dans l’esprit des citoyens, particulièrement dans l’esprit de celles et ceux qui ne sont pas des experts. Pour ne pas débattre du fond, on s’en prend au style et à la personne de Mélenchon. Sarkozy que tu dis détester doit se marrer et te remercier.

    Logiquement, vu ta sensibilité écologique et ton souci des humbles, tu devrais être aux côtés de Mélenchon qui est le seul candidat démocrate motivé à prendre en compte la question sociale et la question écologique et surtout est déterminé à faire vraiment changer les choses. Europe Ecologie a aussi cette orientation mais est trop bourgeoise, n’est pas assez déterminée. Tu sais parfaitement que sans mesures radicales nous allons dans le mur. Le seul candidat qui semble vouloir en prendre, tu lui tires dessus avec des arguments archaïques qui ne tiennent pas la route.

    Pour ma part, j’ose le dire. Je préfère Villepin à Sarkozy. Je préfère DSK à Villepin. Si Ségolène n’est plus dans la course, je préfère, de loin, Martine Aubry à DSK qui est déconsidéré. Et je voudrais que cette dernière soit élue avec une forte majorité. Qu’ensuite nous ayons à l’Assemblée Nationale, à parts égales, la gauche rose de Martine, Europe Ecologie – les Verts et le Front de Gauche. A moins que le Front de Gauche passe devant la gauche rose… Cela me semble peu probable mais sait-on jamais ? Le plus probable sera un gros score de Marine Le Pen au premier tour. Elle te remerciera de ton abstention. Fabrice, tout se tient. C’est quoi le vrai problème, au fond ?

    Avec la configuration que je souhaite, nous aurons les conditions pour le décollage – enfin – des mesures sur les économies d’énergie, l’efficacité énergétique, l’agriculture biologique, le développement des énergies renouvelables, la sortie – enfin – du nucléaire, etc. Cela ne serait-il pas plus simple que l’abstention ? Abstentionnistes, je vous préviens, ne venez pas geindre par la suite…

    Bien que ce commentaire soit public, tu comprends Fabrice que c’est une lettre que je t’écris.

  25. @ Lionel;

    C’est vite dis; je ne suis pas si sûre qu’on soit si détaché de l’Eglise…Il suffit de voir Herman Van Rompuy qui est quand même président du conseil européen; et qui est issus d’un parti socialiste catholique!

    Il est vrai que la « consommation » ressemble de plus en plus à une religion; mais une religion « bien pensante » quand même; c’est bien connu que « les islamistes ne consomment pas pareil parce qu’ils croient au paradis »…

    Il est claire que la situation « géopolitique » change; surtout en ce moment; et que les religions y jouent un grand rôle; et que dans le « nationalisme » actuel ambiant et mondialisé; ça pue!

    Qui a dis Dieu existe puisque l’homme l’a inventé; j’ai oublié.

  26. Janot Lapin,

    Je te remercie pour ta lettre, que j’ai lue avec profit. Mes réponses sont dispersées ici depuis plus de trois ans, et je me refuse à radoter. Bien entendu, je suis en complet désaccord avec toi. Mais c’est avant tout pour la raison que nous ne partageons pas la même vision du monde.

    Moi, ce qui commande ma pensée et mon action, c’est la crise écologique planétaire, qui est en train d’échapper à tout projet humain, quel qu’il soit. Et toi, si tu me pardonnes, c’est le cadre ancien, totalement inadéquat selon moi, de la politique. Et de la politique française, en outre. Sérieusement, penses-tu que le dérèglement climatique a quelque chose à voir avec les notions de droite et de gauche, inventées en France voici 220 ans ?

    Tes propos étaient concevables il y a cinquante ans. Concevables et d’ailleurs contestables. Car je dois te dire que tu ne connais pas le stalinisme. Je sais que plus personne n’en parle, et que (presque) personne ne sait ce qu’a été et demeure, en partie, ce poison de l’esprit;

    Moi, je maintiens tranquillement que Mélenchon s’inscrit dans la tradition stalinienne de l’action politique. Qu’il est un adepte d’une conception verticaliste du pouvoir, cher à son héros Chavez. Et que je le déteste. J’assume.

    Quant au reste, bon. Tu vas voter. Grand bien te fasse. Le débat va donc opposer des gens qui ne remettent rien en cause de la destruction du monde. Aubry et DSK ont partie liée depuis des lustres avec l’industrie. Sarkozy, n’en parlons pas. Et si la gauche chère à ton coeur ne l’emporte pas cette fois, il y aura 2017, puis 2022, puis 2027, puis 2032. Cela me fait peine de te le dire, car je respecte réellement ta personne, mais cela me semble ridicule.

    Bien à toi, sois-en sûr.

    Fabrice Nicolino

  27. @ Janot lapin;
    « …Bakounine, commentateur anarchiste, nous dit qu’aucun candidat aux élections ne lui convenant, il ne vote pas et que « c’est simple ». Ce n’est pas simple, c’est simpliste… »

    Le bakounine a travaillé dans le monde ouvrier, dont il est issu, il a voté très longtemps à gauche, précisément à l’extrème-gauche, il n’est pas un petit jeunot sans cervelle simpliste 😉
    Il s’est frotté au stalinisme français, dont Mélenchon reprend le flambeau, (malgrès son côté révolutionnaire sympa ne m’inspire pas du tout, vu ses amours pour des gens que j’exècre) !
    J’ai lu ton texte avec attention,merci de faire de moi un « commentateur libertaire » dont j’en suis bien incapable.
    Votes, et sois déçu, moi je ne voterai pas, mais serai déçu également, le futur cahotique du peuple trompé nous réuniera de nouveau 😉

  28. « les craintes à avoir seraient plutôt du côté du racisme et de la xénophobie »
    Ce qu’est mélanchon, de façon plus pervers et obscure encore que jmlp…

    marre du racisme d’une certaine gauche: « je ne suis pas raciste… la preuve, je suis un parisien qui crois que l’histoire des peuples du monde, consiste à attendre que les Lumières universelles de la France les sortent de leur obscurantisme… »

  29. « Qui doit gouverner ? » Les grandes réponses de la philosophie politique, à paraître, Grasset 2011, par Pierre-Henri Tavoillot.

    La question titre n’est pas nominative dans la perspective 2012 bien sûr, mais l’ouvrage sera suffisamment clair pour nous montrer où nous en sommes historiquement parmi toutes les réponses possibles.

    L’ouvrage fera une place à la nécessaire distinction entre pouvoir et autorité. Si la dernière est morale, quel est donc le processus social permettant d’organiser les décisions (et créer les lois…) qui soient et les plus justes possibles (face au malaise social) et les plus écologiquement pérennes (face au capitalisme prédateur auquel et selon la formule, que nous le voulions ou non, nous participons à l’insu de notre plein gré)?

  30. >En direct d’Anduze :
    Dans un tel contexte, la lutte contre l’exploitation du gaz de schiste promet d’être chaude…
    Vendredi 21/01/2011, une manifestation pacifique de citoyens et d’élus venus soutenir leur communauté de communes (CdC Autour d’Anduze) menacée d’éclatement par la volonté d’expansion de l’agglomération d’Alès, a été réprimé avec une violence inouïe par les force de l’ordre. Gazage et matraquage sans aucune sommation alors qu’il n’y aucune violence ni dégradation. Une vidéo amateur montre clairement les faits : des manifestants pacifiques, des élus (en écharpe) gazés, des personnes âgées gazées et matraqués, des manifestants blessés et des enfants qui courent.
    > Si c’est ainsi que les préfets entendent mener la réforme territoriale, ça promet.
    > Tout cela est lamentable. Nous avons besoins de tous les citoyens pour dénoncer ce qui s’est passé ce jour là à Anduze.
    >
    > N’hésitez pas à diffuser largement ce message à l’ensemble de vos contacts.
    >
    > Lien vidéo :
    >
    > http://www.dailymotion.com/video/xgp1ko_violences-des-forces-de-l-ordre-gratuites_news
    >
    > A votre disposition pour toutes informations sur cet évènement.
    > Alain BEAUD
    > Maire de Saint Sébastien d’Aigrefeuille
    > President de la Communaute de Communes Autour d Anduze
    > TEL : 0614753503
    >
    >

  31. Merci pour le clip vidéo !
    Les infâmes personnages qui n’ont pas d’autre conscience que le sentiment du devoir accomplit !
    Il y a 70 ans, les mêmes avaient accompli leur devoir, en toute bonne conscience.
    Soyez rassuré,la gauche au pouvoir, utilise les mêmes, n’est-ce-pas, Janot lapin ?
    La crapule qui portait la lacrymo, j’aurais bien aimé être gazé par lui, histoire que nous ayons, tous les deux, un très mauvais souvenir.
    Sans doute l’amour de mon prochain 😉

  32. @Sylviane
    « C’est vite dis; je ne suis pas si sûre qu’on soit si détaché de l’Eglise.
    Il suffit de voir Herman Van Rompuy qui est quand même président du conseil européen; et qui est issus d’un parti socialiste catholique! »

    Je parlais du pouvoir de l’Église pas du fait que certains se disent catholiques ou pas, c’est l’emprise sur les vies qui l’intéresse.

    La sécularisation a eu lieu à la fin du XIXe siècle, comme par hasard quand la révolution industrielle gagnait la France.

    Les ouvriers se déchristianisent alors massivement et ne vont à l’Église que pour les mariages, baptêmes et enterrements…

  33. Marie, bonsoir,

    Merci pour le lien vidéo. J’ai fait suivre. Le Monsieur du blog ou je l’ai mis te dis aussi Merci.

    Bisous, Léa.

  34. @ Marie
    @ Winston Mc Clellan

    Vous apportez la preuve une fois encore qu’il est plus facile de donner le droit à la force que donner de la force au droit!
    Battez vous aussi là-dessus, sinon, on aura toujours un coup de retard…et les coups en plus…pour s’être indigné, mais trop tard…

  35. Avis à MOUTON,

    Je viens de passer votre dernier texte en réponse à celui titré : ¡Abajo el jefe !. Mais vous en avez envoyé un autre, plus long, que vous espériez voir figurer ici. C’est non. J’ai eu une grande patience avec vos élucubrations, j’ai publié je ne sais combien de vos courriers, et j’ai même perdu mon temps à vous répondre. Mais ce dernier pensum restera à la porte de Planète sans visa, qui n’est pas, je l’ai déjà dit, un dégueuloir. Si vous pensez ce que vous écrivez, notamment à propos de Planète sans visa, restez donc chez vous, cela me fera des vacances. Vous faites partie de cette vaste cohorte qui se se croit tout permis. Eh bien, vous venez de découvrir une limite.

    Fabrice Nicolino

  36. Salut Lionel;

    Notre rapport à la religion a peut-être changé; mais celle-ci s’est adaptée; dans une des encyclique écrite par Benoit XVI; il y a : »l’économie ultra-libérale est le dessin final de Dieu. »

    Il est fort probable que les trois grandes religions monothéiste se soit adaptées à la modernité.

    De toute façon quand il s’agit de pouvoir; toutes idéologies est bonnes à récupérer!

    J’ai honte; je regarde les images de gens qui descendent dans la rue et risque leur vie pour leur liberté; et on devrait tous être solidaire…Et j’entend nos représentants parler de « stabilité financière »…

    Nos élus ne nous représentent plus depuis longtemps; ils servent « la stabilité financière »! Comment est-ce qu’on fait descendre 34 000 belges dans la rue; on leur dis que les taux d’intérêts de la dette publique vont augmenter parce que le « gros Bart » clament aux économistes anglais que le pays n’est pas stable…Alors ces gens descendent réclamer un gouvernement a n’importe quel prix. Mais pourquoi faire; on en a quatre de gouvernements; trois régionaux et un censé être en affaire courantes et qui prend quand même la décision de vendre le sous-sol d’une ville comme Anvers aux gaziers russes!

    Qu’on vote où qu’on ne vote pas; ils servent « la stabilité financière »; je voudrais que mon peuple retrouve sa liberté d’esprit; je voudrais qu’on soit solidaire de tous les peuples qui risque leur vie pour leur liberté; je voudrais que en dessous de chaque bulletin de votes il soit écrit « nuit gravement à la santé pour cause de stabilité financière »; je voudrais qu’on arrête de confondre « stabilité financière » et démocratie!

    @Bakounine
    « La liberté des autres étend la mienne à l’infini ».

  37. hors sujet
    bonjour a tous
    Nouvel accord agricole en Argentine : Le « guide » du parfait accapareur de terres

    Le gouvernement de la province de Río Negro, en Argentine, et l’une des plus grosses entreprises d’agrobusiness de Chine s’avancent sur la voie d’un accord qui brade des milliers d’hectares de terres argentines pour la production de soja et de céréales destinés à l’exportation. Selon cet accord, Beidahuang, une entreprise appartenant à l’État chinois, versera initialement 20 millions de dollars US pour irriguer et cultiver 3000 hectares, mais son intention est de procéder à un investissement total de 1,45 milliards de dollars sur une superficie de 320 000 hectares, pendant une période de vingt ans. Pour Beidahuang, c’est essentiellement une façon de mettre la main sur vingt ans de denrées alimentaires à exporter vers la Chine.

    Le gouvernement provincial de Río Negro a vendu ce projet comme un « accord de production alimentaire » et un investissement pour l’irrigation de la basse vallée de la province. Il prétend que c’est une nécessité, étant donné que le gouvernement national refuse de financer les infrastructures d’irrigation. Mais les communautés locales et les populations de toute l’Argentine font entendre leur voix et dénoncent ce projet comme l’abandon pur et simple des terres à la production industrielle de soja.

    Vous pouvez accéder à ce nouveau À contre-courant en français ici: http://www.grain.org/articles/?id=79

  38. Janot Lapin,

    Quelques petites réflexions, quand même, sur votre texte, même si bien sûr, ça ne sert à rien.

    «Il me semble que quand tu entres dans le champ politique, tu sors de ton domaine de compétences.»

    La politique nous appartient à tous.

    « même rose pâle, la gauche ne ferait pas pareil »

    La gauche aurait-t-elle l’intention de détruire le capitalisme ? On dirait vraiment que la gauche n’a jamais été au pouvoir ! La gauche a initié la casse des services publics, je vous le rappelle. À chaque fois, dans l’esprit de ses adeptes, elle retrouve sa virginité. Elle est douée, quand même !

    «Royal aurait probablement lancé des programmes écologiques d’ampleur.»
    Là, franchement, on est obligé de rire. Elle qui se vante de promouvoir les agrocarburants !

    « Tu n’as pas voté pour elle [Royal] et nous avons cette honte de Sarkozy.»
    Pour qui avez-vous voté, Janot Lapin , au 2ème tour, en 2002 ? Car je vous imagine mal ne pas voter. Question subsidiaire : que feriez-vous si vous deviez choisir entre Le Pen et Sarkozy ?

    «… reconnaître que la question sociale et celle de l’écologie proprement dite sont liées, sont indissociables. […] Cela dérange à droite.»

    À gauche aussi ! L’écologie, ça les emmerde. Le social, ils ne savent pas faire ! Voir la question des retraites, qu’ils veulent, eux aussi, casser.

    «Nous savons toutefois que si Sarkozy et ce qu’il représente l’emporte, ce sera la nature qui sonnera probablement la fin de la récréation pour l’homme sur la planète.»

    Avec la gauche aussi. Je me répète.

    «Avec la configuration que je souhaite, nous aurons les conditions pour le décollage – enfin – des mesures sur les économies d’énergie, l’efficacité énergétique, l’agriculture biologique, le développement des énergies renouvelables, la sortie – enfin – du nucléaire, etc.»

    À garder, cette liste, et précieusement. Et à comparer à la réalité quand la gauche aura le pouvoir. Vraisemblablement en 2012. Ça n’est plus très loin.

    «Abstentionnistes, je vous préviens, ne venez pas geindre par la suite…»

    L’argument-menace est classique : parce qu’on refuse d’obéir à l’injonction de choisir entre deux nuisances, on n’aurait que le droit de fermer sa gueule. Et pourtant, on l’ouvre quand même (ce qui n’a rien à voir avec geindre), et personne n’a encore réussi à nous en empêcher.

  39. @ Sylviane;
    « Il n’est pas une réforme religieuse, politique ou sociale, que nos pères n’aient été forcés de conquérir de siècle en siècle, au prix de leur sang, par l’insurrection. »
    Eugène Sue.

    Cela date de 1830 environ, nous sommes en 2011, le sang coule au Maghreb, et coulera encore…
    Parlons leurs de bulletins de vote !
    Pas vrai, Janot 😉

  40. Erratum :
    « Je parlais du pouvoir de l’Église pas du fait que certains se disent catholiques ou pas, c’est l’emprise sur les vies qui m’intéresse. »

    Je voulais dire :

    « Je parlais du pouvoir de l’Église pas du fait que certains se disent catholiques ou pas, c’est l’emprise sur les vies qui m’intéresse. »

  41. Je trouve la réflexion de Janot Lapin intéressante. La politique a une effet sur nos vies. Régulièrement, des décisions sont prises, qui vont pour la plupart dans le mauvais sens, sur le plan écologique. Sarkozy autorisait il y a peu l’agrandissement des élevages porcins par exemple. Untel l’utilisation du Cruiser. Un autre la construction d’autoroutes dévastatrices.
    Ces décisions sont politiques. Concrètes et politiques.
    Rien n’empêche de croire que des décisions inverses puissent être prises, elles aussi politiques.
    Ces décisions, mises bout à bout, peuvent changer littéralement nos vies.
    Aller voter, ce n’est pas nécessairement souscrire béatement aux chimères d’antan, ou renoncer à la transformation totale et apolitique du monde. C’est se positionner sur des questions concrètes qui vont se traduire, concrètement, durant un mandat électif donné, par des décisions concrètes elles aussi.
    Que les vieux clivages soient totalement dépassés face à la crise écologique actuelle, c’est certain. Que le cadre de toute action politique ne soit qu’un carcan étroit et inadapté, face à ces enjeux, c’est également certain.
    Il n’en demeure pas moins que, à l’intérieur de ce cadre, des décisions peuvent être prises – et sont prises régulièrement -, dans un sens ou dans un autre.

  42. « Sarkozy autorisait il y a peu l’agrandissement des élevages porcins par exemple. Untel l’utilisation du Cruiser. Un autre la construction d’autoroutes dévastatrices.
    Ces décisions sont politiques. Concrètes et politiques. »
    …et surtout elles peuvent être prises car fondamentalement acceptées, tolérées par la majorité du grand public, en phase avec lui!
    que Sarkozy se risque à interdire l’usage des voitures, juste un jour par semaine..le type meme de décision qui ne glissera pas comme une lettre à la poste! contrairement aux 3 autres citées par Frédéric.

    (Untel monsieur Lemaire, l’actuel ministre de l’agriculture!!! destructeur d’abeilles et protecteur des maisiculteurs et de firmes chimiques; mais il y en a eu d’autres)

  43. c’est ici que je trouve un réconfort et toujours bien « énoncé » ce qui est parfois confus dans ma petite tête rebelle à toute forme d’autorité. Moi non plus, je ne veux plus donner ma voix, pour qu’en mon nom on m’impose l’inadmissible. Merci encore une fois.

  44. A Bakounine : hum, entre autres choses, ce qu’ils réclament justement (en Tunisie et en Egypte), c’est de pouvoir voter….
    Le problème (l’enfer, comme disait l’autre), c’est les autres (mélenchoniens, sarkozystes, lepénistes, etc.) : qu’en faire ? Il y a urgence (écologique), c’est vrai (et il peut-être même trop tard pour agir), mais comment éviter le compromis (qui n’est pas la compromission !)?

  45. @ Janot Lapin mais aussi à tous

    J’irai voter , mais je n’ai pas l’intention de répondre à ce QCM que sont les élections , car je ne me reconnais dans aucune des possibilités de réponse .
    Donc , j’écrirai vraisemblablement Gérard Charollois sur le papier que je glisserai dans l’urne .

  46. Je viens de lire la discussion sur Mélenchon, que je n’avais pas du tout suivie. Intéressant ! Très franchement, je ne crois pas du tout que ni la droite ni la gauche, soient en mesure d’insuffler les idées écologiques vraiment révolutionnaires dont nous avons besoin. Les problèmes sont trop profonds, enracinés. Et tout le monde est dans le même bateau…
    J’ai toujours voté, mais là maintenant je doute.
    Par ailleurs, des initiatives fortes se lèvent dans le monde, comme par exemple le développement de jardins potagers biologiques au coeur de villes sinistrées, comme Detroit. C’est très étonnant, et très porteur d’espoir…

  47. Rien à voir avec la viande, mais qu’est-ce qu’on peut faire pour empêcher que les serres d’Auteuil soient en partie détruites au profit de l’extension de Roland-Garros?

  48. @ Bruno;
    Ce qu’ils réclament, c’est de pouvoir manger et vivre correctement, se loger, simplement faire vivre leur famille !
    Le droit de vote, c’est pour l’instant, le cadet de leurs soucis! celà viendra après le ventre et le corps au chaud.
    Ne pas confondre nos « idéaux » et autres vues franco-mondialistes et les vrais soucis des tunisiens, égyptiens, algériens, bref, nos amis du Maghreb.
    Perso, je connais un algérien de 34 ans, dîplomé en pétro-chimie, et aussi études à l’université Es-Sénia (Oran) qui est transporteur de fruits et légumes, à Oran (Algérie).
    La liberté de vote, pour l’instant, il s’en tamponne, pour faire simple!

  49. @Bruno

    D’où tiens-tu que les Tunisiens réclament de pouvoir voter ? Pour ma part, je ne m’avancerai pas sur ce terrain qui consiste à parler au nom d’un peuple mais si tu as des sources sûres, merci de nous les faire connaître 😉

  50. Bravo Janot Lapin et Frédéric pour le recadrage et la façon modérée dont vous vous exprimez. J’adhère à vos réflexions. Dans un monde (politique) de « pourris » choisir le ou la moins pire c’est déjà faire un acte politique fort.

  51. @ Suzan; non c’est Hélène qui a raison;
    Dans « un monde (politique)de pourris » ce qui est un acte politique fort c’est de faire son potager pendant qu’ils verbalisent du virtuel!

  52. je répète que les politiques de « pourris » sont l’expression de vos voisins, cousins et mais! ce sont EUX qui ont voté pour çà! par action ou et par omission (comme le péché)

  53. A Bakounine et mouton noir : Eh bien, je suppose que, par exemple, Moncef Marzouki (qui dirige le Congrès pour la République (CPR), parti de la gauche laïque interdit sous le régime Ben Ali) compte se présenter aux prochaines élections présidentielles en Tunisie tout en étant… opposé au droit de vote !
    Leur idéal, c’est, bien sûr, de vivre mieux sur le plan matériel mais il n’y a pas que ça !

  54. Fabrice, j’ignore si nous pouvons aller plus loin dans ce débat mais, au moins, nous démontrons que nous pouvons être en désaccord sur certains points en nous respectant et, pour ma part à ton égard, en restant curieux de l’autre.

    Je crois pouvoir dire moi aussi que « ce qui commande ma pensée et mon action, c’est la crise écologique planétaire, qui est en train d’échapper à tout projet humain, quel qu’il soit ». Ma pensée reste fécondée par mai 68, entre autres choses qui ont suivi, et je ne me sens nullement prisonnier du cadre politique ancien.

    Tu dis que je ne connais pas le stalinisme. Pardonnes-moi cette remarque mais tu me fais là un procès de Moscou. Comment pourrais-je me défendre de cette affirmation ? J’ai quelques heures de vol de plus que toi et, sans en avoir souffert directement, j’ai l’intime conviction de connaître le stalinisme autant qu’il est possible grâce, entre autres auteurs, à Varlam Chalamov et Soljenitsyne – je n’aurais pas lu cinq des livres de ce dernier si le sujet m’avait laissé indifférent. Je ne crois pas au retour du stalinisme. Quel est le pouvoir de séduction du stalinisme sur les jeunes ? Il est nul. Par contre, les ressorts de la collaboration pétainiste et la Bête cachée dans le nazisme survivent. Il faudrait se demander pourquoi ? Ce travail de recherche est-il fait ? Non. Pourquoi ?

    Est-ce que je pense sérieusement que le dérèglement climatique a quelque chose à voir avec les notions de droite et de gauche, inventées en France voici 220 ans ? Indirectement, oui, bien sûr puisqu’à droite on a pour principe d’exploiter sans retenue et accaparer tandis qu’à gauche on voudrait respecter l’autre et partager. Qui a dit qu’il serait aisé de respecter l’autre et de partager ? La pulsion primitive pousse à posséder sans égard pour autrui, surtout quand cet autre ne fait pas partie du clan. Chassez le naturel, même à gauche… Dans ce contexte encore plus ancien que le cadre politique classique, la question que je pose consiste à savoir tout simplement, face à l’urgence climatique, s’il faut, oui ou non, voter et pour qui ?

    Tu as beau le maintenir tranquillement, même s’il soutient Chavez et refuse de hurler avec les loups contre le régime castriste, Mélenchon ne s’inscrit pas dans la tradition stalinienne de l’action politique. Il s’inscrit plutôt dans celle de la révolution française ayant abouti à la démocratie et aux droits de l’homme. Il souhaite une révolution citoyenne par les urnes. Même sous cette forme non violente, cela comporte-t-il des risques ? Oui. Ne rien faire de conséquent comportera aussi des risques. Si Mélenchon n’existait pas, il faudrait l’inventer.

    Il « est un adepte d’une conception verticaliste du pouvoir. » Oui, si l’on considère qu’il remet l’Etat en selle, notamment pour contrer l’abandon au secteur privé de domaines qui devraient rester ou redevenir publics. Mais non quand il veut une constituante. Certes, cette ouverture sur une constituante n’est pas simple. C’est moins simple que des formules fermées du genre : « Travailler plus pour gagner plus. » Mélenchon fait le pari de l’intelligence citoyenne.

    Si une conception « verticaliste » du pouvoir pose problème, existe-t-il une conception « horizontaliste » qui n’en poserait pas ? Ou bien l’horizontalité signifierait-elle la dissolution du pouvoir, accomplissement du rêve anarchiste que tu sembles chérir ? La verticalité et l’horizontalité existent, elles s’imposent à nous. J’ai été soulagé le jour où j’ai compris que la verticalité féconde l’horizontalité. Il n’y a pas l’une sans l’autre. Je ressens ces principes comme des archétypes puissants, fondateurs. Et ce qui m’apparaît génial – et qui ne se laisse pas penser – se passe à leur intersection. C’est là que je situerais le secret de la vie, de l’origine. Or quel est le vrai sujet de Planète sans visa ? Il me semble à te lire que c’est la Vie. Non ?

    Tu auras remarqué accessoirement que la verticalité et l’horizontalité forment une croix. Image impressionnante pour ceux qui sont nés, même peut-être à leur corps défendant, en terre chrétienne. J’ignore si cela aura quelque écho ici, mais si nous pouvions nous extirper tant soit peu de ce conflit en ouvrant ou creusant quelques pistes en profondeur, nous n’aurons peut-être pas perdu ce temps précieux qui te manque…

    Sinon, pour revenir dans le concret, comment traites-tu la question de la fiscalité au regard de l’urgence du dérèglement climatique ? Si tu ne peux pas la traiter, qui va le faire, quand, comment et au nom de qui ? Sans pouvoir vertical, sans politique, comment fais-tu pour créer ne serait-ce qu’une piste cyclable dans une commune ? La délibération du conseil municipal est l’horizontalité, la décision est la verticalité. L’excès d’horizontalité rend la décision impossible. L’excès de verticalité, c’est l’abus de pouvoir, la dictature. Par delà les formes, la gestion de cela, au fond, c’est tout un art. S’identifier à la verticalité ou à l’horizontalité est une erreur, un déséquilibre.

    Peut-on imaginer des mesures à la hauteur du problème posé par le réchauffement climatique sans une limitation des hauts salaires ? Oui ou non ? A mon avis, c’est non. Qui peut prendre des décisions régulatrices de cet ordre, sinon une instance politique ? Faut-il remettre en cause le Traité de Lisbonne contre lequel les français ont voté non en 2005 ? Si oui, par quel moyens ? Et sinon, quoi ?

    Tu auras deviné que pour moi, la formule « penser global, agir local » reste un concept clé et incontournable en matière d’écologie.

    @ Bakounine. Je suis moi aussi attentif à tes commentaires. Si tu permets, je voudrais que tu creuses la question de l’abstention et celle du vote d’extrême gauche, sans te leurrer d’aucune façon. Que nous sachions vraiment de quoi il retourne. Ensuite nous verrons s’il convient d’être déçu et de quoi.

    @ Jeanne Guiader. Si la gauche rose pâle n’a effectivement pas l’intention de détruire le capitalisme, Jean-Luc Mélenchon voudrait lui mettre de solides brides. Pas vous ? La moindre des choses serait d’écouter Mélenchon. Ce n’est pas désagréable car ses analyses de situations sont brillantes et il n’a pas la langue de bois.

    Qui pourrait oublier que la gauche a été au pouvoir en France ? Oui, elle a a fauté, trahi la classe ouvrière, viré à la social-démocratie. Non, elle n’a pas retrouvé sa virginité. Elle est en difficulté. La ligne de fracture naturelle entre la droite et la gauche coupe maintenant la gauche en deux dans des proportions que je ne saurais pas préciser. Ce qui s’est passé mériterait une analyse, quasiment une psychanalyse historique, si c’était possible. Or, nous sommes le nez sur le guidon…

    Au 2ème tour en 2002, j’ai voté Chirac contre Le Pen. Et Chirac n’a pas été à la hauteur du civisme des électeurs de gauche qui ont voté massivement pour lui… Que ferais-je si je devais choisir entre Le Pen (Marine, je suppose) et Sarkozy ? Votre question me prend de court. Il se pourrait que je sois bloqué, comme vous l’êtes semble-t-il actuellement vis-à-vis des partis de gauche, que je ne puisse pas me résoudre à voter Sarkozy et que je m’abstienne… Nous n’en sommes pas là. Et vous que feriez-vous dans ce lamentable cas de figure ? Si vous votez au premier tour en faveur de l’écologie et de plus de justice sociale, vous contribuerez à nous épargner cette pilule.

    La gravité de la situation nécessiterait un raz de marée électoral dès le premier tour en faveur de l’écologie et de la justice sociale. Non ? Mon mot d’ordre serait celui-ci : « Poussons-les très fortement au cul ». Au lieu de chipoter notre soutien comme si nous ne savions pas ce que nous voulons. Dans mon esprit, il ne s’agit pas de voter docilement POUR la gauche mais de la pousser puissamment pour qu’elle avance enfin sans pouvoir tergiverser. Il ne s’agit pas de se coucher. Il s’agit de se lever et de le faire en masse. Comprenez-vous ? Normalement, la prise de conscience écologique installe une détermination, une détermination à faire, une détermination au changement.

    Merci à toutes et tous de votre attention.

  55. Capitalisme: « Jean-Luc Mélenchon voudrait lui mettre de solides brides. Pas vous ? »
    C’est sur: il suffira que Mélenchon apparaisse muni d’une majorité (à 51?) pour mettre en déroute les cliques maffieuses haut et bas de gamme de l’échelle sociale! non mais franchement on se rejoue « le petit père des peuples, là, non?
    seule la « culture » pourra venir à bout de tout ce monde-là, et la culture c’est « le peuple »; une nouvelle civilisation et Mélenchon, c’est un homme ancien au sens romain du terme! ce n’est pas un homme neuf! je ne le vois pas du tout incarner cette nouvelle civilisation si tentée qu’elle apparaisse de mon vivant

  56. « Tu auras remarqué accessoirement que la verticalité et l’horizontalité forment une croix. Image impressionnante pour ceux qui sont nés, même peut-être à leur corps défendant, en terre chrétienne. »
    Ou alors, l’angle droit,fermé, optu.
    Dans une autre vision des choses, dans d’autres nations, on voit partout le cercle, la courbe, la rondeur de la terre, des êtres et des lieux.
    Parce que si vous regardez bien l’horizon, il est courbé…ce n’est donc plus une croix chrétienne.
    Et la verticalité des arbres est toute relative.
    OUF!

  57. @ La petite bergère. Ce n’est pas moi, c’est Fabrice qui a introduit à propos du pouvoir – à mon avis, de façon cartésienne – la question de la verticalité. Comment ne pas penser à l’horizontalité et à ce qu’elle signifie quand la verticalité est évoquée ? Comment ne pas penser ensuite – de façon non cartésienne – la relation entre la verticalité et l’horizontalité ?

    Je n’ai pas parlé d’angle droit. D’ailleurs, de quel angle droit parlez-vous ? Il y a en quatre autour du point d’intersection de la verticalité et de l’horizontalité. Apparemment, vous en isolez un seul sans même savoir lequel. Je comprends alors que vous soyez peut-être un peu perdue. La terre est une sphère. C’est autre chose. Le cercle est un symbole de la totalité mais que dites-vous du point ?

    Que l’image de la croix soit impressionnante pour ceux qui sont nés en terre chrétienne, c’est un fait qui s’impose aussi à nous, que cela plaise ou non. Bien sûr, il y a et il y a eu au monde d’autres nations, vivant d’autres choses pouvant nous interpeller, nous appeler, nous nourrir…

    Mais, au regard de la crise environnementale et sociale actuelle, nous parlions de la droite, de la gauche, des élections, de Jean-Luc Mélenchon. Je répondais à Fabrice qui avait mis ce sujet politique sur le tapis, et qui campe sur une position que je discute. Je ne prétends pas détenir la vérité. J’interpelle et argumente. L’histoire dira. Je formule le souhait que nous ayons au moins un débat de qualité. Pour remettre les choses en perspective, on peut lire sur le blog du Yéti un billet intéressant sur le dernier livre d’Edgar Morin : « La Voie. Pour l’avenir de l’humanité. » http://www.yetiblog.org/

    @ Marie. Un succès de la gauche à 51% contre 49% ne permettrait évidemment pas « de mettre en déroute les cliques maffieuses ». J’ai écrit que la gravité de la situation justifierait un raz de marée électoral en faveur de l’écologie et de la justice sociale. A vous de voir si vous montez ou pas sur la balance pour peser dans le sens souhaité. Moi, je vous appelle à y monter, c’est tout et je vous place devant votre responsabilité.

    Faut-il, à l’occasion des élections, renforcer ou affaiblir le parti écologiste ? Faut-il oui ou non augmenter le nombre d’élus écologistes dans toutes les instances démocratiques ? Avoir à poser cette question ici est incroyable tellement il est évident qu’il faut installer un rapport de force politique plus favorable à l’écologie. Il faut lutter pied à pied, ponctuellement, contre toutes les atteintes à l’environnement (la liste en est longue) et aussi installer l’écologie au parlement, dans les mairies, etc. Il y a et il y a aura évidemment des opportunistes, des résistants de la dernière heure, des récupérateurs uniquement intéressés par le profit… C’est pourquoi l’un des principes de l’écologie reste et restera la vigilance.

    Il faudrait, dans cette victoire électorale que je souhaite, que le courant écologiste dépasse nettement ou soit au moins aussi fort que le courant humaniste (de gauche). Et il faudrait que le courant humaniste intègre enfin l’idée que l’écologie est prééminente et donc organisatrice. Sur la planète, l’homme ne doit plus être le centre des choses. Est-ce clair en terme de changement de culture ? Il ne s’agit pas de voter en traînant les pieds pour maintenir la situation actuelle mais de voter en nombre pour changer la donne.

    Le changement qui doit venir s’incarne déjà en vous et s’incarnera inéluctablement dans des hommes et des femmes, à tous niveaux, y compris au niveau politique. La virulence d’un Jean-Luc Mélenchon est à la mesure de la violence institutionnelle actuelle. Il sait et dit que les cliques maffieuses (les puissants) dont vous parlez ne renonceront pas de gaieté de cœur. Nombre d’arbitrages seront très difficiles pour certains secteurs (agrochimique, par exemple). Les ennemis de l’écologie ne s’abstiennent pas aux élections. Pourquoi croyez-vous qu’ils achètent les médias sinon pour faire croire à la population qu’il n’y a pas d’alternative au système de prédation actuel. La maffia au pouvoir a de très gros moyens et même les armes. Il faut que nous ayons le nombre pour la remettre à sa place. Il s’agit d’un recadrage à opérer. Vous savez que quand de mauvaises habitudes ont été prises, il est difficile de revenir dessus.

    Or, au nom d’un idéal qui resterait à préciser, Fabrice nous recommande d’aller à la pêche le jour des élections… Encore une fois, cela me dépasse. Il est peut-être impossible d’exceller à la fois dans les luttes ponctuelles et en tant qu’organisateur ou commentateur politique. Ce n’est pas le même métier. Cela ne demande pas les mêmes qualités.

    J’observe en lisant « Alias Caracalla », le livre de Daniel Cordier, que Jean Moulin qui était un administrateur hors pair, un remarquable organisateur politique a eu beaucoup de mal à rassembler les chefs de la résistance au sein d’un comité national voulu par De Gaulle qui avait pour souci, outre la libération du territoire national, l’indépendance de la France, même vis-à-vis des alliés. Malgré le danger, l’affrontement était terrible entre ces hommes alors que les intérêts libérateurs étaient communs…

  58. Janot Lapin…( à défaut d’une vraie identité)
    Quatre petites lignes de ma part et je m’attendais à une réponse comme celle-ci, venant de vous, teintée de ce vieux dictat patriarcal qui n’a jamais eu d’emprise sur moi.
    Vous m’obligez presque à vous répondre afin de ne pas laisser cela dans l’état , en prenant sur mon temps libre qui n’est pas extensible (je ne suis pas à la retraite et ne le serai jamais). Qu’a cela ne tienne, comme vous l’avez fait exprès et que vous l’avez donc voulu, je vous réponds et je vous dis ce que je pense.

    Que l’on vous propose une autre vision des choses , et c’est bel et bien vous qui êtes perdu. Perdu dans un 21ème siècle qui vous dépasse complètement. Je vous le concède, il y a de quoi être perdu et je peux comprendre que certains préfèrent se réfugier dans la littérature et s’accrocher désespérément aux vieux modèles, aux vieux pouvoirs. Ca doit être rassurant.
    J’aime aussi les livres, et apprendre des autres, mais je n’oublie pourtant pas de faire, de faire par moi-même, et de vivre, en l’occurrence ici, une vie de petit paysan de marais . Et dites vous bien que mes savoir-faire, ma vision de l’écologie, de l’agriculture ou de la politique valent largement les vôtres et celles de vos amis les élus.
    MON point de vue, au quotidien, c’est l’océan, dans sa grandeur, sa beauté, sa dureté mais aussi sa terrible dégradation.
    Pendant que vous dissertez longuement, convaincu de votre érudition, en comptant les points et les lignes, bien assis à l’ombre d’hypothétiques solutions émanant d’un monde fini et imperméable au vrai sens du préfixe « démo », dans ma modeste réalité, on a, dans une tristesse infinie et pour toujours, les deux mains dans la pollution, pour ne pas dire dans la merde, le dos courbé et douloureux sous le poids de la tâche.
    Dans cette perspective, on n’attend pas de Messie ni de Prophète, ni de longs discours, mais on apprend concrètement à s’adapter aux divers changements non maîtrisables et irréversibles, on se prépare au pire, on est déjà entré en résistance.
    Ce monde ruiné, dévasté écologiquement, socialement et économiquement à été gracieusement légué par votre génération à la mienne. Si dans les années 40, les Jean Moulin étaient rares, on peut également souligner que dans les années 70, les René Dumont l’étaient tout autant. Je ne vous demanderai pas ce que vous faisiez dans ces années là et quel était votre niveau de conscience écologique, parce que de toute façon, vous n’avez pas su faire ce qu’il aurait été primordiale de faire à ce moment là.
    Ne trouvez-vous pas qu’il soit un peu tard pour nous donner des leçons et déplacé de nous faire la morale, de vouloir nous dicter une conduite ,prétendre nous mettre face à nos responsabilités, exiger des débats de qualité ?
    Franchement, j’ai presque honte pour vous.

    Mais bref, ce ne sont que des mots que vous tapez sur un clavier, je ne vous en veux pas plus que ça ne le mérite, malgré votre petit ton de mépris, le fond moralisateur qui me fait sourire, et cet autoritarisme à peine masqué, qui, en avez-vous conscience, n’a guère de chance de remporter un vif succès dans un billet intitulé « Sur l’Anarchie ».
    Un autoritarisme récurent chez vous et que l’on trouve par exemple dans une phrase comme celle-ci : » Que l’image de la croix soit impressionnante pour ceux qui sont nés en terre chrétienne, c’est un fait qui s’impose aussi à nous, que cela plaise ou non. »

    Ce fait ne s’impose pas à moi. Que cela vous plaise ou non. Et pour quelqu’un qui souhaite que l’humain ne soit plus au centre des choses, il y a du boulot !

    Comme il est sûrement important pour vous d’avoir le dernier mot, je vous le laisse volontiers, et j’en connais d’avance la couleur. Mais vous savez qu’hormis le locataire des lieux, qui bon an mal an, et par la force des choses, valide ces commentaires, plus personne, probablement, ne vient les lires.

    Si vous savez être à l’écoute des autres et pas juste des « chefs »(ce dont je doute grandement) vous saurez lire ce message. Sinon, tant pis !
    Je vous salue et je pense que mes deux derniers mots pour vous devraient vous plaire : point final.

  59. Je suis vraiment étonné par la réponse de la « petite bergère » à « janot lapin ».

    Il me semble que ce dernier prend pas mal de précautions dans son discours pour mettre certaines idées à plat, les présente humblement, avec argumentation, pour au moins en débattre.

    Et bergère lui reproche son ton paternaliste, ses « leçons de morale », et que sais-je encore, alors qu’elle-même lui fait une réponse égo-centrée sur son ressentiment et ses frustrations personnelles… mais où va-t-on si on peut avoir de discussion sur des sujets précis ? Et là en l’occurrence sur le vote, et la nécessité, ou non, d’appuyer l’action sur le terrain par l’élection de représentants qui peuvent parfois porter la lutte dans les institutions et les bagarres politiciennes ?

    Qu’y a-t-il de mal à vouloir débattre ?
    Toute personne qui s’approche d’un bureau de vote est systématiquement un traître ou un corrompu qui ne mérite pas le respect, aux yeux d’un anar-écolo ?
    Comment peut-on reprocher à quelqu’un qui vote tout ce qui se passe dans le monde ?
    Parce qu’en refusant la politique politicienne, là on a les mains propres et on n’est responsable de rien ?
    C’est un peu facile !

    Sachez qu’il y a toujours plus innocent que soi, toujours plus radical… qu’aux yeux de certains vegans par exemple vous n’êtes que des charognards lâches et assassins. Fabrice « Pipolino », comme ils l’appellent, en sait sans doute quelque chose.
    Et bien, est-ce que cela fait avancer les choses ?

    C’est donc de tous bords le retour à l’irrationnel, à l’émotivité, aux vérités définitives dans tout ce qui touche la vie en collectivité désormais ?
    Vous avez l’impression de vous rapprochez ainsi de « l’état de nature » ?
    Je me pose la question.

    Je vais finir par une seconde provocation, puisqu’il semble qu’il n’y a plus que cela pour délier les langues…
    Cela ne vous étonne pas que les anarchistes n’inquiètent plus les pouvoirs en place ?
    Que les gouvernants ne se soucient pas le moins du monde, par exemple, que les facs soient remplis d’étudiants se revendiquent d’un pseudo anarchisme ?
    Comment se fait-il qu’il n’y ait plus rien de subversif à ça ?

    Ne serait-ce pas parce qu’aujourd’hui, les libéraux, néo-libéraux et les pseudo-anarchistes ont tous le même adversaire ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *