Le cycle du nucléaire pour les nuls (un hors-série d’anthologie)

Pour des raisons qui n’ont échappé à personne, le hors-série sur le nucléaire publié par Charlie-Hebdo, et dont les 40 articles sont de ma pomme, a été comme qui dirait écrasé. C’est la vie. Mais enfin, il existe, et pour vous mettre minable de ne pas encore l’avoir acheté, sachez que l’on y parle d’à peu près tout. Comment cela a commencé avec la mère Curie, les suppositoires au radium, les capotes au radium, les pulls pour bébé au radium, tout étant bien entendu vrai. Comment cela a continué avec Pierre Guillaumat, Mendès, De Gaulle, la bombe. Et ce qu’est la commission Peon. Et où se trouvent les décharges nucléaires oubliées. Les soi-disant mesures de sûreté dans nos ports nucléaires, comme Toulon ou Brest. Le mort de Malville. Le rôle d’EDF et d’Areva. La situation au Niger, d’où vient une partie de notre uranium. La place étonnante longtemps dévolue à un certain…Jacques Cheminade.

Ajoutons des portraits de Pierre Pellerin, Annie Thébaud-Mony, Stéphane Lhomme, Nicolas Lambert, Bruno Comby, Mycle Schneider. Un aperçu du déclin certain du nucléaire. Une déploration de l’état des énergies renouvelables, qui sont pourtant le seul avenir. Un foutage de gueule du PS et du PC, le premier promettant un référendum depuis trente ans, le second ayant exigé une centrale nucléaire à Plogoff, en Bretagne. Et bien d’autres choses encore.Voici l’article d’introduction. Le nucléaire en trois feuillets. Essayez de trouver plus court.

Vous prenez de l’uranium — au Niger par exemple —, vous convertissez, enrichissez et enfournez le tout dans le vaste four nucléaire. Gardez-le au chaud trois ans, sortez-le : c’est de la merde.

C’est pas si compliqué. Premier mouvement : extraire de l’uranium, si possible dans un pays lointain. Ce sera le combustible, que l’on commence par convertir, de manière à le rendre plus digestible. En France, l’opération se passe en deux temps. Un, dans l’usine Comurhex de Malvési, près de Narbonne (Aude). Deux, dans l’usine Comurhex de Pierrelatte (Drôme). Les deux appartiennent bien sûr à Areva.

Nous voici, fiérots, en possession d’hexafluorure d’uranium. Comme il ne contient pas assez, le pauvret, d’uranium 235, il faut lui en ajouter, car la réaction de fission nucléaire a besoin d’un uranium titrant autour de 5 % de cet isotope. On y est ? L’enrichissement se déroule dans un site ultraprotégé, l’usine Georges-Besse II de Tricastin, dans la Drôme. Areva encore. Reste à obtenir un véritable combustible. Et pour cela, il y a deux voies, deux produits. Pour le tout-venant des centrales nucléaires, voyez du côté de FBFC, filiale d’Areva. Dans l’usine de Romans (Drôme), des petites mains gantées fabriquent de la poudre de dioxyde d’uranium, ou UO2. Notamment. Ce qui crame dans nos 58 réacteurs, pour l’essentiel, vient de là.

Il existe un deuxième combustible, bien moins courant, qu’on appelle MOX, pour « Mélange d’OXydes ». On l’obtient en allant récupérer le plutonium à la sortie des réacteurs nucléaires en service, avant passage à La Hague pour le séparer des combustibles irradiés. Tout seul, ce plutonium ne servirait pas à grand-chose. Mais en le mélangeant – comptez 8 % de plutonium – à de l’uranium appauvri, on obtient un nouveau combustible. Oublions le MOX, et concentrons-nous sur le combustible principal, UO2. Le grand jour est arrivé, et l’on déballe devant des ouvriers et techniciens ébahis les conteneurs de dioxyde d’uranium. Zou ! on enfourne le tout dans les réacteurs nucléaires, qui vont transformer l’affaire en chauffage électrique et en veilles pour les appareils ménagers. Dans les grands chaudrons magiques, U02 va donner tout ce qu’il sait.

Mais tout a une fin, même le nucléaire. Au bout de trois ans de bons et loyaux efforts, le combustible bat de l’aile. Les produits internes de fission, dont certains ralentissent la bonne marche du réacteur, ont tendance à augmenter, et dans le même temps, les éléments fissiles, qui jouent sans jeu de mots un rôle moteur, déclinent. Il faut vider la poubelle. Comme les nucléocrates n’entendent pas arrêter la production, l’opération se passe en trois fois : un quart à un tiers par année.

Que fait-on des ordures que l’on a extraites ? On leur fait passer plusieurs années sur place, dans une piscine gentiment nommée de désactivation, avant que de gros camions n’emportent tout, de préférence la nuit, vers l’usine de retraitement de La Hague (Manche). Là-bas, et pour commencer, nouvelle baignade en piscine, de trois à cinq ans. Ensuite, de gentils robots trient ce qui peut éventuellement resservir et ce qui devra être considéré comme déchet, avant que d’être stocké. Tel est le cadeau final de nos amis : selon des chiffres officiels, à la fin de 2007, la France comptait 1 152 533 m3 de déchets radioactifs. Elle devrait en compter le double d’ici à 2030. Y en aura donc pour tout le monde.

charlie-nucleaire.pdf

35 réflexions au sujet de « Le cycle du nucléaire pour les nuls (un hors-série d’anthologie) »

  1. Bonjour
    Je n’avais pas acheté Charlie depuis… disons le siècle dernier. Bon dossier,très complet, qui a l’avantage de remettre en mémoire beaucoup d’éléments tombés dans les oubliettes. Juste une petite critique: Un article concernant la lutte de Plogoff aurait été bienvenu.
    Ph.
    N.B.: PourLuz: La Hague n’est pas en Bretagne!

  2. Peut-être que… Si tu expliquais qu’il y a un prophète dans le réacteur, tu aurais une plus grosse vente??? Bon en contre partie peut-être plus en vie non plus!

    oO Oui je sais c’est n’importe quwâ… Mes plates excuses; ce matin j’ais encore lu un article sur le fait que le dérèglement climatique va ralentir la croissance Oo. Le monde à l’envers ici; mais non hein c’est une croissance absurde dans un monde finit qui dérègle le climat!!!
    Mais qui parle encore français???

    Et ça; ça tourne autant que les autres choses qui ont écrasé ton beau hors-série 🙁

    Du coup j’encaisse une grosse fatigue.

  3. ne vous inquiétez pas, pour ma part, j’ai couru l’acheter et je l’ai promu auprès du réseau suisse de Sortir du nucléaire!
    Bien que je sois totalement convaincue de la dangerosité monstrueuse de l’énergie nucléaire, la promotion des énergies renouvelables à laquelle on se livre désormais n’augure à mon avis rien de meilleur, si ce n’est rien de bon tout court. parce que les projets éoliens ou solaires sont faits dans le même esprit qu’une usine nucléaire: gigantisme, échelle industrielle, centralisation et monopole des grandes entreprises, subventionnement d’état,…et, last but not least, en sautant à pieds joints par-dessus tous les critères écologiques. En suisse, un député Vert censé être écologiste a déposé une motion demandant à ce que la loi soit aménagée pour faciliter l’implantation d’éoliennes dans les pâturages et les zones forestières, annulant ainsi les décennies d’efforts qui ont été nécessaires pour précisément les mettre sous protection. et la plupart des écologistes vont dans le même sens. résultat: une pléthore de projets d’éoliennes de 200m. de haut, prévues sur les crêtes des pâturages jurassiens (les seuls endroits où il y a assez de vent) ou dans les forêts du plateau suisse (à même les réserves de faune), soit les seules misérables zones encore sans construction dans notre minuscule pays. alors voyez-vous, j’ai tendance à être d’accord avec J. Lovelock quand, en parlant des Midlands anglais, il dit qu’une seule usine nucléaire est préférable à des dizaines d’éoliennes dispersées dans le paysage. sans compter qu’il n’y pas que l’impact visuel, mais aussi les nuisances sonores, et le fait que la production d’électricité est ridicule par rapport à la taille de l’engin. et le pire, l’érection d’éoliennes ne fait en fin de compte que donner bonne conscience aux gens pour continuer à consommer de l’électricité.
    Philippe Roch a consacré un excellent bouquin à ce sujet. voir son site: http://www.pirassay.com/

  4. « A cause de la piscine du réacteur 4 (sur le toit), un nouvel accident peut se produire n’importe quand. (SIPA)

    C’est une petite piscine – et un désastre planétaire en puissance. Un cube en béton de onze mètres de profondeur, rempli d’eau et bourré de combustibles nucléaires usagés : 264 tonnes de barres très radioactives ! Depuis un an et demi, ce bassin dit de « désactivation » repose à trente mètres du sol sur le bâtiment ébranlé du réacteur numéro 4 de la centrale de Fukushima-Daiichi. Il n’est plus protégé ni par un toit solide ni par des murs, mais par une simple bâche de plastique blanche. »

    http://tempsreel.nouvelobs.com/l-enquete-de-l-obs/20120822.OBS0162/enquete-fukushima-et-si-le-pire-etait-a-venir.html

    Les elections américaines, les projets de guerre contre l’iran, la dette et le TCSG, senkaku, on ne sait plus où donner de la tête.

    Si l’humanité devait reprendre ses esprits et retrouver un peu de bon sens là tout de suite, tous les efforts devraient probablement se concentrer sur le démantèlement de cette centrale, et au plus vite.

    Sujet d’ABCnews
    http://www.dailymotion.com/video/xrv24b_mise-en-garde-des-experts-contre-une-nouvelle-catastrophe-a-fukushima-25-06-2012_news

  5. Fabrice,
    que voulez-vous dire par « écrasé » ? Boycotté, saboté, ignoré ?
    En tout cas, grâce à Léa, j´ai pu le lire et en apprendre long sur les méthodes mafieuses du clan nucléaire. Aucune intention de vous caresser dans le sens du poil (pardon 🙂 ), ce n´est pas mon genre, mais ce numéro exceptionnel de Charlie Hebdo est très bien structuré, congruent, une excellente recherche journalistique. Dommage qu´il ne soit pas inclus dans les programmes scolaires.

  6. Ben moi je l’ai acheté, l’ai lu avec intérêt et en tire un grand nombre d’infos que je ne connaissais pas notamment sur la désopilante histoire de cette monstrueuse arnaque. Donc merci à vous Fabrice pour ce travail.
    Après, le visuel Charlie pour aborder ce type de sujet n’est peut-être pas du meilleur effet : ça peut donner l’impression d’un trait tellement grossi que ça n’est que de la provoc. et décrédibiliser la démarche toute sérieuse et argumentée qu’elle fût.

  7. Bon quand même à titre indicatif; moi je ne l’ais pas et je sort de chez mon libraire bien déçue.

    Le hors série n’était pas distribué partout dans le plat pays, je l’avais donc commandé.

    Mais là mon libraire ne l’a pas eut et m’a dit de le commander directement sur le site.
    Bon je sais que de mon côté de la frontière on ne compte pas pour beaucoup de lecteurs, mais quand même c’est quoi cette histoire???

    J’veux le lire moi.

  8. la question des ogm n’est pas juste « au choix » en tout cas , Bravo! à ces gens qui se bougent :
    Le sénateur UMP de la Moselle François Grosdidier, opposant de longue date aux OGM, a révélé mercredi avoir contribué au financement de l’étude alarmante du professeur Gilles-Eric Séralini tendant à démontrer la toxicité des OGM.
    Dénonçant dans un communiqué la riposte du lobby OGM contre cette étude, le sénateur déclare que la seule vraie question à se poser, c’est POURQUOI ELLE N’EST PAS FINANCE PAR L’ETAT? pourquoi j’ai dû même affecter ma réserve parlementaire pour cofinancer ces études?

  9. « Ecrasé ». Ce mot est terrible s’agissant d’un travail mené sur la pire des menaces qui pèse sur la vie. Cette vie qui peut être si belle à son automne et aux saisons qui l’accueillent.
    Ecrasés les 40 articles, écrasée la colère qui devrait se réveiller à la lecture de ce hors-série. Pas besoin des ciseaux de la censure ni des chars ni des gardes-mobiles pour écraser la révolte. L’air du temps s’en charge en douceur.
    L’obsolescence programmée concerne aussi l’actualité. Tout est placé sur le même plan, tout est oublié sitôt passé le délai de péremption. Il faut du neuf et du spectaculaire, il faut de la provoc et du suspens. Ce monde est amnésique, il confond tout, se vautre dans le futile, dans le frivole. Tout est fait pour détourner les regards vers l’accessoire et c’est tragique, mais ce qui l’est plus encore, ce sont tous ces regards qui se tournent d’eux-mêmes vers l’insignifiance, ce sont ces mains qui implorent leurs somnifères de la pensée.
    Bon, je me laisse gagner par la mélancolie. Même pas une note positive, mais cette injonction moderne à toujours positiver, ras-le-bol.
    Je garde mon Charlie sur le nucléaire et je me dis qu’au moins, il aura été écrit et lu et qui sait… Voilà, ce sera ma contribution positive, je ne peux pas faire plus pour ce soir.
    Frédéric

  10. Le cycle du combustible est bien expliqué en première approche par Fabrice.
    Mais il aurait pu continuer un peu plus loin.
    A La Hague le combustible irradié désactivé dans les piscines est cisaillé, le tout est dissout dans le l’acide nitrique et là de la soupe en question sont extraits/ séparés : l’uranium, le plutonium, les produits de fission mélangés aux « actinides mineurs ».
    les actinides mineurs sont des isotopes lourds provenant de fissions avortés dont on ne sait quoi faire et qui ont une durée de vie très longue.
    C’est le mélange des actinides mineurs et des produits de fission qui sont vitrifiés pour un stockage ultime.Et qui représentent environ 95% de la radioactivité totale des combustibles usés.
    Mais on peut revenir sur l’uranium, en fait si au départ sur un combustible neuf il y a du 235 et du 238, dans le réacteur seront produits d’autres isotopes de l’uranium dont certain ne sont pas aptes à être réutilisés. On se retrouve avec de l’uranium contenant environ 1,5% de 235U, ce qui est beaucoup mieux que la teneur initiale de l’uranium naturel à 0,7% et moins bien que l’uranium enrichi du combustible neuf à 4%.
    Mais il y a une valeur résiduelle importante qui vaut le coup d’un ré’enrichissement.
    ce ré-enrenrichissement a été longtemps sous-traité aux Soviets puis aux Russes dans leur usine de Tomsk-7 (actuellement Seversk). Pourquoi ne pas faire ce ré-enrichissement en france ? Tout simplement car des isotopes de ce nouvel uranium sont des émetteurs gammas, les rayons gammas sont très perforants et l’usine Eurodif par diffusion gazeuse aurait été polluée.
    Les Russes ont développé une méthode d’épuration de l’uranium issu du retraitement.
    Dans l’usine Georges Besse II qui utilise la centrifugation il y aura une décade de bols de centrifugation consacrée à cet enrichissement, et il n’y aura plus d’envois de conteneurs en Russie.
    Au passage on peut rappeler qu’en 1984 un bateau faisant ce transport , le MOnt Louis, a été éperonné au large d’Ostende et coulé. On s’est fortement inquiété de la pollution possible de la Mer du Nord, des nalyses ont été faites, et effectivement de l’uranium a été trouvé dans la mer. Mais l’uranium trouvé avait une proportion 235/238 correspondant à l’uranium naturel, ce qui n’était pas le cas de l’uranium dans les futs du transport. En fait cet uranium trouvé dans la mer provenait / provient du Rhin qui en charrie beaucoup depuis les Alpes. Pour le Rhin je ne me souviens plus, mais à titre indicatif le Rhône en transporte environ 30 tonnes par an.
    Mais tous les conteneurs du Mont Louis ont été récupérés.
    Les Russes renvoient simplement l’uranium à nouveau enrichi et conservent l’uranium appauvri sous forme d’hexafluorure, comme les Américains d’ailleur. Voir ici une photo du stockage appauvri des USA : http://i67.servimg.com/u/f67/12/17/43/12/stocka10.jpg
    En France nous préférons faire le stockage de l’uranium sous forme d’oxyde et non pas d’hexafluorure,donc il n’y a pas ce genre de photo de conteneurs en extérieur.
    Le stockage en extérieur se justifie car s’il était réalisé dans un batiment il y aurait toujours la possibilité par échauffement d’un passage à nouveau de l’état solide à température ambiante à un état gazeux avec montée en pression; Avec un stockage oxyde on ne risque pas de passer en gaz lors d’un incendie.

    Pour comprendre le fonctionnement d’une centrale il faut savoir que :
    – à chaque fois qu’un neutron casse un atome d’uranium 235, la fission libère en moyenne 2,7 neutrons. Alors qu’en fait l’idéal serait de n’avoir qu’un nouveau neutron pour maintenir des fissions en continu. Si l’on fonctionnait à 2,7 neutrons ce serait la divergence complète, ce serait la bombe; et si l’on avait moins d’un neutron en moyenne et bien la réaction ne voudrait pas se sustanter; Alors on joue sur différentes choses :
    – la géométrie du coeur, de façon que des neutrons soient « perdus » et n’atteignent pas une nouvelle cible.
    – des barres de contrôles absorbeuses de neutrons.
    mais surtout sur les « neutrons retardés ». A chaque fois qu’une fission se produit, les deux morceaux de masse grossièrement égale émettent dans les quelques minutes des neutrons. Et ce sont ces neutrons qui vont introduire une « temporisation » dans la réaction, permettant un réglage.
    A noter que lorsque qu’Enrico Fermi a fait démarrer le premier réacteur nucléaire sous les tribunes d’un stade à Chicago, il ne connaissait pas l’existence des « neutrons retardés », et là il a été sacrément gonflé..
    Dans le fonctionnement d’un réacteur, au fur et à mesure du vieillissement des combustibles, du fait de la présence des actinides mineurs, il y a moins de neutrons retardés de produits, donc la conduite du réacteur devient plus délicate. Il faut donc renouveller le combustible même s’il y a présence d’un niveau d’enrichissement qui pourrait permettre de continuer.
    Ca aurait pu intéresser les lecteurs du numéro spécial..
    @+

  11. Beaucoup d’excellences sont écrasées, par ces maudits temps qui courent. C’est même peut-être comme ça que l’Histoire ( si il y en aura encore une) qualifiera l’époque: l’apogée de la connerie humaine dans le déni absolu,matérialisée, notamment, par l’exploitation de l’énergie nucléaire. Dure,très dure époque pour les clairvoyants!Et on ne parle même pas de ceux ( ces casses-couilles d’écolos, par exemple) qui tentent d’éclairer les autres avec quelques petites mises au point sur un passé récent…
    Mais l’excellence laisse des traces, des repères (il en faudra bien), à l’image de ce hors série et de ton travail en général. Il se lira ( et se vendra) certainement en deux temps et deviendra référence. Merci.

  12. Je trouve curieux qu’on nous rabatte les oreilles avec la technologie de pointe du nucléaire alors que c’est rien de moins qu’une bête machine à vapeur… Bon à la place du bois on casse de l’atome mais pourquoi ? Pour faire chauffer de l’eau et tourner une turbine comme dans la locomotive à grand papa….
    Je ne cesse de m’étonner de la bétise et de la médiocrité du troupeau….

  13. Coucou,

    Le ciel est rose.

    Un nouveau documentaire sur le gaz de schiste.

    En 18 minutes, LE CIEL EST ROSE, de Josh Fox, établit un parrallèle entre les méthodes de l’industrie gazière pour promouvoir le gaz de schiste et celles de l’industrie du tabac qui prônait dans les années 50: « Vous pouvez fumer sans risque pour votre santé ».

    http://www.youtube.com/watch?v=fq6eloZi3yI

    Pour faire passer la pilule.

    http://www.vincentmunier.com/

    Magnifique.
    Pas parce que c’est l’ami de Fabrice.
    Parce qu’il a réussi a prendre en photo « Gnocchi ». 😉
    Je rigole! Des Gnocchis écureuils, il y en a partout.
    Les photos de Mr Vincent Munier sont d’une beautée a couper le souffle.

    Merci, merci a toutes et tous,

    :)))

  14. les gars de Charlie ont d’abord eu le soutien de Sharko…
    et là, gros succès, c’est le front national et l’[UEJF->http://uejf.org/blog/2012/09/19/communique-luejf-apporte-son-soutien-a-charlie-hebdo-victime-dune-polemique-deplacee-concernant-la-nouvelle-publication-de-caricatures-de-mahomet/%5D qui apporte leur « soutien à Charlie Hebdo, victime d’une polémique déplacée concernant la nouvelle publication de caricatures de Mahomet »…
    ils ratissent large à Charlie…

    Désolé,Nicolino, je n’achète plus chez Charlie depuis des années.

    amicalement

  15. Tu peux nous expliquer pourquoi Charlie Hebdo a occupé le premier plan du paysage médiocratique avec ses caricatures bidon de Mahomet, tandis que pas un mot n’était dit de son hors série sur le nucléaire? J’en suis très surprise (second degré, hein!).

    Nos médias auraient-ils des difficultés à hiérarchiser les infos?

    Faut que je l’achète, ce numéro spécial… mais j’ai vraiment beaucoup de mal à donner du fric à Charlie Hebdo, c’est quasi physique… Tiens, je pourrais le voler, c’est bien Hara Kiri qui donnait ce conseil? Les temps ont bien changé.

  16. Cultive ton jardin,

    Merci pour ton mot, mais dans le même temps, il me désole. La répulsion physique envers Charlie ! Enfin ! Je pense que tu n’aurais pas dit cela de L’Huma des années cinquante, soutenant une dictature monstrueuse. Ni de la Cause du peuple des années 70, qui faisait de même. Charlie est un journal qui a une histoire dense, avec des hauts et des bas. Mais jamais il n’aura varié sur la question de l’antiracisme, du fascisme, et…du nucléaire.

    On peut très bien détester Val et saluer quarante années d’un travail de salubrité publique d’un petit canard déconneur et sans publicité. Excuse-moi, mais je vois dans ton appréciation la trace de cette incapacité d’une certaine gauche à hiérarchiser les personnages de son musée des horreurs.

    Par ailleurs, et je m’adresse à tous, il faut juger sur pièces. Car si un journal n’a pas le droit d’évoluer – au fait, sache que Charb est un pur mélenchoniste, et c’est vrai -, eh bien ne lisons plus rien. Tu veux qu’on reprenne titre après titre, et sujet après sujet ?

    Très bonne journée, et c’est sincère.

    Fabrice Nicolino

  17. B.Bec,

    N’inversons pas les rôles ! C’est moi qui suis désolé pour vous. Et sacrément. Voilà qu’on est responsables des déclarations des autres ! Savez-vous combien de procès du Front National et des les Le Pen ont été intentés à Charlie. Je me doute bien que vous vous en foutez, du haut de votre Olympe, mais il s’agit d’un record absolu. Je suis, je vous l’avoue, atterré. Et, de nouveau, voilà un « détestateur » de Charlie qui ne le lit plus depuis des années… Drôle de fixisme, drôle de rigidité.

    Bien à vous,

    Fabrice Nicolino

  18. Charlie Hebdo pour moi lontaine années 1970 astre éteint et ne sera plus jamais pareil) : cela dit ce que dit « cultive » sur « caricatures » : tam tam!; et spécial nucléaire : chut..pas tamtam! est juste, chacun a pu le vérifier, cette différence de bruit médiatique recelant toute la substantifique moelle de ce système qui veut formater sans hiérachiser. se vérifie très souvent.

  19. @ Fabrice:

    Ma foi, tu as sans doute raison de pointer la contradiction entre « avoir un avis définitif sur Charlie Hebdo » et « ne plus le lire depuis des années ». Comme je te l’ai dit, c’est quasi physique. Le fait que je suis une femme, et que le machisme suinte assez régulièrement de leurs blagues n’y est sans doute pas étranger.

    Par ailleurs, ce n’est pas à eux que j’imputais la différence de « bruit » entre leur hors série sur le nucléaire et les caricatures de Mahomet (machistes elles aussi puisqu’ils le ridiculisent en lui donnant une allure féminine). Mais en faisant régulièrement dans la provoc, dans l’état actuel des médias où seule la provoc fait du bruit, ils participent à occulter les trucs sérieux au profit de bouffonneries.

  20. Cultive ton jardin,

    Charlie-Hebdo n’est pas intouchable. Je suis régulièrement gêné par des dessins qui relèvent selon moi du machisme. En effet. Je le déplore profondément, mais ne va pas me dire que c’est pour cette raison que le journal t’inspire de la répulsion. Cela, non. Bonne fin de journée, au soleil je l’espère.

    Fabrice Nicolino

  21. monsieur Fabrice, j’en ai fait vendre des dizaines de ce hors série! de mon jardin je vois les grues de l’EPR, j’ai grandi ici au coeur de l’atome, dans la Hague… Vous auriez du mettre des données plus récentes dans le portrait de Didier Anger, mon ami, mon voisin, mon ancien professeur, comme éveiller de conscience, il n’a pas son pareil… Merci pour tout… à bientôt pour un tour dans la Hague ?
    à+

  22. La liberté d’expression instrumentalisée
    Didier Hamann | lesoir.be | jeudi 20 septembre 2012

    Un principe fondamental de notre démocratie, la liberté d’expression, peut-il souffrir d’accommodements ? C’est la question que soulève la publication des caricatures du prophète Mahomet par Charlie Hebdo. L’idée est insupportable. On aimerait tellement se ranger du côté des chevaliers blancs qui ont le courage de braver de dangereux extrémistes capables d’incendier leur rédaction. On aimerait clamer haut et fort le droit intangible des journaux de publier les opinions et les dessins que leur rôle et leur fantaisie commandent. On aimerait, tant qu’à faire, se rallier à ceux qui affirment que « nous sommes ici chez nous et, ici, on écrit ce que bon nous semble sur l’islam car nos usages laïques prévalent. Pas question de se coucher lâchement devant des fous de Dieu ». Mais n’est-ce pas un peu trop simple ? Soyons lucides. Cette publication n’était pas servie par une intention noble. Il ne s’agissait pas de livrer une analyse ou une opinion sur l’islam et de l’assortir d’une illustration humoristique incidente. Ce n’est pas non plus un simple pied de nez aux religieux qui remettent en cause les fondements de nos démocraties laïques : la décision de publier ces dessins est de toute évidence mue par la volonté de provoquer une réaction violente (espérons qu’elle n’est pas mue par un esprit mercantile !). Dans le contexte du séisme provoqué par le film anti-islamique américain, c’est un acte d’une grave irresponsabilité. Il provoquera sans doute quelque désolation, voire des morts. L’hebdomadaire satirique n’a, hélas, rien prouvé du tout en agissant de la sorte. Il faut craindre qu’il apporte l’inutile démonstration qu’une poignée d’excités d’Allah seront capables de rétorsion aveugle et meurtrière. Ne pas publier lesdits dessins n’aurait nullement remis en cause nos principes. En se drapant de vertu, Charlie Hebdo n’a pas servi la liberté d’expression, il s’est servi d’elle pour attiser un brûlot. Le mal est fait. Comment appeler à la raison à présent ? Comment éviter d’autres morts ? Comment expliquer aux musulmans que les vrais démocrates ne rêvent pas de les offenser volontairement en publiant des dessins insultants ou en diffusant un film débile ? Pas plus que l’immense majorité des musulmans ne remet en cause nos principes de liberté d’expression et notre droit à la caricature. C’est vain. Il se trouve dans chaque camp des boutefeux qui ont intérêt à faire la sourde oreille à ces mots d’apaisement.

    http://www.lesoir.be/debats/editos/2012-09-20/la-liberte-d-expression-instrumentalisee-938708.php

  23. B.Bec,

    Si seulement vous saviez – je ne vous ne reproche évidemment pas de l’ignorer ! – ce qu’est réellement l’équipe de Charlie, vous ne reproduiriez évidemment pas cet édito aussi ridicule que des dizaines d’autres. Qu’y puis-je ? Rien. Passez une bonne soirée, malgré ce qui nous oppose.

    Fabrice Nicolino

  24. @ Fabrice:

    « mais ne va pas me dire que c’est pour cette raison que le journal t’inspire de la répulsion »

    Mais si, Fabrice, c’est même pour ça que j’ai précisé, alors que tu le sais déjà, que je suis une femme. Imagines-tu qu’un noir continuerait à lire ou à acheter une revue raciste, quelles que soient par ailleurs ses évidentes qualités?

    J’ajoute que je n’ai pas décidé, un jour, de ne plus acheter Charlie parce que le machisme de certaines de ses caricatures m’importunait, ça s’est fait petit à petit, je rigolais de moins en moins, et d’ailleurs il s’est passé la même chose avec la revue de Siné que j’ai achetée deux ou trois fois avant d’être lassée. J’ai eu le même problème avec Fakir, que je lisais sur internet.

    En tant que femme, on a toujours tendance à être indulgentes avec ces petits machos qui rigolent (de nous) entre eux. Puis un jour, on s’aperçoit que ça peut ne pas être si innocent que ça. À l’assemblée Nationale, des députés ont fait une minute de silence pour l’un des leurs, assassin de sa compagne qui voulait le quitter. Ce jour là, on n’a plus, DU TOUT, envie de rigoler avec indulgence.

  25. Cultive ton jardin

    Entièrement, absolument d’accord avec vous. Il ne s’agit même pas d’être d’accord ou pas, d’ailleurs. Mais de comprendre ou ne pas pouvoir comprendre de quoi vous parlez, c’est-à-dire, en l’occurrence, d’être d’un côté ou de l’autre de la frontière, point.
    Cette incompréhension définitive, c’est accablant au-delà de tout, mais c’est ainsi. Quelle solitude, n’est-ce pas ? Quelle défaite, à laquelle il faut sans cesse se faire alors que c’est impossible. Et pourtant c’est ainsi.
    Bien à vous
    Valérie

  26. Cultive ton jardin,
    Je suis un homme jusqu’à preuve du contraire et je ressens un agacement certain, à propos du machisme ordinaire que l’on retrouve dans certains dessins de Charlie Hebdo. Ça ne m’a jamais fait rire ni même sourire. J’ai essayé d’y voir du second degré, mais c’est d’abord la bêtise virile que je remarquais.
    Pour autant, j’ai continué à le lire, de temps en temps, en surmontant ma nausée face à des illustrations qui peuvent être horripilantes, fâcheuses, humiliantes, dégradantes…
    J’ai surmonté parce que j’y ai trouvé d’excellentes analyses, des dessins et des brèves que je trouve désopilants, parfois.
    J’ai surmonté parce que je n’ai jamais fait le parallèle avec un journal raciste comme inspirant des sentiments de haine vis-à-vis d’une catégorie d’individus considérés comme inférieurs. Je ne pense pas que ces sentiments là soient propagés dans Charlie Hebdo.
    J’ai surmonté parce que ce hors-série sur le nucléaire est hautement recommandable et qu’il serait dommage de passer à côté.
    Frédéric

  27. Bertrand,

    Votre commentaire est tellement…tellement…que j’ai décidé de le passer in extenso. À encadrer.

    Fabrice Nicolino

    PS : Je rappelle tout de même – il n’y a que de bien rares exceptions – que les insultes ne passent pas sur Planète sans visa. Il y a tant d’autres lieux où laisser sa bile.

  28. Bonsoir,
    Ce numéro hors série de Charlie-hebdo a été très lu dans les milieux « nucléaires ». De ces lectures il ressort deux tendances générales :
    – s’attaquer ad-hominen a tendance a souligner la pauvreté des arguments au fond.
    – mais de parler de Bruno Comby et d’Emmanuel Grenier, ça c’est une nouveauté absolument inconnue dans les grands médias, ils y sont parfaitement ignorés.
    Soyez donc remercié d’avoir fait de la mousse autour d’eux.
    @+

  29. Bonjour,

    Vous seriez trop aimable de préciser, y compris votre point de vue. Car même si les attaques sont directes et parfois personnelles, car je ne conçois pas de responsabilité qui ne soit personnelle, le tout est assis sur des centaines de faits, qui sont énoncés. Or donc, dites-moi si les faits avancés sont faux. Dites-moi sans détour ce qu’il en est.

    Bien à vous,

    Fabrice Nicolino

  30. En fait je n’ai lu que quatre pages scannées en pdf, donc pour l’instant je suis incapable de vous donner une vue d’ensemble.
    ais un ami qui a un exemplaire papier complet me l’envoie par la poste à la fin de la semaine, je ne manquerai pas de vous faire un commentaire plus détaillé.
    mais plus haut je pense avoir déjà donné mon avis sur votre description du cycle du combustible. Exact, mais aurait pu être un peu plus complet sur le fonctionnement d’une centrale avec les neutrons retardés et l’instabilité induite à bas régime spécialement dans le cas spécifique de Tchernobyl.
    Vous faites l’apologie de Mycle Schneider, ça a fait rigoler quelques-uns. Il se targue d’être professeur à l’Ecole des Mines de nantes, effectivement il y a fait une conférence de deux heures donc il a droit à ce titre. Mais perso je pourrais afficher au moins 5 titres de professeur!!! Mais on n’ose pas car c’est vraiment de la rigolade.
    Avec WISe il avait produit un rapport sur le nucléaire pour le parlement européen, rapport qui avait été rejeté comm « non professionnel » par le Parlement, un brulôt antinuc… A la suite de ce rapport j’avais engagé une discussion internet avec lui. Dans la discussion il préconisait de se protéger des rayonnements ionisants (naturels et artificiels) et notamment de protéger les enfants, y compris lors de leur conception.. Il préconisait de concevoir les enfants dans une chambre plombée !!! Difficilement inventable!! Réserver une chambre plombée pour copuler… toute une poésie qui m’échappe un peu.
    Vous tapez sur Jancovici avec la phrase un Fukushima tout les 20 ans… Mais on peut rappeler qu’avec les retombées des essais nucléaires on s’est pris une centaine de Tchernobyl sur l’hémisphère nord entre 1945 et 1962. Donc la démonstration a été faite que l’on pouvait survivre à cela..
    On peut se rappeler aussi qu’un travailleur du nucléaire se prend la moitié de dose efficace d’un personnel naviguant de l’aviation civile. Alors que dire des séjours d’une semaine à la montagne !!! Vous devriez faire un numéro spécial avec les recommandations pour éviter les doses efficaces auquelles on ne pense pas, je pourrais vous donner des tuyaux, ça intéresserait surement les bobos.
    Mais je vous ferai un commentaire plus détaillé dans unbe huitaine de jours.
    @+

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *