Le ridicule ne tue pas (madame Voynet, monsieur Lipietz)

Je sens qu’on ne va pas me croire, et c’est pourtant vrai. Seul l’enchaînement hasardeux des clics du Net m’a amené à cette page (lire ici). Il s’agit, comme vous verrez peut-être, de la page d’accueil de la candidate d’Europe-Écologie les Verts dans la circonscription d’Hénin-Beaumont, où se présentent également Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Cette militante s’appelle Marine Tondelier, que je ne connais pas. Il est tout à fait possible que ce soit une excellente personne. Je précise cela, car si je rejette en bloc ce parti funeste, qui fait perdre un temps pourtant si précieux, j’ai pu connaître, depuis plus de deux décennies, quantité de gens honorables, hélas membres de ce mouvement qui ne l’est guère.

Donc, dans un premier mouvement, confiance à Marine Tondelier, qui est au reste soutenue par un homme que j’estime, bien qu’étant fort éloigné de lui, le maire de Loos-en-Gohelle Jean-François Caron, que je salue au passage. Fin des (inutiles) précautions. Sur cette page d’accueil se trouve une vidéo censée exprimer le soutien de quelques pontes écolos à madame Tondelier. Ma foi, cela ne mange pas de pain. Sauf que, tel l’imbécile que je suis trop souvent, j’ai eu l’idée de cliquer sur ce bout de film de deux minutes. Vous le trouverez ici.

Tout est très nul, aux marges mêmes du pathétique. Mais chacun peut avoir son avis sur le sujet, j’en conviens. En revanche, deux extraits m’ont scié le cul. Je commence par le moins grave : Dominique Voynet. Insubmersible de cette galaxie qu’on nomme verte, très proche et de plus en plus proche des socialos, à qui elle doit à peu près tout, elle est maire de Montreuil, ville francilienne de 100 000 habitants, depuis 2008. Comme j’habitais là-bas, j’ai voté pour elle. Ou plutôt contre l’indéracinable poststalinien – aujourd’hui mélenchoniste – Jean-Pierre Brard, détestable autocrate. Je pensais aussi, avec une naïveté dont je souhaite ne pas me débarrasser tout à fait, qu’elle ne commettrait pas trop d’erreurs manifestes. En quoi je me suis trompé, puisqu’elle se révèle être une bétonneuse de première, et qu’elle s’attaque sous mes yeux impuissants à l’un des joyaux de la ville, le territoire des murs à pêche (ici).

Bon, la vidéo de Marine Tondelier. Madame Voynet, appelant donc à la soutenir. Que dit-elle ? Textuellement, ceci : « Je voudrais dire aux habitants d’Hénin-Beaumont que l’écologie populaire, ça marche ». C’est extrêmement audacieux. C’est aussi, si l’on se base en tout cas sur l’exemple de Montreuil, un authentique mensonge. Madame Voynet a grossièrement trompé ses électeurs et si grandement raté son mandat municipal qu’Eva Joly, au premier tour de l’élection présidentielle, n’a obtenu que 4,41 % des voix, contre 9,34 % à Marine Le Pen. Cela, dans une cité qui aura donné 75,84 % des voix à François Hollande au second tour. Pas à dire, amis fantaisistes,  « l’écologie populaire, ça marche ». Et ça marche tellement que madame Voynet a renoncé à se présenter aux élections législatives face à son vieil adversaire Jean-Pierre Brard, de peur de perdre piteusement. C’est un socialiste qui ira à la compétition, et c’est d’autant plus cruel que Dominique Voynet avait abandonné – volontairement – à l’automne 2011 son poste de sénatrice, dans le but justement de pouvoir se présenter à la législative de juin 2012. Dans ces conditions, sera-t-elle réélue maire de Montreuil ? J’ai comme un doute.

Reste que son cas demeure moins fascinant que celui d’Alain Lipietz. On le sait peut-être, cet homme a failli représenter les Verts à l’élection présidentielle de 2002, avant que de devoir céder, contraint et forcé, la place à Noël Mamère. Monsieur Lipietz a connu nombre d’aventures de l’extrême-gauche de l’après-68, et il fut même un maoïste fervent, ce qu’il a quelque mal à admettre vraiment. Dans la notice biographique figurant sur son propre site (http://lipietz.net), Lipietz résume ainsi 18 ans de sa vie, entre 1968 et 1986 : « Membre du PSU de 1968 à 1971 et rapporteur de sa Commission Cadre de vie, il participe ensuite à divers groupes de la nouvelle gauche et sera l’un des principaux organisateurs des Marches sur le Larzac. De 1978 à 1983, il anime la revue Partis Pris, tout en collaborant au Monde Diplomatique, aux Temps Modernes, etc. ».

Ce que c’est que la science-fiction. 18 ans de militantisme, trois lignes. Nul ne saura donc – notamment – que Lipietz a été un pilier du mouvement maoïste appelé Gauche ouvrière et paysanne, puis Gauche ouvrière et populaire (GOP). Interrogé par le journaliste Didier Hassoux (Libération du 21 juin 2001), un ancien de cette GOP effacée de la mémoire lipietzienne raconte : « Alain [Lipietz] nous assénait les mots d’ordre grotesques de Mao. Du genre : “Chez Staline, le positif l’emporte sur le négatif”. Le jour de la mort de Mao, nous sommes allés à l’ambassade de Chine signer le livre de condoléances ». La mort de Mao, ce n’est pas celle de Mathusalem, car elle remonte au 9 septembre 1976, date à laquelle Lipietz a tout de même 29 ans. Et le 11 septembre 1976, la GOP au complet, emmenée par Alain Lipietz, défile dans Paris en hommage au terrible despote. En compagnie de la canaille stalino-maoïste de l’époque, représentée par des groupuscules du nom de PCR(ml), PCMLF, UCFML. Combien de morts le totalitarisme maoïste a-t-il entraîné ? Nul ne le sait. Les chiffres oscillent entre 20 et 70 millions. Je rappelle que l’ensemble de la Seconde Guerre mondiale a tué autour de 65 millions d’humains, y compris 25 millions de militaires. La quasi-totalité des morts du communisme chinois sont des civils.

Loin de moi l’idée d’interdire quoi que ce soit à un ancien défenseur de la tyrannie. Mais encore plus loin de moi l’horrible facilité qui consisterait à oublier. Moi, je n’oublie rien. En bref, monsieur Lipietz a bien le droit de faire de la politique, mais son si sombre passé ne devrait-il pas le conduire à faire attention à de menues notions telles que vérité ou mensonge ? Je le pense. Dans la vidéo de Marine Tondelier, Alain Lipietz déclare exactement ceci : « Oui, j’ai été mineur dans la région d’Hénin-Beaumont. Je sais ce que ça veut dire pour les anciens d’avoir vu fermer une mine [inaudible] tant de souffrances et tant d’efforts. Je sais ce que ça veut dire pour leurs enfants ».

À ce stade, deux possibilités. La franche rigolade. La sincère indignation. Je suis passé de l’une à l’autre. Alain Lipietz est né dans une famille bourgeoise, ce qui n’a rien d’une honte. Mais c’est un fait. Comme il est certain qu’il a intégré l’école Polytechnique, et qu’il est devenu plus tard ingénieur des Ponts et Chaussées, faisant du même coup partie de cette « noblesse d’État » décrite par Pierre Bourdieu. Il n’a donc pas été mineur. Jamais. Nulle part. Dans le cadre de son stage à Polytechnique, Lipietz a passé quelques semaines dans une houillère du Nord. Je ne sais ni ne souhaite savoir ce qu’il aura fait au cours de son séjour. Disons qu’il me paraît vraisemblable que les patrons des Charbonnages n’auront pas envoyé Lipietz au contact vivifiant des veines de houille et des coups de grisou. Disons.

Lipietz ment donc avec un aplomb extraordinaire, qui montre mieux que bien d’autres événements à quel point nous sommes tous rendus. Attention ! Attention ! Attention ! Je sais qu’un montage fait dire à peu près n’importe quoi à n’importe qui. Je vois, sur la vidéo, qu’il y a un avant et un après cette phrase de Lipietz. Celle-ci est donc bel et bien retirée de son contexte. Il n’est pas exclu que Lipietz, hors-champ, explique mieux ce qu’il a fait, ou non. Mais restent trois choses indélébiles. Un, il a bien dit, sans que personne ne le force, qu’il a été mineur. Chacun comprend le français. Quand il prononce ces mots, Lipietz ne peut ignorer que tous les spectateurs de sa saynète croiront le faux. Deux, le montage est, en toute hypothèse, celui d’Europe-Écologie Les Verts. Qui aggrave en l’avalisant cette étonnante invention. Trois, aucun des collègues et amis politiques de Lipietz n’est aussitôt intervenu pour modifier l’intervention du faussaire.

Cela fait deux jours, ce 26 mai 2012, que les sectateurs de la « politique autrement » laissent croire aux habitants d’Hénin-Beaumont et d’ailleurs que le polytechnicien Alain Lipietz est un fils du peuple. Un ancien mineur. On raconte une affreuse salade aux prolos de là-bas tout en jurant vouloir lutter contre la candidate de l’extrême-droite. Y a quelque chose qui cloche là-dedans.

62 réflexions au sujet de « Le ridicule ne tue pas (madame Voynet, monsieur Lipietz) »

  1. Fabrice, je pense que tu fais là un mauvais procès d’intention à ce pauvre Lipietz: bien sûr qu’il a été mineur… comme tout le monde… jusqu’à sa majorité ! (désolé, je n’ai pu m’en empêcher)

  2. C’est vrai que Lipietz mineur, ça fait rire (beaucoup) ! Le « story-telling » est des plus pitoyables… Et Voynet qui s’attaque aux murs à pêche », c’est lamentable et à désespérer de tout.
    Euh… sauf que pour moi, Voynet n’a jamais été une écologiste et c’est à cause de sa venue à la tête des Verts que j’avais quitté le parti…
    Soit dit au passage, je n’ai jamais digéré la manière déloyale dont Politis a joué le jeu de Voynet pour contribuer à son accession au pouvoir, Fabrice, tu en sais quelque chose : c’est ainsi que nous nous sommes connus (par courrier d’ex-lecteur de Politis soutenant le départ de Fabrice de cette rédaction devenue intenable… Fabrice, on finira bien par se voir un jour ;-).

  3. dans la politique institutionalisée, sur un territoire à grande échelle, il n’y a pas d’idées ou de convictions… il n’y a que des sujets de discours de campagnes et des postes à pourvoir… les institutions (politiques, administratives, médiatiques, économiques…) ne peuvent tolérer une quel qu’on que dissidence intellectuelle.

    Ainsi, un parti écolo qui joue le jeu de la république, c’est un parti de gens qui utilisent le sujet de campagne « nature » pour pourvoir des postes et appliquer l’idéologie classique du pouvoir.

  4. Les gens les plus incapables de percevoir le réel, les gensles plus totalement insensibles à la singularité concrète de ce et de ceux qui les entourent que j’ai rencontrés étaient des idéologues dits d’extrême-gauche (ma remarque ne prétend pas être exhaustive je n’ai pas essayé tous les bords).
    Que Lipietz vienne de là et ne semble pas s’en être expliqué en public ou avec lui-même(les maoïstes et le maoïsme sont sans doute ceux qui sont allés le plus loin sur cette voie de la négation, de la suppression physique du réel, de la haine de la vie comme telle)devrait en soi éveiller les plus grandes suspicions : rien ne me semble plus aux antipodes de la mécanique idéologique que l’écologie, qui est – devrait être – amour, attention, yeux ouverts sur la vie sous toutes ses formes. Mouvante et imprévisible.

  5. J’étais « amie Facebook » avec alain lipietz…eh bien il m’a virée comme une malpropre, en disant que son mur n’était pas une poubelle.. parce que mon analyse, tout à fait respectueuse sur l’échec de EELV et le fait que je comprenne que NH n’ai nulle envie de soutenir des gens qui l’ont finalement insulté..ne lui ont pas plu du tout. en fait je respecte le travail de ce monsieur, mais je pense que tout cela est bien ordonnancé et dans le fond ne supporte aucune remise en question…genre « Foll’avoine ». dommage vraiment, car j’aimais bien alain lipietz et j’aurais aimé qu’il supporte le coté parfois border line des raisonnements

  6. J’adore ces apôtres de l’écologie voulant être élus et abusant de pages web, de « suis moi sur twitter » et « rejoins-moi sur facebook ». Comme si on pouvait dénoncer la société de surconsommation en ayant 3 sites internet, 1 adresse électronique, 1 numéros de portable mais aucun moyen physique de se rencontrer hormis ses piètres moyens électroniques qui détruisent la planète lorsqu’ils sont utiliser à outrance (ou utiliser tout court).
    Exemple:
    http://marinetondelier.wordpress.com/contact/

  7. lipietz est un ideologue doctrinaire et taiseux,je lui est cloué le bec a une reunion,il n’a absolument rien a voir avec ECOLOGOS,la connaissnace de tout le Vivant,bien d’accord avec cet article,ce mec est excecrable……………

  8. Fabrice,

    Les précautions étaient inutiles ; l’article le serait il également?
    Ces gens qui bossent dans l’environnement sont souvent pétris de bonnes intentions. Souvent car il a des irrécupérables.
    Et puis, il souffle parfois dans leurs cranes (au grès des échanges hormonaux, par le truchement de stimili et de trais de caractères divers) des vents porteurs d’illusion, de truquerie ou de mensonge. Quand ces vents se muent en tempête fracassante au conséquences significatives alors il est primordial de donner l’alerte (et tu le fais très bien je t’en remercie et te félicite!).

    Pour le reste (quand tout ça reste à l’état d’inoffensives rafales de mauvaise foi intellectuelle) permet moi d’émettre une réserve quant à la pertinence de ce que tu mets en lumière puisque ce que ce ne sont que les imperfections ou la médiocrité (peu dommageables souvent) de l’âme humaine dont on se doutait qu’elles existaient même avant de lire ton article.
    Alors, lorsque ces nauséabondes rafales se manifestent dans ces cranes d’écolos et que leurs impacts sont mineurs, ne vaudrait-il pas mieux les ignorer en attendant de pouvoir relayer une bonne intention/action qui va dans le bon sens?

    Avantages: plus propices au débat de fond, mis en avant des bonnes pratiques, témoignages du (bien que trop lent) changement de paradigme en cours, augmentation de taux de « pénétration des consciences », diffusion d’une brume d’optimisme, incitation inconsciente au mimétisme d’action et de prise de position…

    (message envoyé d’un type qui revient de la conf de Bonn sur le changement climatique lors de laquelle il a souvent pensé à planète sans visa, lors de laquelle il a assisté à des raz de marée internationaux de mauvaise foi, croisé des égos qui semblaient motivés par des sujets bien plus classiques que celui du CC et lors de laquelle il faut malgré tout se cramponner au mat de l’action contre le changement climatique et faire « avec » sans fulminer « contre ». Car « sans » n’existe pas car il y a urgence a faire « avec » et que « contre » et engendre pessimisme et inaction.

  9. Une autre phrase me frappe dans cette video :
    un truc du genre « avec notre candidate, on peut relancer l’économie, réindustrialiser… »
    Non seulement, je crois être d’accord avec Fabrice en disant que ce n’est sûrement pas la voie la plus souhaitable, mais en plus, il s’agit sûrement aussi de salades…

  10. Je connais M. Lipietz.
    Je ne vous connaissais pas.
    Nul envie de vous connaître mieux.
    Quel « style », votre blog !
    Vous n’avez donc rien à faire ?

  11. « industrie » et « écologie »… monsieur lipietz doit se mouiller les cheveux avec un sechoir…

  12. Monsieur Joke,

    Je n’ai pas même l’envie de vous chercher sur l’usage du pseudonyme, cette plaie d’internet. Quant au reste, je crois sincèrement que votre exposé lapidaire est une sorte de point zéro. Vous n’envisagez pas même de vous interroger sur le fait que votre héros positif a honteusement truqué un message destiné aux électeurs, officiellement glorifiés par tous les partis. Non, vous préférez vous en prendre au messager, sans autre argument que celui-là : je suis le porteur d’une nouvelle qui ne doit pas exister dans votre univers.

    Qu’y puis-je ? Strictement rien.

    Fabrice Nicolino

  13. Ok, mais c’est Hénin-Beaumont. Au point où ils en sont là bas, si un politicard les prend pas les pour des cons ils croient qu’il est malade !

  14. Bonsoir,

    Les vieux radotent.

    A la caisse d’un supermarché, une vieille dame choisit un sac en plastique pour ranger ses achats. La caissière lui reproche de ne pas se mettre à l’écologie et lui dit:
    – Votre génération ne comprend tout simplement pas le mouvement écologique. Seuls les jeunes vont payer pour la vieille génération qui a gaspillé toutes les ressources !

    La vieille femme s’excuse auprès de la caissière et explique :
    – Je suis désolée, il n’y avait pas de mouvement écologiste de mon temps.

    Alors qu’elle quitte la caisse, la mine déconfite, la caissière ajoute :
    – Ce sont des gens comme vous qui ont ruiné toutes les ressources à nos dépens. C’est vrai, vous ne considériez absolument pas la protection de l’environnement dans votre temps !

    Alors, un peu énervée, la vieille dame fait observer qu’à l’époque on retournait les bouteilles de verre consignées au magasin. Le magasin les renvoyait à l’usine pour être lavées, stérilisées et remplies à nouveau : Les bouteilles étaient recyclées, mais on ne connaissait pas le mouvement écologique.

    Elle ajoute :
    – De mon temps, on montait l’escalier à pied: on n’avait pas d’escaliers roulants et peu d’ascenseurs. On ne prenait pas sa voiture à chaque fois qu’il fallait se déplacer de deux rues : On marchait jusqu’à l’épicerie du coin.
    Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste.

    On ne connaissait pas les couches jetables : On lavait les couches des bébés. On faisait sécher les vêtements dehors sur une corde à linge, pas dans un machine de 3 000 watts. On utilisait l’énergie éolienne et solaire pour sécher les vêtements. On ravaudait systématiquement les vêtements qui passaient d’un frère ou d’une sœur à l’autre.

    Mais, vous avez raison, on ne connaissait pas le mouvement écologiste.
    On n’avait qu’une TV (quand on en avait…) ou une radio dans la maison ; pas une dans chaque chambre. Et la télévision avait un petit écran de la taille d’une boîte de pizza, pas un écran de la taille de l’État du Texas. On avait un réveil qu’on remontait le soir. Dans la cuisine, on s’activait pour préparer les repas ; on ne disposait pas de tous ces gadgets électriques spécialisés pour tout préparer sans efforts et qui bouffent des watts autant qu’EDF en produit.

    Quand on emballait des éléments fragiles à envoyer par la poste, on utilisait comme rembourrage du papier journal ou de la ouate, dans des boîtes ayant déjà servi, pas des bulles en mousse de polystyrène ou en plastique.

    On n’avait pas de tondeuses à essence autopropulsées ou autoportées : On utilisait l’huile de coude pour tondre le gazon. On travaillait physiquement; on n’avait pas besoin d’aller dans un club de gym pour courir sur des tapis roulants qui fonctionnent à l’électricité.>

    Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste.
    On buvait de l’eau à la fontaine quand on avait soif. On n’utilisait pas de tasses ou de bouteilles en plastique à jeter. On remplissait les stylos dans une bouteille d’encre au lieu d’acheter un nouveau stylo. On remplaçait les lames de rasoir au lieu de jeter le rasoir entier après quelques utilisations.

    Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste.
    Les gens prenaient le bus, le métro, le train et les enfants se rendaient à l’école à vélo ou à pied au lieu d’utiliser la voiture familiale et maman comme un service de taxi 24 heures sur 24.

    Les enfants gardaient le même cartable durant plusieurs années, les cahiers continuaient d’une année sur l’autre, les crayons de couleurs, gommes, taille- crayon et autres accessoires duraient tant qu’ils pouvaient, pas un cartable tous les ans et des cahiers jetés fin juin, de nouveaux crayons et gommes avec un nouveau slogan à chaque rentrée.

    Mais, c’est vrai, on ne connaissait pas le mouvement écologiste. On n’avait qu’une prise de courant par pièce, et pas de bande multiprises pour alimenter toute la panoplie des accessoires électriques indispensables aux jeunes d’aujourd’hui.

    🙂

  15. Mr Joke, bonsoir,

    “Je connais M. Lipietz.
    Je ne vous connaissais pas.
    Nul envie de vous connaître mieux.
    Quel “style”, votre blog !
    Vous n’avez donc rien à faire?”

    Faites moi plaisir, lisez ses livres. Si vous n’y voyez pas tout le boulot de recherche, vous ne sentez pas l’odeur de ses dessous de bras a cause des heures de travail, n’entendez pas ses signaux d’alarmes, a juste titre, et que vous appellez cela ne rien faire … prenez rendez vous chez un bon occuliste et un bon ORL.

    Moi non plus, ne connaissais pas Fabrice, et n’ai jamais tant appris que par lui, d’autres blogs amis, ainsi que des commentateurs (trices) Grands Mercis a eux.

    La vérité, les vérités dérangent. Mr Joke, attachez bien votre ceinture, certaines a venir vont secouer très fort.

    PS. « Mes » limaces bavent. Elles bavent jolies. Mr Joke, vous vous bavez moche … sans avoir rien lu de lui. Ce n’est pas bien!

    Bien a vous,

  16. LBL,
    Belle leçon de morale aux vieux qui radotent !
    A notre époque, on n’avait pas de supermarché qui « ruinent les ressources à nos dépens », qui créent un emploi précaire pour en détruire cinq permanents, qui favorisent l’agro-business chimique, qui pressurent les producteurs, qui privilégient le tout-voiture, qui poussent à la sur-consommation…
    Elle aurait pu dire tout ça aussi, la vieille dame et bien d’autres choses encore. Mais c’est vrai, on ne connaissait pas l’écologie de supermarché.
    Frédéric

  17. @ M. Nicolino
    Les pseudonymes, « la plaie d’Internet » ?
    Vous me permettrez de dire ceci :
    1. Sur Internet, le message signé d’un pseudonyme n’est pas un message anonyme. Si les propos sont délictueux, il est facile d’en faire poursuivre l’auteur. Et le « propriétaire » du blog, par exemple, connaît l’email de l’intervenant.
    2. Il me semble qu’il existe une différence entre l’homme (ou la femme) public qui signe un article dans un organe de presse, comme vous, ou qui se présente aux élections, comme M. Lipietz, et les citoyens « ordinaires ». Les premiers ne peuvent pas rester anonymes, bien sûr. Quant aux seconds beaucoup de gens souffrent aujourd’hui pour avoir déposé leur nom en bas d’une pétition, sur un compte FACEBOOK, ou au bas d’un commentaire d’un blog.

    @ LBL
    Certes la forme n’est pas plus importante que le fond. Toutefois j’ai ce défaut d’accorder de l’importance à « l’emballage ». Imaginez le menu de Paul Bocuse servi chez Quick dans la vaisselle de table Quick !
    M. Nicolino écrit (peut-être) des choses pertinentes sur l’écologie mais ce que je viens de lire sur ce blog ne me donne nulle envie de découvrir sa pensée plus avant.

    Très cordialement à M. Nicolino et à M. ou Mme. LBL.

  18. M.Joke,

    J’en resterai là, quoi que vous écriviez. Je n’ai simplement pas assez de temps. Laissons tomber cette question de pseudonyme, à laquelle vous répondez d’une manière stupéfiante à mes yeux. Disons, pour demeurer courtois, que nous ne sommes pas d’accord.

    Non, l’essentiel est ailleurs : pas un mot sur le si grossier mensonge proféré par M.Lipietz, qui est tout de même le point de départ de tout. Que faut-il en penser ? Que vous approuvez ?

    Fabrice Nicolino

  19. A Joke

    Je ne vais pas vous répondre si ce n’est sur ce détail, le seul qui en vaille la peine selon moi :

    quand on signe une pétition, on l’assume. Point. Et si on a peur d’être repéré, eh ben on ne signe pas (et on ne va pas sur Facebook par-dessus le marché). Faut savoir ce qu’on veut, exister ou faire semblant, être ou ne pas être. Agir (une pétition, tu parles!), ou se planquer. Prendre la parole, ou faire parler un masque à sa place. Participer au débat en tant qu’être parlant responsable et identifiable, ou se taire.
    On en est à un point de désertion du réel et de trouillométrie invraisemblable.

  20.  » beaucoup de gens souffrent aujourd’hui pour avoir déposé leur nom en bas d’une pétition, sur un compte FACEBOOK, ou au bas d’un commentaire d’un blog. »

    Joke, vous vivez en Coree du Nord ?

    Il y a surement aussi des gens qui souffrent parcequ’ils ont dit des choses qui leur ont ete reprochees !

    Il faudrait arreter de s’exprimer a visage decouvert ?

  21. A Valérie Quilis
    « Exister ou faire semblant, prendre la parole, ou faire parler un masque à sa place. Participer au débat en tant qu’être parlant responsable et identifiable, ou se taire. On en est à un point de désertion du réel et de trouillométrie invraisemblable. »
    Bien d’accord avec ces propos. Depuis des années, je constate ça : la fuite dès il s’agit d’avoir une parole publique, de poser son nom et son prénom dans un texte public qui dénonce, qui lance l’alerte. Au début, j’ai pensé : ici, c’est la campagne, le regard de l’autre a son importance…
    J’ai bien peur que ce soit plus grave. Soumission à l’autorité ? Crainte d’être catalogué de marginal, d’extrémiste ? Difficulté à aller jusqu’au bout de ses actes, de ses idées, de soi, en signant, à visage découvert ? Commodité du masque, dans ce monde qui n’est rien d’autre qu’une vaste comédie, où chacun joue un rôle qui lui est assigné, où c’est un vrai séisme, quand on cesse ce jeu là, quand on ose être vraiment, un vrai séisme et en même temps, y a-t-il quelque chose de plus essentiel ?
    Frédéric

  22. Bonsoir,

    Mr Joke,

    « 1. Sur Internet, le message signé d’un pseudonyme n’est pas un message anonyme. Si les propos sont délictueux, il est facile d’en faire poursuivre l’auteur. Et le “propriétaire” du blog, par exemple, connaît l’email de l’intervenant. »

    Pas convaincue. Un pseudo est un pseudo. N’importe qui peut se cacher derrière un pseudo. Un homme peut se faire passer pour une femme et vice versa. L’adresse email … Une épouse peut utiliser l’adresse de son époux. Un ami celle d’un autre ami. Même si le « proprio » du blog voit l’adresse, il n’est pas bien plus avancé. A moins de coucher avec un agent de chez Orange, il n’en saura pas plus sur celui qui poste … Et ceux qui trollent, c’est quoi comme zigotos? S’emmerdent ils a ce point dans leurs vies pour vouloir s’inventer plusieurs personnages? Pardon, c’est méchant ce que je dit, mais qu’est ce qui poussent certaines personnes a prendre plusieurs identités? Eux seuls savent!

    Moi, je n’ai pas le temps de jouer a trolette, préfère faire la drolette! 🙂

    « Certes la forme n’est pas plus importante que le fond. Toutefois j’ai ce défaut d’accorder de l’importance à “l’emballage”. Imaginez le menu de Paul Bocuse servi chez Quick dans la vaisselle de table Quick ! » L’emballage? Ben, avec cela, vous n’êtes pas sorti de l’auberge!

    Mme LBL? :))) Mme La Bleue Limace. Mon Dieu que cela fait coincé. 🙂 Melle LBL convient mieux! Non, je rigole! C’est pire encore …! Léa, tout court, si vous voulez bien. Merci. Mais attention, c’est un pseudo. Mon vrai prénom, il faut le demander au « patron » du blog. 🙂

    Mme Valérie,

    « Agir ou se planquer ».

    Les deux ne sont pas incompatibles. On peut agir sans pour autant donner toutes ses données privées. Qu’appellez vous personne identifiable? Je lis vos commentaires, toujours avec grand plaisir, votre Nom, mais n’en sait pas plus, mis a part la perception que vous donner en vous exprimant. Qui est Valérie? Hors le net?

    Je vais vous faire une confidence. Lorsque j’ai tout quitté, pour vivre en phase avec mes valeurs, j’ai fait le choix de ne plus ébruiter ma nouvelle adresse. Pourquoi? C’est simple. Pour ne plus avoir a cotoyer (sur quel o est le petit chapeau) les sangsues outrageusement matérialistes. Vous même, Valérie, le disiez sur un autre sujet, les affinitées ne sont plus du même ordre. Je n’ai pas envie que l’on vienne « chez moi », me faire chier avec des futilités, ou des machins terre a terre. Mon essentiel n’est plus le leur! C’est ainsi et pas autrement! Et tout les matins, quand je descend de mon modeste perchoir, ce n’est que pour écouter, sentir, toucher, serrer, ceux qui me font vibrer le coeur. Les autres, ma foi, je les laisse a leurs certitudes.

    Pas question de trouille, lorsque une amie, un ami, demande a me voir réèllement, lorsque je leur répond en riant: OK, mais je te cherche à la gare et te bande les yeux! Et l’on ne sort pas du périmètre! 🙂 C’est grand, y’a de quoi voir … et de ne pas s’ennuyer. Mais ce n’est que pour mieux les protéger! S’ils n’ont pas compris le topo, tant pis!

    PS. Il se pourrait bien, que dans les temps futurs, certains se verront « classés » comme « terroristes ». Ne vaudra t’il pas mieux, ne pas savoir ou réside un tel?

    Pardon? Je regarde trop la télé? Vous croyez? C’est bizarre, pourtant je n’ai pas de rectangle nocif!

    J’arrète là, Fabrice va sévir …

    Amitiés a tous et toutes,

  23. Mr Frédérique,

    Se contenter d’un rien ou être mécontent avec tout?

    Vous les trouver plus heureux ceux qui semblent tout avoir?

    Je trouve que les contents avec rien, ont plus de lumière dans les yeux!

    Bien a vous,

  24. Même constat que Frédéric.

    Léa, je respecte votre position, mais j’avoue ne pas comprendre vraiment (vous n’êtes pas la première à essayer de m’expliquer). Pas de l’intérieur, je veux dire. Mon incapacité à dissimuler, à mentir, est presque pathologique. Presque suicidaire parfois. Or un pseudo est le début du mensonge, et le mensonge est pour moi le début de la fin de tout.
    J’avoue ne pas être inquiète qu’on vienne « me faire chier » là où je suis : ceux qui poussent jusqu’ici, c’est qu’ils ont envie de me voir, et s’ils ont envie de me voir, j’ai envie de les voir.

    « Qui est Valérie hors le net ? »
    La même, en trois dimensions. Évidemment, nous sommes tous un mystère, et à ce titre j’en suis un moi aussi – j’espère. Mais pour ce qui est des informations, on peut apprendre à peu près tout de mon parcours en tapant mon nom dans Google. J’ai essayé bien sûr. C’est effrayant. Mais je ne vais pas pour autant prendre un pseudo. J’ai horreur des complications inutiles et je n’ai rien à cacher.
    Quant à ma part de mystère, je ne suis pas inquiète pour elle.

    Bien à vous.

  25. GROS MENSONGE, d’Alain Lipietz…
    J’ai lu plusieurs fois votre texte et je n’ai pas su trouver de quel « gros mensonge » vous parlez.
    Bien sûr, si M. Lipietz, qui se prétend écologiste, cachait qu’il possède des parts dans une société d’extraction de l’uranium au Niger…
    Bien sûr, si M. Lipietz cachait qu’il est membre du conseil scientifique de Monsanto, ou de celui de Bayer…
    Certes, si, comme stage ouvrier pendant sa formation d’ingénieur, il avait arraché les patates dans l’Aisne ou accroché des wagons sur une gare de triage, il ne pourrait pas dire qu’il a été mineur de fond ! Mais cela signifie-t-il qu’il ment ? Avez-vous des preuves ?
    Quant à son appartenance à un groupuscule stalino-machin, je vous suggère, humblement, d’entreprendre un grand ouvrage sur le passé de chacun d’entre nous. Commencez pas François Hollande, puisqu’il est « d’actualité ». Et n’oubliez surtout pas Fabrice Nicolino, ou ses « amis » Allègre, Courtillot, Ferry, Gerondeau, de Kervasdoué, Zemmour ou Ménard.

    Très cordialement

  26. Mister Joke,

    Je me dédis donc, honte à moi ! J’avais dit que je vous laisserais en paix, et voilà que je n’en fais rien. Pour quelle raison ? Parce que je sens physiquement que nous ne partageons pas les mêmes valeurs. Je vois à quel point la « common decency », si chère au coeur de George (Orwell) vous est étrangère. Je vois que nous ne vivons pas dans le même univers moral. Et, savez-vous ? J’en suis profondément heureux.

    Fabrice Nicolino

  27. Encore moi, j’étais pressée tout à l’heure, je n’ai pas assez dit combien j’étais en phase avec Frédéric quand il écrit :

    « Soumission à l’autorité ? Crainte d’être catalogué de marginal, d’extrémiste ? Difficulté à aller jusqu’au bout de ses actes, de ses idées, de soi, en signant, à visage découvert ? Commodité du masque, dans ce monde qui n’est rien d’autre qu’une vaste comédie, où chacun joue un rôle qui lui est assigné, où c’est un vrai séisme, quand on cesse ce jeu là, quand on ose être vraiment, un vrai séisme et en même temps, y a-t-il quelque chose de plus essentiel ? »

    Je pense que résister, dans le monde où nous vivons, passe par la restauration du réel. C’est-à-dire l’ici et le maintenant, et le soi (car elle est là, la grande Catastrophe, c’est la destruction, dans et autour de nous, du réel).
    C’est ce que vous faites, Léa, je le sais, mais pour moi, aller jusqu’au bout de cette logique, être pleinement, vivre, c’est d’abord et avant tout habiter sa propre identité, y compris et SURTOUT dans les espaces dits virtuels du Net, si on consent à les fréquenter. Il n’y a rien de plus essentiel, en effet.
    Il me semble évident qu’Internet a spectaculairement accéléré cette désertion, cette peur du réel, cette déréalisation qui est un des traits les plus inquiétants de notre société, et que, par conséquent, il est très, très important, si on y circule, d’y circuler à visage découvert. Nous avons besoin de visages! De noms propres. De personnes véritables, avec toute leur épaisseur humaine, très humaine. Sinon, eh bien sinon c’est Geneviève Fioraso qui a raison. Nous pourrions nous faire remplacer par des puces électroniques, des nanoclones ou je ne sais quelles entités biosynthétisées directement branchées sur le cyberspace.
    Non, Léa, vous ne regardez pas trop la télé, j’ai dit moi-même ici tout récemment que je voyais de plus en plus clairement arriver le moment où il faudra entrer plus activement – réellement – en résistance (« Fahrenheit 451 », que j’ai lu très jeune et relu depuis, ne cesse de me hanter). Mais est-ce résister, ou faire le jeu de ceux qui cherchent à nous contrôler et à nous tenir loin du réel, que d’accepter de circuler sans identité réelle dans ces non-lieux que sont les espaces virtuels ?
    Si nous continuons d’utiliser Internet ainsi, nous risquons – et il est déjà là – ce que Paul Virilio appelle « un accident du temps qui rejaillira sur tout notre être » (« Cybermonde, la politique du pire » – petit livre d’entretiens que je recommande).
    Résister, dit-il encore (et je ne l’ai pas attendu pour le sentir), c’est reprendre langue, reprendre l’autre, reprendre monde, c’est se (re)parler. Peut-on parler vraiment si on ignore qui est vraiment l’autre ? Je ne crois pas.
    Cordialement
    Valérie

  28. Nous ne vivons pas dans le même univers moral. En, j’en suis profondément heureux aussi.
    Et bien, tout est parfait, n’est-ce pas ?
    Bien à vous.

  29. A LBL,
    Je ne suis pas sûr de saisir le lien de votre message (« Se contenter d’un rien ou être mécontent avec tout… ») avec mon commentaire sur les vieux qui radotent. Mon propos était de dénoncer cette morale de pacotille, de supermarché, qui rejoint la supercherie des petits gestes sans remettre en cause les grands maux, le massacre écologique et humain. Une forme de prolongement que m’a inspiré votre récit, sans jugement aucun.
    Pour ce qui est du bonheur, je pense en effet qu’on peut être « mécontent avec tout », que la publicité, l’obsolescence programmée entretiennent une frustration permanente. Les « contents avec rien » ont une lumière qui vient d’eux vraiment ; rien ou presque rien, l’essentiel en somme (de quoi se nourrir sainement, boire et respirer, de quoi s’abriter, vivre de liens qui nourrissent…). Cet essentiel qui est de moins en moins satisfait alors que le superflu, l’inutile nous submergent et détruisent ce qui reste d’habitable ici bas. La pauvreté de ceux qui étaient autonomes dans les sociétés vernaculaires a été remplacée par la misère et la faim. Constat accablant pour ce monde dont les supermarchés sont un rouage important.
    Frédéric

  30. je ne connais pas monsieur lipietz, peu.mais j’ai l’intuition qu’il est écolo de circonstance ou que nous n’avons pas le meme définition de ce mot (valise).

    sur son profil facebook jamais un mot sur la biodiversité, la nature: ce qui est toujours mis en avant c’est le seul versant social.
    c’est juste une intuition, et de toute manière il n’est pas le seul

  31. le problème valérie c’est que parler devient de plus en plus impossible avec la majorité du tout venant, et parfois meme avec des proches qui ne partagent pas nos inquiétudes et nos constats; qui n’est parfois meme pas consciente de tout ce qui se trame! voilà pourquoi parfois le virtuel intervient car il permet d’échanger avec des gens qui se comprennent sur ces sujets-là.

  32. Marie, je crois que tu as lu un peu vite. Je n’ai pas dit que j’étais contre le fait d’utiliser le circuit virtuel pour discuter : la preuve!! Et en effet on peut y trouver des gens avec qui on est en profonde convergence, puisqu’on les « choisit », enfin jusqu’à un certain point : on décide qu’on aime bien ce blog, son auteur, sa thématique, ses commentateurs.
    Non, le débat n’est pas là. Il s’agit de savoir si on peut considérer qu’on se parle vraiment quand on ne sait pas qui parle et à qui. Je n’ai pas tranché, mais j’ai dit que pour moi cette question de l’engagement derrière la parole est très importante aujourd’hui, a fortiori dans l’espace virtuel – mais là je vais répéter ce que j’ai écrit tout à l’heure.
    Amitiés
    Valérie

  33. A Joke:
    La marque EEVL est un leurre et un mensonge.
    J’habite une zone hautement polluée et à chaque élection maintenant, on a droit à la descente d’une gros élu vert pour mettre en lumière blablabla. Surtout pour montrer qu’il s’occupe du problème… le temps d’être élu sans doute car… Il vient, fais son discours bien rodé entouré des journalistes locaux, vous serre la main, demande votre nom, prend pitié de votre pb, puis s’en va.. et renvoie un pote à lui à la prochaine élection. Le tout, avec le soutien des verts locaux qu’on ne voit pas plus sinon à lécher les fesses du PS à la moindre catastrophe écologique local parce que « faut savoir être dans le compromis ».
    Regardons donc ces verts/EELV qui ont bradé le nucléaire et notre dames des landes pour quelques places bien payés. Regardons donc cette Cécile Duflot retourner sa veste sur le Grand Paris.
    Regardons les et maudissons ces êtres corrompus!

  34. A Valérie Quilis,
    Cette « désertion du réel accélérée par le net, cette déréalisation comme l’un des traits inquiétants de notre société, ce besoin de visages, de noms propres, cet humain remplacé par des nano-clones, ce besoin d’être en résistance plus activement, plus réellement », autant de sujets qui font trembler, en effet.
    La vie étouffe sous le poids des machines, la technique a bien pour vocation de se passer de l’humain, en faisant faire par des machines ce que l’intelligence des mains ou d’un cerveau accomplissaient avant, ce qu’une voix humaine portait de lumières, d’attentions, avant que des voix d’ordinateur ne la remplacent, ce qu’une présence offrait à un guichet, à une caisse… Mais pas seulement. Le monde technique est en train de se passer de l’humain purement et simplement, physiquement, définitivement. En l’éloignant de lui-même et du réel, avant de l’effacer totalement du paysage.
    Mettre son grain d’humanité dans les rouages de la machine, semer son grain d’humanité pour que ça germe entre les uns et les autres, que ça essaime… Polliniser l’âme humaine, revenir à ce lien avec la vie dans son jaillissement, lorsque la graine devient la feuille, la fleur, le fruit, revenir à la lenteur, à notre place d’humain, un genou posé sur la terre et dans les yeux, de l’émerveillement et de l’humilité. Humain, humus, humilité, racines à cultiver ô combien…
    Merci pour cette référence de livre, je vais y regarder de plus près.
    Frédéric

  35. Frédéric

    Pas le temps ce matin, je vais à la grande ville, mais un mot pour vous dire mon profond accord. Polliniser l’âme humaine, c’est exactement l’image qu’il faut. Une image juste est toujours belle.
    Bien à vous
    Valérie
    PS Il y a dans ce livre quelques propos de Virilio sur le couple qui m’ont quelque peu consternée, mais pour le reste c’est très éclairant et souvent très beau – justesse des images, là encore, et force du propos.

  36. Valérie,
    Moi aussi j’ai lu Fahrenheit 451 et ça m’a profondément marqué.

    Je comprends et respecte votre point de vue concernant l’anonymat sur internet.

    Cela-dit j’emmétrai quelques remarques :

    -Vous pouvez certainement révéler votre identité car vous vous êtes déjà pas mal extraite de la mégamachine (et je vous en félicite), en changeant de vie, en passant, il me souvient, d’une activité pédagogique à une activité en relation avec la Terre, peut-être à votre compte , une association, ou alors, en travaillant avec des gens qui sont proches votre mode de vie ou qui vont peu, voire pas pas sur Internet.

    Quand l’on dépend d’un patron-ne, d’un-e RH qui « googlise » sans cesse les employés, d’un-e manager qui utilisera tout ce qui est possible pour mener à bien le triptyque managérial : « Gérer, instrumentaliser, détruire », ou qu’on est confronté à des élèves qui utiliseront aussi ce qu’ils trouveront pour déstabiliser l’enseignant, je pense que l’on peut comprendre que l’on veuille rester anonyme.

    -D’habitude l’argument de l’indifférence à la traçabilité (*) est soutenu par ceux qui sont pour la vie virtuelle, l’augmentation des moyens de récupération d’informations sur les gens à leur insu.
    Il résument cela par l’argument-massue : « si l’on a rien à se reprocher, on n’a pas à s’opposer à ces techniques ».
    Ce à quoi on peut rétorquer :
    Qui décide et surtout décidera ce que j’ai à me reprocher ?
    – un esprit comme le vôtre aura sûrement lu Matin brun de Franck Pavloff :

    http://www.archive.org/download/FranckPavloff_MatinBrun/MATIN_BRUN.pdf

    Car les données recueillies par les machines ne disparaissent pas, la Cnil (c’est Cnul ! comme dirait Célia Izoard) feint de se battre pour le droit à l’effacement, de mort des données recueillies en avalisant les projets les plus liberticides (biométrie etc.)

    (*) puisque c’est de cela dont il s’agit : en tapant un nom sur la machine, une identité numérique, un ensemble de mots, d’images, de photos, un lieu, un itinéraire de votre cheminement sur le net apparaitra.

  37. Valérie
    Mince j’ai oublié un point. 🙂

    Je vois dans votre démarche une intégrité, ce qui est tout à votre honneur.

    Cependant, la machine capitaliste techno-industrielle aveugle a besoin de plus en plus d’être nourrie avec de l’information réelle -réduite mais- humaine, des individus (qui sont une abstraction).

    Le mouchardage par RFID, le recoupement de fichiers, devient le standard du Web 2.0 s’appuyant sur les réseaux sociaux, la blogosphère et la géolocalisation forcenée (norme d’HTML 5)

    On peut voir donc aussi le fait de ne pas renseigner son identité comme ne pas vouloir alimenter tout cela.

  38. Lionel

    J’entends bien vos arguments. Je reconnais que ma position est un peu entière, et qu’elle est peut-être une forme de facilité. Ceci dit, quand j’étais prof je faisais exactement la même chose qu’aujourd’hui (les blogs n’existaient pas, ou je ne les pratiquais pas, mais pour tout le reste les traces sont là, et l’idée de m’anonymer ne m’a jamais traversée je crois).
    Ce qui m’aide peut-être, aussi – mais ce n’est sans doute pas non plus une bonne raison – c’est un manque de connaissances certain, et d’imagination aussi (j’en ai pour d’autres choses, mais pas pour ça), quant à qui pourrait faire quoi, et comment, de données concernant ma modeste personne. La technique m’intéresse tellement peu que je n’arrive pas à me pencher vraiment sur la question. J’ai tort, sur ce point, je sais. Heureusement, les autres blogueurs sont là, avec leurs compétences complémentaires. J’aime beaucoup ce côté université populaire.

    Ceci dit, les pseudos protègent-ils vraiment ? Honnêtement, je ne sais pas. Aussi je m’en tiens à ma position, qui me correspond, vous l’avez bien senti, et qui consiste à avancer sans masque, dans l’espoir peut-être illusoire de « mettre mon grain d’humanité dans la machine », comme l’a admirablement dit Frédéric.
    Et si un jour je me rends compte que ma position est intenable, j’arrêterai de me servir d’Internet. Je crois que je suis incapable de me tenir entre les deux.

  39. Bonsoir,

    « Or un pseudo est le début du mensonge »

    Oula! Valérie, vous y allez fort! 🙂

    Vous n’en saurez pas plus sur votre interlocuteur s’il met son vrai nom. A moins que cela soit quelqu’un de « célèbre », et qu’en tapant le nom vous le retrouviez sur le net.

    Peu importe le pseudo, ce sont les messages véhiculés qui sont importants. Mme pseudoMachin, Mr pseudoChose disent certainement plus de vérités que tout les clowns de salons qui nous gouvernent, et dont nous connaissons tous le nom. Le NOM. ^^ Le pseudo est très laid quand il s’agit d’insulter, de rabaisser, de salir, de manipuler et de se faire passer pour qui l’on est pas. La, est le masque!

    Quant a la résistance, chacun a sa manière de l’appliquer. Vrai nom ou pseudo, peu importe, les actes sont plus cruciaux. Que vous ayez mis votre vrai nom, ou même une photo, je zappe. Préfère allez au voir au fond, bien au fond, et le fond se trouve souvent dans les histoires écrites. Les vraies, pas du roman! Tout comme vous, ne suis pas menteuse, et suis la même dans la vie. Je tente de faire au mieux avec ce qui m’est offert par le ciel.

    Puré! Valérie … une grosse mouche s’est posé sur l’écran. Enorme, elle est! Je fais quoi? 🙂

    On reprend! Je ne sais pas de quoi sera vraiment fait demain, mais les pistes données, nous font voir un peu plus clair. Ce clair est plutôt sombre. La discrètion pourrait être une arme. Ruse et discrètion. Valérie, rappellez vous bien de cette phrase: « Ceux qui ne seront pas avec nous, serons contre nous ». Ce n’est pas de moi. Mais de Bush. Et là, pour une fois, je ne pense pas qu’il contait des salades! « Ils » ont le pouvoir, avec les lois, avec l’argent, avec des moyens salaces, de faire plier le plus récalcitrant des « résistants ».

    Il y a quelques années, une connaissance se vantait que sa fille qui travaillait aux RG était grassement payée pour pister toutes personnes faisant du tort a la bonne marche du système. Valérie, si cela se gâte, mieux vaut ne pas donner toutes les coordonnées. Ce n’est que mon avis, mais le net a supplanté le petit écran, et est bien pire que ce dernier. C’est cela qui perdra les hommes. Comme partout, il y a du bon et du mauvais. C’est un merveilleux outil, pour les rapprochements, mais surtout pour les divisions. Celles a venir … « Ils » se servent de cette toile pour mieux nous cerner, et avancer leur pions.

    Chère Valérie, je ne permet pas de jugement, ni de ton moralisateur, ce n’est qu’une opinion.

    Ne pas donner son vr

  40. C’est parti …

    Suite,

    Chère Valérie, je ne permet pas de jugement, ni de ton moralisateur, ce n’est qu’une simple opinion.

    Ne pas donner son vrai nom n’a rien a voir avec le trouillomètre. Lucidité? Intuition? Sais pas. Ce n’est que mon ressenti, vu ce qui se passe. Nom et adresse sur le net. Danger! Les « résistants » pas discrets ne feront pas de « résistance » longtemps. A quoi cela servira t’il, de ne plus avoir la possibilité d’agir, alors? Oui ou non? Franchement?

    Et puis, Valérie qu’allons nous faire sans vous, si vous vous faites « coffrer » dès les premiers sursauts sérieux?

    Avez vous au moins une bonne planque? Un truc dans un vallon, comme Fabrice? Pas d’adresse ostentatoire?

    « Soyez doux comme les colombes et rusés comme les serpents ». C’est écrit dans les paroles Saintes.

    Bref! Chacun fait comme il le désire, en son âme et conscience. Et avec bonnes volontés.

    Encore une petite anecdote. Lorsque j’ai tout quitté, pour vivre simplement, certaines mauvaises langues racontaient que j’étais allée rejoindre une secte. Si je mettait mon vrai nom sur les différents blogs, au hasard d’un croisement, le monde est si petit avec le net, repèrage de son ancienne connaissance, ils se feraient un plaisir de me descendre une nouvelle fois. Cela les emmerdent quand on ne vit pas comme eux, et seraient les premiers a me dénoncer si cela se gâte. Pas le temps de « résister » et d’oeuvrer a un meilleur.

    Valérie, si mon commentaire vous laisse sans réponse, désolée, c’est que je me suis mal exprimée. Bien a vous.

    En cas de besoin vital, la planque de La Bleue Limace vous est ouverte. Je vous attendrais sur le quai.

    :)))

  41. Bonsoir Mr Wolff

    Désolée, c’est moi qui n’ai pas capté juste. Marche a coté de mes pompes.
    Ne comprend pas toujours les finesses écrites. 🙂

    Le texte se trouve sur le blog de Marc Lafontan. Au bout de la route.

    Cordialement,

  42. Valérie,

    « Ceci dit, les pseudos protègent-ils vraiment ? »

    Non, ils ne protègent pas vraiment, vous avez raison.

    La meilleure chose qui protège la liberté des individus est de ne pas avoir de téléphone portable, et là encore je ne peux que vous féliciter puisque vous n’en avez pas.
    Et c’est rare, je peux vous l’assurer.

    Le téléphone portable car il est la clé du web des objets de la planète « intelligente » (au sens de moucharde) d’IBM.
    Clé du mesh-networking ou réseau auto-reconfigurant, le portable est le nœud qui va récupérer l’information mouchardée sur les gens avoisinants tel ou tel objet et la transmettre, de téléphone portable proche en téléphone portable proche jusqu’à une borne wifi qui la transmettra à des applications type Big Brother telles Hypervisor (1) de Thalès.
    Celle-ci la stockera alors dans les profils concerné pour la statistique Commerciale ou d’Etat qui en retour façonnera nos vies.

    (1) – Dans la mire d’hypervisor, de Frédéric Gaillard http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=234

  43. J’entends bien tous les arguments qui plaident en faveur d’une discrétion sur le web pour se protéger. Etre un résistant discret pour résister longtemps, déjouer la toute puissance des machines qui nous épient et nous repèrent en usant de pseudos…
    Je ne suis pas un va-t-en guerre, n’ai pas un courage à toute épreuve, j’ai mes propres peurs, mes limites, je n’ai pas l’âme d’un militant…
    Ceci étant, la vie ne s’arrête pas aux frontières d’internet. Quand on pétitionne, quand on postillonne dans une manif, quand on écrit un billet d’humeur dans la presse locale, quand on rencontre un élu pour l’interpeller sur une question grave à nos yeux (et dérisoire aux siens), quand on prend une parole publique qui dérange… on s’expose. A moins de mettre un masque, une perruque et un faux nez, on est déjà catalogué, fiché aux RG… Que faire alors ?
    L’acte de signer sous son propre nom n’est pas nécessairement affaire d’héroïsme ou d’inconscience, me semble-t-il. J’ai l’impression que vivre, résister, c’est prendre un risque, c’est être soi dans ce qu’on fait, ce qu’on dit. A chacun de placer le curseur en fonction de ses possibilités. Plus nous serons nombreux à apparaître à visage découvert, à désobéir s’il le faut, plus nous serons dans le vrai. Sans non plus aller au casse-pipe, évidemment.
    Pour ce qui est du téléphone portable, je n’en ai pas non plus. Une dépendance en moins, une liberté en plus. Etrange, cette expression de technologies sans fils qui, précisément, nous mettent des fils à la patte. Ah, les non-dits des mots dits, maudits maux du monde moderne…
    Frédéric

  44. Léa, je suis très touchée par votre mot. Je comprends très bien ce que vous dites, et je suis d’accord avec, sachez-le. Evidemment.

    Simplement, ce que j’ai essayé de dire à propos du pseudo et ce que j’ai dit de la trouille étaient deux choses indépendantes : je n’ai certes pas dit (enfin, j’espère) que le fait de donner son vrai nom, était en soi davantage qu’une absence de masque (de pseudo), mais cette absence m’importe ; quant à la trouille, c’était à propos des pétitions (suite au message de Joke), de ces gens qui veulent à la fois signer une pétition, c’est-à-dire s’engager, et ne pas apparaître comme signataires. C’est cette contradiction-là que j’admets mal.
    Le « problème » du pseudo, pour moi, est, je le répète, d’ordre moral et psychologique, voire esthétique : c’est pour moi comme une dissonance. Frédéric l’explique (encore) très bien dans son dernier message. Comme il s’agit moins d’opinion, là-dessus, que de « sentiment », tout ce que je peux dire, c’est que le mien rejoint très exactement le sien. Pour le reste j’ai essayé d’expliquer autant que j’ai pu.

    Lionel, je vous remercie pour les explications techniques, auxquelles je ne comprends pas grand-chose sinon ce que je sais déjà (mais de façon assez abstraite) : que Big Brother est déjà là – ou plutôt que tout est en place pour lui, et infiniment plus qu’on ne croit. Mais il n’y a pas besoin de lui : le système, l’intégration de ses valeurs par les individus eux-mêmes, la demande, chez eux, de toujours plus de technologie (voir l’amie Fioraso et ses émules), c’est déjà Big Brother. Si Orwell s’est trompé sur une chose, c’est peut-être celle-ci : Big Brother n’a pas de visage, il n’a pas besoin de visage (mais nous oui!) – et il n’a pas même besoin d’exister, puisqu’il est fait de nous tous.
    (Au fait, vous me flattez : non, je n’ai pas lu Matin Brun – vous y avez déjà fait allusion – je note).

  45. Bonjour,

    Mr Wolff,

    « J’ai l’impression que vivre, résister, c’est prendre un risque, c’est être soi dans ce qu’on fait, ce qu’on dit. A chacun de placer le curseur en fonction de ses possibilités. Plus nous serons nombreux à apparaître à visage découvert, à désobéir s’il le faut, plus nous serons dans le vrai. Sans non plus aller au casse-pipe, évidemment. »

    L’on peut très bien désobéir a visage caché. Mr Wolff, vous avez mis votre vrai prénom, et nom. Cela avance a quoi. Léa ne sait toujours pas qui se « cache » derrière. Des Mr Loup, il y en a d’autres de part le monde.

    Visage découvert. Pour Fabrice c’est « normal ». Il écrit des bouquins, participe a des débats, c’est une personne « publique ». Cela se dit ainsi? Mais oser lui demander son adresse, il m’étonnerait qu’il vous la donne, avec tout ce qu’il a compris.

    Ce n’est que mon ressenti, mais la discrètion est la soeur de la « résistance ». Revoir l’histoire ancienne. Qui a tenu le plus longtemps? Les « résistants » cachés ou ceux qui étaient, pour x raisons, facilement a découvert?

    Je vous donne un exemple. La pandémie. Celle qui n’était qu’un tour de chauffe! En bref. Si il y avait eu des décès dans chaque village, que pensez vous qu’il ce serait passé? Votre propre voisin vous aurais vendu sachant de quel bord vous étiez! La peur fait dire, dénoncer des choses, des personnes, qui ne sont pas soupçonnables tant que le pire n’est pas advenu. L’homme est le prédateur le plus cruel, vous le savez aussi bien que moi, alors pourquoi vous jeter dans la gueule du loup?

    Mr Wolff, ce n’est pas un jugement, ce que vous faites sont vos affaires, et je respecte vos choix. Ceux des autres aussi. Personne n’a rien a prouver a personne.

    Mr Wolff, excusez mon indiscrètion. Etes vous tout seul? Epouse, enfants? Avons nous le droit, d’entrainer nos proches dans la galère qui se profile. Si mes souvenirs sont bons, les familles des « résistants » a découvert, en ont paties avant que l’on ne les retrouve eux. Ceci devrait servir de repère.

    L’humain est capable des pires atrocités, L’estomac plein et avec toutes les aisances modernes. Si cela bascule encore … qu’en sera t’il?

    Cordialement,

    PS.

    Pas de portable.
    Pas de télé.
    Pas de Mr Léa.

    Suis seule responsable de mes actes. Assume.

  46. Allo,

    Matin Brun, Franck PAVLOFF

    “Les jambes allongées au soleil, on ne parlait pas vraiment avec Charlie, on échangeait des pensées qui nous couraient dans la tête, sans bien faire attention à ce que l’autre racontait de son côté. Des moments agréables où on laissait filer le temps en sirotant un café. Lorsqu’il m’a dit qu’il avait dû faire piquer son chien, ça m’a surpris, mais sans plus. C’est toujours triste un clebs qui vieillit mal, mais passé quinze ans, il faut se faire à l’idée qu’un jour ou l’autre il va mourir.

    – Tu comprends, je pouvais pas le faire passer pour un brun.

    – Ben, un labrador, c’est pas trop sa couleur, mais il avait quoi comme maladie ?

    – C’est pas la question, c’était pas un chien brun, c’est tout.

    – Mince alors, comme pour les chats, maintenant ?

    – Oui, pareil.

    Pour les chats, j’étais au courant. Le mois dernier, j’avais dû me débarrasser du mien, un de gouttière qui avait eu la mauvaise idée de naître blanc, taché de noir.

    C’est vrai que la surpopulation des chats devenait insupportable, et que d’après ce que les scientifiques de l’Etat national disaient, il valait mieux garder les bruns. Que des bruns. Tous les tests de sélection prouvaient qu’ils s’adaptaient mieux à notre vie citadine, qu’ils avaient des portées peu nombreuses et qu’ils mangeaient beaucoup moins. Ma fois un chat c’est un chat, et comme il fallait bien résoudre le problème d’une façon ou d’une autre, va pour le décret qui instaurait la suppression des chats qui n’étaient pas bruns.

    Les milices de la ville distribuaient gratuitement des boulettes d’arsenic. Mélangées à la pâtée, elles expédiaient les matous en moins de deux.

    Mon cœur s’était serré, puis on oublie vite.

    Les chiens, ça m’avait surpris un peu plus, je ne sais pas trop pourquoi, peut-être parce que c’est plus gros, ou que c’est le compagnon de l’homme comme on dit. En tout cas Charlie venait d’en parler aussi naturellement que je l’avais fait pour mon chat, et il avait sans doute raison. Trop de sensiblerie ne mène pas à grand-chose, et pour les chiens, c’est sans doute vrai que les bruns sont plus résistants.

    On n’avait plus grand-chose à se dire, on s’était quittés mais avec une drôle d’impression. Comme si on ne s’était pas tout dit. Pas trop à l’aise.

    Quelque temps après, c’est moi qui avais appris à Charlie que le Quotidien de la ville ne paraîtrait plus.

    Il en était resté sur le cul : le journal qu’il ouvrait tous les matins en prenant son café crème !

    – Ils ont coulé ? Des grèves, une faillite ?

    – Non, non, c’est à la suite de l’affaire des chiens.

    – Des bruns ?

    – Oui, toujours. Pas un jour sans s’attaquer à cette mesure nationale. Ils allaient jusqu’à remettre en cause les résultats des scientifiques. Les lecteurs ne savaient plus ce qu’il fallait penser, certains même commençaient à cacher leur clébard !

    – A trop jouer avec le feu…

    – Comme tu dis, le journal a fini par se faire interdire.

    – Mince alors, et pour le tiercé ?

    – Ben mon vieux, faudra chercher tes tuyaux dans les Nouvelles Brunes, il n’y a plus que celui-là. Il paraît que côté courses et sports, il tient la route.

    Puisque les autres avaient passé les bornes, il fallait bien qu’il reste un journal dans la ville, on ne pouvait pas se passer d’informations tout de même.

    J’avais repris ce jour-là un café avec Charlie, mais ça me tracassait de devenir un lecteur des Nouvelles Brunes. Pourtant, autour de moi les clients du bistrot continuaient leur vie comme avant : j’avais sûrement tort de m’inquiéter.

    Après ça avait été au tour des livres de la bibliothèque, une histoire pas très claire, encore.

    Les maisons d’édition qui faisaient partie du même groupe financier que le Quotidien de la ville, étaient poursuivies en justice et leurs livres interdits de séjour sur les rayons des bibliothèques.

    Il est vrai que si on lisait bien ce que ces maisons d’édition continuaient de publier, on relevait le mot chien ou chat au moins une fois par volume, et sûrement pas toujours assorti du mot brun. Elles devaient bien le savoir tout de même.

    – Faut pas pousser, disait Charlie, tu comprends, la nation n’a rien à y gagner à accepter qu’on détourne la loi, et à jouer au chat et à la souris. Brune, il avait rajouté en regardant autour de lui, souris brune, au cas où on aurait surpris notre conversation.

    Par mesure de précaution, on avait pris l’habitude de rajouter brun ou brune à la fin des phrases ou après les mots. Au début, demander un pastis brun, ça nous avait fait drôle, puis après tout, le langage c’est fait pour évoluer et ce n’était pas plus étrange de donner dans le brun, que de rajouter putain con, à tout bout de champ, comme on le fait par chez nous. Au moins, on était bien vus et on était tranquilles.

    On avait même fini par toucher le tiercé. Oh, pas un gros, mais tout de même, notre premier tiercé brun. Ça nous avait aidés à accepter les tracas des nouvelles réglementations.

    Un jour, avec Charlie, je m’en souviens bien, je lui avais dit de passer à la maison pour regarder la finale de la Coupe des coupes, on a attrapé un sacré fou rire. Voilà pas qu’il débarque avec un nouveau chien !

    Magnifique, brun de la queue au museau, avec des yeux marron.

    – Tu vois, finalement il est plus affectueux que l’autre, et il m’obéit au doigt et à l’œil. Fallait pas que j’en fasse un drame du labrador noir.

    A peine il avait dit cette phrase, que son chien s’était précipité sous le canapé en jappant comme un dingue. Et gueule que je te gueule, et que même brun, je n’obéis ni à mon maître ni à personne ! Et Charlie avait soudain compris.

    – Non, toi aussi ?

    – Ben oui, tu vas voir.

    Et là, mon nouveau chat avait jailli comme une flèche pour grimper aux rideaux et se réfugier sur l’armoire. Un matou au regard et aux poils bruns. Qu’est ce qu’on avait ri. Tu parles d’une coïncidence !

    – Tu comprends, je lui avais dit, j’ai toujours eu des chats, alors… Il est pas beau, celui-ci?

    – Magnifique, il m’avait répondu.

    Puis on avait allumé la télé, pendant que nos animaux bruns se guettaient du coin de l’œil.

    Je ne sais plus qui avait gagné, mais je sais qu’on avait passé un sacré bon moment, et qu’on se sentait en sécurité. Comme si de faire tout simplement ce qui allait dans le bon sens dans la cité nous rassurait et nous simplifiait la vie. La sécurité brune, ça pouvait avoir du bon. Bien sûr je pensais au petit garçon que j’avais croisé sur le trottoir d’en face, et qui pleurait son caniche blanc, mort à ses pieds. Mais après tout, s’il écoutait bien ce qu’on lui disait, les chiens n’étaient pas interdits, il n’avait qu’à en chercher un brun. Même des petits, on en trouvait. Et comme nous, il se sentirait en règle et oublierait vite l’ancien.

    Et puis hier, incroyable, moi qui me croyais en paix, j’ai failli me faire piéger par les miliciens de la ville, ceux habillés de brun, qui ne font pas de cadeau. Ils ne m’ont pas reconnu, parce qu’ils sont nouveaux dans le quartier et qu’ils ne connaissent pas encore tout le monde.

    J’allais chez Charlie. Le dimanche, c’est chez Charlie qu’on joue à la belote. J’avais un pack de bières à la main, c’était tout. On devait taper le carton deux, trois heures, tout en grignotant. Et là, surprise totale : la porte de son appart avait volé en éclats, et deux miliciens plantés sur le palier faisaient circuler les curieux. J’ai fait semblant d’aller dans les étages du dessus et je suis redescendu par l’ascenseur. En bas, les gens parlaient à mi-voix.

    – Pourtant son chien était un vrai brun, on l’a bien vu, nous !

    – Oui, mais à ce qu’ils disent, c’est que avant, il en avait un noir, pas un brun. Un noir.

    – Avant ?

    – Oui, avant. Le délit maintenant, c’est aussi d’en avoir eu un qui n’aurait pas été brun. Et ça, c’est pas difficile à savoir, il suffit de demander au voisin.

    J’ai pressé le pas. Une coulée de sueur trempait ma chemise. Si en avoir eu un avant était un délit, j’étais bon pour la milice. Tout le monde dans mon immeuble savait qu’avant j’avais eu un chat noir et blanc. Avant ! Ça alors, je n’y aurais jamais pensé !

    Ce matin, Radio brune a confirmé la nouvelle. Charlie fait sûrement partie des cinq cents personnes qui ont été arrêtées. Ce n’est pas parce qu’on aurait acheté récemment un animal brun qu’on aurait changé de mentalité, ils ont dit.

    “Avoir eu un chien ou un chat non conforme, à quelque époque que ce soit, est un délit.” Le speaker a même ajouté “injure à l’Etat national”.

    Et j’ai bien noté la suite. Même si on n’a pas eu personnellement un chien ou un chat non conforme, mais que quelqu’un de sa famille, un père, un frère, une cousine par exemple, en a possédé un, ne serait ce qu’une fois dans sa vie, on risque soi-même de graves ennuis.

    Je ne sais pas où ils ont amené Charlie. Là, ils exagèrent. C’est de la folie. Et moi qui me croyais tranquille pour un bout de temps avec mon chat brun.

    Bien sûr, s’ils cherchent avant, ils n’ont pas fini d’en arrêter des proprios de chats et de chiens.

    Je n’ai pas dormi de la nuit. J’aurais dû me méfier des Bruns dès qu’ils nous ont imposé leur première loi sur les animaux. Après tout, il était à moi mon chat, comme son chien pour Charlie, on aurait dû dire non. Résister davantage, mais comment ? Ça va si vite, il y a le boulot, les soucis de tous les jours. Les autres aussi baissent les bras pour être un peu tranquilles, non ?

    On frappe à la porte. Si tôt le matin, ça n’arrive jamais. J’ai peur. Le jour n’est pas levé, il fait encore brun au dehors. Mais, arrêtez de taper si fort, j’arrive. ”

    J’ose avec peine, vous souhaiter belle fin de semaine …

  47. C’est samedi.
    Ce soir.
    Je tenterais de vous trouver un « truc » qui allège l’atmosphère irrespirable de ces derniers jours.

    Bises a toutes et tous,

    😉

  48. Léa,
    Juste un commentaire, le dernier sur ce sujet.
    Les résistants de la dernière guerre mettaient leur vie en jeu et avaient raison de se cacher. Je n’en suis pas là. Mes engagements sont plus modestes, même si je me demande souvent que faire de plus, comment, avec qui, sans trouver de réponse qui me convienne pleinement.
    Je sais l’humain capable du pire et en même temps, je suis sans doute naïf. Je fais parce que cela me semble juste, parce que je suis dans un élan, sans me poser a priori la question de l’efficacité, des conséquences.
    En écrivant sur ce blog et en signant de mon nom et de mon prénom, je ne me décerne aucun titre de gloire, je n’ai pas l’impression de m’exposer. C’est juste quelque chose de naturel, à l’instar d’une prise de parole ou d’un écrit publics, d’une interpellation d’élus… Un sorte de ressenti personnel.
    « On peut désobéir à visage caché », oui, à visage découvert aussi, collectivement, c’est d’ailleurs l’essence de la désobéissance civile. Quelque chose serait à inventer en ce domaine, sans doute, dans un mouvement nouveau à imaginer, quand les conditions seront réunies.
    Encore une fois, chacun fait en son âme et conscience avec ses possibilités du moment.
    Sinon, vous pouvez m’appeler Frédéric. M Wolff, ça fait un peu protocolaire à mon goût.
    Bien cordialement,
    Frédéric

  49. En tant que montreuillois, je suis déçu des promesses non tenues de « Mme » voynet…ce n’est finalement qu’une arriviste incompétente entourée d’une équipe de menteurs qui n’ont que faire des soucis des citoyens : entre autres; daniel Mosmant, véronique Bourdais, nabil rabhi et j’en passe!!

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