Sur Durban (rien à ajouter à ce qui suit)

Je critique beaucoup, et compte bien continuer. Mais j’ai aussi des affinités. Parmi les associations écologistes « officielles », nul doute à mes yeux que les Amis de la Terre sont un cas à part. Je connais, un peu au moins, certains de ses membres. Je trouve des gens comme Sylvain Angerand ou Christian Berdot simplement formidables. Et même si je sais moins au sujet de Martine Laplante, Caroline Prak, Alain Dordé, Laurent Huttinet, tout m’indique qu’ils sont valeureux. En conséquence de quoi, je vous glisse ci-dessous le bilan tiré par les Amis de la Terre du minable sommet climatique qui vient de s’achever en Afrique du Sud. Non, rien à ajouter.

Durban : un sommet qui touche le… fond.

Montreuil, le 12 décembre 2011 – A Durban, on s’est mis d’accord pour continuer à discuter en vue d’un accord, en 2015, qui devrait préfigurer d’un autre accord plus ferme, qui pourrait entrer en vigueur en 2020, si on est d’accord pour fixer des objectifs contraignants, sans savoir si ces objectifs auront un quelconque effet sur les climats. C’est ce qu’on appelle « une avancée considérable ».

Le Protocole de Kyoto est entré en vigueur en 2005. Dans l’esprit de ses auteurs, le plus gros effort devait d’abord être fait par les pays qui, pendant des décennies, ont produit des gaz à effet de serre et sont historiquement responsables des changements climatiques auxquels nous assistons aujourd’hui.

Le protocole prévoyait une baisse des émissions de gaz à effet de serre entre 2008 et 2012,  de 5,2 % par rapport au niveau de 1990 pour les états industrialisés. De 1990 à 2008, le Japon a augmenté ses émissions de 6,5 %, les Etats-Unis de 16 %, l’Australie et la Nouvelle Zélande de 25 %, le Canada de 28 %. La France les a diminuées de 0,8%. (A noter les résultats de l’Allemagne : -17 %) (1).

Face à l’immobilisme des grands pollueurs historiques, les pays émergents comme la Chine et l’Inde se font prier et ne veulent pas remettre en cause leur croissance industrielle. L’Union européenne joue toujours un rôle ambigu, entre des ambitions affichées et des actes souvent modestes, sans compter son soutien actif à de nombreuses fausses solutions nuisibles socialement et écologiquement comme les marchés carbone, la compensation et les agrocarburants.

Entre ces deux fronts, les pays les plus pauvres subissent déjà lourdement les changements climatiques. Pour le nigérian Nnimmo Bassey président de la Fédération Internationale des Amis de la Terre : « Ce que les pays riches doivent entendre haut et fort, c’est que l’Afrique ne veut pas payer pour leur crise. Tout autre accord qu’un accord juridiquement contraignant avec de fortes réductions des émissions pour les pays développés, dans une seconde phase d’engagements du Protocole de Kyoto, doit être appelé par son nom : ce sera un permis d’incinérer l’Afrique et ses peuples. »

L’accord de Durban prévoit qu’un Fonds Vert soit être mis en place. Les pays industrialisés se sont engagés à payer 100 milliards de dollars, mais pour l’instant le vert reste la couleur de l’espoir et pas encore celle des dollars. Pour les Amis de la Terre, ce Fonds n’est pas une aumône, mais seulement le remboursement des dettes écologiques et climatiques des pays riches envers les pays qu’ils ont pillés ou qui supportent déjà les changements climatiques.

Pour Martine Laplante, présidente des Amis de la Terre France : « Ce nouveau traité est une ruse pour détourner l’attention du monde, de l’échec des pays développés à respecter les engagements existants de réduire leurs émissions. Nous n’avons pas besoin d’un nouvel accord. Il y en a un qui existe déjà. Un nouveau mandat sera une porte ouverte à la dérégulation en matière de climat, les pollueurs continueront à polluer, les spéculateurs tireront profit de la pollution  et le reste du monde devra supporter le fardeau de la crise climatique ».

Les Amis de la Terre craignaient que l’agriculture et les forêts ne soient introduites dans les mécanismes de la finance carbone. Les délégués se sont mis d’accord sur le très contesté programme REDD (programme de réduction des émissions provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts). Des financements privés et des mécanismes basés sur le marché  pourront financer ces programmes. Un groupe de travail va aussi préparer l’éventuelle entrée de l’agriculture dans ces mécanismes. On livre les forêts et l’agriculture à la spéculation aux dépens des humains les plus vulnérables et des climats.

Pour Bobby Peek de groundWork (Amis de la Terre d’Afrique du Sud) : « On voit très bien ce qui conditionne l’ordre du jour des discussions. De plus en plus de pays viennent à ces négociations sur le climat avec un seul objectif en tête : défendre et promouvoir les intérêts de leurs industries polluantes et de leurs multinationales et pour s’opposer à tout effort mondial pour aboutir à un accord juste et solide qui lutte contre les changements climatiques. Beaucoup de pays profitent de ces négociations climatiques pour impulser de fausses solutions dangereuses pour les climats comme l’expansion des marchés carbone. »

Mithika Mwenda a participé à la Caravane de l’Espoir organisée par l’Alliance Pan-Africaine pour la Justice Climatique. Elle est partie du Burundi et a traversé l’Afrique jusqu’à Durban. Pour lui : « Les climats, c’est comme le Titanic. Les pays riches pensent qu’ils vont s’en sortir. C’est sûr qu’avec le peu de ressources qu’elle a pour s’adapter, l’Afrique coulera en premier, comme les passagers de troisième classe. Mais à la fin, tout le monde coulera. Personne n’y échappera, nos sorts communs sont étroitement et intimement liés. »

(1) http://unfccc.int/files/essential_background/background_publications_htmlpdf/application/pdf/ghg_table_06.pdf

26 réflexions au sujet de « Sur Durban (rien à ajouter à ce qui suit) »

  1. Comme dit Fabrice :Rien à ajouter. Ouf ! on l’a échappé belle. Voyez pas que cela ait servi à quelque chose. Mais, ça va pas !
    Nous ne sommes pas assez naïfs pour croire à l’utilité de telles conférences, puisque dès le départ la messe était dite par les grands pollueurs que nous sommes. Business as asual.
    Seule consolation(maigre et difficile à accepter pour les plus défavorisés) c’est que la récession en marche, diminuera d’autant(soi peu) les rejets de GES et les pollutions.

  2. Ce que je trouve le plus inquiétant: « On livre les forêts et l’agriculture à la spéculation aux dépens des humains les plus vulnérables et des climats »

    Apres avoir spolié les pauvres, les communautés tribales et paysannes au nom des sacrifices inévitables nécessaires au « développement » du bien commun, on se prépare a les spolier au nom des sacrifices nécessaires a la « survie écologique » de « l’humanité »! La boucle est bouclée, ils n’ont vraiment plus nulle part ou aller.

    L’écologie misanthrope est vraiment le nouveau masque du capitalisme.

  3. Merci fabrice.

    Le Canada se retire du protocole de Kyoto

    Le Canada se retire du Protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), a déclaré lundi à Ottawa le ministre canadien de l’Environnement Peter Kent. Il devient ainsi le premier pays à s’être officiellement retiré de cet accord signé en 1997 et entré en vigueur en 2005.

    M. Kent a justifié cette décision par l’affirmation que « Kyoto ne fonctionne pas » et par le fait que le Canada courait le risque de devoir verser des pénalités de plusieurs milliards de dollars s’il en restait signataire du Protocole.

    Aux termes du protocole, le Canada s’engageait à réduire en 2012 ses émissions de GES de 6% par rapport au niveau de 1990, mais ces émissions ont au contraire augmenté. Le gouvernement conservateur de Stephen Harper a ouvertement rejeté ses obligations et dénoncé « l’erreur » du gouvernement libéral qui l’avait signé.

    Evoquant sa présence à la conférence sur le climat de Durban, M. Kent a affirmé que la plateforme préparée par celle-ci « représentait un chemin permettant d’avancer », alors qu’aux yeux du Canada le protocole de Kyoto n’en était pas un.

    Il « ne couvre pas les deux plus grands pays émetteurs, les Etats-Unis et la Chine et donc ne peut pas fonctionner », a-t-il poursuivi.

    Le protocole de Kyoto « n’est pas une voie vers une solution globale au changement climatique, c’est plutôt un obstacle », a affirmé le ministre canadien.

    « Nous croyons qu’un nouvel accord avec des contraintes juridiques pour tous les grands émetteurs qui nous permet, en tant que pays, de créer des emplois et d’avoir une croissance économique est la voie permettant d’avancer », a encore dit M. Kent, avant d’affirmer que cette position du Canada recevait un soutien croissant, de l’Union européenne aux Etats-Unis, à l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon et la Russie, ainsi qu’aux pays moins développés et au groupe de 43 petits pays insulaires.

  4. Fabrice
    Il y a quand même à ajouter que les chiffres des Amis de la Terre sont tout simplement faux. Si certains pays ont effectivement réduit leurs émissions, c’est uniquement en considérant les délocalisations industrielles qui accentuent le poids des transports dans le bilan carbone. Les pays émergents se chargent de produire, ce que font de moins en moins les occidentaux, les responsables pollueurs historiques . Au final il reste un jeu de dupes ou personne ne veut perdre le contrôle de son pré carré, c’est à dire son droit d’emmerder.

  5. Provola,

    Ce que tu dis est très juste. Les chiffres donnés par les Amis de la Terre, que j’ai relayés ici, n’intègrent pas les délocalisations, qui changent tout, comme dans l’exemple français que j’évoquais il y a quelques jours. Dont acte, et merci.

    Fabrice Nicolino

  6. Les chiffres donnés sont tirés d’un document de la Convention cadre sur les changements climatiques des Nations Unies. Le but était de monter que l’on était loin du compte, même pour la France et ses centrales nucléaires « décarbonées ».

    On sait bien que la baisse de 40% des émissions de la Biélorussie ne s’explique pas par une politique vertueuse, loin de là, mais par l’effondrement économique du pays.

    Le rôle de la désindustrialisation de nos pays joue un rôle très important. Les émissions devraient être celles de la consommation par pays et par habitant et pas celles de la production. Tout d’un coup, les émissions de la Chine baisseraient beaucoup et les nôtres exploseraient.

    Mais le but du communiqué était non pas de rentrer dans les débats d’experts sur l’interprétation des chiffres, mais de dénoncer cet échec minable de Durban.

    Amitiés terrestres

    C.

  7. L’ermite de Fukushima veut rester auprès des animaux malgré les radiations.

    KORIYAMA (Japon) (AFP) – (AFP) – « Non, je ne suis pas fou ». Naoto Matsumura en a marre de passer pour un déséquilibré depuis qu’il a refusé de quitter sa ferme située à une douzaine de kilomètres de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, qui continue de cracher des substances radioactives.

    Cet agriculteur de 52 ans prétend être l’unique habitant de la « no man’s zone », périmètre interdit d’un rayon de 20 kilomètres autour du site atomique décrété par les autorités japonaises quelques jours après le grave accident nucléaire provoqué par le séisme et le tsunami du 11 mars.

    Depuis, il vit seul près de la ville de Tomioka, entièrement déserte, au milieu d’une centaine de chats, d’une dizaine de chiens, de quelque 400 vaches et de nombreux cochons et poulets abandonnés par leurs propriétaires ayant fui les retombées radioactives.

    M. Matsumura est conscient que les doses de radiations qu’il absorbe chaque jour sont dangereuses. Mais il affirme avoir moins peur de ça que d’être privé de ses cigarettes. « Je tomberais certainement malade si je m?arrêtais de fumer maintenant », dit-il en riant.

    Privé de courant, il utilise avec parcimonie le carburant acheté à la ville pour son véhicule et ses générateurs. Son seul lien avec l’extérieur est son téléphone mobile. Il n’est pas sûr que le charbon que ses voisins ont laissé lui suffira pour affronter les températures glaciales fréquentes dans la région.

    Interviewé dans la ville de Koriyama, en dehors de la zone interdite, l’ermite semble en bonne santé, malgré les dures conditions de vie qu’il s’est imposées. Il confie que sa plus grand crainte concerne les animaux, qui vont affronter l’hiver sans abri, ni nourriture.

    « Ces bêtes ont besoin des êtres humains. L’alimentation dont je dispose pour le moment ne suffira pas pour tenir jusqu’à la fin du mois de décembre. Il leur faut un refuge et à manger, mais je suis le seul à m’occuper d’eux, alors que ce devrait être le rôle du gouvernement », dit-il.

    – Zone interdite –

    Neuf mois après la plus grande catastrophe nucléaire depuis celle de Tchernobyl il y a 25 ans, il se dit toujours choqué lorsqu?il découvre des cadavres d’animaux, bien que ces derniers ne soient pas morts des suites des radiations.

    Dans la précipitation qui a entouré l’évacuation de Tomioka, le 15 mars, beaucoup de résidents n’ont pas eu le temps ou le réflexe de libérer leurs animaux.

    « J’ai vu beaucoup de bêtes crevées, de maladie ou bien de faim, attachées à une corde. Les veaux ont tellement grossi à force de manger de l’herbe que la corde qui entoure leur museau a entamé les chairs. Certains en sont morts. »

    Il raconte qu’un de ses amis l’a supplié d’aller chez lui libérer sa vingtaine de canaris qu’il avait abandonnés dans une cage. « Quand je suis entré dans la maison, c’était déjà trop tard. Ils étaient tous morts. »

    Naoto Matsumura ne se plaint pas de la solitude. Il est séparé de sa femme depuis dix ans et ses deux enfants de 21 et 23 ans habitent dans la préfecture de Saitama, près de Tokyo. Ils se font du souci pour lui, mais il refuse de partir.

    « Je ne suis jamais déprimé. J’ai appris à vivre seul », affirme-t-il.

    A la nuit tombée, la ville est plongée dans le noir. « Je me couche très tôt, vers 19H00, car je n’ai rien d’autre à faire. »

    Il se lève avec le soleil et, accompagné de ses chiens, passe la moitié de la journée à donner à manger aux animaux.

    Lui se nourrit principalement de conserves et de riz, car tout ce qui pousse sur place est contaminé. « Je ne mange pas grand chose de bon ici », avoue-t-il.

    Il se rend régulièrement en dehors de la zone interdite pour acheter ses cigarettes et de quoi se sustenter.

    « Certains médias japonais ont tenté de me faire passer pour fou en racontant que je mangeais des champignons contaminés. Mais en réalité, je les ramasse pour les confier aux chercheurs d’un laboratoire. Je ne suis pas cinglé », répète-t-il.

    M. Matsumura voudrait que le gouvernement ou la compagnie d’électricité Tokyo Electric Power (Tepco), opérateur de la centrale nucléaire, ramasse au moins les cadavres d’animaux. Mais la réponse est toujours la même, dit-il: « Désolé M. Matsumura, nous ne pouvons rien faire à l?intérieur de la zone interdite ».

    Il pense que Tomioka, comme d?autres villes de la région évacuée, va disparaître de la carte du Japon. Et il ne cache pas sa haine à l’égard de Tepco: « Je ne veux pas voir la centrale redémarrer un jour. Je veux qu’elle disparaisse. »

  8. A Tchernobyl aussi, des vieux sont restés sur place ou revenus illégalement. Mourir pour mourir, autant vivre chez soi en attendant. Et je crois bien que je les comprends, vu les conditions de vie qui leur étaient « offertes » dans les endroits où on les avait déportés.

    Ce japonais, pas si vieux d’ailleurs, fait plus que cela. Il témoigne. Respect.

  9. Petite remarque en marge. Suis en train de regarder « Revu et corrigé » (FR 5). Débat sur les pesticides. Une victime face à une représentante de l’UIPP (Mme E. Delpech, excellente bonimenteuse).
    (http://www.uipp.org/)
    Question de Paul Amar à la victime : « pensez-vous qu’on puisse se passer de pesticides ». Réponse de l’interrogé : non.
    Si les victimes elles-mêmes de ces produits de merde ne parviennent pas à imaginer une agriculture qui s’en passe, la perspective d’une révolution de l’agriculture semble totalement impossible.

  10. Aujourd’hui pic de fièvre acheteuse. La caméra scrute tous les visages radieux ou épuisés de la foule des acheteurs. Une vieille dame aux cheveux blancs argentés scrute la foule, une larme perle au coin de l’oeil.  » Fatiguée ? » s’enquiert le reporter  » Non, triste, très triste…mais laissez les à leur joie d’offrir, ils ne savent pas, on ne leur a pas expliqué les dégâts qu’ils provoquent… » Quel est votre nom, madame ?  » « Oh, un vieux nom, démodé, inconnu, …Gaia,…vous connaissez ? »

    Et puis il y a ceux dans leur bagnole en direction de la station qui pestent contre la neige abondante sur la route, et puis ceux qui se réjouissent de la hauteur de neige, ils savourent déjà le toboggan de demain, je monte, je descends, je monte, je descends, je n’ai même pas un oeil pour les quelques épicéas qui bordent la piste, je ne sais même pas si il y a encore un animal sauvage dans les environs, je n’ai même pas essayé d’admirer ces cristaux de neige, je monte, je descends, la nature est là pour me servir, elle ne sert qu’à ça !

    Il y a ceux qui protestent contre le cargo échoué, on ne leur a pas dit qu’il venait livrer le combustible pour faire tourner leur million de gadgets à communiquer et leur donner l’impression d’exister.

    Pauvre Gaia, le mal est fait.

  11. Pic de fièvre acheteuse?
    Ne sommes nous pas tous responsables? Eh,oui!
    Certes a divers degrés, mais responsables de ce gachis!

    Combien d’esclaves travaillent pour vous ?

    (slaveryfootprint.org)

    Bienvenue dans l’ère de la responsabilité (et de la culpabilité).

    Avez-vous pensé ce matin au salaire du petit enfant chinois qui a confectionné le T-shirt que vous portez aujourd’hui ? Vous arrive-t-il souvent de songer au nombre de mineurs africains qui sont morts pour extraire le brillant que vous avez acquis pour votre mariage ?

    Non ? et bien vous avez de la chance, un site se propose de le faire pour vous. Slavery Footprint, lancé par une association américaine et le bureau de lutte contre le trafic d’êtres humains du département d’Etat américain, permet de savoir combien d’esclaves vous faites travailler dans le monde en fonction de votre mode de vie, rapporte Nec plus ultra, un blog de France Inter. En d’autres termes : quelle est votre empreinte esclavagiste ?

    « Sur la planète, 27 millions de personnes travaillent sous la contrainte, sans être rémunérées (ou très peu), pour produire notre nourriture, nos vêtements ou nos équipements high-tech », souligne Nec plus ultra. Slavery Footprint ambitionne, à travers une application ludique, de sensibiliser les habitants des pays riches à la question de l’esclavage moderne.

    A travers une série de onze tableaux thématiques interactifs (habitat, habitudes alimentaires, usage des nouvelles technologies, produits de beauté, vêtements, etc.), il s’agit pour l’internaute de dresser son auto-portrait de consommateur. Les concepteurs de cette campagne originale profitent de chaque thème pour glisser des informations sur l’esclavage moderne.

    Au détour du chapitre « Vêtements », on apprend par exemple que 1,4 million d’enfants ouzbeks sont forcés de travailler dans les champs de coton. « C’est plus que le nombre total d’enfants scolarisés dans l’éducation publique de la ville de New York », est-il précisé.

    Au détour du chapitre « Vêtements », on apprend par exemple que 1,4 million d’enfants ouzbeks sont forcés de travailler dans les champs de coton. « C’est plus que le nombre total d’enfants scolarisés dans l’éducation publique de la ville de New York », est-il précisé.

    Au rayon des bijoux, on nous explique que les diamants ne sont pas les seules pierres à faire couler du sang. Les rubis sont sans doute le deuxième produit d’exportation de la Birmanie, derrière le teck. Or les mines, contrôlées par le gouvernement, exploitent des travailleurs dans des « conditions terribles » et pour des salaires de misère.

    A la page des sports, on lit qu’en Chine, les confectionneurs de ballon de football travaillent jusqu’à 21 heures par jour. « Même le plus sévère des coach américains ne demanderait pas ça à ses joueurs », relève le site, qui joue définitivement la carte de la légèreté pour faire passer le message sans prendre le risque d’assommer le citoyen-consommateur.

    Une fois les onze thématiques du test renseignées, votre score est calculée en nombre d’esclaves, répartis par zones géographiques sur un planisphère. Afin de vous aider à progresser, il vous est expliqué quels chapitres de consommation ont le plus pesé dans votre score.

    Cordialement,

  12. @LBL, bon moi je veux bien, mais alors que fait-on ? Une fois qu’on aura décrypté notre « empreinte « esclavagiste » (pis quoi, encore !) on se flagelle, on se traîne dans la boue, on devient missionnaire ???

    Je suis désolée, mais comme tout le monde j’ai besoin de m’habiller, mes gosses itou, et – c’est peut-être nul comme excuse – mais ça n’est pas MOI ni personne ici, qui ai décidé de qui fait quoi, qui fait travailler qui, comment paye t-on les gens ni quelles sont leurs conditions d’existence !!!

    Alors bien sûr, on peut acheter du coton bio et du thé commerce équitable histoire de limiter les dégâts. J’avoue que cette auto-flagellation permanente finit par me peser sur le système. On peut aussi ne plus s’habiller, ne plus manger, disparaître, pourquoi pas ? Mais c’est de toute façon tout un pan de notre société occidentale qui penche de plus en plus vers la paupérisation. Alors rassurez-vous, leur « pouvoir d’achat », à ces esclavagistes, risque d’en prendre un coup dans les naseaux.

  13. LBL: Je viens de faire le test sur le nombre d’esclaves. Ca me parait un peu exagéré, mais puisqu’il parait que c’est « calculé » ! La question, c’est qu’est-ce qu’on fait a partir de la ? On peut s’accabler de chiffres, mais l’important ce sont les actions concrètes. L’esclavage, ce n’est pas seulement chez les autres, c’est aussi la porte a coté ! Et l’action, c’est toujours chez soi qu’on la fait. (D’ailleurs c’est dommage qu’ils n’aient pas trouvé un moyen de comptabiliser la prostitution, au lieu de simplement sauter la page avec un petit sermon… Il suffisait de montrer un petit tableau, du genre « si… alors »).

  14. @ LBL

    Bien sûr que nous sommes TOUS responsables de ce gachis, à des degrés divers.

    Vous connaissez un seul homme politique sur cette planète qui propose la frugalité, la non-croissance, la suppression des poisons que sont les « modes et tendances », la vie simple, celle qui respecte l’environnement et la biodiversité ? Je n’en connais pas.

    Mao avait bien essayé de niveler, de supprimer les classes supérieures, regardez ce que sont devenus les communistes chinois: de petits boursicoteurs qui spéculent sur l’effondrement d’une monnaie, dont les femmes se précipitent sur les sacs Chanel et Vuitton.

    Et puis, cet homme africain qui trime pour extraire un diamant du sol, donnez-lui le plus gros diamant de l’année, il va immédiatement monter son entreprise et faire travailler ses frères de sang à la schlag, comme tout le monde. Certes il y a moins d’entrepreneurs africains, mais le désir de richesse et de pouvoir est le même. Savez-vous d’ailleurs que l’esclavage est encore pratiqué entre Africains eux-mêmes.

    Quant aux « fashion victims » qui changent de jeans toutes les semaines selon la tendance, allez leur expliquer que « c’est pas bien pour la planète, ça tue des millions d’enfants « , ils, elles, vont vous rire au nez, en vous répondant  » on n’a qu’une vie, il faut vivre, plaire, séduire, ne pas vieillir, etc, etc, ». Après eux le déluge. D’autant plus que la société et ses dérives médiatiques, les ont déjà fortement déboussolés.

    Allez expliquer à certaines femmes occidentales qu’environ 200 millions d’Indiennes ne portent que 2 saris, un sari de travail, un sari de festivité, sans pour autant être ridicules, elles vont vous traiter de ringard.

    Non, à part, éduquer l’ensemble de cette planète au respect total de la nature, dont l’homme n’est qu’UN élément parmi d’autres, et sûrement pas le premier en termes de priorité, je ne vois pas d’issue possible à cette catastrophe humanitaire qui se prépare.

  15. Hello, bonsoir,

    @LBL, bon moi je veux bien, mais alors que fait-on ?

    Hélène, chacun est libre de faire comme il l’entend. Je sais aussi respecter le choix des autres! 😉

    Lorsque je propose comme idée de sortir du système, et de favoriser le local, le bio et la simplicité volontaire, voire plus, c’est en pensant bien penser! 🙂 Je conçois que c’est plus dur avec des enfants et un conjoint. Difficile de tout changer et de tout quitter! Eh, oui!

    Bref … de toute manière nous allons au mur. Il est impossible de continuer ainsi, et ce n’est que le boomerang qui nous revient! Et il faudra faire avec!

    Diska,

    « éduquer l’ensemble de cette planète au respect total de la nature ».

    Diska, désolée de vous réveiller, mais il suffit de regarder autour de soi pour comprendre que la majorité des humains ne sont pas ouvert à l’éducation que vous espèrer.

    L’on nous rabat tout les jours les oreilles avec la crise. Quelle crise? Vous avez vu une crise, vous? Cela fait un bail que je ne suis plus allée en « ville », mais je me doute bien des dépenses, des folies, pour les festivités de fin d’année.

    Il est trop tard! Les humains sont des cons, avec une majuscule, haute comme la tour eiffel! Alors qu’ils avaient tout a gagner, en respectant ce qui leur a été offert, depuis l’aube des temps, ils vont tout perdre a cause de leur cupidité …

    Les humains d’aujourd’hui sont aveugles! Je vais vous faire une confidence. Je préfèrerait me retrouver en face d’une meute de loups affamés, plutôt que des humains de demain. Et demain, est a nos portes!

    Les enfants, que vont devenir les enfants, si nous adultes ne sommes pas capables de leur montrer le bon chemin?

    Cordialement,

  16. à Hélène,

    Chacun réagit selon ses moyens devant les innommables scandales contemporains mais le sentiment de culpabilité peut se dépasser et évoluer vers quelque chose de plus positif et de plus constructif. Vous pouvez alors décider d’agir et de faire votre part pour transformer le système – celui qui permet ces atrocités tout en nous emmenant avec lui… Pouvons nous vraiment faire autre chose que notre part ?

    Nous avons tous besoin de nous loger, nous vêtir, nous nourrir mais il y a plusieurs façons de le faire et toutes n’ont pas le même impact. Peut-être n’avons nous pas besoin de grandes villas avec piscine et d’une bagnole par habitant… Peut-être pouvons nous nous satisfaire pleinement d’une alimentation de saison produite localement dans le respect de la terre et du vivant ? Dans le contexte de crise énergétique, économique et écologique que nous vivons ou que nous allons vivre sous peu, la question des besoins et de la manière de les satisfaire est centrale, c’est une réflexion de fond dont le plus grand nombre doit pouvoir s’emparer et sur laquelle nous devons refonder le vivre ensemble.

    Il existe des initiatives citoyennes comme les Villes en Transition qui incarnent ces réflexions… il existe des solutions, elles sont diverses et multiples : peut-être suffit-il de changer de regard sur ce monde en cours de décomposition et, tout en continuant d’en critiquer les aberrations et d’en pointer les impasses, prendre conscience qu’une chance nous est donnée de faire beaucoup mieux avec beaucoup moins. Peut-être faut-il juste un peu de courage…

  17. Stéphane, je ne connais pas beaucoup de gens qui ont une villa avec piscine, mais plutôt des madame et monsieur-tout-le-monde qui ont du mal à boucler leur fin de mois. Et il y en aura de plus en plus…
    Maintenant, agir de façon plus « vertueuse » pour la planète et les gens exploités par le système, entièrement d’accord. Mais si ça doit coûter 2 fois plus cher pour les madame et monsieur-tout-le-monde précédemment cités, ça ne marchera pas.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *