MM.Chávez, Ceresole, Mélenchon, Paranagua (et Mme Morel-Darleux)

Donc, l’élection présidentielle du Venezuela. Si je parle ici, sur Planète sans visa, de cet événement lointain, c’est que, du point de vue de l’écologie, qui est le mien, il y a beaucoup à dire. Nombre d’altermondialistes d’Occident – parfois se disant écologistes – voient dans la personne de Chávez, réélu il y a quelques jours avec 54 % des voix, un exemple. Et chez nous, M.Mélenchon en rajoute chaque jour ou presque. Je dois avouer une raison plus personnelle. J’ai assez bien connu, jadis, ces terres des Amériques situées au sud du Río Grande. J’ai vu de près ce que le castrisme et ses avatars donnaient sur place. J’ai cotoyé des guerilleros devenus présidents. J’ai compris sans grande difficulté comment le stalinisme né en Union soviétique avait pu empoisonner les avants-gardes armées nées dans les années 60 et 70 du siècle passé. Et avec quels désastreux effets. Si j’écris cela, ce n’est évidemment pas pour en faire un argument d’autorité. Cela ne me désigne aucunement comme plus lucide. Mais ces souvenirs si vifs expliquent en partie pourquoi je parle à nouveau de ce Chávez.

Où l’on voit madame Morel-Darleux visiter le village Potemkine

Bon. Commençons. Par la politique, mais je parlerai aussi d’écologie à la fin. Je déteste les militaires qui font de la politique tout en restant des militaires. Il est vrai que je n’aime guère les militaires, mais certains deviennent des démocrates. Pas Chávez. Il me semble simplement hallucinant que des responsables du Parti de Gauche mélenchonien, se réclamant de l’écologie pourtant, ne voient pas l’évidence. En la circonstance, je vise explicitement madame Corinne Morel-Darleux, en charge de l’écologie chez M.Mélenchon. Elle s’est rendue au Venezuela début octobre, et en rend compte sur son blog (ici). Cela lui sera difficile à lire, je pense, mais son récit relève du tragicomique accompli. Elle n’a évidemment rien vu – qui lui aurait montré les envers du vaste village Potemkine ? -, mais enfin, il fallait qu’elle l’écrive. Vous jugerez, si vous en avez le temps. De la même manière que tant de dupes, d’imbéciles et de salauds – pour ma part, je crois madame Morel-Darleux une dupe – allaient à Moscou entre 1930 et 1953 vanter les exceptionnelles réussites de Staline, elle raconte le vide complet, tout en se gaussant, il faut le faire en cette occurrence, du traitement infligé au pays par la presse française.

Dans un papier du Monde, justement, interrogée par une journaliste lui demandant quoi penser d’un rapport critique sur le pouvoir de Chávez signé Human Rights Watch (ici), elle répond ne pas en avoir eu connaissance. Ce n’est pas grave, notez bien, mais en revanche son commentaire l’est : « Ce que je sais, c’est ce que j’ai vu. Il y a des domaines où l’expertise concrète est aussi intéressante ». Comme Fabrice del Dongo à Waterloo, elle n’a évidemment rien entendu qui permette de comprendre quoi que ce soit. Mais elle croit le contraire, et l’affirme avec une audace qui me fait penser qu’elle ne sait rien d’Ante Ciliga, du grand Panaït Istrati et de sa métaphore des œufs cassés, de mon si cher Victor Serge, de l’André Gide de Retour de l’U.R.S.S., de David Rousset, premier utilisateur en France du mot Goulag. Je n’insiste pas davantage, car la barque me paraît pleine.

Où l’on découvre que le grand Chávez est l’ami indéfectible d’un nazi argentin bien connu

La politique, toujours, à moins que cela ne soit la morale. Une chose est difficilement contestable : Chávez défend et pratique une conception autoritaire et verticaliste de la politique. Tout remonte à lui, et tout redescend de lui. Bien sûr, c’est du caudillisme, une forme politique bien connue dans l’Amérique dite latine. Mais Chávez y a ajouté sa patte personnelle, car cet homme a été en partie formé à la politique par un fasciste argentin, négationniste de la Shoah, ami des militaires putschistes et assassins de 1976 : Norberto Ceresole (ici). Ceresole avait défini un programme qui ressemble étrangement à celui du Venezuela chaviste, qui repose sur le triptyque : Caudillo, ejército, pueblo (ici, en espagnol), c’est-à-dire le Chef, l’armée, le peuple. Je ne donne pas les détails ici, sauf sur un point essentiel, fourni par Chávez lui-même. M.Mélenchon, dont je parlerai plus loin, et tous les aficionados de chez nous du chavisme refusent évidemment de s’expliquer sur un sujet pareil, qui les entraînerait en plein marécage. Mais Chávez a quant à lui mangé le morceau, en direct, à la télé. Sachez que le caudillo impose à toutes les chaînes hertziennes, le dimanche à 11 heures, de diffuser Aló Presidente, une émission où il parle sans être jamais interrompu, jusqu’à huit heures d’affilée.

Or le 21 mai 2006, au milieu du show Aló Presidente, Chávez déclare bel et bien à propos de Ceresole, mort trois ans avant : « Yo nunca olvido a aquel argentino a quien satanizaron, fue un gran amigo, ¿saben?, un intelectual de respeto ». Ce qui veut dire : « Je n’ai jamais oublié cet Argentin diabolisé, qui fut un grand ami, vous savez ? Un intellectuel respectable. ». Le texte de l’émission avait été effacé des archives de la présidence vénézuélienne la dernière fois que je l’ai cherché (j’ai une copie, que vous trouverez ici), il y a plusieurs mois, mais on me dit qu’elle est de nouveau disponible. Je n’ai pas l’envie de vérifier. Comme chez le défunt maréchal Staline, comme dans le 1984 de ce si cher George, ce qui ne plaît plus n’a jamais existé. Chávez avait pourtant pour grand ami, sans conteste, un nazi. Ses amis français pourraient se demander pourquoi, et rapprocher ce fait de l’amitié débordante du même pour quelques unes des plus belles crapules d’aujourd’hui, comme le Biélorusse Loukachenko – embastilleur du célèbre professeur Bandajevsky – ou l’Iranien Mahmoud Ahmadinejad, lequel a salué la réélection de Hugo Chávez comme étant celle d’un « frère ». Loukachenko aime bien Hitler, comme il l’a déclaré en 1995 au quotidien allemand Handelsblatt. Et Ahmadinejad déteste jusqu’à la haine les Juifs.

Où l’on lit une tribune de MM.Mélenchon et Ramonet, où l’on fait connaissance avec la diffamation la plus haineuse

La politique encore. M.Mélenchon a cosigné avec Ignacio Ramonet, dans Le Monde du 4 octobre une tribune intitulée Hugo Chavez, un homme diffamé. Vous la trouverez en intégralité à la fin de cet interminable article d’aujourd’hui. Je la trouve pour ma part digne de L’Humanité des temps anciens, et sous ma plume, certes, ce n’est pas un compliment. Les procédés utilisés, pour moi qui connais cette chanson, ne sont pas décents. Mais qui a  prétendu que ces deux-là connaissent le sens de cet adjectif ? Restons mesuré : le texte ne contient que des généralités, idéologisées jusqu’à la racine. Et relance, pour la milliardième fois, l’antienne de deux camps séparés par une barricade, les bons et les méchants. Leur « socialisme » contre l’Empire du Mal américain, version exactement symétrique de la vision du monde promue par Reagan en 1980. Je ne souhaite pas insister sur ce qui est pour moi une évidence : cette non-pensée, qui a tant servi, à gauche, les intérêts des stalinismes, est l’adversaire définitif de l’écologie telle que je la conçois. Et n’a rien à voir avec la défense réelle des peuples, consubstantielle à cette même écologie-là. Contrairement à eux, nous les écologistes sincères, défendons les peuples, tous les peuples, contre tous leurs oppresseurs. Et non seulement les hommes, mais les autres peuples du monde vivant.

La politique enfin. M.Mélenchon se fâche avec plaisir, on le sait. Je veux dire un mot de son ignoble attaque contre le journaliste du Monde Paulo A. Paranagua. Je précise que je connais pas ce dernier, que je ne l’ai jamais rencontré, que je ne sais rien de lui. Bref. Quand M.Mélenchon rentre en août d’une tournée qui l’a mené au Venezuela et à Cuba, il trouve la belle énergie d’écrire sur son blog (ici) : « Quelques giclées de fiel médiatique m’en sont revenues qui m’ont bien amusé par leur bestiale et routinière méchanceté. Laissons cela. Je m’en amuserai publiquement le moment venu. On ne peut prendre au sérieux la prose qui a donné le « la » sur ce thème, celle de l’ancien tueur repenti, l’homme qui erre dans les cocktails d’ambassades pour gémir « la révolution cubaine m’a volé ma jeunesse ». C’est cet olibrius, méprisé par toute la gauche latino, qui est aujourd’hui le grand chef de l’Amérique latine au journal « Le Monde » : Paolo Paranagua ».

Rions avant de pleurer : il ne s’agit pas de Paolo – un prénom italien certes utilisé en Argentine -, mais de Paulo. Pour le reste, c’est crapuleux. Mélenchon balance, accusant un homme d’être un tueur repenti. Un tueur, imaginez-vous bien ? La diffamation, je le rappelle pour ceux qui l’ont oublié, est une atteinte à l’honneur d’une personne. Le reste est aussi lamentable, mais tout de même moins grave. Une telle infamie, dans un pays qui se respecterait davantage, mobiliserait largement contre le chef du Front de Gauche. Mais rien. Aussi, pourquoi se gêner ? Dès le 30 septembre 2010, Mélenchon s’était attaqué avec la plus grande bassesse au même journaliste : « C’est le retour attristant à la tradition de l’ancien criminel de droit commun argentin, Paulo Paranagua, que l’amicale des anciens de la ligue communiste révolutionnaire au Monde avait fait embaucher. Son passé de voyou dans la branche dure de « l’ejercito revolutionario del pueblo » (ERP) attendrissait les révolutionnaires germano-pratins, nonobstant les crimes et provocations de cette soi-disant armée du peuple ! Repeint en « journaliste » spécialisé sur l’Amérique latine, ce type n’était plus salué par aucun militant de gauche et dans les cocktails mondains même les droites locales latinos le tenaient en dérision du fait de sa stature de renégat et de l’intensité de son larbinage pro-américain. ». Avant de commenter, notons que M.Mélenchon a décidément des problèmes avec la langue castillane, car évidemment, revolutionario s’écrit revolucionario et d’ailleurs ejercito ejército.

Je constate, par plaisant euphémisme, que ce n’est pas l »essentiel. Le texte de M.Mélenchon, outre qu’il est une agression presque incroyable, relève des plus parfaites calomnies chères à l’époque stalinienne. Aucun fait, aucune date, aucun lieu, mais des imputations d’une extrême saleté. Je le répète, je ne connais pas M.Paranagua, que je salue au passage néanmoins. Car si je ne le connais pas, j’ai eu l’occasion naguère de rencontrer, loin de la France,  des membres de cette ERP tant vomie par M.Mélenchon. Et, ma foi, ce qu’il écrit n’a pas de sens. L’ERP a été la branche armée d’un parti d’extrême-gauche, le Partido Revolucionario de los Trabajadores (PRT), fondé en 1965, qui devint membre de la Quatrième Internationale – celle d’Alain Krivine et de la Ligue communiste révolutionnaire – et le resta jusqu’en 1973. Par la suite, ce mouvement fit partie d’un regroupement de la gauche révolutionnaire latina, appelée Junta Coordinadora Revolucionaria, qui rassemblait, au temps des dictatures militaires, outre le PRT-ERP,  le MIR (Movimiento de Izquierda Revolucionaria) du Chili, l’ELN de Bolivie et le MLN-Tupamaros d’Uruguay.

Cela vous paraît fastidieux, je le crains, mais il s’agit d’histoire. D’une histoire que M.Mélenchon ignore, ou qu’il méprise. Il est vrai qu’à cette même époque, il était le petit chef, à Besançon, de la secte OCI, qui ne rechignait jamais contre des violences à l’encontre des militants issus de mai 68. Je le confesse, j’ai pris des coups de bâton sur la tête, donnés par des sbires de l’OCI, que je n’ai jamais tenue, même quand j’étais pourtant couillon, pour une organisation de gauche. En mai 68, du reste, l’OCI avait refusé de participer aux barricades, pour quelque obscure raison que M.Mélenchon doit bien connaître. Bref, l’Argentine. Si M. Paranagua a bien été membre du PRT, ce n’est nullement un déshonneur. Ce fut un engagement extrême, qui connut son lot d’affreuses conneries et d’incroyables irresponsabilités – pour ce que j’en sais -, et qui finalement incarna un modèle militariste, verticaliste, autoritaire de la vie, qui n’est pas si éloigné de ce que Chávez réalisa au Venezuela. C’est un paradoxe, et il est plaisant.

Au-delà, l’aventure tragique du PRT-ERP est indissociable de ces années où une génération politique croyait pouvoir bâtir une société différente par les armes. L’erreur était complète, mais il faut savoir que les militaires argentins, après le coup d’État de 1976 ont enlevé, torturé et finalement assassiné 5 000 membres environ de ce PRT-ERP auquel, selon M.Mélenchon, Paulo A.Paranagua aurait appartenu. Je ne crois pas inutile de rappeler ce contexte d’extrême violence sociale et politique, qui commença en Argentine à la fin des années 60.

Où l’on constate, non sans surprise, qu’un nazi est préférable à un guerillero argentin 

Résumons. En 2010, puis à l’été 2012, M.Mélenchon accuse sans aucun élément concret M.Paranagua d’être un tueur repenti et un voyou. Cela ne lui suffit pas, car le 6 octobre sur son blog (ici), en réponse au journal Le Monde, qui a défendu son journaliste de mièvre façon, il note : « Paulo Paranagua a été membre d’une organisation dont les méthodes de combat incluaient le meurtre d’agent de police et de gardien de banque. Est-ce faux ? Si c’est faux pourquoi Gilles Paris ne le dit-il pas ? Il ne le dit pas parce que c’est vrai et qu’il le sait. Monsieur Paulo Paranagua a été emprisonné pour cela au régime de droit commun. Est-ce faux ? Si c’est faux pourquoi Gilles Paris ne le dit-il pas ? Cette seule situation, sans que j’ai besoin d’en ajouter davantage dans les détails dont je dispose, suffit à pouvoir caractériser, dans l’esprit de polémique qu’il a lui-même créé, de « terroriste repenti ». Car c’est une chose d’être un guérillero qui affronte des militaires et la police politique et une autre de s’engager dans des actions du type de celles qu’a mené le groupe dont a été membre monsieur Paulo Paranagua ».

Est-ce encore plus dégoûtant ? Oui. Paranagua aurait été au régime de droit commun. Cet épouvantable roublard de M.Mélenchon ne donne aucune date, aucune précision. En quelle année ? Sous la dictature, dans les bouillonnantes années qui l’ont précédée ? Dans les deux cas, cela ne veut rien dire. Le statut de politique, qui était évidemment celui d’un militant armé – quel qu’il soit – n’avait aucune raison d’être accordé à un adversaire résolu. Si l’on dressait la liste des militants politiques envoyés au cachot sous des motifs de droit commun, on pourrait sans doute relier la Terre à la Lune. Voyez le cas de l’Affiche Rouge et des FTP-MOI de 1942. Ajoutons que M.Mélenchon susurre, à l’aide d’une sinistre allusion, qu’il y a pire encore, grâce à ces « détails dont [il dispose] », mais sans évidemment s’exposer à la moindre réponse. M.Mélenchon, qui est pourtant fêté par ses adorateurs comme un fin bretteur, s’entortille lui-même dans la toile qu’il a tissée. M.Paranagua est un voyou, mais son organisation est politique et s’attaque aux banques pour se financer, ce qu’ont fait la plupart des mouvements révolutionnaires de l’époque moderne. Joseph Staline, si longtemps cher au cœur des amis communistes de M.Mélenchon, n’était-il pas un braqueur de banques ? Si. Et n’arrive-t-il pas, au cours de ce genre d’attaques, que des policiers et des employés de banque soient blessés ou tués ? Si. Relisez avec moi : « Paulo Paranagua a été membre d’une organisation dont les méthodes de combat incluaient le meurtre d’agent de police et de gardien de banque ». M.Mélenchon est un roué, je le savais déjà. Cette phrase assassine ne signifie rien d’autre que, lorsqu’on exproprie une banque, il peut y avoir des victimes. Et donc, il ne faut pas les toucher ? Mais qui aurait financé ces révolutions que M.Mélenchon prétend tant aimer ? Et je n’insiste pas sur l’usage du mot terroriste, accolé comme on le sait à tous les résistants de la Terre.

Bon, stop, j’en suis bien d’accord, du moins pour ce qui concerne la politique à l’ancienne dont M.Mélenchon est l’un des pires représentants. Encore deux bricoles. Un, vous avez lu plus haut que le président du Parti de Gauche a signé une tribune affirmant sans rire que Chávez était le chef d’État le plus diffamé au monde. À bien suivre le mouvement, M.Mélenchon a quant à lui le droit, car il a tous les droits, de diffamer avec la plus extrême violence M.Paranagua. Mais Il faudrait quand même se prosterner devant ce haut représentant du peuple, qui a obtenu le vote de 6 % des électeurs inscrits à la dernière élection présidentielle française. Oh, ce sera une autre fois, pour ce qui me concerne. Terminons par l’Argentine. Comme je crois l’avoir démontré, Chávez considère comme un grand ami un nazi argentin. Et cela ne gêne pas M.Mélenchon. En revanche, ce dernier est révulsé par le fait qu’un homme a pu prendre les armes contre un gouvernement péroniste corrompu jusqu’à la moelle – de 1973 à 1976 -, puis une junte militaire fasciste, entre 1976 et 1983. Réfléchissez donc avec moi : Ceresole le nazi d’un côté; M. Paranagua le guerillero de l’autre. M.Mélenchon est un grand moraliste.

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Où l’on revient – fatalitas ! – aux idéaux de madame Morel-Darleux

De l’air ! Passons donc à l’écologie. Je ne parlerai pas, car j’ai abusé de votre patience, de cette boliburguesía – la bourgeoisie bolivarienne – qui se développe à toute allure sous le règne de Chávez. Sur fond de corruption massive liée à la manne pétrolière, un agressif capitalisme de rente flambe en ce moment du côté de Caracas. De grosses fortunes, point trop éloignées du pouvoir en place, se forment, qui sont candidates au pouvoir quand le valeureux militaire sera défait, mis à la retraite, ou bien mort. On en reparlera, croyez-moi. Ce pays est un château de cartes soutenu par une bizarrerie géologique ordinaire : il est gorgé de pétrole. Quand gronde l’immense crise écologique qui menace de tout emporter, quand déferle d’un bout à l’autre de la planète le dérèglement climatique, est-il acceptable de gaspiller le pétrole de cette façon ?

L’essence vaut au Venezuela 0,017 euro le litre. La gabegie énergétique y est reine. Rien n’est fait pour seulement ralentir cette course à l’abîme voulue par Chávez. Ce militaire ne sait rien, évidemment, de l’écologie, mais tout de la manipulation de masse. En 2009, à la conférence mondiale sur le climat, à Copenhague, il déclarait du haut de la tribune : « Eh bien, monsieur le président, le changement climatique est, sans doute, le problème environnemental le plus dévastateur de ce siècle : des inondations, des sécheresses, des orages violents, des ouragans, le dégel, la montée du niveau moyen de la mer, l’acidification des océans et des vagues de chaleur, tout cela accentue l’impact des crises globales qui nous frappent ». Et puis, au retour à Caracas, il relançait les fructueux contrats pétroliers à destination de cet Empire américain si constamment décrié, permettant que l’on vende dans les rues de l’essence à 0,017 euro le litre. Toute la vérité vraie de Chávez tient dans ce raccourci. Enfin, un mot des centaines de milliards de barils de pétrole cachés dans les sables du bassin de l’Orénoque, fleuve vénézuélien. Exploiter ce pétrole extra-lourd serait une vraie catastrophe de plus – il n’en manque pas – pour le combat contre le dérèglement du climat. Et bien entendu, sur Terre, une pollution inévitable de l’un des plus beaux écosystèmes du globe. Mais de cela,  Chávez se contrefout, et il a toujours refusé de discuter de l’avenir de ces fabuleux gisements. Tout indique qu’il est prêt à les exploiter.

Pardi ! Le pétrole, c’est du pouvoir concentré. Il lui permet de financer son vieux copain Castro, de briller de tous les feux de ses médailles sur la scène internationale, d’acheter la paix des pauvres chez lui, in fine d’acheter en masse personnes et consciences. Le bilan du pétrole vénézuélien, lorsque, fatalement, il sera fait, dira tout. Mais M.Mélenchon ne sera bien entendu plus là pour commenter. Pour mieux me faire comprendre, un Chávez écologiste aurait mobilisé l’argent du pétrole pour réaliser le premier tournant authentique d’une société vers une formation sociale soutenable du point de vue écologique. Il aurait lancé un programme géant en faveur des énergies renouvelables – solaire et vent -, doté de milliards d’euros apportés par la rente pétrolière. Au lieu de faire bâiller son peuple au cours des oraisons interminables d’Aló Presidente, il aurait lancé d’innombrables programmes télévisés, pédagogiques, permettant de mobiliser autour des véritables enjeux de notre époque. Il aurait sanctuarisé, dans sa fameuse Constitution bolivarienne, l’Amazonie vénézuélienne, en expliquant pourquoi. Il aurait fait de l’agro-écologie le moteur premier d’une reconquête d’un Venezuela saoulé par les telenovelas de guimauve et les publicités géantes pour le mode de vie américain et les grosses bagnoles modernes. Etc ? Bien sûr, etc, ad libitum.

Quand je vois donc une madame Morel-Darleux, qui se pense écologiste, et qui croit l’être, répondre benoîtement, après quelques jours passés sur place : « « Ce que je sais, c’est ce que j’ai vu. Il y a des domaines où l’expertise concrète est aussi intéressante »,  je me dis que la lutte pour la libération de l’esprit, par l’écologie, ne fait que commencer. Je vous salue tous.

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La tribune de MM.Mélenchon et Ramonet dans Le Monde du 4 octobre 2012

Hugo Chavez est sans doute le chef d’Etat le plus diffamé du monde. À l’approche de l’élection présidentielle au Venezuela, le 7 octobre, ces diffamations redoublent d’ignominie. Tant à Caracas qu’en France. Elles témoignent du désespoir des adversaires de la révolution bolivarienne devant la perspective (que les sondages semblent confirmer) d’une nouvelle victoire électorale de Chavez. Un dirigeant politique doit être jugé sur ses actes, et non sur les rumeurs colportées contre lui. Les candidats font des promesses pour se faire élire ; rares sont ceux qui, une fois élus, les tiennent. Dès le début, la promesse électorale de Chavez a été claire : travailler au profit de ceux, majoritaires dans son pays, qui vivaient dans la pauvreté. Et il a tenu parole.

C’est le moment de rappeler ce qui est vraiment en jeu dans cette élection au moment où le peuple vénézuélien va voter. Le Venezuela est un pays très riche en raison des fabuleux trésors de son sous-sol, en particulier les hydrocarbures. Mais presque toutes ces richesses étaient accaparées par les élites dirigeantes et des entreprises multinationales. Jusqu’en 1999, le peuple n’en recevait que des miettes. Les gouvernements successifs, démocrates-chrétiens ou sociaux-démocrates, corrompus et soumis aux marchés, privatisaient à tout va. Plus de la moitié des Vénézuéliens vivait sous le seuil de pauvreté (70,8% en 1996). Chavez a placé la volonté politique au poste de commande. Il a mis les marchés au pas et stoppé l’offensive néolibérale puis, grâce à l’implication populaire, il a permis à l’Etat de se réapproprier les secteurs stratégiques de l’économie. Il a recouvré la souveraineté nationale. Et a ensuite procédé à une redistribution de la richesse au profit des services publics et des laissés pour compte.

UN ÎLOT DE RESISTANCE DE GAUCHE AU NEOLIBERALISME

Politiques sociales, investissements publics, nationalisations, réforme agraire, plein emploi, salaire minimum, impératifs écologiques, accès au logement, droit à la santé, à l’éducation, à la retraite… Chavez s’est également attaché à la construction d’un Etat moderne. Il a mis sur pied une ambitieuse politique d’aménagement du territoire: routes, chemins de fer, ports, barrages, gazoducs, oléoducs. En matière de politique étrangère, il a misé sur l’intégration latino-américaine et privilégié les axes Sud-Sud, tout en imposant aux Etats-Unis des relations fondées sur le respect mutuel… L’élan du Venezuela a entrainé une véritable vague de révolutions progressistes en Amérique latine, faisant désormais de ce continent un exemplaire îlot de résistance de gauche contre les ravages du néolibéralisme. Un tel ouragan de changements a complètement chamboulé les structures traditionnelles de pouvoir au Venezuela et entrainé la refondation d’une société jusqu’alors hiérarchique, verticale, élitaire.

Cela ne pouvait lui valoir que la haine des classes dominantes, convaincues d’être les propriétaires légitimes du pays. Avec leurs amis protecteurs de Washington, ce sont elles qui financent les grandes campagnes de diffamation contre Chavez. Elles sont allé jusqu’à organiser – en alliance avec les grands médias qu’elles possèdent – un coup d’Etat le 11 avril 2002. Ces campagnes se poursuivent aujourd’hui et certains secteurs politiques et médiatiques européens les reprennent en chœur. La répétition étant – hélas – considérée comme une démonstration, des esprits simples en viennent à croire que Hugo Chavez incarnerait « un régime dictatorial où il n’y a pas de liberté d’expression ».

Mais les faits sont têtus. A-t-on déjà vu un  » régime dictatorial  » élargir le périmètre de la démocratie au lieu de le restreindre ? Et donner le droit de vote à des millions de personnes dépourvues jusque là de carte d’électeur? Les élections au Venezuela n’avaient lieu que tous les quatre ans, Chavez en organise plus d’une par an (14 en 13 ans). Dans des conditions de légalité démocratique reconnues par l’ONU, l’Union européenne, l’Organisation des Etats américains, le Centre Carter, etc. Chavez démontre qu’on peut construire le socialisme dans la liberté et la démocratie. Il en fait même une condition du processus de transformation sociale. Il a prouvé son respect du verdict populaire en renonçant à une réforme constitutionnelle refusée par les électeurs lors d’un référendum en 2007. Ce n’est pas un hasard si la Foundation for Democratic Advancement (FDA), du Canada, dans une étude publiée en 2011, situe désormais le Venezuela en tête du classement des pays qui respectent la justice électorale.

Le gouvernement d’Hugo Chavez consacre 43,2% du budget aux politiques sociales. Résultat: le taux de mortalité infantile a été divisé par deux. L’analphabétisme éradiqué. Le nombre de professeurs des écoles multiplié par cinq (de 65 000 à 350 000). Le pays détient le coefficient de Gini (qui mesure les inégalités) le plus performant d’Amérique latine. Dans son rapport de janvier 2012, la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC, un organisme de l’ONU) établit que le Venezuela est le pays sud-américain – avec l’Equateur -, qui, entre 1996 et 2010, a le plus réduit le taux de pauvreté. Enfin l’institut américain de sondages Gallup classe le pays d’Hugo Chavez, 6e nation « la plus heureuse du monde ».

Le plus scandaleux, dans l’actuelle campagne de diffamation, c’est de prétendre que la liberté d’expression serait bridée au Venezuela. La vérité c’est que le secteur privé, hostile à Chavez, y contrôle largement les médias. Chacun peut le vérifier. Sur 111 chaînes de télévision, 61 sont privées, 37 communautaires et 13 publiques. Avec cette particularité que la part d’audience des chaînes publiques n’est que de 5,4%, celle des privées dépassant les 61% … Même chose pour la radio. Et 80% de la presse écrite sont contrôlés par l’opposition ; les deux quotidiens les plus influents – El Universal, El Nacional – étant hostiles au gouvernement. Tout est, certes, loin d’être parfait dans le Venezuela bolivarien. Où existe-t-il un régime parfait ? Mais rien ne justifie ces campagnes de mensonges et de haine. Le nouveau Venezuela est la pointe avancée de la vague démocratique qui a balayé les régimes oligarchique de neuf pays dès le lendemain de la chute du mur de Berlin quand d’aucuns annonçait « la fin de l’histoire » et « le choc des civilisations » comme seuls horizons pour l’humanité.

Le Venezuela bolivarien est une source d’inspiration où nous puisons sans aveuglement ni naïveté. Mais avec la fierté d’être du bon côté de la barricade et de réserver nos coups à l’empire malfaisant des Etats Unis et de ses vitrines si chèrement protégées au Proche-Orient et partout où règnent l’argent et les privilèges. Pourquoi ses adversaires en veulent-ils tant à Chavez ? Sans doute parce que, tel Bolivar, il a su arracher son peuple à la résignation. Et lui donner l’appétit de l’impossible.

Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche, député européen ; Ignacio Ramonet, président de l’association Mémoire des luttes, président d’honneur d’Attac.

14 réflexions au sujet de « MM.Chávez, Ceresole, Mélenchon, Paranagua (et Mme Morel-Darleux) »

  1. Fabrice,
    Mais où prends-tu tout ce temps pour écrire de si longs papiers…c’est hallucinant cette production.
    Encore merci.
    Pierre.

  2. La premiere reaction saine et sensee (et meme drole) que je lis sur l’attribution du prix Nobel de la Paix a l’Union Europeenne:

    RT: l’E.U. a gagne le prix pour son role dans l’unification du continent. Mais dans une periode de separatisme s’aggravant et de marasme economique, comment expliquez-vous cela?

    Max Keiser: « C’est la montee en puissance de la machine. C’est une machine a selectionner qui a choisi une machine. l’EU est une technocratie gouvernee par des machines, associee aux banques pour pomper l’argent des citoyens Europeens et l’envoyer a Brusselles et aux banquiers et a la Banque Mondiale et a l’EU et a la Troika. C’est la victoire de la machine, c’est une farce. Ils auraient pu donner le prix a la testicule gauche de Bill Clinton et c’a aurait ete plus legitime que de le donner a une monstruosite technocratique.

    C’est comme donner le prix a Frankestein pour etre le meilleur monstre cree durant les 12 derniers mois. Quelle peut etre leur prochaine etape a partir de la ? A qui peuvent-ils le donner la prochaine fois ? Ils le donneront a une semence OGM en Inde ou les fermiers se suicident par milliers a cause d’entreprises comme Monsanto. Donnez le prix a Monsanto l’annee prochaine, comite Nobel ! Je veux dire, la serie de va-t-en-guerres, banquiers et affairistes fascistes a qui vous avez donne le prix commence a devenir franchement impressionante.

    RT: Est-ce que ce prix va aider l’Union a sortir du trou ou elle s’enfonce?

    MK: Non, absolument pas. Ils veulent creer une nouvelle super-banque a partir de la Banque Europeenne, la diriger depuis Brusselles et imposer un nouveau systeme de dette-poubelle, reunir toutes les dettes pourries dans une nouvelle super banque centrale Europeenne pour imposer plus d’austerite et chaparder encore plus d’argent aux citoyens. Ils se dirigent vers une catastrophe. Christine Lagarde, je suis sur qu’elle va obtenir le prix Nobel l’annee prochaine pour avoir plonge 100 millions de personnes de plus dans la pauvrete et quelques centaines d’autres a se suicider. Donnons-le a Christine Lagarde, elle est une maniaque va-t-en-guerre genocidaire, donnez-lui le Prix de la Paix !

    RT: Comment interpreter le Prix Nobel de la Paix a la lumiere des interventions de l’Union Europeenne en Libye, des membres de l’Union Europeenne sur le terrain en Iraq et en Afghanistan et leur soutien a l’opposition armee en Syrie ?

    MK: Il y a un seul candidat pour le prix Nobel de la Paix cette annee et c’est Julian Assange. Le fait qu’il n’ait pas eu le prix restera une honte eternelle pour le comite Nobel. Personne n’a fait plus pour la paix que Julian Assange. Le fait qu’ils se soient tournes vers une bande de machines et de technocrates est vraiment genant. Ils devraient retourner fabriquer de la dynamite, c’est comme ca que le comite Nobel a commence. Recommencez a faire de la dynamite et oubliez cette affaire de prix de la paix. Vous etes illegitime, vous etes ridicules, arretez. Pour changer un peu, suicidez-vous, au lieu d’encourager les gens en Grece a se suicider !

    http://rt.com/news/nobel-eu-prize-peace-273/

  3. Encore un hors sujet : France 2 sabote son reportage sur le gaz de schiste

    Une association se plie en quatre pour aider le reportage d’une équipe de télévision, en lui organisant voyage et interviews. Mais à l’arrivée, rien du message de l’association, qui se voit même totalement gommée, avec ses experts, du paysage.

    Elisabelle Bourgue (No Fracking France) – 9 octobre 2012

    l’article complet ici : http://reporterre.net/spip.php?article3286

  4. Salut à toutes et tous,

    Si vous avez près de chez vous un cinéma qui propose le dernier film de Jean-Paul Jaud « Tous cobayes », n’hésitez pas à vous y rendre et à le conseiller à vos proches (âmes sensibles s’abstenir).

    Nucléaire et OGM, deux sujets que ce réalisateur (qui avait déjà signé « Nos enfants nous accuseront » et « Severn ») associe tant ils sont proches à ses yeux. Opacité, déni de démocratie, conséquences incalculables sur l’environnement et la santé, désinformation systématique, autant de points communs entre ces technologies mortifères.

    Son documentaire utilise comme fil rouge l’étude du professeur Séralini sur l’OGM Monsanto NK603 et en parallèle la catastrophe nucléaire de Fukushima.

    Un réquisitoire sans concessions qui permet de mesurer l’extrême cynisme des VRP de l’atome et des OGM agricoles. Deux technologies issues des recherches liées à l’armement pendant la seconde guerre mondiale.

    Jean-Paul Jaud accompagne actuellement son film dans toute la France et sera peut-être présent pour un débat lors d’une projection à deux pas de chez vous…

  5. Bien sur Fabrice, rien de tout cela n’est faux, j’imagine que cette complainte est un moyen d’assouvir ta haine envers le soit-disant néo-stalinisme chaviste. Mais faire porter le chapeau du dérèglement climatique, de la dévastation généralisée des éco-systèmes planétaires, vouloir accuser le Vénézuela de se lancer comme le Canada dans la danse macabre de l’exploitation des sables bitumineux me paraît absolument inique quant à la réalité des forces en présence. Le Vénézuela, ce nain aux pieds d’argile serait le grand méchant loup. Il me semble que là est la limite de ton discours plus engagé à débusquer la faute d’ortographe ou le fait divers historique à l’importance incertaine qu’à dégager les véritables responsabilités environnementales. Je ne sais quel moustique tigre a pu te piquer au détour d’un voyage tropical, à moins que ce ne soit un malheureux coup de bâton dont l’écho se fait encore sentir du coté des méninges mais là ne me semble pas se trouver l’épicentre de nos turpitudes communes. Bien à toi et sans rancunes.

  6. Sur le Vénézuéla, deux ou trois choses rapportées
    par mes parents qui ont de nombreux contacts là-bas :
    -Avant Chavez, les gens près du pouvoir allaient chaque semaine en avion faire leurs courses aux Etats-Unis, aujourd’hui, ce sont ceux proches de Chavez qui le font, ils sont parfois issus du peuple,de ceux qui n’avaient vraiment rien, et vivent maintenant luxueusement.
    – Les votes se font sur des ordinateurs truqués.
    -L’agriculture se casse la figure, Chavez exproprie des propriétaires et met sur les fermes des gens n’ayant aucune formation, au bout de six mois, ils repartent en ville.
    Ce qu’il a fait sur un espace magnifique :
    http://www.pastoucheauvenezuela.com/Le-latinfundio-El-frio-recupere-par-la-reforme-134.html (un site pro-Chavez)
    -Les plaisanciers ne veulent
    plus accoster dans certains ports situés dans des stations balnéaires très sympas avant(Puerto la cruz, Cumana ..), à cause d’une trop grande insécurité.
    http://venezuelainfos.wordpress.com/2012/07/14/la-securite-au-venezuela-la-solution-depuis-letat-et-non-comme-offre-electorale-par-jesse-chacon-fondation-gisxxi/
    Alors oui, rien sur la transition énergétique, mais il semblerait que l’argent du pétrole profite bien plus au pauvres qu’avant.
    Que penser de tout cela ? wait and see

  7. Provola,

    Comme l’avait déclaré jadis Castro à propos de lui-même, « l’histoire jugera ». Je n’ai jamais dit, écrit, pensé que le Venezuela chaviste devait « porter le chapeau » de la crise climatique. Je constate, et cela je l’assume, que Chávez se fout totalement de la crise climatique, malgré ses déclarations du haut des tribunes, un peu comme faisait chez nous un certain Chirac.

    Pour le reste, non, cher Provola, je refuse l’expression néostalinisme, comme s’il y avait eu coupure. Il existe des stalinismes, dont la matrice d’origine est connue. Libre à toi – visiblement – de ne pas être d’accord.

    Fabrice Nicolino

  8. On a beaucoup parlé ces derniers jours des « pigeons », mais d’autres volatiles mériteraient une aussi grande attention : ce sont les dindons, ceux de la farce électorale. Tant que des peuples espéreront de cette mascarade rien ne pourra vraiment changer. Mais décoloniser l’imaginaire n’est pas une tâche facile et là, état comme capitalisme font tout pour qu’il reste leur esclave.

  9. c un article polémique d’un bon niveau
    je ne suis pas d’accord avec vous cependant
    par ailleurs vous dites des choses fausses archifausses, ce qui risquerait de discréditer l’ensemble de votre long article:
    vous dites que toutes les chaînes hertziennes doivent faire écouter ALO PRESIDENTE tous les dimanches, c faux, c seulement le Canal 8, chaîne d’Etat, qui passe ALO PRESIDENTE
    Vous dites que les militaires argentins ont arrêté 5000 membres de l’ERP-PRT, ce qui est faux archifaux, vous pouvez diviser par dix peut-être

    àpluss (plus exact)

    pablo

  10. Pablo,

    Vous êtes bien aimable. Vous avez l’air de croire qu’il n’y aurait qu’une vérité – la vôtre-, ce qui a toujours arrangé les affaires de ceux qui sont péremptoires. Or des sources argentines indiquent bien 5 000 morts et disparus dans les rangs du PRT-ERP : http://www.cedema.org/ver.php?id=2713

    Pour ce qui concerne la télé, d’après plusieurs sources, Aló Presidente a bien été présente sur 7 chaînes publiques à partir de 1999. Je lis notamment, et vous aussi, du même coup : « El programa es emitido por el Sistema Nacional de Medios Públicos de Venezuela, encabezado por ViVe Televisión, Venezolana de Televisión, Radio Nacional de Venezuela, YVKE Mundial y otros medios regionales y locales semanalmente ».

    Je dois reconnaître que j’aurais dû écarter Globovisión, seule chaîne à échapper aux chavistes.

    Maintenant, sur le fond. Je vois que vous vous concentrez sur des broutilles, mais je ne me contenterai pas de rectifier vos erreurs et approximations à vous. Je constate que vous ne contestez rien sur l’essentiel. Et je crois que c’est la vraie leçon que vous donnez.

    Fabrice Nicolino

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